4e anniversaire du début de l’opération spéciale militaire: le Représentant permanent de la Fédération de Russie auprès de l’OSCE, Dmitri Polianski, se fait entendre

Cela fait quatre ans que l’opération spéciale militaire russe a débuté. A l’occasion de ce 4e anniversaire, le Représentant permanent de la Fédération de Russie, Dmitri Polianski auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), s’est fait entendre dans une intervention lors de la réunion élargie du Conseil permanent de l’OSCE, à Vienne, le 24 février 2026.

Chaque anniversaire du début de l’opération spéciale militaire est l’occasion pour les ennemis de la Russie de s’adonner à des mensonges et à la diffamation de notre pays. Aujourd’hui ne fait pas exception, mais nous ne commenterons pas les propos anti-russes tenus sur les réseaux sociaux par nos adversaires, car ils sont absurdes et déconnectés de la réalité.

Nous n’avons qu’une seule question : qui essayez-vous de tromper et pourquoi ? Et que cherchez-vous à prouver ? Que le régime de Kiev est « blanc comme neige » et qu’il a sa place parmi vos Etats ? Si pour vous, la violation des droits fondamentaux de l’homme, du droit à la vie, à la liberté d’expression et de religion, à l’identité et à la possibilité d’éduquer ses enfants dans sa langue maternelle, est acceptable lorsqu’il s’agit de la Russie et des Russes ; si, pour vous, la glorification des criminels nazis est la norme, alors toutes vos actions sont tout à fait logiques. Il suffit alors de constater que les fameuses valeurs européennes ont été dévalorisées au niveau de l’obscurantisme, de la barbarie et de l’inhumanité du régime de Kiev.

Si tel est le cas, il est tout à fait inutile d’essayer de vous prouver ou de vous expliquer quoi que ce soit. En effet, la russophobie qui obscurcit votre esprit et la haine hystérique envers notre pays, soigneusement dissimulée pendant plusieurs décennies, vous empêchent de comprendre pourquoi la Russie, huit ans après le début de la guerre sanglante menée par le régime de Kiev contre sa propre population, que vous avez ignorée de toutes vos forces, avec les bombardements de villes pacifiques, les tortures et les intimidations des citoyens russophones, l’incinération vivante d’activistes russophones à Odessa, après avoir armé la junte de Kiev sous le « couvert » des accords de Minsk et rejeté la dernière chance de parvenir à un accord sur un système de sécurité paneuropéen équitable, a décidé de défendre ses intérêts et ceux de ses compatriotes par les armes.

Ce fut une décision très difficile, mais nous ne la regrettons pas, car c’était la seule bonne décision à prendre, et vous et vos protégés de Kiev ne nous avez tout simplement pas laissé d’autre choix. C’était notre choix en faveur de la vie, du bien et de la justice, en faveur de la vérité que vous craignez tant. La vérité sur votre ingérence de longue date dans les affaires de notre Etat voisin, sur vos tentatives de le transformer en anti-Russie et d’en faire d’abord une source de problèmes pour notre pays, puis une menace pour celui-ci.

La vérité sur la pourriture et la nature misanthrope du régime corrompu que vous avez imposé à l’Ukraine et que vous essayez de toutes vos forces de maintenir, malgré son agonie et sa décomposition morale. La vérité sur la façon dont vous avez utilisé et continuez d’utiliser cyniquement l’Ukraine pour servir vos intérêts géopolitiques, sans demander leur avis aux Ukrainiens.

En substance, tout le conflit ukrainien porte sur une vérité que vous refusez consciemment d’entendre. Pourtant, vous avez largement les moyens de le faire.
Dans de nombreux articles et commentaires du ministère des Affaires Etrangères de la Fédération de Russie sur les défis et les opportunités du processus de règlement de la crise ukrainienne, tous ceux qui le souhaitaient ont pu prendre connaissance de faits gênants pour le régime de Kiev et ses sponsors concernant les causes profondes du conflit interne ukrainien, qui non seulement n’ont pas disparu, mais ont pris une tournure encore plus répugnante avec la complicité des partisans occidentaux du régime Zelensky.

Cependant, ces faits n’intéressent pas les représentants de « l’Occident collectif ». Ils continuent de vivre dans un paradigme où toute position et tout point de vue russe, tout fait discréditant leur projet ukrainien, relèvent de la « propagande russe ». Et tout ce à quoi vous aspirez aujourd’hui, c’est d’entraver les efforts de paix de la Russie et des Etats-Unis, entrepris dans l’esprit des accords conclus en août dernier à Anchorage. Vous voulez à tout prix empêcher l’établissement d’une paix durable et stable en Ukraine, car c’est pour vous le pire des scénarios.

L’objectif de l’Occident est tout autre : négocier un répit pour le régime de Kiev afin qu’il puisse s’armer et, avec un nouvel élan, reprendre ses anciennes activités à l’aide de vos propres armes. Pour que les Ukrainiens et les Russes continuent de mourir, tandis que vous ne feriez que compter l’argent que vous gagnez grâce à cette guerre et vous réjouir d’avoir réussi à affaiblir encore un peu plus la Russie. Une tactique parfaite, qui s’inscrit parfaitement dans la version actuelle des soi-disant « valeurs européennes ».

A son époque, Hitler disait qu’il allait débarrasser les Allemands de la « chimère de la conscience ». Comme on le sait, il y est parvenu, et le peuple allemand en a payé le prix fort. Néanmoins, aujourd’hui, certains politiciens européens et dirigeants de l’UE et de l’OTAN ont clairement l’intention de priver les peuples européens non seulement de la « chimère de l’histoire », mais aussi de la « chimère du bon sens », oubliant les conséquences que peuvent avoir de telles manipulations historiques.

Que dire à ce sujet ? Je ne peux que citer l’ancien président polonais Andrzej Duda, qui a déclaré un jour, en marge d’une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations uanies, que l’Ukraine, telle une noyée, entraînerait tous ceux qui la soutiennent vers le fond. Ces paroles se sont révélées prophétiques. Vous n’avez pas remarqué que vous vous trouviez déjà au fond. Et maintenant, vous essayez d’entraîner le reste du monde dans votre chute, en vous préparant à une guerre inévitable avec la Russie, selon vos calculs russophobes.

Mais peu importe le nombre de plans que vous élaborez pour affaiblir la Russie, peu importe les efforts que vous déployez pour isoler notre pays et lui refuser le droit à une sécurité égale et indivisible, vous n’y parviendrez pas. Tout comme vos prédécesseurs, tels que Napoléon ou Hitler, ont échoué. L’histoire ne vous apprend rien, c’est pourquoi votre lot est de fulminer de rage et d’observer, impuissants, comment l’Europe, avec de telles approches, est de plus en plus clairement reléguée à la marge de la diplomatie mondiale, du développement international et du progrès. Apparemment, c’est exactement ce que vous recherchez.

Ambassade de la Fédération de Russie au Burkina Faso

 

 

Boutique Faso Yaar: les Kayalais prennent d’assaut les produits de première nécessité

Une semaine après l’opérationnalisation de la boutique témoin de Kaya de la phase pilote de Faso Yaar, une équipe de Sidwaya est allée faire le constat de l’engouement des populations, le jeudi 26 février 2026.

Soumaïla Ouédraogo alias Fils Oubri, membre de la veille citoyenne, vient de s’acheter huit kilogrammes (kg) de sucre en poudre à 5600 F CFA, soit 700 francs le kg pour la rupture du jeûne. Au regard de la qualité du sucre (SN SOSUCO), je pense que le prix est abordable et surtout que les produits sont accessibles », a félicité le Fils Oubri. Pour lui, l’ouverture des boutiques témoins permettra de stabiliser les prix des produits de première nécessité sur le marché. Sayouba Ouédraogo, commerçant de profession s’est aussi ravitaillé en sucre. Il a acheté un carton de sucre en carreau au prix de 21 000 F CFA. « Le prix est très abordable par rapport au marché.

C’est la raison pour laquelle, nous sommes venus ici », s’est-il réjoui. M. Ouédraogo a positivement apprécié la démarche du gouvernement de « disponibiliser » les produits de première nécessité durant le mois de jeûne et carême. « L’initiative est venue pour soulager les populations, surtout nous les musulmans parce que c’est en cette période que nous consommons beaucoup de sucre », a indiqué Sayouba Ouédraogo. Cependant, il a estimé que la procédure de vente est longue. « Si on peut vendre seulement sans les cartes d’identité, cela faciliterait la tâche …Pour payer, il faut aller dans un endroit pour se faire enregistrer, payer l’argent et prendre un ticket et revenir dans un autre endroit pour remettre le ticket et prendre le produit.

Avec cette distance, c’est difficile pour les vieux, les vieilles, les handicapés…», a déploré Sayouba Ouédraogo. Zakaria Sawadogo, animateur dans les ONG, a pris sept kg de sucre pour sa mère au prix de 700 F CFA l’unité. « Avec le mois de jeûne, j’ai pris un peu de sucre pour le mois afin de soulager un peu ma maman qui jeûne », a-t-il indiqué. Contrairement à Sayouba, Zakaria s’est dit satisfait de la procédure de vente. « Sincèrement, c’est la meilleure manière. Il n’y a même pas de débat là-dessus, a-t-il affirmé. En termes de suggestion, l’animateur de projets a exhorté le gouvernement à envisager la vente des motos dans les boutiques témoins.

« Nous voulons que les motos soient vendues de la même manière, surtout avec les nouveaux fonctionnaires sortants. Ce n’est pas aisé d’avoir une moto qui se vendait à 800 000 F CFA qui se retrouve à 1 300 000 F CFA. Ça sera un atout pour nous. Que l’Etat songe à cela », a sollicité Zakaria Sawadogo. Alida Kafando est volontaire-caissière au profit de Faso Yaar. Selon elle, le paiement se fait en inscrivant le client sur la plate-forme avec les références de sa CNIB. « Nous renseignons les données du client. Ensuite, on sélectionne les produits souhaités par le client. Le montant s’affiche. On lui dit et il effectue le paiement. Après on lui donne un reçu et il part au magasin prendre ses produits », a expliqué la volontaire Kafando.

 

La revente des produits strictement interdite

A l’entendre, ils reçoivent en moyenne 100 clients par jour et après une semaine de vente, ils sont à environ 400 clients hormis samedi et dimanche. Des difficultés sont rencontrées par ces caissiers. « Parfois, la plateforme est inaccessible. Ce qui empêche la vente ou nous oblige à enregistrer sur les registres pour reporter sur la plateforme après. Nous avons parfois des problèmes de réseau pour ouvrir la plateforme et effectuer la vente des produits », a déploré la caissière Kafando. L’une des difficultés est le plafonnage des produits à payer par client. Selon elle, chaque client a droit à un carton de carreau de sucre ou un sac de sucre granulé, un carton de jus et un bidon de 20 litres d’huile.

Pour le directeur régional en charge du commerce des Koulsé, Sidiki Koné, deux boutiques témoins ont été ouvertes à Kaya et à Kongoussi avec un approvisionnement de trois produits comme le sucre SN SOSUCO en carreau et granulé, l’huile SN CITEC et les jus Dafani et Malia. En termes de quantité pour le sucre qui est le produit phare, pour la ville de Kaya, 10 tonnes de sucre en carreau ont été réceptionnées sur une prévision de 62 tonnes et 30 tonnes de sucre granulé sur une prévision de 38 tonnes attendues. « Nous avons aussi eu des jus et de l’huile. C’est le savon que nous attendons », a indiqué le DR Koné. Après une semaine de vente, il s’est dit satisfait, en ce sens que les 10 tonnes de sucre en carreau sont finies après seulement cinq jours de vente. Selon lui, l’opération pilote dans les boutiques de Kaya et Kongoussi se déroule du 20 février au 25 mars 2026. Sidiki Koné a indiqué qu’il est strictement interdit de revendre les produits achetés dans les boutiques témoins.

 

Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com
Légende :

Burkina : Un médecin révoqué et un adjudant de police rétrogradé pour faits de corruption (Conseil des ministres)

Le Président du Faso, Chef de l’État, Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a présidé, le jeudi 26 février 2026, l’hebdomadaire Conseil des ministres. Selon le Ministre Porte-parole du Gouvernement M. Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO, le Conseil a examiné et adopté plusieurs dossiers et pris d’importantes décisions pour l’amélioration des conditions de vie du Peuple burkinabè conformément à la Révolution Progressiste Populaire.

‎‎Pour le compte du ministère de la Sécurité, le Conseil a adopté un rapport relatif à un projet d’ordonnance portant institution d’un avancement à titre exceptionnel au profit des Forces de sécurité intérieure. Le Ministre de la Sécurité, le Commissaire divisionnaire de police Mahamadou SANA indique que dans le cadre de leurs missions, les Forces de sécurité intérieure ont fait montre d’abnégation, d’engagement, de détermination et de courage exceptionnel, parfois au prix du sacrifice suprême pour que le Burkina reste debout.

‎‎« Dans un souci de renforcer la motivation, la discipline et l’efficacité opérationnelle, il était nécessaire de prendre des mesures exceptionnelles et dérogatoires en matière de gestion de carrière de ces forces combattantes. Ces mesures concernent essentiellement l’avancement à titre exceptionnel, soit de grade en grade, soit avec accès à un corps immédiatement supérieur, en reconnaissance des faits d’éclat ou des services exceptionnels rendus à la Nation en temps de paix ou en temps de crise ou en temps de conflit armé ou même lors d’une mission spéciale », indique le Ministre SANA.

‎‎Le Ministre de la Sécurité explique que sont considérés comme faits d’éclat, le fait de repousser une attaque terroriste ou tendre une embuscade ou assiéger une base terroriste, neutraliser le maximum d’ennemis et de récupérer le maximum de matériel.

‎Suite de l’affaire « caméra KORAG » : les sanctions sont tombées

Pour le compte du Ministère des Serviteurs du Peuple, le Conseil a entendu une communication orale relative aux agents publics coupables d’actes de corruption révélés par le KORAG. La communication orale rend compte des procédures disciplinaires engagées contre trois des sept agents concernés.

‎‎Selon le Ministre des Serviteurs du Peuple, M. Mathias TRAORÉ, le Conseil a décidé de rétrograder M. SAKANDÉ Seni, matricule 240 559, adjudant de police, au grade de Sergent-chef de police, de révoquer M. BOA Jacques, matricule 278 480 M, médecin spécialiste en stomatologie et chirurgie maxillo-faciale. Quant à M. OUÉDRAOGO Abdoul Rachid, matricule 1104-2021-0068, agent de police, il est relaxé au bénéfice du doute.

‎‎Direction de la communication de la Présidence du Faso

Salam ramadan / Les Lumières du Ramadan: l’Humilité : une lumière qui élève

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Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.
Louanges à Allah et paix et bénédictions sur Son Messager et sur tout croyant.
Parmi les lumières les plus nobles que le Ramadan ravive dans le cœur du croyant figure l’humilité. A première vue, elle peut sembler synonyme de faiblesse ou d’effacement. Pourtant, dans la perspective islamique, l’humilité est une élévation intérieure. Elle consiste à reconnaître sa condition de serviteur, à se libérer de l’orgueil et à marcher sur terre avec conscience et dignité. C’est aussi l’un des enseignements du Ramadan. En effet, il est une école d’humilité dans la mesure où la faim nous rappelle notre dépendance, la soif révèle notre fragilité, la prière nocturne nous place en position de prosternation, symbole ultime de soumission à Allah. Dans cette posture, le croyant découvre que la véritable grandeur réside dans l’abaissement sincère devant son Seigneur. Il s’agit de s’abaisser pour trouver l’élévation.

Le fondement de la foi musulmane réside dans l’humilité devant Allah. Cette humilité commence par la reconnaissance de la grandeur d’Allah et de la faiblesse humaine. Allah dit à ce propos : « Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur la terre… » (Sourate 25 verset 63). Marcher humblement ne signifie pas s’effacer socialement, mais adopter une attitude intérieure de modestie, sans arrogance ni mépris. Et Allah met en garde contre l’orgueil quand Il précise : « Et ne détourne pas ton visage des hommes, et ne foule pas la terre avec arrogance, car Allah n’aime pas le présomptueux plein de gloriole. » (Sourate 31 verset 18)

En vérité, l’orgueil fut la cause de la chute d’Iblîs, qui refusa de se prosterner par arrogance. L’humilité, au contraire, est la qualité des prophètes et des serviteurs sincères. Le Messager d’Allah a dit : « N’entrera pas au Paradis celui qui a dans son cœur le poids d’un atome d’orgueil ». Par ce propos, il nous montre à la fois la gravité de l’arrogance mais aussi l’importance capitale de l’humilité.

Par ailleurs, il importe de souligner que le Prophète est un modèle parfait d’humilité. En effet, l’exemple le plus éclatant d’humilité est celui du Prophète Mouhammad. Bien qu’il fût le Messager d’Allah et le meilleur des hommes, il vivait simplement. Il réparait ses sandales, participait aux tâches domestiques et s’asseyait parmi ses compagnons sans distinction apparente. Un homme, impressionné en sa présence, trembla ; le Prophète lui dit : « Calme-toi, je ne suis qu’un fils de femme qui mangeait de la viande séchée à La Mecque ». Et dans un autre hadith, il a dit : « Celui qui s’humilie pour Allah, Allah l’élève ».
En outre, le Ramadan est une excellente occasion pour nous éduquer à la modestie et nous mettre sur les pas du Prophète. Effectivement, le Ramadan est une école de modestie. Le jeûne est un puissant antidote à l’orgueil. La faim rappelle que l’être humain est dépendant. La prosternation répétée dans la prière rappelle que la grandeur appartient exclusivement à Allah. Rappelons-nous quand Allah dit : « Ô hommes ! Vous êtes les indigents ayant besoin d’Allah, et c’est Allah, Lui, le Suffisant à Soi-même, le Digne de louange » (Sourate 35 verset 15).

Le Ramadan matérialise cette indigence spirituelle. Nous réalisons que sans la permission d’Allah, nous ne pouvons ni manger, ni boire, ni même respirer en paix. L’humilité se manifeste aussi dans la discrétion des actes. Le jeûne est un acte caché, connu pleinement d’Allah seul. Et cette dimension favorise une purification de l’ego et éloigne la recherche de reconnaissance.

Parlant des manifestations concrètes de l’humilité, précisons qu’elle se reflète véritablement dans plusieurs attitudes. Elle consiste à accepter la vérité, même lorsqu’elle vient d’une personne plus jeune ou socialement inférieure, à reconnaître ses erreurs et demander pardon, à servir les autres sans rechercher la supériorité et à éviter le mépris, même subtil. Dans le même sens, le Prophète nous met en garde quand il précise que : « L’orgueil consiste à rejeter la vérité et à mépriser les gens. »

Ainsi, toute attitude de mépris est une forme d’orgueil. Le Ramadan nous appelle à purifier notre regard sur autrui. Le jeûne nous met tous au même niveau : riches et pauvres ressentent la faim, érudits et simples fidèles se tiennent côte à côte dans la prière.
Aussi, dans le cadre des relations sociales, l’humilité embellit les relations humaines. Elle apaise les conflits, facilite le dialogue et ouvre les cœurs. Une personne humble écoute davantage qu’elle ne parle, conseille sans humilier et corrige sans rabaisser. Et Allah nous enjoint dans ce sens quand Il dit : « Et abaisse ton aile pour les croyants » (Sourate 15 verset 88). Cette image exprime la douceur, la bienveillance et la proximité. Et dans la famille, l’humilité renforce l’harmonie comme elle crée la confiance dans la société et favorise l’unité au sein de la communauté.

Toutefois, remarquons que l’orgueil spirituel comporte assez de dangers pour le musulman. Il est une forme subtile d’orgueil. Il consiste à se croire supérieur en raison de ses pratiques, mépriser celui qui est moins assidu, s’admirer pour ses actes d’adoration et tout cela contredit l’esprit du Ramadan. En effet, le jeûne n’est pas un motif de supériorité, mais un rappel de notre dépendance. La prière nocturne n’est pas une médaille, mais une faveur divine. Plus le serviteur progresse spirituellement, plus il devient humble, conscient que tout bien vient d’Allah.

L’humilité, en conclusion, est une lumière qui élève durablement. Elle est une lumière apaisante et protectrice. Elle protège le cœur contre l’arrogance, les relations contre le mépris et les actes contre la vanité.

L’humilité apparaît comme une lumière d’élévation paradoxale : plus le serviteur s’abaisse devant Allah, plus Allah l’élève en dignité et en valeur.
Puisse Allah purifier nos cœurs de toute trace d’orgueil.
Puisse-t-Il nous accorder l’humilité dans nos paroles, dans nos actes et dans nos intentions.
Et puisse cette lumière acquise pendant le Ramadan illuminer notre vie entière.
NB : La foi musulmane est une foi active qui impose un devoir de présence.

Dr Inoussa COMPAORE
Imam à l’AEEMB et au CERFI

 

Manipulé par sa femme, il tue l’employé de son père

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L.A.B a comparu en audience criminelle devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Dédougou, le mardi 27 janvier 2026. Il est poursuivi pour avoir assassiné G.B, l’employé de son père, dans la nuit du 3 au 4 janvier dernier. Les faits se sont déroulés dans une localité rurale de la province du Mouhoun, région de Bankui. A la barre, l’accusé a reconnu les faits bien qu’il ait tenté de montrer pattes blanches aux premières heures du drame. En effet, les deux vivaient ensemble en brousse et travaillaient dans le champ paternel de l’accusé. Le jour des faits, L.A.B s’est rendu au village laissant derrière lui sa femme et l’employé. Vers 19 heures, la femme s’est rendue chez des voisins pour causer. Elle a rabattu la porte de la maison avant de s’en aller. A son retour vers 20 heures, elle découvre (…)

Retrouvez Au coin du palais sur https://www.sidwaya.info/numerique/

Yacouba BELEM

 

Région des Tannounyan : la ministre Passowendé Pélagie Kabré/Kaboré porte le message de solidarité du président du Faso à une localité reconquise

La ministre de la Famille, le commandant Passowendé Pélagie Kabré/Kaboré, accompagnée du gouverneur de la région des Tannounyan, Patrice Yéyé, a effectué, le mardi 24 février 2026, une visite dans une localité reconquise de la région afin de transmettre un message de solidarité et de soutien du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, ainsi que de l’ensemble du gouvernement.

Cette localité, durement éprouvée par des attaques terroristes répétées, avait été contrainte au déplacement de ses populations. Grâce aux efforts conjugués, au courage et à l’engagement des Forces de défense et de sécurité (FDS) et des Volontaires de la défense de la patrie (VDP), elle a été reconquise, permettant ainsi la réinstallation progressive des habitants. Au cours de cette visite, des vivres ont été officiellement remis aux populations de la localité. La ministre en charge de la Famille le commandant Passowendé Pélagie Kabré/Kaboré a également procédé à la remise de divers équipements destinés à soutenir les activités socio-économiques des habitants, afin de leur permettre de relancer durablement leurs moyens de subsistance et de consolider leur réinstallation. «Ce matin, nous sommes venus dans une localité qui avait été vidée de ses populations à la suite d’attaques terroristes.

Elle a pu être réinstallée grâce aux efforts des FDS et des VDP. C’est le lieu pour moi de rendre un hommage appuyé à ces vaillantes forces combattantes qui se sont mobilisées pour bouter cette menace terroriste hors de nos territoires », a déclaré la ministre. Elle a rappelé que la localité a récemment fait face à une nouvelle tentative d’agression. Cette fois-ci, l’attaque a été repoussée par nos vaillantes FDS. Cela n’a pas contraint les populations à fuir, mais a renforcé leur détermination à rester sur leurs terres, a-t-elle souligné.

La vie reprend progressivement son cours normal

Saluant la résilience des habitants, la première responsable du département en charge de la famille a indiqué que, malgré les difficultés, les populations sont restées sur place et s’emploient à reprendre leurs activités là où elles les avaient laissées. La vie reprend progressivement son cours normal dans cette localité, a-t-elle affirmé. Au nom du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, et du Premier ministre, chef du gouvernement, la ministre Passowendé Pélagie Kabré/Kaboré est venue transmettre un message d’encouragement et inviter les populations à maintenir la même détermination afin de continuer à soutenir les efforts des FDS et des VDP.

La délégation ministérielle a également échangé avec les forces vives, les autorités coutumières et religieuses, les femmes, ainsi que les personnes déplacées internes retournées. Les doléances exprimées ont été recueillies et seront examinées et traitées par ordre de priorité. Elles seront satisfaites par ordre de priorité, a rassuré le Commandant Passawendé Pélagie Kabré/Kaboré. Elle a annoncé par ailleurs le développement d’initiatives en faveur des femmes, des jeunes et des Personnes déplacées internes (PDI) retournées, notamment à travers des activités génératrices de revenus pour renforcer leur autonomisation.

Cette visite traduit une fois de plus l’engagement constant des plus hautes autorités du Burkina Faso à rester aux côtés des populations, surtout en période d’épreuve. Sous l’impulsion du président du Faso, le pays poursuit avec détermination la reconquête du territoire et la restauration de la paix. La ministre de la Famille et de la Solidarité poursuit ainsi ses actions de proximité auprès des populations en vue de renforcer la solidarité nationale et la cohésion sociale, faisant de solidarité nationale un pilier essentiel de la résilience collective.

Légende
JP1 : La ministre de la Famille et de la Solidarité a salué la résilience des habitants de la localité reconquise dans les Tannounyan.
Légende JP2 : La ministre de la Famille et de la Solidarité a procédé à la remise symbolique des vivres aux populations de la localité reconquise.
Légende JP3 : Les populations de la localité reconquise se sont mobilisées pour accueillir la ministre de la Famille et de la Solidarité.

Jean Paul YEKPAYE
Collaborateur

 

 

 

Coopération bilatérale: l’ambassadrice Bibata Nebié présente ses lettres de créance au gouverneur général du Commonwealth d’Australie

Le Burkina Faso continue sa politique de diversification et de renforcement de ses relations bilatérales avec des pays amis à travers le monde. En effet, le jeudi 19 février dernier, Bibata Nebié, nouvel ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso en Australie a présenté, à Canberra, ses lettres de créance à madame, Sam Mostyn AC, gouverneur général du Commonwealth d’Australie.

Au cours de cette cérémonie qui marque son entrée en fonction officielle, Bibata Nebié a transmis aux autorités australiennes, les salutations fraternelles du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré ainsi que celles du peuple burkinabè. A l’occasion, le nouvel ambassadeur du Burkina Faso en Australie a présenté aux autorités australiennes, la vision actuelle du Burkina Faso qui est de développer des relations de coopération saines et souveraines avec ses partenaires. Saluant l’excellence des relations entre les deux Etats, Sam Mostyn AC et Bibata Nebié ont exprimé le vœu de voir l’axe Ouagadougou-Canberra se renforcer dans les jours à venir.

DCRP/MAE

 

Faso Yaar à Manga: Un espoir pour les populations

Fidèle à sa mission d’accompagner les populations, Faso Yaar a officiellement ouvert ses portes dans plusieurs régions du pays pour assurer la vente des produits de grande consommation à des prix sociaux en cette période de jeûne musulman et du carême chrétien. Installé sur la place de la gare routière de Manga, ce marché témoin inauguré, il y a quelques jours, attire grand monde. Sidwaya y a fait un tour ce mardi 24 février 2026. Constat !

Il est 10 heures 30 mn. Sur le site de Faso Yaar de Manga, ce mardi 24 février 2026, pas de longues files d’attente. A la question de savoir la raison, Rasmata Sanfo, un agent commercial à Faso Yaar, confie que ce manque d’affluence s’explique par la lenteur du processus de vente qui se fait à travers un enregistrement manuel des clients. « Nous avons un problème de connexion internet. Une alternative a vite été trouvée qui est d’enregistrer les clients dans un cahier avec toutes les informations. A la descente, nous-nous rendons à la mairie pour renseigner la plateforme », indique-t-elle tout en rassurant que le marché est prometteur.

Elle en veut pour preuve, une quarantaine de clients déjà enregistrés dès notre arrivée. Pour Mme Sanfo, les produits disponibles à Faso Yaar sont, entre autres, le sucre de la SOSUCO, l’huile et des jus de différentes qualités. D’après elle, cette initiative va permettre aux populations de se ravitailler facilement étant donné que le processus de vente prend moins de temps et les prix sont abordables. « Les clients mêmes le reconnaissent parce que les années antérieurs, le paquet de sucre coûtait environ 1 100 F CFA pendant les périodes de jeûne chez les commerçants.

Avec Faso Yaar aujourd’hui, on peut l’avoir à 850 F CFA. Ce qui est à la portée de tous », explique-t-elle. Idrissa Tondé, un client, se réjoui de l’initiative. « Faso Yaar est une bonne chose, car les prix des produits sont accessibles. Nous les pauvres, nous pouvons compter sur ça », salut-il. Celui-ci a témoigné sa reconnaissance envers les autorités du pays qui ont pensé à mettre en place ces marchés témoins. « Nous souhaitons que Dieu les aide à pérenniser l’initiative au grand bonheur des populations », formule M. Tondé.

Un acte fort de solidarité

Le Président de la délégation spéciale (PDS) communale de Manga, Bérenger Yazouma Bihoun, note que l’initiative Faso Yaar revêt une importante particulière pour la commune de Manga. Selon lui, en facilitant l’accès à des produits essentiels tels que l’huile, le sucre et les jus à des conditions avantageuses, le gouvernement pose un acte fort de solidarité et de soutien envers les ménages, en particulier les personnes vulnérables. « A ce jour, nous pouvons dire que Faso Yaar est opérationnel dans la commune de Manga à travers l’ouverture d’une boutique de vente sur la place du marché », fait-il savoir. M. Bihoun également relève que l’objectif principal de cette opération est de réduire le coût des produits durant cette période de carême.

« Les seuls visés, ce sont les consommateurs finaux », précise-t-il avant d’ajouter que les produits de Faso Yaar ne sont pas faits pour être revendus. « Des mesures ont été prises et nous avons sensibilisés les commerçants afin que cette pratique ne puisse pas se produire dans la commune de Manga », confie le PDS. Le premier responsable de la commune de Manga a insisté que les produits de Faso Yaar sont réellement vendus aux destinateurs. « La forte mobilisation autour du marché témoin n’est rien d’autres que les populations bénéficiaires », se convainc Bérenger Bihoun.

Il note par ailleurs qu’au nombre des mécanismes mis en place pour éviter l’accès des commerçants à Faso Yaar, figurent les patrouilles des agents de sécurité sur le marché. « Ils peuvent venir 2 à 3 fois au cours de la journée », soutient le PDS. Selon lui, il y a aussi un opérateur qui se charge de filtrer et de vérifier le consommateur final de ces produits sur la plateforme. A écouter M. Bihoun, les commerçants se distinguent par la quantité des produits qu’ils viennent acheter. « Il y a une quantité qui est déjà plafonnée au-delà de laquelle, on ne peut pas servir », clarifie-t-il.

Abordant les difficultés, le PDS indique qu’elles étaient liées à la connexion internet et à la non-maitrise de la plateforme. Néanmoins, il estime que ces obstacles ont été levés. Lancés en 2025 sous l’impulsion du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré pour lutter contre l’inflation et garantir l’accès des produits de premières nécessités à des prix sociaux, les boutiques Faso Yaar, suscitent un espoir pour les populations, surtout celles les plus vulnérables. En cette période de jeûne musulman et du carême chrétien, ces marchés témoins ont été, récemment, implantés dans plusieurs régions du pays.

Noufou Sawadogo

Loi de finances exercice 2026: les hommes d’affaires découvrent les mesures fiscales

La Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso a organisé une matinée fiscale sur le thème : « Les nouvelles mesures fiscales et la loi de finances : les nouveautés de 2026 » au profit des hommes d’affaires du Burkina Faso, mardi 24 février 2026, à Ouagadougou.

Dans le cadre de la vulgarisation des innovations contenues dans la loi de finances, exercice 2026, la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), en collaboration avec la direction générale des douanes et celle des impôts, a organisé le 24 février 2026 à Ouagadougou, une journée d’information au profit des hommes d’affaires. Au cours de la rencontre qui a réuni des chefs d’entreprises., les innovations la loi de finances2026 ont été présentées. Les communications ont été assurées par des experts de la Direction générale des impôts (DGI) et de la Direction générales des douanes (DGD).

Ils ont souligné que la loi de finances 2026 s’inscrit dans une logique de souveraineté budgétaire, d’élargissement de l’assiette fiscale, de lutte contre la fraude, de modernisation du cadre légal et de soutien aux secteurs porteurs de l’économie nationale.
Selon les experts, la loi de finance 2026 introduit 28 mesures fiscales nouvelles réparties en quatre grandes catégories à savoir les mesures d’élargissement de l’assiette fiscale, les mesures d’amélioration du rendement de l’impôt, les mesures d’ajustement technique et les mesures de faveur fiscale.

Ainsi, parmi les innovations majeures, ils ont fait ressortir l’institution d’une taxe spécifique sur l’importation des armes et des munitions, la Facture électronique certifiée (FEC), l’augmentation à 30 % la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) qui était de 20%. Par ailleurs, certains secteurs de l’économie vont bénéficier de sept mesures d’allègement fiscal. Il s’agit entre autres de l’exonération de la patente proportionnelle sur les livraisons de produits pétroliers et dérivés, l’extension de l’exonération de la TVA à des produits tels que le bétail, le karité, le cajou, les œufs à couver et les bonbonnes en fibres de verre, ainsi que la création d’un régime spécial d’exonération au profit des projet d’investissements stratégiques.

Le directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), Seydou Tou, s’est réjoui de l’appui de la direction générale des impôts pour la vulgarisation des innovations de la loi de finance exercice 2026 auprès des acteurs du monde des affaires. « L’atelier a permis au monde des affaires de mieux comprendre les innovations fiscales introduites et les implications qu’elles suscitent cette année », a-t-il expliqué. Pour lui, les échanges ont permis de dissiper toutes les incompréhensions sur la loi de finances 2026. M. Tou a formulé le vœu de voir les opérateurs économiques intégrer les nouvelles mesures fiscales dans leur gestion quotidienne.

Fleur BIRBA
Patricia TAONSGO
(Stagiaire)

 

Loi portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle : « La loi légalise et renforce le rôle des chefs coutumiers et traditionnels dans la prévention et la gestion des conflits et dans la consolidation de la cohésion sociale », Dawelg Naaba Boalga Issaka Sourwèma

L’Assemblée législative de Transition a adopté le 14 janvier 2026 la loi portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle. Nous avons sollicité et obtenu une interview du Dawelg Naaba Boalga Issaka Sourwèma, président de l’Association pour la tolérance religieuse et le dialogue intercommunautaire (ATR/DI), ancien ministre des Affaires religieuses et coutumières et actuel directeur général du groupe de presse Savane Médias. Il se prononce sur les avancées et les défis de cette nouvelle loi.

Sidwaya (S) : Le projet de loi portant statut de la chefferie traditionnelle et coutumière a été adopté le 14 janvier 2026 par l’Assemblée législative de Transition, comment avez-vous accueilli cette nouvelle loi ?

D.N.B : En tant que chef traditionnel, naturellement un tel document de rang législatif qui permet de rendre la gouvernance traditionnelle et coutumière plus formelle et en adéquation avec les autres lois et règlements de la République, ne peut que me réjouir. Indépendamment de cela, je suis également content du fait que depuis des années, je fais partie de ceux-là qui ont travaillé pour qu’il y ait dans le droit positif burkinabè, une loi qui régit la chefferie coutumière et traditionnelle. Toutefois, je dois avouer que je ne suis qu’une petite partie de toute cette galaxie qui a travaillé à cela.

C’est pourquoi, il faut avoir des égards à l’endroit d’une association comme « Racine » (dont je suis un des membres), présidée par le Naaba Baoogo de Gourcy et dont le secrétaire général est le Pr Albert Ouédraogo qu’on ne présente plus. Il faut également penser à l’Association pour la tolérance religieuse et le dialogue intercommunautaire que je préside et qui a participé aux travaux préliminaires. Dans ce sens, je pense qu’il serait injuste d’oublier par exemple les acteurs étatiques à travers les différents ministères, à commencer par celui en charge des cultes et des traditions. Il faut également y ajouter le Conseil supérieur de la chefferie coutumière et traditionnelle (CSCCT) qui a également œuvré inlassablement dans ce sens, et bien sûr d’autres organisations de la société civile qui ont contribué.

Au regard du caractère participatif et inclusif des discussions qui ont été menées, c’est également une source supplémentaire de satisfaction pour moi parce que les autorités auraient pu simplement se contenter de consulter toutes ces personnes, toutes ces organisations, juste pour la forme. Mais non seulement la consultation a eu lieu mais également beaucoup de préoccupations et de suggestions qui avaient été faites par les parties prenantes ont été prises en compte. Je suis en outre d’autant plus ravi qu’aujourd’hui, à l’instar de beaucoup de pays de la sous-région, nous aussi, lorsque nous parlons à nos pairs des autres pays de la sous-région, ressentons une fierté légitime étant donné que nous sommes reconnus par l’Etat burkinabè de façon formelle, à travers justement cette loi qui fait partie dorénavant de l’ordonnancement juridique national du Burkina Faso.

S : Quelle appréciation faites-vous du contenu de cette nouvelle loi ?

D.N.B : Je vais commencer par ce que certains appelleraient les insuffisances. Mais en fait ces insuffisances doivent être considérées comme des défis ; parce que les insuffisances peuvent être négativement connotées ou perçues comme des phénomènes statiques. Or l’appréciation d’une loi ne doit pas contenir des connotations péjoratives. Une loi ne doit pas non plus être statique. Elle est le reflet des rapports de forces qui impriment la cadence de la société sur un sujet à un moment donné de son histoire, du point de vue de sa conception, du point de vue des normes et du point de vue de ses règles.

Parlant de défis, je dirais par exemple que le fait de ne prévoir aucune rémunération en induit au moins un. On peut présumer que cela pourrait limiter la capacité des chefs coutumiers et traditionnels à exercer efficacement certaines missions. Surtout quand on prend le cas des chefs traditionnels ou des chefs coutumiers qui sont dans les zones rurales et dont, par exemple, les moyens matériels et financiers sont limités. Avec cette loi, ils seront plus sollicités que de par le passé parce qu’avant ce sont eux qui avaient l’initiative de faire ceci ou cela ; ou ce sont les populations qui décidaient de les voir pour qu’ils fassent ceci ou bien pour qu’ils fassent cela. Aujourd’hui, en plus de leurs initiatives et de celles des populations, l’Etat leur donne des orientations. Subséquemment, les responsabilités augmentent. Si celles-ci augmentent pendant qu’il n’y a pas de rémunération, cela peut être problématique.

Heureusement que dans l’accomplissement des missions que l’Etat leur confiera, ce dernier ne pourra pas faire l’économie des frais administratifs et de mission. Idem lorsque les chefs coutumiers traditionnels seront amenés à faire rédiger des rapports et il faut espérer que les textes d’application permettent d’y faire face.

Le deuxième élément sur lequel il me paraît utile effectivement d’insister, c’est ce qu’on peut considérer comme une sorte de risque de marginalisation politique des chefs coutumiers et traditionnels. Il leur est exigé la neutralité politique. Personnellement j’y adhère mais il ne s’agit pas d’une affaire personnelle. Il faut prendre du recul et essayer d’examiner les choses en prenant en compte peut-être certaines préoccupations ou certaines interrogations. Certes, la loi protège moralement les chefs parce qu’un chef coutumier ou traditionnel engagé dans la politique partisane ou dans le syndicalisme peut, de par son militantisme, ternir sa réputation à lui et celle de l’institution coutumière.

Par voie de conséquence, il peut, en cas de conflit qu’il doit résoudre, se retrouver être dans la situation désobligeante que lui impose son statut de juge et de partie. Il pourrait ainsi entraîner la communauté sur des voies sans issue. Et donc pour cela, il vaut mieux effectivement qu’il se tienne à l’écart de la politique partisane et du syndicalisme. Comme l’enseigne le proverbe : « Si le crocodile s’attaque au masque qui s’aventure dans la rivière, c’est ce dernier qui l’aura voulu » parce que dans beaucoup de nos sociétés, le masque ne traverse pas la rivière, fut-elle sèche.

Pour en revenir à notre sujet, ça peut être perçu comme une restriction des libertés des chefs coutumiers et traditionnels ou une manière de limiter leur pleine participation citoyenne aux débats publics qui défraient la chronique dans la cité. S’ils ne peuvent pas faire de la politique partisane et s’ils ne peuvent pas faire du syndicalisme, alors il faut peut-être trouver aux chefs coutumiers et traditionnels des mécanismes qui leur permettent de donner leur point de vue sur la marche de leur village, de leur commune, de leur région ou de l’Etat : pas en tant que militants syndicaux ou militants politiques de quelque bord que ce soit mais en tant que citoyens et leaders d’opinion.

Le troisième et dernier point est le suivant : l’application de certaines dispositions nécessite des capacités administratives rigoureuses. Alors cela nous soulève la question des ressources humaines et donc celles des ressources financières. En plus des zones rurales qui peuvent être concernées, il faut s’intéresser à la situation des hautes autorités coutumières et traditionnelles. En effet, l’accomplissement de «leurs missions de service public» est source de soucis sociaux et économiques. Avant l’adoption de cette loi, elles le faisaient. Avec ce texte, elles sont beaucoup plus fondées de le faire parce qu’elles sont adossées à une règle de droit en la matière.

Ces trois préoccupations que je présente sous forme de défis à relever ne sont pas insurmontables. Et je crois qu’aujourd’hui, le gouvernement qui a travaillé à l’adoption de cette loi-là, ne peut qu’effectivement se pencher sur ces préoccupations. S’il y a des difficultés, je pense que nos supérieurs coutumiers et traditionnels sont là et dans le cadre du dialogue que le gouvernement promeut avec les autorités religieuses et coutumières, ces questions peuvent trouver leurs réponses.

S : Quelles sont donc les avancées notables de cette loi ?

D.N.B : Après les défis, je pense qu’il faut aussi évoquer les forces de cette loi-là qui est une reconnaissance officielle juridique de l’institution ou des institutions qui ont gouverné le pays avant la colonisation, ont cohabité avec la colonisation et ont fait plus ou moins bon ménage avec les différents régimes politiques qui se sont succédé après les indépendances. Ces institutions-là ont fait preuve de résilience parce que certains de régimes ont voulu mettre fin à ces institutions mais elles ont toujours trouvé les attitudes et les comportements qui siéent face aux velléités ou pratiques anti-chefferie.

Je pense que maintenant la reconnaissance juridique officielle de ces institutions est un élément important, parce que c’est devenu un élément de l’ordonnancement juridique national. Cela comble l’insuffisance qui était celle de l’encadrement de cette institution. Aujourd’hui, ça l’est suffisamment, au moins en théorie, pour le moment. Et le texte ne fait pas seulement cas des attributions ou des fonctions de la chefferie traditionnelle et coutumière. Elle définit aussi les limites de ces attributions. Ces limites sont importantes et elles ont été assez bien définies dans la loi.

Cette loi-là vient de façon juridique apporter une contribution à la cohésion sociale en ce qu’elle renforce le rôle des chefs coutumiers et traditionnels dans la prévention, la gestion et la résolution des conflits. Aujourd’hui plus qu’hier, on en a besoin pour que nous puissions venir à bout de ceux qui nous agressent et résoudre les problèmes intercommunautaires et interreligieux qui nous tenaillent. Quelle que soit son appartenance religieuse, le chef doit traiter les différentes confessions religieuses avec équité. Ensuite, quels que soient les différents groupes socio-ethniques auxquels il a affaire dans sa localité, le chef coutumier est obligé de les traiter tous avec équité et à être inclusif dans la gouvernance de la communauté. Tout cela lui permet de contribuer et de travailler à l’épanouissement du pays et au retour de la paix.

Ensuite, les retombées positives de cette loi résident aussi dans le fait d’encadrer les investitures et d’interdire les auto-proclamations, les doubles ou les triples intronisations en exigeant que toute investiture fasse l’objet d’un procès-verbal qui respecte les coutumes en vigueur au sein de la communauté de la localité. Cela renforce la légitimité des chefs traditionnels et coutumiers. Pour ce qui concerne le ressort coutumier de Sa Majesté le Moogho Naaba, la légitimité c’est d’abord Dieu. Pour les chefs coutumiers qui sont intronisés par Sa Majesté le Moogho Naaba, celui-ci est leur première source de légitimité, leurs ancêtres la deuxième et les populations de leur localité la troisième.

Ce qui est positif également de mon point de vue, c’est la neutralité politique. La neutralité politique et le non-engagement des chefs coutumiers et traditionnels dans les activités politiques préservent leur légitimité et la considération morale qu’on doit avoir à leur endroit. Ça les conforte dans leur rôle de médiateurs et de garants de la paix.
Enfin la coordination et le registre officiel sont des aspects positifs de cette loi. Avec le registre et l’utilisation des technologies de l’information et de la communication, se dire chef sans l’être dans la réalité sera de plus en plus difficile car les impostures seront facilement démasquées. Le registre contribuera à rendre cette institution beaucoup plus respectable et à éviter que des imposteurs ne salissent par leur comportement l’image de cette institution.

Pour terminer, on peut ne pas être tout à fait d’accord avec certains aspects de cette loi mais le principe de son existence est déjà fondamentalement important. Il est impossible d’arriver à ce qu’une loi soit absolument parfaite, une loi soit acceptée par tous. De toute façon, une loi n’est pas statique, elle est dynamique. On peut travailler à améliorer ce qui existe déjà et ça nous évite de réinventer la roue.

S : Le Burkina Faso mène des actions depuis quelques années pour retrouver sa souveraineté. Cette loi sur la chefferie, peut-elle davantage contribuer à la refondation du Burkina ?

D.N.B : Le fait même d’adopter cette loi participe déjà à la refondation au niveau des institutions. Et refonder l’Etat implique une bonne dose de souveraineté dans la mesure où elle vient en rupture avec ce qui existe. Les actes de refondation et de souveraineté du reste ne peuvent pas être posés sans les chefs coutumiers et traditionnels. D’ailleurs, quand on parle de la lutte contre le terrorisme et de la résolution des problèmes sécuritaires, les chefs coutumiers et traditionnels, dans leur mission de prévention, de gestion et de résolution des conflits, font partie des acteurs qui se trouvent au centre de ces thématiques.

Refonder l’Etat, c’est permettre à ces légitimités coutumières de puiser dans les mécanismes et dans les modes traditionnels de prévention et de résolution des conflits que les ancêtres leur ont légués, de prendre en compte de ce que la vie leur enseigne comme leçons et de s’enrichir des connaissances du monde actuel pour participer à la construction d’une société meilleure. Cela étant, il faut qu’au niveau de l’Etat, de la société civile et des autres partenaires, un travail d’information et surtout de formation soit fait pour que les chefs traditionnels et coutumiers et l’opinion publique s’approprient cette loi et ses textes d’application. Ainsi, les premiers concernés pourront jouer efficacement leur rôle et le grand public pourra participer plus conséquemment à la mise en œuvre de ces textes. Dans cette optique, leur traduction dans les langues nationales est impérative.

S : La loi prévoit la mise en place d’une structure de coordination, comment voyez-vous cette structure de coordination ?

D.N.B : Pour la coordination, le Conseil supérieur de la chefferie coutumière et traditionnelle (CSCCT) existe déjà. Rien ne dit que c’est ce conseil qui jouera ce rôle mais rien aussi n’empêche qu’on l’adopte comme structure de coordination ; quitte à le réaménager dans la forme et dans le fond. Déjà, ce conseil effectue un travail de coordination et il a aussi le mérite d’exister quel que soit ce qu’on peut en dire. On peut aussi créer une autre structure avec un autre nom qui va prendre en compte certaines attributions et missions du CSCCT. En tout état de cause, pour que le gouvernement ait un interlocuteur qui soit légal et légitime, il faut quelque part qu’il y ait une structure représentative des différentes sensibilités sociopolitiques traditionnelles du pays. La réflexion est en train de se mener. Nul doute qu’il y aura des consultations non seulement avec les membres du CSCCT mais également avec des personnes de ressources de manière à rendre la future structure de coordination conforme aux textes de la République et susceptible de contribuer à apporter des réponses aux préoccupations qui sont aujourd’hui celles du Burkina, en matière de renforcement de la cohésion sociale et du vivre-ensemble.

 

Interview réalisée par Abdoulaye BALBONE