Procès des magistrats : le verdict est tombé

 

Le verdict du procès des magistrats est connu, le mardi 24 février 2026. Le tribunal a condamné des magistrats et des douaniers pour corruption.

Le verdict du procès des magistrats est tombé. La Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Koupéla a relaxé les magistrats Méda Aniatisa Urbain, Kaboré Sandaogo Antoine, Traoré Mohamed et Somé Alban Balanoë, des faits d’acceptation de cadeaux indus pour infraction non constituée. Concernant les faits de corruption, le magistrat Urbain Medah a été reconnu coupable de corruption d’agent et condamné à 15 mois de prison dont deux fermes et une amende de 5 millions dont 3 millions fermes. Le magistrat Sandaogo Antoine Kabore a été condamné à 15 mois de prison dont 2 mois fermes et 5 000 000 FCFA d’amende dont 3 000 000 FCFA fermes pour complicité de corruption d’agent public. Le magistrat Mohamed Traore a été condamné à 24 mois de prison dont 12 mois fermes et 4 000 000 FCFA d’amende dont 2 000 000 FCFA fermes pour complicité de corruption d’agents publics. Le magistrat Alban Balanoë Some a été condamné à 36 mois de prison dont 18 mois fermes et 5 000 000 FCFA d’amende dont 3 000 000 FCFA fermes pour corruption d’agent public (2 300 000 FCFA) et révélation illégale de l’identité d’un témoin protégé. Le douanier Oumarou Yameogo a été condamné à 15 mois de prison dont 2 mois fermes et 3 000 000 FCFA d’amende dont 2 000 000 FCFA fermes pour corruption d’agent public (1 500 000 FCFA). Le douanier Jonas Wendsongda Yameogo a été condamné à 15 mois de prison dont 2 mois fermes et 3 000 000 FCFA d’amende dont 2 000 000 FCFA fermes pour corruption d’agent public (1 500 000 FCFA). Le douanier Nikièma Zindi Désiré a été aussi déclaré coupable des faits de corruption et de révélation de l’identité de témoin protégé. Il a été condamné à une peine d’emprisonnement de 36 mois dont 18 mois fermes et à une amende de 5 000 000 CFA dont 3 000 000 FCFA fermes. Quant au magistrat Jean Jacques Wend-Panga Ouedraogo, il a été relaxé pour corruption d’agents publics, soustraction de pièce de procédure et blanchiment de capitaux. Le douanier Seydou Traore a été relaxé pour corruption d’agents publics et blanchiment de capitaux au bénéfice du doute. L’avocat Arno Sampebre a été aussi relaxé pour complicité de révélation illégale de l’identité d’un témoin protégé et violation du secret professionnel.

La rédaction

 

Soudan : le pompier Museveni

Le Président ougandais Yoweri Museveni, médiateur de l’Union africaine (UA), va-t-il réussir à amener les parties en guerre au Soudan, à fumer le calumet de la paix ? C’est une question lancinante, dans la mesure où ce pays d’Afrique du Nord-Est s’enfonce, tous les jours, dans l’abime. Depuis avril 2023, deux camps s’affrontent pour le contrôle du pouvoir, notamment l’armée soudanaise, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan et les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemetti ». En recevant la derrière personnalité citée dans l’espoir d’instaurer un dialogue direct avec l’armée soudanaise, le facilitateur de l’UA a repris du service, le vendredi 21 février 2026, mais que faut-il véritablement attendre de cette relance des efforts diplomatiques au plan africain ?

Jusque-là, il est impossible de faire entendre raison aux parties en conflit. Malgré les appels aux cessez-le-feu de l’UA, tout comme de la communauté internationale, les deux généraux ont des positions tranchées. L’armée soudanaise conditionne toute trêve au retrait des FSR des zones occupées, tandis que celles-ci cherchent à renforcer leurs assises sur le terrain. Les FSR semblent plus portées sur l’épreuve de force que la voie du dialogue, à voir leur volonté de conquérir davantage de territoires. Aussi, les implications extérieures compliquent-elles la résolution de la crise, étant donné que les belligérants ont des soutiens de part et d’autre.

Le processus de paix piétine, alors que le conflit s’enlise avec ses dégâts à troubler le sommeil. Le Soudan se meurt et ses habitants avec. Il y a urgence à agir. Alliés à la faveur du coup d’Etat d’octobre 2021 pour évincer les civils au pouvoir d’alors, les deux hauts gradés n’ont pas tardé à devenir des rivaux, au point de se combattre à mort. La guerre pour le trône des généraux a plongé le Soudan dans un chaos, dont on se serait passé, pour un pays abonné à l’instabilité sociopolitique. Le conflit entre les forces loyalistes et les FSR a fait au moins 150 000 morts, des milliers de blessés et près de 13 millions de personnes déplacées. Le Soudan est confronté à une double crise sécuritaire et humanitaire d’une extrême gravité.

Le chef de l’Etat ougandais, qui a hérité d’une patate très chaude, devra user de tact pour parvenir à des résultats appréciables, là où les efforts consentis n’ont pas encore permis de faire taire les armes au Soudan. Seule une solution politique négociée pourra assurer une sortie de paix en terre soudanaise. Museveni partage la même pression, que son homologue burundais et nouveau président en exercice de l’UA, Evariste Ndayishimiye qui a le dossier soudanais comme chantier prioritaire.

Le patron entrant de l’UA pourra-t-il véritablement faire bouger les lignes, en accord avec le facilitateur désigné, dans un contexte où l’organisation est sous les feux de la critique, pour sa supposée incapacité à éteindre des foyers de tensions sur le continent. C’est l’occasion pour Ndayishimiye d’accompagner de tout son poids le médiateur, pour sortir le Soudan de l’enfer et démentir ces accusations.
La situation dans ce pays n’honore pas l’Afrique dont les fils et les filles n’arrivent pas à parler d’une seule voix et se laissent le plus souvent aller au jeu des occidentaux.

Kader Patrick KARANTAO

 

 

Ouattara Djakaridja Hema, DG de la SOSUCO: « Le sucre est disponible et le sera encore pour les années à venir »

La Société sucrière de la Comoé (SOSUCO) a mis à la disposition de Faso Yaar à Banfora, une vingtaine de tonnes de sucre pour répondre au besoin des consommateurs en ce mois de carême et de jeûne. Outre cet effort, la SOSUCO développe des initiatives, tant dans les champs de canne à sucre qu’à l’usine, pour améliorer sa production et satisfaire la demande des populations. C’est ce qui ressort de l’entretien que son directeur général, Ouattara Djakaridja Héma nous a accordé.

Sidwaya (S) : Vous avez signé le 5 février 2026, un partenariat avec Faso Yaar. Quels sont les contours de ce partenariat ?

Ouattara Djakaridja Hema (ODH) : Ce partenariat avec Faso Yaar vient combler un vide qui existait. C’est vrai qu’on a des commerçants habituels qui étaient nos clients depuis la création de la SOSUCO, mais, Faso Yaar vient, non pas comme un concurrent, mais il vient jouer sa partition dans la distribution du sucre au niveau de notre pays.

S : Cette distribution du sucre dans les boutiques Faso Yaar, ne va-t-elle pas impacter le circuit habituel de distribution du sucre ?

O.D.H : Non ! La distribution du sucre dans les boutiques Faso Yaar ne va pas impacter le circuit de distribution. Comme je le disais tantôt, Faso Yaar vient comme un client de la SOSUCO. Donc, les autres clients habituels existent toujours. Ils sont en train d’être approvisionnés. Faso Yaar vient également compléter la liste des clients habituels de la SOSUCO. Mais, Faso Yaar est une structure d’Etat, tout comme la SOSUCO, donc un partenaire.

S : Quelle différence y a-t-il pour un client qui achète le sucre dans une boutique ordinaire et celui qui l’achète à Faso Yaar ?

O.D.H : Celui qui va dans une boutique de Faso Yaar trouvera le sucre au prix réglementé. Donc, c’est peut-être à ce niveau qu’on peut avoir une différence. Mais, il y a des commerçants habituels aussi qui appliquent effectivement les textes en vigueur. Je pense qu’ils se complètent. Parce que Faso Yaar va permettre aux commerçants qui exagèrent les prix d’être dans l’obligation de respecter les textes. Donc Faso Yaar vient pour la réglementation des prix, ce qui va avoir un effet d’entraînement pour les commerçants qui exagèrent sur les prix de vente de ces produits de grande consommation.

S : Quel est le tonnage du sucre qui sera mis à la disposition de Faso Yaar ?

O.D.H : Faso Yaar n’est pas ponctuel, ça continue dans le temps. Les boutiques Faso Yaar ont exprimé leurs besoins. Nous avons essayé de les approvisionner, tout comme nous approvisionnons les autres clients et les autres fournisseurs. Les prix de vente de ces sucres sont édictés par les textes réglementaires. L’Etat dit que pour ce qui concerne les morceaux, c’est 800 F CFA. Pour le granulé, le prix fixé est de 650 F CFA le kilogramme. Pour les autres régions, on peut ajouter le différentiel du transport. Il ne faudrait pas que le différentiel du transport soit aussi exagéré afin de permettre à la population d’avoir accès à ces produits de grande consommation. Je pense que Faso Yaar vient réglementer tout ça.

S : Les commerçants sont-ils obligés de s’aligner sur ces prix ?

O.D.H : On dit qu’un Etat est fort lorsque chacun s’aligne sur sa décision. Mais lorsque l’on sabote ce dont l’Etat a décidé, cela affaiblit son autorité. Notre objectif est que les commerçants s’alignent sur les décisions de l’Etat. Il y a un autre circuit de distribution qui vient s’ajouter à celui habituel, à savoir Faso Yaar qui est en train de faire un effort pour satisfaire toutes les régions du Burkina Faso. Nous demandons aux populations de respecter dans l’ordre, la distribution du sucre. Le mois de Ramadan et de carême qui coïncident cette année, est un mois de grande consommation. Il faudra que chacun puisse avoir accès au sucre. Si le gouvernement a pris la mesure de créer Faso Yaar, c’est pour que chaque Burkinabè, là où il est, ait accès à ces produits de grande consommation. Nous demandons donc à la population de se référer aux boutiques Faso Yaar mais également aux commerçants habituels qui respectent la réglementation pour s’approvisionner en sucre.

S: Dans ce mois de carême et de jeûne, quelles sont les dispositions que vous avez prises pour garantir la disponibilité du sucre au consommateur quand on sait que ce mois est un mois de grande consommation ?

O.D.H : La SOSUCO est en pleine production. Nous essayons de satisfaire au maximum nos clients et nos fournisseurs habituels, mais également Faso Yaar qui vient d’être créé dans l’optique que chaque Burkinabè puisse avoir du sucre là où il est. Le sucre de la SOSUCO est beaucoup prisé. Il fait la fierté des Burkinabè. Même à l’extérieur, il est demandé tout simplement parce que c’est un produit bio, de qualité, sans produit chimique. Quand quelque chose est bien, naturellement, cela crée la rareté. Je pense que la reprise de la SOSUCO par l’Etat a pour objectif de permettre à la société de satisfaire au maximum le besoin national. Nous sommes dans cette vision. Nous espérons que pour ce mois de carême et de jeûne, le sucre sera disponible. Il sera encore plus disponible pour les années à venir. Je rappelle que les prix autorisés pour Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso sont de 800 F CFA pour le sucre en carreau et de 650 F CFA pour le kilogramme de sucre granulé.

S : Vous venez de le dire : l’Etat a pris en main la SOSUCO. Dites-nous ce qui change fondamentalement dans la gestion de la société ?

O.D.H : Le processus de la nationalisation de la SOSUCO a commencé en 2023. C’est en 2024 que l’Etat a repris en main et c’est en fin 2025, que les textes ont été réellement pris. Nous avons commandité une étude pour proposer un rapport afin de voir les difficultés de la SOSUCO et également proposer un plan de relance et de développement. Ce rapport est disponible. La vision est grande. Elle est très grande d’ailleurs parce que nous avons en perspective de doubler notre production en allant jusqu’à environ 50 000 tonnes, voire 60 000 tonnes avec la même superficie qu’on a. Nous avons également la vision d’étendre nos champs en dehors même de la région. Si je prends la superficie actuelle, on peut l’étendre jusqu’à 5 000, voire 6 000 hectares. Mais il faut travailler à nourrir le sol parce que c’est un sol qui a été exploité depuis 1974. En plus, il faut d’autres types de variétés.

L’augmentation de la production rime aussi avec l’usine parce qu’il ne suffit pas d’avoir une très grande quantité de cannes produites et avoir des difficultés de broyage. Les deux vont ensemble. En plus des champs, nous avons en perspective la transformation ou l’innovation de cette unité qui existe. Mais, cela doit se faire avec du personnel dévoué et de qualité. Aujourd’hui, l’Etat a repris la SOSUCO. Les chantiers sont énormes. Les agents de la SOSUCO doivent travailler avec le minimum qu’ils ont. Ensuite, l’Etat apportera un concours pour un bon investissement. En attendant que l’investissement ne vienne, on est obligé de faire avec les moyens de bord. Le maintien de la production doit se faire avec des

La SOSUCO est à la recherche de solutions pour que le temps de maturité du sucre n’atteigne pas 12 mois

gens convaincus. C’est un appel que je lance aux travailleurs de la société. La SOSUCO a deux compartiments à savoir le champ et l’usine. L’usine ne marche que si le champ donne. Si le champ ne donne pas, l’usine ne peut pas bien marcher. Donc l’essence même de la SOSUCO, c’est le champ. J’appelle donc tous les travailleurs, là où ils sont, de donner le meilleur d’eux-mêmes pour qu’on puisse maintenir la production, la doubler et même la tripler.

S : Vous avez été nommé directeur général de la SOSUCO en février 2004. En deux ans, qu’est-ce que vous avez fait pour la société, différemment de ce que vous êtes venus trouver.

O.D.H : Au moment où nous prenions la destinée de la SOSUCO, c’était une période difficile. Une période d’inter-campagne où il fallait faire face à l’acquisition du matériel pour la maintenance de l’usine. Nous étions endettés et les fournisseurs avaient refusé pratiquement de nous servir ce matériel-là. Mais, avec des négociations, certains ont accepté de le faire et nous avons pu démarrer l’usine. Je pense qu’il y a quand même à reconnaître ce mérite-là, celui de maintenir l’usine fonctionnelle jusqu’à aujourd’hui.
Ensuite, nous avons pu maintenir effectivement constante la rémunération salariale jusqu’à la date d’aujourd’hui.

C’est pourquoi, je lance un appel pour que les agents redoublent d’effort parce que pour redresser une société comme nous l’avions prise, il y a plusieurs méthodes. Mais à la longue, je pense que pour aller vite, il n’est pas exclu qu’une méthode soit appliquée, celle de la rationalisation des ressources humaines, qui est un point très important. Lorsque vous avez deux personnes à un poste, le travail peut être bien fait. Mais, quand on ajoute une troisième personne, cela peut créer des problèmes. Mais quand vous avez cinq ou dix personnes pour un poste, vous voyez un peu ce que ça fait. C’est un facteur à ne pas exclure. Et aujourd’hui, la SOSUCO est en production.

Le fonctionnement est un peu difficile parce que la campagne qui s’est écoulée a commencé avec deux mois de retard et on a commencé pratiquement en janvier. Si nous devons observer ces retards, les cannes vont atteindre la maturité. Cette année, on a essayé de faire un sacrifice parce que la canne fait douze mois. Mais nous avons commencé deux mois plus tôt. Par conséquent, les cannes n’ont pas atteint leur maturité et cela va jouer sur la rentabilité. L’année prochaine, on commencera à la même période de production pour rattraper pratiquement toutes les parcelles parce que cette année, il y aura des parcelles qu’on ne pourra pas couper.

La canne est très jeune et on va laisser poursuivre la maturité et l’année prochaine, on commencera la campagne avec ces cannes pendant que les cannes que nous avons coupées cette année puissent atteindre la maturité. Avec des chercheurs, nous sommes en train d’envisager des cannes à sucre qui ne font pas forcément douze mois pour atteindre la maturité. Nous avons un grand chantier et le redressement d’une usine ne se fait pas peut-être en un an ou deux ans, surtout quand l’impact est énorme. C’est pourquoi le plan de relance que nous avons élaboré va sur 5 ans. Et c’est à partir de ces 5 ans qu’on commencera à voir effectivement l’impact des investissements.

S : La SOSUCO avait encaissé des clients et n’avait pas pu leur livrer le sucre. Est-ce que ce problème est résolu ?

O.D.H : Lorsque nous prenions la SOSUCO, il y avait une dette de 5 000 tonnes, dont les ressources avaient déjà été versées. Cela a été mon premier challenge. Quand on a commencé la production, nous avons travaillé à éponger cette dette parce que le client avait déjà versé l’argent. Nous avons travaillé à satisfaire cette dette avant de commencer notre propre vente. Quand vous prenez 5 000 tonnes multipliées par 720 000 F CFA, ça tourne autour de 3 milliards F CFA. J’avais fait l’option de rentrer dans l’année 2026 sans crédit d’un client à travers un protocole. Et ce protocole a été satisfait à 100%.

S : Quels sont vos rapports avec les banques parce que ce n’était pas le parfait amour entre vous ?

O.D.H : Avec les dettes que la SOSUCO avait envers les banques, celles-ci étaient réticentes à accompagner la SOSUCO. Mais nous avons repris avec les banques. Les gens

C’est une vingtaine de tonnes de sucre que la SOSUCO a remis à Faso Yaar à Banfora.

ont un peu peur de tout ce qui est nouveau. L’Etat a repris la SOSUCO et nous avons engagé des négociations avec les banques. Il faut dire que nous n’avons pas eu des problèmes avec certaines institutions financières. C’est là où on avait des dettes qu’il y avait effectivement des difficultés. Mais aujourd’hui, elles sont rassurées. Nous avons eu des échanges avec certaines d’entre elles, et elles sont disposées à nous accompagner. Nous avons même introduit ce qu’on appelle la pré-campagne, qui est en bonne voie. Je peux dire aujourd’hui que les institutions financières sont maintenant disposées à nous accompagner pour le devenir de la SOSUCO.

S : Au vu de tout ce que vous avez dit, est-ce qu’il y a espoir que dans les années à venir, la SOSUCO puisse satisfaire la demande nationale, et même exporter le sucre ?

O.D.H : Notre objectif premier est que la SOSUCO puisse satisfaire le besoin national. Cela va demander la mobilisation de plus de terre, d’autres types d’espèces de cannes et une modernisation de notre unité industrielle. Le vrai problème qui se pose, c’est le facteur terre. Ce que la SOSUCO a déjà mobilisé a impacté certains villages qui font des réclamations depuis 1974. On remet encore le problème sur la table, tout simplement parce que c’est l’Etat qui a repris la SOSUCO. Le problème ne date pas d’aujourd’hui, mais j’estime qu’il faut qu’on avance. Il ne faudrait pas qu’on revienne encore sur les problèmes de 1974. La SOSUCO est en train de chercher à aller de l’avant.

Il ne faut pas ramener encore l’histoire dans son parcours, dans son élan. Il faut que tous les villages voisins puissent s’associer pour pouvoir travailler. Quand vous prenez les travailleurs de la SOSUCO, ils ne viennent pas d’ailleurs. Ce sont les riverains. C’est aussi notre politique de responsabilité sociale. Dans le document que nous avons élaboré, il y a aussi les actions que la SOSUCO doit mener envers ces villages pour la réalisation de certains ouvrages et ainsi de suite. C’est pour que les habitants des villages touchés par les champs de la SOSUCO puissent bénéficier des ressources de la société. Nous avons cette obligation morale de le faire.

S : Parlant effectivement des terres, les villages touchés par la SOSUCO ont fait certaines réclamations à l’endroit de la SOSUCO. Qu’en est-il exactement ?

O.D.H : Comme vous l’avez dit, ce problème de réclamations qui date des années 70 s’est encore réveillé. C’est vrai que certaines personnes en parlent, mais il n’y a pas trop de revendications des riverains sur les périmètres occupés en tant que tels. Ils demandent que leurs enfants puissent travailler à la SOSUCO. Mais à la date d’aujourd’hui, je pense que les enfants de ces villages travaillent à la SOSUCO. Mais ce qui est un peu complexe, c’est peut-être la fidélisation de tous les enfants des villages à la SOSUCO comme employés. Sinon, tous les enfants des villages impactés travaillent à la SOSUCO, à des postes différents avec même des permanents. Mais ils demandent toujours à ce que la SOSUCO fasse un effort. Nous sommes dans cette dynamique.

S : Qu’en est-il des revendications des travailleurs qui, à un certain moment, réclamaient des augmentations de salaire ?

O.D.H : Je suis un agent public de l’Etat. Pour ce qui concerne la rémunération salariale, la carrière d’un agent, c’est le facteur avec lequel je ne m’amuse pas. C’est peut-être la manière que c’est fait, qui me pose problème. Je suis un homme de justice. Je suis juste dans mes décisions. Je ne regarde pas la tête de quelqu’un pour agir. Les travailleurs même le savent. Certains sont à leur 12e, 16e, 20e ou 30e année. Ils ne sont pas devenus des permanents. Mais d’autres sont rentrés à la SOSUCO et sont devenus permanents en un laps de temps parce qu’ils sont venus par connaissance ou par personne interposée. C’est cette inégalité que je n’aime pas.

J’ai demandé des explications sur certaines choses et ce sera l’un des premiers dossiers qui sera soumis au Conseil d’administration qui est en train d’être mis en place. Je ne veux pas

Le sucre granulé est vendu à 650 FCFA le kilogramme tandis que celui en carreau est de 800 F CFA.

continuer dans cette injustice. Donc, je vais demander aux travailleurs de la SOSUCO d’attendre parce que si je veux traiter tout de suite ce dossier, je vais encore marcher dans certaines inégalités. S’il le faut, on mettra en place un comité qui va vider ce dossier et je serai plus à l’aise en tant que directeur. Mon souhait est que les acteurs soient mieux traités. L’Etat a pris aussi un décret qui recadre la rémunération des travailleurs des sociétés d’Etat. Je crois qu’au besoin, ça sera encore mis sur table pour le reversement de chaque acteur dans la nouvelle grille.

S : Le périmètre de la SOSUCO est environ 10 000 hectares. Quelles sont les innovations que vous avez introduites pour profiter au maximum de cet espace ?

O.D.H : Le périmètre de la SOSUCO fait au total 10 000 hectares. Mais dans les 10 000 hectares, il y a des villages, des routes et des périmètres qui sont exploités et d’autres non. Nous avons entrepris d’augmenter le périmètre cultivable. Je pense que c’est un coup d’essai depuis 2025. C’est une nouvelle parcelle qui n’a jamais été cultivée. Nous y avons déchaussé des roches, fait la mise à niveau du sol et installé un nouveau pivot. Mais pour les mettre en valeur, il faut le système d’irrigation, parce que sans eau, il n’y a pas de canne. Dans le plan de relance, il y a le projet d’acquisition du système d’irrigation. Nous avons élaboré aussi un autre plan parallèle que j’ai appelé le projet de renforcement de la chaîne de production de la SOSUCO.

Pour ce plan parallèle, nous avons pas mal d’acquisitions, avec comme objectif le remplacement ou l’intégration du système solaire dans l’irrigation des champs. Les pivots nous prennent énormément de ressources dans l’acquisition du DDO et du gasoil alors que nous avons le soleil. Donc, nous avons fait une étude et avons demandé le remplacement ou l’intégration du système solaire sur tous les pivots, y compris les nouvelles acquisitions. Les pivots vont fonctionner en hybride. Nous allons garder à côté le système habituel, mais le soleil va prendre le dessus. Il y aura même des accumulateurs de telle sorte que la nuit, les batteries vont dégager de l’énergie pour que les pivots puissent fonctionner. Cela va nous faire moins de dépenses en hydrocarbure. Donc, les chantiers sont énormes. Nous avons de la vision et nous sommes en train de discuter avec les institutions financières pour voir dans quelle mesure elles peuvent nous accompagner à réaliser ces investissements. Ça peut être réalisé en 2 ou ans, mais le remboursement, se fera à long terme. Nous sommes sur ce chantier.

Nous sommes aussi en train de voir dans quelle mesure apporter vraiment des éléments nutritifs au sol pour booster la rentabilité de la canne à sucre. Nous sommes également en train d’envisager la mécanisation de la coupe des cannes par l’acquisition de coupeuses de canne pour aller plus rapidement. Ces coupeuses seront munies de remorques de telle sorte que la canne verse directement dans la remorque pour l’usine. Nous envisageons également un bulldozer propre à la SOSUCO qui va permettre d’étendre les champs non cultivés, parce que la location coûte chère. Nous voulons également des bennes et des remorques pour nous-mêmes pour qu’en cas de besoin, elles puissent prendre la route pour servir le sucre dans les localités. Nous avons un chantier énorme.

S : Les chantiers sont énormes. Mais est-ce que l’usine répond actuellement à vos attentes ?

O.D.H : Si nous avons une vision pour les champs, il faut avoir une vision aussi pour l’usine. C’est une usine qui date de 1975. Les travailleurs font un effort pour maintenir la production. Dans nos recherches, nous nous sommes rendu compte qu’il y a des usines dans d’autres pays qui avaient une durée de vie plus que la SOSUCO. Ces usines ont été modernisées et digitalisées. Je me dis qu’on peut aller dans cette lancée, et permettre à l’usine de nous faire peut-être 4 000 tonnes de broyage par jour. Actuellement, on est autour de 1 800 tonnes. Donc si on va à 4 000 tonnes, ça veut dire que la quantité de cannes produites au champ est aussi énorme. Donc par jour, il faut au minimum 4 000 tonnes, si non plus, pour maintenir l’usine fonctionnelle durant des jours. Donc voilà encore une vision qui est inscrite dans le plan de renforcement budgétisé. Elle sera reversée au cabinet qui a fait l’étude afin qu’on ait un seul document de référence qui sera la bible de la société.

S : La SOSUCO est implantée dans la commune de Bérégadougou, mais les impôts et les taxes sont reversés dans la commune de Banfora. Est-ce que ce n’est pas une injustice qu’il faut réparer ?

O.D.H : Je pense que cette question relève plutôt de l’administration. On est en bon terme avec toutes les communes qui nous entourent. Moi, je ne dirai pas que la SOSUCO appartient à une commune, mais plutôt à la Nation. Mais pour cette question précise, je préfère que l’autorité administrative puisse vous donner le découpage réel des différentes communes autour de Banfora. Et là, vous saurez où est implantée exactement la SOSUCO. Moi, je vais lancer un appel pour que chacun comprenne qu’il soit proche de Bérégadougou,

La SOSUCO, à entendre son directeur général, a entrepris un vaste chantier pour augmenter son périmètre cultivable.

de Takalédougou, ou autres, que toutes ces entités relèvent d’une Nation. J’ai lancé un appel pour que chacun puisse contribuer, pour que le dernier Burkinabè qui se trouve derrière Fada N’Gourma puisse savoir que la SOSUCO lui appartient. On doit travailler pour que le bénéfice de la SOSUCO soit pour la Nation entière.
Dans le cadre de la responsabilité sociale de l’entreprise, nous travaillons à ce que tous ceux qui entourent la SOSUCO puissent bénéficier des retombées du sucre et que l’Etat lui-même puisse en bénéficier à travers le paiement des impôts et des taxes. C’est cela le plus important.

S : Êtes-vous confiant quant à l’avenir de la SOSUCO ?

O.D.H : Je suis très confiant que la SOSUCO va renaître de ses cendres et devenir même une unité d’exportation du sucre. Le sucre de la SOSUCO est prisé. Les études qui ont été faites montrent que le sucre de la SOSUCO est un sucre bio. Travaillons à ce que la SOSUCO ne disparaisse pas. Il faut travailler pour que la SOSUCO puisse être une unité industrielle très forte. Notre objectif est de se placer parmi les meilleures unités industrielles du Burkina Faso. On vient de très loin et aujourd’hui, la SOSUCO fait partie des meilleures unités industrielles du pays. C’est pour cela qu’on devait se sentir aussi heureux et fiers.

S : Un procès vous a opposé à un jeune par rapport à une vente aux enchères de matériel usagé de la SOSUCO. Où en est-on avec cette affaire ?

O.D.H : La justice a donné le verdict dans cette affaire et le prévenu a été condamné. Il a même demandé pardon dans la salle. Si ce pardon est sincère, il n’y a pas de souci. Mais si c’est un pardon qui n’est pas sincère et qu’il continue toujours dans cette lancée, je pense que le temps nous donnera raison. Si je fais des erreurs, ils peuvent aller poser plainte. Mais lorsque, à un moment donné, je vais sentir que c’est des propos diffamatoires qui impactent le développement de la SOSUCO et démoralisent les travailleurs, je serai dans l’obligation de porter plainte à mon tour. Quand tu es responsable, c’est aussi ça. C’est pourquoi j’appelle l’ensemble des travailleurs de la SOSUCO à faire fi de tous ces écrits et à travailler vraiment dans la légalité.

Les enfants des autres pays utilisent les réseaux sociaux pour se développer et y passent leur temps pour faire des recherches. Malheureusement, nous l’utilisons comme étant un outil de déstabilisation. Je lance un appel à une bonne utilisation de ces réseaux sociaux et à une bonne utilisation de l’intelligence artificielle. On peut l’utiliser pour conscientiser et même fabriquer des choses qui vont inspirer des gens à proposer quelque chose qui peut être utile pour le développement du pays. Mais, on ne doit pas l’utiliser pour détruire X ou Y. En le faisant, c’est votre pays que vous détruisez.

S : Quels appels avez-vous pour les autorités et la population pour un bon fonctionnement de la SOSUCO ?

O.D.H : Je pense qu’il y a des efforts qui sont en train d’être faits au niveau de nos autorités. Aujourd’hui, nous avons nos statuts et le conseil d’administration est en train d’être mis en place. Nous bénéficions également d’un appui institutionnel qui nous donne des conseils, et je pense que c’est très important. Les autorités nous mettent en contact avec d’autres opérateurs pour voir dans quelles mesures on peut impacter la production de la société. Toutes ces démarches font partie d’un appui institutionnel qui est vraiment à saluer. Au niveau local, nous avons un soutien des premiers responsables de la région et de la commune. Je lance encore un appel à tous ceux qui ne sont pas encore dans la dynamique en cours afin qu’ils changent leur manière de faire en participant à la construction de cette unité industrielle.
Personnellement, je donne le meilleur de moi-même dans l’explication, mais également dans la production de certains documents de plaidoyer. Notre objectif est que la SOSUCO devienne la plaque tournante du sucre au Burkina Faso.

S : Nous sommes au début de l’année 2026. Quels sont vos vœux ?

O.D.H : Le premier vœu est un vœu de santé parce que si vous êtes en bonne santé, vous pouvez réaliser vos projets. Je formule ensuite mes vœux de paix pour la Nation et que le Burkina Faso retrouve sa sérénité, sa sécurité pour que chaque Burkinabè puisse parcourir les contrées sans crainte. Je souhaite que ceux-là qui ont pris les armes comprennent que le Burkina Faso ne disparaîtra pas. Qu’ils comprennent leur erreur et déposent les armes. C’est à ce prix que le Burkina Faso pourra être souverain et amorcer son développement.
Je saisis l’occasion pour lancer un appel à nos partenaires, que ce soit financiers ou techniques, de croire à la SOSUCO. Qu’ils acceptent d’accompagner la SOSUCO et je pense que les difficultés pourront finir et nous pourrons rembourser toutes les dettes. Nous lançons un appel également pour que le soutien du gouvernement et de l’Etat soit maintenu et que la SOSUCO, dans les années à venir, puisse être l’une des sociétés meilleures payeurs des impôts, et qu’elle puisse briller pour le Burkina Faso.

Entretien réalisé par  Adaman DRABO

La SOSUCO est à la recherche de solutions pour que le temps de maturité du sucre n’atteigne pas 12 mois (Drabo 2)

C’est une vingtaine de tonnes de sucre que la SOSUCO a remis à Faso Yaar à Banfora. (Drabo 3)

Le sucre granulé est vendu à 650 FCFA le kilogramme tandis que celui en carreau est de 800 F CFA. (Drabo 4)

La SOSUCO, à entendre son directeur général, a entrepris un vaste chantier pour augmenter son périmètre cultivable. (Drabo 5)

Voir ph dossier les pages de l’ouest du 20-2-2026………………mac adama

Contribution de la diaspora au développement: « Diaspora Bond», un nouvel outil de mobilisation des ressources

Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré a présidé, le lundi 23 février 2026, un webinaire consacré à la présentation du projet « Diaspora Bond ».

Il s’agit d’une nouvelle initiative du gouvernement visant à renforcer la mobilisation des ressources auprès de la diaspora burkinabè pour le financement des secteurs de développement structurants. Les « Diaspora Bonds » sont en effet des obligations émises par l’Etat et spécialement conçus pour les Burkinabè résidant à l’étranger en leur offrant la possibilité d’investir directement dans le développement économique et social du Burkina Faso. L’initiative est portée par le ministère de l’Economie et des Finances, en collaboration avec Vista Group Holding et le ministère des Affaires étrangères.

A ce webinaire, il était question de présenter aux acteurs du ministère des Affaires étrangères, notamment les chefs des missions diplomatiques et postes consulaires, le contenu et les enjeux de ce nouveau projet, et les impliquer activement dans la sensibilisation et la mobilisation de tous les membres de la diaspora des quatre coins du monde. Durant deux heures de présentation et d’échanges, les participants au niveau central et plus de 200 acteurs au niveau des missions diplomatiques et postes consulaires, ont salué l’initiative et soulevé quelques préoccupations, auxquelles les responsables de Vista Group Holding ont pu apporter des éléments de réponse.

Les échanges ont essentiellement porté sur les conditions de souscription, les mécanismes de transfert des fonds vers le trésor public, les avantages pour la diaspora de participer à cet investissement, la communication autour du projet, etc. Au terme de la séance, Karamoko Jean Marie Traoré a rappelé l’importance de cette forme de financement endogène. Il a également présenté l’opportunité qu’offre ce nouvel instrument en mettant en avant le facteur ‘’patriotisme’’.

Le ministre Traoré a aussi insisté sur le rôle de l’ensemble des acteurs pour le succès de ce projet, et les a invités à diffuser des informations justes et simplifiées pour faciliter la compréhension et l’adhésion massive des compatriotes. Le montant global attendu de cette mobilisation de ressources est de 240 milliards de F CFA, destinés à financer la mise en place d’unités industrielles, d’infrastructures routières, et plusieurs autres projets structurants au Burkina Faso. Le lancement officiellement de l’opération de souscription est prévu pour le 16 mars prochain.

 

DCRP/MAE

 

Boutique Faso Yaar à Tenkodogo: des produits disponibles à des « prix étudiés »

Le gouverneur de la région du Nakambé, Yiyé Abraham Somdo, a lancé, le 19 février 2026, à Tenkodogo, la vente des produits de consommation de Faso Yaar.

Les citoyens de Tenkodogo peuvent désormais s’approvisionner en denrées de première nécessité à des prix accessibles. En effet, le gouverneur de la région du Nakambé, Yiyé Abraham Somdo, a lancé, le vendredi 19 février 2026, à Tenkodogo, la vente des produits de la boutique Faso Yaar. Les denrées déjà disponibles sont l’huile de 20 et de 5 litres, le sucre en carreau et les jus de marque Dafani et Malia. Le gouverneur a indiqué que le gouvernement s’est engagé à faire en sorte qu’il y ait moins de choc pendant les périodes de jeûne musulman et carême chrétien.

« Ces produits connaissaient une surenchère quand venait le jeûne musulman. Il était important de venir rappeler le message de l’interdiction formelle d’une commercialisation à grande échelle », a déclaré M. Somdo. Il a fait savoir que les produits de Faso Yaar, destinés à la consommation domestique, ne sont pas à revendre. Le gouverneur a également précisé que la fourniture de ces denrées est limitée et ne peuvent être achetées qu’en détail. Il a invité la population du Nakambé à la discipline, à l’ordre et au civisme. Interpelé sur l’absence de riz et de mil dans ce point de vente, il a rassuré que prochainement ces produits seront disponibles soit par le canal de Faso Yaar, soit par la SONAGESS à des prix étudiés.

Cette initiative du gouvernement satisfait Ibrahim Yemboné, venu acheter un carton de sucre et un autre de jus Dafani respectivement à 21 000 et 6200 F CFA. « Les prix pratiqués à Faso Yaar sont abordables et il y a une différence avec les autres prix sur le marché. Je suis très satisfait », s’est-il réjoui.

Plaidoyer pour le riz et le maïs

Le président de la ligue des consommateurs du Boulgou, Pierre Claver Kima, lui aussi, a salué cette opportunité. « C’est un sentiment de satisfaction et de joie parce que nous sommes dans une période de carême et de jeûne où il y a une forte demande des produits de première nécessité et de grande consommation », a-t-il indiqué. Selon lui, à cette période de pénitence, il y a très souvent de la surenchère occasionnant des ruptures délibérées de ces produits sur le marché. Pour M. Kiema, le lancement des activités de Faso-Yaar dans la cité de Zoungrantenga va soulager la population car, à son avis, les produits vont être disponibles aux prix retenus par l’Etat.

Toutefois, il a plaidé pour la mise à disposition des consommateurs d’autres produits notamment le riz, le maïs et le savon CITEC. Le défenseur des consommateurs a lancé un appel aux populations de la province du Boulgou à s’approvisionner en produits dont elles ont besoin et éviter les spéculations.

Le directeur régional du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat du Nakambé, Halidou Ouédraogo, a fait savoir que pour acquérir ces denrées, il faut se munir d’une carte nationale d’identité burkinabè. A l’entendre, cela est nécessaire afin d’éviter qu’une personne n’acquiert le produit plusieurs fois à des fins de spéculations. Par ailleurs, il a indiqué que les services et organisations désirant faire des dons à des personnes nécessiteuse, devront adresser une demande au préfet, président de la délégation spéciale communale, indiquant la quantité souhaitée. Au moment où nous tracions ces lignes, la vente des produits se déroulait sans heurt à l’hôtel de ville de Tenkodogo, exceptées quelques difficultés liées à la connexion au réseau constatées par les agents chargés de l’écoulement de ces produits.

Anselme KAMBIRE

Agence Faso Mêbo: 710 VDP de la construction prêts pour bâtir la Nation

Le commandant de la Brigade des volontaires pour la défense de la patrie (BVDP), le lieutenant-colonel Mahamady Sawadogo a présidé, le lundi 23 février 2026 Ouagadougou au centre national de formation des VDP, la cérémonie de fin de formation de 710 recrues de l’Agence Faso Mêbo.
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‎Engagés avec l’Agence Faso Mêbo, pour la construction des infrastructures, ces 710 VDP de la construction, ont tous reçu une formation militaire initiale. Selon le commandant du centre de formation des VDP, le commandant Ousseni Zida, « trois semaines durant, les cours de tactiques, d’armement, de secourisme au combat et techniques d’actions immédiates, de civisme et de patriotisme ont été dispensés aux volontaires ». Ces aptitudes et connaissances vont leur permettre de se protéger, de se défendre et de protéger le matériel qui sera mis à leur disposition.

« Cette formation militaire va leur permettre de remplir sereinement leur mission régalienne », soutient le commandant Ousséni Zida. Le capitaine Arsène Rouamba, représentant le directeur général de l’Agence Faso Mêbo a indiqué que les 710 volontaires de la construction ont reçu des valeurs de patriotisme, de persévérance et de solidarité. « Sur le terrain, nous aurons déjà de la discipline, nous aurons de la vitesse d’exécution qui vont nous permettre de ne pas travailler comme ce que nous avons l’habitude de voir, mais de pouvoir augmenter notre vitesse de croisière et ainsi pouvoir répondre aux attentes et aux exigences du camarade Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré», soutient le capitaine Arsène Rouamba. Nadège Coulibaly, une des recrues a dit la fierté qui anime les apprenants de cette promotion à la fin de la formation.

« Durant ces trois semaines, nous avons appris beaucoup de choses, les cadres nous ont formés sur la cohésion, le patriotisme et le respect », souligne-t-elle. Selon le représentant du directeur général de l’Agence Faso Mêbo, cette cérémonie de sortie du complément de la deuxième vague de VDP de la construction, ne marque pas seulement la fin d’une formation, elle consacre un choix. Le choix du dévouement à la Patrie.
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Direction de la communication de la Présidence du Faso

 

 

 

Prise en charge du cancer de la postate: le Burkina harmonise ses pratiques pour améliorer la qualité des soins

Le ministère de la Santé, à travers le Programme national de lutte contre le cancer (PNLC), organise du 23 au 27 février 2026 à Ouagadougou, un atelier consacré à l’élaboration du draft du protocole national de prise en charge du cancer de la prostate.

Présidée par Dr Valérie Zombré, représentante du directeur général de la santé publique, la rencontre a mobilisé les acteurs du niveau central, des spécialistes en urologie, en oncologie médicale, en médecine nucléaire, en radiothérapie, en anatomopathologie et en psychiatrie, ainsi que les partenaires techniques et financiers.

Dans son intervention, Dr Valérie Zombré a souligné la portée stratégique de cette initiative. Elle a indiqué que l’élaboration d’un protocole national permettra d’améliorer la qualité des soins, d’uniformiser les pratiques et de garantir une prise en charge optimale des patients sur l’ensemble du territoire. Selon elle, cette démarche contribuera également à réduire de manière significative la morbidité et la mortalité liées au cancer de la prostate.
Prenant la parole, le coordonnateur du Programme national de lutte contre le cancer, Pr Nayi Zongo, a rappelé que le cancer de la prostate constitue aujourd’hui un véritable enjeu de santé publique.

Deuxième cancer le plus fréquent histologiquement confirmé après le cancer du sein, il demeure le premier cancer urologique et, de ce fait, le premier cancer chez l’homme. Au Burkina Faso, a-t-il précisé, les données disponibles témoignent de l’ampleur de cette pathologie, qui exige une organisation rigoureuse et structurée de la prise en charge. Il a, en outre, salué les efforts consentis ces dernières années par l’Etat pour renforcer les ressources humaines spécialisées, notamment à travers la formation accrue d’urologues désormais déployés aussi bien dans les grands hôpitaux que dans les structures sanitaires périphériques.

Dans cette perspective, le coordonnateur a insisté sur la nécessité de disposer d’un document normatif de référence afin d’assurer une prise en charge cohérente et harmonisée à l’échelle nationale. Le protocole national se veut ainsi un cadre structurant, destiné à renforcer la collaboration entre les différents acteurs et à harmoniser les pratiques diagnostiques et thérapeutiques, en vue d’améliorer durablement la qualité des soins offerts aux patients. L’ élaboration de ce protocole national marque une étape décisive dans la structuration de la prise en charge du cancer de la prostate au Burkina Faso. Elle traduit la volonté des autorités sanitaires et des spécialistes d’unir leurs expertises pour offrir aux patients des soins de qualité, harmonisés et accessibles sur l’ensemble du territoire.

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Encadrement civique et patriotique: plus de 14000 élèves du Yatenga désormais ambassadeurs des valeurs républicaines

Le haut-commissaire de la province du Yatenga, Pierre Claver Bancé, a présidé, le samedi 21 février 2026 à Ouahigouya, la cérémonie de sortie officielle de 14238 élèves formés dans le cadre de l’encadrement civique et patriotique au profit des élèves des classes intermédiaires.

Après l’immersion patriotique au profit des bacheliers de l’année 2025, c’était le tour des élèves des classes intermédiaires d’aller à l’école du civisme et du patriotisme conformément à la vision des plus hautes autorités du pays avec la Révolution progressiste populaire (RPP). Sur initiative du gouvernement et conduite par le ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique, la formation civique et patriotique a pour objectif d’inculquer aux élèves des classes intermédiaires, les valeurs de l’ordre, de la discipline, la solidarité, le patriotisme et l’écocitoyenneté.

Selon le haut-commissaire de la province du Yatenga, Pierre Claver Bancé, l’encadrement civique et patriotique constitue un levier pour bâtir une jeunesse consciente de ses responsabilités et résolument tournée et engagée vers l’intérêt supérieur de la nation. « La jeunesse est un socle sur lequel repose l’avenir de tout pays en voie de vrai développement. Durant les six semaines, vous avez beaucoup appris. En vous inculquant les valeurs de discipline, de respect, d’engament d’amour de la patrie, nous vous préparons à être des citoyens responsables capables de défendre et de promouvoir les idéaux de la République selon la RPP », a-t-il affirmé, invitant les élèves issus de l’encadrement à être des modèles dans leur établissement et de façon général dans la vie.

C’est au total 14 238 dont 6132 filles et 8 106 garçons issus de 26 établissements et répartis sur 11 sites dont six à Ouahigouya et 5 hors de Ouahigouya, notamment à Kalsaka, Oula, Séguénéga, Rambo et Zogoré. Pendant six semaines, ses élèves ont été outillés à travers des modules théoriques et pratiques dans les domaines tels que l’esprit d’équipe, le respect des règles et la fierté d’appartenir à la Nation.

207 forces de défense et de sécurité, paramilitaires, des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et 181 encadreurs civils ont été mobilisés pour la réussite de l’immersion. La cérémonie a été marquée par des chants patriotiques, un défilé. Les élèves ont exécuté un mouvement d’ensemble témoignant la rigueur et la discipline acquises au cours de la formation.

Le civisme et le patriotisme pour construire la Nation

Prenant la parole au nom des nouveaux ambassadeurs de bonne conduite, Samiratou Diallo a exprimé sa gratitude aux plus hautes autorités du pays pour l’initiative. « Nous remercions les plus hautes autorités du pays, le chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré pour cette initiative. Durant les six semaines, nous avons beaucoup appris. La vie en communauté l’esprit d’équipe, le respect des autorités, les symboles de l’Etat et le patriotisme », a-t-elle martelé. Le directeur régional en charge de l’enseignement secondaire, Drissa Belem, a salué l’ensemble des acteurs pour les sacrifices consentis afin que cette formation se déroule sans incident. M. Belem a mis en exergue l’importance de l’encadrement civique dans le contexte actuel du Burkina.

« Ces élèves ont été outillés par des cours de civisme, du patriotisme, le respect de l’autorité, l’appartenance à la Nation, l’ordre et la discipline qui sont des valeurs primordiales pour tout développement. Nous remercierons les plus hautes autorités pays, les FDS et les encadreurs civils mobilisés pour le succès », a-t-il laissé entendre. Cette cérémonie officielle a consacré ainsi une nouvelle génération d’élèves engagés, prêts à jouer pleinement leur partition dans la construction d’un Burkina uni et prospère. A travers cette initiative d’encadrement civique et patriotique, les autorités réaffirment leur volonté d’accompagner la jeunesse dans son rôle moteur pour le développement et la sauvegarde des valeurs nationales.

Bassirou BADINI

 

 

Procès Tiegnan Acte 2 : A la barre, Yaké Camille Yé rejette les accusations

Le pôle judiciaire en matière économique et financière du Tribunal de grande instance Ouaga I, après moults renvois, a enrôlé le dossier qui oppose le ministère public aux prévenus Yaké Camille Yé, l’ex-ministre chargée de l’Action humanitaire, Laure Zongo et 6 autres coaccusés, lundi 23 février 2026 à Ouagadougou

Renvoyé à plusieurs reprises, le procès opposant le ministère public aux prévenus Yaké Camille Yé, Laure Zongo, ancienne ministre chargée de l’Action humanitaire et 6 autres personnes dans l’affaire dite Procès Tiegnan Acte 2 a finalement débuté hier lundi 23 février 2026 au Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga I. En effet, Yaké Camille Yé, Laure Zongo, Billa Ratekeda, Pelagie Koudougou, Bili Zongo, Issiaka Sangaré, Dimanche Yaméogo Kouka, Lydie Bonkoungou et Ouédraogo Ismael mis en examen, sont poursuivis par le parquet pour des faits portant sur des infractions de faux et usage de faux, de détournement de deniers publics, de complicité de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite, ainsi que de blanchiment de capitaux.

Le juge au siège a recueilli d’abord les observations préliminaires de toutes les parties sur la forme. La défense de Laure Zongo a évoqué l’exception de l’incompétence du tribunal pour juger son client au regard de son statut de ministre au moment des faits. Selon la loi, a indiqué l’avocat de la prévenue, c’est la Haute Cour de justice qui a la compétence de juger son client. Cette position de la défense a nécessité un débat juridique qui sera vite tranché. En effet, l’Agent judiciaire de l’Etat (AJE), les conseils du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) et le Parquet ont relevé que l’infraction de détournement reprochée à Laure Zongo ne faisait pas partie de sa lettre de mission de ministre.

Le Parquet a rappelé la jurisprudence du procès Vincent Dabilgou, ancien ministre chargé des Transports, dans lequel l’exception a été soumise au Conseil constitutionnel, et d’où il ressort qu’il y a des actes qui sont détachables des fonctions de ministre. Toujours sur la forme, maitre Adama Kodombo, conseil de Lydie Bonkoungou a dénoncé l’authenticité de pièces versées dans le dossier. A cette préoccupation, il ressort que l’avocat a la possibilité de défendre son client au fond. C’est ainsi que le procès proprement dit a débuté dans l’après-midi après une pause. Et c’est le Directeur de la gestion financière (DGF) au moment des faits, Yaké Camille Yé qui a été appelé à la barre pour répondre des infractions à de faux et usage de faux, de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite ainsi que de blanchiment de capitaux qui lui sont reprochés.

Le prévenu ne reconnait aucune infraction citée. Par contre, il a dit être coupable d’erreurs de procédure de passation ou exécution des marchés, mais pas de malversation volontaire. « M. le président, je suis victime du mécontentement des collaborateurs en l’occurrence, Amidou Tiegnan, car leur procès découle de ma plainte formulée, le 8 octobre 2024, à l’encontre de Amidou Tiegnan, donnant lieu à des investigations approfondies », a-t-il soutenu. Pour mieux instruire le dossier, Yaké Camille Yé a répondu aux questions du procureur et de la partie civile. A 17 heures, le tribunal a suspendu l’audience pour la reprendre ce mardi 24 février à 9 heures.

 

Emmanuel BICABA

 

 

 

3e édition du Concert pour la Paix :  le pari réussi d’Amity Meria

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L’artiste-musicienne Amity Meria a donné un concert live, placé sous le signe de la paix, de la résilience et de l’unité nationale. L’objectif de cette 3e édition vise à soutenir les autorités afin de promouvoir la cohésion sociale.

Le Concert pour la Paix, la Résilience et l’Unité nationale de l’artiste musicienne Amity Meria a été un succès. A l’espace « Cœur de Diva », le  vendredi 13 février 2026,  elle avait ses cotés plusieurs artistes pour relever le pari de la  troisième édition de l’événement, à savoir Aziz Basnéré, Asta Maïla, Nana Bibata, etc. Selon elle, il s’agit de porter un message de fraternité, d’unité de paix surtout de résilience.

À l’écouter, cela fait trois ans que ce concert a été initié comme contribution à la paix et à la résilience. Amity Meria a indiqué que cette troisième édition a été organisée en plein air et à titre gracieux afin de permettre l’accès à un plus large public.

« La culture particulièrement la musique doit être un vecteur qui rassemble, unit et fait réfléchir. Nous devons nous accepter quel que soit la différence », a-t-elle dit. « La plupart des gens ont donné leur message de paix. Ils se sont retrouvés pour danser, communier et méditer sur tout ce que nous avons dit et je pense que c’est l’essentiel ! », s’est-elle réjouie. Au cours de cette soirée, des trophées de reconnaissance ont été décernés à des personnalités, des artistes et des associations qui œuvrent pour le développement de la culture burkinabè. « Ce trophée, c’est pour dire juste merci à toutes ces personnes résilientes », a-t-elle confié.

A.Z.

(Collaborateur)