Salam du Ramadan/ La Patience : une lumière qui fortifie le cœur

Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.
Louange à Allah pour Ses innombrables bienfaits. Paix et bénédictions sur le Messager de miséricorde et sur tous les croyants. La patience est l’une des lumières les plus puissantes que le Ramadan ravive dans le cœur du croyant. Elle est cette force intérieure qui permet de tenir lorsque l’âme vacille, de persévérer lorsque l’effort devient lourd, et de rester debout lorsque les épreuves se multiplient. Sans patience, la foi s’essouffle ; avec elle, le croyant avance, même lentement, mais sûrement.
Premièrement, soulignons que la patience, en Islam, n’est pas une résignation passive face aux difficultés ; elle est une attitude active de constance, de maîtrise de soi et de confiance en Allah. C’est pourquoi, les savants musulmans ont distingué trois formes essentielles de patience : la patience dans l’obéissance à Allah : persévérer dans la prière, le jeûne, la bienfaisance, même lorsque l’âme ressent de la fatigue. La patience face aux interdits : résister aux tentations, maîtriser ses passions, détourner son regard et contenir sa langue. Et la patience face aux épreuves : accueillir les difficultés avec foi, sans révolte intérieure contre le décret divin.
Le Ramadan réunit ces trois dimensions. Il exige de la patience dans l’adoration (jeûne et prières nocturnes), dans
l’abstention (maîtrise des désirs) et parfois dans l’épreuve (fatigue, faim, irritabilité). Ainsi, ce mois béni devient une synthèse vivante de la patience.
Deuxièmement, le jeûne est probablement l’un des actes d’adoration qui développe le plus profondément la patience. S’abstenir volontairement de ce qui est licite (nourriture, boisson, relations conjugales) pendant de longues heures, uniquement pour Allah, est un acte d’endurance spirituelle.
Mais la patience du jeûne ne se limite pas à la faim et à la soif. Elle s’étend : à la maîtrise de la colère, à la retenue face aux provocations., à la gestion de la fatigue et à la discipline du langage.
Lorsque le jeûneur choisit de ne pas répondre à l’insulte, de ne pas céder à l’agacement, il transforme une situation ordinaire en élévation spirituelle.
Le Ramadan nous enseigne que la véritable force n’est pas dans la réaction impulsive, mais dans la maîtrise de soi.
La patience devient alors lumière parce qu’elle éclaire le caractère, adoucit les paroles et élève l’âme.
Par ailleurs, la patience authentique est indissociable de la confiance en Allah. Supporter une épreuve sans confiance peut engendrer frustration et amertume. Mais patienter avec foi transforme la difficulté en opportunité d’élévation.
Lorsque le croyant traverse une épreuve (maladie, perte, difficulté financière, incompréhension), la patience lui rappelle que rien n’échappe à la sagesse divine (Sourate 9 verset 51). Elle lui apprend que derrière chaque difficulté peut se cacher un bien que l’on ne perçoit pas immédiatement.
Le Ramadan est un moment privilégié pour méditer sur cette réalité. Le jeûne nous rappelle que l’inconfort passager peut mener à une récompense immense. De même, les épreuves de la vie, vécues avec patience, deviennent des causes de purification et d’élévation.
Par ailleurs, rappelons que la patience n’est jamais vaine. Elle produit des fruits visibles dans la vie du croyant à savoir la sérénité intérieure car le patient n’est pas dominé par les circonstances ; la stabilité émotionnelle parce qu’il ne
s’effondre pas au premier choc ; la maturité spirituelle du fait qu’il comprend que la vie est un cheminement, non une succession de satisfactions immédiates et la proximité avec Allah car Allah est avec les patients.
Le Ramadan nous montre que la patience est source de transformation. Celui qui apprend à patienter pendant un mois développe une force intérieure qu’il peut prolonger au-delà du Ramadan.
En outre, la patience ne concerne pas seulement les actes d’adoration ou les grandes épreuves ; elle est essentielle dans la vie quotidienne, particulièrement dans les relations humaines.
Dans la famille, elle permet de gérer les différences de caractère. Dans le travail, elle aide à supporter les pressions et les injustices. Dans la société, elle évite les conflits inutiles.
Un cœur impatient est prompt à juger, à blesser, à rompre. Un cœur patient cherche à comprendre, à pardonner et à réparer.
Le Ramadan, par l’intensité de la vie communautaire qu’il génère, met parfois à l’épreuve notre patience. Les retards, les incompréhensions, les divergences peuvent surgir. C’est justement dans ces moments que la lumière de la patience doit briller davantage.
Troisièmement et enfin, la patience s’apprend et se cultive. Parmi les moyens de la renforcer, il y’a le fait de multiplier les invocations demandant à Allah la constance, de méditer sur les épreuves des prophètes et des hommes vertueux, de se rappeler que toute difficulté est temporaire et de prendre conscience que la réaction impulsive cause souvent plus de tort que l’épreuve elle-même.
Le Ramadan peut être le point de départ d’un engagement ; celui de ne pas laisser la patience s’éteindre avec la fin du mois béni. Si nous avons réussi à nous maîtriser face à la faim, nous devons pouvoir nous maîtriser face à la colère. Si nous avons su patienter pour la rupture jusqu’au soir, nous pouvons patienter pour l’accomplissement de nos projets.

En tout état de cause, la patience est une lumière discrète mais puissante. Elle ne fait pas de bruit, mais elle stabilise le cœur. Elle ne cherche pas à briller aux yeux des gens, mais elle élève le serviteur auprès d’Allah.
Dans le cadre des « Lumières du
Ramadan », la patience apparaît comme une lumière protectrice : elle protège la foi contre le découragement, les actes contre la précipitation et le cœur contre l’amertume.
Puisse Allah nous accorder une patience belle et lumineuse, patience dans l’obéissance, patience face aux interdits et patience dans les épreuves.
Et puisse cette lumière acquise pendant le Ramadan continuer d’éclairer nos vies bien après la fin du mois béni.
NB : La foi musulmane est une foi active qui impose un devoir de présence.

Dr Inoussa COMPAORE
Imam à l’AEEMB et au CERFI

Compagnie de transport STAF: les bus « passés au scanner » du CCVA

Le directeur général des transports terrestres et maritimes, Sibidi Vincent Tougri, a conduit une opération de contrôle dans les parcs de bus de la Société de transport Aorèma et Frères (STAF), situés à Larlé, Gounghin et au Théâtre populaire, samedi 21 février 2026, à Ouagadougou.

L’équipe de la direction générale des transports terrestres et maritimes conduite par son Directeur général (DG), Sibidi Vincent Tougri, a mené une opération de contrôle dans les parcs de bus de la Société de transport Aorèma et Frères (STAF). Sous la houlette du ministère de la Sécurité et du ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité, cette opération a été effectuée, samedi 21 février 2026, à Ouagadougou dans les parcs de bus de Larlé, de Gounghin et du Théâtre populaire. Cette sortie, selon les organisateurs, visait à vérifier l’état technique des véhicules, l’installation et le bon fonctionnement des limiteurs de vitesse, ainsi que la conformité des documents réglementaires.

Sur une vingtaine de bus qui disposent de limiteurs de vitesse soumise aux
« examens » du Centre de contrôle des véhicules automobiles (CCVA), 55 % d’entre eux sont pleinement fonctionnels, a indiqué le DG des transports terrestres et maritimes. Concernant le reste des véhicules parqués, a-t-il ajouté, il est nécessaire de mener des ajustements techniques rapides afin de respecter la limitation réglementaire de 90 km/h.

La moitié des bus non à jour

Pour Sibidi Vincent Tougri, les contrôles ont révélé que près de la moitié des bus ne sont pas à jour de leur visite technique obligatoire ainsi que des permis de conduire expirés. Séance tenante, à ce propos, des instructions fermes ont été données par le premier responsable des transports terrestres et maritimes à la compagnie de transport, tout en rappelant la responsabilité en matière de sécurité partagée entre le promoteur et les conducteurs.

Le DG du CCVA, Ahmed Barry, a soutenu qu’un contrôle par échantillonnage a été mené sur les bus de transport de STAF afin d’évaluer leur état technique. « Sur un total de 20 véhicules inspectés avec un focus particulier sur les dispositifs de limitation de vitesse, seulement 11 véhicules disposent de limitateurs fonctionnels et 9 véhicules ont un dispositif défaillant de limitation de vitesse », a-t-il relevé. Il a expliqué également que
l’état technique général a été « inspecté », notamment l’authenticité et la validité des visites techniques qui a permis de savoir que sur le même échantillon de véhicules contrôlés, 19 avaient une visite technique à jour.

Le Président directeur général (PDG) de STAF, El hadj Adama Boureima Ouédraogo, a affirmé que l’entreprise est consciente du respect des règles de sécurité, de l’entretien rigoureux des véhicules et du suivi permanent du personnel. « Je rappelais quotidiennement aux chauffeurs leur lourde responsabilité en matière des règles de conduite routière, en les exhortant à conduire avec prudence en gardant à l’esprit qu’ils ont la vie de dizaines de passagers entre leurs mains », a-t-il confié.

S’agissant de la suspension temporaire de STAF, il a estimé qu’elle n’est pas un problème majeur mais un signal éducatif, permettant aux travailleurs de prendre conscience des conséquences de leurs actes. Le PDG de STAF a aussi souligné que ces mesures correctives ont pour but, avant tout, de protéger les employés eux-mêmes qui sont les premiers affectés par l’arrêt des activités. El hadj Adama Boureima Ouédraogo a, par ailleurs, évoqué les investissements consentis pour la sécurité de sa société et de ses véhicules, tout en reconnaissant la difficulté de manager efficacement un personnel étoffé. Cette visite de terrain fait suite à la suspension temporaire officielle des activités de convoyage de passagers de STAF, lundi 16 février 2026.

Boukary BONKOUNGOU
Ahmed Abdoul Aziz HEBIE
(Stagiaire)

 

Attaque de Titao: La riposte a été de taille, la vie a repris son cours normal et le nécessaire convoyé pour les populations (ministre Sana)

Une délégation gouvernementale s’est rendue à Titao pour s’imprégner des réalités sur place et réconforter les populations ainsi que les Forces de défense et de sécurité, samedi 21 février 2026, après l’attaque vaillement matée par les Forces combattantes.

Une semaine après l’attaque terroriste subie par la ville de Titao, une délégation gouvernementale conduite par le ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire de police Mahamoudou Sana, a rencontré les populations et les Forces de défense et de sécurité à Titao.

La délégation leur a apporté la compassion de l’État et a salué la bravoure des combattants ainsi que la résilience des populations.

La délégation gouvernementale, composée du ministre de la Sécurité Mahamoudou Sana et de ses collègues de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, de la Santé, Dr Robert Lucien Kargougou, et de la Famille et de la Solidarité nationale, le lieutenant-colonel Pélagie Kaboré, s’est rendue sur les lieux de l’attaque pour constater l’ampleur des actes barbares perpétrés par les forces obscurantistes le 14 février, avant d’échanger avec les Forces vives et les Forces de défense et de sécurité sur place à Titao.

Le commissaire divisionnaire de police Mahamoudou Sana a salué la bravoure des Forces combattantes pour la riposte infligée aux terroristes.

« L’ennemi a fait face à une unité très engagée, à des hommes très déterminés. La riposte a été de taille et d’énormes dégâts ont été infligés à l’ennemi, comme en témoigne le butin qui nous a été présenté », a indiqué le ministre de la Sécurité.

Le ministre a félicité les Forces de sécurité, notamment les hommes du BIR 21 : « Nous avons profité de cette sortie pour les féliciter et les encourager pour tout le travail fort appréciable qu’ils abattent sur le théâtre des opérations, notamment à Titao. »

Il a rappelé que, depuis le 16 février, des mesures d’accompagnement, notamment une dotation en logistique roulante composée d’ambulances et de véhicules de supervision, des médicaments et une assistance humanitaire (vivres et non-vivres), ont été apportées aux populations de Titao.

« Nous repartons très satisfaits, car nous avons vu des forces combattantes très engagées, du personnel administratif et des autorités locales très déterminés, ainsi qu’une population très résiliente », a déclaré M. Sana.
Les populations ont témoigné de leur gratitude au gouvernement pour cette marque de considération.

« Nous sommes réconfortés de savoir que l’État est à nos côtés, que nous ne sommes pas oubliés. Cela nous redonne le courage de rester sur la terre de nos ancêtres », a déclaré le chef de village.

Une commerçante a rassuré les autorités quant à la reprise des activités : « Tant que les forces combattantes sont là, nous aussi, nous resterons. C’est pourquoi nous sommes revenues au marché pour mener nos activités », a indiqué cette quinquagénaire, à côté de son étal.

La délégation gouvernementale était accompagnée par le gouverneur de la région du Yatenga, M. Thomas Yampa, et le haut-commissaire de la province du Loroum, le capitaine Djibril Bassolé.

Agence d’Information du Burkina

Lutte contre le paludisme: une baisse significative du taux de mortalité de 43,83 %.

Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean Claude Kargougou a animé une conférence de presse le vendredi 20 février 2026 à Ouagadougou pour faire le point sur la situation du paludisme au Burkina Faso en 2025.Il ressort que les cas sont passé de 10 805 020 en 2024 à 7 329 278 en 2025, soit une réduction de 32,17 %.

Le nombre total de cas de paludisme notifiés est passé de 10 805 020 en 2024 à 7 329 278 en 2025, soit une réduction de 32,17 %, représentant 3 475 742 cas de paludisme évités en une seule année. S’agissant de la mortalité, le nombre de décès est passé de 3 523 en 2024 à 1 979 en 2025, soit une baisse de 43,83 %. Ces chiffres ont été donné par le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean Claude Kargougou, face à la presse ce 20 février 2026.

Selon lui, chez les enfants de moins de cinq ans, le nombre de cas est passé de 3 195 655 en 2024 à 1 962 277 en 2025, soit une baisse de 38,60 % et le nombre de décès a baissé de 40,44 %. « Cette performance dépasse largement la tendance observée sur la période 2020 -2024, où la réduction moyenne annuelle n’était que de 0,89 %. Cette baisse a permis d’économiser près de 15 milliards FCFA chez les populations en terme de coût direct », a précisé le ministre de la Santé. A l’entendre, ces résultats sont le fruit d’une vision politique claire portée par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, qui place l’accès équitable aux soins et aux services de santé, de nutrition et la protection des populations au cœur de l’action publique.

En effet, l’année 2025 a été marquée par des actions structurantes majeures que sont la mise en place du Comité national multisectoriel de lutte contre le paludisme. Car « l’élimination du paludisme ne peut réussir sans une mobilisation multisectorielle et une adhésion active des communautés » a-t-il indiqué. Ainsi, la campagne nationale de distribution universelle et gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action (MILDA) a permis de distribuer près de 15 000 000 de moustiquaires de dernière génération. « Ces moustiquaires se sont révélées plus efficaces contre la résistance aux insecticides que des moustiquaires utilisées jusque-là dans notre pays », a souligné le ministre. En sus, plus de 33 000 volontaires communautaires et 7 000 agents de santé ont sillonné villes et villages, y compris les zones à fort défi sécuritaire pour assurer une protection équitable des ménages. « Cette proximité a renforcé l’appropriation communautaire et la responsabilité collective » a-t-il relevé.

En outre, les enfants de moins de cinq ans ont bénéficié de la chimio-prévention du paludisme saisonnier. A écouter le chef du département, elle a permis de couvrir 4 861 917 enfants et a servi de plateforme pour l’intégration, en plus du dépistage, de la malnutrition. A cela s’ajoute la destruction physique des gîtes larvaires, le rattrapage des enfants en ajout de leur vaccination, la prise en charge à domicile des enfants fébriles lors de chaque passage.

Une communication de taille 

Le passage à l’échelle de la vaccination gratuite contre le paludisme, effectif depuis le 14 août 2025 dans les 70 districts sanitaires du pays, constitue également une avancée historique. « On y est arrivé grâce à la mobilisation communautaire et la communication. Des campagnes d’information adaptées aux réalités locales, l’implication des leaders communautaires et religieux, la sensibilisation porte-à-porte et l’engagement des médias ont permis de transformer ces outils de prévention en pratiques effectives » a renchéri Dr Kargougou.

L’ambition du Burkina Faso est d’éliminer le paludisme à l’horizon 2030. Pour y parvenir, a fait savoir M. Kargougou, il faut maintenir le cap, renforcer l’assainissement du cadre de vie, renforcer la mise en œuvre des interventions à haut impact telles que la vaccination contre le paludisme, l’utilisation des moustiquaires, la mise en œuvre réussite de la chimio-prévention, consolider l’engagement communautaire et garantir un financement durable.

Quel a été le rôle de la vaccination (R21 et RTS, S) dans cette baisse des cas de paludisme ? « La vaccination consiste à inoculer quatre doses de vaccin à l’enfant dont trois doses à l’intervalle d’un mois, et le 4e est une dose de rappel. Selon les analyses, les trois doses complètes associées, contribuent à une diminution des cas et de décès liés au paludisme » a répondu la Cheffe de département suivi, évaluation, planification et recherche du Secrétariat permanent du paludisme, Aïssata Barry. Ces résultats, a confié le ministre, ont démontré qu’il est possible de faire reculer le paludisme de manière significative. « Ensemble, nous éliminerons le paludisme au Burkina Faso », a-t-il déclaré.

Fleur BIRBA

Patricia TAONSGO (stagiaire)

Lutte contre le paludisme au Burkina Faso :Un taux d’augmentation de 97% de couverture des ménages en 2025.

 

Le ministre de la santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou a présidé l’ouverture officielle de l’atelier de réflexion et bilan de la campagne nationale de distribution de masse des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILDA) de 2025, vendredi 20 février 2026, à Ouagadougou.

La campagne nationale de distribution de masse des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILDA) a été lancée à Komsilga et s’est déroulée du 18 juin au 22 juillet 2025 sur 70 districts sanitaires du Burkina Faso. De ce fait, en vue de renforcer efficacement ses acquis et d’être plus efficient dans ses prochaines campagnes, le ministère de la santé, a tenu un atelier bilan de ladite campagne, le vendredi 20 février 2026, à Ouagadougou.  La compagne a permis la distribution de plus 14 millions de moustiquaires de nouvelle génération à double imprégnation, au bénéficiaire de plus de 7 millions de ménages, saluant ainsi un taux de couverture des ménages estimé à 97%.

Cette performance traduit selon le ministre de la santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, l’engagement ferme du gouvernement à faire de la lutte contre le paludisme une priorité nationale de santé publique. Il a rappelé que le paludisme demeure la première cause de consultation, d’hospitalisation et de décès au Burkina Faso, représentant plus de 33 % des consultations, près de 44 % des hospitalisations et 8,7 % des décès dans les formations sanitaires. Face à ce lourd fardeau sanitaire, les autorités ont fixé pour cap la réduction significative de la morbidité et de la mortalité palustres et l’élimination du paludisme à l’horizon 2030, a-t-il indiqué. Il a ajouté que le succès de la campagne MILDA 2025 repose sur une forte mobilisation institutionnelle et communautaire des autorités administratives, des départements ministériels, ainsi que les partenaires techniques et financiers et l’engagement des agents de santé. Par ailleurs, la digitalisation du processus de dénombrement et de distribution dans cinq régions a été saluée par le ministre comme une avancée majeure, contribuant à renforcer la transparence, la traçabilité et la qualité des données, tout en améliorant l’efficience de l’intervention. Toutefois, le Ministre de la santé a insisté sur le fait que l’impact réel de la campagne dépend de l’utilisation correcte, régulière et durable des MILDA. « Chaque moustiquaire doit être effectivement installée et utilisée chaque nuit, en particulier par les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes, afin de sauver des vies » a-t-Il rappelé.

Pour le gouverneur de la région de Oubri, porte-parole du mois des gouverneurs, Barry/Traoré Assita a salué l’engagement de l’ensemble des acteurs et des partenaires ayant accompagné le gouvernement dans la mise en œuvre de cette opération. Elle a reconnu l’existence de difficultés mineures, tout en soulignant la nécessité de les analyser afin d’améliorer l’efficacité des prochaines campagnes. Selon elle, les actions complémentaires menées en 2025, notamment l’assainissement du cadre de vie, les traitements de sites, la vaccination et la prise en charge gratuite de certaines tranches d’âge, ont contribué au recul du paludisme. En perspective, elle a annoncé des approches innovantes pour atteindre une couverture de 100 % lors des prochaines éditions de cette campagne nationale.

Secrétaire permanant pour l’élimination du paludisme, Dr Kompaoré Sidzabda a expliqué que la campagne a reposé sur une stratification du territoire en cinq zones, définies selon les profils et les réalités locales. « Chaque zone a bénéficié d’une stratégie adaptée, avec, dans certaines localités, un travail de porte-à-porte pour le dénombrement suivi de la distribution des moustiquaires » a-t-il expliqué. Il poursuit en disant que dans d’autres zones, le dénombrement et la distribution ont été menés simultanément afin de gagner en efficacité. Cette approche différenciée a permis un meilleur rapprochement avec les populations et une mise en œuvre plus efficiente de la campagne sur le terrain, a-t-il conclu.

L’atelier de bilan vise ainsi à analyser objectivement les résultats obtenus, identifier les forces et les insuffisances du dispositif, et formuler des recommandations opérationnelles pour renforcer la planification, la logistique, la communication de proximité et l’exploitation des données, en vue de campagnes futures plus efficaces et inclusives.

Ahmed Abdoul Aziz HEBIE (stagiaire)

 

Suudu Andal Sport : la trouvaille de l’ambassadeur pour le sport

L’ambassadeur pour le sport, Charles Kaboré, a au cours d’un point de presse, dans la matinée du mardi 17 février 2026 à Ouagadougou, lancé officiellement un vaste programme de formation. Suudu Andal sport, comme on l’appelle, sera mis au profit des acteurs du sport burkinabè.

Suudu Andal qui signifie « Nid du savoir sportif » en langue nationale fulfuldé est l’appellation du vaste programme de formation au profit des acteurs du sport burkinabè. Le 17 février dernier, à travers une conférence de presse à Ouagadougou, l’ambassadeur pour le Sport, Charles Kaboré a lancé et présenter en détail ce programme de perfectionnement. Face aux journalistes, il a souligné que, dans un monde sportif en constante mutation, la qualité des ressources humaines constitue un levier essentiel pour atteindre la haute performance et assurer le rayonnement international du sport burkinabè. C’est dans cette dynamique qu’a été conçu, selon lui, le programme Suudu Andal Sport.

Ce programme qui concerne l’ensemble des disciplines sportives se déclinera en une série de formations de haut niveau, animée par des experts reconnus sur le plan national qu’international. A en croire l’ex-sociétaire de l’Olympique de Marseille, les athlètes burkinabè se battent avec courage avec un rêve de réussir avec des supporters croyant en leur potentiel. « Mais, pour transformer ce potentiel en performances durables, nous devons investir résolument dans la compétence, la gouvernance et la formation », a relevé l’ex-capitaine des Etalons.

Faire du capital humain sportif burkinabè une priorité stratégique

Dans le cadre de cette initiative, les acteurs sportifs burkinabè auront l’opportunité de participer à des stages de perfectionnement dans plusieurs pays africains et européens. Par ailleurs, des sessions de formation seront également organisées sur le territoire national, sous la conduite d’experts nationaux et internationaux. « A travers des formations de haut niveau, animées par des experts reconnus sur les plans national et international ; nous entendons transmettre des méthodes modernes, améliorer la gouvernance et structurer durablement notre écosystème sportif », a laissé entendre M. Kaboré. L’ambition du tout premier ambassadeur pour le sport au Burkina Faso est clair : « Faire du capital humain sportif burkinabè une priorité stratégique ».

Une ambition selon lui qui s’inscrit pleinement dans la vision impulsée par le chef de l’Etat, le camarade capitaine Ibrahim Traoré, pour un Burkina Faso souverain, compétent et résolument tourné vers l’excellence. La première formation de cet ambitieux projet concernera les chargés de marketing des différentes fédérations sportives et se tiendra les 6 et 7 mars 2026. Elle marquera le lancement effectif des activités du programme. A côté de l’ambassadeur pour le sport, au cours de ce face à face avec la presse, le secrétaire général de la présidence du Faso, Dr Zakaria Soré a salué la mise en œuvre du programme Suudu Andal Sport. Selon lui, cette initiative répond à un besoin crucial du monde sportif burkinabè et contribuera à son développement structuré et durable.

Yves OUEDRAOGO

Coopération bilatérale: l’ambassadeur d’Egypte, Mohamed Zakaria Hussein El-Ghazawy, à l’ALT

Le Président de l’Assemblée législative de transition (ALT), Ousmane Bougouma, a reçu en audience, jeudi 19 février 2026, à Ouagadougou, le nouvel ambassadeur de la République arabe d’Egypte au Burkina Faso, Mohamed Zakaria Hussein El-Ghazawy. A cette rencontre, les deux personnalités ont planché sur le renforcement de la coopération bilatérale entre les deux Etats.

Le nouvel ambassadeur de la République arabe d’Egypte, Mohamed Zakaria Hussein El-Ghazawy, accrédité au Burkina Faso, poursuit sa ronde auprès des autorités du pays. Dans la journée du jeudi 19 février 2026, il a été reçu en audience par le Président de l’Assemblée législative de Transition, Ousmane Bougouma. A sa sortie d’audience, le diplomate Mohamed Zakaria Hussein El-Ghazawy a indiqué que les échanges avec le chef du Parlement burkinabè ont porté sur les relations de coopération entre l’Egypte et le Burkina qui, selon lui, sont des pays frères et qui entretiennent de très solides relations de fraternité.

« C’est une visite de courtoisie pour voir ensemble, comment on peut développer les relations entre les deux pays, dans le domaine législatif et les autres domaines concernés », a-t- il souligné. Au nombre des domaines de coopération entre le Burkina Faso et l’Egypte , il a cité le transport, l’éducation, la jeunesse, entre autres. Mohamed Zakaria Hussein El Ghazawy a présenté ses lettres de créance au Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré le 5 décembre 2025.

 

Soumaïla BONKOUNGOU
& Adama NIKIEMA

Daouda Sawadogo, directeur général de CIF Assurances-vie Burkina: « Nous sommes dans une dynamique pour développer des produits adaptés aux besoins du marché »

La Compagnie d’assurances CIF Assurances-vie Burkina a pris part à la 50e Assemblée annuelle de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (FANAF), tenue du 9 au 11 février 2026, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, sur le thème : « Cinquantenaire de la FANAF : bâtir le futur de l’assurance africaine ». Dans cette interview accordée à Sidwaya, son directeur général, Daouda Sawadogo, dresse le bilan de la participation de la société à ce cinquantenaire de la FANAF, aborde les défis des 50 prochaines années pour l’assurance africaine, tout en évoquant les performances et projets de CIF Assurances-vie Burkina.

Sidwaya (S) : Pouvez-vous présenter CIF-Assurances vie à nos lecteurs ?

Daouda Sawadogo (D.S) : CIF Assurances-vie Burkina est une compagnie d’assurance agréée par le Code CIMA depuis octobre 2012, comme compagnie d’assurance vie et capitalisation, avec un capital qui a évolué à un milliard F CFA à 5 milliards F CFA aujourd’hui. Elle a commencé officiellement ses activités le 1er janvier 2013. Son capital est détenu à plus de 96% par le Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB) et ses démembrements. L’objectif est de compléter la gamme de services du Réseau des caisses populaires en matière d’assurance.

Les Caisses populaires offrent des produits d’épargne, de crédits de tous ordres, mais le volet assurance manquait. Et c’est ce maillon que nous avons voulu combler à travers la création de cette compagnie d’assurances.
CIF Assurances-vie Burkina est une jeune compagnie, mais performante. Car, depuis sa création, elle n’a jamais enregistré de déficit. Chaque année, son chiffre d’affaires croît et elle réalise des bénéfices non seulement au profit de ses actionnaires, mais aussi au profit des membres du Réseau des caisses populaires. 90% du chiffre d’affaires de la compagnie provient du Réseau des Caisses populaires.

La compagnie a été créée par le RCPB pour servir les membres des Caisses populaires. Jusqu’à la 4e année de son existence, elle n’a donc pas ouvert ses services au public ; ses services étaient destinés uniquement aux membres des Caisses populaires. Mais à partir de la 5e année, le Conseil d’administration a décidé qu’on peut aller chercher des affaires ailleurs, de telle sorte qu’aujourd’hui la compagnie travaille avec pratiquement toutes les banques de la place, en matière d’offre de services, surtout en matière de décès-emprunteur.

Cela veut dire que vous soyez dans une banque ou dans une Caisse populaire, si vous contractez un crédit, notre compagnie est habilitée à vous couvrir. Elle offre aussi des produits liés à la retraite, complémentaires à la retraite, indemnité fine de carrière, rente éducation pour assurer l’éducation des enfants, assistance, protection de la famille. Il y a toute une gamme d’une douzaine de produits que nous offrons.

CIF Assurances-vie Burkina est membre de l’Association professionnelle des sociétés d’assurance du Burkina (APSAB) qui compte aujourd’hui 19 sociétés vie, non-vie et de réassurance. Elle est aussi membre de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (FANAF). Elle compte aujourd’hui 19 employés, avec une certaine structuration. Nous avons l’exécutif, la direction générale, une direction technique, un service administratif et financier, un service commercial, un service informatique et audit interne.

Au-dessus de la direction exécutive, nous avons le Conseil d’administration, composé de sept administrateurs, dont des administrateurs indépendants. Et le conseil est présidé par la directrice générale de la Fédération des caisses populaires du Burkina. Le conseil a mis en son sein deux comités spécialisés : un comité d’audit et un comité de nomination et de rémunération. Au-dessus du Conseil d’administration, nous avons l’Assemblée générale de la compagnie qui réunit tous les actionnaires.

S : Qu’en est-il du bilan de l’exercice 2025 ?

D.S : Nous avons bouclé l’année 2025 avec 4 milliards F CFA de chiffre d’affaires, avec un résultat net d’impôt autour de 800 millions F CFA. Et tous les indicateurs sont au vert. En termes de performance financière, je précise que pour l’exercice 2024, la direction des assurances du Burkina a désigné CIF Assurances-vie Burkina comme la première compagnie d’assurance performante du marché burkinabè, et cela à travers une analyse des indicateurs de performance. Pour 2025, la Direction générale des impôts vient de nous adresser une lettre de félicitations pour notre civisme fiscal.

S : Vous avez participé à la 50e Assemblée générale de la FANAF, du 9 au 11 février 2026, à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Quel est l’intérêt d’être présent à ce rendez-vous continental de l’assurance ?

D. S : Depuis 2013, la CIF Assurances-vie Burkina est membre de la FANAF, qui compte aujourd’hui plus de 200 compagnies d’assurance et de réassurance. Le thème de ce 50e anniversaire de l’Assemblée générale, « Cinquantenaire de la FANAF : bâtir le futur de l’assurance africaine », est pertinent. Après 50 ans de parcours, il fallait quand-même s’arrêter pour faire le bilan. Ce qui a marché ou pas et se donner des perspectives pour les prochaines années, les 50 ans à venir. Nous ne pouvions donc pas être en marge de ce grand événement. A partir du moment où nous sommes membres, c’est normal que nous soyons là pour aussi apprécier les résultats, le bilan du bureau exécutif qui était en fin de mandat.

Chaque année, en plus de l’Assemblée générale proprement dite, il y a des ateliers techniques, thématiques, où sont abordés des sujets comme la régulation du secteur, les prestations que nous offrons. Cinquante ans après, est-ce que nous sommes au rendez-vous ? Est-ce que nous payons correctement les sinistres ? Est-ce que les clients sont satisfaits ? Qu’est-ce qu’il faut faire pour ajuster tout cela ? Il y a également la question de la digitalisation, pour laquelle, étant dans un monde digitalisé, nous ne pouvons pas être en marge. C’est tout cela qui justifie notre présence à cette Assemblée générale, qui coïncide avec les 50 ans de la FANAF. CIF Assurances-vie Burkina est fortement représentée, avec une délégation conduite par la présidente du conseil d’administration qui est la directrice générale de la FCPB, Azaratou Sondo/Nignan.

S : Pour ce cinquantenaire, il n’a pas été seulement question de dresser le bilan, mais aussi de se projeter vers l’avenir, pour bâtir l’assurance africaine de demain. Selon vous, quels sont les défis pour le secteur assuranciel africain pour les 50 prochaines années ?

D.S : Les défis pour les prochaines années vont être justement le moteur des activités du nouveau bureau. On a parlé de la digitalisation, qui est un gros défi, de l’élargissement du marché, de l’agrément unique. Dans le domaine des assurances, il n’y a pas d’agrément unique comme dans les banques, où lorsque vous avez un agrément, vous pouvez ouvrir des filiales dans les autres pays. L’agrément unique constitue donc un défi à discuter avec les régulateurs. L’autre défi, c’est la fiscalité qui constitue aujourd’hui un gros problème au niveau de l’assurance.

Le Code CIMA est une loi supranationale, mais quand il s’agit de fiscalité, chaque pays est autonome. Et cela crée des problèmes. Par exemple, la Côte d’Ivoire peut décider d’imposer certains produits d’assurance qui ne sont pas imposés au Burkina, et vice-versa. L’harmonisation de la fiscalité n’est toujours pas au rendez-vous, et il faut en débattre. Il y a aussi le défi lié à l’intégration du genre dans le secteur des assurances. Car, aujourd’hui, si vous prenez les compagnies d’assurance, le genre n’est pas beaucoup représenté. Nous devons donc travailler à y mettre l’accent, à promouvoir le genre, surtout au niveau des organes dirigeants, que ce soit au niveau de l’exécutif ou dans les organes délibérants de nos compagnies. Et c’est un défi aussi pour les années à venir.

L’autre élément, c’est que d’une manière générale, au sein de nos compagnies, il faut travailler à renforcer la capacité du capital humain. L’autre défi, c’est la relecture du code CIMA, qui a été adopté depuis les années 94. Aujourd’hui, il faut travailler à réélire le code CIMA. La représentativité de la FANAF au sein des organes de décision de la CIMA, de la Commission régionale du contrôle et du Comité des experts constitue également un élément à mettre sur la table.

La FANAF n’est pas beaucoup représentée dans ces instances. Par exemple, dans une instance composée de 14 voix, la FANAF a une seule voix. Cela crée des problèmes. Il faut donc renforcer justement la représentativité de la FANAF dans les organes, pour que nous puissions, à un moment donné, porter notre voix afin d’amener des changements au profit du secteur. Ce sont autant de défis pour le nouveau bureau.

S : Il y a aussi la question de l’élargissement de l’offre. Car, pendant longtemps, on a reproché au secteur d’être dans le mimétisme des produits occidentaux et de ne pas avoir des produits assuranciels adaptés aux besoins des populations. Pourtant, il y a des nouveaux défis en termes de micro-assurance qui n’est pas très développée, d’assurance climatique, agricole …

D.S : Oui, tout cela fait partie des défis. Il y a non seulement l’élargissement du marché, mais aussi l’élargissement des produits. Il est important de développer une gamme de produits pour pouvoir répondre aux besoins des gens. Il y a très peu d’assurances obligatoires dans nos pays. Et même celles qui existent ne sont pas pratiquées. C’est le cas de l’assurance automobile, de l’assurance construction, de l’assurance de transport. L’élargissement est important, car nous avons les risques climatiques, agricoles, etc. Tout cela demande de nouveaux produits qu’il faut développer et s’adapter aux besoins de notre population, de la clientèle.

Au niveau de CIF Assurances-vie Burkina, nous sommes dans cette dynamique de développer des produits adaptés aux besoins du marché. C’est l’essence même de la création de notre compagnie. Et il n’y a pas de choix que de s’adapter à l’évolution. C’est vrai qu’aujourd’hui, nous avons opté pour la branche vie, qui est limitée. Mais, nous sommes en réflexion, et ce sont des orientations au niveau du conseil d’administration, pour peut-être, créer CIF-Assurances non vie dans les cinq prochaines années. Car, quand on prend l’assurance agricole, il y a des aspects sur lesquels la branche vie ne peut pas agir.

Beaucoup disent que notre compagnie n’est pas connue, mais CIF Assurance-vie est une force tranquille. Je demande toujours à la population de nous faire confiance. Aujourd’hui, celui qui est membre d’une Caisse du Réseau de caisses populaires du Burkina ne peut pas dire qu’il ne connaît pas CIF Assurance-vie. Nous lançons un appel aux membres des Caisses populaires pour qu’ils soient des ambassadeurs de CIF Assurance-vie dans leurs familles, auprès de leurs amis, etc. Nous ne faisons pas beaucoup de publicité, mais nous sommes une force tranquille !

Interview réalisée par

Mahamadi SEBOGO
Windamad76@gmail.com

 

Coopération Burkina-Ghana: le chef de la diplomatie ghanéenne en visite à Ouagadougou

Le ministre des Affaires étrangères de la République du Ghana, Samuel Okudzeto Ablakwa, accompagné de l’envoyé spécial du Ghana pour l’AES et d’une forte délégation, est arrivé dans la capitale burkinabè cet après-midi du jeudi 19 février 2026.

Ils ont été accueillis à l’aéroport international de Ouagadougou par le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré. La délégation ghanéenne est en visite au Burkina Faso, dans le cadre de la réunion ministérielle de la 13e Commission mixte de coopération entre le Burkina Faso et la République du Ghana, qui se tiendra demain 20 février 2026. Cette rencontre devra permettre de formaliser les conclusions des travaux de la réunion préparatoire des experts tenue en octobre 2025, notamment la signature de plusieurs projets d’accords et de documents officiels, pour davantage dynamiser la coopération et raffermir les liens forts d’amitié et de fraternité qui lient les deux pays.

 

DCRP/MAE

Diabète et Ramadan : jeûner sans mettre sa santé en péril

Le jeûne du mois de Ramadan occupe une place centrale dans la vie du musulman. Il constitue l’un des cinq piliers de l’islam et se vit comme un acte d’adoration spirituel. Le jeûne est un temps d’adoration, de discipline et d’élévation vers Allah. Mais pour les personnes vivant avec le diabète, l’abstinence prolongée, de nourriture et de boisson peut exposer à des risques sérieux. Entre déshydratation et déséquilibres glycémiques, jeûner exige une préparation rigoureuse.

Le diabète est une maladie métabolique caractérisée par une élévation chronique du taux de sucre dans le sang, appelée hyperglycémie. Cette situation résulte soit d’un déficit de sécrétion d’insuline par le pancréas, soit d’une résistance des cellules à l’action de cette hormone pourtant essentielle à l’utilisation du glucose par l’organisme. Or, le glucose constitue le principal carburant des cellules ; sans une régulation adéquate, il s’accumule dans le sang et expose à de multiples complications.

Selon le Docteur Seydou Zida, médecin interniste au CMA de Pissy, en temps normal, la glycémie doit se situer entre 4 et 6,6 millimoles par litre. « Au-delà de ces valeurs et surtout lorsque l’élévation est persistante, on parle de diabète. », précise-t-il. Il faut aussi remarquer qu’il existe plusieurs formes de diabète ; le diabète de type 1, nécessitant une insulinothérapie ; le diabète de type 2, souvent pris en charge par des médicaments oraux associés à des mesures hygiéno-diététiques ; le diabète gestationnel chez la femme enceinte ; et d’autres formes secondaires liées à certaines pathologies.

Le regard de l’islam sur la maladie et le jeûne

Pour le Docteur Abdou Nombré, pharmacien biologiste et ancien recteur de la mosquée du siège de l’AEEMB (centre culturel islamique), l’approche islamique est claire : la préservation de la vie humaine est un objectif majeur de la religion. L’islam ne vise pas seulement l’élévation spirituelle, mais aussi la protection de l’intégrité physique.
Selon lui, le Coran autorise explicitement la personne malade à reporter le jeûne surtout si cela menace sa santé. (Sourate 2 ; verset 184 : « Pendant un nombre déterminé de jours. Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d’autres jours. Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu’avec grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre. Et si quelqu’un fait plus de son propre gré, c’est pour lui ; mais il est mieux pour vous de jeûner ; si vous saviez ! »).

Cette dispense n’est ni une faiblesse de foi ni un manquement religieux ; elle est au contraire une manifestation de la sagesse divine. Ainsi, un patient diabétique peut être autorisé à jeûner ou, au contraire, être tenu de s’en abstenir selon son état de santé. Tout

Docteur Abdou Nombré, pharmacien biologiste et ancien recteur de la mosquée du siège de l’AEEMB (centre culturel islamique) : « si le traitement exige des prises incompatibles avec les horaires du jeûne, le patient doit s’abstenir de jeûner et suivre correctement son traitement ».

dépend de la stabilité de la maladie, de l’efficacité du traitement et de l’avis médical. Ainsi lorsque le jeûne risque d’aggraver la maladie, de provoquer des malaises ou de retarder la guérison, il devient religieusement déconseillé, voire interdit. Dans ce cas, l’islam prévoit des alternatives : le rattrapage ultérieur des jours manqués si la situation est temporaire, ou le paiement d’une compensation (fidya) pour les malades chroniques dont l’état ne permet pas d’espérer une amélioration. « Pour chaque jour de jeûne manqué, on lui demande de nourrir un pauvre. Les savants musulmans ont essayé d’estimer cette nourriture à 1,5 kg de ce que nous consommons d’habitude. Riz, maïs, etc. », fait-il savoir.
Quand la rupture du jeûne devient une obligation

Le Dr Zida estime que chez le diabétique, certaines situations rendent la poursuite du jeûne dangereuse. Les hypoglycémies, la baisse excessive du taux de sucre dans le sang, figurent parmi les risques les plus redoutés. Elles peuvent se manifester par des sueurs froides, des tremblements, des palpitations, des troubles du comportement, et évoluer vers le coma si elles ne sont pas corrigées rapidement. Dans un tel cas, la rupture immédiate du jeûne n’est pas seulement permise : elle devient une obligation religieuse. « C’est parce qu’on est en bonne santé qu’on peut adorer Dieu », rappelle le Docteur Abdou Nombré qui précise que la foi ne saurait être invoquée pour justifier une mise en danger volontaire de la vie.

Les avis du médecin et de l’imam

La décision de jeûner ne peut se prendre à la légère. Elle nécessite une évaluation médicale préalable. Pour le Docteur Seydou Zida, médecin interniste au CMA de Pissy, la consultation avant le Ramadan est indispensable. Idéalement, cette préparation commence trois mois avant le début du jeûne, afin d’obtenir un équilibre glycémique optimal et d’adapter progressivement le traitement. « Le médecin ne peut pas dire formellement à un patient diabétique de ne pas jeûner parce que c’est une conviction religieuse. Ça dépend de la conviction du patient. », ajoute-t-il. Pour lui, le médecin évalue le niveau de risque, ajuste les doses de médicaments ou d’insuline et définit la fréquence des contrôles glycémiques. Une fois l’avis médical donné, le fidèle peut, s’il le souhaite, consulter un imam ou un théologien pour être rassuré sur le plan religieux. « J’ai commencé l’année passée, mais à certains moments donnés, ma santé avait commencé à se dégrader, et sur le conseil conjoint du docteur et d’imam que j’ai arrêté afin de ne pas mettre ma vie en danger », confirme Omar Sidibé, professeur à la retraite, diagnostiqué diabétique il y a quatre ans.

Médicaments, insuline et validité du jeûne

Omar Sidibé, professeur à la retraite : « c’est mon épouse qui contrôle mon alimentation, souvent elle retire un plat devant moi, parce qu’il est déconseillé par le docteur ».

Les injections d’insuline invalident-elles le jeûne ? La réponse de Abdou Nombré, ancien recteur de la mosquée de l’AEEMB et des centres culturels islamiques à la question est négative. L’insuline n’est pas un nutriment ; elle ne nourrit pas l’organisme mais régule la glycémie. Son injection n’annule donc pas le jeûne. En revanche, la prise de médicaments par voie orale pendant les heures de jeûne invalide celui-ci. « Si le traitement exige des prises incompatibles avec les horaires du jeûne, le patient doit s’abstenir de jeûner et suivre correctement son traitement. Là encore, la santé prime. », précise, M. Nombré. Pour les diabétiques autorisés à jeûner, l’alimentation joue un rôle clé.

Les médecins recommandent des aliments à index glycémique bas et des glucides à libération lente, céréales, tubercules, légumes afin de maintenir une glycémie stable durant la journée. L’hydratation doit être abondante entre la rupture et l’aube pour prévenir la déshydratation. L’activité physique est encouragée, mais de manière modérée. Les prières elles-mêmes constituent une forme d’exercice. Les efforts intenses et prolongés, surtout aux heures les plus chaudes, sont déconseillés.

Dr Zida conseille que celui qui jeûne, surtout les diabétiques, s’il a une activité professionnelle qui est physique, qu’il le fasse dans la matinée ou dans l’après-midi au risque de se déshydrater lorsque le soleil est aux zéniths. « On ne demande pas aux patients diabétiques de rester couché ou assis pendant le temps du carême. Ça aussi, ça déséquilibre le diabète, mais il leur faut adapter leurs activités physiques en allant doucement sans trop forcer dans l’activité physique », a-t-il ajouté.

La famille, pilier de l’accompagnement

Le suivi du diabétique pendant le Ramadan ne peut se faire sans l’implication de l’entourage. La famille aide à surveiller les signes de malaise, à préparer des repas adaptés, à rappeler les contrôles glycémiques et à soutenir moralement le malade. Cette solidarité familiale est en parfaite adéquation avec l’esprit du Ramadan, mois de fraternité et de compassion. L’épouse de M. Sidibé est un soutien fort pour sa santé. « C’est ma femme qui contrôle mon alimentation, souvent elle retire un plat devant moi en me rappelant que le docteur a déconseillé cette nourriture », reconnait-il.

le pain complet favorise la digestion et aide à la gestion de la glycémie

Pour éviter les frustrations, il recommande aux malades et aux membres de leur famille de garder à l’esprit les repas interdits. Selon Dr Zida, les diabétiques qui aiment le pain peuvent continuer à en consommer avec modération  à condition que ce soit un pain complet, élaboré à partir de farine de blé entier conservant le son, est une excellente source de fibres, vitamines et minéraux. Il favorise la digestion et aide à la gestion de la glycémie. Le pain complet est plus nutritif et moins sucré que le pain blanc.

Omar Sidibé déplore qu’aux yeux de certains, quand tu ne jeûnes pas, tu es considéré comme un homme qui a perdu la foi. « S’il arrive que la santé soit en danger lorsqu’on jeûne, la foi nous permet de nous abstenir de jeûner. Et après avoir retrouvé la santé, on se doit de payer une compensation, soit de rattraper le jeûne. Donc, la foi n’est pas en contradiction avec la préservation de la vie, avec la préservation de la santé. », justifie l’ancien recteur de l’AEEMB.

De son avis, le Ramadan n’est pas une épreuve de souffrance imposée, mais un chemin vers le bien-être spirituel et humain. L’islam enseigne que Dieu n’impose à aucune âme une charge supérieure à ses capacités. Pour le diabétique, accepter de ne pas jeûner lorsque la santé l’exige n’est ni une faute ni un manque de piété. C’est au contraire une forme d’obéissance éclairée, fondée sur la responsabilité et la préservation de la vie. « Jeûner sans mettre sa santé en danger, c’est finalement vivre pleinement l’esprit du Ramadan : un mois de sagesse, d’équilibre et de miséricorde » conclu-t-il.

 

Hubert BADO