Port du casque à Bobo-Dioulasso: Entre prise de conscience et changement progressif des comportements

A Bobo-Dioulasso, le port du casque, rendu obligatoire par les autorités, suscite des réactions diverses mais traduit surtout une prise de conscience croissante chez les usagers de motos. Sur les grandes artères comme dans les quartiers périphériques, de plus en plus de conducteurs et de passagers se conforment à la mesure, convaincus de son importance pour la sécurité routière. Sidwaya y est allé faire un constat.

Les mentalités évoluent à Bobo-Dioulasso. En effet, le port du casque gagne progressivement du terrain. Accidents vécus, observations quotidiennes et campagnes de sensibilisation contribuent à faire évoluer les mentalités. Depuis un certain temps, il fait partie des habitudes quotidiennes de bon nombre d’usagers de la route. Le casque n’est plus seulement un accessoire imposé par la loi mais une méthode pratique pour les usagers afin d’éviter les éventuelles blessures liées aux accidents et une mesure salvatrice pour préserver des vies.

Pour de nombreux usagers de motos, l’usage du casque permet à l’homme de se sentir en toute sécurité dans toutes les voies, même où les embouteillages sont énormes. Le casque est devenu pour eux un véritable bouclier contre la mort, la poussière et les séquelles irréversibles des accidents de la route. C’est l’avis de l’usager Vincent Dao qui estime que le casque est avant tout une protection vitale. « Je porte le casque depuis 2009, dès l’achat

Levy Tiahoun a pris conscience de l’importance du port de casque en 2022 après un accident de la circulation.

de ma moto. En cas d’accident, il limite les fractures et les blessures crâniennes graves », explique-t-il.

Même s’il reconnaît quelques désagréments comme la réduction de l’audition ou l’effet du vent, il estime qu’ils sont minimes face aux avantages. Il compare d’ailleurs le casque à la ceinture de sécurité en véhicule, un réflexe indispensable pour préserver la vie. L’étudiant Emmanuel Garango affirme avoir renforcé sa discipline depuis 2024. « Chaque jour sur le trajet de l’école, je vois des accidents. Très souvent, les blessures crâniennes sont liées au non-port du casque », observe-t-il.

Des conséquences qui conseillent

L’accident étant un phénomène malheureux qui arrive à tous, après ces faits, il a pris conscience de faire du casque son compagnon quotidien en circulation. « L’accident n’arrive pas qu’aux autres, ça peut nous arriver aussi », précise-t-il. Pour lui, au-delà de la sécurité, le casque protège également contre les maladies très souvent causées par la poussière ou le vent, très présents dans la ville de Sya. Même expérience pour Levy Tiahoun, étudiant qui a commencé à porter le casque après un accident en 2022 dans lequel il a subi un choc à la tête. Et après les soins, les spécialistes lui ont recommandé le port régulier du casque. « Avec la mise en pratique de ces conseils, j’évite plusieurs risques en circulation. Depuis, je me sens toujours en sécurité », confie-t-il.

Il salue l’initiative des autorités et souligne qu’il est difficile de s’en sortir après un accident lorsqu’on subit une fracture sur la tête. « Il n’y a pas de tête de secours », rappelle-t-il.

Maimouna Nabo Zéba, après deux chutes subies, appelle tous les usages à se protéger.

Selon lui, le casque permet, non seulement de réduire les risques mortels liés aux chocs à la tête, mais aussi de prévenir certaines maladies causées par la poussière, surtout en saison sèche et même des maladies liées aux fumées que dégagent certains engins dans la ville. Au regard de tous ces aspects, le port du casque est et demeure plus qu’une nécessité.

« Il n’y a pas de raisons valables pour un usager de ne pas porter le casque car notre vie est plus que tout », souligne-t-il. Le témoignage de Maïmouna Nabo Zéba illustre, quant à lui, les conséquences du non-respect de cette mesure. Après avoir subi deux chutes sans casque, avec des blessures graves à la clé, elle a changé de comportement. « J’aurais pu éviter plusieurs blessures si j’avais porté un casque », reconnaît-elle, appelant tous les usagers à s’en protéger. Si certains usagers restent encore réticents, les témoignages montrent que le port du casque gagne progressivement du terrain à Bobo-Dioulasso.

Amadou OUEDRAOGO
(Stagiaire)

 

 

 

 

Guichet appui technique des collectivités territoriales: les acteurs s’approprient la banque d’outils

Le ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité a organisé un atelier d’immersion et de vulgarisation de la banque d’outils du « Guichet appui technique », le jeudi 22 janvier 2026, à Ouagadougou.

Dans le cadre de la mise en œuvre de son « guichet appui technique », l’Agence d’appui au développement des collectivités territoriale (ADCT) a développé une banque d’outils destinés aux Collectivités territoriales (CT). Pour garantir une appropriation de ces outils par les acteurs locaux et les partenaires, le ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité, à travers l’Agence d’appui au développement des collectivités territoriale (ADCT), a tenu un atelier, le jeudi 22 janvier 2026 à Ouagadougou.

L’événement a été placé sous la présidence du secrétaire général du ministère en charge de l’administration territoriale, Saidou Sankara. L’atelier a permis de faire une présentation introductive de l’offre d’appui technique et de démontrer les fonctionnalités de la « Banque d’outils » de l’ADCT. Par ailleurs, il a été question de recueillir les attentes et les suggestions de perfectionnement.

A entendre M. Sankara, la rencontre vise à officialiser et vulgariser les instruments d’accompagnement technique mis désormais à la disposition des CT. Il a ajouté que depuis sa création, l’ADCT s’est vu confier une mission essentielle d’accompagner efficacement les collectivités territoriales à travers la mobilisation et la mise à disposition d’appuis techniques et financiers adaptés à leurs besoins. En outre, le secrétaire général a confié que dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires, sociaux, économiques et environnementaux majeurs, les collectivités territoriales sont en première ligne.
Un levier stratégique pour harmoniser les pratiques

Ainsi, pour lui, elles sont appelées à jouer un rôle central dans la résilience des communautés et dans la fourniture de services sociaux de base. Il a ajouté que pour relever ces défis, il est impératif de renforcer les capacités techniques, de disposer d’outils adaptés et de promouvoir une collaboration étroite entre l’Etat, les collectivités territoriales et les partenaires. « C’est tout le sens de la mise en place et de l’opérationnalisation du Guichet ’Appui technique et, aujourd’hui, de cette banque d’outils qui constitue un dispositif structuré d’accompagnement des acteurs locaux », a renchéri M. Saïdou Sankara. Il a aussi fait savoir que cette banque d’outils va bien au-delà d’une simple plateforme.

Car, a-t-il expliqué, elle est pensée comme un levier stratégique pour harmoniser les pratiques, professionnaliser l’appui-conseil, faciliter l’ingénierie territoriale et améliorer la qualité des projets et programmes portés par les collectivités territoriales. « A travers cette activité, le ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité réaffirme son engagement constant en faveur d’une décentralisation efficace, inclusive et porteuse de développement, de cohésion sociale et de gouvernance de proximité », a-t-il dit.

En plus, il a déclaré être convaincu que des collectivités mieux outillées, accompagnées et coordonnées sont un gage de réussite de nos politiques publiques au niveau local. A cet effet, il a invité l’assistance à une participation active aux travaux, à partager les expériences et à formuler des recommandations concrètes et opérationnelles.

Evariste YODA

Burkina Faso : Plus de 110 milliards Fcfa d’investissements structurants pour accélérer le développement économique et social

Le Président du Faso, Chef de l’État, Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a présidé, ce jeudi 22 janvier 2026, le Conseil des ministres du Gouvernement RIMTALBA 2, issu du remaniement du 12 janvier dernier. Cette session ordinaire a examiné et adopté plusieurs dossiers et a pris d’importantes décisions pour répondre aux aspirations profondes du Peuple, selon le Ministre Porte-parole du Gouvernement, M. Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO.

Pour le compte du ministère de l’Économie et des Finances, le Conseil a adopté un décret portant création de l’Agence Faso Mêbo résultant d’une transformation de l’Initiative présidentielle Faso Mêbo.

Selon le Ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar NACANABO, cette agence est un établissement public de l’État et aura pour fonction d’assumer les missions qui sont aujourd’hui exécutées par l’Initiative présidentielle Faso Mêbo. L’Agence Faso Mêbo sera dotée de tous les moyens institutionnels, matériels et humains nécessaires pour lui permettre de réaliser les grandes ambitions d’infrastructures portées par le Président du Faso.

Au titre du ministère de la Guerre et de la Défense patriotique, le Conseil a adopté un projet d’ordonnance portant régime juridique applicable aux Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP). Selon le Ministre d’État, Ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le Général de division Célestin SIMPORÉ, l’adoption de cette ordonnance permet de corriger les limites du régime juridique en vigueur. Le projet d’ordonnance comporte donc des innovations majeures. Entre autres, l’adaptation des modalités de l’emploi des VDP par l’introduction du niveau de recrutement et d’emploi régional, la facilitation de la mobilité des VDP en fonction des besoins opérationnels, la sécurisation juridique du VDP en cas de disparition ou de captivité et la prise en compte de ses ayants droit.

Des investissements de plus de 110 milliards Fcfa pour les Initiatives présidentielles

Pour le compte de la Présidence du Faso, le Conseil a adopté un décret relatif à une série d’investissements structurants et prioritaires à réaliser durant l’année 2026 en vue de consolider et d’accélérer le développement économique et social de notre pays. Selon le Ministre Porte-parole du Gouvernement, M. Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO, les investissements envisagés s’inscrivent dans le cadre des initiatives présidentielles.

Au titre de l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité pour tous (IPEQ), il est prévu l’achèvement des travaux de la première phase de 12 amphithéâtres de 500 et 1000 places à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Manga, Ouahigouya, Dédougou, Banfora, Kaya, Ziniaré, Fada N’Gourma et Gaoua. Il y a également la construction de deux amphithéâtres de 1000 places à Ouagadougou et Koudougou et de 4 amphithéâtres de 500 places à Bobo-Dioulasso, Ouahigouya, Fada N’Gourma et Tenkodogo. On note également la construction de 4 lycées techniques professionnels à Bagré, Samandéni, Yako et Kaya.

Au sujet de l’Initiative présidentielle pour la santé (IPS), il est prévu la construction de 5 services d’anesthésie-réanimation au CHR de Tenkodogo, à l’Hôpital militaire Capitaine Halassane-COULIBALY de Ouagadougou, au CHU régional de Dédougou, au CHU régional de Ouahigouya et au CHU de Bogodogo. Des acquisitions d’équipements médicaux techniques au profit des centres médicaux sanitaires communaux et des services de réanimation de plus de 30 communes sont prévues cette année.

Il est également envisagé l’acquisition, l’installation et la maintenance des centrales de distribution d’oxygène et de réseaux de fluides médicaux au CHR de Tenkodogo, au CHU-R de Dédougou et Ouahigouya, au CHU de Bogodogo et à l’Hôpital militaire Capitaine Halassane-COULIBALY de Ouagadougou.

L’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire (IP-3A) quant à elle, prévoit l’acquisition de 6 foreuses de grande capacité avec équipements complets, 100 tracteurs de 40 chevaux, 80 semoirs, 120 petites moissonneuses, 120 motoculteurs, 250 véhicules à deux roues, huit camions, 400 motopompes, deux tracteurs multifonctionnels, 12 égraineuses et 12 botteleuses.

Pour le compte de l’Initiative présidentielle pour le développement communautaire (IPDC), il est prévu l’acquisition d’outils et de petits matériels pour la réalisation des activités.

A propos de l’Initiative présidentielle pour la relève et la promotion de l’élite sportive (IP-RELIS), l’année 2026 connaîtra l’aménagement de l’esplanade du stade et des terrains d’entrainement du complexe footballistique de Bobo-Dioulasso.

Selon le Ministre Porte-parole du Gouvernement, ces investissements sont évalués à plus de 110 milliards FCFA et se feront sur fonds propres au profit de toutes les régions du pays.

 

Direction de la communication de la Présidence du Faso

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Dakar Business Connect lance sa 1ère édition autour des enjeux et opportunités de la titrisation

Dakar, le 22 janvier 2026 – Le Magazine économique et financier de référence au Sénégal, Le Marché, a organisé, samedi 17 janvier 2026 à Dakar, la 1ère édition du Forum Dakar Business Connect (DBC) autour du thème : « La titrisation et le financement du développement : opportunités, enjeux et perspectives ». Deux panels ont été au programme : le premier sur « La titrisation : un levier stratégique pour le financement des infrastructures et des politiques publiques » et le second « La titrisation et le secteur privé, en tant qu’outil pour accélérer la croissance des entreprises et dynamiser les marchés financiers ».

En complément de ces panels, une Keynote prononcée par le Directeur Général de KF Titrisation, Mouhamadou Moustapha Faye, a permis d’explorer en profondeur les enjeux et les atouts de la titrisation. Des Masterclass et des ateliers pratiques ont également permis de revenir sur les récentes opérations de titrisation couronnées de succès dans l’espace UEMOA.

« L’objectif de cette première édition était de clarifier le concept de la titrisation et son utilité dans le financement du développement. Il s’agissait également de mettre en lumière les opportunités qu’elle offre aux États, aux entreprises, aux banques et aux investisseurs institutionnels, tout en identifiant les contraintes, les risques et les prérequis nécessaires à un recours efficace et soutenable à cet outil financier », a déclaré Dr Abdou Diaw, directeur de publication et fondateur du magazine Le Marché. Selon lui, ce rendez-vous, qui se veut pérenne, ambitionne de stimuler le débat économique et financier tout en établissant un cadre d’échanges structuré entre les différents acteurs de l’écosystème.

Le magazine financier Le Marché œuvre depuis plusieurs années à susciter le débat et à éveiller l’intérêt autour des grandes mutations et des enjeux économiques majeurs. C’est dans cette dynamique qu’il a lancé le concept Dakar Business Connect (DBC), une initiative visant à explorer des thématiques clés de l’économie et de la finance, en donnant la parole à des professionnels et à des références reconnues dans leurs domaines respectifs.

 

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A Propos de Le Marché

Le Marché est à la fois une plateforme digitale et un magazine d’informations économiques et financières édité par l’Agence de communication Africa Medias Finance (AMFin).

Cette publication mensuelle, destinée aux décideurs, aux investisseurs et à tous les acteurs intervenant dans le secteur de l’économie, de la finance, des assurances, des Fintech, des ressources extractives et des Télécom, vous parle et vous aide à être au diapason de l’actualité économique et financière. Il vous connecte également aux mutations et faits saillants des secteurs clés de l’économie tels que le pétrole et le gaz, les assurances, etc.

 

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Tentatives de déstabilisation du Burkina: retour sur 3 ans de récidive

L’ancien Président de la Transition, Paul-Henri Sandaogo Damiba a été extradé au Burkina Faso, par les autorités togolaises à la demande de celles du Burkina Faso. Retour sur des projets de déstabilisation déjoués depuis 2023.

Ce qui semblait être une rumeur folle, sur les réseaux sociaux, est devenu une réalité. En effet, l’ancien président de la Transition, soupçonné de multiples tentatives de déstabilisation des institutions burkinabè a été extradé au Burkina Faso du Togo où, il avait trouvé exil après son renversement le 30 septembre 2022. Cette extradition a été confirmée, selon un communiqué du ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, publié hier mercredi 21 janvier 2026.

« A la suite de la dénonciation faite le 5 janvier 2026 au parquet près le Tribunal de grande instance Ouaga I faisant état de l’implication d’un certain nombre de personnes, civiles et militaires dont le nommé Paul Henri Sandaogo Damiba dans l’accomplissement d’actes préparatoires d’une atteinte à la sûreté et à la sécurité de l’Etat, de détournement de deniers publics, d’incitation à la commission d’infractions, de blanchiment
de capitaux, le Procureur du Faso a requis du juge d’instruction d’ouvrir une information
judiciaire, de décerner un mandat d’arrêt international contre Paul Henri Sandaogo Damiba, de recourir à la coopération pénale internationale avec la République du Togo en vue d’obtenir l’extradition du susnommé vers le Burkina Faso », indique le communiqué.

C’est ainsi que le 6 janvier 2026, poursuit la note, le juge d’instruction a ouvert une information judiciaire pour des faits de détournement criminel de deniers publics, d’enrichissement illicite criminel, de corruption, d’incitation à la commission
de délits et crimes, de recel aggravé et de blanchiment de capitaux.
En conséquence, un mandat d’arrêt international contre lui et soumis aux autorités
togolaises une demande d’extradition.

« Donnant suite à cette demande, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Lomé
a rendu le 16 Janvier 2026, l’arrêt n°013/2026 qui a permis l’extradition effective de Paul
Henri Sandaogo Damiba vers le Burkina Faso où il est parvenu le 17 janvier 2026, pour répondre des faits qui lui sont reprochés », poursuit le communiqué du ministre Edasso
Rodrigue Bayala qui, au nom du gouvernement du Burkina Faso, a traduit sa reconnaissance aux autorités de la République soeur du Togo pour cette parfaite
coopération judiciaire qui illustre les bonnes relations entre nos deux Etats.

Exécuter le mandat d’arrêt

Bien avant, un communiqué du gouvernement togolais, en date du 19 janvier 2026,
donnait des précisions sur cette extradition. « Les autorités compétentes
togolaises, après examen de la régularité de la requête susdite, y ont donné telles suites que de droit. Conformément à la procédure en matière d’extradition au Togo, Monsieur Damiba Paul-Henri Sandaogo a été interpellé le 16 janvier 2026, en exécution du mandat d’arrêt qui faisait corps avec la demande d’extradition reçue, puis écroué », indique le communiqué du ministre de la Justice togolais.

On se rappelle que les autorités burkinabè ont annoncé avoir déjoué de nombreux
coups d’Etat où le nom de Damiba a été cité. En effet, le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, a livré ses premiers éléments de preuves de la tentative
de déstabilisation révélée le 23 septembre 2024. Dans un élément vidéo diffusé, le 29
septembre 2024 sur la télévision nationale, l’ex- commandant des forces spéciales, Ahmed
Kinda, un des acteurs clés de la tentative de déstabilisation, donnait les précisions
de son arrestation, les armes demandées, et les mercenaires qui devaient intervenir.

Dans cette vidéo, Ahmad Kinda, en compagnie de deux autres personnes a reconnu
avoir travaillé avec des « complices » dont le journaliste, Abdoulaye Barry au recrutement
d’au moins 150 mercenaires centrafricains et l’acquisition d’armes individuelles et collectives. Le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba et un certain colonel dénommé Ouoba avait été cités dans cette tentative.

Enfin, un individu a été présenté sur la RTB, samedi 9 novembre 2024 à Ouagadougou,
alors qu’il remettait cinq milliards F CFA en liquide à des soldats qui avaient feint d’accepter
son projet de coup d’Etat. Pour ces nombreuses tentatives de déstabilisation des
institutions, Paul Henri Sandaogo Damiba a été radié des forces armées burkinabè, depuis
novembre 2024, aux côtés de 15 autres officiers. Pour mémoire, le 24 janvier
2022, à la tête du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), il a conduit un coup d’Etat contre le Président, Roch Marc Christian Kaboré devenant ainsi le Président du Faso.

Soumaïla BONKOUNGOU

Extradition de Paul Henri Sandaogo Damiba : Ce qu’en pensent les Burkinabè

Dans un communiqué signé du ministre de la Justice, Me Edasso Rodrigue Bayala, et diffusé sur les antennes de la télévision nationale, hier mercredi 20 janvier 2026, le gouvernement burkinabè informe que l’ex-Président Paul Henri Sandaogo Damiba, extradé du Togo vers le Burkina, est poursuivi pour des faits de détournement criminel de deniers publics, d’enrichissement illicite criminel, de corruption, d’incitation à la commission de délits et crimes, de recel aggravé et de blanchiment de capitaux. A travers le pays, les Burkinabè apprécient cette extradition.

1- Abdoul Aziz Ouelgo, employé de commerce (Tenkodogo) : « Il faut veiller à ce qu’il y ait la justice »

« L’extradition de l’ex-Président Paul Henri Sandaogo Damiba n’est pas mauvaise en soi. Seulement, je souhaite que l’on veille à ce qu’il y ait la justice. Il ne suffit pas d’extrader mais il faut faire en sorte qu’il ne soit pas dans un problème dont il n’est pas l’auteur ou le commanditaire. C’est pourquoi, je souhaite qu’il réponde uniquement des actes qu’il a posés. Pour cela, ses droits doivent être garantis, parce que c’est un Burkinabè à part entière, qui plus est, un ancien président à qui l’on doit du respect. En ce qui concerne le geste des autorités togolaises qui ont accepté extrader l’ancien chef de l’Etat envers le Burkina Faso, c’est un acte politique qui dépend de la qualité de la relation entre les deux pays parce que si c’était dans un autre pays, ce n’était pas évident que l’on puisse l’extrader. Mais si le Togo a accepté de l’extrader, cela montre que Ouagadougou entretient de bonnes relations avec Lomé. Par cet acte, on peut affirmer que le Togo est un partenaire sûr du Burkina Faso ».

2- Jules Kam, professeur des écoles (Bobo-Dioulasso) : « c’est l’occasion pour lui de se défendre »

« L’extradition de l’ancien Président, Paul Henri Sandaogo Damiba va nous permettre d’être situés sur les multiples tentatives de coup d’Etat où son nom revient à chaque fois. Etant dans un pays de droit, c’est l’occasion pour lui de se défendre. Il doit répondre devant les juridictions et subir la rigueur de la loi, s’il est coupable. Au cas où son innocence est prouvée, il va être relaxé. On ne peut pas comprendre qu’il a eu l’occasion de sortir le pays de la situation sécuritaire sans pouvoir le faire. Maintenant que le capitaine Ibrahim Traoré se bat contre tous pour nous donner la quiétude, c’est lui encore, resté hors du pays, qui essaie de lui mettre les bâtons dans les roues ».

3- Roger Palenfo, agent de la SOFITEX à la retraite (Bobo-Dioulasso) : « une bonne nouvelle »

« L’extradition de l’ancien président est une bonne nouvelle car cela va nous permettre d’en finir avec son implication dans les projets de coups d’Etat depuis son éviction au pouvoir. Et si toutefois, il est avéré qu’il est le commanditaire de ces tentatives de déstabilisation, il doit être puni à la hauteur de sa trahison. Une punition qui doit servir de leçon pour ceux qui seraient tentés par ces projets malsains ».

4- Bakary Millogo, tâcheron (Bobo-Dioulasso) : « Nous sommes fatigués »

« Si tant est que Paul Henri Sandaogo Damiba est impliqué dans les tentatives de coup d’Etat, il doit subir la rigueur de la loi. Nous sommes fatigués chaque fois d’entendre parler de coups d’Etat au Burkina Faso. Nous n’avons plus besoin que quelqu’un, qui qu’il soit, vienne perturber la dynamique de lutte contre le terrorisme et de développement enclencher par le chef d’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré. Paul Henri Sandaogo Damiba et ses complices doivent payer le prix de leur forfaiture si toutefois leur culpabilité est établie dans cet énième tentative de coup d’Etat. Nous sommes certes ravis de son extradition, mais il faut que les autorités aillent jusqu’au bout en lui infligeant la sanction qui sied pour nous apaiser, s’il est vraiment coupable ».

5- Dramane Konaté, conducteur à la retraite (Bobo-Dioulasso) : « subir la sanction appropriée, si … »

« Le coup d’Etat manqué du 3 janvier dernier doit être la dernière tentative de Paul Henri Sandaogo Damiba et ses complices. Ils doivent subir la sanction appropriée pour avoir nourrit l’ambition de trahir tout le peuple burkinabè, si cela est avéré. Nous n’avons pas à réfléchir. On avait vivement souhaité que les autorités togolaises nous le remettent. Maintenant qu’il est entre nos mains, il doit payer pour l’ensemble de sa haute trahison ».

6- Yacouba Ouédraogo, agent public (Ouahigouya) : « c’est à la justice de faire le travail restant »

« Pour le citoyen lambda que je suis, je m’en tiens aux informations officielles à travers les communiqués des gouvernements. L’ancien président vivait au Togo un bout de temps. Si c’est maintenant que cette extradition arrive, c’est qu’il y a de bonnes raisons qui justifient cela. Le reste c’est à la justice de faire le travail restant. Cette extradition explique aussi la bonne relation de coopération notamment certain accord de coopération entre deux pays ».

7- Boureima Belem, employé de commerce (Ouahigouya) : « un exemple de bonne coopération »

« L’extradition de Paul Henri Sandaogo Damiba du Togo vers le Burkina à la demande des autorités traduit un exemple de bonne coopération entre les deux pays. Nous profitons de votre micro pour dire grandement merci au président de la République togolaise ainsi qu’à tout le peuple togolais. Paul Henri Sandaogo est accusé d’avoir commis des crimes et il doit venir répondre de ses actes. En ce qui concerne la suite, nous demandons à la justice de bien faire son travail. Il faut démasquer tous les complices que ce soit à l’intérieur comme à l’extérieur du pays et que chacun réponde des actes conformément aux textes. Nous interpellons toute personne qui a un projet de déstabilisation contre le Burkina Faso d’arrêter le plus tôt possible car il sera toujours un échec ».

8- Alphonse Nébié, citoyen (Ziniaré) : « c’est une boîte noire »

« L’extradition de Damiba, est une très bonne chose. En fait, il y a plusieurs enjeux, surtout sécuritaires. D’abord, parce qu’étant à l’étranger, on l’a dit plusieurs fois impliqué dans beaucoup de tentatives de déstabilisation. Donc cela suscite une inquiétude au sein des populations. Donc l’extrader, c’est une très bonne chose. Cela permet à la population de rester dans la quiétude aussi de dire aux autres, ceux qui sont dehors, les apatrides, qu’à tout moment, ils peuvent être extradés au Burkina Faso. Parce que rien n’est impossible. Son extradition permet aussi vraiment d’avoir beaucoup d’informations. C’est une boîte noire et c’est un officier supérieur de l’armée. Notamment ceux qui sont en France, en Côte d’Ivoire, tous ceux qui sont à l’extérieur, on pourrait avoir vraiment des informations sur eux. Dès l’annonce de son extradition, on a vu l’agitation sur les réseaux sociaux de toutes ces personnes-là qui ne voulaient pas qu’on extrade l’ancien président au Burkina Faso. S’ils n’ont rien à cacher, cela ne devrait pas les déranger ».

9- Noufou Bouda, président du Mouvement jeunes patriotes de Manga : « On sait que le capitaine Traoré est un homme qui pardonne »

« La mesure prise par les plus hautes autorités du pays pour l’extradition de l’ex-Président de la Transition du Burkina Faso, Paul Henri Sandaogo Damiba, est salutaire. Nous l’apprécions à sa juste valeur car cela va permettre de mettre l’ex-Président Damiba hors d’état de nuire et d’éviter éventuellement une déstabilisation contre les institutions du Burkina Faso. Cela pourrait briser les liens qu’il avait avec les puissances impérialistes pour déstabiliser le Burkina Faso. Après son extradition et son jugement, les autorités verront ce qu’elles feront de lui. On sait que le capitaine Ibrahim Traoré est un homme qui pardonne. Je souhaite que Dieu augmente son degré de pardon afin qu’il décide de ce qu’il fera pour éviter les multiples tentatives de coup d’Etat qui sont préparés contre le pays ».

10- Moctar Ouédraogo, conducteur de tricycle à Dédougou : « se mettre à l’écart de la vie politique nationale »

« L’ex-Président Damiba devrait se mettre à l’écart de la vie politique nationale à partir du moment où il avait été jugé incompétent et chassé du pouvoir. Le pouvoir en place est l’un des meilleurs régimes que le Burkina Faso ait connus. Si une personne tente de déstabiliser ce régime, elle verra les Burkinabè sur son chemin ».

11- Mohamed Zoundi, commerçant au grand marché de Dédougou : « il faut l’écouter »

« C’est une bonne chose que d’avoir obtenu l’extradition de l’ancien président de la transition. Mais avant toute chose, il faut l’écouter. Cela pourrait permettre de découvrir beaucoup d’autres choses, par exemple les raisons de sa persistance à vouloir la déstabilisation du pays malgré la situation difficile qu’il traverse. La jeunesse veut le bien du pays et elle soutiendra toute autorité qui va dans ce sens. C’est pour cela que nous sommes de cœur avec le capitaine Ibrahim Traoré. Maintenant que Damiba est là, si après son jugement, il est reconnu coupable je me dis que la loi doit s’appliquer. Et je pense qu’il faut lui réserver en ce moment le traitement qu’on réserve aux ennemis de notre pays ».

12- Sanata Sawadogo, vendeuse de jus à Dédougou : « un message pour tous ceux qui seront tentés »

« Les autorités togolaises ont fait preuve d’humanité en accédant à la requête du Burkina Faso qui a souhaité que l’ancien président revienne au pays pour faire face à la justice au regard des faits qui lui sont reprochés. Par cette extradition, le Togo a démontré qu’il n’est pas en phase avec ce qu’on reproche à Damiba. Les autorités de ce pays voisin sont à féliciter. Ceci est en même temps un message pour tous ceux qui seront tentés de fomenter des coups pour déstabiliser le Burkina Faso. Ils doivent savoir que partout où ils sont, personne n’est à l’abri. Ils feront face à la justice un jour ou l’autre pour subir la rigueur de la loi ».

13- Modeste Bassono, délégué commercial à Banfora : « les autres pays devraient emboîter le pas du Togo »

« Il était temps qu’on arrive à cette étape, sinon que son extradition a même duré. Il a causé beaucoup de tort au pays depuis qu’il est en exil. C’est comme si sa principale activité était de déstabiliser les institutions de la république et mettre des bâtons dans les roues de la révolution qui est pourtant sur un élan fort appréciable aux yeux de la majorité des Burkinabè. Le Togo, par cet acte s’est inscrit dans un registre de dignes pays africains, et démontre qu’en tant que pays frère et frontalier, son territoire ne saurait servir de base arrière pour déstabiliser son voisin. Les autres pays devraient emboîter le pas du Togo. Je félicite les autorités togolaises pour avoir compris l’esprit du panafricanisme et du bon voisinage. Nous nous attendons maintenant à ce que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur. Et cette décision revient à la justice ».

14- Zézouma Millogo, enseignant à Banfora : « quand on n’aime pas son pays à ce point, on n’aime pas son peuple non plus »

« Je me suis réjoui quand j’ai appris la nouvelle. Quand on n’aime pas son pays à ce point, on n’aime pas son peuple non plus. On a tous appris toutes ses tentatives de déstabilisation et ce n’est pas du tout honorable pour lui. A sa chute, le Président Ibrahim Traoré l’a pourtant bien traité en sa qualité d’ancien président. Nous ne pouvons que remercier les autorités togolaises pour leur coopération. Maintenant, il faut que les mesures judiciaires soient prises pour que justice soit vraiment rendue. Je souhaite même qu’on l’envoie après son jugement travailler à Faso Mêbo pour lui apprendre à être patriote. Aussi, s’il a eu à détourner des deniers publics, il doit les rembourser ».

15- Donatien Bangou, commerçant à Fada N’Gourma : « une très grande avancée diplomatique »

« C’est une très grande avancée d’un point de vue diplomatique entre le Togo et le Burkina Faso. Et le gouvernement a bien fait de communiquer quelques jours après son extradition. C’est stratégique. S’il l’avait fait à chaud, cela peut créer d’autres situations. En tous cas, c’est bien de le sécuriser avant de communiquer. Cela permettra à la justice de bien faire son travail. Nous faisons confiance aux autorités et à la justice ».

16- Pawendtaoré Nabaloum, citoyen à Fada N’Gourma : « on peut se réjouir que Damiba ne soit plus une menace »

« C’est une bonne décision. C’était même souhaitée. Le Togo nous l’a livré parce que les autorités togolaises ont compris que la présence de l’ancien président dans leur pays pourrait créer des brouilles entre les deux pays. Cela va renforcer davantage la diplomatie entre les deux pays. En tout cas, on peut se réjouir que Damiba ne soit plus une menace. Pour le jugement, j’attends une peine exemplaire s’il a vraiment trahi sa patrie ».
17- Maalvila Dah, membre veille citoyenne (Ouagadougou) : « nous attendons beaucoup de la justice burkinabè ».

« Je n’attendais que ça. Par moments, ça me frustrait énormément de voir ses agissements et l’Etat burkinabè ne lançait pas officiellement un mandat d’arrêt international contre lui. Franchement, j’ai salué la démarche de la justice burkinabè et félicité la justice togolaise et ses autorités pour leur franche collaboration. Après Damiba, nous attendons beaucoup de la justice burkinabè. Notre justice doit réussir à mettre la main sur Djibril Bassolet, Newton Hamed Barry, Naïm Touré, Issaka Lingani, Ladji Bama, Alpha Barry et autres, qui ne cachent pas leur soutien aux terroristes. Damiba devrait aussi nous servir de source d’information pour mettre la main sur certains gros morceaux. Nous avons confiance au capitaine Ibrahim Traoré pour cette démarche efficace pour briser ceux qui endeuillent la nation. La Partie ou la Mort, nous Vaincrons ».

18- Pegdwendé Madi Kima, guide touristique (Ouagadougou) : « s’expliquer pour confirmer ou infirmer tous les aveux à la RTB »

« Nous remercions en tous cas les autorités togolaises qui ont compris l’urgence et que les relations d’Etat à Etat dépassent les relations Etat-individu. Je pense que c’était quand-même nécessaire que Damiba soit extradé pour ne pas gâter la relation qui existe entre le Burkina Faso et le Togo. C’était tellement urgent parce que c’était une énième fois. Et le 3 janvier passé a démontré que Damiba conspirait de façon maladroite et malencontreuse contre son propre pays. C’est quelqu’un qui veut brûler la terre qui l’a vu naitre. Les autorités togolaises ont accédé à la demande de la justice burkinabè qui a voulu que Damiba puisse venir s’expliquer pour confirmer ou infirmer tous les aveux à la RTB que nous avons tous suivis dans le cadre de ce complot. Je pense qu’il faut saluer la coopération entre le Togo et le Burkina. Aujourd’hui, c’est nous. Peut-être demain, ce sera eux. Donc, merci encore une fois de plus pour cette extradition ».

19- Wendata Sawadogo alias Tingin-biiga, enseignant (Ouagadougou) : « un pas de géant vers la fin du terrorisme »

« L’extradition de Damiba Henri Sandaogo est avant tout un pas de géant vers la fin du terrorisme. C’est une boîte noire à exploiter pour dénicher les civils et militaires qui complotent pour déstabiliser le Burkina Faso au profit des puissances impérialistes déguisées en terroristes qui endeuillent notre pays. C’est inimaginable que quelqu’un qui a occupé les fonctions de chef d’Etat par le hasard des choses puisse manœuvrer depuis sa terre d’asile qui est la république sœur du Togo. Pour rappel, il n’est pas à sa première tentative de déstabilisation. Selon l’un des cerveaux de cette tentative de déstabilisation, Madi Sakandé, Damiba lui a clairement dit qu’il a soif du pouvoir et pour cela il veut revenir au pouvoir par tous les moyens. Il oublie que le peuple burkinabè l’a vomi. L’annonce de son extradition nous a permis de connaître nos ennemis encore cachés. Ils disent qu’ils ne veulent pas un militaire à la tête de ce pays, pourtant ils complotent pour un retour au pouvoir de Damiba. C’est le comble de l’hypocrisie. Je ne saurais clore mes propos sans saluer le peuple togolais et son président qui nous ont facilités cette extradition. Maintenant, avec le jugement, il faut que toute la rigueur de la loi lui soit appliquée ».

20- Prosper Simporé, membre de la veille citoyenne : « le juge n’aura pas grand-chose à faire »

« C’est avec beaucoup d’intérêt que nous avons écouté les autorités togolaises par rapport à l’extradition demandée par les autorités burkinabè. C’est une joie vraiment pour nous que Damiba soit extradé. Cette joie nous amène à dire merci à nos autorités qui ont été claires dans tout ce qu’elles font. Parce que si les autorités togolaises ont accepté d’extrader Damiba, c’est que les preuves sont tangibles. Il n’y aura pas grand-chose à dire parce que Damiba a été chargé par tous ses collaborateurs. Les faits sont clairs, donc je pense que le juge n’aura pas grand-chose à faire ».

21- Wangnin Zerbo, activiste : « la constance dans la géopolitique porte toujours fruit ».

« Pour moi, l’extradition de Paul Henri Sandaogo Damiba me donne trois leçons. La première, c’est que la constance dans la géopolitique porte toujours fruit. Parce que tout vient à point nommé à qui sait attendre. La deuxième leçon pour moi, c’est que les rapports entre les Etats dépassent les rapports humains. Je pense que le capitaine Traoré l’a dit, et aujourd’hui, les preuves sont là. La dernière leçon, c’est que les Burkinabè ont la preuve qu’ils doivent faire confiance à leur dirigeant. Ils ont la preuve que la Révolution progressiste populaire (RPP) a effectivement analysé le passé et pris le taureau par les cornes pour ne pas commettre ou du moins répéter les mêmes erreurs que la Révolution démocratique et populaire. Je dirais de faire confiance à la RPP et notre dirigeant actuel parce qu’il est sur la bonne voie ».

22- Macaire Nikiema, agent public : « nous félicitions les autorités »

« Vraiment, nous saluons les autorités pour cette procédure de ramener Damiba au Faso. A travers les informations que nous avons eues sur l’affaire de déstabilisation du pouvoir, nous constatons que son exil lui a permis de trouver des stratégies pour détruire la Nation. Nous félicitions les autorités et les encourageons ».

23- Souleymane Nacoulma, citoyen : « leur montrer qu’il y a des Burkinabè intègres au Faso »

« Nous encourageons le gouvernement à faire revenir toutes ces personnes qui sont à l’extérieur du pays et qui veulent déstabiliser le pouvoir à l’image de Damiba. S’il veut continuer à détruire la nation, malgré les efforts qui sont en train d’être fait pour le retour de la paix, nous allons leur montrer qu’il y a des Burkinabè intègres au Faso ».

24- Ablassé Nacoulma, citoyen : « prendre les mesures qu’il faut »

« Si en étant au Togo, Damiba veut déstabiliser la quiétude au Burkina, nous sommes d’accord avec son extradition au Burkina Faso. Parce qu’il n’est pas un homme intègre. Si toutefois les accusations contre lui sont vraies, nous encourageons le gouvernement à prendre les mesures qu’il faut ».

25- Abdoul Ouédraogo, commerçant : « un procès juste et équitable »

« Je veux que la justice burkinabè reste dure et ferme pour réserver un procès juste et équitable à l’ancien président. Pour moi, Damiba devrait pouvoir aller répondre de ses actes, pour qu’il y ait la lumière sur la crise que nous traversons ».

26- Salam Sawadogo, guide au mémorial Thomas-Sankara : « Il doit répondre et c’est tout »

« Nous attendions depuis longtemps la venue de Damiba. Maintenant, la justice peut se faire. Que sa venue permette au pays de lutter convenablement contre le terrorisme. Il est cité dans beaucoup de coups d’Etat. Il doit répondre et c’est tout ».

 

Propos recueillis par les rédactions

 

« Le potentiel des réseaux sociaux est largement sous-exploité par le secteur des assurances au Burkina Faso », Lagnono Hassane Lamizana, président de l’APCAB

« Le potentiel des réseaux sociaux est largement sous-exploité par le secteur des assurances au Burkina Faso», Lagnono Hassane Lamizana, président de l’Association professionnelle des courtiers d’assurances du Burkina Faso (APCAB)

Dans un contexte où la téléphonie mobile et d’autres secteurs financiers dominent l’espace numérique au Burkina Faso, le secteur des assurances peine encore à trouver sa place sur les réseaux sociaux. Pourtant, ces plateformes représentent un levier stratégique majeur pour sensibiliser, éduquer et bâtir une culture assurancielle auprès des populations, notamment les jeunes. Dans cet entretien accordé à Sidwaya, Lagnono Hassane Lamizana, président de l’Association professionnelle des courtiers d’assurances du Burkina (APCAB), dresse un état des lieux sans concession de la communication digitale du secteur et plaide pour une transformation profonde des pratiques. Entre diagnostic lucide et appel à la mobilisation collective, il explore les défis, les opportunités et les pistes concrètes pour faire de l’assurance un sujet accessible, moderne et citoyen.

Sidwaya (S) : Comment évaluez-vous la présence actuelle du secteur des assurances sur les réseaux sociaux, comparativement à d’autres secteurs financiers au Burkina Faso?

Lagnono Hassane Lamizana (LHL) : Le constat est sans appel. Comparativement à des secteurs comme la téléphonie mobile, le mobile  money ou les services bancaires digitaux, le secteur  des assurances est encore très en retrait sur les réseaux sociaux. Ces autres secteurs ont compris depuis longtemps l’importance stratégique du digital et ont investi massivement dans la création de contenus simples, réguliers et interactifs. Ils ont su rendre leurs services accessibles et désirables à travers une communication moderne et adaptée aux codes du digital.

L’assurance, en revanche, reste encore trop institutionnelle dans sa communication. Notre présence sur les réseaux sociaux est timide, irrégulière, et souvent limitée à des publications formelles qui ne suscitent pas l’engagement. Nous n’avons pas encore réussi à créer cette proximité et cette interaction que le digital permet pourtant d’établir.

Il faut toutefois relever l’émergence de quelques actions de sensibilisation sur les réseaux sociaux classiques comme « Facebook » et « LinkedIn ». Plusieurs acteurs du secteur y possèdent des pages et font des publications.

Outre ces canaux, nous observons également des actions commerciales de proximité, avec des rencontres directes avec les clients potentiels, des visites sur le terrain, notamment auprès des entreprises et des organisations professionnelles. Les médias classiques, en particulier la radio et la télévision, demeurent des vecteurs importants de communication, même si leur utilisation reste souvent ponctuelle, liée à des campagnes spécifiques ou à des événements particuliers.

 (S) : Selon vous, les réseaux sociaux constituent-ils aujourd’hui un levier essentiel pour la promotion du secteur des assurances au Burkina ?

LHL : Oui, absolument, et je dirais même qu’ils sont devenus incontournables. Les réseaux sociaux ne sont plus un simple complément aux canaux traditionnels de communication, ils représentent désormais un espace stratégique majeur pour atteindre les populations, en particulier les jeunes générations.

Les réseaux sociaux permettent d’informer en temps réel, d’éduquer de manière continue et de dialoguer directement avec les populations. Ils offrent une opportunité unique de vulgariser l’assurance, de rendre accessible un domaine souvent perçu comme complexe et réservé aux initiés. À travers des vidéos explicatives, des infographies, des témoignages ou des sessions de questions-réponses en direct, nous pouvons désormais toucher des milliers, voire des millions de personnes.

Ces plateformes nous permettent également de répondre rapidement aux questions du public, de corriger les idées reçues qui sont nombreuses dans notre secteur, et de bâtir progressivement une relation de confiance durable avec les assurés et les prospects. C’est un espace où nous pouvons montrer l’utilité concrète de l’assurance dans la vie quotidienne des gens, démontrer comment elle protège leurs projets, sécurise leurs activités économiques et les aide à faire face aux aléas de la vie.

S : Quels types de contenus faut-il publier?

LHL : Pour toucher le grand public, l’usage des langues locales, des vidéos courtes et des campagnes d’influence sont importantes sur les réseaux sociaux. Je dirais même que ces formats sont particulièrement efficaces, bien plus que les approches traditionnelles. Les langues locales, tout d’abord, constituent un levier majeur pour faciliter la compréhension et créer une proximité avec les populations. La majorité des Burkinabè s’expriment au quotidien en mooré, en dioula, en fulfuldé ou dans d’autres langues nationales. Communiquer sur l’assurance dans ces langues, c’est lever immédiatement une barrière, c’est rendre le message accessible à tous, y compris aux populations rurales et à celles qui ne maîtrisent pas parfaitement le français.

Les vidéos courtes répondent parfaitement aux habitudes de consommation de contenu sur les réseaux sociaux, notamment chez les jeunes. Des formats de 30 secondes à 2 minutes, dynamiques, visuellement attractifs, avec des messages clairs et percutants, captent l’attention et favorisent le partage. Ces vidéos peuvent prendre différentes formes. Il s’agit notamment  des témoignages, des mini-tutoriels, des animations expliquant un produit d’assurance, des mises en situation montrant l’utilité concrète de l’assurance dans la vie quotidienne.

Les réseaux sociaux constituent une opportunité pour démystifier l’assurance et la rendre plus accessible, mais restent faiblement exploités.

Les campagnes d’influence, enfin, permettent de toucher un large public de manière organique et crédible. Quand un influenceur en qui sa communauté a confiance parle d’assurance, son message est écouté, pris au sérieux, partagé. C’est incomparablement plus efficace qu’une publicité classique, car le message est porté par une personne authentique, qui partage ses propres convictions et expériences.

Je pense que la combinaison de ces trois approches, les langues locales, les formats courts et l’influence, constitue la stratégie gagnante pour véritablement démocratiser l’assurance au Burkina Faso.

3- Quel est alors l’impact de ces canaux de communication dans la promotion des produits assuranciels ?

LHL : Soyons honnêtes. L’impact reste encore limité, même s’il est perceptible là où des initiatives sérieuses existent. Nous observons que lorsqu’un contenu est bien expliqué, adapté au public cible et diffusé de manière cohérente, l’intérêt est réel. Les gens réagissent, posent des questions, partagent les informations, ce qui démontre qu’il y a une demande et une curiosité pour ces sujets.

Cependant, force est de constater que le potentiel des réseaux sociaux est largement sous-exploité par notre secteur. Nous ne touchons qu’une fraction infime de l’audience que nous pourrions atteindre. Alors que d’autres secteurs génèrent des milliers d’interactions, des centaines de partages et créent de véritables communautés en ligne, l’assurance reste encore trop discrète, presque invisible dans l’espace numérique burkinabè.

Cette situation représente un manque à gagner considérable, non seulement en termes de chiffre d’affaires pour les acteurs du secteur, mais aussi en termes d’impact social. Combien de Burkinabè pourraient bénéficier de l’assurance s’ils en connaissaient mieux l’utilité et les modalités ? Combien d’activités économiques pourraient être mieux sécurisées ? C’est tout l’enjeu de notre présence digitale.

4- Quels sont les principaux obstacles liés à la vulgarisation efficace de l’assurance sur les réseaux sociaux ?

LHL : Les obstacles sont multiples et se situent à différents niveaux. Le premier obstacle, et probablement le plus important, c’est le langage. L’assurance utilise encore un vocabulaire trop technique, trop juridique, avec des termes comme « prime », « sinistre », « franchise », « avenant », « clause d’exclusion », etc. qui ne parlent pas au commun des mortels. Cette technicité crée une barrière immédiate avec le public.

Ensuite, il y a un manque criant de contenus pédagogiques adaptés au format des réseaux sociaux.  Or, les réseaux sociaux exigent des formats différents : courts, visuels, interactifs, avec une approche narrative qui capte l’attention.

L’absence de storytelling, c’est-à-dire de récits, de témoignages, de mises en situation concrètes, constitue un autre obstacle majeur. Les gens ont besoin de se projeter, de comprendre à travers des exemples réels comment l’assurance peut les aider. Raconter l’histoire d’un agriculteur qui a pu rebondir après une mauvaise récolte grâce à son assurance agricole, ou celle d’une famille qui a pu faire face aux frais médicaux grâce à une mutuelle santé, voilà le type de contenu qui touche et qui convainc.

Par ailleurs, la perception même de l’assurance comme un sujet complexe, réservé aux spécialistes ou aux entreprises, freine l’engagement du public. Beaucoup de Burkinabè pensent encore que l’assurance n’est pas faite pour eux, qu’elle coûte trop cher ou qu’elle est inutile. Cette méfiance s’explique aussi parfois par des expériences négatives, réelles ou rapportées, de personnes qui ont eu des difficultés à obtenir des indemnisations.

Enfin, il faut mentionner la faible culture digitale chez certains acteurs du secteur. Tous ne maîtrisent pas encore les codes des réseaux sociaux, les algorithmes, les formats qui fonctionnent, les heures optimales de publication, l’importance de l’engagement avec la communauté. Cette lacune technique limite considérablement l’efficacité de nos actions de communication.

5-Selon les statistiques disponibles, moins de 10 % des contenus liés à l’assurance circulent sur les réseaux sociaux au Burkina. Comment expliquez-vous ce chiffre ?

LHL : Ce chiffre, malheureusement révélateur, traduit un retard historique dans la communication digitale du secteur. Il y a un manque de stratégie numérique coordonnée au niveau sectoriel. Il n’y a pas eu de grande campagne collective pour promouvoir l’assurance, contrairement à ce qui a été fait dans d’autres domaines.

Il faut aussi mentionner un sous-investissement chronique dans la communication digitale. Beaucoup d’acteurs du secteur n’ont pas alloué les budgets nécessaires pour recruter des professionnels de la communication digitale, créer du contenu de qualité, développer des campagnes d’ampleur. On ne peut pas espérer des résultats significatifs sans investissement significatif.

Beaucoup d’acteurs pensaient que les canaux traditionnels suffiraient, que le digital était secondaire, un gadget pour les jeunes. Cette vision s’est révélée totalement erronée. Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont devenus le principal canal d’information et de communication pour une large partie de la population, et ne pas y être présent de manière forte, c’est tout simplement se condamner à l’invisibilité.

6- Pouvez-vous estimer le manque à gagner en termes de chiffre d’affaires lié à cette faible visibilité digitale au Burkina ?

LHL : Il est effectivement difficile de chiffrer précisément ce manque à gagner, car cela nécessiterait une étude approfondie prenant en compte de multiples variables. Cependant, il est évident que le secteur des assurances contribue au budget de l’Etat, à des milliards de Frans CFA.

Si on considère que le taux de pénétration de l’assurance au Burkina Faso reste très faible, et qu’une meilleure communication pourrait contribuer à augmenter ce taux, c’est forte probable que ces chiffres vont augmenter,  voire des centaines de milliards de francs CFA dans le budget de l’Etat.

Mais au-delà du chiffre d’affaires pour les acteurs du secteur, il faut aussi penser au coût social et économique de cette sous-assurance. Combien d’activités économiques disparaissent chaque année faute de protection assurancielle ? Combien de familles tombent dans la pauvreté suite à des frais médicaux catastrophiques qu’une assurance santé aurait pu couvrir ? Combien d’agriculteurs perdent tout après une mauvaise récolte qu’une assurance agricole aurait pu compenser ?

7-Quel rôle précis peuvent jouer les influenceurs, les associations et les créateurs de contenu dans la promotion de la culture assurancielle sur les réseaux sociaux ?

LHL : Ils peuvent jouer un rôle absolument clé, décisif même, dans la transformation de la perception de l’assurance au Burkina Faso. Les influenceurs et créateurs de contenu ont cette capacité unique de traduire des concepts complexes en messages simples, concrets et proches des réalités quotidiennes de leurs communautés.

Prenons l’exemple d’un influenceur spécialisé dans l’entrepreneuriat. Il peut expliquer à sa communauté pourquoi il est important d’assurer son local commercial, ses équipements, ses stocks. Il peut partager son propre parcours, raconter comment une assurance l’a aidé à surmonter un sinistre. Ce témoignage personnel, authentique, aura infiniment plus d’impact qu’une brochure institutionnelle.

De même, un influenceur spécialisé dans la santé peut sensibiliser sur l’importance d’une mutuelle santé, expliqué comment elle fonctionne, quels sont les bénéfices concrets. Un créateur de contenu agricole peut vulgariser l’assurance agricole auprès des producteurs, dans les langues locales, avec des exemples tirés de leur quotidien.

Les associations, quant à elles, peuvent intégrer la sensibilisation à l’assurance dans leurs programmes d’éducation financière, d’accompagnement des entrepreneurs, de soutien aux agriculteurs. Elles peuvent organiser des ateliers, des formations, des campagnes de proximité qui touchent directement les populations cibles.

La proximité de ces acteurs avec leurs communautés, leur crédibilité, leur maîtrise des codes de communication moderne, tout cela peut contribuer à changer durablement la perception du secteur et à bâtir une véritable culture assurancielle au Burkina Faso.

Pour toucher les jeunes, il faut partir de leurs préoccupations concrètes, de leur réalité quotidienne. Les jeunes burkinabè s’intéressent à l’emploi, à l’entrepreneuriat, à la santé, à la mobilité, à l’agriculture pour ceux en milieu rural, aux questions climatiques et environnementales. L’assurance doit être présentée comme une réponse, un outil au service de ces préoccupations.

Des contenus pratiques fonctionnent très bien que les jeunes doivent comprendre. Comment protéger mon activité commerciale ? Comment assurer ma moto ou ma voiture sans me ruiner ? Quelle assurance pour mes parents vieillissants ? Comment me protéger en tant qu’étudiant ou jeune travailleur ? Ces questions concrètes, formulées simplement, avec des réponses claires et actionnables, captent l’attention.

S : Pourquoi les témoignages sont-ils si efficaces pour promouvoir l’assurance ?

LHL : Les témoignages de jeunes entrepreneurs, d’agriculteurs, d’étudiants qui ont bénéficié de l’assurance sont également très puissants. Ces histoires réelles, authentiques, permettent l’identification. Quand un jeune voit un autre jeune, dans une situation similaire à la sienne, expliquer comment l’assurance l’a aidé, cela crée une connexion émotionnelle et une crédibilité immédiate.

Les vidéos courtes de type tutoriel, les animations explicatives, les infographies dynamiques, les challenges sur les réseaux sociaux, les questions-réponses en direct avec des experts qui répondent de manière simple et accessible, tous ces formats modernes correspondent aux habitudes de consommation de contenu des jeunes.

Enfin, il faut aborder des sujets qui parlent aux jeunes générations notamment l’assurance et l’entrepreneuriat digital, l’assurance et les nouveaux métiers, l’assurance et le changement climatique pour les jeunes agriculteurs, l’assurance santé et bien-être. En liant l’assurance à ces thématiques contemporaines, on lui donne une dimension moderne et pertinente.

S : L’APCAB envisage-t-elle des actions concrètes à court terme pour impulser cette dynamique ?

LHL : Oui, nous sommes actuellement en phase de réflexion et de planification d’actions concrètes que nous souhaitons lancer dans les mois à venir. Nous ne voulons pas nous limiter à des déclarations d’intention, nous voulons passer à l’action, montrer l’exemple et entraîner l’ensemble du secteur dans cette dynamique de transformation digitale.

Parmi les actions que nous envisageons, il y a d’abord le lancement de campagnes de sensibilisation numérique ciblées sur des thématiques spécifiques.

Nous allons travailler  également à établir un partenariat avec des communicants professionnels, des créateurs de contenu et des influenceurs. L’objectif est de créer un réseau d’ambassadeurs de l’assurance qui pourront relayer nos messages, créer du contenu original et toucher leurs communautés respectives.

Nous pensons également organiser des ateliers de formation à la communication digitale pour les professionnels du secteur. Beaucoup d’assureurs et de courtiers reconnaissent l’importance du digital. Ces formations leur donneraient les bases nécessaires pour développer leur présence en ligne et créer du contenu engageant.

Nous invitons toutes les personnes de bonne volonté, les associations, les créateurs de contenu, les communicants, à nous contacter, à proposer des initiatives. Le secteur est plus ouvert qu’on ne le pense, et il y a de la place pour de nombreux partenariats fructueux.

S : Avez-vous un message particulier à l’endroit des populations ?

LHL : Je voudrais  remercier toutes les personnes qui ont pris le temps de lire cet entretien. Les questions que nous avons abordées sont fondamentales pour l’avenir de notre secteur et, plus largement, pour le développement économique et social du Burkina Faso.

Je tiens à affirmer avec force que l’assurance n’est pas un luxe réservé à une élite, ce n’est pas un produit abstrait sans utilité concrète. L’assurance est une nécessité, un outil de protection, un mécanisme de solidarité qui permet à chacun de faire face aux aléas de la vie avec plus de sérénité et de résilience.

Que vous soyez un jeune entrepreneur qui lance son activité, un agriculteur qui travaille dur pour nourrir sa famille, un salarié qui veut protéger ses proches, un artisan qui a investi ses économies dans son atelier, l’assurance a un rôle à jouer dans votre vie. Elle ne vous protégera pas contre tous les problèmes, mais elle vous donnera les moyens de vous relever plus rapidement quand surviendra un coup dur.

J’invite donc les compagnies d’assurance, les courtiers, tous les professionnels du secteur, à prendre pleinement conscience de leur responsabilité sociale. Nous ne vendons pas simplement des contrats, nous offrons de la protection, de la tranquillité d’esprit, de la capacité de résilience. Cette mission doit nous pousser à communiquer mieux, à être plus accessibles, plus transparents, plus pédagogues.

J’appelle les influenceurs, les créateurs de contenu, les communicants, les journalistes, à se saisir du sujet de l’assurance. Vous avez un rôle crucial à jouer dans la démocratisation de l’assurance, dans la transformation des perceptions, dans l’éducation de vos communautés. Votre voix compte, votre créativité est précieuse, votre engagement peut faire la différence.

Ensemble, travaillons à bâtir une véritable culture assurancielle au Burkina Faso. Une culture où l’assurance est comprise, valorisée, accessible à tous. Une culture où chaque Burkinabè, quel que soit son niveau de revenu, son secteur d’activité, son lieu de résidence, peut bénéficier d’une protection adaptée à ses besoins et à ses moyens.

Interview réalisée par Oumarou RABO

Crédit photo : Oumarou RABO

 

 

Micro-assurance au Burkina Faso: un outil d’inclusion financière en quête d’adhésion

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Avec un taux de pénétration de 1,22 % en 2024, selon la direction des assurances, le marché de l’assurance reste faiblement développé au Burkina, avec pour caractéristique, un système classique qui exclut une partie importante de la population, notamment les acteurs du secteur informel et les travailleurs à faibles revenus. Face à cette limite, la micro-assurance apparait comme une solution. Ses produits apparus sur le marché national autour des années 2018, proposent des méthodes de cotisation flexibles, souvent à moindre coût, avec par endroits une subvention du gouvernement, dans le secteur agricole notamment. Malgré ses multiples avantages, ce système d’assurance, reste peu connu du grand public. Aperçu d’un nouveau marché !

Vendredi 23 mai 2025. Il sonne encore 6 heures à l’horloge de Mahamadi Kabré lorsqu’il reçoit un appel. Au bout du fil, son interlocuteur le somme de rejoindre urgemment son lieu de commerce situé dans le quartier Nagrin, à Ouagadougou. Très vite, il s’exécute. Une fois sur les lieux, la désolation est totale. Sa boutique de diverses marchandises et son kiosque de transfert d’argent sont partis en fumée. Les causes de l’incendie restent inconnues, mais les dégâts sont énormes. Sur le champ, il n’a que ses yeux pour pleurer.

S’adressant à la presse présente sur les lieux, il lance un appel à la solidarité afin de pouvoir se relever. Des mois se sont succédé, mais M. Kabré se souvient comme si c’était hier de cet incendie qui l’a ruiné. Aujourd’hui encore (quand ?), il se relève difficilement. La boutique a été remise sur pied, mais à quel prix ? Si sa boutique était couverte par une assurance comme le kiosque de transfert d’argent, sa peine aurait été moindre.
Le cas de M. Kabré n’est pas isolé.

Idrissa Ouédraogo ne regrette pas son choix d’assurer sa boutique de mobile money.

Plusieurs personnes évoluant dans le secteur informel dans les villes et campagnes du Burkina, se battant au quotidien pour faire fortune, se retrouvent du jour au lendemain à la case départ. Certaines regardent, avec amertume et impuissance, leurs biens s’effondrer comme un château de cartes. Et ce, à la suite d’un sinistre quelconque ou d’un cambriolage. Pourtant, ce choc aurait pu être amoindri si des garde-fous avaient été mis en place, notamment en termes de couverture des risques par l’assurance.

C’est le cas de Idrissa Ouédraogo, promoteur d’une boutique de transfert d’argent dans le quartier Tampouy, à Ouagadougou. Le 15 décembre 2022, il laisse sa gérante dans son commerce pour faire ses courses en ville. Aux environs de 10 heures, il reçoit un appel l’informant qu’un véhicule lancé à vive allure a terminé sa course dans son commerce. Conséquences : une cliente gravement blessée, une gérante traumatisée et une boutique méconnaissable. Sa préoccupation première se tourne vers la santé des deux femmes.

Heureusement pour lui que depuis 2020, il a souscrit à une micro-assurance. Sa cotisation de 4 500 F CFA par mois couvre ce type d’incident. Une équipe de son assureur se déporte sur les lieux pour faire le constat. Trois semaines plus tard, le sinistre est dédommagé. « J’ai bénéficié d’un remboursement à hauteur d’un million F CFA », confie-t-il, alors qu’en deux ans, il n’avait payé en tout qu’environ 108 000 F CFA de primes. Une épine de moins dans le pied. Il remet son business en marche et la roue continue de tourner.

Tout comme lui, Saïdou Sébré, détenteur d’une boutique de transfert d’argent au quartier Somgandé de Ouagadougou, a eu l’ingénieuse idée de se protéger en cas de sinistre. « En 2020, un agent commercial d’une société de micro-assurance est venu me proposer ses produits. J’ai trouvé que c’était une bonne affaire et j’ai souscrit », se souvient-il. Il cotise 2 500 F CFA par mois. Chaque soir, lorsque ses employés rentrent chez eux, il reste pour satisfaire les derniers clients.

« Mais, je prenais le soin de fermer la porte. Quand un client venait, l’opération se faisait par la fenêtre », explique-t-il. Un de ces soirs de l’année 2022, alors qu’il gérait tranquillement son commerce, des coups de feu retentissent aux environs de 20 heures. Poussé par la curiosité, il ouvre la porte. Des braqueurs sont en train de dévaliser les boutiques voisines. Il est, à son tour rapidement maîtrisé à l’aide d’une arme à feu. « J’ai demandé ce qu’ils voulaient dans ma boutique.

Ils m’ont fait savoir que c’était un braquage. Donc, j’ai obtempéré et les braqueurs ont emporté de l’argent et des téléphones portables. La perte était évaluée à environ un million F CFA », énumère-t-il. Mais la peur est de courte durée. Après les constatations d’usage, la compagnie d’assurance règle le sinistre à hauteur de 750 000 F CFA, contre des cotisations d’environ 60 000 F CFA. Cette somme lui permet de se relever rapidement.

La santé à moindre coût

Victime de braquage de sa boutique, Saïdou Sébré, a bénéficié d’une réparation de 750 000 F CFA

En plus de la protection des biens, les sociétés de micro-assurance proposent des prestations pour les personnes. Ces dernières couvrent, entre autres, les accidents et la santé. Jules Kaboré, informaticien travaillant comme contractuel dans un Etablissement public de l’Etat, vit plus sereinement. Son employeur ne dispose pas d’assurance santé pour ses travailleurs. En 2022, des agents commerciaux d’une compagnie de micro-assurance se présentent dans son service. La proposition retient son attention. Il souscrit pour une cotisation annuelle de 54 000 F CFA.

« La retenue se fait mensuellement à la source », précise-t-il. Cette cotisation couvre 80 % des frais de consultation, d’ordonnance et d’hospitalisation. Cerise sur le gâteau, son assureur dispose d’un réseau de soins. Dans son quartier, Bonheur-Ville (Ouagadougou), une clinique partenaire se trouve à quelques mètres de son domicile, tout comme des pharmacies. Grâce à une carte magnétique, M. Kaboré n’est pas trop angoissé lorsqu’il est malade. En 2023, il renouvelle sa confiance à son assureur et y ajoute son épouse. La retenue se fait toujours sur son salaire. 108 000 F CFA par an pour le couple.

« Je ne ressens presque rien. C’est moins de 10 000 F CFA par mois pour nous deux », se réjouit-il. Il salue au passage une innovation de son assureur notamment à travers la digitalisation de ses services et sa promptitude dans le remboursement. « Si le produit recherché n’est pas disponible dans l’une des pharmacies partenaires, vous l’achetez ailleurs et demandez un reçu. Dès que vous envoyez ce reçu à l’assureur, le remboursement, dans mon expérience, est effectué dans les trois ou quatre jours qui suivent », témoigne-t-il.

Toutefois, déplore-t-il, certaines difficultés subsistent dans leur réseau de soins, notamment le manque de connexion internet pour l’utilisation de la carte magnétique. Dans de telles circonstances, M. Kaboré suggère que des solutions palliatives soient trouvées pour réduire les désagréments chez l’assuré en attendant que le réseau ne se rétablisse. « Si tu as la somme nécessaire pour payer le produit et te faire rembourser après, tant mieux. Mais le cas contraire, c’est une autre angoisse », regrette-t-il.

Ablassé Ilboudo, menuisier de profession au quartier Pissy, ne bénéficie malheureusement pas de cette protection et ne connait pas d’ailleurs ce nouveau produit. En avril 2024, il a supporté seul, jusqu’au dernier centime, les frais de son hospitalisation et de ses ordonnances. A sa sortie de l’hôpital, il lui a fallu deux mois à domicile pour recouvrer pleinement la santé. Pendant ce temps, ses économies fondent, son atelier tourne au ralenti, car ses apprentis peinent à satisfaire les clients.

« A un moment donné, je n’avais plus rien. Je comptais sur les membres de ma famille. Mais l’aide arrivait souvent avec une certaine négligence », se souvient-il avec amertume. Interrogé sur la micro-assurance santé, son étonnement est palpable : « Je pensais que l’assurance concernait uniquement les personnes nanties et les travailleurs des grandes entreprises ».

Des primes subventionnées par le gouvernement

La perception de M. Ilboudo est partagée par de nombreux Burkinabè. Pourtant, depuis 2018, la micro-assurance fait progressivement son chemin. Pionnière dans l’espace CIMA (Conférence interafricaine des marchés d’assurances), agréée par la Commission régionale de contrôle des assurances (CRCA) en 2018 pour pratiquer les opérations de micro-assurance, la compagnie burkinabè Yelen Assurance a démarré ses activités à la fin de la

La micro-assurance offre une protection aux acteurs du mobile money et aux points de vente.

même année dans la branche non-vie. Avec un capital de 500 millions F CFA, elle s’impose aujourd’hui comme un acteur central de la « démocratisation » de l’assurance auprès des couches sociales traditionnellement exclues du système financier classique, avec pour mission de concevoir des produits simples, accessibles et adaptés à leurs besoins et réalités.

« La protection sociale ne doit pas être un privilège, mais un droit pour tous », soutient son directeur général, Souleymane Zaré. Les produits proposés couvrent notamment les accidents corporels, la santé individuelle et familiale, l’agriculture, les assurances emprunteurs, ainsi que des protections dédiées aux acteurs du mobile money et aux points de vente. « La capacité financière de nos populations est relativement limitée. Il a donc fallu réduire le niveau des primes et ajuster les garanties afin que chacun, en fonction de ses moyens, puisse accéder à ces contrats d’assurance », justifie-t-il.

En assurance santé, fait-il savoir, la cotisation annuelle varie entre 24 000 et 150 000 F CFA. Le paiement peut se faire par versement direct dans les représentations de la structure, par transfert ou par retenue à la source pour les personnes disposant d’un revenu régulier. En cas de maladie, précise M. Zaré, l’assurance prend en charge 80% des frais de consultations, d’ordonnances et d’hospitalisations, laissant 20 % à la charge de l’assuré.

Face aux aléas climatiques également, l’agriculture est entrée dans le viseur de la micro-assurance qui apporte une solution de dédommagement pour les agriculteurs en cas de pertes ou de baisses de rendements des récoltes liées à la sécheresse, à l’inondation, aux feux de brousse, aux attaques acridiennes et même aux maladies de plantes. Une police d’assurance couvrant le décès de l’assuré accompagne aussi cette assurance agricole, confie le directeur général. « Avec les changements climatiques, du jour au lendemain, un paysan peut se retrouver à zéro franc », regrette-t-il. C’est pourquoi, en collaboration avec les autorités du Burkina, une assurance agricole a été développée.

De trois spéculations couvertes à la phase pilote, aujourd’hui, neuf cultures, à savoir le maïs, le mil, le sorgho, le niébé, l’arachide, le soja, le coton, le sésame et le riz, bénéficient de la couverture assurantielle. « Ces primes d’assurance sont très faibles et même subventionnées par le gouvernement burkinabè à hauteur de 50 %. Le paysan paie aujourd’hui entre 5 900 et 6 400 F CFA par hectare de production, selon la spéculation », souligne-t-il.

Cette assurance agricole rencontre de plus en plus l’adhésion des producteurs. A titre illustratif, selon les données de ministère de l’Agriculture, le Burkina a enregistré 369 souscriptions à l’assurance agricole en 2020, 801 en 2021, près de 12 000 en 2022, 12 500 en 2023 et 14 420 souscriptions en 2024. Emmanuel Tapsoba, cultivateur dans la commune de Nagréongo, dans la région de l’Oubri, ne tarit pas d’éloges sur ce produit qui met les producteurs à l’abri des aléas climatiques qui affectent grandement leur capacité de résilience. Au cours de la campagne agricole 2024-2025, il a assuré deux hectares de sa production de sorgho pour une prime totale de 11 800 F CFA.

L’informaticien, Jules Kaboré, paye une prime annuelle de 108 000 F CFA qui couvre son couple.

Alors que ses plants étaient au stade de montaison, une sécheresse est survenue, portant un coup à son rendement. « Un jour, notre technicien d’agriculture m’a informé que notre assureur avait entamé un processus de réparation de mon sinistre », confie-t-il. Contre toute attente, M. Tapsoba a bénéficié d’un remboursement d’environ 150 000 F CFA.

« Cet argent m’a beaucoup soulagé et j’ai pu entamer la saison suivante en toute quiétude », se réjouit-il. Pour la campagne agricole 2025-2016, il va plus loin en assurant l’ensemble de son champ de quatre hectares emblavés de sorgho, de maïs et de niébé, en payant une prime globale de 25 050 F CFA. M. Tapsoba voit en la micro-assurance un véritable instrument de couverture des risques agricoles pour tout producteur. « Dans notre commune, le produit est prisé par plusieurs cultivateurs qui exploitent en toute sérénité leurs superficies agricoles », reconnait-il.

Un produit prometteur

« La micro-assurance est un produit nouveau mais très prometteur, notamment pour des pays comme le Burkina, où une grande partie de la population active évolue dans le secteur informel et n’a pas accès aux assurances classiques », reconnait la directrice des assurances, Djénéba Dao. Sa structure, rattachée à la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique, est le relais national de la Commission régionale de contrôle des assurances (CRCA), l’instance supranationale de régulation du secteur de l’assurance dans la zone CIMA.

Elle assure la supervision et veille au respect de la réglementation en la matière au plan national. Mme Dao est convaincue que la micro-assurance joue un rôle social majeur en favorisant l’inclusion financière et en apportant une protection contre les aléas de la vie aux populations les plus vulnérables. « En somme, la micro-assurance, bien encadrée et correctement déployée, contribue à renforcer la résilience économique des populations ciblées », admet-elle. Pour preuve, le rapport de sa direction sur le marché des assurances renseigne que le montant des primes collectées par le secteur de la micro-assurance est estimé à plus de 1,038 milliard F CFA en 2023.

Un secteur dans l’ombre

Selon l’instance de régulation des assurances au Burkina, en 2024, le secteur des assurances, dans son ensemble, a enregistré une performance notable, avec un chiffre d’affaires estimé à 167,68 milliards F CFA. Cependant, malgré ces résultats, le taux de pénétration reste faible (1,22%), de l’avis de la directrice des assurances. Elle estime que cela est dû à un potentiel encore sous-exploité, notamment dans des domaines tels que l’agriculture, l’artisanat et le secteur informel.

La protection sociale ne doit pas être un privilège, mais un droit pour tous », soutient le DG de Yelen Assurance, Souleymane Zaré.

« D’importants efforts restent à fournir pour élargir l’assise du marché et accroître sa contribution au financement de l’économie nationale », indique-t-elle. Pour Mme Dao, la micro-assurance constitue un levier puissant qui peut booster le taux de pénétration de l’assurance au Burkina. Toutefois, pour atteindre tout son potentiel, elle préconise une sensibilisation accrue et une distribution innovante, notamment à travers les technologies mobiles ou des partenariats avec des structures communautaires.

Pour dynamiser la micro-assurance, le directeur général de Yelen Assurance insiste également sur la sensibilisation et la promotion de la culture de l’assurance au sein de la population. « La visibilité des produits assurantiels demeure aujourd’hui le principal cheval de bataille de tous les acteurs du secteur », conclut-il.

Adama SEDGO

 

Extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba: le Burkina exprime sa reconnaissance au Togo

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Le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a annoncé officiellement, le mercredi 21 janvier 2026, l’extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba par le Togo. Il a exprimé au nom du gouvernement, sa reconnaissance à la République du Togo pour la bonne coopération judiciaire.

 

 

 

 

 

Coopération Burkina/Etats-Unis d’Amérique: maintenir un dialogue ouvert et sincère malgré quelques désaccords

Dans la soirée du 20 janvier 2026, le ministre des Affaires étrangères, a reçu en audience l’ambassadeur des Etats-Unis au Burkina Faso, Joan Marie Lockard.

La diplomate américaine dit être venue réaffirmer l’engagement de son pays à poursuivre la coopération avec le Burkina Faso, dans les secteurs de la sécurité, de la santé, du commerce etc., dans une logique d’alignement sur les priorités du gouvernement burkinabè. Notamment à propos des échanges commerciaux, elle a indiqué que le travail se poursuit au niveau de la partie américaine, pour renforcer le partenariat entre les chambres de commerce et d’industrie des deux pays.

Karamoko Jean Marie Traoré a dit prendre bonne note de la volonté des Etats-Unis de maintenir le dynamisme de sa coopération avec le Burkina Faso, tout en indiquant que notre pays reste ouvert à tout partenariat mutuellement bénéfique. Sur la question de la lutte contre le terrorisme, le ministre des Affaires étrangères a rappelé que l’accompagnement des partenaires devrait se faire dans une approche plus globale.

« On ne doit pas attendre qu’un citoyen d’un pays soit enlevé pour que ce pays propose une solution ; cette offre doit se faire dans le cadre global de la lutte contre le terrorisme car, il ne s’agit pas de sauver une personne enlevée, mais de travailler à neutraliser ceux qui enlèvent», a martelé, Karamoko Jean Marie Traoré. Pour la suite de la coopération, le chef de la diplomatie a clairement présenté les attentes du Burkina Faso. Il s’agit d’une coopération saine, sincère, respectueuse des positions, de la vision et des priorités définies par les plus hautes autorités burkinabè.

DCRP/MAE