Reconquête du territoire national: le gouvernement salue les efforts des combattants dans le Goulmou

Une délégation gouvernementale, composée des ministres chargés de l’Enseignement supérieur, Pr Adjima Thiombiano, des Infrastructures, Adama Luc Sorgho, et des Mines, Yacouba Zabré Gouba, s’est rendue, hier lundi 29 décembre 2025, dans le Goulmou, pour traduire la reconnaissance du gouvernement aux Forces combattantes, activement engagées dans la reconquête du territoire national.

Le gouvernement burkina￾bè doit une fière chandelle aux Forces de défense et de sécurité (FDS) ainsi qu’aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), engagés sur les différents théâtres des opérations. A l’orée du nouvel an, une délégation ministérielle a été dépêchée, hier lundi 29 décembre 2025, dans la région du Goulmou, afin de leur exprimer la gratitude du peuple burkinabè pour les sacrifices consentis.

Conduite par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr
Adjima Thiombiano, la mission comprenait le ministre des Infrastructures, Adama Luc
Sorgho, et celui des Mines, Yacouba Zabré Gouba. Elle s’est rendue au 64e Régiment
interarmes de Fada N’Gourma, puis dans un détachement avant de visiter un poste de
sécurisation avancé. D’une étape à l’autre, elle était porteuse d’un message du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.

Un message de reconnaissance et d’encouragement qui magnifie la bravoure, la résilience et le professionnalisme des hommes engagés pour la reconquête du territoire national. « Nous avons été mandatés par le président du Faso et l’ensemble du gouvernement pour féliciter les Forces combattantes et leur témoigner toute la reconnaissance de la Nation. Grâce à cet engagement, le Burkina Faso tient debout et avance », a déclaré le Pr
Adjima Thiombiano. Tout en saluant les efforts déjà fournis, il a appelé à un sursaut
collectif pour venir à bout de la menace terroriste, insistant sur la nécessité d’une cohésion
sociale renforcée entre Forces combattantes et populations civiles, ainsi qu’au sein même
des unités.

La délégation gouvernementale a visité un détachement et un poste de sécurisation.

« Un geste qui galvanise » A quelques jours de l’année 2026, le ministre Thiombiano a
également formulé des vœux à l’endroit des FDS et des VDP, souhaitant que la nouvelle
année soit celle de la consécration de la victoire tant attendue. « L’histoire retiendra
que c’est grâce à vous que des localités ont été libérées et que toute la région de l’Est et le
Burkina Faso sont restés debout », a-t-il ajouté. Par ailleurs, il les a rassurés de l’engagement du gouvernement à renforcer l’appui en ressources humaines, matérielles et financières.

Prenant la parole, le commandant de la 6e région militaire, le chef de bataillon Boubacar Dadijan, a exprimé sa satisfaction et sa fierté suite à cette visite. Pour lui, ce geste du gouvernement honore et motive davantage les forces déployées sur le terrain.
« Ces messages d’encouragement nous galvanisent pour l’année 2026. Ils renforcent notre
détermination pour la reconquête du territoire national », a-t-il souligné. Au terme de la visite, la délégation gouvernementale s’est rendue au chevet des blessés de
guerre. Elle leur a traduit la compassion et la solidarité du gouvernement, avant de
leur souhaiter un prompt rétablissement et un retour rapide au sein de leurs familles et de
leurs unités.

 Joanny SOW

Communauté islamique Ahmadiyya du Burkina Faso : la 34e « Jalsa Salana » magnifie le Saint Prophète Muhammad

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La communauté islamique Ahmadiyya du Burkina Faso a organisé sa 34e convention annuelle sur le thème central : « Toutes les bénédictions émanent du Saint Prophète Muhammad », du 26 au 28 décembre 2025, à Kouba, à la périphérie Sud de Ouagadougou.

La Jalsa Salana (convention annuelle) de la Jama’at islamique Ahmadiyya (commu-nauté islamique Ahmadiyya) du Burkina Faso s’est tenue pour la 34e fois. L’évènement s’est déroulé sur le thème central : « Toutes les bénédictions émanent du Saint Prophète Muhammad », du 26 au 28 décembre 2025, à Kouba, à la périphérie Sud de Ouagadougou. La cérémonie d’ouverture a eu lieu, vendredi 26 décembre 2025, sous la présidence du chargé de missions, Dr Hatimi Démé, représentant le ministre de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Jacques Sosthène Dingara.

La rencontre a réuni plus de 8 500 personnes venues de tout le Burkina Faso, des invités spéciaux du Mali, renforçant l’unité et les valeurs de paix de la communauté. L’ouverture du conclave a aussi été marquée par des prières, des poèmes et une conférence inaugurale sur le thème : « L’amour de la patrie fait partie de la foi ». Selon les organisateurs, l’objectif de cette convention annuelle est de partager des expériences spirituelles et intellectuelles, renforcer les liens sociaux et promouvoir l’Islam comme religion de paix.

Dr Hatimi Démé a remercié la Jama’at islamique Ahmadiyya pour sa capacité d’organisation et de réunir ses membres et des participants venus de toutes les régions. Ce, a-t-il indiqué, pour être témoins de cette convention qui s’articule autour de thèmes d’actualité. « Dans le contexte actuel que traverse le Burkina Faso, nous avons besoin de telles rencontres, pour sensibiliser, former les membres à avoir toujours des comportements allant dans le sens de la reconquête de notre territoire »,
a-t-il déclaré.

Un appel au croyant à être un bâtisseur

Pour le représentant du ministre chargé de l’Enseignement de base, le thème sur « L’amour de la patrie fait partie de la foi », est un appel au croyant à être un bâtisseur, un contributeur à la pacification de son pays et refuser de prendre des armes contre son propre pays. Le vice-président de la communauté islamique Ahmadiyya du Burkina Faso, El hadj Souleymane Kaboré, a exprimé sa satisfaction pour la tenue de la convention. « La conférence annuelle permet non seulement d’harmoniser notre compréhension sur les préceptes de l’Islam, mais aussi de les actualiser.

La Jalsa Salana est aussi une occasion de prières, de spiritualité. Il faut voir en cette conférence, un rassemblement spirituel. D’où les prières, de jour comme de nuit, les enseignements sur les fondements de l’Islam et sur l’actualité… », a-t-il fait comprendre. El hadj Souleymane Kaboré a, par ailleurs, relevé que les thèmes de la
conférence inaugurale et sur les enseignements de l’islam à propos de la paix ont un lien tangible avec la situation que traverse le Burkina Faso.

L’invité spécial du Mali, Oustaz Omar Moaz Coulibaly, représentant sa sainteté le Khalifat ul Massih V (atba), a aussi salué l’organisation de la convention. Il a expliqué que de telles rencontres renforcent les liens spirituels et patriotiques entre les différents pays où se trouve la Jama’at islamique Ahmadiyya. Les notabilités et les autorités administratives invitées ont tous apprécié l’esprit d’ouverture, d’inclusion et participatif de la communauté, sans distinction liée à la religion, la race et l’ethnie.

Au cours de la convention, les participants ont suivi des communications sures « Comment aider nos enfants à utiliser sainement les réseaux sociaux ? », « Les enseignements de l’Islam à propos de la paix », « Le concept du djihad selon l’Ahmadiyya », « Les bénédictions de la contribution », « La propreté en Islam », « Les enseignements islamiques à propos du crédit », « La dignité de la femme » et « La véracité du Messie promis ». La remise d’attestations académiques a sanctionné la fin de la convention.

Boukary BONKOUNGOU

Activités génératrices de revenus: des femmes handicapées forcent l’admiration à Douna

Les pesanteurs socioculturelles constituent souvent un frein à l’épanouissement des femmes en milieu rural. Ces difficultés s’accentuent lorsqu’elles vivent avec un handicap. A Douna, dans la province de la Léraba, des femmes en situation de handicap moteur forcent cependant l’admiration par leur courage et leur résilience. Réunies en association, elles ont su saisir l’opportunité de financement de fonds publics pour en faire un véritable levier
d’autonomisation économique et sociale. Nous sommes allés à la rencontre de ces femmes battantes qui ont su dominer leur handicap et se frayer un chemin vers l’autonomie.

Assise en face de son étal, à la devanture d’une maisonnette lui servant de boutique, Maïmouna Hié attend ses premiers clients de la journée de ce mardi
2 décembre 2025. Sur sa table relativement basse, sont disposés oignons, tomates et un seau de soumbala couvert. La clientèle ne se bouscule visiblement pas. Ce n’est pas le jour de marché. Seuls quelques commerces ont ouvert aux alentours. Les hangars vides du marché et le silence qui y règne, en témoignent. Nous sommes à Douna, commune rurale de la province de la Léraba, située à une dizaine de kilomètres de Sindou sur l’axe Sindou – Banfora.

Maïmouna Hié fait dans le petit commerce de légumes, de condiments et des céréales. Elle

Grâce à son activité, Mariam Son avoue avoir recouvré sa dignité.

dispose également d’un hangar dans l’enceinte du marché, mais fonctionnel uniquement les jours de marché. Les jours ordinaires, elle vend devant son magasin. Mère d’une dizaine d’enfants issus de cinq portées successives de jumeaux, Maïmouna Hié est une personne vivant avec un handicap moteur.

Devenue veuve en 2021, elle assume depuis lors et seule la charge du ménage. Pourtant, elle n’a pas baissé les bras.
Malgré son handicap moteur, elle parvient à dégager de ses activités commerciales, une marge bénéficiaire mensuelle estimée à environ 75 000 F CFA, voire plus, après avoir déduit ses charges familiales. Ce qui lui permet de satisfaire les besoins essentiels du foyer. « J’arrive à nourrir mes enfants, à payer leur scolarité et à réaliser d’autres projets », se félicite-t-elle, le regard fixé vers le haut, comme si elle rendait grâce à Dieu.

Victime de stigmatisation

Comme Maïmouna Hié, Mariam Son vit avec un handicap moteur qui a certes limité sa mobilité, mais pas son courage et sa combativité. Assise devant sa maison, son vélo à main à ses côtés, elle décortique des arachides destinées à la vente. Mariam Son exerce également dans le petit commerce de céréales et de produits détergents. « J’arrive à me débrouiller seule avec mes enfants. Aujourd’hui, j’ai recouvré ma dignité et je suis fière », laisse-t-elle entendre.

Mère de deux garçons, l’un au primaire et l’autre au collège, elle assume seule leur prise en charge. Le père des enfants, installé à Ouagadougou, n’a jamais joué son rôle, lui laissant toute la responsabilité, dit-elle. « Aujourd’hui, j’ai recouvré ma dignité et je suis fière », affirme-t-elle avec assurance. Mariam Son vivait aux débuts avec ses enfants dans la cour de son père. Après avoir subi la stigmatisation et la marginalisation au sein de sa famille, elle décide de prendre son destin en main.

La veuve Maïmouna Kara confie que son activité lui permet de survenir
à ses besoins.

Avec l’accord de son père, elle obtient un lopin de terre. Grâce aux économies issues de son commerce et son dévouement, elle vit aujourd’hui avec ses mômes dans une cour construite à la sueur de son front. Fatoumata Soura âgée de la cinquantaine gagne aussi sa vie de son petit commerce de condiments, d’arachides et de cola. Atteinte de l’éléphantiasis dont elle souffre jusque-là, elle est livrée à elle-même, depuis le début de la maladie, bien qu’étant mariée et mère au foyer.

Tant bien que mal, elle réussit à joindre les deux bouts avec son petit commerce. Elle arrive, soutient-elle, avec un brin de fierté, à se prendre en charge. Maïmouna Kara, elle, veuve et vivant avec un handicap moteur, exerce depuis 16 ans dans le petit commerce. Sa boutique, héritée de son défunt mari, constitue aujourd’hui
son principal moyen de subsistance. « Cette activité me permet de subvenir à mes besoins », confie-t-elle sans aller dans les détails.

Le financement public, un levier d’autonomisation durable

Toutes ces femmes ont un point commun : elles sont membres de l’association « Igloula Di Diena » (Ndlr : entente en langue turka) créée en 2017. L’association compte aujourd’hui neuf membres, tous des femmes vivant avec un handicap moteur. Leurs Activités génératrices de revenus (AGR) prospèrent et elles le doivent en grande partie aux financements publics. En effet, c’est le Fonds d’appui aux activités rémunératrices des femmes (FAARF), une structure rattachée au ministère en charge de la Solidarité nationale qui accompagne l’association et ses membres dans leurs AGR.

Selon la présidente Madiata Soura, l’association a vu le jour grâce à l’accompagnement et les orientations du service social communal de Douna. Son objectif est de permettre à ses membres de mutualiser leurs efforts afin de faciliter leur accès aux financements et d’améliorer durablement leurs conditions de vie.

Grâce aux prêts octroyés par le FAARF depuis 7 ans, les activités individuelles des membres ont connu un essor notable, reconnait-elle. Ces femmes mènent aussi une activité collective de fabrication de soumbala, dont les recettes alimentent la caisse de l’association. Madiata Soura vend des condiments et du savon. Depuis une trentaine d’années, elle fait le petit commerce mais son activité a pris un tournant majeur en 2017 quand elle croise le chemin du FAARF.

Cette année, chacune des membres de l’association a bénéficié d’un prêt du FAARF à hauteur de 500 000 F CFA.

« J’ai développé mon activité commerciale. Les bénéfices obtenus m’ont permis de construire une maison, d’investir dans l’élevage et tout cela me permet de subvenir aux besoins de ma famille et scolariser les enfants », témoigne-t-elle avec reconnaissance. A la première année, confie la présidente de l’association, les membres ont bénéficié chacune d’un crédit de 50 000 F CFA. Cette somme va croitre d’année en année pour atteindre aujourd’hui 500 000 F CFA. Mariam Son, qui occupe le poste de trésorière dans le bureau de l’association, a vu également sa vie changer avec les prêts accordés par le fonds.

« Grâce au FAARF, je ne tends plus la main à quelqu’un pour vivre dignement », témoigne cette mère et cheffe de famille malgré elle.
Maïmouna Kara, elle, voit ses conditions de vie s’améliorer d’année en année depuis qu’elle a intégré l’association. « Mon activité se porte mieux et les bénéfices que je gagne me permettent de me prendre en charge », dit-elle. Et Aramata Hié, un autre membre de
l’association, d’affirmer que les prêts dont bénéficient les membres de l’association leur ont permis de restaurer leur dignité.

Environ 600 millions FCFA injectés en 2024

Yamfissa Sanou est l’une des deux gestionnaires du FAARF dans la Léraba. Avec sa
collègue, elles couvrent les villages des 8 communes de la province. La principale mission du FAARF, explique-t-elle, est de faciliter l’accès des femmes aux produits financiers, afin de dynamiser leurs activités. Les secteurs éligibles concernent les petits commerces, l’agriculture, l’élevage, l’artisanat et la transformation. Pour en bénéficier, précise-t-elle, il suffit d’être femme burkinabè non salariée, et mener déjà une activité rémunératrice. La particularité du FAARF, poursuit Mme Sanou, il n’exige pas de garantie des femmes avant de les financer, il a plus de proximité avec ses bénéficiaires et le processus du montage du dossier est entièrement gratuit.

Selon le DP, Ousmane Ouédraogo, le travail de ces dames leur permet non seulement de se prendre en charge, mais contribue à changer même le regard de la société envers les personnes handicapées.

Néanmoins, avant tout octroi de prêt, foi de Yamfissa Sanou, une visite terrain est diligentée afin de se rassurer de la réalité et de la viabilité de l’activité exercée. Les femmes peuvent postuler individuellement ou en groupements. Aux yeux de Mme Sanou, l’impact du fonds dans la province est positif, comme en témoigne l’engouement croissant des femmes pour les produits du fonds. Les statistiques font état de 395 millions F CFA injectés dans la province en 2021 au profit des femmes. Cette enveloppe n’a fait que croitre en passant à 476 millions en 2022, à 545 millions en 2023, puis presque 600 millions en 2024.

En octobre 2025, le compteur en termes d’octroi de crédit du FAARF dans la province affichait déjà plus de 500 millions F CFA. Mieux, un autre motif de satisfaction de Yamfissa Sanou, le taux de recouvrement est jugé très acceptable. « A ce jour, le taux de recouvrement général est à 80% dans la province. Sauf quelques rares cas de décès, toutes celles qui sont en vie arrivent à rembourser leur
prêt », témoigne-t-elle.

Changer le regard de la société

Evoquant le cas des femmes de l’association « Igloula Di Diena », Yamfissa Sanou ne tarit pas d’éloges à leur endroit. « C’est un groupe vraiment dynamique. Depuis 7 ans qu’elles bénéficient de nos prêts, elles ont toujours respecté leurs engagements de remboursement », confie-t-elle. La gestionnaire de compte fait savoir en outre que contrairement au taux d’intérêt de 10 % fixé pour les autres femmes, le fonds a accordé un taux préférentiel de 4% à ces femmes vivant avec un handicap.

En perspective, à en croire Mme Sanou, plusieurs innovations sont envisagées, notamment la hausse des montants accordés, le raccourcissement de la durée de traitement des dossiers et le renforcement de la proximité entre le FAARF et les bénéficiaires. Cette dynamique est soutenue par une étroite collaboration entre les services en charge de l’action humanitaire de la province et le FAARF.

La présidente de l’association, Madiata Soura : « Les bénéfices obtenus m’ont permis de construire une maison, d’investir et de subvenir aux besoins de ma famille ».

Selon le chef du service social communal de Douna, Issa Traoré, en faveur de l’autonomisation de la femme, du travail est fait en amont du financement. Ce travail porte notamment sur l’identification et l’organisation des bénéficiaires à travers des investigations, les appuis en formation professionnelle et la facilitation de leur accès au financement. Issa Traoré ne doute pas de l’impact positif de ces financements publics sur les activités et le quotidien des femmes de l’association.

« Quand tu ne les vois plus tellement dépendantes de nos services, tu déduis qu’elles ont sûrement trouvé un moyen de se prendre en charge », évoque-t-il. Un constat partagé par le directeur provincial en charge de l’action humanitaire de la Léraba, Ousmane Ouédraogo. Selon lui, l’activité économique de ces femmes leur permet non seulement d’assurer leur subsistance, mais contribue à changer même le regard de la société envers les personnes handicapées. Pour soutenir leurs efforts, dit-il, la direction provinciale les priorise en cas de distribution de vivres et les prend en compte lors des appuis faits par le Fonds national de solidarité sociale ou par d’autres partenaires.

Bannir la mendicité

Afin de mieux défendre leurs intérêts matériels et moraux, les personnes vivant avec un handicap de la région des Tannounyan ont mis en place la Coordination régionale des personnes handicapées en 2014. Selon son président, Issouf Koné, six catégories de handicap sont réunies au sein de la coordination. Il s’agit des personnes handicapées moteurs, des aveugles et malvoyants, des personnes handicapées auditives, des déficients psychosociaux, des personnes de petite taille et des personnes atteintes d’albinisme.

Le principal combat de la coordination, souligne M. Koné, est de promouvoir
l’autonomie des personnes handicapées dont le handicap le permet. Pour y parvenir, la coordination mise essentiellement sur la sensibilisation et le plaidoyer pour une meilleure prise en compte du handicap dans les programmes et politiques nationales. Depuis sa création, la coordination se félicite d’un acquis majeur, même si Issouf Koné reconnait que des défis persistent. « Nous avons réussi à bannir la mendicité dans les rangs
des personnes handicapées », affirme-t-il avec satisfaction.

Selon la gestionnaire du FAARF dans la Léraba, Yamfissa Sanou, le taux de recouvrement des prêts octroyés est satisfaisant.

Avant de préciser qu’aujourd’hui « aucune personne handicapée autochtone de Banfora ne peut être aperçue en situation de mendicité ». Pour y arriver, la coordination a dû prendre son bâton de pèlerin pour sensibiliser des décideurs et la communauté à décourager la mendicité dans les rangs des personnes handicapées. « Je préfère qu’on emploie un
handicapé pour lui donner la rétribution de son travail que de lui tendre de l’argent dans
la rue », avance-t-il. La coordination, en plus d’encourager les femmes handicapées à aller vers les fonds de financement a, à son actif, plusieurs actions en faveur de l’autonomisation de ces dernières.

Par exemple, confie M. Koné, la coordination a formé des femmes en teinture de Koko Dunda et est même en train de négocier des marchés avec des écoles pour elles. Pour Issouf Koné, la précarité expose les femmes handicapées aux abus, à la stigmatisation et aux violences. Qu’à cela ne tienne, il reste convaincu que le travail et la capacité de se prendre en charge constituent les meilleurs remparts, garantissant à la femme handicapée son autonomie, sa dignité et le respect au sein de la société.

Alpha Sékou BARRY
alphasekoubarry@gmail.com

Ministère en charge de la communication: un taux physique d’exécution des activités estimé à 88,13% au 30 novembre 2025

Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme a tenu sa deuxième session ordinaire du Conseil d’administration du secteur ministériel au titre de l’année 2025, lundi 29 décembre 2025.

Le taux physique moyen global d’exécution des activités du Ministère de la communication, de la culture, des arts et du tourisme (MCCAT) est de 88,13% au 30 novembre 2025. C’est ce qui est ressorti de la deuxième session ordinaire du Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM) au titre de l’année, lundi 29 décembre 2025, à Ouagadougou. Présidée par le ministre chargé de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, c’est sur le thème : « Risque de gestion des établissements culturels recevant du public : système de management responsable et rôle du guichet unique du spectacle occasionnel », que s’est tenue cette session qui se veut un exercice d’autoévaluation et un moment de redevabilité.

Le CASEM, selon le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, permet de passer en revue l’ensemble des activités dérivées des objectifs assignés au département, d’analyser les insuffisances et les difficultés dans la perspective d’une meilleure orientation des interventions en 2026.

D’importants acquis ont été consolidés dans les domaines de la communication, de la culture, des arts et du tourisme durant l’année 2025, a fait savoir le ministre. Il a cité, entre autres, la tenue des évènementiels majeurs tels que le FESPACO, la nuit des Galian, le Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou, les Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO), la Nuit des Lompolo, le Prix national de l’entrepreneur touristique (PNET) et la Foire internationale du livre de Ouagadougou (FILO).

6 853 documents d’archives numérisés

La célébration de la troisième édition du mois du patrimoine culturel, le renforcement de la gouvernance avec le contrôle de plus 1 118 établissements touristiques et d’hébergement dont les villas meublées, la tenue régulière des cadres de concertation, l’inauguration du Mausolée Thomas-Sankara, la numérisation de 6 853 documents d’archives, la mobilisation de plus de 2, 7 milliards F CFA de redevances de droits d’auteur collectées au 30 septembre 2025 sont également des réalisations du ministère. C’est l’ensemble de ces résultats qui porte le taux de réalisation à 88,13%, foi du ministre Ouédraogo.

Ces résultats engrangés traduisent les efforts de l’ensemble des collaborateurs dans un contexte de défis multiples, a-t-il souligné. C’est pourquoi, il les a invités à encore
plus d’engagement pour une quête permanente d’amélioration des performances. Le ministre chargé de la Culture a, par ailleurs, souligné que l’année 2026 sera décisive.
« Elle devra être placée sous le sceau de l’amélioration de l’impact de nos interventions, du renforcement de la gouvernance des filières et du suivi-évaluation rigoureux »,
a-t-il annoncé.

Au titre des perspectives pour l’année 2026, il est attendu, entre autres, 100 000 visiteurs lors du mois du patrimoine burkinabè et dans les musées fonctionnels, 130 exposants attendus au SITHO. Le ministère entend soumettre un dossier de candidature d’un bien culturel à inscrire sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Dans le secteur de la communication, a poursuivi le ministre, il est prévu le concours Galian, la délivrance de 500 cartes de presse à des journalistes et la formation de 150 journalistes au traitement de l’information, la lutte contre les fake-news, etc.

Adama SEDGO
Adama NIKIEMA
(Stagiaire)

Transformation agroalimentaire : ces femmes qui portent le « Made in Burkina »

Au Burkina Faso, les femmes façonnent les richesses agricoles du pays. De Zorgho à Bobo-Dioulasso, en passant par Ouagadougou, elles transforment, créent et innovent. Dans leurs mains, le karité devient du beurre précieux, le néré se mue en soumbala parfumé, les céréales se transforment en farines nutritives, les tubercules en snacks croustillants, les fruits en nectars savoureux. Animées par une ambition commune, ces entrepreneures veulent désormais faire rayonner le label « Made in Burkina » bien au-delà des marchés de quartier.

Ouagadougou, quartier Tampouy. Il est 10h, ce lundi 24 novembre 2025. Devant sa modeste cuisine, Félicité Kiema épluche des bananes plantains. Avec son assistante, elle s’active à les frire. Coiffées de charlottes blanches et les mains gantées, les deux dames respectent scrupuleusement les règles d’hygiène alimentaire. Penchées, l’une découpe des lamelles de plantain tandis que l’autre surveille, sur le foyer à gaz, l’huile chauffant doucement où dorent déjà, lentement, de nombreux morceaux.

A « Felik Food’s», c’est le début d’une longue journée de production de snacks croustillants. Tout commence au marché, avec l’achat de la matière première. « Pour les chips salées, la transformation se fait immédiatement pour garder le croquant et la saveur originelle du fruit. Pour les sucrées, nous laissons la banane plantain mûrir », confie Mme Kiema. Sous ses yeux, donc, les lamelles de plantain se transforment en pépites dorées.

A Bonheur-ville, Alphonsine Saba s’est spécialisée dans la valorisation de l’arachide.

Une fois sorties du feu, elles reposent quelques minutes, refroidies par l’air ambiant avant d’être ensachées. Outre les chips de plantain salées simples, épicées ou sucrées et à l’ail, selon la promotrice, « Felik Food’s » propose aussi des chips de patate douce, de pomme de terre et des cocos grillés. Malgré une production encore artisanale, Félicité Kiéma fabrique des croustilles en quantité, vendues à partir de 500 F CFA. Si son activité a débuté modestement, elle fait aujourd’hui vivre sa famille et rémunère deux employées.

De la survie à l’agro-business

A quelques kilomètres de là, au quartier Rayongo, Rebecca Toé a aussi choisi l’agroalimentaire pour échapper à la pauvreté. Il y a dix ans, le décès de son époux aurait pu la briser. Au lieu de cela, elle a transformé son petit étal de bouillie et de galette de rue en une véritable manufacture sous hangar. Surnommée « Maman Rebecca », sous ses doigts, le maïs est transformé en brisure, couscous ou farine, le petit mil et sorgho sont mués en farines et granulés ; le riz est décliné en couscous ; le soja est transformé en farine, en huile ou en brochettes et le fonio est précuit.

Sa spécialité est de sublimer l’igname et le niébé en couscous et spaghettis. « Ce sont nos produits phares. Nos aliments sont très nutritifs et rapides à préparer. Le consommateur gagne du temps tout en mangeant sainement », explique cette quinquagénaire dont les prix varient de 250 à 25 000 F CFA pour les gros volumes. Grâce à cette activité, elle a assuré la scolarité de ses enfants, transformant son deuil en moteur de développement.
Tout comme Félicité et Rebecca, elles sont nombreuses, les femmes qui ont décidé de miser sur la transformation des ressources agricoles locales.

A Zorgho, une cinquante de femmes vivent de la transformation agroalimentaire grâce aux activités de la coopérative Wend-Ndila.

Si la production agricole est dominée par les hommes, ce sont les femmes qui créent de la richesse dans le secteur, selon le Pr Salimata Traoré, enseignante-chercheuse à l’université Thomas-Sankara et experte en économie agricole. Ollo Arnaud Kam, directeur général de la promotion de l’économie rurale, confirme cette tendance. « Les femmes représentent environ 70 % des acteurs dans la transformation des produits agropastoraux », affirme-t-il. Sur un total de 215 entreprises enregistrées auprès de la Fédération nationale des industries de l’agro-alimentaire et de la transformation du Burkina (FIAB), 140 sont dirigées par des femmes, soit un taux de 65,11%.

Elles sont celles qui empêchent la matière première agricole de quitter le sol burkinabè sans avoir créé, au passage, de l’emploi et de la richesse. A Bonheur-ville, Alphonsine Saba illustre parfaitement cette dynamique. A la tête de « La Meunière du Faso », elle a décidé d’apporter une plus-value à l’arachide, une activité devenue sa principale source de revenus.

Samedi 6 décembre 2026, dans son entreprise, l’organisation est méthodique. Pendant que certaines employées s’attèlent à la vaisselle et au nettoyage des lieux, d’autres procèdent au dépelliculage manuel des arachides torréfiées, sur une table en bois. La patronne fait savoir que les graines ainsi débarrassées des pellicules seront vannées, triées, puis broyées en pâte avant le conditionnement. En plus de la pâte, elle transforme cette culture de rente en beurre, huile, tourteaux et arachides enrobées salées, sucrées, à l’ail ou épicées.

« Mon arachide, il n’y a pas son deux ! », lance-t-elle, avec une fierté contagieuse. Chez dame Saba, la qualité est une exigence non négociable. « La pâte, c’est zéro point noir », insiste-t-elle. Elle dit combattre l’aflatoxine par une sélection rigoureuse des graines. Avec quatre employées permanentes, elle distribue ses produits dans les alimentations de la capitale, proposant des pots allant jusqu’à 36 000 F CFA pour les clients.

« Du 100 % local… »

Grace à la transformation du curcuma et du gingembre, Samira Zongo fait un chiffre d’affaires annuel minimum de 3 millions de F CFA.

A Bobo-Dioulasso, la capitale économique, Fatoumata Konaté, nutritionniste de formation, a aussi bâti sa réputation sur une gamme de produits finis dérivés de l’arachide (huile, poudre et pâte) auxquels elle a adjoint la poudre de kongo et la farine de pois de terre. Sa structure, « KF Industries et Services », ne se contente pas de l’arachide. En mai dernier, elle a lancé « Bara », une farine enrichie composite faite à base de maïs, soja, arachide, pain de singe contre la malnutrition infantile dès 6 mois.

« C’est du 100 % local, mais c’est très nutritif », ajoute la nutritionniste. Offrant 422 kilocalories par 100 grammes, poursuit Mme Konaté, elle surpasse les normes de l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (390-400 kcal). Riche en protéines, glucides, lipides et micronutriments, sa formulation répond précisément aux besoins nutritionnels des nourrissons. Selon elle, c’est une réponse aux produits de complément importés, souvent inaccessibles ou inadaptés.

Des orfèvres de l’agroalimentaire, les Burkinabè domptent toutes les spéculations : elles concassent, malaxent, extraient et précuisent. Grâce à leur génie, les céréales, les oléagineux et les légumes perdent leur rusticité pour devenir des produits finis, prêts à conquérir les marchés. Marie Madeleine Pouya s’érige en gardienne du goût local et parie sur l’agroalimentaire « Made in Burkina ». Elle a décidé de s’attaquer au défi du
« bien manger » urbain avec son entreprise « Faso Kom Sayan », basée à Saba. Depuis son
exploitation située dans le village de Komkaga, elle gère un réseau de 20 hectares de cultures maraîchères dont l’amarante, tomates, oignons, épinards, asperges…

Fatoumata Konaté propose de la bouillie infantile « 100 % locale très nutritive ».

La prouesse de Mme Pouya ? Les sauces « M’zindo ». Grâce à une technologie de déshydratation et de pré-cuisson solaire, elle propose des kits de sauces prêtes en 15 minutes, 100 % naturelles. Du kit individuel à 750 F CFA au grand sac familial à 22 500 F CFA, elle libère les femmes de la corvée de cuisine tout en garantissant une alimentation sans produits chimiques. « L’approche est centrée sur le bien-être des femmes et la santé publique », précise la spécialiste genre. En libérant du temps de travail pour les femmes, cela contribue à leur épanouissement, à la résilience familiale, à la santé et à l’autonomie alimentaire du pays, foi de Mme Pouya. La start-up emploie plus de 100 femmes dont une cinquantaine de déplacées internes.

A Ziniaré, c’est le piment qui fait la loi sous l’égide de Marion Seynou, incarnant à merveille la philosophie du champ à l’assiette. Sur sa ferme d’un hectare, la promotrice de Zinyiri SARL cultive diverses variétés de piments locaux et importés, qu’elle transforme sur place. En mêlant savamment les arômes, elle crée « Yamchi », une purée de piment frais 100 % burkinabè.

Pour Marion Seynou, ce projet dépasse la simple activité économique. Elle ne se voit pas seulement comme une fabricante de sauce piquante, son ambition est de fédérer les producteurs locaux, structurer la filière et offrir un débouché durable à des centaines de petits exploitants. Une démarche qui valorise le savoir-faire local tout en créant une chaîne de valeur pérenne pour les producteurs de piment.

Créer de la richesse et renforcer la résilience

La transformation des denrées agricoles locales n’est plus une simple activité de subsistance pour la gent féminine. Elle est désormais un puissant catalyseur pour l’autonomisation économique des jeunes filles et des femmes.

Zalissa Ouédraogo, ingénieure en industrie agroalimentaire, a lancé « MariaTrans » en

Selon plusieurs transformatrices, les produits « Made in Burkina » ne sont pas suffisamment valorisés dans les grandes surfaces.

2019, alors qu’elle était encore étudiante et cherchait à joindre les deux bouts. Aujourd’hui, son unité à Bobo-Dioulasso traite l’hibiscus, la mangue, l’ananas, la papaye, le gingembre et la goyave pour en faire des granulés, des nectars et des confitures. Elle produit 600 bouteilles de nectar par jour. D’étudiante « précaire », elle est passée au statut de cheffe d’entreprise générant un chiffre d’affaires à six chiffres.

Même succès pour Samira Zongo et sa marque « SAVIZ », Santé Vitale par les Zingibéracées. Cette ingénieure agronome a misé sur le curcuma et le gingembre, des rhizomes aux vertus thérapeutiques et culinaires méconnues. Avec un chiffre d’affaires annuel minimum de 3 millions F CFA, elle prouve que les épices locales sont un marché d’avenir.

La transformation est aussi une aventure humaine. A Zorgho, la coopérative Wend-Ndila, dirigée par Odette Kaboré, regroupe cinquante artisanes. Mardi 2 décembre 2025, sous des charlottes blanches et des blouses protectrices, une douzaine de femmes s’activent avec une minutie artisanale. Dans ce laboratoire de la résilience, le couscous de maïs est granulé au tamis de bois puis conditionné selon les normes sanitaires. Elles se sont donné pour mission d’anoblir les richesses agricoles de la région de Oubri et du Burkina Faso.

Ici, les céréales deviennent aussi des bouillies enrichies, tandis que l’hibiscus, le tamarin, la mangue, le citron, la poudre de toédo et la liane sont métamorphosés en nectars précieux. Le beurre de karité, le soumbala et savons liquides complètent cet éventail de produits locaux. Pour la présidente, cette alchimie est avant tout un moteur économique.
« Transformer, c’est créer de la richesse », martèle-t-elle. En deux décennies, la structure est devenue un pilier social, soutenant veuves et personnes déplacées tout en servant d’incubateur pour la jeunesse.

A Bobo-Dioulasso, la société coopérative « Sara » dont Djemila Touré est membre, valorise exclusivement le manioc, 100 % burkinabè, cultivé sans engrais chimiques sur les terres fertiles de Bobo-Dioulasso, Dédougou, Pama-Sô ou Bama. L’atelier des femmes de Bindougousso se distingue par la pureté de ses produits que sont le placali, le gari, le tapioca et l’attiéké. Des produits qui s’arrachent comme de petits pains… « Nous n’arrivons même pas à satisfaire la demande », s’exclame Djemila. Le clou du projet ? Une collaboration avec la recherche scientifique pour produire une farine de manioc panifiable, capable de remplacer le blé importé dans les boulangeries.

« La transformation constitue un levier majeur de création de richesses et d’inclusion sociale », affirme M. Kam, directeur général de la promotion de l’économie rurale. En valorisant les récoltes, ce secteur sécurise les revenus des producteurs, réduit les pertes

Ollo Arnaud Kam, directeur général de la promotion de l’économie rurale : « les femmes représentent environ 70 % des acteurs dans la transformation des produits agropastoraux ».

post-récolte et renforce la résilience économique rurale face aux chocs. Il génère des emplois durables tout en garantissant la souveraineté alimentaire nationale.

Le Pr Salimata Traoré, enseignante-chercheure à l’université Thomas-Sankara, partage cette vision. Pour elle, la transformation agroalimentaire constitue un puissant instrument d’autonomisation féminine. En diversifiant leurs sources de revenus, les femmes augmentent leur pouvoir d’achat et contribue à la vie du ménage. Au-delà des bénéfices financiers, l’enjeu est également sanitaire. La transformation permet une disponibilité alimentaire annuelle, favorisant la diversification nutritionnelle. « Le secteur de la transformation est un levier très stratégique de développement social et économique, de sécurité alimentaire, aussi et surtout d’autonomisation des femmes au Burkina Faso », insiste le Pr Traoré.

 

Les défis du 100% burkinabè

Si le tableau semble idyllique, la réalité du terrain est jalonnée d’obstacles. L’insuffisance
financements, les équipements artisanaux, le manque et la cherté des emballages, les coûts énergétiques élevés ou encore les exigences rigoureuses de certification… pèsent lourdement sur la compétitivité. Selon ces entrepreneures, ces freins logistiques et normatifs grèvent considérablement leurs coûts de production.

Agathe Yerbanga, à la tête de « Magnificat Gourmet », est la première au Burkina à avoir fait certifier son yaourt. Mais ce gage de qualité a un prix.

« La certification n’est pas obligatoire, la concurrence est donc rude, parce que certifier un produit engendre des frais importants. Ceux qui ne certifient pas vendent moins cher, menaçant notre rentabilité », déplore-t-elle. Pour elle, comme pour Zalissa Ouédraogo, la labellisation est un « fardeau financier » que les Petites et moyennes entreprises (PME) portent souvent seules.

Pour le Pr Salimata Traoré, enseignante-chercheure à l’université Thomas-Sankara, le secteur de la transformation est un « levier très stratégique » de développement social et économique et de sécurité alimentaire.

Le manque de contenants est un autre cri du cœur. Au Burkina, aucune verrerie ne produit de flacons. Résultat : les entrepreneures doivent importer. Ce qui alourdit considérablement le coût de revient.

De son côté, Marie Madeleine Pouya préfère transformer ces obstacles en défis, tout en restant lucide sur la réalité du secteur : « Ce sont des défis communs à toutes les transformatrices. Ces charges grèvent les couts de production, alourdissent nos coûts de revient. Si nous ne parvenons pas à lever ces barrières, nous ne ferons que subir la loi du marché. »

Face à ce cri du cœur des actrices de terrain, l’experte en économie, la Pr Salimata Traoré, plaide pour un allégement des coûts. Selon elle, bien que l’agroalimentaire burkinabè ait un « bel avenir », sa survie dépend d’une baisse drastique des frais de production. Seule la réalisation d’économies d’échelle permettra aux produits locaux de rivaliser avec les importations, laisse entendre l’économiste. Pour les entrepreneures, le salut passera par un soutien étatique fort, notamment dans l’accès aux emballages de qualité et la réduction des frais de certification.

Face à ces doléances, l’Etat burkinabè tente de réagir. Ollo Arnaud Kam indique que plusieurs leviers sont activés, notamment à travers le fonds Dumukafa et divers programmes, pour financer et équiper les coopératives de femmes. Dans le cadre de l’« Offensive agro-pastorale », les autorités ont suspendu temporairement les exportations pour sécuriser les stocks nationaux.

Parallèlement, la Société nationale de gestion du stock de sécurité alimentaire (SONAGESS) renforce son dispositif de collecte (achats groupés) pour approvisionner directement les unités locales. Enfin, le ministère promeut l’agriculture contractuelle, créant un lien direct et sécurisé entre producteurs et transformateurs. « Ces mécanismes visent à garantir la souveraineté alimentaire tout en optimisant les revenus des femmes, pivots de cette chaîne de valeur », déclare M. Kam.

Conquérir le Burkina et le monde

Pour donc concurrencer les produits importés, les entrepreneures agroalimentaires doivent s’aligner sur les exigences de qualité (packaging, étiquetage, certification…) tout en tendant vers un prix abordable pour le consommateur local. Déterminées à s’imposer, elles multiplient les stratégies pour accroître leur visibilité. Entre foires commerciales et journées promotionnelles, elles investissent massivement le terrain, mais aussi l’espace numérique.

C’est le cas de Félicité Kiema qui, depuis sa cuisine transformée en atelier de production, a fait des réseaux sociaux son principal canal de commercialisation. A l’approche des fêtes de fin d’année, période propice aux réceptions et aux retrouvailles familiales, l’entrepreneure redouble d’ingéniosité pour promouvoir ses chips artisanales. En ligne, elle multiplie les publications, invitant les internautes à sublimer leurs tables avec ses « amuse-bouche haut de gamme », avec des visuels soignés, mettant en scène des chips dorées et croustillantes.

Si son ambition ultime reste la création d’une unité industrielle de production de snacks, Mme Kiema concentre pour l’instant ses efforts sur un objectif plus immédiat. Elle veut intégrer les réseaux de distribution nationaux. A l’image de nombreuses transformatrices, elle rêve de voir ses produits trôner dans les rayons des boutiques de quartier comme des grandes surfaces, aux côtés des marques importées.

Marion Seynou, promotrice de la purée de piment frais « Yamchi » ambitionne de positionner les produits agroalimentaires « Made in Burkina » sur les étals internationaux.

Cette aspiration se heurte toutefois à de nombreuses difficultés. Venue approvisionner une supérette du quartier Karpala à Ouagadougou, en thé fait à base de kinkéliba, moringa, baobab, arthémesia, djeka, verveine, vétiver, petit cola, citronnelle, feuilles de séné, gingembre, etc., Ramata Sawadogo dresse un constat amer. Selon elle, la collaboration avec la grande distribution relève davantage d’un parcours de combattant que d’un partenariat équitable.

« Les produits locaux sont peu valorisés. Dès qu’on dit que c’est local, il y a une barrière », déplore-t-elle, dénonçant des conditions contraignantes, notamment le dépôt-vente. Mme Sawadogo explique qu’elle doit déposer son stock sans paiement immédiat, surveiller elle-même son rayon, remplacer les produits abîmés, et attendre parfois deux ou trois mois pour être payée, même après avoir fourni de nouveaux lots. « Je doute que les produits importés subissent le même traitement », s’indigne-t-elle.

Depuis Bobo-Dioulasso, FK Industries et Services tente pourtant de relever ce défi. Sa pâte et son huile d’arachide gagnent progressivement les marchés et les points de vente de plusieurs villes, tandis que la farine infantile « Bara » s’impose dans certaines pharmacies. Pour sa promotrice, Fatoumata Konaté, le véritable enjeu reste un changement de mentalités en faveur des produits locaux, souvent plus adaptés et plus riches sur le plan nutritionnel.

Ambitieuse, Marie Madeleine Pouya veut faire de la sauce « N’Zindo » « un plat populaire », consommé dans les écoles, universités, hôpitaux et camps d’immersion patriotique. « Ce que nous voulons vraiment, c’est conquérir tout le Burkina Faso, dans ses coins et recoins, pour que N’Zindo soit utilisé dans toutes les familles et tous les ménages », affirme-t-elle, avec détermination.

A terme, elle vise le marché de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), après avoir déjà introduit ses produits au Sénégal, au Canada et aux Etats-Unis.
Optimiste et résolument tournée vers l’avenir, Marion Seynou, promotrice de la purée de piment frais « Yamchi », nourrit aussi de grandes ambitions.

A l’horizon de cinq à dix ans, elle entend positionner les produits agroalimentaires « Made in Burkina » sur les étals internationaux, notamment en France, aux Etats-Unis et en Chine. D’ici trois ans, un seuil décisif de production devra être atteint afin de démontrer que les produits burkinabè peuvent rivaliser, tant par la qualité que par la présentation, avec les standards mondiaux de la grande distribution.

Djakaridia SIRIBIE
dsiribie15@gmail.com

 

La perlèche: une maladie bénigne mais qui peut provoquer de l’inconfort

La perlèche est une inflammation douloureuse aux commissures des lèvres, souvent rouge, sèche, fissurée et croûtée, causée par une humidité excessive qui favorise les infections fongiques ou bactériennes. Elle se manifeste par des rougeurs, des fissures et des croûtes, rendant difficile l’ouverture de la bouche, le sourire et l’alimentation, et peut être due au froid, à des carences nutritionnelles, à des problèmes dentaires ou à une mauvaise hygiène bucco-dentaire.

La perlèche, également connue sous le nom de chéilite, est une infection fongique courante qui se manifeste par des lésions douloureuses aux coins de la bouche. Elle se caractérise par des fissures, des croûtes, des rougeurs cutanées, des saignements dans ces zones, une sensation de brûlure ou démangeaisons et surtout une difficulté à ouvrir la bouche ou à manger. Le plus souvent, cette lésion apparait au niveau des deux côtés de la bouche et est très rarement contagieuse.

Gênante, cette affection est souvent causée par une combinaison de facteurs environnementaux, mécaniques et infectieux. Un excès alimentaire de sucre ou les carences nutritionnelles également, notamment en vitamine B, en acide folique et en sels minéraux favorise le développement de candidose.

Une mauvaise hygiène bucco-dentaire peut aussi être un facteur de risque de perlèche tout comme l’utilisation d’antibiotiques. L’utilisation d’objets portés à la bouche ou de cosmétiques allergisants et irritants sont également susceptibles d’être à l’origine d’une perlèche. Plus rarement, des maladies générales sous-jacentes peuvent être un facteur favorisant de perlèche : carences nutritionnelles, diabète, VIH, cancers…

Lorsqu’un champignon provoque une perlèche, les coins de la bouche deviennent rouges, fissurés et douloureux. Une substance blanche peut également apparaître, similaire à celle observée dans les infections à levures buccales.

La maladie peut également être provoquée par une infection bactérienne. Ce type de perlèche est plus fréquent chez les enfants et jeunes adultes. Dans ces deux cas, la prolifération de champignons et bactéries est favorisée par un léchage fréquent des lèvres, des prothèses dentaires mal ajustées et une salivation excessive.

La perlèche est généralement bénigne mais elle peut provoquer des douleurs et de l’inconfort. Pour soulager les symptômes de la perlèche, certains ingrédients naturels comme le miel, l’huile de coco ou d’autres huiles végétales, l’aloe vera ou le concombre peuvent être utilisés. Le miel soulage grâce à ses propriétés anti-inflammatoires et anti-bactériennes.

L’huile de coco a des propriétés antimicrobiennes et apaisantes. Il est donc recommandé d’appliquer de l’huile de coco vierge sur les commissures pour réduire la douleur et accélérer la guérison. Selon la nature de la perlèche, certains médicaments peuvent être prescrits. C’est le cas des crèmes antifongiques, des comprimés antifongiques par voie orale si l’origine est mycosique ; des bains de bouche antiseptiques ou des corticoïdes pour réduire l’inflammation.

Pour éviter la perlèche, il est essentiel de maintenir une bonne hygiène bucco-dentaire. Pour cela, il est recommandé de se brosser les dents deux fois par jour avec une brosse à dents souple, d’utiliser du fil dentaire, de se rincer la bouche avec un bain de bouche antiseptique et nettoyer régulièrement les prothèses dentaires amovibles si possible. Si la perlèche persiste, n’hésitez pas à consulter un médecin.

Abdoulaye BALBONE
Source : https://www.passeportsante.net

Les Editions Sidwaya: la Direction générale rend compte aux travailleurs

Les Editions Sidwaya a organisé, lundi 29 décembre 2025 à Ouagadougou, sa deuxième Assemblée générale ordinaire de l’année. Une occasion pour les premiers responsables de mettre les travailleurs au même niveau d’informations sur la vie de l’entreprise.

L’année 2025 tire vers sa fin. Comme d’habitude, c’est le moment de porter les informations sur la vie de la Maison commune aux travailleurs. Lundi 29 décembre 2025, la directrice générale des Editions Sidwaya, Assetou Badoh et ses collaborateurs étaient face aux travailleurs de Ouagadougou et ceux venus de toutes les régions du Burkina Faso. L’exercice livré par la directrice générale a consisté à faire le point de la mise en œuvre du programme d’activités de 2025 et dégager des perspectives pour l’année 2026 qui s’annonce.

Sur le premier point, a-t-elle indiqué, 2025 a été marqué par des réformes, des innovations, suivi d’un engagement constant du personnel. Elle a rappelé qu’à la suite de l’érection de l’Agence d’information du Burkina (AIB), en Etablissement public de l’Etat, la relecture des statuts et de l’organigramme des Editions Sidwaya était une évidence. « Les nouveaux projets d’organigramme et de statuts ont été élaborés et adoptés par le conseil d’administration. Le processus d’adoption de ces statuts en Conseil des ministres est en cours », a-t-elle précisé.

Pour ce qui est de la production journalistique, s’est réjouie Mme Badoh, les différentes rédactions ont réalisé plusieurs papiers d’initiatives personnelles et assuré la couverture médiatique de l’actualité nationale et internationale, traduisant le professionnalisme des équipes. En termes d’innovation technologique et de diversification des services, elle a noté avec satisfaction entre autres, l’opérationnalisation de l’imprimerie de Tenkodogo, l’organisation du marathon Houet de Sidwaya qui a connu un franc succès grâce à une bonne organisation, à l’adhésion des autorités et de la population de Bobo-Dioulasso. Le lancement d’un nouveau produit, « Sidwaya vocal » est l’une des innovations pour laquelle la première responsable souhaite un engagement des différentes rédactions pour lui assurer un plein succès.

Assetou Badoh s’est prononcée sur le contrat plan qui lie les Editions Sidwaya à l’Etat. « Malgré le contexte, nous avons pu tenir nos engagements. Tous les services ont fait des efforts pour que nos caisses soient renforcées et que la maison puisse fonctionner », a-t-elle rassuré.

Renforcement de la performance

L’AG a permis aux travailleurs de discuter sur la vie de l’entreprise.

En termes de perspectives pour 2026, la directrice générale des Editions Sidwaya a souligné que l’année sera placée sous le signe du renforcement de la performance, de la modernisation des outils de travail et de l’amélioration de la qualité des services. Pour ce faire, les priorités porteront sur la finalisation et la mise en œuvre effective des nouveaux statuts et organigramme, le développement et la consolidation des produits existants ainsi que la diversification des offres éditoriales et commerciales pour mieux répondre aux attentes du public.

Le renforcement des capacités du personnel, la valorisation des compétences internes et le renforcement de la visibilité des Editions Sidwaya au plan national et international, à travers des initiatives innovantes et des partenariats stratégiques, sont autant de préoccupations pour les responsables. « La direction générale demeure engagée à œuvrer avec l’ensemble du personnel et des partenaires afin de faire de l’année 2026, une année de consolidation, de performance attribuée et de rayonnement pour Les Editions Sidwaya », a-t-elle promis.

Les travailleurs ont relevé quelques difficultés qui ont trait à l’insuffisance d’équipements de travail et un meilleur accompagnement pour atteindre les missions confiées à la maison commune. La première responsable a réaffirmé sa disponibilité à travailler pour de meilleures conditions de travail au profit des agents.
Au cours de l’année 2025, 19 agents ont reçu des distinctions honorifiques. De plus, 27 prix aux niveaux national et international ont été remportés par des journalistes. Pour ce faire, ces derniers ont été félicités par des attestations de reconnaissance.

Adama SEDGO

Ministère en charge de la transition digitale : 78,05 % du taux d’exécution physique global des activités réalisées

Le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques a tenu sa deuxième session ordinaire du conseil d’administration du secteur ministériel au titre de l’année, lundi 29 décembre 2025 à Ouagadougou. Cette rencontre a permis de faire le point sur l’exécution des activités au 30 novembre 2025 et d’examiner le Plan de travail annuel (PTA) 2026.

Malgré les crises sécuritaire et humanitaire, le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques note une amélioration progressive de ses actions prioritaires sur le terrain avec l’engagement des forces de défense et de sécurité. En ce sens, lundi 29 décembre 2025 à Ouagadougou, les responsables des différentes entités du département se sont réunis pour passer au peigne fin les activités réalisées au cours de l’année jusqu’ à la date du 30 novembre 2025.

La première responsable en charge de la transition digitale, Aminata Zerbo, a indiqué que douze chantiers stratégiques ont été définis pour guider la transformation digitale du Burkina Faso à l’horizon 2030. En effet, au titre du chantier « zéro zone blanche », des réseaux mobiles haut débit 3G/4G ont été déployés dans 126 localités, tandis que les travaux ont été lancés dans 750 autres zones identifiées. La ministre Zerbo a également annoncé le lancement du chantier des « Zama tchey » (maisons du citoyen), avec la construction de deux infrastructures à Ouagadougou et Kaya. L’adoption du contrat-plan Etat-La Poste Burkina Faso va permettre, dès 2026, l’extension des « Zama tchey » dans plusieurs chefs-lieux de région et communes rurales.

Elle s’est en outre réjouie des progrès notables enregistrés dans la modernisation du sous-secteur postal, notamment avec l’acquisition de cinq automates de dépôt d’espèces en libre-service et le lancement de solutions modernes de distribution du courrier. Par ailleurs, plus de 31 000 comptes de la Caisse nationale d’épargne ont déjà été dématérialisés. « Des progrès significatifs ont également été réalisés en matière de souveraineté numérique et de sécurisation des données avec la finalisation de la construction d’un mini data center, la construction du second étant considérablement avancée.

Ces infrastructures traduisent notre volonté affirmée d’héberger nos données au niveau national afin de mieux les sécuriser », a-t-elle soutenu. La sécurisation du cyberespace national s’est également renforcée avec l’adoption de trois décrets d’application de la loi sur la sécurité des systèmes d’information et la délivrance de 338 agréments techniques en 2025.

Accélération de l’administration électronique

Dans l’administration publique, la digitalisation s’est poursuivie avec l’interconne-
xion de 88 nouveaux bâtiments au réseau RESINA, la dématérialisation de plus de 60 procédures administratives, dont 36 déjà opérationnelles, ainsi que la généralisation des plateformes CIM et CIMEXT dans de nombreuses structures publiques. Selon Aminata Zerbo, la signature électronique est désormais opérationnelle sur deux plateformes transversales et le système d’identification unique électronique de la personne en voie de finalisation.

En termes de renforcement des capacités, le développement des compétences nationales a également été au cœur des actions, avec la formation de 169 jeunes filles aux métiers du numérique et le recrutement de 214 agents informatiques pour renforcer les capacités des directions des systèmes d’information. Au vu de toutes ces actions, a indiqué la ministre chargée des Postes, le taux d’exécution physique global des activités du département s’est établit à 78,05 % au 30 novembre 2025, traduisant une performance jugée satisfaisante au regard du contexte.

Mme Zerbo a invité ses collaborateurs à consolider les acquis, corriger les insuffisances et accélérer la transformation numérique au service du développement socio-économique et du bien-être des populations. Nonobstant ces acquis, des défis subsistent en matière de souveraineté numérique, de gouvernance du secteur, d’accès équitable aux services de communications électroniques, de modernisation postale et de
protection des données. C’est pourquoi, le Plan de travail annuel 2026, intègre des activités structurantes, réalistes et alignées sur les priorités nationales afin d’accélérer la transformation numérique
du Burkina.

 

Oumarou RABO

Réhabilitation des sites miniers: un plan d’actions en cours de validation

Le ministère de l’Energie, des Mines et des Carrières organise un atelier national d’élaboration et de validation du plan d’actions sur la réhabilitation et la fermeture des sites miniers au Burkina Faso les 29 et 30 décembre 2025, à Ouagadougou.

Bien que le secteur minier occupe une place stratégique dans le développement économique du Burkina, les activités minières doivent être « rigoureusement » encadrées afin de prévenir et limiter les impacts environnementaux et sociaux. Dans cette optique, le ministère de l’Energie, des Mines et des Carrières tient les 29 et 30 décembre 2025, à Ouagadougou, un atelier national de validation du plan d’actions sur la réhabilitation et la fermeture des sites miniers.

Le plan d’actions sur la réhabilitation et la fermeture des mines en cours de validation et axé sur la réglementation des textes et le renforcement des capacités s’étale de 2026 à 2028. Selon le représentant du ministre chargé des Mines, Salif Boussim, la rencontre réunissant des responsables de structures centrales et déconcentrées, des représentants de la chambre de mines, des sociétés minières industrielles et semi-mécanisées va permettre de s’accorder sur les actions à entreprendre dans le cadre de la réhabilitation et de la fermeture des sites miniers au cours des trois prochaines années.

Elle offre également l’opportunité de définir les rôles et responsabilités dans l’exécution des activités et une feuille de route pour la mise en œuvre des actions inscrites dans le programme. M. Boussim a indiqué que la gestion de l’environnement minier demeure un des principaux défis à relever.

Renforcer la gestion durable

Les participants vont s’accorder sur les actions à entreprendre dans le cadre de la réhabilitation et de la fermeture des sites miniers.

Selon lui, malgré l’existence d’outils juridiques, des difficultés subsistent, particulièrement la réhabilitation et la fermeture des sites miniers. « L’exploitation de l’or a des conséquences sur le sol, l’habitat, la population. L’atelier vise à prendre en charge ces effets néfastes liés à l’exploitation minière », a-t-il expliqué.

De son avis, le plan d’actions soumis à validation permet de renforcer la gestion durable des ressources minières conformément aux textes réglementaires en vigueur. Il constitue, a-t-il poursuivi, un outil de planification visant à encadrer les interventions des acteurs impliqués dans la réhabilitation et la fermeture des sites miniers, à travers un cadre opérationnel clair en vue d’en garantir l’efficacité et l’appropriation des parties prenantes. En outre, il a confié que ce document servira de plateforme d’échanges et de renforcement de la collaboration, traduisant une approche concertée et inclusive.

Le directeur général des mines et de la géologie, Aristide Belemsobgo, a indiqué que l’élaboration du plan d’actions fait partie des recommandations issues de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO) 2025, afin de prendre en compte les urgences et les priorités en termes de réhabilitation des mines. Il a fait savoir que la réhabilitation vise à réaménager les sites qui ont été impactés afin de donner une nouvelle vie à ces espaces. « Nous n’avons pas encore eu de réhabilitation de mines, parce que la plupart de celles qui sont en activités ne sont pas à leur fin de vie. Même si, actuellement, nous avons des sociétés minières qui ont des initiatives en termes de réhabilitation progressive », a-t-il signalé. Il a soutenu que l’objectif est d’exploiter mais, au fur et à mesure qu’on réhabilite les zones où l’exploitation est
terminée.

Aly SAWADOGO

Centrafrique /Guinée : d’une élection à l’autre

Les Guinéens et les Centrafricains étaient appelés, de part et d’autre, aux urnes, le dimanche 28 décembre 2025, pour élire leur président de la République. En Guinée, le scrutin marque la fin de la Transition consécutive au coup d’état de septembre 2021 contre Alpha Condé et doit permettre à cet Etat d’Afrique de l’Ouest de renouer avec un ordre démocratique normal. Alors que la période transitoire était censée durer deux ans, elle a pris plus de temps, au point où l’on se demandait s’il y aura des élections au pays de Sekou Touré. En organisant cette élection, les autorités de la Transition ont finalement tenu promesse, mais pas totalement.

S’il s’était engagé à remettre le pouvoir aux civils, le général Mamadi Doumbouya s’est retrouvé dans la course à la présidentielle, suite à l’adoption d’une nouvelle Constitution qui l’a autorisé à le faire. Cette volte-face a été vivement critiquée par l’opposition, dont les têtes couronnées notamment les anciens Premiers ministres, Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo, sont contraints à l’exil. Ecartées de la compétition pour diverses raisons, ces deux personnalités, tout comme d’autres opposants, qualifient ce scrutin présidentiel de simulacre d’élection. Le Gal Doumbouya, qui brigue la magistrature suprême face à huit candidats, est sous les feux des critiques, tout comme son homologue centrafricain, Faustin-Archange Touadéra.

Le professeur de Mathématiques à l’université de Bangui devenu politicien sollicite un 3e mandat contesté, suite à une révision constitutionnelle en 2023. Confronté à un défi sécuritaire loin d’être relevé, à cause des actions nuisibles des groupes armées qui écument le Nord et l’Est du pays, Touadéra espère rempiler face à six autres candidats, y compris deux anciens ex-chefs de gouvernements ministres, Anicet-Georges Dologuélé et Henri-Marie Dondra et en l’absence d’une partie de l’opposition qui a boycotté le scrutin. Les résultats des deux présidentielles, tenues relativement dans le calme, sont incessamment attendus et ne devraient pas servir des surprises.

Si ces deux élections sont organisées dans des contextes différents, elles ne présentent pas véritablement un enjeu majeur. Les jeux semblent déjà faits. Que ce soit en Guinée ou en Centrafrique, le Gal Doumbouya et le Président Touadera sont quasiment assurés d’avoir la faveur des urnes, à moins d’un retournement de situation spectaculaire. Ils ont littéralement écrasé l’adversité, face à des opposants, pas toujours enclins à aller en rangs serrés, à cause de leurs intérêts égoïstes. Sauf cas de force majeure, les urnes devraient sourire au Gal Doumbouya et au Président Touadera, tous deux en pole position pour rester aux commandes de leurs pays.

Le nouvel homme fort de Guinée va s’offrir son premier mandat constitutionnel, tandis que celui de Centrafrique va demeurer aux affaires et pourquoi pas à vie, comme lui permet la nouvelle loi fondamentale de son pays. On n’a pas besoin d’être un devin pour imaginer la suite de ces deux élections.

Assurés de passer haut la main, ces deux dirigeants doivent s’atteler à répondre aux aspirations profondes de leurs peuples et c’est le plus important. Doumbouya va devoir s’atteler à construire une nouvelle Guinée où les libertés individuelles et collectives doivent être véritablement respectées et Touadera, lui doit œuvrer à pacifier davantage la Centrafrique qui connait une situation sécuritaire précaire, malgré les sacrifices consentis face à l’adversité avec le soutien de pays amis.

Kader Patrick KARANTAO