Centrafrique /Guinée : d’une élection à l’autre

Les Guinéens et les Centrafricains étaient appelés, de part et d’autre, aux urnes, le dimanche 28 décembre 2025, pour élire leur président de la République. En Guinée, le scrutin marque la fin de la Transition consécutive au coup d’état de septembre 2021 contre Alpha Condé et doit permettre à cet Etat d’Afrique de l’Ouest de renouer avec un ordre démocratique normal. Alors que la période transitoire était censée durer deux ans, elle a pris plus de temps, au point où l’on se demandait s’il y aura des élections au pays de Sekou Touré. En organisant cette élection, les autorités de la Transition ont finalement tenu promesse, mais pas totalement.

S’il s’était engagé à remettre le pouvoir aux civils, le général Mamadi Doumbouya s’est retrouvé dans la course à la présidentielle, suite à l’adoption d’une nouvelle Constitution qui l’a autorisé à le faire. Cette volte-face a été vivement critiquée par l’opposition, dont les têtes couronnées notamment les anciens Premiers ministres, Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo, sont contraints à l’exil. Ecartées de la compétition pour diverses raisons, ces deux personnalités, tout comme d’autres opposants, qualifient ce scrutin présidentiel de simulacre d’élection. Le Gal Doumbouya, qui brigue la magistrature suprême face à huit candidats, est sous les feux des critiques, tout comme son homologue centrafricain, Faustin-Archange Touadéra.

Le professeur de Mathématiques à l’université de Bangui devenu politicien sollicite un 3e mandat contesté, suite à une révision constitutionnelle en 2023. Confronté à un défi sécuritaire loin d’être relevé, à cause des actions nuisibles des groupes armées qui écument le Nord et l’Est du pays, Touadéra espère rempiler face à six autres candidats, y compris deux anciens ex-chefs de gouvernements ministres, Anicet-Georges Dologuélé et Henri-Marie Dondra et en l’absence d’une partie de l’opposition qui a boycotté le scrutin. Les résultats des deux présidentielles, tenues relativement dans le calme, sont incessamment attendus et ne devraient pas servir des surprises.

Si ces deux élections sont organisées dans des contextes différents, elles ne présentent pas véritablement un enjeu majeur. Les jeux semblent déjà faits. Que ce soit en Guinée ou en Centrafrique, le Gal Doumbouya et le Président Touadera sont quasiment assurés d’avoir la faveur des urnes, à moins d’un retournement de situation spectaculaire. Ils ont littéralement écrasé l’adversité, face à des opposants, pas toujours enclins à aller en rangs serrés, à cause de leurs intérêts égoïstes. Sauf cas de force majeure, les urnes devraient sourire au Gal Doumbouya et au Président Touadera, tous deux en pole position pour rester aux commandes de leurs pays.

Le nouvel homme fort de Guinée va s’offrir son premier mandat constitutionnel, tandis que celui de Centrafrique va demeurer aux affaires et pourquoi pas à vie, comme lui permet la nouvelle loi fondamentale de son pays. On n’a pas besoin d’être un devin pour imaginer la suite de ces deux élections.

Assurés de passer haut la main, ces deux dirigeants doivent s’atteler à répondre aux aspirations profondes de leurs peuples et c’est le plus important. Doumbouya va devoir s’atteler à construire une nouvelle Guinée où les libertés individuelles et collectives doivent être véritablement respectées et Touadera, lui doit œuvrer à pacifier davantage la Centrafrique qui connait une situation sécuritaire précaire, malgré les sacrifices consentis face à l’adversité avec le soutien de pays amis.

Kader Patrick KARANTAO

6ᵉ Coupe de l’Ambassadeur de la Chine en Kung-fu Wushu :Oumarou Ganga sacré meilleur athlète

La 6e édition de la Coupe de l’Ambassadeur de la République populaire de Chine s’est disputée le dimanche 28 décembre 2025 dans la salle des arts martiaux de Ouagadougou. La compétition nationale de kung-fu wushu qui réunit l’élite des pratiquants burkinabè a vu le sacre de Oumarou Ganga de l’Association les Dragons Blancs de Kung Fu Wushu.

Au terme des différentes épreuves, Oumarou Ganga, de l’Association Les Dragons Blancs de Kung-fu Wushu, a été désigné meilleur athlète de la compétition chez les seniors garçons. Chez les seniors dames, la palme est revenue à Prisca Compagré, tandis que Leïnatou Konaté (Drafa de Bobo-Dioulasso) et Régis Zombré (Dragons Stratège) se sont illustrés dans la catégorie junior. Les finales de combat ont également tenu toutes leurs promesses. Dans la catégorie -55 kg, Guiro Marc s’est imposé en finale face à Lankouandé Yémboado, sur le score de deux rounds à zéro. Même score en -70 kg, où Gaoussou Coulibaly a dominé Idrissa Ouandaogo. Présent à la cérémonie de clôture, l’ambassadeur de la République populaire de Chine au Burkina Faso, Zhao Deyong, a salué l’engouement des jeunes Burkinabè pour les arts martiaux chinois. Selon lui, « le kung-fu wushu fait partie des éléments artistiques et culturels majeurs qui permettent au monde de découvrir la Chine ». Il a réaffirmé la disponibilité de l’ambassade à accompagner la Fédération burkinabè de kung-fu wushu et annoncé que l’année 2026 sera placée sous le signe des échanges culturels et humains chinois, avec davantage d’opportunités pour la jeunesse burkinabè. Pour sa part, le président de la Fédération burkinabè de kung-fu wushu, Me Inoussa Sawadogo, s’est réjoui du succès de cette édition. Il a indiqué que 12 clubs et plus de 102 athlètes, venus de plusieurs régions du pays, ont pris part à la compétition. « Cette coupe rassemble les meilleurs athlètes issus des compétitions nationales précédentes », a-t-il précisé, tout en exprimant sa gratitude à l’ambassade de Chine pour son appui matériel et financier.

Pengdwendé Achille OUEDRAOGO

Loi de finance 2026: Un budget prévisionnel de 3431 milliards francs CFA adopté

L’Assemblée législative de Transition a adopté la loi de finance pour l’exécution du budget de l’Etat exercice 2026 d’un montant de 3431 milliards francs CFA, samedi 27 décembre 2025, à Ouagadougou.

Les députés de l’Assemblée législative de transition (ALT) ont adopté la loi de finance pour l’éxécution du budget 2026 au cours d’une séance plénière dans la journée du samedi 27 décembre 2025, à Ouagadougou. Durant près de huit heures de travail, ils se sont penchés sur le texte majeur qui fixe les orientations budgétaires du Burkina Faso pour l’année 2026, sous la présidence de Ousmane Bougouma. Selon le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, pour le budget 2026, il a été prévu des recouvrements de recettes de 3431 milliards francs CFA, les dépenses font 3918 milliards, ce qui dégage un déficit de 486 milliards F CFA.

« Le fait marquant, c’est que le niveau de déficit a baissé. Il est inférieur au taux de 3% prévu par la référence en termes de normes au niveau de l’UEMOA », a-t-il déclaré. Il a poursuivi que le budget 2026 a été élaboré dans un contexte de poursuite de la reconquête du territoire et de relance de l’économie nationale. La nécessité de renforcer toutes les actions qui ont été menées pour atteindre l’autosuffisance alimentaire et
le développement du capital humain soit une réalité, font partie également des lignes directrices du budget de l’Etat 2026.

Au regard du contexte, le ministre chargé des Finances a soutenu que les allocations ont été faites de façon stratégique, de sorte que le budget puisse permettre, en tant qu’instrument de politique publique, d’atteindre les objectifs du gouvernement en termes d’amélioration des conditions de vie des Burkinabè. « Ce qui montre que l’Etat fournit beaucoup d’effort de mobilisation des ressources souveraines pour faire face aux dépenses », a-t-il souligné.

Une allocation stratégique du budget pour les secteurs essentiels

En outre, le ministre chargé de l’Economie a confié qu’il y a un certain nombre d’indicateurs qui ont pu faire ressortir que l’épargne budgétaire a été améliorée de plus de 600 milliards F CFA. Ce qui va permettre de dégager des ressources pour faire face aux investissements. Il a mentionné une allocation stratégique du budget pour les secteurs essentiels. Ainsi, le secteur de la défense et de la sécurité a bénéficié d’une allocation plus de 24 % du budget et le secteur de la santé plus de 12 %. « Pour le développement du capital humain à travers tout ce qui est éducation, nous avons alloué plus de 20 % et autour de 6 % pour le secteur agricole c’est-à-dire le secteur rural de façon générale », a-t-il précisé. De son avis il est question de faire en sorte d’accélérer le processus de développement entamé en 2026. En plus, le responsable du département des finances a affirmé que des efforts vont se poursuivre pour l’offensive agro-pastorale et halieutique.

Il en est de même pour le secteur de l’industrialisation pour aider à améliorer la contribution du secteur secondaire au produit intérieur brut. « Il est escompté un taux de croissance de 6,6 % pour l’année 2026 après 6,3 % en 2025 », a annoncé le ministre Nacanabo. Il a relevé qu’une baisse généralisée des prix a été observée en 2025, avec un taux d’inflation négatif, donc une déflation de 0,5 %. « Pour l’année 2026, il est escompté un taux d’inflation qui ne devrait pas dépasser 0,2 %. Cela veut dire qu’il y a des efforts pour créer de la richesse, améliorer la croissance et maintenir les prix à des niveaux acceptables au profit des populations », a-t-il renchéri.

En sus, le ministre Nacanabo a remercié les équipes techniques qui ont travaillé sur le budget et l’Assemblée nationale qui a apporté beaucoup d’amendements pertinents aidant à améliorer le contenu du budget. Le ministre de l’Economie et des Finances a rassuré que le gouvernement a travaillé à rationaliser les dépenses de fonctionnement afin de dégager beaucoup plus de ressources pour les investissements. Pour lui, les investissements vont se faire dans le cadre de la commande publique. Dans ce cadre, il a rappelé que l’Etat a surtout besoin des entreprises qui ont les capacités de faire le travail dans les délais et également selon les normes requises.

Evariste YODA

Reconquête du territoire national : le gouvernement encourage les Forces combattantes du Djôrô à maintenir le cap

Une délégation gouvernementale a rendu visite, le dimanche 28 décembre 2025, aux Forces combattantes de Gaoua. L’objectif était de leur apporter le message de soutien, de reconnaissance et d’encouragement du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.

A l’orée de la nouvelle année, une délégation gouvernementale con-duite par le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Poda, a transmis à Gaoua, aux Forces de défense et de sécurité (FDS) et aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), un message du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, chef suprême des armées. C’était le dimanche 28 décembre 2025. En plus du ministre Poda, la délégation gouvernementale était composée du ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Roland Somda et du ministre-Secrétaire général du gouvernement et du Conseil des ministres, Ousmane Ouattara.

D’emblée, une minute de silence a été observée en mémoire des Forces combattantes tombées sur les théâtres d’opérations, mais aussi en hommage à leur engagement et à leur sacrifice pour la défense de l’intégrité territoriale du Burkina Faso. Mandatée par le président du Faso et le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, la délégation était porteuse d’un message du chef de l’Etat articulé autour de trois axes : la reconnaissance, la mobilisation et les vœux pour la nouvelle année. La délégation s’est d’abord rendue à l’infirmerie du 15e Bataillon d’intervention rapide (BIR 15) au chevet de vaillants soldats blessés au combat. Les membres du gouvernement y ont transmis la compassion du chef de l’Etat et de la Nation entière, tout en encourageant les blessés dans cette phase de soins et de rétablissement.

Un message « fort »

La délégation gouvernementale s’est par la suite rendue au 22e Régiment d’infanterie commando (RIC) où l’attendaient, à la Place d’armes, les FDS et les VDP. Au nom du président du Faso, le ministre Serge Poda a exprimé la profonde gratitude et les félicitations des autorités pour le travail accompli ces dernières années, notamment en 2025. Il a salué le courage, la discipline et le professionnalisme des forces combattantes, soulignant que leur engagement a permis la réinstallation de villages, la réouverture d’écoles, de centres de santé et la reprise progressive des activités économiques.

Dans ce message, le chef de l’Etat a exhorté les forces à maintenir le cap, à rester concentrées sur l’objectif de la libération totale du territoire national et à ne pas se laisser distraire par les campagnes de désinformation ou l’usage inapproprié des outils de communication sur les théâtres d’opérations. Il a ensuite rassuré les Forces combattantes de l’engagement continu du gouvernement à renforcer leurs capacités opérationnelles à travers des équipements et des moyens adaptés. « Le soldat burkinabè est un guerrier. Vous êtes la fierté de la Nation », a lancé le ministre aux Forces combattantes.

Réagissant au message du chef suprême des armées, le chef de corps du 22ᵉ RIC, Fabéré Gaston Kienou, au nom de l’ensemble des Forces combattantes, a salué une adresse « encourageante, motivante » d’une portée galvanisante. « Il s’agissait de nous encourager à ne pas baisser les bras, à rester toujours prêts et déterminés à aller au combat », a-t-il précisé. Il a enfin indiqué que les Forces combattantes ont accueilli favorablement les vœux de santé et de paix formulés par le chef de l’Etat pour la nouvelle année. « Le message n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Il est venu à point nommé pour recharger nos batteries. Nous sommes prêts à poursuivre le combat », a-t-il affirmé. En retour, les forces combattantes ont adressé leurs vœux au président du Faso, lui souhaitant santé, force et inspiration pour conduire le Burkina Faso vers la victoire. Avant la rencontre avec les troupes, la délégation a effectué une visite de courtoisie au chef de canton de Gaoua, Bifaté II.

Boudayinga J-M THIENON

Malades abandonnés : dans la détresse des laissés-pour-compte

Trainant dans les couloirs, les lieux de culte, les recoins…des hôpitaux, les malades sans accompagnants (abandonnés) dorment souvent, à la belle étoile dans des conditions difficiles. Abandonnés à leur triste sort, avec espoir, ils s’échinent à résister à des pathologies souvent incurables. De fin octobre à la mi-novembre 2025, nous sommes allés à la rencontre de ces laissés-pour-compte aux urgences traumatologiques, médicales, viscérales, psychiatriques…

La nuit est en train d’envelopper le Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (CHU-YO). Mardi 25 novembre 2025. Il est 18h20mn. Le vent frais de l’harmattan souffle. Le temps est glacial. Blottis sous des arbres, recroquevillés sous des hangars, couchés sur des banquettes ou dans des couloirs, certains malades vont y passer leur énième nuit, à la belle étoile ou dans des abris de fortune. Ali Galbané (27 ans) vient de finir sa séance d’hémodialyse.

Extenué et incapable d’user de ses membres inférieurs, il peine à regagner son fauteuil

Plusieurs malades passent leur nuit à la belle étoile.

roulant…Agée d’une cinquante d’années, Awa Saré, sa mère, se débat de toutes ses énergies pour l’asseoir dans sa « voiturette ». Direction : leur chambre à coucher située
sous le hall du centre d’hémodialyse. Dans cette « boite » d’à peine 3 mètres carré, sans porte ni fenêtre, des tas d’habits sont posés pêle-mêle. Une natte trouée par endroits lui sert de couchette. Angoissée, Awa s’empresse d’attacher la moustiquaire. Une… deux roulettes, Ali est dans sa demeure. Depuis 2 ans, il squatte cette bicoque,
« une maison de luxe » qu’il n’avait jamais espéré habiter depuis 8 ans qu’il erre dans l’hôpital Yalgado.

« Nous avons dormi dans des toilettes… »

Les yeux pleins de larmes, il nous replonge dans son passé où sa vie a basculé. Elève en classe de 3e, Ali est diagnostiqué malade d’insuffisance rénale. Aucun centre de dialyse n’existe dans son Bittou natal pour lui assurer le filtrage régulier de son sang. Sa vie est désormais en danger. Quelques biens de la famille sont bradés pour avoir la caution de 500 000 F CFA pour commencer la dialyse. Il est obligé d’abandonner les cours pour sauver sa vie. Avec sa mère, il prend le risque de venir à Ouagadougou pour ne pas succomber à la maladie.

« Nous devrions faire 3 séances de dialyse par semaine. Sans moyens financiers, c’était impossible pour nous de faire ces allers-retours dans la semaine », précise le jeune,
la voix tremblotante. Sans aucune famille d’accueil dans la mégalopole Ouagalaise, Ali décide de poser ses pénates au sein de l’hôpital. Loin de son confort de Bittou, il passe désormais ses nuits sous un hangar à proximité du service traumatologique. « Nous n’avons pas d’argent pour louer une maison. Donc, il fallait dormir n’importe où », dit-il. 6 ans après, à la merci des moustiques, cafards, insectes de toutes natures… le jeune est obligé de déménager manu militari.

Couché dans sa moustiquaire, ce SDF espère recouvrer la santé et sa famille.

« Le hangar a été détruit pour construire un bâtiment», se remémore-t-il. Mais, il n’est pas au bout de ses peines. « Lorsqu’on a détruit le hangar, nous n’avions plus nulle part où aller. Nous étions obligés de dormir dans les toilettes pendant 2 ans. C’est après qu’un médecin nous a donné l’autorisation de dormir ici », confesse sa mère. Depuis leur « déménagement » à l’hôpital et abandonné par les siens, Ali Galbané ne vit que d’aumônes et du modique salaire de 10 000 F CFA de sa mère, qui lui est versé pour le nettoyage des toilettes du centre d’hémodialyse. Assise à 5 mètres, Fati Konkobo ne cesse de nous dévisager. La voix à peine audible, d’un geste de la main, elle nous invite à la rejoindre. Ali et Fati partagent le même chagrin : des parias de leurs familles à cause
de leur insuffisance rénale chronique.

Répudiée pour cause de maladie

Le visage ridé, la peau décharnée, livrée à elle-même, c’est dans un état piteux que nous la retrouvons sur la banquette en fer, entourée d’un baluchon et d’une vieille natte. 19h20. Assise sous le hall, elle attend que les derniers patients vident le lieu pour qu’elle installe sa « chambre ». L’attente est longue. Mais, les quelques mots qu’elle lâche, laisse entendre

Le coordonnateur de la pastorale santé du diocèse de Bobo-Dioulasso, Abbé Emmanuel Nabaloum : « dans notre centre, plus de 2 000 malades abandonnés y ont trouvé gite, couvert et soins ».
« je n’ai pas le choix ». Après 15 ans de traitement, l’époux de Fati Konkobo a fini par se lasser d’elle. Sans remord, il l’a répudié en 2022. Depuis lors, elle erre dans l’hôpital dès le lever du jour pour venir passer ses nuits au milieu des ferrailles. En pleurs, elle confie : « Depuis 3 ans, mon mari m’a divorcée parce qu’il dit ne plus avoir les moyens pour s’occuper de moi pour une maladie qu’il a traitée sans solution. ll a ajouté qu’il préfère désormais s’occuper de ses trois enfants ».

Désormais seule face à la maladie, Fati vit de la charité de l’église et de la mosquée pour se garantir au moins un repas quotidien. « Je me rends souvent à l’église pour pouvoir manger. Si le partage est déjà fait, je reviens dormir avec la faim », affirme-t-elle. Aussi, elle n’hésite pas à quémander les restes d’aliments du personnel soignant pour assouvir sa faim. « Souvent, lorsque les infirmiers finissent de manger, je leur demande la nourriture. S’il en reste, ils me donnent », révèle-t-elle. Dormir le ventre plein relève d’un « miracle » pour elle. « Ce soir encore, je n’ai rien à manger. J’attends le repas des infirmiers. Ils finissent de manger vers 22h après les séances de dialyse», lance-t-elle, somnolente.

Fati Konkobo a été répudiée à cause de sa maladie.

Il est 22h et les derniers patients quittent la salle de dialyse. C’est le moment idéal pour passer au lit. Fati n’a plus l’énergie d’aller tendre la main pour avoir à manger. Illico presto, elle déballe sa natte. Dans un espace de moins d’un demi mètre, elle coince sa couchette. « Je dois dormir tôt, parce que dès 4 heures du matin, il faut que je me réveille pour que
les nettoyeuses fassent leur travail », précise-t-elle avant de prendre congé de nous.

Des ordonnances difficiles à honorer

La nuit poursuit toujours sa course. Il est 23 heures. Assis dans son fauteuil roulant devant la mosquée, Daouda Sankara médite sur son sort. Depuis 11 ans, il « habite » à l’hôpital. Seul à porter sa croix, celui qui souffre d’insufissance rénale vit dans la hantise de comment honorer ses ordonnances. Empilés dans son sac noir accroché au cou, il s’y balade avec depuis belle lurette espérant tomber sur un bon samaritain. « Au niveau de mon cœur, le sang est coagulé. Donc le docteur m’a prescrit une ordonnance pour acheter des produits », relate-t-il. Sans hésiter, il brandit l’ordonnance.

« Mes soucis, c’est comment acheter mes produits et manger. Chaque quatre jours, je dois faire des examens. C’est très pénible pour moi », se lamente le Sans domicile fixe (SDF). Son calvaire commence en 2014. Comme par miracle, il perd l’usage de ses yeux. Très vite, ses parents sillonnent toutes les contrées pour espérer le faire voir à nouveau la lumière du jour. Au Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Laba dans la commune de Boromo, les soignants lui font savoir que son mal est loin d’être ophtalmologique. Référé au CHU Yalgado, il est déclaré insuffisant rénal. Il doit parcourir plus de 200 Km trois fois par semaine pour faire sa dialyse.

Impossible pour ses parents agriculteurs d’offrir ce « luxe » à leur fils. Il est alors contraint d’élire domicile au sein de l’hôpital. Mais, les jours passent, personne ne vient à sa rescousse. Accusé régulièrement d’être à la base de sa maladie, son frère ainé et les siens ont fini par l’abandonner. « Depuis, je suis seul ici à me débrouiller. Comment quelqu’un peut se donner une maladie ?», s’interroge-t-il. Encore, une nuit de galère : sans nourriture ni médicaments à avaler. Une ribambelle de moustiques s’invite aux échanges. Les piqûres s’intensifient. Daouda ne les supporte pas.

Avant de déménager dans ce local, Ali Galbané et sa mère…

Il s’empresse de partir. Direction, la cuisine de l’hôpital. C’est dans le couloir du mur arrière qu’il va passer sa énième nuit dans sa « chambre », une mini moustiquaire qu’une bonne volonté lui a offerte pour qu’il ne dorme plus à même le sol. Posée à côté de quelques accompagnants de malades, sans gêne, il tire la fermeture éclaire et plonge dans cette
« cage ». Abou Mass, lui, ne sait plus à quel Saint se vouer. Au fil des années, son entourage a fini par se lasser aussi de lui. Aujourd’hui, son gros souci est comment rester en dialyse pendant longtemps tout en esperant payer ses médicaments et ses examens. Sans solution, il vit perpétuellement dans la psychose. Lorsque ses crises commencent avec sa tension qui monte, la nausée qui envahit sa gorge, les courbatures qui le « paralysent »

…couplées aux malaises insupportables, il se pose la difficile question : « est-ce que je vais me réveiller le lendemain ?». « La maladie a des sequelles difficiles. J’avais perdu complement la voix. A un certain moment, j’ai dis, Seigneur, je suis prêt viens me chercher…tellement j’avais mal », relate-t-il. Desesperé
des promesses, il confie : « certaines personnes te disent, écris-moi, je vais t’envoyer un peu d’argent. Tu les appellent toute une journée, ils ne répondent pas. A force de les rappeler, tu les énerves. Quelqu’un m’a dit la semaine passée qu’il a assez fait aussi pour moi. Je devais rénouveler mes produits autour de 17 000 F CFA. J’avais à peu près 5 000, lorsque je l’ai sollicité ». Désormais, il s’est resigné en attendant
la grace divine pour le “debarrasser” de sa maladie.

Inhumés sans un dernier adieu

…ont logé dans ces toilettes.

Souffrante de problèmes neurologiques, Aïcha ne veut pas aussi s’apitoyer sur son sort. Paralysée des deux pieds, son époux décide de la conduire à l’hôpital pour une meilleure prise en charge. Prétextant qu’il va faire une commission, il disparait sans laisser de traces. Les jours passent, aucune nouvelle de son conjoint. Il est injoignable sur ses téléphones. Sans soins, elle se retrouve seule, abandonnée avec son nourrisson. Pris de compassion, un des siens est venue la ramener en famille pour des traitements. Elle n’a jamais cru que son époux l’abandonnerait dans des moments critiques.

« Facilement, j’allais mourir sans qu’il ne soit à mes côtés », regrette-t-elle. Affaibli par la maladie, Adama n’a pas été aussi « veinard ». Incapable de dire comment il s’est retrouvé seul à l’hôpital ni la nature des diverses pathologies dont il souffre, il a séjourné au
CHU Souro Sanou (CHU-SS) de Bobo-Dioulasso pendant plusieurs semaines sans soins. Interpelé, le service de l’action sociale réussit à joindre son frère pour l’en informer. Au grand dam de tous, sa réponse laisse pantois : « je ne viens pas parce que nous ne sommes pas en odeur de saintété ». Le service social le supplie de ne pas abandonner son frère dans ces moments difficiles. Mais, peine perdue ! Le 28 octobre 2025, Adama rend l’âme dans l’indifférence totale de son frère ainé.

«La veille de son décès, nous l’avons appelé pour le sensibiliser de ne pas rompre ses liens avec son frère. Mais, il n’a rien voulu entendre. C’est l’hôpital, par le biais du service social, qui s’est occupé de lui jusqu’à son décès. Lorsqu’il est décédé, nous l’avons aussi informé.

De nombreux dialysés n’ont plus retrouvé leur famille depuis de nombreuses années.

Nous attendons de voir s’il viendra chercher le corps ou pas », déplore le chef du service social du CHU-SS, Amidou Konané. Il viendra ou pas pour s’occuper de son inhumation, difficile pour le service social de répondre. Selon Amidou Konané, au constat, plusieurs malades sont sans accompagnants au sein du CHU-SS. « Certains accompagnants n’ont plus espoir que leurs malades vivent. Ils arrivent qu’ils fuient les laisser.

Pour eux, débourser de l’argent pour les soigner, c’est peine perdue », regrette-t-il. Il confie que son service a enregistré 50 malades sans accompagnants en 2023, en 2024 c’était 47. « A la fin du troisième trimestre 2025, nous sommes à 23 », précise-t-il. Mais l’hôpital, à ses dires, a l’obligation de les soigner selon ses moyens et l’action sociale, à travers le Fonds national de solidarité et de résilience sociale, œuvre à ce qu’ils aient accès aux soins y compris les médicaments, les examens, les actes médicaux, les nattes, du savon, de la nourriture… « Les cas qui me marquent beaucoup, c’est ceux dont on recherche les proches et malheureusement, ils décèdent.

L’administration est appelée à les inhumer sans que les familles ne sachent s’ils vivent ou pas. Nous sommes tous appelés un jour à partir, mais au moins que la famille sache, si tu es toujours sur terre ou pas. Si tu es parti, on peut faire ton deuil », estime-t-il. Malheureusement, ajoute-t-il, son service n’arrive pas à retrouver les parents de la majeure partie des malades sans accompagnateurs. « Et même s’il arrivait que la famille vienne un jour pour le chercher, c’est difficile de retrouver les traces de sa tombe pour leur dire, c’est ici que votre parent repose désormais. Il y a des gens qui pensent que leurs proches sont toujours en vie, mais ils sont décédés, il y a longtemps », regrette-t-il.

Pascal Sanou, néphrologue et spécialiste en transplantation d’organes: “ plusieurs malades ont besoin de soutiens en continu”.

D’un geste de la main, il montre quelques effets empilés dans des cartons et sacs en plastique, posés dans les recoins de son bureau. « Vous voyez le sac en haut ? Il y en a plein ici. Ce sont des gens qui sont décédés. On n’a pas pu trouver leurs proches pour les informer pour qu’ils fassent le deuil», se désole-t-il. Arzouma (nom d’emprunt) est passé de vie à trépas le 25 octobre dernier. Toutes les recherches pour trouver sa famille se sont révélées infructueuses. Le 28 octobre 2025, il a été inhumé.

« C’est après son décès qu’on a retrouvé ses parents. Nous étions en train de les rechercher dans la communauté ghanéenne comme il s’exprimait en Ashanti. Des membres sont venus l’identifier et ont dit qu’ils ne le connaisse pas. Or, c’est un de nos frères du Sanguié. Lorsqu’on arrive à trouver la famille, cela nous soulage. On ne souhaite pas que quelqu’un meure dans ces conditions », avoue-t-il, la gorge nouée d’émotion.

« La société est absente… »

Rencontrée le 28 octobre 2025, après sa dialyse, Chantal Barro a décidé de se battre seule pour vaincre sa maladie. Depuis 7 ans, elle fait des allers-retours deux fois par semaine de Toussiana à Bobo-Dioulasso pour filtrer son sang. Débourser 2600 F CFA deux fois par semaine est un casse-tête pour elle. « Je ne reçois pas d’aide. Les gens sont fatigués de moi. Le seul frère qui me soutient me donne 20 000 F CFA par an pour mes soins », avoue-telle. Pilier de la famille, sur qui reposait la scolarisation de ses enfants, elle est devenue au fil des années, une « charge sociale ». « J’ai arrêté de solliciter de l’aide, puisque c’est sans suite », confirme-t-elle. Selon Yabil Traoré, ingénieur de santé en hémodialyse, la maladie rénale est une maladie chronique et la prise en charge est à vie. Et, certaines familles n’arrivent pas à y faire face et les malades sont laissés à eux-mêmes.

Yabil Traoré, ingénieur de santé en hémodialyse : « on ne peut être insensible face à la souffrance des malades qui n’arrivent pas à honorer leurs ordonnances, se nourrir, faire leurs examens.. ».

En tant qu’être humain, confie-t-elle, on ne peut être insensible face à la souffrance des malades qui n’arrivent pas à honorer leurs ordonnances, se nourrir, faire les examens…« Parfois, nous sommes obligés de payer les perfuseurs, les transfuseurs… pour eux. Le geste des médecins est à louer. Parce que les quelques médicaments qu’ils reçoivent sont distribués gratuitement aux malades qui n’arrivent pas à payer leurs médicaments contre la tension, le fer contre l’anémie… », confie-t-elle. Et le néphrologue et spécialiste en transplantation d’organes, Pascal Sanou, d’expliquer que plusieurs malades sont socialement démunis et ont besoin de soutiens en continu.

« Il nous arrive parfois, de cotiser pour payer les médicaments de certains malades, de leur offrir des médicaments gratuitement que nous recevons de certains collaborateurs, de négocier des examens pour eux gratuitement. Face à certaines difficultés, parfois vous regardez ces malades s’éteindre progressivement sans pouvoir rien faire. Cette vulnérabilité, nous la vivons au quotidien », regrette-t-il. Il avoue : « quelqu’un qui souffre d’une maladie chronique et qui est abandonné soit par sa famille, son entourage, la société… moralement, il ne tient plus ».

De ses dires, le principe de soins d’une maladie chronique, c’est le soutien moral et la force psychologique que le patient a. “Lorsque celui qui souffre d’une maladie chronique n’est plus fort moralement et psychologiquement, vos soins n’ont aucune valeur », affirme Dr Sanou. Prêtre du diocèse de Bobo-Dioulasso et secrétaire général de l’Association Saint Camille de Lellis, Abbé Emmanuel Nabaloum a décidé aussi ne pas baisser les bras face aux abandons des malades. Venu pour les funérailles de son père à Koumi, à une dizaine de Km de Bobo-Dioulasso, Doula (nom d’emprunt) a décompressé et disparu. Blessé sur plusieurs parties du corps, Doula a été déposé aux urgences traumatologiques par les services de secours au CHU-SS. Sans assistance ni soin, il criait dans le couloir et faisait ses besoins sur lui durant une semaine. Récupéré par l’Association Saint Camille de Lellis et placé au centre Notre Dame de l’esperance, le psychiatre commence le traitement. Après quelques jours de recherches, sa famille est localisée en Côte d’Ivoire.

Selon Père Paul Zoungrana, l’aumônerie apporte des soutiens multiformes aux malades en détresse.

« Voilà, un malade qui aurait pu mourir banalement dans la rue comme un délinquant alors qu’on le cherchait partout. Ceux qui l’ont retrouvé l’ont tabassé croyant que c’était un voleur à cause de sa maladie mentale », confesse l’Abbé Nabaloum. Au centre, plus de 2 000 malades abandonnés y ont trouvé gite, couvert et soins. « Il y a ordinairement une population de 80 pensionnaires », précise le coordonnateur de la pastorale santé, Abbé Emmanuel Nabaloum. Avec ce fort taux, explique-t-il, l’église a dû créer un centre de réinsertion pour ceux qui ont atteint un niveau de stabilité ou dont on n’a pas encore les traces des familles.

« Il n’y a pas une réponse institutionnelle suffisante qui absorbe cette problématique quand la famille ou la société est absente. S’il y avait une couverture sociale ou sanitaire qui absorbait ces vides, alors une personne en situation d’abandon ou qui commence un trouble dont la famille n’est pas à côté serait prise en charge. Comme il n’en existe pas, il se retrouve à une forme d’aggravation et finit dans la rue », dénonce-t-il. Pour lui, une société qui perd certaine valeur de solidarité, de ­­générosité spontanée ou d’attention à l’autre est une société qui naturellement se déshumanise.

Un grain d’humanisme

Au CHU Yalgado, l’aumônerie catholique œuvre pour la prise en charge, l’assistance sociale, l’achat des médicaments et des examens gratuits pour les malades. Selon Père Paul Zoungrana, religieux camélien, aumônier du CHU-YO, les malades d’insuffisance rénale, diabète, cancer… n’hésitent pas à frapper quotidiennement aux portes de l’aumônerie pour bénéficier d’une prise en charge. Alors, il affirme que tout malade sans aucune distinction de culture, de religion, qui désire être assisté, accompagné par une prière, une présence…l’aumônerie est toujours là pour lui.

« Les malades ont besoin de présence, d’assistance, d’accompagnement pour ne pas qu’ils se découragent. C’est pour cela que nous devons être le secours pour nos frères et sœurs dans leur nécessité, surtout quand survient la maladie, une longue maladie », conseille-t-il.

Selon le chef du service social du CHU-SS, Amidou Konané, l’hôpital œuvre à ce que les malades aient accès aux soins…

Alex Ouédraogo veut toujours être le secours pour sa femme Caroline. Depuis 15 ans, il est tourmenté par sa maladie rénale. Il a épuisé toutes ses ressources, vendu ses biens immobiliers (terrains…) pour apporter soins et réconfort à sa moitié. Les années passent, aucune lueur d’espoir. Sous pression, sa famille lui demande de l’abandonner et d’utiliser son argent pour autre chose au lieu de payer des soins pour une personne dont la guérison est incertaine.

Alex ne l’entend pas de cette oreille. Fauché, il espère toujours le soutien de sa famille pour maintenir sa femme en vie. Mais rien. Personne ne décroche plus ses appels. « Je me suis marié à l’église. J’ai dit que nous serons unis dans le bonheur, la santé comme la maladie et jusqu’à la fin de notre vie. Et, je reste fidèle à cette promesse. Aujourd’hui sa santé s’est améliorée. Elle faisait la dialyse trois fois par semaine. Maintenant, c’est une fois », témoigne-t-il. Pour le Père Paul Zoungrana, c’est un élan de solidarité qui doit nous guider lorsqu’on voit des malades qui n’ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins en soins, en alimentation… car, rappelle-t-il : « La parole de Dieu dit : aime ton prochain comme toi-même. Donc, assister un malade, c’est assister le Christ lui-même » …

 

Abdel Aziz NABALOUM
emirathe@yahoo.fr


 

Stop aux agressions et violences !

Les malades sans accompagnants vivent de nombreuses peines. En plus des maladies qu’ils trainent depuis de longues années, ils sont victimes de nombreux vols et agressions de certaines personnes insensibles à leur souffrance. « La dernière fois, je dormais et j’ai branché mon téléphone pour le recharger. Lorsque je me suis réveillée pour que les femmes nettoient la salle, mon portable avait disparu », témoigne Fati Konkobo. Les témoignages du genre se rencontrent à la pelle. Si, des personnes n’ont pas les moyens de leur venir en aide, il ne faudrait pas encore en rajouter.

A.A.N


 

Un geste salvateur

En plus des soins qu’ils administrent aux malades, certains travailleurs des hopitaux et personnels soignants font preuve d’une grande générosité. Sensibles aux souffrances des malades abandonnés, ils n’hésient pas à mettre la main à la poche pour leur payer des médicaments, nourritures…”Malgré nos petits salaires, nous avons tellement de la compassion face à certaines situations que nous cotisons fréquemment pour leur venir en aide”, affirme A.S, agent de santé au CHU/YO. Ces propos sont confirmés par Serge Compaoré, patient au CHU/YO. Cet élan de solidarité qui est à saluer sonne souvent comme un ouf de soulagement pour ces patients abandonnés.

A.A.N


 

Plaidoyer pour l’instauration d’un fonds spécial dans les hôpitaux

De janvier à septembre 2025, l’action sociale du CHU-YO a déjà enregistré 1516 cas sociaux. De manière pratique les cas sociaux bénéficient de dons de médicaments, de consommables, des vivres, divers dons, des exonérations d’examens et de prise en charge des actes chirurgicaux et de consultations. Ces cas sociaux se rencontrent fréquemment au niveau des services suivants : « les urgences traumatologiques, les urgences médicales, la psychiatrie et les urgences viscérales », a souligné le DG du CHU-YO, Ousmane Néré.

Il ajoute que de nouveaux cas sociaux émergent de plus en plus au niveau de la dialyse, avec des patients qui n’ont plus les moyens de regagner leurs localités d’origine parfois éloignées et pour revenir deux à trois jours pour des séances de dialyse. Aux urgences traumatologiques, « nous avons beaucoup de cas sociaux, et dans ce service la particularité, ce sont les patients abandonnés et sans identification … qui sont soit envoyés par les sapeurs-pompiers soit par leurs parents qui viennent nuitamment les abandonner à Yalgado et disparaitre », a révélé le premier responsable du service.

Il a fait savoir que les urgences traumatologiques ont pris en charge 78 cas sociaux (y compris beaucoup de patients abandonnés) en 2024. Selon l’action sociale du CHU-YO, déjà 21 cas de malades abandonnés ont été enregistrés. La prise en charge des cas sociaux demande beaucoup de moyens. Le Fonds national de solidarité donne 2 millions par an au CHU-YO. Le Conseil d’administration autorise le CHU-YO à décaisser 2 millions…soit un total de 4 millions par an. Mais, « de janvier 2025 à septembre 2025, le CHU-YO a déjà dépensé plus de 40 millions pour les cas sociaux», a fait savoir le DG. Au regard des besoins, il lance un appel à toutes les personnes de bonne volonté, car la solidarité demeure une valeur cardinale pour le Burkina. Aussi, le DG plaide-t-il pour l’instauration d’un fonds spécial au niveau des hôpitaux pour la prise en charge de ces cas sociaux.

Source: www. chuyobf.org

Un budget pour la sécurité et le développement

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L’Assemblée législative de Transition a donné, le samedi 27 décembre 2025, son quitus pour le budget de l’Etat, exercice 2026. Cet acte majeur marque une nouvelle étape dans la conduite des affaires publiques, à un moment où le Burkina Faso est engagé sur le double front de la consolidation des acquis de la reconquête du territoire et de l’accélération d’un développement endogène, fondé sur les priorités nationales. Avec des recettes globales projetées à 3 431,5 milliards F CFA et des dépenses arrêtées à 3 918,3 milliards F CFA, le budget 2026 affiche un déficit de 486,8 milliards F CFA. Un chiffre qui, loin d’être préoccupant, traduit un choix assumé d’investir aujourd’hui pour sécuriser demain et poser les bases d’une croissance durable au profit de tous.

Dans un contexte comme celui du Burkina, le budget apparaît ainsi comme un outil stratégique au service de la résilience nationale. En effet, l’analyse de la répartition sectorielle des ressources propres confirme cette orientation. Le secteur de l’Education, premier bénéficiaire, capte 837,52 milliards F CFA, soit 29,43 % des ressources propres, en hausse par rapport à 2025. Ce choix est un signal fort. Former l’Homme, investir dans le savoir et la jeunesse, c’est préparer la victoire sur le long terme, aussi bien sur le terrain de la sécurité que sur celui du développement économique et social.

La défense et la sécurité, pilier central de la reconquête du territoire, bénéficient de 707,89 milliards F CFA, représentant 24,87 % des ressources propres. Si cette enveloppe est en légère baisse par rapport à 2025, elle demeure substantielle et traduit une phase de consolidation des acquis. Après des efforts intenses, l’embellie observée sur le front sécuritaire permet d’optimiser les ressources, tout en maintenant les capacités opérationnelles des Forces de défense et de sécurité (FDS) et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).

Le secteur de la santé, avec 361,77 milliards F CFA, soit 12,71 % des ressources propres, enregistre une progression de près de 1% par rapport à l’année précédente. Cette hausse traduit la volonté des autorités de poursuivre la dynamique de renforcement du capital humain et d’amélioration de l’accès aux soins pour garantir une meilleure couverture sanitaire, condition indispensable à une population productive et confiante en l’avenir. Quant au développement rural, doté de 161,75 milliards F CFA (5,69 % des ressources propres), il s’inscrit pleinement dans la dynamique du développement endogène. Soutenir l’agriculture, l’élevage et les filières locales, c’est répondre à l’exigence de souveraineté alimentaire, créer des emplois et réduire la dépendance extérieure. Au-delà des chiffres,
le budget 2026 rappelle aux Burkinabè que l’unité, la discipline et l’engagement collectif sont les leviers de la transformation nationale.

Aux investisseurs nationaux et internationaux, il offre un cadre lisible, orienté vers la stabilité, la sécurisation progressive du territoire et l’investissement dans les secteurs porteurs. Cependant, il convient de noter qu’un budget n’est qu’une prévision. Sa réussite dépend de sa mise en œuvre effective. Cela suppose une mobilisation accrue des ressources internes qui appelle au civisme fiscal, un acte patriotique. En s’acquittant de leurs impôts, les citoyens comme les entreprises transforment les lignes budgétaires en écoles, en centres de santé, en routes, en sécurité et en opportunités économiques.
Le budget 2026 est donc une promesse. A chacun d’en faire une réalité.

Par Assetou BADOH
badohassetou@yahoo.fr

Hadj 2026: Le coût du pèlerinage fixé à 3 285 000 francs CFA

Le comité national d’organisation du pèlerinage à la Mecque a officiellement lancé les préparatifs du Hadj 2026, le samedi 27 décembre 2025, à Ouagadougou.

L’Etat burkinabè veut réunir les conditions pour une meilleure organisation du Hadj 2026. C’est dans cette dynamique que le Comité national d’organisation du pèlerinage à la Mecque (CNOPM) a lancé officiellement les préparatifs du Hadj 2026, le samedi 27 décembre 2025, à Ouagadougou.

Le président du CNOPM, Amadou Sidibé, a annoncé que l’Etat est désormais l’organisateur du Hadj. Cette réforme, a-t-il justifié, vise à garantir un suivi rigoureux et une meilleure coordination entre les acteurs impliqués. Il a ajouté que la restauration des pèlerins sera assurée du début jusqu’à la fin du séjour, soit environ trente jours, dans le but de corriger ainsi l’une des principales difficultés relevées lors
des précédentes éditions.

Amadou Sidibé a également rappelé les conditions d’éligibilité : « la première condition est l’aptitude médicale, suivie du paiement des droits et des frais d’inscription ». Le président du CNOPM a, en outre, souligné que ces changements visent à placer l’intérêt du pèlerin au centre des préoccupations. Il a aussi confié que l’enrôlement et les visites médicales débuteront au début du mois de janvier et le Hadj 2026 va se dérouler au mois de mai.
Représentant le ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité,
le directeur de cabinet, Bertrand Toé, a précisé que ces reformes traduisent la volonté du gouvernement de renforcer la gouvernance du pèlerinage et d’offrir de meilleures conditions aux pèlerins burkinabè.

Il a souligné que l’encadrement des agences de voyage, le suivi des pèlerins, le transport, l’hébergement, la restauration et la santé font désormais l’objet d’une attention particulière. Sur le plan sanitaire, M. Toé a insisté sur le respect des directives saoudiennes :
« le certificat d’aptitude médicale est désormais exigé pour tout candidat au pèlerinage ». Il a également indiqué l’importance de la discipline et du respect des procédures d’inscription, soulignant que ces mesures visent à assurer la sécurité et le confort des pèlerins.

« Le coût du Hadj 2026 a été fixé à 3 285 000 francs CFA, il est en baisse par rapport à 2025. Ce montant intègre désormais la restauration à la Mecque et à Médine, contrairement à l’édition précédente », a précisé Bertrand Toé. Il a, par ailleurs, relevé la volonté de l’Etat de réduire les charges financières des fidèles tout en améliorant la qualité de leur séjour.

Abdoulaye BALBONE
Fatimata ZOUNGRANA
(Stagiaire)

 

CAN 2025/Algérie # Burkina (1-0): réactions d’après match

Franck Lassina Traoré : « Nous avons tout essayé »

« Nous avons tout essayé pour revenir au score. Ce qui n’a pas marché. Maintenant, nos regards sont maintenant tournés vers le match contre le Soudan. Ça sera un match compliqué qu’il faut obligatoirement gagner. Nous allons les analyser. Nous allons bien récupérer pour ne pas faillir face au Soudan ».

 

Bertrand Traoré : « J’étais très remonté contre l’arbitre »

« C’était un très beau match. On voulait gagner. On savait que c’était la bataille pour la première place. Nous avons essayé en donnant tout pour gagner ce soir. L’arbitre aussi ne nous a pas aidés pour cela. J’étais très remonté contre lui à la fin du match. C’est dommage, mais c’est aussi cela le football. Nous allons nous reposer afin d’être prêts pour le prochain match. Nous allons tirer ce qui a été bien face à l’Algérie et corriger le moins bon afin de ne pas se faire surprendre par le Soudan ».

 

Steeve Yago : « Ça reste encourageant pour la suite »

« Il nous a manqué ce soir de la vitesse sur les dernières actions. On aurait dû concrétiser au moins une de nos occasions franches. C’est dommage mais ça reste quand même encourageant pour la suite. Il nous reste un troisième match. Je n’aime pas souvent parler des arbitres mais, ce soir ça été un peu le jeu du chat et de la souris avec les arbitres. Je pense qu’on aurait mérité un peu plus de temps sur la fin et quelques situations où je pense que ce n’est pas sûr qu’il y ait des fautes. Bref, il ne faut pas que nous restions trop focalisés sur cela. Nous avons un bon groupe et il nous reste un troisième match. Nous allons relever la tête pour gagner ce match ».

 

Hervé Koffi : « Je suis très fier de notre équipe » 

« Je suis très fier de notre équipe. Malheureusement nous n’avons pas été réalistes. Nous allons essayer de vite oublier ce match et se pencher pour le prochain match. Nous allons bien nous reposer afin d’assurer la qualification face au Soudan. J’ai confiance à mes coéquipiers ».

 

Lucas Zidane, fils de Zinedine Zidane et gardien algérien : « Nous savions au départ que ça allait être compliqué »

« Nous sommes contents de ces deux victoires qui assurent notre qualification. Nous avons eu face à nous, une bonne équipe du Burkina. Nous savions au départ que ça allait être compliqué face à cette formation burkinabè. Elle nous a poussés jusqu’à la fin. Nous nous sommes bien défendus et content de cette qualification ».

 

Rabah Madjer, ancienne gloire algérienne : « Ce qui m’a séduit chez les Etalons… »

« Le Burkina a une très bonne équipe bien organisée et physiquement au point. Ce qui m’a séduit dans cette équipe, c’est son jeu à une touche de balle. Je leur souhaite de passer au deuxième tour avec l’Algérie. Ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Malheureusement, ils se sont toujours tamponnés à une défense bien organisée de l’équipe d’Algérie, en ne trouvant pas les solutions qu’il faut. Mais ça reste quand même une bonne équipe ».

Propos recueillis par Yves OUEDRAOGO à Rabat

 

 

Ministère en charge de l’action humanitaire: les actions passées à la loupe dans le Nazinon

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Une équipe de la Direction de communication et des relations presse (DCRP) du ministère de l’Action humanitaire et de la solidarité nationale (MAHSN) a effectué une mission terrain, lundi 22 décembre 2025, à Manga, dans le Nazinon, pour présenter les actions mises en œuvre par le département ministériel.

Une équipe de la Direction de Communication et des Relations presse (DCRP)
du ministère en charge de l’action humanitaire séjourne à Manga, dans le Nazinon, en vue de rendre plus visible les actions mises en œuvre par le département ministériel à travers ses structures déconcentrées. Lundi 22 décembre 2025, la délégation a entamé sa sortie par un entretien avec deux élèves en situation de vulnérabilité au sein des locaux de la direction provinciale de l’action humanitaire du Zoundwéogo. Face à l’équipe, Roukiétou Barry, élève en classe de 2de au lycée province Naaba Baongo de Manga, a dit avoir bénéficié d’un appui scolaire de la part de l’action sociale durant l’année scolaire 2023-2024.

« Lorsque j’étais en classe de 4e, mes parents n’avaient pas les moyens pour que je puisse continuer mes études. J’ai dû abandonner les cours pour me rendre à Ouagadougou », s’est-elle souvenue avant d’ajouter qu’aujourd’hui, grâce à ses bienfaiteurs, elle arrive à continuer ses études. Elle a dit également avoir intégré la maison communautaire de Manga par le truchement des services de l’action sociale. Patricia Nikiema, élève en classe de 4e au lycée départemental de Manga, a aussi reçu un appui scolaire de la direction provinciale de l’action humanitaire du Zoundwéogo. Elle a dit avoir connu l’action sociale depuis sa classe de 6e. Depuis cette période, a-t-elle dit, les services sociaux prennent en charge ses frais de scolarité.

« Ils font tout pour moi », s’est réjouie l’élève Nikiema tout en remerciant les services de l’action sociale. Elle a souhaité que ses bienfaiteurs continuent de l’encourager à bien travailler à l’école et à continuer ses études. L’élève en classe de 4e a confié qu’à l’avenir, elle compte devenir un cadre de l’action humanitaire pour aider les personnes vulnérables. Le périple de l’équipe de la DCRP l’a ensuite conduite sur le site de la Maison de la femme où elle a échangé avec l’Association Songtaaba des femmes handicapées.

Créée en 2016, l’amicale évolue dans le domaine du tissage, de la teinture et de la production du soumbala. La présidente de l’Association, Martine Simporé, a laissé entendre qu’une dizaine de ses siennes a déjà bénéficié d’une formation en tissage du ministère en charge de l’action humanitaire en 2024. Elle a ajouté que les membres formés ont
également reçu 10 métiers à tisser.

« Améliorer leurs conditions de travail »

Mme Simporé a reconnu que l’action sociale leur a été d’un grand appui en matériel et en numéraire pour leur permettre de renforcer leurs activités.
« Nous n’avons plus de difficultés en termes de matériel de tissage. Nous demandons un appui financier car le peu d’argent que nous gagnons est souvent utilisé pour épauler les membres de l’Association », a-t-elle indiqué. Après la Maison de la femme, la délégation de la DCRP a mis le cap sur la commune rurale de Bindé. Là-bas, elle s’est entretenue avec Edith Nikiema, évoluant dans la coupe-couture.

Déscolarisée à sa classe de 5e, les services de l’action sociale ont pris en charge ses frais de formation courant 2023-2024, à l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (ANPE). Aujourd’hui, grâce à la direction provinciale de l’action humanitaire, dame Nikiema, bénéficiaire d’un kit d’installation, a aménagé à son propre compte.
« J’arrive à bien coudre et j’ai des clients qui apprécient mon travail. Mes activités me permettent de me prendre en charge et d’aider ma famille », a-t-elle loué. Pour la directrice régionale chargée de l’action humanitaire du Zoundwéogo, Noëlle Zongo, plusieurs activités sont menées par sa structure à l’endroit des couches défavorisées dans sa province.

Selon elle, les Orphelins et autres personnes
vulnérables (OEV) sont appuyés sur le plan scolaire, par le paiement des frais de scolarité et la dotation des kits scolaires. Grâce à l’accompagnement de certains partenaires, a ajouté Mme Zongo, l’on arrive à prendre en charge les cantines et les tenues scolaires. « Nous accompagnons également les personnes vivant avec un handicap qui sont organisées en Association. Nous les aidons pour qu’elles puissent améliorer leurs conditions de travail »,
a-t-elle précisé. Celle-ci a rappelé que la mission de la DCRP s’inscrit dans le cadre de la visibilité des actions menées par son ministère.
« Nous menons beaucoup d’activités mais qui restent tapis dans l’ombre »,
a-t-elle regretté. La directrice provinciale de l’action humanitaire du Zoundwéogo a, à cette occasion, invité les bénéficiaires de l’appui de son département à utiliser à bon escient les ressources mises à leur disposition.

Noufou Sawadogo

12e Régiment d’infanterie commando de Ouahigouya: une délégation gouvernementale réconforte les blessés de guerre

Une délégation gouvernementale a rendu visite aux blessés de guerre du 12e Régiment d’infanterie commando (RIC) de Ouahigouya, le samedi 27 décembre 2025.

Engagés pour la reconquête du territoire, les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les Volontaires pour la défense de la partie (VDP) continuent de recevoir le soutien des autorités. Le 27 décembre 2025, une délégation composée du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo et du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération des Burkinabè de l’extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré, accompagnée du gouverneur de la région de Yaadga s’est rendu au centre médical militaire 12e Régiment d’infanterie commando (RIC) de Ouahigouya pour leur manifester ce soutien.

A travers cette visite, les autorités entendent traduire la solidarité de la Nation envers les soldats et VDP blessés au front dans la défense de la mère-patrie. La délégation a été accueillie au sein du centre médical militaire de Ouahigouya par le chef de corps du 12e RIC, capitaine Bèbè Noufé, entouré de ses éléments. Cette visite s’inscrit dans la dynamique de proximité et de reconnaissance prônées par les plus hautes autorités du pays, soucieuses de rester au contact des forces combattantes engagées dans la lutte contre le terrorisme.

Dans la salle d’hospitalisation des combattants blessés lors des opérations de reconquête du territoire national, la délégation gouvernementale, au nom du président du Faso et du chef du gouvernement a exprimé toute la compassion, la reconnaissance et la gratitude de la Nation burkinabè à ces hommes qui ont consenti de lourds sacrifices pour la défense de l’intégrité territoriale. Des mots d’encouragement et de réconfort ont été adressés aux blessés qualifiés de « héros-vivants » dont le courage et l’engagement forcent l’admiration. « Nous avons été dépêchés par le camarade capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’Etat et sous les orientations du camarade Premier ministre pour venir communier avec nos vaillants FDS et VDP.

Nous avons fait le choix de venir dans ce centre médical pour être très proche de ces soldats blessés sur le champ de combat », a justifié, le Porte-parole du gouvernement, Pindgwendé Gilbert Ouédraogo. Il a ajouté : « nous les avons vus dans une situation réconfortante avec un moral au top. Nous rendons grâce à Dieu pour cela. La Nation est fière de vous.
Votre bravoure et votre sens du devoir resteront à jamais gravés dans l’histoire du Burkina. Votre engagement est une leçon de patriotisme ».

Poursuivre les opérations de reconquête

Le chef de corps du 12e RIC, le capitaine Bèbè Noufé et ses collaborateurs ont salué la visite qu’ils ont qualifiée de réconfortante et hautement motivante pour l’ensemble des troupes. Il a réaffirmé la détermination des unités à poursuivre avec professionnalisme et abnégation, les opérations de reconquête nationale. « Cette visite des autorités est un message fort de reconnaissance, de solidarité nationale envers ces combattants qui ont pour certains perdu une partie de leur corps dans la défense de la patrie. Cette visite nous motive à plus d’engagement et de détermination pour la victoire finale », a indiqué le capitaine Noufé.

La visite a permis aux autorités également de s’enquérir des conditions de prise en charge médicale et psychologique des blessés de guerre. Sur ce point, selon le médecin chef du centre médical militaire de Ouahigouya, Adama Mamboué, les autorités ont salué le travail abattu par l’ensemble des médecins dans la prise en charge des
blessés de guerre. En marge de son séjour dans la cité de Naaba Kango, le ministre chargé du Tourisme a inauguré l’hôtel Filg Yiri dont le promoteur est le PDG de la Société de Transport Aorema et frères (STAF). L’hôtel Filg Yiri se veut un établissement moderne répondant au standard et qualité de confort requis dans le secteur de l’hôtellerie.

L’infrastructure d’une capacité de 60 chambres ambitionne de combler le besoin en matière d’hébergement de qualité dans la région de Yaadga. Le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a salué l’initiative du promoteur qu’il a qualifié de contribution majeure à la dynamique actuelle des autorités du pays consistant à dynamiser l’économie locale. Il a souligné que le secteur du tourisme et de l’hôtellerie demeure, un levier important de création d’emplois et de richesse. « L’inauguration de cet hôtel constitue un témoignage fort de la confiance des investisseurs nationaux dans le potentiel économique de nos régions et dans l’avenir du Burkina », a-t-il dit. Au cours de la cérémonie d’inauguration, le PDG de STAF a répondu à l’appel des autorités à travers un don composé de 30 tonnes de ciment, 10 tonnes de maïs à l’Initiative présidentielle Faso Mêbo et d’autres bénéficiaires, entre autres.

Bassirou BADINI