Des tenues traditionnelles burkinabè, confectionnées dans du Faso Danfani, reflètent une culture où le confort et la praticité sont privilégiés, tout en conservant une touche d’identité culturelle à travers les motifs et les couleurs. Découvrons ensemble une magnifique exploration des costumes traditionnels burkinabè
CAN MAROC 2025 : 𝑳𝒆𝒔 𝑬́𝒕𝒂𝒍𝒐𝒏𝒔 𝒓𝒆𝒄̧𝒐𝒊𝒗𝒆𝒏𝒕 𝒍𝒆 𝒔𝒐𝒖𝒕𝒊𝒆𝒏 𝒅𝒆𝒔 𝒂𝒖𝒕𝒐𝒓𝒊𝒕𝒆́𝒔 𝒂𝒗𝒂𝒏𝒕 𝒍𝒆𝒖𝒓 𝒑𝒓𝒆𝒎𝒊𝒆𝒓 𝒎𝒂𝒕𝒄𝒉
À la veille de leur entrée en lice à la CAN face à la Guinée équatoriale, les Étalons ont effectué leur dernière séance d’entraînement.
Un moment fort marqué par la visite d’encouragement d’une importante délégation officielle, conduite par le ministère en charge des Sports, en présence du ministre, secrétaire général du Gouvernement, du président de la Fédération burkinabè de football, de l’ambassadeur du Burkina Faso au Maroc, de l’ambassadeur pour le sport ainsi que d’autres personnalités.
La délégation a effectué un tour du terrain d’entraînement pour saluer et encourager le Onze national, déterminé et concentré avant ce rendez-vous crucial.
Sources : FBF
Lutte contre la traite des personnes : Plus d’une vingtaine de personnes mises aux arrêts par la Police Nationale à Ouagadougou.
La Division des Investigations Criminelles (DIC) de la Direction de la Police Judiciaire (DPJ) de la Police Nationale a mis aux arrêts vingt-deux (22) personnes, présumées auteurs des faits de traite des personnes, de complicité de traite des personnes, de proxénétisme et de blanchiment de capitaux.
En effet, ayant constaté la prolifération des maisons closes, particulièrement dans la ville de Ouagadougou dans lesquelles des infractions de traite des personnes sont commises, cela ajouté aux nombreuses dénonciations anonymes des populations auprès du Parquet et des services de sécurité pour les mêmes faits, ainsi que les correspondances émanant de l’ambassade du Nigéria au Burkina Faso faisant cas des faits de traite, de trafic et de proxénétisme et autres infractions commises par des ressortissants nigérians résidants au Burkina Faso, une enquête a été ouverte sur plusieurs sites. Il s’agit entres autres des auberges « Naba Karfo » à Dapoya et « Top 51 » à Bonheur ville, des maisons closes de « Gambre Yaar », « Allatikouma », « Grotto », « Petit Ouaga », « Soutou-nooma », « la Plage » et « Tabtenga » respectivement à Tampouy, Zagtouli, Somgandé, Toudoubwéogo, Wapassy, Gonsin et Saaba.

Le mode opératoire de ces présumés auteurs consistait à sillonner les villages nigérians pour recruter des filles en leur faisant des promesses d’emplois très bien rémunérés au Burkina Faso. Ils faisaient passer leurs victimes par le Bénin via des car « Dina » ou des véhicules « France au revoir » et une fois à Cotonou, ils établissaient pour elles de fausses cartes d’identité nigérianes en utilisant de fausses identités et en inscrivant de fausses dates de naissance pour majorer l’âge des mineures. Dès leur arrivée au Burkina Faso, elles avaient pour tutrices des dames nigérianes qui récupéraient leurs téléphones portables, leurs documents d’identité et procédaient à leur placement dans des maquis, des maisons closes, des auberges et autres lieux en les contraignant à se prostituer avec la complicité des gérants et propriétaires. Après leur placement, le versement d’un montant compris entre 1.300.000 et 1.500.000 FCFA leur était imposé avant toute libération. Les patronnes usaient de tous les moyens dont des « actes de magie noire » pour les dissuader de les dénoncer aux autorités judiciaires.
Aussi, sur ces différents sites dont certains occupaient illégalement le domaine public et d’autres construits sur des parcelles d’habitation, se développaient, en plus des maladies sexuellement transmissibles, plusieurs fléaux tels que la vente des drogues et autres substances nuisibles à la santé, l’hébergement des délinquants et le recel des butins d’infractions commises.
Il est à noter que plus de deux cents (200) jeunes filles nigérianes ont été identifiées dans les maisons closes et autres lieux similaires à Ouagadougou, parmi elles des mineures âgées de 15 à 17 ans dont une enceinte. Celles-ci ont toutes été mises à la disposition des autorités compétentes.
La Police Nationale remercie les citoyens qui ont contribué à l’atteinte de ce résultat. Elle les exhorte à plus de vigilance autour d’eux et à toujours collaborer avec les forces de sécurité dans le cadre de la lutte contre l’insécurité sous toutes ses formes. Elle les invite par ailleurs à poursuivre la dynamique de dénonciation des cas suspects aux numéros verts que sont les 17, 16 et 1010.
La Police Nationale, une force publique au service des citoyens !
Développement : Les Chefs d’État de l’AES procèdent à l’inauguration de la Banque Confédérale d’Investissement et de Développement
Zone de libre-échange de Hainan L’agriculture tropicale de haute qualité, une industrie charnière
La zone de libre-échange de la province insulaire de Hainan s’appuie sur quatre industries importantes que sont l’agriculture tropicale de haute qualité, le tourisme, les industries de hautes technologies et les services modernes. À l’occasion du lancement officiel de l’opération douanière spéciale du port de libre-échange de Hainan, il sied de souligner les différentes initiatives de promotion du secteur agricole pour booster le développement économique de la province insulaire. Les expériences agricoles réussies sont devenues des piliers essentiels de l’économie de la province. S’appuyant sur la revitalisation rurale, les communautés ont été mobilisées pour valoriser les terres arables.
Le plan d’action triennal (2022-2024) pour le développement et la culture de chaînes industrielles complètes dans l’agriculture tropicale de haute efficacité de la province de Hainan a identifié 17 secteurs majeurs à travers lesquels sont détaillées les missions de développement de chaînes de valeurs. Ces 17 secteurs comprennent le riz, les cultures maraîchères d’hiver, l’aquaculture, le poulet Wenchang, le caoutchouc naturel, les noix d’arec, l’industrie semencière de Nanfan, la canne à sucre, le poivre, le café, la mangue, le litchi, le fruit du dragon, l’ananas, le melon miel, le durian et le thé, etc. Dans la mise en œuvre de ce vaste programme ambitieux, toute une série d’initiatives ont été mises en place pour développer les chaînes de valeurs.
Les fruits de ces efforts sont déjà visibles à travers dix marques de produits qui ont conquis toute la Chine. Il s’agit, par exemple, de la Mangue de Hainan, de la Pomme d’eau (Jambose) de Hainan, du fruit du dragon de Hainan, du Café de Hainan, du Poivre de Hainan, de la Patate douce de Hainan, du Melon miel de Hainan, du Litchi de Hainan, du Porc noir de Hainan, du Riz de qualité de Hainan. À cela, il faut ajouter l’arboriculture fruitière qui s’est développée avec l’initiative louable dénommée la « Fenêtre mondiale des fruits tropicaux de Qionghai. » Grâce à ce projet, près de 700 espèces de fruits tropicaux provenant de plus de 50 pays et régions ont été introduites dans la province. Parmi elles, 420 espèces ont été introduites pour la première fois en Chine et 380 se sont acclimatées avec succès, ce qui a valu à la province le surnom d’« ONU pour les papilles gustatives ».
Symbole d’une coopération agricole concrète et dynamique avec le reste du monde, l’initiative s’est incrustée dans la province à travers un modèle tridimensionnel « entreprise + coopérative + agriculteurs. » Cela a permis d’expérimenter la culture de fruits tropicaux sur une superficie cumulative d’environ 2 667 hectares à travers l’île de Hainan. Le modèle est un cas d’école dans la mesure où il a favorisé la modernisation de l’arboriculture fruitière dans 20 villages et permis à plus de 1 000 foyers d’agriculteurs d’augmenter leurs revenus.
Dans la perspective de renforcer la coopération internationale, le projet envisage la création de plusieurs centres dédiés respectivement aux ressources phytogénétiques de fruits tropicaux, à l’innovation technologique, à la démonstration industrielle, à la coopération et aux échanges internationaux, et à la consommation touristique. À terme, les contributions de ces centres permettront d’améliorer les variétés de fruits tropicaux introduites, le renouvellement des variétés de qualité et la création de variétés compétitives au niveau international.
L’ambition ultime est de faire de ce projet un modèle réussi de revitalisation rurale dans le secteur des fruits tropicaux et de l’implémenter dans les pays membres de l’Initiative « la Ceinture et la Route ».
Le lancement officiel de l’opération douanière spéciale du port franc de Hainan, au-delà des facilités de circulation des marchandises, offre une fenêtre de coopération dynamique et fructueuse dans le secteur agricole. Les entrepreneurs agricoles et les chercheurs de tous les pays auront des opportunités de coopérer avec les différents centres de promotion de l’arboriculture fruitière dans la province de Hainan. L’Afrique qui dispose d’importantes terres arables a une occasion en or pour s’inspirer de l’expérience de Hainan dans la valorisation du secteur agricole. Déjà, une coopération étroite entre la Chine et des pays africains (Nigéria, République du Congo), dans la culture du manioc a enregistré des résultats tangibles sur le terrain. Elle a permis par exemple d’accroître la productivité du manioc. Par le biais de l’Institut de recherche de Sanya de l’Académie chinoise des sciences agricoles tropicales, des technologies agricoles sont adaptées en Afrique. Ces cas concrets de coopération dans le secteur de l’agriculture devraient être diversifiés entre les pays africains et la Chine, notamment l’arboriculture fruitière. L’Afrique pourrait s’appuyer sur l’Action de partenariat pour le développement de l’agriculture dans le cadre du FOCAC 2024 pour renforcer ce type de coopération dans le domaine agricole. Les possibilités de partenariat agricole sont disponibles, il faut donc en profiter.
Karim BADOLO
CGTN Français
Défense opérationnelle du territoire : La police nationale des Koulsé réinstalle plusieurs villages
La direction régionale de la police nationale des Koulsé a animé, le lundi 22 décembre 2025 à Kaya, une conférence de presse pour dresser le bilan de ses opérations menées et prodiguer des conseils de sécurité à adopter en cette période des fêtes de fin d’année.
Au cours de l’année 2025, la police nationale des Koulsé a saisi, entre autres, cinq fusils d’assaut de type kalachnikov, une mitrailleuse PKMS, une lance-roquette de type RPG-7, seize sacs d’engrais, soixante-douze petits ruminants mis en fourrière municipale de Pissila.
Elle a permis la réouverture des axes routiers tels que Kaya-Mané, Tikaré-Kongoussi, Pissila-Ouanobia et la réinstallation de plusieurs villages déguerpis et la consolidation de la sécurité.
Les flics des Koulsé a également effectué 1238 patrouilles sur les axes routiers, installé des check-points aux entrées et sorties des centres urbains et mené des missions conjointes de sécurisation des tranchées avec les autres forces combattantes de la région.
Les opérations de bouclages et fouilles de zones criminogènes à Kaya, Kongoussi et Boulsa ont porté fruit avec à la clé l’interpellation de plus de 90 personnes et la saisie d’armes à feu, de 655,95 kg de drogues et d’engins à deux roues dont certains restitués aux légitimes propriétaires.

Les services de police judiciaire ont interpellé plus de 200 personnes présumées auteurs d’infractions et déférées devant les parquets et démantelées une dizaine de groupes criminels spécialisés dans les vols à main armée, les cambriolages et les escroqueries.
S’agissant de la sécurité routière, la police nationale des Koulsé a mené 583 opérations de lutte contre l’incivisme routier dans les provinces de Bam, Namentenga et Sandbondtenga permettant la saisie de 3350 engins recouvrant une amende forfaitaire au profit des caisses de l’Etat plus de neuf millions de francs CFA et de nettoyer plusieurs services publics.
Ces résultats engrangés ont été présentés aux professionnels des médias, dans la soirée du lundi 22 décembre 2025 à Kaya, par le Directeur régional de la police nationale (DRPN) des Koulsé, Larba Salambanga.
Le conférencier principal Salambanga a indiqué que les 31 missions de sensibilisation réalisées en vue d’une prise de conscience a permis une baisse progressive des cas d’accidents au cours des trois premiers trimestres de l’année 2025.
Selon lui, la région a enregistré au premier trimestre 190 cas d’accidents dont 15 cas mortels et 248 blessés contre 162 accidents avec 8 cas mortels et 201 blessés. Alors que le troisième trimestre 2025 a connu 94 accidents dont 12 mortels et 105 blessés.
Dans le cadre de l’opération « Wibga » lancée le 16 décembre 2025, les flics des Koulsé ont mis en place un dispositif spécial sécuritaire des fêtes de fin d’année. Aux dires du DRPN Salambanga, il s’agit, entre autres, l’intensification des patrouilles, la sécurité des lieux de cultes et grands rassemblements, la régulation de la circulation au niveau des carrefours stratégiques, le renforcement des contrôles de jour comme de nuit et le pré-positionnement des équipes d’intervention.
En matière de conseils de sécurité, le commissaire principal Salambanga a exhorté les populations à respecter le code de la route, d’éviter l’excès de vitesse ou de conduire sous l’emprise d’alcool ou stupéfiants, de porter systématiquement le casque pour les motocyclette et de ne pas utiliser le téléphone pendant la conduite.
Pour se prémunir des vols et cambriolages, le DRPN des Koulsé a invité les populations d’implanter des caméras et vidéosurveillances dans les domiciles et lieux de commerce, de mettre un éclairage privé sur les façades de leurs maisons ou boutiques, de renforcer la protection de leurs domiciles et éviter l’exposition inutile d’importantes sommes d’argent ou d’objets précieux.
« Il faut aussi condamner les portières des véhicules en circulation, confier vos engins et véhicules à des tenanciers de parking, ne jamais abandonner dans le véhicule de numéraires ou des objets de valeur, éviter les routines prévisibles (mêmes heures, mêmes trajets), proscrire les déplacements tardifs ou privilèges les déplacements nocturnes en groupes, organiser la veille citoyenne dans les quartiers dans la discipline et non violente et », a listé Larba Salambanga.
Le conférencier a invité les populations à faire confiance aux forces de sécurité, les encourager, les soutenir et les fournir les renseignements opérationnels en dénonçant tout comportement suspect aux numéros 10, 16 et 17 ou appelé tout connaissant agent de sécurité.
S’agissant de la sécurité routière, la police nationale des Koulsé a mené 583 opérations de lutte contre l’incivisme routier dans les provinces de Bam, Namentenga et Sandbondtenga permettant la saisie de 3350 engins recouvrant une amende forfaitaire au profit des caisses de l’Etat plus de neuf millions de francs CFA et de nettoyer plusieurs services publics.
Ces résultats engrangés ont été présentés aux professionnels des médias, dans la soirée du lundi 22 décembre 2025 à Kaya, par le Directeur régional de la police nationale (DRPN) des Koulsé, Larba Salambanga.
Le conférencier principal Salambanga a indiqué que les 31 missions de sensibilisation réalisées en vue d’une prise de conscience a permis une baisse progressive des cas d’accidents au cours des trois premiers trimestres de l’année 2025.
Selon lui, la région a enregistré au premier trimestre 190 cas d’accidents dont 15 cas mortels et 248 blessés contre 162 accidents avec 8 cas mortels et 201 blessés. Alors que le troisième trimestre 2025 a connu 94 accidents dont 12 mortels et 105 blessés.
Dans le cadre de l’opération « Wibga » lancée le 16 décembre 2025, les flics des Koulsé ont mis en place un dispositif spécial sécuritaire des fêtes de fin d’année. Aux dires du DRPN Salambanga, il s’agit, entre autres, l’intensification des patrouilles, la sécurité des lieux de cultes et grands rassemblements, la régulation de la circulation au niveau des carrefours stratégiques, le renforcement des contrôles de jour comme de nuit et le pré-positionnement des équipes d’intervention.
En matière de conseils de sécurité, le commissaire principal Salambanga a exhorté les populations à respecter le code de la route, d’éviter l’excès de vitesse
Emil Abdoul Razak SEGDA
Segda9emil@gmail.com
2è session du Collège des Chefs d’Etats de l’AES: La BCID et la Télé de l’AES, deux outils stratégiques inaugurés
Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré est arrivé tôt, dans la matinée du mardi 23 décembre 2025, à Bamako, au Mali, pour prendre part à la 2è session du Collège des Chefs d’Etats de l’Alliance des Etats du Sahel. A la suite du cérémonial d’accueil, les Chefs d’Etats de l’AES ont inauguré, successivement, la Télévision de l’AES et la Banque Confédérale d’Investissement et de Développement de l’AES.
C’est très tôt dans la matinée du mardi 23 décembre 2025 que le Président du Faso, Capitaine Ibrahim Traoré, a foulé le sol de Bamako, au Mali, en vue de sa participation, aux cotés de ses paires du Mali et du Niger, à la 2è session du Collège des Chefs d’Etats de l’Alliance des Etats du Sahel(AES), dont les activités ont démarré, lundi 22 décembre 2025, dans la capitale malienne. A son arrivée, à l’Aéroport international Modibo Keïta de Bamako, le Président du Faso, Ibrahim Traoré, a été accueilli, dans la confraternité, par le Président Malien, le général d’Armée, Assimi Goïta, en présence des membres du gouvernement burkinabè, de délégation étrangère ainsi qu’une très forte communauté de Burkinabè résident en terre malienne.
Après cet étape, le Président du Faso, Ibrahim Traoré, a eu un bref échange au Salon d’honneur avec ses homologie du Niger, le général d’armée, Abdouramane Tiani et du Mali, le général d’armée, Assimi Goïta. Juste à l’issue de l’accueil, les trois Chefs d’Etats, aux pas de course, sont allés inaugurer officiellement successivement la Télévision de l’AES et la Banque Confédérale d’Investissement et de Développement de l’AES (BCID-AES). Avec l’inauguration de ces deux outils stratégiques, les pays membres de l’Alliance des Etats du Sahel franchissent pan important dans leur marche vers la souveraineté et leur affirmation sur l’échiquier international. Notons que la Banque confédérale a un capital initial de 500 milliards FCFA et se veut être un levier essentiel de financement au service des projets structurants communs, de l’intégration sahélienne et de la souveraineté économique des trois États.
Faire de l’AES un espace commun de partage
Sa vocation est surtout de mobiliser des ressources souveraines et de financer des projets hautement prioritaires tels que les infrastructures routières et le désenclavement, l’agriculture et la sécurité alimentaire, l’énergie et les interconnexions régionales ainsi que l’appui aux projets privés adossés aux priorités nationales. Véritable épine dorsale de la Confédération, la BCID incarne l’ambition collective du Niger, du Mali et du Burkina Faso de reprendre en main leur destin économique et financier, longtemps tributaire des mécanismes de financement extérieurs.
Quant à la Télévision de l’AES, la première à être inaugurée par les Chefs d’Etats, elle constitue également l’un des outils les plus stratégiques dans l’affirmation de la souveraineté informationnelle. La création de cette Télévision s’inscrit, en effet, dans la vision globale des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel, de reprendre le contrôle du narratif communicationnel, dans un contexte où certains médias étrangers tentent d’imposer leurs visions aux peuples de la Confédération, souvent au détriment de leurs intérêts. Cet outil stratégique vient encore confirmer la détermination des trois chefs d’Etats à faire de l’AES un espace commun de partage des valeurs de dignité, de souveraineté et d’unité. Ce média, dans cette dynamique, contribuera à renforcer le contrôle de l’information et de l’image, au service du peuple sahélien. La Télévision de l’AES a pour Coordinateur général, Salif Sanogo. Ce vétéran de la presse malienne est un ancien Directeur général de l’Office de Radio et Télévision du Mali(ORTM) et ex Coordinateur de la Cellule de communication de la Présidence de la république du Mali. Et, c’est Sékou Tangara, qui a été désigné Coordinateur adjoint de ladite Télé. Celui-ci est le Directeur délégué d’Africable télévision, depuis 2023. Au total, l’es inauguration de ces deux outils stratégiques viennent confirmer la détermination des trois Chefs d’Etats à faire de l’AES, un espace commun de partage des valeurs de dignité, de souveraineté et d’unité.
Soumaïla BONKOUNGOU, envoyé spécial à Bamako
2è session du collège des Chefs d’Etat de l’AES : Le Président Ibrahim Traoré accueilli par son homologue le Général d’armée Assimi Goïta
Le Chef de l’État burkinabè, le Capitaine lbrahim Traoré est arrivé à bord d´un avion militaire sur le tarmac de l’aéroport aux environs de 7 heures 35 minutes.
Il a été accueilli par son homologue, le Président de la Confédération des États du Sahel (AES), le Général d’armée Assimi Goita, à l’aéroport international Président Modibo Keita-Sénou.
Les deux personnalités ont ensuite salué le drapeau sous les hymnes nationaux de leurs pays et celui de la Confédération AES sous le chapiteau.
Les Présidents Goïta et Traoré ont également passé en revue les troupes avant de régagner la loge présidentielle du pavillon de l’aéroport. Ce déplacement du Président burkinabè s’inscrit dans le cadre de la 2è session du collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel qui se tient ce mardi 23 décembre à Bamako.
#sidwaya.info
Sources : L’Essor
Meule traditionnelle: un outil ancestral de protection environnementale en déperdition
Symbole de l’authenticité et de l’identité culinaire du Burkina Faso, la meule traditionnelle, destinée à la transformation des céréales par les femmes, était aussi un espace de divertissement et d’expression, où elles partageaient leurs vécus, leurs émotions et leurs réalités sociales. Objet emblématique utilisé depuis des siècles, cet héritage socioculturel, aujourd’hui en déperdition avec l’avènement des moulins à cylindres, n’est pas sans conséquences sur la santé humaine et l’environnement. De l’avis des spécialistes, des solutions palliatives existent pour amoindrir ces impacts. Reportage !
A Yaoghin, dans la commune rurale de Poa, province du Boulkiemdé, localité située à une vingtaine de kilomètres de Koudougou, il est 17 h 15. Dans l’atelier du moulin du village, des grains de mil, de maïs et de sorgho, entassés dans de vieux sacs de riz ou disposés dans des plats, attendent toujours le ronronnement de l’appareil électrique pour être moulus. Balguissa Bagué, assise sur un banc, le visage voilé, laisse éclater son mécontentement. « J’ai déposé mon mil depuis le matin avant d’aller au champ, en pensant repartir avec la farine à mon retour, mais rien. Cela fait deux fois que je fais la navette. A quelle heure vais-je finir la cuisine du soir ?», se plaint-elle, visiblement frustrée.
Un garçon d’environ 13 ans, téléphone portable à la main, s’approche timidement et tente de la rassurer : « Patientez un peu, mon papa est au marché. Je vais l’appeler, il va venir ». Chez Souleymane Ouily, toujours à Poa, femmes et jeunes filles défilent sans discontinuer dans son moulin entièrement électrique. Certaines viennent moudre leurs céréales, d’autres récupérer leurs produits finis. A l’extérieur, trois machines sont installées. A l’intérieur, deux autres sont fixées. Chacune joue un rôle bien précis : l’une décortique les céréales, l’autre les transforme en farine. Une troisième écrase les épices, tandis qu’une autre encore broie les arachides en pâte. Toutes ces machines lui appartiennent.

Il les a acquises à près d’un million F CFA et les installations électriques lui ont coûté environ 200 000 F CFA. Son savoir-faire et la passion qu’il nourrit pour ce métier de meunier depuis plusieurs années attirent une clientèle fidèle. Au quartier Niangdo, dans la cour d’Adama Tiemtoré, un groupe de jeunes égrène le maïs à côté d’un moulin traditionnel, implanté à l’extrémité de la concession. Sanata Kabré et Alimata Nikiéma, malades depuis une dizaine de jours, n’ont pas encore rejoint les champs pour les récoltes tardives d’arachides. Sanata raconte que deux semaines plus tôt, elle a dû écraser du petit mil à la meule pour préparer de la bouillie pour toute la famille, le moulin moderne du quartier étant tombé en panne. « Le meunier a mis trois jours avant que le ronronnement ne reprenne », explique-t-elle.
La chanson à la meule, une « arme » pour la femme
Sa coépouse Alimata renchérit : « C’est pour faire face à ces situations, sans oublier les coupures intempestives d’électricité, que nous avons demandé à nos maris de nous construire une meule ». En cas de panne ou de coupure, le menu est improvisé. En lieu et place du tô, initialement prévu, elles préparent du « babenda » ou du « gonré », lorsque des feuilles de haricot sont disponibles. Ces mets locaux nécessitent moins de farine, souvent obtenue à partir de maïs ou de petit mil écrasé et complétée par de la poudre d’arachide, contrairement au tô qui exige une quantité plus importante.
L’activité de moulage se déroule sur une sorte de terrasse aménagée, où chaque femme installe sa meule, appelée «neeré » en langue mooré. Cet espace devient un véritable lieu de rassemblement où les femmes se retrouvent ensemble ou individuellement pour écraser les céréales. Dans les sociétés africaines en général, la parole étant sacrée et ne devant pas être prononcée n’importe où, les femmes ont développé une littérature orale qu’elles

NoagaYaméogo : « si l’outil de moulage devient lisse, c’est un fer très dur qui est utilisé, avec
une technique de réparation pour qu’il redevienne rugueux ».
expriment dans le cadre de leurs activités quotidiennes. Autour de la meule, elles chantent les louanges de leurs maris, se consultent, échangent des conseils et partagent leurs expériences de vie conjugale.
Par le passé, lorsqu’un message devait être transmis au chef du village, c’est à travers les chants exécutés à la meule qu’il était communiqué. La chanson exécutée au lieu de moulage remplit une double fonction : le divertissement et la dénonciation. Dans cette dernière, le mari, la coépouse ou la belle-mère peut être visé sans détour. Cette réalité est résumée par ce proverbe moaga qui stipule que : « Continuer d’écraser, c’est continuer de chanter ». Autrement dit, l’écrasement est indissociable du chant. Même seule à la meule, la femme chante souvent sans s’en rendre compte. « C’est à travers la chanson que la femme exprime ses émotions, ses frustrations et ses réalités sociales.
Elle extériorise son silence intérieur, la bouche étant parfois son unique arme. La chanson devient un art et un véritable compagnon de travail », soutient Sanata Kabré. Le Directeur provincial (DP) chargé de la Culture du Boulkiemdé, Bely Bayala, souligne que la meule, au-delà de sa fonction première de mouture, joue un rôle fondamental de cohésion sociale. Véritable outil de communication, elle constitue selon lui, un espace où circulent informations, rumeurs et messages communautaires, qu’ils soient positifs ou négatifs.
Répondre rapidement aux cas d’urgence
La meule en granite se compose de deux éléments distincts : la meule-mère de forme rectangulaire, posée sur une élévation en terre battue et la meule-fille, que la femme fait glisser à la surface de la meule-mère dans un mouvement de va-et-vient, tout en exerçant une pression sur les grains pour les écraser. Aujourd’hui, bien que les moulins à gasoil ou électriques soient présents dans presque tous les villages, le moulin traditionnel demeure, de l’avis de nombreuses femmes, la meilleure alternative en cas d’urgence. Pour Béatrice Baki, nièce du village de Niangdo, la meule reste irremplaçable.

Elle explique que l’accueil d’un étranger impose la préparation du traditionnel zom-koom, boisson obtenue à partir de mil écrasé à la meule, pétri avec du beurre de karité et relevé d’un peu de piment. « Du point de vue écologique, la meule est la meilleure option. La farine ne dégage ni odeur de gasoil ni arrière-goût suspect », affirme-t-elle. Lors des cérémonies coutumières, telles que le Poug-poussoum (PPS), qui signifie salutations de la femme en mooré ou les mariages traditionnels, les céréales sont systématiquement moulues à la meule. Quelle que soit la quantité, toutes les femmes se mobilisent. Elles reconnaissent unanimement par ailleurs, que le tô issu de la meule est plus savoureux que celui du moulin moderne.
« Avec la meule, le tô est plus collant, plus naturel. On mange mieux et on se rassasie plus vite », confie Béatrice Baki, sourire aux lèvres. Chez le Teng-soaba de Koudougou, Sibkalga Yaméogo, centenaire installé au secteur 1, quartier Dapoya, une seule meule trône au milieu de la cour, sur une terrasse. Sa première épouse, Buudnoma Yaméogo, âgée de plus de 80 ans, limite désormais ses activités en raison du poids de l’âge. C’est sa coépouse, Noaga Yaméogo, qui a pris la relève. Elle recourt à la meule lorsque la quantité de mil à moudre est modeste.
Donner un nouveau mécanisme à la meule
Chaque année, des rituels et fêtes coutumières sont organisés chez le vieux Sibkalga. A ces occasions, il exige qu’une partie du mil soit moulue à la meule, l’autre pouvant passer au moulin cylindrique. Avant l’apparition des moulins à cylindres, il y a environ 40 ans, les femmes dépourvues de meule se déplaçaient de concession en concession pour moudre leurs céréales. Aujourd’hui, au quartier Dapoya, moins de deux cours disposent encore d’une meule. Autrefois accessible à 300 F CFA, la meule coûte désormais beaucoup plus cher. Alassane Zongo, originaire du village de Ramongo, dans le Boulkiemdé, exerce le métier de tailleur de meules.

Il affirme pouvoir sculpter jusqu’à trois meules par jour et les vendre à 6 000 F CFA l’unité. « La production a fortement baissé, car peu de familles continuent d’utiliser la meule. Pourtant, obtenir un produit de qualité exige de la force, une bonne alimentation et un savoir-faire spécifique », justifie-t-il. Selon Bely Bayala, les sites d’extraction des meules sont aujourd’hui reconvertis, notamment au profit des carrières de Bâtiment et travaux publics (BTP), jugées plus rentables. « La donne est devenue plus fructueuse du côté des carrières que de celui des meules », constate-t-il.
Malgré la pénibilité du moulage, les utilisatrices reconnaissent les nombreux avantages de la meule : absence de dépenses financières, réduction des déplacements et gain de temps pour d’autres activités. Elles souhaitent que cet outil ancestral soit préservé pour les générations futures. Dans la société moaga traditionnelle, la maîtrise de la meule faisait partie des épreuves imposées à la jeune fille nouvellement mariée. Savoir moudre constituait un honneur pour la mère et une fierté pour la fille.
« Aujourd’hui, cet outil emblématique est relégué au second plan, au profit du moderne », regrette Buudnoma Yaméogo. Pour des raisons culturelles, sociologiques et écologiques, le Directeur régional de l’Eau et de l’assainissement de l’environnement (DREAE) de Nando, Mamoudou Kandé, par ailleurs inspecteur de l’Environnement, souligne que les meules communautaires et collectives peuvent être maintenues. Pour qu’elle soit moins pénible, il note que la meule traditionnelle peut être modernisée. « Elle peut être fabriquée sous forme de roue comme dans des zones rurales de certains pays arabes, pour réduire la pénibilité lors du moulage », fait-t-il savoir. Des impacts sanitaires humains et environnementaux

Le DP chargé de la Culture, Bely Bayala, confie que le Burkina Faso est aujourd’hui dans une dynamique où tout doit être endogène et il faudra travailler à donner un nouveau mécanisme à la meule. « Même s’il n’y avait pas le moulin moderne, avec l’évolution, nos grands-parents allaient trouver un moyen pour mécaniser la meule et l’adapter à notre époque », se convainc-t-il. Il indique qu’au niveau du ministère en charge de la culture, il y a une direction chargée du patrimoine culturel pour préserver ces valeurs matérielles et immatérielles de la meule.
Si le moulin moderne réduit la pénibilité, il fait néanmoins gagner du temps et permet aux femmes d’entreprendre des Activités génératrices de revenus (AGR). Il n’est pas sans conséquences sanitaires et environnementales. Le moulin moderne conçu à base de ferrailles, sans occulter les odeurs des fuites d’huile ou des hydrocarbures se répercutent parfois sur le produit fini. « Avec les évolutions technologiques, il serait difficile que la génération actuelle et future revienne à la meule, sinon que cette farine naturelle, fraichement moulue à la meule est meilleure et elle nous épargne de toutes sortes de maladies », lâche le chef de ménage, Adama Tiemtoré.
Le meunier Ousséni Ouédraogo du village de Ramongo, faute d’électricité, utilise du gasoil. Il dit dépenser 110 000 F CFA pour l’achat de cet hydrocarbure qu’il juge moins coûteux que l’électricité. Le nutritionniste en charge de fortification et de la sécurité sanitaire des aliments, Abdoulaye Gueye, rappelle que les céréales complètes sont riches en vitamines B, vitamine E, en fibres et en sels minéraux. « Après le décorticage ou le raffinage, la majorité de ces micronutriments est perdue. Il faut alors enrichir artificiellement la farine pour compenser le manque à gagner », explique-t-il.
Il existe plusieurs types de moulins à céréales, allant des petits moulins manuels aux moulins industriels à grande échelle. Au Burkina Faso, ceux répandus sont les moulins électriques et à gasoil. Toutefois, le concept de base demeure le même, qui est de broyer

les valeurs ancestrales.
les grains des céréales en des farines raffinées, dépourvues du son et du germe. Cela entraîne, de l’avis du nutritionniste, une réduction non négligeable des fibres alimentaires, de vitamines du groupe B, de vitamine E, de sels minéraux (fer, magnésium, zinc) et d’antioxydants avec pour conséquences, un risque accru de carences en micronutriments, de troubles digestifs et de maladies chroniques, comme le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires.
Les moulins varient en termes de coût, de la capacité de production, du fonctionnement, de l’entretien, de la robustesse, de la rentabilité, de la disponibilité, du développement socio-économique et du potentiel de réduction de CO2. Le DREAE, Mamoudou Kandé, indique que certaines options ancestrales étaient orientées pour conserver la nature.
Il souligne que les moulins à gasoil sont plus polluants que l’essence parce qu’ils produisent, selon lui, de la fumée avec beaucoup plus de CO2 nocif pour la santé. Il ajoute que ce même CO2 augmente les Gaz à effet de serre (GES) du pays des Hommes intègres.
« Si on laisse déverser un centilitre de gasoil sur le sol, il le pollue et cela peut atteindre la nappe phréatique. En plus, la pluie l’emportera dans les rivières, occasionnant des

conséquences sur la santé humaine, animale et environnementale », déplore-t-il. Il justifie que les technologies anciennes, dans leur cycle de vie ont très peu d’impacts négatifs
sur l’environnement et les ressources naturelles, contrairement aux moulins modernes qui consomment de l’énergie, avec des huiles de vidange et de petits déversements qui contribuent à dégrader l’environnement. Il précise qu’en dehors du granite, la meule conçue avec du bois ou de la terre cuite, joue également sur l’environnement.
Il détaille que les types de déchets produits par les moulins modernes sont solides, liquides et gazeux et le gros des déchets sont les ferrailles. L’environnementaliste affirme qu’avant d’être recyclés, ils sont déposés dans des endroits encombrants, provoquant des nids d’insectes et des moustiques. « Il n y’a pas de gestion spécifique pour ces déchets.
Au niveau des petits moulins, il y a certains types de déchets à négliger, par contre, pour les grands moulins, on se pose la question de savoir comment est fait le nettoyage des céréales et où vont les eaux usées ? », se questionne M. Kandé. Pour lui, en matière de déchets, le meilleur déchet est celui qui n’a pas été produit et seul le système traditionnel est très minimisé.
« Dans le domaine écologique, nous sommes prudents parce que le zéro impact négatif est extrêmement rare tout comme le 100% impact positif est rare », confie l’inspecteur de l’environnement. Comme alternatives pour réduire les impacts environnementaux, M. Kandé propose des moulins électriques à base de plaques solaires. « Bien que ces plaques aussi aient été fabriquées à quelque part dans le monde, elles vont minimiser les impacts sur l’environnement parce qu’en ce moment, l’électricité du moulin viendra directement de la plaque ou de la centrale solaire ou bien de l’éolien », justifie-t-il.

Pour les risques de maladies avec les moulins modernes, le nutritionniste conseille d’une part, l’utilisation des bacs de rétention pour les réservoirs d’huile et de carburant afin de contenir les fuites. D’autre part, il recommande de privilégier les surfaces lisses, imperméables et faciles à nettoyer, pour éviter l’accumulation de poussières, d’huile et d’installer des systèmes d’aspiration à la source pour les poussières de farine et de son.
« Il faut que nous ayons une bonne pratique d’hygiène et de maintenance en formant et en sensibilisant des opérateurs. Il faut que nous établissions aussi des normes claires pour l’implantation et l’exploitation des moulins, comme la distance entre zone mécanique et zone alimentaire », suggère-t-il. Il précise que les risques sanitaires des moulins modernes ne sont pas une fatalité. L’idéal pour lui est de promouvoir des moulins “propres”, où la qualité nutritionnelle des céréales est préservée.
Afsétou SAWADOGO
L’AES contre vents et marées
Bamako, la capitale malienne, abrite, les 22 et 23 décembre 2025, la 2e session du Collège des chefs d’Etat de la Confédération des Etats du Sahel (AES) qui regroupe le Burkina, le Mali et le Niger. Faisant suite à celui de Niamey en juillet 2024, ce rendez-vous au sommet historique va permettre aux trois chefs d’Etat membres, le capitaine Ibrahim Traore, le général d’Armée Assimi Goïta et le général d’Armée Abdourahamane Tiani de faire le point du chemin parcouru par l’AES, depuis sa création le 16 septembre 2023.
Porté sur les fonts baptismaux sous la forme d’une Alliance pour ensuite devenir une Confédération, l’organisation est née dans un contexte de tensions géopolitiques, marquées par le retrait du Mali, du Niger et du Burkina de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) considérée comme un outil aux mains des impérialistes. Les Etats fondateurs de l’AES, confrontés au terrorisme, n’en pouvaient plus de l’incapacité de cette institution à les aider à juguler le phénomène et de sa mise sous ordre de certaines puissances étrangères comme la France.
Aussi, ont-ils décidé de se mettre ensemble pour lutter pour leur souveraineté et amorcer un véritable développement endogène.
En se donnant pour mission d’établir une architecture de défense collective face au terrorisme et à la criminalité organisée et de construire un espace politique et économique commun, l’AES a fait des pas de géant, alors que certains observateurs ne pariaient pas un sou sur sa crédibilité et sa longévité.
L’institution a déjoué les pronostics, en tissant sa toile dans l’espace régional, avec des résultats appréciables en deux ans d’existence. De nombreuses initiatives ont permis à l’AES de prendre corps. Parmi celles-ci, figurent l’instauration d’un passeport et d’une carte d’identité, la transformation de l’Autorité du Liptako-Gourma en un outil opérationnel, la création des commissions nationales de l’AES, d’une Cour pénale et des droits de l’Homme du Sahel, d’une Banque d’investissements avec un capital initial de 500 milliards F CFA, d’organes de médias (radio, télé et presse écrite) et d’une Force unifiée de 5 000 hommes pour lutter contre le terrorisme.
Plus spécifiquement dans le domaine de la diplomatie, l’organisation sahélienne est engagée dans des relations décomplexifiées et de diversification des partenariats. Il n’est plus question de paternalisme ou de diktat des puissances étrangères, qui décidaient de tout et de rien dans ces Etats. Le rêve nourri par l’AES de construire un Sahel uni et libre est en train de devenir réalité. Il reste à consolider les acquis et à dégager les perspectives, en vue de continuer sereinement la marche vers la souveraine voulue.
Le sommet de Bamako offre l’occasion aux dirigeants de se livrer à cet exercice hautement important, dans un contexte où l’AES est vue d’un mauvais œil par certains dirigeants occidentaux, habitués à décider du sort des Etats africains comme ils le voulaient.
Voir l’AES prospérer trouble manifestement le sommeil dans certaines chancelleries qui vont devoir pourtant s’accommoder de cette nouvelle donne géopolitique.
Dans ce mode en pleine évolution, l’Afrique ne peut plus être un simple spectateur. Elle ne peut plus demeurer dans l’éternelle assistance et la soumission. Elle doit pouvoir prendre en main son destin, discuter d’égal à égal avec les autres partenaires au plan mondial. A travers le difficile combat pour la liberté et la souveraineté qu’elle mène sans relâche, l’AES a tracé la voie à suivre…
Kader Patrick KARANTAO



