Campagne nationale Dɛmɛ Sira: la campagne digitale #DɛmɛSira officiellement lancée

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Le ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité a lancé officiellement la campagne digitale #DɛmɛSira et du concours national sur les bonnes pratiques endogènes de solidarité, mardi 9 décembre 2025, à Ouagadougou.

Le ministère de l’Action humanitaire et de la solidarité continue de dérouler les activités de la campagne de solidarité Dɛmɛ Sira. Le mardi 9 décembre 2025, le secrétaire général du ministère, Emile Zabsonré, a lancé la campagne digitale, le Hashtag #DɛmɛSira et le concours national sur les bonnes pratiques endogènes de solidarité, en présence
de créateurs numériques et d’influenceurs. Cette campagne digitale nationale articulée du hashtag #DɛmɛSira se veut un lieu de rassemblement, une signature collective, une communauté d’engagement.

Il consiste à impulser la campagne de solidarité sur les réseaux sociaux à travers notamment les vidéos sur Facebook, X et Tik Tok. Selon Emile Zabsonré, le digital est devenu un outil incontournable dans notre quotidien. « Les réseaux sociaux ne sont plus seulement des lieux de divertissement. Ils sont devenus des espaces d’expression citoyenne, des plateformes de mobilisation et parfois des terrains de solidarité concrète », a-t-il souligné. Convaincu du pouvoir des réseaux sociaux, la campagne DɛmɛSira va s’exprimer dans les fils d’actualité, les stories, les contenus créatifs et les interactions en ligne, foi du secrétaire général.

Promouvoir les bonnes pratiques endogènes de solidarité, valoriser les initiatives locales, mobiliser la jeunesse autour d’un message positif, créer une vague nationale de contenus solidaires, donner une visibilité internationale à l’esprit de fraternité burkinabè sont, entre autres, les objectifs de la campagne digitale #DɛmɛSira, selon Emile Zabsonré. Il a lancé un appel aux jeunes créateurs de contenus, aux influenceurs, aux journalistes web, aux communautés en ligne, aux Burkinabè de la diaspora, et à toutes les personnes qui croient en la solidarité, à s’approprier et faire vivre #DɛmɛSira.

Cet appel n’est pas tombé dans le vide, selon la porte-parole des créateurs numériques et influenceurs, Raïssa Compaoré. Le lancement du hashtag national #DɛmɛSira, a-t-elle dit, est un symbole qui invite à renouer avec la solidarité burkinabè. A l’écouter, les influenceurs et créateurs de contenus, suivis et écoutés par des millions de jeunes sont comme les nouveaux conteurs, les nouveaux griots, les nouveaux porte-paroles de la société. « Et nous avons un rôle essentiel : inspirer, informer, sensibiliser et mobiliser »,
a-t-elle expliqué. Lancée le 14 novembre 2025 par le Premier ministre, cette
campagne nationale de solidarité DɛmɛSira prendra fin le 31 janvier 2026.

Adama SEDGO
Adama NIKIEMA
(Stagiaire)

Enseignement supérieur : des assistants et attachés de recherche en immersion patriotique

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Adjima Thiombiano et son collègue de la Santé, Lucien Robert Kargougou ont rendu une visite d’encouragement, jeudi 17 décembre 2025, aux assistants universitaires et chercheurs en immersion patriotique.

Avant de rejoindre les amphithéâtres, des enseignants universitaires nouvellement recrutés par l’Etat bénéficient d’une immersion patriotique d’un mois. Ils sont 195 sur un total de 203 composés d’assistants universitaires, d’assistants hospitalo-universitaires et d’attachés de recherche à intégrer le site du Service national pour le développement (SND) depuis le 14 décembre 2025 à cet effet. Le jeudi 18 décembre 2025, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Adjima Thiombiano et son collègue de la santé, Lucien Robert Kargougou sont allés les encourager.

Le ministre Thiombiano a indiqué que la délégation est venue s’enquérir des conditions de formation de la première génération d’enseignants et de chercheurs à faire la session d’immersion conformément à la vision du président du Faso. « Les bacheliers de cette année ont eu la chance d’avoir cette immersion. Pour une harmonie dans les amphithéâtres, il était normal que les enseignants et étudiants parlent le même langage

Les ministres chargés de la Recherche, Adjima Thiombiano (droite) et de la Santé Robert Lucien Kargougou ont invité les immergés à se soumettre au règlement de la formation.

tout en mettant la patrie au cœur de leurs actions », a-t-il justifié. Le ministre chargé de la Recherche a invité les immergés à se soumettre et à respecter scrupuleusement les consignes qui sont données par les encadreurs. « Vous devez incarner l’intégrité prônée dans le cadre de la Révolution progressiste populaire. A l’issue de cette formation, vous allez susciter l’envie à d’autres d’être formés », a souhaité le ministre.

Le représentant des immergés, Francis Ouédraogo, a remercié les autorités du pays et les responsables du centre de Loumbila pour cette initiative.
« Nous sommes également convaincus que les objectifs assignés à cette formation seront atteints. Ce sont des modules de formation que nous n’aurions pas eu dans la pratique de notre métier », a-t-il dit. Et de rassurer que toute la promotion est contente des modules de formation qui sont dispensés.

S’agissant du contenu, le responsable de la formation, le commandant Roger Sawadogo, a indiqué qu’il comprend deux parties. Il s’agit d’une formation civique et patriotique qui comprend 10 modules et une formation à l’initiation de la discipline militaire qui comporte également une dizaine de modules,
a-t-il cité. « Tous ces modules réunis devraient créer des chercheurs modèles et qui vont impacter le milieu universitaire », a-t-il confié.

Adama SEDGO

Enfants en conflit avec la loi : un travail minutieux de réhabilitation sociale

Au Burkina, bon nombre d’enfants, auteurs de divers délits, se retrouvent dans une spirale juridico-sociale. Dans la perspective d’offrir à ces enfants en conflit avec la loi une seconde chance, le pays s’est doté d’un cadre juridique et de centres de réinsertion destinés à transformer ces mineurs en des enfants « nouveaux ». Reportage !

Lundi 5 octobre 2025 ; il est 9 heures lorsque nous franchissions les emprises du Centre d’éducation et de réinsertion sociale des mineurs en conflit avec la loi (CERMICOL) situé à 16 kilomètres de Bobo-Dioulasso, sur la nationale 8. L’infrastructure, créée le 6 octobre 2015, a une capacité d’accueil de 60 pensionnaires (48 garçons, 12 filles). Gérée
au départ par l’ONG Terre des hommes d’Italie, elle a été rétrocédée en 2019 à
la Direction générale de l’administration pénitentiaire. 27 pensionnaires étaient sur
les bancs ce jour pour un cours d’alphabétisation.

Avec l’autorisation du directeur, l’inspecteur de sécurité pénitentiaire, Mamadou Traoré, nous assistons à ce cours. A la pause, nous accostons K.N., un pensionnaire qui se démarquait par la pertinence de ses questions en salle. Agé de 16 ans, il est admis au CERMICOL depuis le 19 mai 2023. Selon une enquête sociale sur lui, K.N., aujourd’hui en classe de 3e, est un élève à parcours exceptionnel depuis l’école primaire. C’est pendant les vacances 2023 qu’il a été appréhendé par les Koglwéogo de son village, pour vol de téléphone. Conduit au commissariat de sa localité, il est jugé et déféré à la Maison d’arrêt et de correction de Manga pour être ensuite placé au CERMICOL.

La directrice de la justice juvénile, Emma Adelaïde Paré : « notre approche est basée sur la politique pénale du gouvernement ».

Aujourd’hui, K.N dit comprendre de mieux en mieux la vie en société. « A l’issue de mon jugement, on m’avait demandé ce que je voulais. J’avais répondu que je voulais qu’on m’éloigne de mes amis et de ma famille », se souvient-il. Après deux ans au centre, il ne se plaint pas. « Les responsables du centre appellent souvent mon papa, ma mère ou mes frères par téléphone et j’échange avec eux. Maintenant, mes parents sont contents de moi et mes frères veulent me voir. Je travaille dur à l’école. Après mon BEPC, je compte aller les voir », confie-t-il. Son souhait est d’intégrer les rangs de l’armée après son BEPC.

Alphabétisés, formés et équipés

Après également un « passage réussi » au CERMICOL, V.B, lui est devenu soudeur de son Etat. Coupable d’acte de vol et placé par le Tribunal de grande instance (TGI) de Diébougou en 2020, il entame sa phase de réhabilitation, le 15 juillet 2021. Après deux ans de stage de perfectionnement à Diébougou, province de la Bougouriba, il s’est installé à son compte en 2024. « Quand nous sommes arrivés au centre, en plus de l’alphabétisation, le choix du métier était libre. J’ai choisi la soudure. Mon inquiétude c’était de trouver du matériel à la fin de ma formation. J’ai alors partagé ma préoccupation avec notre encadreur. Il m’a rassuré qu’à la fin de ma formation, il y aura une phase d’observation à l’issue de laquelle, de concert avec mes parents, je pourrais bénéficier d’un accompagnement de CERMICOL pour mon installation.

A ma sortie, en plus d’être alphabétisé, j’ai reçu une formation et une dotation en matériel de travail », se réjouit-il. Les centres de réinsertion sociale ont aussi fait leurs preuves avec C.T. Né en décembre 1998 à Ouagadougou et après un parcours scolaire tumultueux, il raccroche définitivement en classe de 6e. Sa famille, par crainte de l’exposer aux risques
de la délinquance juvénile, entreprend son intégration au Centre d’éducation et de formation professionnelle de Gampèla (CEFP-G) dans la commune rurale de Saaba, afin qu’il apprenne un métier. C.T intègre le CEFP-G en octobre 2016 pour une formation en mécanique auto pendant deux ans.

La juge pour enfants, Azèta Nyampa : « notre travail n’est pas forcément d’établir la culpabilité, mais d’éviter que l’enfant ne sombre davantage dans la délinquance ».

En 2022, il effectue un stage de perfectionnement puis s’associe à un ami pour ouvrir un garage. Pour lui, la formation au CEFP-G est de qualité.
« En plus de la formation professionnelle, on apprend la vie en société et bien d’autres valeurs pour être utile à la famille et même au pays », reconnait-il. D’ores et déjà, il invite les ministères et autres structures publiques et privées à leur envoyer leurs véhicules pour les réparations. « Nous ne sommes pas chers et cela pourrait nous occuper et occuper les plus jeunes qui sont avec nous », lance-t-il. Le CEFP de Gampèla est l’un des centres déconcentrés de l’Institut d’éducation et de formation professionnelle (INEFPRO), bâti sur une superfine de plus de 25 hectares au profit des mineurs en contact avec la justice.

Selon son Directeur, Lota Koura, le CEFP a une capacité d’accueil de 150 pensionnaires (6 à 17 ans) en régime d’internat mixte (garçons et filles) et d’externat pour les deux sexes également. Déjà, dit-il, certains pension-naires se comportent bien et regrettent même leurs vécus passés. Ces derniers s’illustrent au quotidien par des comportements exemplaires, notamment le respect du règlement intérieur, l’assiduité et la ponctualité en classe ou en atelier. A en croire Lota Koura, les chiffres ne font que croitre chaque année dans son centre. Et pour preuve, pour l’année scolaire 2021-2022, 287 mineurs dont 113 pensionnaires internes et 174 externes ont été accueillis. Ce nombre a évolué car, en 2024-2025, 457 enfants composés d’internes et d’externes ont fréquenté le centre.

Les conséquences d’une vulnérabilité

« L’une des meilleures réinsertions, c’est le confort psychologique que l’enfant peut avoir auprès des siens et de la société », Maïna Zoma, DG/INEFPRO.

Pour comprendre la psychologie qui sous-tend la persistance du phénomène, le maître de conférences en psychologie sociale à l’université Joseph-Ki-Zerbo, Dr Daouda Kouma explique que psychologiquement, les enfants qui ont moins de 18 ans sont des êtres en cours de développement, de maturation du point de vue physique et psychologique. « Ils subissent une vulnérabilité tant dans le comportement que dans la réflexion. Par conséquent, ils sont facilement influençables », dit-il. Selon lui, les comportements de ces enfants sont tributaires de plusieurs facteurs, notamment la carence affective, l’environnement immédiat, la proximité ou le manque d’affection, la perte de confiance en soi, les mauvaises fréquentations.

« A ce stade, ils ne se reconnaissent en aucune règle et transgressent inconsciemment les règles sociétales », renchérit-il. Acteur opérationnel du ministère en charge de l’action humanitaire, l’INEFPRO assure la gestion de six centres. Sa directrice générale, Maïna Zoma, cite l’hôtel maternel de Orodara, celui de Ouagadougou, les CEFP de Gampèla, de Fada N’Gourma et de Kaya. En plus des enfants en conflit avec la loi, poursuit-elle, sa structure accueille des enfants de parents condamnés, les enfants issus des conflits conjugaux nés de la contestation de paternité et les enfants en danger.

Pour Mme Traoré, le phénomène des enfants en conflit avec la loi est consécutif à l’échec de la famille. « Certaines familles ont des pratiques permissives. C’est un facteur très exposant parce que l’enfant vit le principe du plaisir. Par moments, les numéraires cumulés

Selon l’inspecteur d’éducation spécialisée, Tahélé Kaboré, un enfant « normal » ne peut être le produit d’une famille pathogène.

et leur exposition à des pères déviants font que l’enfant finit par tomber dans des induites », prévient-elle. Aussi, la pratique éducative coercitive, faute de cadre d’expression, nuit à l’avenir de l’enfant.

Pour le directeur du CERMICOL, Mamadou Traoré, les causes du phénomène des enfants en conflit avec la loi sont multiples et varient d’un enfant à l’autre.
« En général, ce sont des cas de vols, de banditismes, de viols et même de parricides », relève-t-il avant d’ajouter qu’initialement, le CERMICAOL reçoit les enfants en conflit avec la loi mais, du fait de la crise sécuritaire, il accueille également des enfants en danger. Ce sont des enfants mineurs que les Forces de défenses et de sécurité retrouvent sur le terrain sans parents ni assistance.

Une prise en charge holistique

Le Directeur général de l’administration pénitentiaire, Sabila Sawadogo, explique que ses services travaillent de concert avec les autres acteurs pour obtenir des sujets, un changement de comportement et leur offrir une formation par l’apprentissage d’un métier afin de faciliter leur réinsertion sociale et économique. De son avis, la problématique des enfants en conflit avec la loi au Burkina est complexe, marquée par une augmentation des délits, la crise sécuritaire qui exacerbe la vulnérabilité des enfants et les pousse vers la délinquance.

A titre d’illustration, entre 2020 et 2021, 597 enfants étaient confrontés au phénomène des enfants en conflit avec la loi. Pour apporter une réponse conséquente à ce phénomène, il préconise une approche globale incluant des politiques publiques, la restauration de l’autorité parentale, l’accès à l’emploi, une meilleure réinsertion sociale et familiale.

A en croire le directeur du CEFP/Gampèla, Lota Koura, le programme au centre est tel que l’enfant puisse sortir avec des aptitudes pour mieux se comporter à l’avenir.

Dans une dynamique de leur prise en charge holistique, les enfants mineurs bénéficient d’une protection judiciaire. A ce titre, la direction de la justice juvénile assure la coordination entre les différents acteurs œuvrant dans ce domaine depuis l’arrestation, l’enclenchement de la procédure judiciaire, l’intégration dans les centres de réinsertion et la réhabilitation sociale.

« Notre approche est basée sur la politique pénale du gouvernement. Aussi, nous disposons en notre sein d’un manuel de procédure qui est notre boussole », précise la directrice de la justice juvénile, Emma Adelaïde Paré. Pour elle, le phénomène des enfants en conflit avec la loi est une problématique majeure et très délicate. « Le traitement des enfants requière une spécificité nationale et internationale en matière de promotion et de protection des droits des enfants, surtout ceux mineurs ou en situation difficile », estime-t-elle. Mme Paré ajoute que le Burkina dispose d’un arsenal judicaire en faveur des enfants. Elle evoque la Convention internationale sur le droit des enfants, la Convention africaine sur les droits et le bien-être de l’enfant, la Constitution, le Code pénal et la loi portant Code de procédure pénale qui prévoit des dispositions spécifiques au profit des enfants.

« Si un enfant se retrouve mêlé à une infraction, suivant la politique du pays, il faut déjudiciariser la procédure pour éviter l’enclenchement de l’action publique », confie-t-elle. Dans le même ordre d’idées, les acteurs de la procédure judiciaire, en l’occurrence les juges pour enfant, à défaut de la déjudiciarisation, disent le droit, précise la magistrate, juge pour enfants et spécialiste des affaires familiales et de la protection des enfants, Azèta Nana. Elle précise que ce qui est recherché à travers l’audience n’est pas tant la culpabilité mais, surtout, comment faire pour que l’enfant ne sombre pas davantage dans la délinquance.

« La solution n’est pas de les mettre en prison »

Pour le DG de l’administration pénitentiaire, Sabila Sawadogo, 597 enfants étaient en conflit avec la loi entre 2020 et 2021.

Le magistrat et chef de service protection de mineurs à la direction de la justice juvénile, Pascal Kaboré, dépeint la complexité de la gestion des enfants dans les centres. Pour lui, les centres de réinsertion abattent un travail énorme. Du fait de la spécificité des enfants, la solution n’est pas de les mettre en prison. « Pour une infraction mineure, un enfant peut se retrouver en prison avec des professionnels et y sortir plus dangereux. C’est pour cette raison que les centres de réinsertion existent pour leur permettre d’apprendre un métier afin de faciliter leur réinsertion dans la société.

Ces centres jouent un rôle important surtout en matière de déradicalisation », explique le spécialiste en protection des droits de l’enfant, Pascal Kaboré. Il rassure que ces centres valent leur pesant d’or, surtout dans le contexte actuel où la situation de ces enfants mérite plus d’attention. Toute chose qui nécessite, à son avis, une mobilisation générale autour de la question. « C’est pourquoi, en fonction du rapport social de chaque enfant, nous travaillons à l’adaptation des enfants au sein de la structure
par différentes approches.

Nous avons les approches psychosociales, socioéducatives et pluridisciplinaires. Il en résulte un projet éducatif qui permet d’individualiser l’encadrement de l’enfant », ajoute Maïna Zoma, la directrice générale de l’INEFPRO. Elle confie qu’en plus de la rééducation, la scolarisation et la formation, la réussite des enfants réside dans la guidance parentale. « L’analyse des dossiers révèle que certains enfants ne sont pas forcément le problème, mais plutôt les parents. Certains parents, du fait du choc dû à l’action de leur progéniture, se rétractent de l’encadrement de l’enfant », déplore-t-elle. Toute chose qui indique la nécessité d’une rééducation des enfants et des parents.

Le chef de service socio-éducatif à CERMICOL, Fidel Kambou : « un enfant qui fugue est prédisposé à la récidive ».

« Chez nous, nous mettons en place un dispositif de suivi sur deux à trois ans
pour observer comment la réadaptation se fait. Si au bout de trois ans, l’enfant est stable, il lui est doté un kit d’installation pour lui permettre de se réaliser avec la participation des parents », détaille-t-elle. Du côté de la direction générale de la famille et de l’enfant, structure qui assure l’élaboration des politiques, des plans et des stratégies de promotion et de protection des droits de l’enfant, l’inspecteur d’éducation spécialisée, chef de service assistance éducative et des placements, Tahélé Kaboré, affirme qu’un enfant normal ne peut être le produit d’une famille pathogène.

Pour lui, il faut combattre le mal par la racine, en éduquant les parents et les familles. « Nous sommes chargés du placement administratif des enfants selon leur dossier au sein des centres de réinstallations ou internats éducatifs. Chaque année, des sessions permanentes d’assistance éducative chargées d’orienter les enfants ayant des difficultés comportementales sont organisées », décrit-il.

Des centres de redressements ?

Pour sa part, le Directeur de CERMICOL Mamadou Traoré estime que le phénomène est préoccupant quand on sait que la population est jeune et par conséquent, un atout de développement. « Si cette jeunesse sur laquelle le pays fonde beaucoup d’espoir est sujette à des phénomènes de conflit avec la loi, notre combat pour le développement

K.N, après son BEPC, compte intégrer l’armée pour lutter contre le terrorisme.

connaitrait des écueils », estime-t-il. C’est pourquoi, indique le chef de service socio-éducatif du CERMICOL, Fidel Kambou, le Centre assure un accompagnement socio-éducatif pour le changement de comportement des enfants et leur offre une formation professionnelle par l’apprentissage d’un métier de leur choix en vue de leur réinsertion dans la société.

« A ce titre, pour la formation, constituée d’ateliers de type ergothérapie, les plus petits, en âge de scolarisation sont inscrits à l’école. Quant aux grands, ils bénéficient des cours d’alphabétisation au centre », foi de Fidel Kambou. Selon lui, à la fin de leur séjour dans les centres, les ex-pensionnaires bénéficient de kits d’installation. « Souvent, l’enfant finit sa formation et par manque de moyens pour organiser sa sortie et son installation, il devient une charge supplémentaire », regrette-t-il. Il renchérit que le changement de comportement tant recherché chez les enfants est donc remis en cause.

« Nous souhaitons faire des formations à la carte et de courte durée, comme la saponification et bien d’autres en fonction des enfants que nous recevons », souligne-t-il.
« Par moments, nous sommes obligés de garder certains enfants au centre parce qu’on n’a pas retrouvé les parents, ou parce que leurs parents ne veulent plus entendre parler d’eux.

Le magistrat à la direction de la justice juvénile, Pascal Kaboré : « la prison peut constituer une autre école pour ces enfants ».

Nous cherchons donc dans la famille élargie, un proche qui tolère l’enfant », précise Fidel Kambou. Les acteurs intervenant dans la réhabilitation des enfants issus des centres de réinsertion sont unanimes devant l’immensité du travail abattu par ces centres, surtout au regard du taux de récidive.

En effet, la juge pour enfants, Azèta Nyampa, déplore un taux de récidive dépassant 50 % des prévenus. Elle précise cependant que cette situation ne remet point en cause le travail des centres de réinsertion, mais souligne plutôt le manque de moyens alloués à ces structures pour assurer un suivi adéquat à chaque pensionnaire. Pour y arriver, la juge Azèta Nana suggère que le pays se dote de centres adaptés. Mieux, elle propose la mise
en place de centres de redressement. « Là, on peut même rééduquer l’enfant, le remodeler pour qu’il soit vraiment ce citoyen qu’on veut », suggère-t-elle.

Emmanuel BICABA

Giving for change dans la région des Koulsé: des vies reconstruites grâce à la philanthropie communautaire

Des petits projets qui changent des vies ! c’est le pari relevé par plusieurs membres de la communauté de pratique Giving for Change de l’OCADES Kaya. Découvrez comment des associations ont réussi à mobiliser des soutiens locaux pour impacter positivement la vie de personnes vulnérables.

Bernadette Soulga envisage désormais l’avenir avec sérénité. Devenue seule responsable de ses 4 enfants, suite au décès de son époux dans une attaque terroriste, elle ne squatte plus la cour de la mairie dans l’espoir de recevoir des vivres, afin de nourrir ses orphelins. Mme Soulga passe dorénavant ses journées à veiller sur les deux porcheries.
« L’association espoir des jeunes éleveurs de Boussouma m’a offert 4 cochons, il y a 2 ans et aujourd’hui j’en compte 13. C’était la misère. Lorsque j’allais à la mairie pour solliciter de l’aide je revenais bredouille bien souvent. Mais depuis que j’ai mes cochons, nos vies ont changé. Je remercie l’association car ce n’est pas seulement moi qu’elle a aidé mais aussi mes orphelins », témoigne-t-elle pleine de gratitude.

Si Bernadette Soulga ne se fait plus de soucis pour les dépenses quotidiennes, c’est parce que son élevage de porcs lui rapporte des revenus convenables. « Pour toutes les dépenses je prélève dans mon enclos, si bien que nous n’avons plus de soucis que ce soit pour la pitance quotidienne, les soins et même les frais de scolarité, les fournitures et tenues scolaires », précise-t-elle. L’autonomie financière et la restauration de sa dignité Bernadette Soulga les doit aux soutiens locaux mobilisés par l’association espoir des jeunes éleveurs de Boussouma dans le cadre de la mise en œuvre du programme Giving for Change ou philanthropie communautaire. Les soutiens locaux sont en fait des personnes identifiées, au sein de la communauté qui sont susceptibles d’apporter toute aide nécessaire à la réussite d’un projet au bénéfice de la communauté. Celle-ci peut consister en des ressources financières, des conseils, du matériel ou des formations.

10 auto-emplois générés

Le président de l’association espoir jeunes éleveurs de Boussouma, Kassoum Ouédraogo : « nous sommes satisfaits car nous avons réussi à générer des auto-emplois pour 10 personnes ».

C’est ainsi que suite aux sessions de renforcement de capacités dans le cadre de la trajectoire Giving for Change assurées par l’Organisation catholique pour le développement et la solidarité (OCADES) Kaya, en partenariat avec l’Association burkinabè de fundraising (ABF), l’association espoir des jeunes éleveurs de Boussouma a pu élaborer et conduire de bout en bout un projet d’octroi d’animaux à 10 éleveurs. « En fait il s’est agi d’un projet d’un cout global de 3 060 000 F CFA. Nous avons mobilisé la moitié de cette somme et l’ABF a fourni l’autre moitié. Au final, nous avons retenu 10 bénéficiaires. Avec l’enveloppe financière, nous avons octroyé à chacun d’eux 3 ou 4 bêtes qu’il s’agisse de petits ruminants ou de cochons. Certains ont opté de faire de l’embouche et d’autres pour l’élevage de reproduction », explique le président de l’association espoir des jeunes éleveurs de Boussouma, Kassoum Ouédraogo.

Malgré quelques appréhensions au départ, M. Ouédraogo est aujourd’hui heureux des résultats atteints. « Nous sommes satisfaits car nous avons réussi à générer des auto-emplois. Les bénéficiaires également sont heureux, car beaucoup n’avaient pas de quoi démarrer leur activité. Aujourd’hui, ils sont propriétaires d’un petit cheptel et arrivent à avoir des revenus grâce à la vente des animaux qu’ils ont engraissés », déclare-t-il. Alimata Ouédraogo, bénéficiaire de deux brebis et d’un bélier témoigne elle aussi du succès du projet.

« Quelque temps après avoir reçu mes animaux, la femelle a mis bas et plus tard lorsque j’ai revendu les béliers, j’ai réinvesti le bénéfice pour agrandir mon restaurant. J’ai aussi racheté 2 mâles que je vais revendre à la fin de la saison de la pluie. Donc, je suis un exemple que ce projet a un impact positif sur la vie des bénéficiaires », soutient-elle.

Redonner de l’espoir

La présidente de l’association Watinoma du secteur 2 de Kaya, Clémence Ouédraogo : « il est de plus en plus difficile de mobiliser des ressources auprès des soutiens locaux, mais nous avons réglé cette contrainte par les cotisations des membres ».

A l’image de Boussouma, la philanthropie communautaire a redonné de l’espoir à certaines personnes dans la ville de Sandbondtenga (anciennement dénommée Kaya), le chef-lieu de la région des Koulsé. Sont de ceux-là, Sayouba Ouédraogo, une personne déplacée interne qui a dû fuir Tamaasga pour se réfugier dans cette ville. « Nous sommes arrivés à Kaya sans rien, motivés uniquement par la volonté de sauver nos vies. Grâce à l’aide de l’association Watinoma du secteur 2 de Kaya j’ai pu reprendre mes activités de maraîchage », raconte-t-il. En effet dans le cadre de sa participation à la trajectoire Giving for Change, l’association Watinoma du secteur 2 de Kaya a soumis le projet d’aménagement d’un site de production hors sol au profit de l’association et de personnes vulnérables.

Au regard de ses compétences et sa situation de vulnérabilité, Sayouba Ouédraogove a tout naturellement été retenu comme l’un des bénéficiaires de ce projet, assure la présidente de l’association, Clémence Ouédraogo. « Grâce au projet, nous avons appris à pêcher notre poisson, pas besoin de quémander sa pitance. Les repas quotidiens ne sont plus un souci pour les membres de ma famille d’une vingtaine de personnes, car j’ai trois épouses, 14 enfants, ma mère et trois neveux à ma charge. De plus à la fin du cycle de production, le bénéfice global a été réparti entre les membres et cela nous a permis d’améliorer le bien-être de la famille », confie-t-il. Pour lui, au-delà des revenus, le projet conduit par l’association Watinoma a permis de créer des liens de fraternité entre les bénéficiaires.

Membre de la communauté de pratique du programme Giving for change de la région des Koulsé, l’Association burkinabè pour l’épanouissement des personnes handicapées et vulnérables (ABEPHV) a engrangé également des résultats appréciables, selon Catherine Gansonré. « Nous avons soumis un projet de production de légumes. Grâce aux modules de formation, nous avons pu identifier des soutiens locaux. Nous avons pu nouer une bonne collaboration avec les agents techniques du ministère en charge de l’agriculture. Ils ont été d’un grand appui pour la réussite de notre projet », poursuit-elle. Dans le cadre de son projet cofinancé par l’ABF, l’ABEPHV a produit de la salade, du chou, des aubergines, des oignons et du gombo et généré des bénéfices.

Changer le regard sur le handicap

Selon le bénéficiaire du projet d’agriculture hors sol, Sayouba Ouédraogo : « nous sommes arrivés à Kaya sans rien. Grâce à l’aide de l’association Watinoma

« En 2023, nous avons pu mobiliser 700 000 F CFA. En 2024, nous avons pu réunir plus de 3 millions F CFA, si l’on comptabilise les ressources auprès des soutiens et les bénéfices générés par nos activités », assure Mme Gansoré. Plus que des revenus l’intégration à la communauté de pratique Giving for Change dans la région des Koulsé, pour Catherine Gansoré, contribue à changer le regard de la société vis-à-vis de la personne vivant avec un handicap. « 10 ans en arrière, le handicap rimait avec la mendicité, mais grâce à ce projet nous avons prouvé que la personne handicapée est capable d’être productive, car c’est la tête qui travaille. Un aveugle ou un handicapé moteur a juste des limites mais il demeure un être à part entière capable de concevoir et de mettre en œuvre une activité qui va lui permettre de gagner sa vie dignement », soutient celle qui se dit fière d’avoir participé à la réussite du projet de L’ABEPHV.

Ces « succès » des membres de la communauté de pratique de l’OCADES Kaya ne se sont pas réalisés sans difficultés, selon le chargé de projet pour Giving for Change, Vincent Sawadogo. Le cofinancement des projets à part égal entre les associations et l’association burkinabè de fundraising ayant été une gageure pour les associations. « Nous comprenons la difficulté à mobiliser la contrepartie financière dans le cadre du cofinancement des projets. Justement nous voulons créer un choc, un changement de paradigme », explique-t-il. Pour le chargé de projet

Giving for Change à l’OCADES Kaya, ce nouveau paradigme est un choix assumé. « A travers le cofinancement 50/50, nous voulons responsabiliser les associations et les communautés dans l’autofinancement des projets pour répondre à leurs besoins », soutient-il. M. Sawadogo s’est dit satisfait du niveau d’assimilation et de mise en pratique des connaissances acquises tout au long de la trajectoire de formation. « A l’issue du

Catherine Gansoré de l’ABEPHV : « le handicap rimait avec la mendicité, mais grâce à ce projet nous avons prouvé que la personne handicapée est capable d’être productive, car c’est la tête qui travaille ».

coaching que nous avons assuré, le constat est intéressant, car les associations ont fait beaucoup d’efforts pour être crédibles, avoir un ancrage dans leurs communautés et être visibles auprès des administrations locales », précise-t-il. Effectivement dans le cadre de la mobilisation de leur contrepartie financière, les associations ont fait preuve d’ingéniosité. « Notre contrepartie n’a pas été forcément de la liquidité.

Nous avons eu des frères docteurs vétérinaires et la vétérinaire en chef de la localité qui ont évalué la valeur financière des renforcements de capacités dispensés aux bénéficiaires. Les commerçants nous ont fourni des grillages qui ont servi à confectionner les enclos pour le bétail, dont ils ont estimé la valeur. C’est ainsi que nous avons pu mobiliser la somme de 1 530 000 F CFA et ABF a apporté l’autre moitié », a détaillé le président de l’association espoir jeunes éleveurs de Boussouma, Kassoum Ouédraogo.

Du reste, il confie qu’il est difficile de mobiliser les ressources financières du fait de l’insécurité d’autant plus que ce sont les mêmes soutiens qui sont sollicités à tout moment. L’association Watinoma du secteur 2 de Kaya et l’association burkinabè pour

Le chargé de projet Giving for Change à l’OCADES de Kaya, Vincent Sawadogo : « à travers le cofinancement 50/50 nous voulons responsabiliser les associations et les communautés dans l’autofinancement des projets pour répondre à leurs besoins ».

l’épanouissement des personnes handicapées et vulnérables, quant à elles, ont fait l’option de miser sur la contribution des membres en plus des ressources matérielles et des sessions de formation fournies par leurs soutiens locaux.

« Au regard du contexte économique, il est de plus en plus difficile de mobiliser des ressources auprès des soutiens locaux, mais nous avons réglé cette contrainte par les cotisations des membres », affirme la présidente de l’association Watinoma. Pour Catherine Gansonré, il faut être rigoureux pour réussir à mobiliser la contrepartie. « Dans notre association, chaque membre doit donner sa contribution pour la réalisation des activités. Il y a eu un investissement personnel de la part de chacun d’entre nous pour la réussite de ce projet. Aujourd’hui nous sommes fiers des résultats », conclut-elle.

Nadège YE

opération spéciale de recouvrement est organisée à leur intention du lundi 15 au mercredi 31 décembre 2025 inclus

La Directrice Générale du Centre de Gestion des Cités (CEGECI) informe l’ensemble des locataires des cités, se trouvant en situation d’arriérés de paiement de loyer, qu’une opération spéciale de recouvrement est organisée à leur intention du lundi 15 au mercredi 31 décembre 2025 inclus. Lire le communiqué ci-après

UN QUART – CEGECI

5 ans de prison ferme pour avoir mortellement brûlé son mari

C.F, 29 ans, vivait avec D.C, son mari, depuis plusieurs années. Ils s’étaient mariés religieusement et ont eu deux enfants. Le 3 juin 2024, un drame s’est produit dans leur famille, entraînant quelques jours plus tard la mort de D.C. Accusée d’avoir
assassiné son époux, C.F est immédiatement interpelée et placée sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso. Le mardi 25 novembre 2025, elle a (…)

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Noufou NEBIE

Violation de l’espace aérien de l’AES : les excuses officielles du Nigéria

Le Président du Faso, chef de l’Etat, Son Excellence le capitaine Ibrahim Traoré, a reçu en audience, le mercredi 17 décembre 2025, le ministre des Affaires étrangères de la République fédérale du Nigéria, Yusuf Maitama Tuggar.

A sa sortie d’audience, le ministre nigérian a indiqué être porteur d’un message de « solidarité et de fraternité » du Président Ahmed Bola Tinubu à son homologue le capitaine Ibrahim Traoré. « Nous avons échangé sur des questions de coopération dans plusieurs secteurs. Nous avons également parlé de l’aéronef du Nigeria qui a dû atterrir d’urgence au Burkina Faso », indique le ministre Yusuf Maitama Tuggar.

La République fédérale du Nigéria regrette les irrégularités dans la procédure de l’autorisation pour entrer dans l’espace aérien du Burkina Faso, tout en présentant « des excuses pour cet incident malheureux ».

Le Nigéria se démarque des commentaires disgracieux sur le Burkina. Le ministre des Affaires étrangères dit condamner les propos d’un responsable de parti politique du Nigéria qui a fait des « commentaires insalubres » en déclarant que les militaires nigérians étaient maltraités au Burkina Faso. « Nous nous démarquons de ces propos et nous présentons nos sincères excuses au gouvernement du Burkina Faso », réitère le ministre Tuggar.
Le chef de la diplomatie nigériane a salué l’esprit de fraternité du Président Traoré et de son gouvernement sur la prise en charge des occupants de l’aéronef qui sont toujours sur le sol burkinabè.

« Nous avons échangé sur d’autres questions concernant la façon dont nous pouvons collaborer, ainsi qu’avec d’autres pays de notre région, pour lutter contre le terrorisme. Et le Burkina Faso a enregistré des succès significatifs dans la lutte contre le terrorisme », indique le ministre nigérian des Affaires étrangères.

Direction de la communication de la Présidence du Faso

Lutte contre la criminalité urbaine: deux faux « FDS » mis aux arrêts par la Police nationale à Ouagadougou

Le Commissariat de police de l’arrondissement (CPA) 5 de la ville de Ouagadougou a mis fin au parcours d’un binôme de malfrats dans la capitale.

C’est un gang pas comme les autres. Un gang bien organisé avec un mode opératoire qui sort de l’ordinaire, savamment ficelé, préparé et exécuté avec minutie. En effet, pour leur funeste besogne, ces deux malfrats se déployaient nuitamment à moto dans les espaces du quartier Ouaga 2000, notamment dans les alentours du monument des Héros nationaux, à la zone de SALITAS, à l’extension sud de Ouaga 2000, à Sabtoana, aux quartiers Garghin, Nagrin, Bonheur-ville, Kouritenga et Paglayiri. Ils ciblaient les personnes à véhicule ou à moto en stationnement isolé dans des situations inconfortables.

Ils les abordaient en se faisant passer tantôt pour des policiers, souvent des gendarmes ou des agents du renseignement. Ils se présentaient aux victimes prétendant être des agents de sécurité envoyés en précurseur pour contrôle, suite à leur position qui a été repérée par un drone de surveillance. Poursuivant, ils leur posaient des questions sur la régularité de leur présence en ces lieux. Ils font semblant et incriminaient les pratiques malsaines aux allures de dépravation des mœurs auxquelles les victimes s’adonnaient pendant que les hommes sont au front pour lutter contre le terrorisme.

Dans la totalité des cas, les victimes elles-mêmes reconnaissaient leur inconduite et imploraient l’indulgence des malfaiteurs.
C’est à cet instant précis que commence la partie cynique de leurs activités de délinquance. Conscients d’être en position d’ascendance sur leurs victimes, ils les sommaient de collaborer et fixaient des montants à payer au risque de voir l’arrivée du renfort pour les conduire à la base et plus tard au front. Les victimes résistantes étaient soumises à des manœuvres et subissaient des exercices physiques, ou même obligées de se dévêtir ou d’entretenir des rapports sexuels sous la menace d’une arme. Toutes ces scènes étaient filmées et sauvegardées.

C’est ainsi qu’ils extorquaient de l’argent à leurs victimes en position de faiblesse qui étaient obligées, malgré elles, de s’exécuter afin de se tirer d’affaires. Ils leur soutiraient la liquidité en leur possession, avant de transférer leurs comptes mobiles money vers un de leurs propres comptes, le mot de passe de la victime étant donné par contrainte. Les sommes soutirées allaient de 500 000 à 2 000 000 F CFA avec des possibilités de marchandage. En fonction de sa qualité et de sa capacité financière, la victime pouvait être escortée par un des leurs pour faire des retraits dans des boutiques de transfert mobile money.

Il arrivait également que ces malfrats laissent la victime partir et par la suite, réclamer, le reste du montant convenu et, au moindre refus, ils l’envoyaient une vidéo pour la compromettre avec des menaces de publication. Concernant la gent féminine prise dans leur filet, ils les appelaient par moments pour exiger des dépôts de sommes d’argent et, si celles-ci opposaient un refus, ils leur faisaient croire qu’ils viendraient à leurs domiciles et informeraient leurs conjoints.

C’est par ce procédé qu’ils se sont fait de la fortune. Et le préjudice causé par ce gang entre fin mai et novembre 2025 s’élève à plus de 18 millions (18 175 500) de francs CFA constitués de dépôts transités sur des comptes mobiles money, et 3 408 500 F CFA pour ce qui est du numéraire arraché des mains des victimes enregistrées.

Il est à noter que le butin était réparti entre eux. Ils menaient une vie mondaine et ont effectué plusieurs achats dont une parcelle, deux hangars au marché de Nagrin, des motos, des téléphones portables et l’équipement de leur maison.

Grâce à la collaboration des populations, les enquêteurs ont saisi deux motos, un téléphone portable et plus d’une dizaine de cartes SIM.

La Police nationale réitère ses remerciements aux citoyens qui ne ménagent aucun effort pour accompagner les Forces de défense et de sécurité (FDS) dans le cadre de la lutte contre l’insécurité sous toutes ses formes. Elle les exhorte à plus de vigilance et de prudence et à toujours dénoncer les cas suspects aux numéros verts que sont les 17, 16 et 1010.

La Police nationale, une force publique au service des citoyens !

DCRP/ Police nationale

Vente illégale de produits pharmaceutiques : de faux médecins s’approvisionnaient à Sankar Yaaré

Le Commissariat central de police de la ville de Ouagadougou (CCPO) a, dans sa quête permanente d’assurer la sécurité des personnes et de combattre la criminalité sous toutes ses formes, mis fin aux agissements d’un réseau de présumés malfrats dans la ville de Ouagadougou.

Ces individus qui agissaient en bande organisée s’étaient spécialisés, entre autres, dans des actes d’exercice illégal de la profession de pharmacien, de mise en danger de la vie d’autrui, de vente et complicité de vente illicite de produits pharmaceutiques, de vol de produits et consommables médicaux destinés aux soins et à la prise en charge des malades dans les structures sanitaires de l’Etat. Relativement au mode opératoire du réseau, le chef du groupe procédait, à la demande de certains responsables de centres de santé, au ravitaillement de produits prohibés qui lui étaient fournis par des commerçants de Sankar-Yaaré.

Ces produits provenant du marché noir et de qualité douteuse non homologuée étaient finalement administrés aux malades dans des cliniques et cabinets de soins. Il est à noter que ces dits centres implantés à Ouagadougou et à Boussé, étaient principalement gérés par certains membres du groupe. Il arrivait également que ces derniers détournent les produits destinés à la prise en charge des patients des structures publiques pour les revendre à des structures privées à l’insu des premiers responsables et l’argent obtenu était réparti entre tous les membres.

Grâce à la collaboration des populations, les enquêteurs ont appréhendé cinq membres actifs de ce gang et saisi plusieurs lots de produits divers. La Police nationale réitère ses remerciements à l’ensemble des citoyens grâce à qui ce résultat a été atteint. Elle les exhorte à plus de prudence et à toujours dénoncer les cas suspects aux numéros verts mis à leur disposition que sont les 17, 16 et le 1010. La Police nationale, une force publique au service des citoyens !

DCRP/ Police nationale

Journée africaine des frontières: des infrastructures offertes aux PDI et aux populations hôtes à Ouahigouya

Dans le cadre de la commémoration de la journée africaine des frontières, le ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité, à travers le secrétariat permanent de la Commission nationale des frontières, a remis officiellement des infrastructures aux PDI et populations hôtes de Ouahigouya, le vendredi 12 décembre 2025.

Deux pompes à motricité humaine dont un à Bogoya et l’autre à Saye, un bloc de latrine à Gourga dans la commune de Ouahigouya. Ce sont les infrastructures réalisées par le secrétariat permanent de la Commission nationale des frontières au profit des PDI et populations hôtes de Ouahigouya. Réalisées avec le budget de l’Etat, elles ont été remises, le 12 décembre 2025, en présence des autorités régionales.

Selon le gouverneur de Yaadga, Thomas Yampa, ces infrastructures visent à renforcer la résilience des populations, la cohésion sociale et le vivre-ensemble entre PDI et leurs hôtes. « Les ouvrages réalisés viennent répondre à un besoin vital qui est celui de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, essentiel pour préserver la santé, réduire le risque sanitaire et renforcer la dignité des PDI et populations hôtes. Nous invitons les bénéficiaires à en faire bon usage. », a affirmé le gouverneur.

Pour le Secrétaire permanent de la Commission nationale des frontières (SP- CNF), Fidèle Gouem, les infrastructures qu’ils ont inaugurées ont été réalisées grâce aux crédits budgétaires de l’Etat alloués au secrétariat permanent de la commission nationale des frontières et qui étaient initialement destinés aux activés entrant dans le cadre de la commémoration de la journée africaine des frontières célébrée chaque 7 juin. D’après M. Gouem, l’édition 2025 de la journée africaine des frontières intervient dans un contexte particulier, marqué par la lutte contre le terrorisme et la reconquête de notre souveraineté nationale.

« C’est pourquoi, conformément à la vision du président du Faso et dans l’esprit de la Révolution populaire progressiste, il a été décidé de réorienter les ressources prévues pour des activités commémoratives vers des actions à fort impact social », a-t- il déclaré.
Des bénéficiaires ont été très émus par cette initiative des autorités. Selon eux, ce don vient à point nommé, car le manque d’eau constitue souvent une source de querelles entre PDI et populations hôtes. « Nous sommes très contents de la réalisation du forage au profit des PDI et populations hôtes de Saye. L’eau c’est la vie et ce forage constitue un véritable soulagement pour nous.

Tous nos remerciements au Président Ibrahim Traoré avec son gouvernement pour les efforts consentis afin d’améliorer les conditions de vie des populations », s’est réjoui le porte-parole des bénéficiaires, Souleymane Savadogo. Pour l’entretien, a-t-il dit, il y a déjà un comité constitué de PDI et de populations hôtes qui a été mis en place pour la bonne gestion. « Nous vous rassurons de notre engagement pour l’entretien de ce joyau », a-t-il laissé entendre.

La cérémonie de remise des infrastructures a été l’occasion pour les autorités de réitérer leur engagement à poursuivre la mise en œuvre des politiques publiques en faveur de la stabilisation et du développement des zones affectées par les déplacements internes. Pour le secrétaire permanent de la Commission nationale des frontières, Fidèle Gouem, dans cette même vision des autorités, des infrastructures de mêmes types ont été réalisées également au profit des PDI et populations hôtes des communes de Ouakara et Kassan dans la région de
Bankui.

Bassirou BADINI
bassirouba264@gmail.com