Conseil national de lutte contre le SIDA: la mobilisation des financements au cœur de la 22e session ordinaire

Le ministre directeur de cabinet du président du Faso, le capitaine Martha Céleste Anderson Médah, a présidé, le mercredi 29 octobre 2025, à Ouagadougou, la 22e session ordinaire du Conseil national de lutte contre le SIDA et les infections sexuellement transmissibles. La mobilisation des ressources pour accentuer la lutte contre le fléau était au cœur des préoccupations.

Le Burkina Faso veut être au rendez-vous de 2030 visé par l’ONU pour la fin du SIDA. Et pour y parvenir, les participants à la 22e session ordinaire du Conseil national de lutte contre le SIDA et les infections sexuellement transmissibles, réunis ce mercredi 29 octobre 2025, à Ouagadougou, ont formulé des recommandations. Il s’agit de la mise en œuvre du plan d’urgence du VIH pédiatrique pour améliorer la prise en charge des enfants affectés, la prise en compte des personnes déplacées internes, l’intensification des interventions pour l’élimination du VIH d’ici à 2030.

Selon le Secrétaire permanent du Conseil national de lutte contre le SIDA et les infections sexuellement transmissibles (SP/ CNLS-IST), Seydou Ouattara, cette rencontre a permis de revenir sur la mise en œuvre des recommandations issues de la dernière session de 2024, présenter la situation épidémio-logique du VIH en 2024 et le bilan du plan national multisectoriel de lutte contre le VIH, le SIDA et IST 2024.

S’agissant de la mise en œuvre des huit recommandations de la précédente session, elles sont toutes partiellement exécutées et certaines actions sont en cours. Sur la situation épidémiologique du VIH en 2024 au Burkina Faso, il est ressorti que sur une population de 95 000 personnes vivant avec le VIH, 89% connaissent leur statut sérologique et 100% de ces derniers sont sous traitement. La situation des enfants reste préoccupante car selon les chiffres, seulement 28% des enfants vivant avec le VIH ont accès à un traitement antirétroviral.

Les efforts de l’Etat reconnus

Relativement à la question des financements, Le ministre directeur de cabinet du président du Faso, le capitaine Martha Céleste Anderson Médah, représentant le chef de l’Etat a rassuré que le gouvernement prendra des dispositions pour honorer ses engagements.
« Nous allons assurer une mise en œuvre efficace et efficiente du prochain cadre stratégique de lutte contre le SIDA (2026-2030) qui devrait nous conduire à l’élimination du SIDA comme problème de santé publique », a-t-il promis.

Sur la question des financements, il a indiqué que l’Etat va poursuivre son plaidoyer en vue de mobiliser les ressources. En attendant, il a dit compter sur le sens de la priorisation des activités et invité les acteurs à se restructurer pour être efficaces. Il a traduit sa reconnaissance aux Partenaires techniques et financiers (PTF) pour leur disponi-
bilité à accompagner le Burkina Faso dans la lutte contre le SIDA. Le coordonnateur par intérim du Système des Nations unies au Burkina Faso, Maurice Azonnankpo, chef de file des PTF a salué les progrès réalisés dans la lutte contre le VIH.

« Malgré les nombreux défis de l’heure, le gouvernement maintient l’allocution budgétaire avec une dotation supplémentaire, preuve que la pandémie reste une priorité absolue », a-t-il apprécié. C’est pourquoi, il a réitéré l’engagement des PTF à accompagner le gouvernement pour le renforcement de la stratégie de lutte, en vue de prévenir un rebond de l’épidémie.

« C’est un engagement des PTF, qui vise à porter le Burkina comme un modèle de prévention et de lutte contre le VIH », a-t-il poursuivi. Au cours de la session, les représentants des leaders coutumiers et religieux, des gouverneurs de régions, des structures de lutte contre le SIDA et des personnes vivant avec le VIH ont formulé des messages de reconnaissance pour les efforts de l’Etat. Ils ont réaffirmé leur disponibilité à accompagner les actions de sensibilisation et de lutte contre le SIDA.

Adama SEDGO

Valorisation des savoir-faire africains : le LLAES et le Musée national en tandem

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Le Laboratoire littératures, arts, espaces et société (LLAES) de l’université Joseph-Ky-Zerbo, en collaboration avec le Musée national, organise du 28 au 30 octobre 2025 à Ouagadougou, les premières Journées scientifiques internationales des études culturelles africaines.

Le Burkina Faso s’est inscrit dans une dynamique de promotion de sa culture et de valorisation du Musée national, en rendant visible son riche patrimoine culturel. Dans cette optique, le Laboratoire littératures, arts, espaces et société (LLAES) de l’université Joseph-Ky-Zerbo, en partenariat avec le Musée national, tient ses premières journées scientifiques internationales, placées sur le thème :
« Textes et objets culturels : promouvoir la réappro-priation et la valorisation des savoir-faire africains ». La présidente du comité d’organisation, Dr Honorine Saré a rappelé que cette initiative est le fruit d’un long travail entamé depuis 2021.

Elle a souligné l’importance de la culture comme levier de développement et de souveraineté. « Nous sommes tous convaincus que la culture est un instrument
de développement. C’est d’ailleurs par la culture que les pays en voie de développement subissent encore la domination.

La preuve, c’est que ce discours se prononce dans une langue qui n’est pas la nôtre », a-t-elle déclaré. Elle a indiqué que cette activité est placée sous le signe de la réflexion, de l’échange et offre un espace d’interrogation sur les langues africaines, les littératures orales et écrites, ainsi que sur les objets artistiques et culturels. Dr Saré a précisé que des spécialistes issus de 18 pays africains participent à ce colloque, en ligne et en présentiel.

Elle a par ailleurs indiqué que le programme prévoit, après la cérémonie d’ouverture, deux soutenances en matière culturelle africaine. Selon elle, en parallèle à ces soutenances, 3 panels vont se tenir. Dr Honorine Saré a aussi fait savoir que les étudiants de l’Unité de formation et de recherches en Lettres, arts et communication (UFR/LAC), vont effectuer une visite pédagogique.

La réappropriation de nos savoirs locaux

Cette activité sera suivie de la lecture du rapport général et de la présentation des conclusions des premières journées scientifiques internationales
du LLAES.Au nom du président de l’université Joseph-Ki-Zerbo, Pr Zakaria Ilboudo a exprimé la reconnaissance de l’université pour la fructueuse collaboration entre le LLAES et le Musée national.

Il a estimé que le thème est pertinent dans le contexte actuel du Burkina Faso, marqué par une forte quête de souveraineté.
« La souveraineté passe aussi par la réappropriation de nos savoirs locaux et la reconquête intellectuelle et identitaire de notre patrimoine national », a-t-il ajouté.

Pour lui, la tenue de ces journées scientifiques à l’université Joseph-Ki-Zerbo est une chance de voir cette réflexion s’ancrer dans un espace universitaire, lieu de formation et de production du savoir.

Quant au parrain, le Dr Rasmane Daniel Sawadogo, il a exprimé sa fierté d’accompagner une initiative qui met la culture et la littérature africaines au cœur du débat intellectuel.
« En matière de culture, un homme qui oublie la sienne perd son héritage le plus précieux.
Nous devons rester enracinés dans nos cultures, car c’est là que se trouvent notre identité et notre force », a-t-il souligné.

Abibata KARA
(Collaboratrice)

« Mois du consommer local » au ministère de l’Economie: une journée pour valoriser le « made in Faso »

Le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubacar Nacanabo, a présidé la cérémonie de célébration du « mois du consommer local » de son département, à l’issue de la montée des couleurs, mercredi 29 octobre 2025, à Ouagadougou.

Conformément aux orientations des plus hautes autorités et à l’initiative de l’UEMOA, le ministère de l’Economie et des Finances a célébré le « mois du consommer local ». Il l’a fait, mercredi 29 octobre 2025, à Ouaga-dougou, en présence des ministres chargés de l’Agriculture, Ismaël Sombié et de l’Environnement, Roger Baro, tous des invités d’honneur. Après avoir assisté à la montée des couleurs, les acteurs du consommer local ont prêté une oreille attentive aux discours du premier responsable du département de l’Economie et des invités d’honneur.

La visite de stands des produits locaux, une séance de dégustation, les récompenses des meilleures tenues traditionnelles et meilleurs mets locaux ont été au programme de cette journée du « mois du consommer local » au sein du ministère en charge de l’économie.

Le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a indiqué que cette initiative du « mois du consommer local » portée par l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA) depuis 2020, a pour objectif de rappeler à tout un chacun que la richesse ne se quémande pas mais se crée chez soi. Il a souligné que consommer local, c’est soutenir les producteurs, les artisans, les femmes et les jeunes entrepreneurs, créer des emplois, renforcer les chaînes de valeurs, élargir la base fiscale et consolider
les ressources publiques.

« C’est un acte de dignité nationale, un geste par lequel chaque citoyen affirme son appartenance et sa contribution à l’œuvre commune. A chaque pagne tissé, à chaque sauce de gombo, à chaque meuble façonné, il y a un battement du cœur du Faso »,
a-t-il poursuivi.

Le ministre Nacanabo a rappelé qu’il y a 40 ans, la Révolution démocratique et populaire (RPD) appelait à marcher fièrement sur les sentiers de l’identité culturelle. « Son âme vibrante, celle de la dignité, de l’autonomie et du progrès par nous-mêmes, trouve aujourd’hui, avec la Révolution progressiste et populaire (RPP), un nouvel écho dans le consommer local », a-t-il martelé.

Ainsi, lorsque nous portons le Faso Dan Fani ou le Kôkô Dunda, lorsque nous mangeons le riz de Bagré, lorsque nous décorons nos bureaux grâce au savoir-faire de nos artisans, nous prolongeons l’esprit de cette Révolution, d’un peuple debout, fier de ses valeurs, confiant en son avenir, a-t-il insisté.

Et d’ajouter que le « consommer local » n’est pas une mode mais une Révolution silencieuse, puissante, qui change les mentalités autant que l’économie.
« En ce mois symbolique, le ministère de l’Economie et des Finances s’unit à cette dynamique communautaire avec enthousiasme et conviction », a-t-il soutenu.
Dans cet enthousiasme et conviction, Aboubakar Nacanabo a salué l’engagement et l’accompagnement de ses invités d’honneur sur les fronts complémentaires de la Révolution nationale. Il a invité l’ensemble de ses collaborateurs à visiter les stands, à échanger avec les exposants et à acheter les produits locaux, afin de renforcer le développement de la Nation.

Le ministre chargé de l’Environnement, Roger Baro, représentant des invités d’honneur, a confié être présent pour reconnaitre tout le travail abattu
par le ministère en termes de mobilisation des ressources endogènes. Car dit-il, dans un pays si tout va bien, c’est que les finances vont bien.

Gbetcheni Constantin Bertrand KAMBIRE

Foire virtuelle des solutions digitales: des lauréats récompensés

La première édition de la foire virtuelle des solutions digitales « Le Faso digital » a pris fin, samedi 25 octobre 2025, à Ouagadougou.

La foire virtuelle des solutions digitales « Le Faso digital », organisé par le journal en ligne le Faso.net, s’est terminée sur des notes de satisfaction. Organisée du 18 au 25 octobre 2025 à Ouagadougou. Cette première édition, selon Cyriaque Paré, promoteur de cette foire, a été une aventure exceptionnelle, une grande plongée dans les possibles du numérique au service de la reconstruction du Burkina.

Des panels, des masters class, des conférences, des concours d’innovations digitales ont marqué cette première édition. Il a indiqué que la plateforme de la foire virtuelle a accueilli des exposants de tout le Burkina, des institutions, des entreprises et des acteurs de la société civile. Le thème de cette édition : « Innover pour reconstruire le numérique au service d’un Burkina Faso résilient », de l’avis de M. Paré, a permis de proposer, recentrer les énergies sur les enjeux majeurs de la transition du digital, de la souveraineté technologique, de la jeunesse innovante et des réponses locales au défis nationaux.

Pour ce qui est du concours du prix de l’innovation digitale, cinq prix ont été décernés. Batiana Nacro avec « Terra Biga », a remporté le premier prix, un bon de communication de 1 million F CFA sur les plateformes de Lefaso.net et un chèque de 500 000 FCFA. Le deuxième prix officiel est revenu à Josias Boenzemwendé Diendéré, pour sa plateforme « Le Grand Frère », conçue pour accompagner les bacheliers, étudiants et parents, dans leurs choix scolaires et universitaires. Il est reparti avec un bon de communication de 500 000 F CFA sur les plateformes de Lefaso.net et un chèque de 250 000 F CFA.

Un nouveau chapitre de l’histoire numérique

Le troisième prix officiel a été attribué à Théodore Joseph Sandwidi, grâce à
« Sanbbiz », une application mobile qui cartographie les évènements, la culture et les loisirs au Burkina Faso, avec un bon de communication de 250 000 F CFA sur les plateformes de Lefaso.net et un chèque de 250 000 F CFA. Le Prix du public est revenu à Tobouré Khaled Michel Zanré, avec « AgriSage », une solution intégrant l’IA et l’internet des objets pour analyser la qualité des sols et guider les pratiques agricoles.

Le prix de la meilleure candidature féminine, a été attribué à Wendtoen Bernadette Guindega, avec « AgriScan », une plateforme d’agriculture de précision basée également sur l’IA et des capteurs intelligents, pour optimiser la production. Ces deux innovations ont été récompensées chacune d’un bon de communication de 500 000 FCFA sur les plateformes de Lefaso.net.

Le représentant de la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Seydou Yanogo, a traduit ses félicitations aux initiateurs de cette foire virtuelle qui, selon lui, a vu se déployer le potentiel immense de la jeunesse burkinabè. Il a souligné que le concours d’innovation digitale a révélé des projets audacieux, conçus pour répondre aux défis concrets de sécurité, de gouvernance, de santé, de transformation agricole, etc. « Cette foire virtuelle participe à notre démarche de transition numérique inclusive et souveraine », a indiqué M. Yanogo.

Tout en saluant l’initiative du promoteur, Cyriaque Paré et son média, Lefaso.net, pionnier de la presse en ligne au Burkina, il a soutenu que le département va capitaliser les idées, accompagner les porteurs de projets, institutionnaliser cette foire et créer des ponts durables entre les solutions digitales et les politiques publiques. « Le Faso digital nous donne l’occasion de rappeler que nous avons ouvert un nouveau chapitre de l’histoire numérique de notre pays dans lequel l’intelligence numérique de nos concitoyens sera mobilisée au service de la nation », a laissé entendre Seydou Yanogo.

 

Soumaïla BONKOUNGOU
Korotimi NABALOUM
(Stagiaire)

Mauvaise compagnie et délinquance juvénile: un ouvrage pour interpeller la jeunesse

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L’écrivain Abdoul Fataw Kaboré a dédicacé son œuvre « Cri de cœur d’une génération », samedi 18 octobre 2025 à Ouagadougou.

La littérature burkinabè enregistre un nouvel ouvrage. En effet, l’écrivain Abdoul Fataw Kaboré a dédicacé son œuvre « Cri de cœur d’une génération », samedi 18 octobre 2025 à Ouagadougou. L’œuvre aborde les thèmes de la corruption, la pauvreté, la mauvaise compagnie, la délinquance juvénile et les injustices sociales. Edité par Sank plume, le livre est constitué de 59 pages.

Il est disponible chez l’auteur et à la librairie Mercury à 3 000 F. L’auteur a expliqué que son œuvre retrace la vie d’un personnage du nom d’Aziz, un garçon issu d’une famille pauvre. Après la séparation de ses parents, il a grandi auprès de sa grand-mère dans la misère. Livré à lui-même, il va tomber sous l’influence de Koula, un délinquant qui l’implique dans un crime. Aziz cherche désespérément une issue, mais sa naïveté le trahit. Manipulé par Albert, un homme riche et corrompu, il est accusé à tort d’un meurtre et condamné à la prison.

Les huit longues années derrière les barreaux forgent en lui une rage et un désir de vengeance. A sa sortie, sous une nouvelle identité, Malik Diarra, il s’exile à Niamey et infiltre les milieux du pouvoir pour faire tomber des réseaux de corruption. Ses révélations, publiées sous le pseudonyme « Justice 21 » bouleversent le pays, mais le ramènent à la case départ : traqué, arrêté, il finit par être condamné à perpétuité. En prison, il rencontre un autre jeune homme, autrefois élève brillant promis à un bel avenir. Ensemble, ils rêvent d’évasion et de liberté.

A travers cette œuvre, l’auteur entend interpeler les jeunes à se départir de la délinquance juvénile. Car, dit-il, l’échec scolaire, tout comme l’échec dans la vie, découle bien souvent de la mauvaise compagnie. « Ce sont des caprices de ma génération. En regardant autour de moi, j’ai vu tout ce qui se passe. C’est pourquoi j’ai décidé de m’exprimer à travers ce roman », a-t-il déclaré. A l’occasion, M. Kaboré a conseillé chaque jeune de bien choisir amis et fréquentations. En plus d’être un jeune écrivain passionné, Abdoul Fataw Kaboré, âgé de 20 ans, est aussi slameur, poète et s’initie dans la webcomédie. Il est titulaire du Baccalauréat série D, il a participé à la première édition de l’immersion patriotique obligatoire.

Gbetcheni Constantin Bertrand KAMBIRE (Collaborateur)

Résolution des conflits : vers des solutions endogènes

Le ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale a officiellement lancé le lundi 27 octobre 2025 à Bobo-Dioulasso la série de formations entreprises dans le cadre des réformes de justice au Burkina Faso. Ces formations visent à outiller les acteurs chargés de la réconciliation nationale sur cette nouvelle vision de justice.

Le Burkina Faso, confronté à de multiples conflits, s’engage résolument sur la voie de la recherche de solutions endogènes pour la résolution de ses différends. Cette démarche novatrice a été mise en lumière lors d’une session de renforcement des capacités, organisée pour les services en charge de l’action humanitaire, lundi 27 octobre 2025, à Bobo-Dioulasso. La formation vise à armer les acteurs locaux face aux différentes formes de justice avec pour objectif de marier l’efficacité de la justice moderne avec la pertinence sociale de la justice traditionnelle.

Dans le contexte d’une quête de la cohésion sociale et du vivre-ensemble, la conseillère technique du ministre chargé de l’Action humanitaire, Djénéba Ouédraogo, a articulé la vision derrière cette initiative. Reconnaissant que la justice moderne, bien qu’expérimentée depuis l’indépendance et même avant la colonisation, n’est pas la seule voie, les autorités, a-t-elle indiqué, souhaitent désormais l’allier à une justice « de chez nous ». « Cette dernière, mise en œuvre depuis de longue date par nos chefs traditionnels et religieux, a fait la preuve de son efficacité », a fait savoir la conseillère technique. Les études menées, a poursuivi Mme Ouédraogo, révèlent qu’une partie significative de la population fait déjà appel à cette forme de justice traditionnelle.

Jugée plus proche des communautés, elle est rendue par les chefs coutumiers, les chefs religieux et même les délégués de secteur, agissant souvent comme médiateurs pour concilier les positions en cas de conflit. Le contenu de la formation prévue pour trois jours, va se tabler sur les fondamentaux de la justice moderne ainsi que ceux de la justice traditionnelle. La justice traditionnelle va être ainsi présentée et mise en lumière. Cette approche de médiation et de conciliation va être examinée pour déterminer les éléments qui conviennent le mieux à la société burkinabè.

« L’ambition n’est pas de choisir l’une ou l’autre, mais plutôt de les allier, de faire le pont de la tradition à la modernité pour en tirer le meilleur et résoudre les nombreux conflits qui minent le pays », a clarifié Djénéba Ouédraogo. Il s’agit, à ses dires, de s’assurer que cette justice traditionnelle puisse prospérer aux côtés de son homologue moderne. En conclusion de son intervention, la conseillère technique a lancé un appel aux participants pour une participation active et pour l’assiduité pendant les trois jours d’échanges. Les acteurs formés vont être appelés à devenir la « croix de transmission » de ces savoirs.

En retournant dans leurs localités respectives, ils devront transmettre ce qu’ils ont appris, organiser des réunions de restitution au sein de leurs structures et surtout expliquer comment ils comptent mettre en œuvre ces nouvelles approches. « L’espoir est qu’une évaluation ultérieure puisse mesurer l’impact réel de cette formation sur le terrain. L’attente est grande, que ces participants diffusent le contenu de la formation pour mener ensemble le pays vers plus de conciliation, de cohésion sociale et de vivre-ensemble », a souhaité Mme Ouédraogo. Cette initiative, a conclu la conseillère technique, marque une étape importante dans la reconnaissance et la valorisation des mécanismes de résolution des conflits propres au Burkina Faso.

Kamélé FAYAMA

Littérature: un livre sur la gestion collective des droits d’auteur dédicacé

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Le conseiller technique au Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA) et écrivain, Oumar Sanon, a présenté officiellement une œuvre au cours d’une cérémonie de dédicace, mercredi 22 octobre 2025 à Ouagadougou.

La gestion collective des droits d’auteur est une discipline très peu enseignée dans les universités publiques et privées du Burkina Faso. Afin de mieux informer l’opinion publique, le conseiller technique au Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA), Oumar Sanon, a écrit un livre dans lequel il aborde la théorie du droit d’auteur de son origine à sa mise en œuvre à travers la gestion collective et les pratiques de sa répression. La cérémonie officielle de présentation et de dédicace de l’œuvre intitulée: « La gestion collective des droits d’auteur à l’épreuve de l’exploitation numérique des œuvres au Burkina Faso : Contribution au renforcement d’une industrie culturelle » a eu lieu, mercredi 22 octobre 2025 à Ouagadougou.

Le livre a été co-édité par les maisons d’éditions Sankofa et Gurli du Burkina Faso et Ntsame du Gabon. Il coûte 12 500 FCFA et il est disponible chez l’écrivain. Composée de 318 pages, la « La gestion collective des droits d’auteur à l’épreuve de l’exploitation numérique des œuvres au Burkina Faso : Contribution au renforcement d’une industrie culturelle » est constituée de 10 chapitres divisés en deux grandes parties. La première partie analyse la gestion collective des droits d’auteur au Burkina Faso. L’auteur y aborde entre autres les droits issus des créations littéraires et artistiques, l’organisme
de gestion collective des droits exclusifs, les licences ou autorisations d’exploitation des œuvres, les performances et les insuffisances du BBDA et les opportunités de gestion collective des créations artistiques.

La deuxième partie du livre évoque la gestion collective à l’épreuve de la contrefaçon des œuvres dématérialisées. Oumar Sanon a expliqué que ce livre est le fruit de ses réflexions sur le régime de vie des artistes dans leur ensemble à la lumière des 25 ans d’expérience au BBDA. « L’ouvrage évoque un certain nombre de propositions constituant ainsi une source de réflexion devant permettre à la postérité d’envisager l’avenir de la gestion collective sous de nouveaux obstacles », s’est-il réjoui.

L’un des coéditeurs Jean-Claude Naaba a confié que le projet de l’ouvrage est arrivé à point nommé. « Au fur et à mesure de la lecture du manuscrit, nous avons pu nous rendre compte que les conclusions de l’auteur reflètent la pratique quotidienne en matière de gestion du droit d’auteur », a-t-il indiqué. Le représentant des parrains, Adama Sagnon, a exprimé sa fierté pour la sortie de l’ouvrage qui vient aider à résoudre le problème lié à la gestion collective des droits d’auteur.

Gbetcheni Constantin Bertrand KAMBIRE (Collaborateur)

Un voleur multirécidiviste écope de 84 mois de prison ferme

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F.K a comparu à la barre de l’audience correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Dédougou, mardi 21 octobre 2025. Il était cité pour répondre des faits de vol de trois téléphones portables, dans la nuit du 29 septembre 2025, à Guadebou, un quartier du village de Souri dans la commune de Dédougou. Le prévenu est un récidiviste pour avoir été déjà jugé et condamné en 2020 et 2023 pour des faits de vol et d’escroquerie par le même TGI. C’est d’ailleurs au cours de (…)

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Adaman DRABO
Yacouba BELEM

Financement des projets cinématographiques: FasoFilm Fonds présenté aux acteurs du Guiriko

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L’Agence burkinabè de cinématographie et de l’audiovisuel (ABCA) a organisé un atelier, le mercredi 22 octobre 2025 à Bobo-Dioulasso, pour présenter l’agence et les mécanismes de financement de FasoFilm Fonds aux acteurs de la région du Guiriko.

Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale de refondation de l’Etat et d’organisation des secteurs stratégiques, le gouvernement burkinabè a créé, en décembre 2024, l’Agence burkinabè de cinématographie et de l’audiovisuel (ABCA). Cette structure qui regroupe plusieurs entités administratives de la filière a pour mission d’assurer la mise en œuvre des actions de développement de l’Etat en matière de cinéma, d’audiovisuel et d’image animée.

C’est ainsi que l’ABCA a mis en place un mécanisme de financement dénommé Faso Film Fonds, lancé le 8 octobre dernier à Ouagadougou. Dans le but de mieux faire connaître les mécanismes de financement de ce projet et les missions de l’ABCA aux professionnels de la région du Guiriko, un atelier d’échanges s’est tenu, le mercredi 22 octobre 2025, à Bobo-Dioulasso. Cette rencontre a permis de clarifier les perspectives et les innovations mises en place pour le développement du cinéma et de l’audiovisuel au Burkina Faso. Selon la cheffe du département de financement des projets cinématographiques de l’ABCA, Brigitte Balaam, cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une tournée de présentation de l’agence et du mécanisme de financement de FasoFilm Fonds aux acteurs dans les différentes régions.

A l’en croire, FasoFilm Fonds résulte de la volonté des autorités d’accompagner le secteur et de trouver des solutions aux problèmes de financement. « Il ambitionne d’accompagner tous les maillons de la chaîne pour permettre la création d’une véritable industrie cinématographique dans notre pays », a-t-elle indiqué. Elle s’est réjouie de la participation des acteurs de la région du Guiriko, qui ont montré de l’intérêt pour l’appel à projets en cours, lequel prend fin le 1er novembre 2025.

Pour cette année 2025, FasoFilm Fonds accompagne, avec un budget d’un milliard de francs CFA, quatre catégories : Faso Film Développement, Faso Film Production, Faso Film Postproduction et Faso Film Export, qui vise à promouvoir la visibilité des films aussi bien sur le plan national qu’international. Pour rappel, L’ABCA résulte de la fusion de l’Institut supérieur de l’image et du son (ISIS-SE), de la Direction du cinéma et de l’audio-visuel, du Secrétariat technique du Centre national de la cinématographie et de l’audiovisuel (ST-CNCA) ainsi que la délégation générale du FESPACO.

Noufou NEBIE
Korotimi TINGARA
(Stagiaire)

Académie du SARA: un cadre de partage d’expériences entre artisans

La première édition de l’Académie du SARA s’est tenue, le mercredi 29 octobre 2025, à Tenkodogo.

C’est l’une des principales innovations de la Ve édition du Salon régional de l’artisanat (SARA). L’académie du SARA, une rencontre entre professionnels de l’artisanat afin de trouver des solutions aux défis du secteur tels que la digitalisation des savoir-faire traditionnels, la labélisation des produits et l’accès aux marchés internationaux, s’est tenue le mercredi 29 octobre 2025, à Tenkodogo.

Pour cette première édition de l’académie du SARA, il y a eu des communications et des master-class animés par des experts, notamment des spécialistes de la propriété intellectuelle, des représentants de l’Agence pour la promotion des exportations du Burkina, ainsi que des personnes-ressources expérimentées, devant une assistance composée majoritairement d’étudiants d’écoles professionnelles de la ville de Tenkodogo. La première communication : « Stratégie commerciale, labellisation, digitalisation de l’artisanat », a été développée par Emmanuel Zongo, du Centre national de la propriété intellectuelle (CNPI). Celui-ci a indiqué que la stratégie commerciale est l’ensemble des moyens mis en œuvre pour atteindre des objectifs commerciaux.

« Elle vise à conquérir ou élargir des marchés », a-t-il ajouté. Selon lui, c’est dans cette dynamique que le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat a initié la labellisation permettant de donner un signe à un produit lui permettant de se distinguer des autres. M. Zongo a expliqué que le processus de labellisation inclut, entre autres, la sensibilisation des acteurs et du public sur la qualité et l’opérationnalisation du label. « Si vous avez un produit labélisé, vous avez un puisant argument de vente », a-t-il soutenu.

Le communicateur a fait savoir qu’à l’opérationnalisation du label, il y a un système de code QR afin de savoir l’origine du produit sur le marché. « Le label ne peut pas être donné à autrui pour y apposer sur ses produits », a-t-il averti. Il a précisé en outre que la
labellisation requiert que le produit soit porté par une faitière. En ce qui concerne la digitalisation, Emmanuel Zongo a indiqué qu’avec l’insécurité, l’artisanat s’est limité au marché local.

C’est pourquoi, il a proposé aux artisans de recourir au numérique pour atteindre une cible plus lointaine. Interrogé sur les avantages de la labélisation, il a souligné que celle-ci rend crédible le produit et stimule la demande.

Les masters-class ont permis à des personnes-ressources de partager leurs expériences avec l’assistance sur la transformation agro-alimentaire, le marché du cuir et de la maroquinerie et la mécanique automobile.

Pour le commissaire général du SARA, Eric Bassolé, l’académie se veut un dispositif de réflexion stratégique et de partages d’expériences entre acteurs du secteur artisanal. Elle constitue, à son avis, un espace d’excellence pour le renforcement des capacités, la valorisation des métiers de l’artisanat et l’amélioration continue des techniques. D’après M. Bassolé, elle vise également à intégrer l’innovation comme gage de qualité et de compétitivité pour permettre aux artisans burkinabè de conquérir de nouveaux marchés.

Anselme KAMBIRE