Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré, a accordé une audience, ce lundi 27 octobre 2025, à une délégation des Afrodescendants, conduite par la présidente de l’Institut de développement de la diaspora africaine (ADDI), Dr Arikana Chihombori.
Celle-ci a traduit au chef de la diplomatie burkinabè, la fierté de la délégation qu’elle conduit de séjourner au Burkina Faso, tout en exprimant l’adhésion des Afrodescendants à la vision du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.
« Nous suivons le mouvement enclenché au Burkina Faso sous le leadership du capitaine Ibrahim Traoré et au Sahel, et il est de notre responsabilité de nous embarquer dans ce mouvement de changement, car pour nous, c’est ‘’Africa first’’ et nous devons aussi conduire notre agenda pour une Afrique réconciliée avec elle-même », explique la présidente de l’ADDI.
Le programme du séjour des Afrodescendants au Burkina prévoit plusieurs activités.
Tout en souhaitant la cordiale bienvenue et un bon séjour à la délégation au nom des plus hautes autorités burkinabè, Karamoko Jean Marie Traoré a salué la détermination de ces Afrodescendants, qui ont tenu à venir au Burkina Faso malgré les tentatives visant à les démotiver et à les décourager.
« Merci d’avoir choisi de venir ‘’chez vous’’ ; vous n’avez pas cédé aux discours de démobilisation et votre visite vous permettra de restituer la réalité du terrain ; c’est un message très fort que vous envoyez au monde entier pour dire que l’Afrique peut aller de l’avant », a indiqué le ministre des Affaires étrangères, tout en soulignant la disponibilité de son département à accompagner la délégation durant son séjour au pays des Hommes intègres.
Ils sont plus de six cent (600) Afrodescendants et membres de la diaspora africaine, venus des Etats-Unis et d’ailleurs pour un séjour au Burkina Faso.
Le programme de leur séjour prévoit plusieurs activités telles que des conférences et des panels, ainsi que des rencontres avec les autorités burkinabè et des visites dans des sites à la fois symboliques et historiques au Burkina Faso.
Le haut-commissaire de la province du Tuy, Issaka Segda, a lancé la campagne « Je choisis mon avenir », samedi 25 octobre 2025, à Houndé. Cette initiative vise à enrayer la problématique des grossesses en cours de scolarité dans la commune de Houndé.
La Fondation Endeavour Mining et l’Association pour la promotion de la santé communautaire et le développement intégré (AS.Co.SI) s’attaquent à l’une des causes du décrochage scolaire des jeunes filles dans la commune de Houndé. Il s’agit des grossesses en milieu scolaire. Les deux structures, à travers une campagne de sensibilisation dénommée « Je choisis mon avenir », ont décidé de conscientiser les jeunes filles sur ce fléau. La cérémonie de lancement de cette campagne d’un coût de 14,5 millions F CFA a eu lieu, samedi 25 octobre 2025, à Houndé.
Le haut-commissaire de la province du Tuy, Issaka Segda, après avoir salué l’initiative, a rappelé l’ampleur du problème. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. M. Segda, a notamment souligné un taux de 2,24 % de filles enceintes ou mères recensées dans la province du Tuy en 2025, un nombre jugé « élevé ». « Ces grossesses précoces interrompent trop souvent les études de nos filles, compromettent leur avenir professionnel, les exposent à des risques sanitaires et perpétuent le cycle de la pauvreté », a regretté le haut-commissaire.
Le directeur provincial de l’enseignement secondaire, de la formation professionnelle et technique du Tuy, Seydou Traoré, a abondé dans le même sens en partageant l’histoire
« poignante » de deux jumelles, toujours parmi les premiers de leur classe, dont le parcours scolaire a été brisé par des grossesses en cours d’année scolaire. Pour lui, chaque abandon scolaire lié à une grossesse est un échec pour le système éducatif.
Le président de l’AS.Co.SI, Yacouba Michael Ido, a contextualisé le phénomène en mentionnant les 8 452 cas de grossesse enregistrés dans les écoles du Burkina Faso pour la seule année 2023. Prenant la parole au nom de la Fondation Endeavour, le représentant du DG de HGO, Nassé Ouédraogo, a justifié l’investissement du groupe minier en ce sens que l’éducation est le socle de tout développement. Il a insisté sur le fait que la stratégie d’investissement social de la Fondation met l’accent sur l’éducation et la promotion du leadership féminin.
Tolérance zéro
Le président de l’AS.Co.SI, Yacouba Michael Ido, a invité tous les acteurs à se joindre à eux pour enrayer le phénomène des grossesses en milieu scolaire.
L’AS.Co.SI, riche de ses 25 ans d’expérience dans la lutte contre le VIH/SIDA et 14 ans dans la santé communautaire, a été choisie pour la rigueur de son approche. La campagne qui va couvrir 17 établissements scolaires en trois mois, n’est pas une simple sensibilisation, selon Yacouba Michael Ido, mais une stratégie globale et intégrée articulée autour de quatre piliers essentiels. Il s’agit de l’éducation complète à la santé sexuelle et reproductive, du renforcement du dialogue parents-enfants, de l’implication de toute la communauté et de l’autonomisation et le mentorat des jeunes filles.
De plus, l’approche se veut « holistique », a-t-poursuivi, en s’attaquant non seulement au manque d’information, mais aussi à la question sensible des abus, du trafic d’influence et à l’assistance concrète aux filles-mères. L’AS.Co.SI s’engage ainsi à donner aux jeunes scolaires, l’éducation sexuelle complète, la connaissance de leurs droits et les outils du leadership féminin. Pour réussir un tel pari, les initiateurs ont lancé un appel aux autorités et acteurs de l’éducation à se joindre à eux.
Répondant à cet appel, le directeur provincial Seydou Traoré a déclaré le « soutien total et indéfectible » du système éducatif et a exhorté les chefs d’établissement et enseignants à faciliter l’intégration des activités d’AS.Co.SI. A HGO, M. Traoré a exigé de la société minière une « tolérance zéro » et une « application stricte des mesures disciplinaires », envers tout employé impliqué dans le trafic d’influence ou les grossesses précoces. Aux parents et leaders, il a laissé entendre que c’est à la maison que la lutte commence.
Le président de l’AS.Co.SI a invité, quant à lui, à briser le mur du silence et d’avoir des échanges « francs et ouverts », avec les enfants sur la sexualité. La Fondation Endeavour s’est engagée à « suivre de près les résultats » et attend de l’AS.Co.SI une gestion « rigoureuse » et un rapport d’impact « mesurable ». L’objectif étant de voir à la fin de ce projet une « baisse significative » du nombre d’interruptions de scolarité.
L’association des Eglises évangéliques baptistes du Burkina (EEBB) a marqué son engagement citoyen par une remise d’équipements de construction et d’ouvrages spirituels, samedi 24 octobre 2025, à Bobo-Dioulasso.
L’association des Eglises évangéliques baptistes du Burkina (EEBB) a répondu à l’appel lancé par le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, en faisant un don à Faso Mêbo, samedi 24 octobre 2025. Fruit d’une collaboration entre l’église baptiste de la région de Bobo et son centre de santé, ce don est composé de deux tonnes de ciment, d’un voyage de sable, de deux brouettes, et de quatre pelles.
Ce geste est perçu comme une preuve concrète de l’engagement de la communauté chrétienne au service de la nation, selon le président de l’association des Eglises évangéliques baptistes du Burkina Faso (EEBB) de Bobo-Dioulasso, pasteur Badiou Nébié. L’EEBB qui regroupe des femmes, des hommes, des jeunes et des enfants, a tenu ainsi à apporter sa pierre à l’embellissement et à la construction de la capitale économique du pays des Hommes intègres en tant que « patriote » au développement de la ville de Bobo-Dioulasso. Cet engagement de l’EEBB ne s’est pas limité aux matériaux de construction, seulement. L’association a également inclus dans son don dix Bibles.
Le don de l’EEBB à Faso Mêbo est composé du ciment, de sable, de bibles et de brouettes.
Le don de Bibles, a expliqué le pasteur Nébié, entend prouver qu’une nation, en plus des actions concrètes, doit être fondée sur la parole de Dieu. Pour le pasteur, Faso Mêbo est une très « bonne initiative qui est venue en son temps ». Elle est même vue, à l’entendre, comme une inspiration de Dieu. Cette conviction, à ses dires, est ancrée dans le rôle que se donne l’église au sein de la cité. « En tant que chrétiens, le développement de la ville nous concerne tous », a affirmé le pasteur Nébié. Il a insisté sur le fait que l’église et ses fidèles sont avant tout des citoyens de la cité.
C’est pourquoi les églises de la région de Bobo ont jugé nécessaire de faire ce don, contribuant ainsi à l’amélioration du cadre de vie et au développement de Sya. Le développement des infrastructures est, pour l’EEBB, intrinsèquement lié à l’amélioration de la vie économique et sociale. « Pour que l’économie puisse aller de l’avant, il faut qu’il y ait de bonnes routes et que la cité aussi se développe », s’est convaincu le président de l’EEBB. Et si les routes et l’économie se développent, selon le pasteur, le cadre de vie le sera également. Le pasteur Badiou Nébié a lancé à cet effet, un appel à soutenir Faso Mêbo. Il a encouragé dans ce sens les églises des autres régions à suivre le pas et à faire quelque chose pour soutenir cette initiative.
Le pasteur Nébié a tenu à décomplexer les citoyens par rapport à la taille de leur contribution. Tout geste compte, a-t-il affirmé. C’est pourquoi il a invité chacun à faire preuve de patriotisme, selon ses moyens, sans pour autant « minimiser les actes par faute de moyen ». En substance, l’EEBB, par ce don symbolique et concret, appelle tout un chacun à se donner la main d’association pour le développement de la nation. L’acte immortalisé par la signature de la décharge, réaffirme que la foi et le civisme sont des piliers indissociables pour la construction d’un Burkina Faso prospère et développé.
Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a ouvert, lundi 27 octobre 2025 à Ouagadougou, le forum national sur l’enseignement et la formation techniques et professionnels.
Le gouvernement du Burkina veut mettre la formation professionnelle et technique au service du développement endogène. C’est pourquoi, le ministère de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique tient, les 27 et 28 octobre 2025 à Ouagadougou, le forum national sur l’Enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP). L’ouverture des travaux, présidée par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a été marquée par des allocutions et des témoignages de personnes modèles dans le secteur.
Placé autour du thème « mise en œuvre des réformes pour un système d’enseignement et de formation techniques et professionnels au service du développement endogène du Burkina », le forum va permettre aux participants, pendant 48 heures, de suivre entre autres, un panel de haut niveau animé par les ministres chargés de la Formation professionnelle des pays de l’AES et mener des travaux de groupe afin de peaufiner les conclusions issues des fora régionaux.
La ministre malienne chargée de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, a salué l’organisation de ce forum qui constitue un cadre de savoir et de renforcement de la coopération régionale. Elle a rappelé que les pays de l’AES partagent des défis similaires, en ce qui concerne la pauvreté et le chômage des jeunes. Selon elle, le développement du capital humain à travers la formation professionnelle et technique est l’une des solutions. Même si la formation technique est indispensable pour dynamiser l’économie, elle pense qu’individuellement, les pays ne pourront pas y parvenir.
Plusieurs centres de formation inaugurés
… les jeunes soient formés en tenant compte des besoins réels du marché de l’emploi.
C’est pourquoi, Mme Seck souhaite une collaboration entre les pays à travers la création d’un cadre permanent de dialogue sur la question. D’ailleurs, elle a annoncé que son ministère a déjà élaboré un protocole de partenariat entre les trois ministères qu’elle soumettra pour une appréciation. Ensemble, a-t-elle laissé entendre, les pays doivent former pour bâtir un avenir meilleur et prospère au sein de l’AES. Et pour cela, ils doivent réorienter leurs politiques vers une formation adaptée à la réalité du marché.
Quant au ministre chargé de la Formation technique du Burkina, Boubakar Savadogo, il a reconnu que l’enseignement doit être plus pratique que théorique. C’est pourquoi, a-t-il indiqué, son département sur instruction du chef de l’Etat a opéré une réorientation de ses programmes vers la réalisation d’infrastructures. A ce jour, a-t-il souligné, plusieurs centres de formation ont été inaugurés. Et pour 2026, 170 établissements scolaires répartis dans toutes les provinces seront convertis en établissements polyvalents.
Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a insisté sur la nécessité impérative d’aligner les filières de formation sur les besoins réels du marché de l’emploi et les exigences du développement endogène. « Nous devons former des jeunes qui valorisent nos ressources comme l’agriculture, les mines, l’artisanat et les infrastructures… », a-t-il indiqué. Et de rassurer que L’Etat prendra ses responsabilités. Pour ce faire, il attend des collectivités locales, des entreprises et des partenaires, leur contribution. Car, pour lui, la réforme des formations techniques et professionnelles exige l’engagement de tous. Souhaitant que ce forum soit un espace de dialogue franc et de propositions concrètes, il a dit attendre des participants, une feuille de route claire, réaliste qui guidera l’action du gouvernement.
Une délégation de l’Institut de développement de la diaspora africaine (ADDI) séjourne au Burkina Faso, du 24 octobre au 8 novembre 2025. A cette occasion, une conférence sur le thème : « L’Afrique avant la colonisation : la gloire précoloniale et la destruction culturelle », a été organisée, lundi 27 octobre 2025, à Ouagadougou.
Une délégation de l’Institut de développement de la diaspora africaine (ADDI) est en visite, depuis le 24 octobre, au Burkina Faso. Dans le cadre de ce retour en terre africaine, une conférence sur le thème : « l’Afrique avant la colonisation : la gloire précoloniale et la destruction culturelle », a été organisée, lundi 27 octobre 2025, à Ouagadougou. Cette activité a été présidée par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré.
Le chef de la diplomatie burkinabè a fait savoir que la présence des Afrodescendants au pays des Hommes intègres est un message fort : celui du retour aux sources. Et, d’ajouter qu’il est plus encore celui du retissage du lien sacré entre le continent africain et ses enfants de la diaspora. « En foulant la terre du Faso, vous ne visitez pas simplement un pays. Vous retrouvez une part de vous-mêmes. Vous reprenez le fil d’une histoire interrompue ; celle de nos ancêtres unis par la mémoire, la souffrance et la fierté », a-t-il poursuivi. M. Traoré a également laissé entendre que le peuple burkinabè, fidèle à ses valeurs d’accueil, de solidarité et de fraternité africaine ouvre grandement ses bras à cette délégation d’Afrodescendants.
Ainsi pour Karamoko Jean Marie Traoré, à travers cette présence, c’est l’Afrique du monde qui revient vers l’Afrique des origines. A ce titre, il a indiqué qu’ils incarnent la mémoire vivante d’un continent dispersé mais jamais divisé, un contient dont la force réside dans la diversité, la culture et la dignité retrouvée. En outre, de son avis, la diaspora représente aujourd’hui une force immense, un vivier de talents, de savoirs et d’expériences. Et, partout dans le monde, a-t-il souligné, elle brille dans les domaines des sciences, des Arts, de la culture, de l’éducation, etc.
Un retour symbolique à la terre ancestrale
Près de 700 membres de la diaspora africaine et des Afrodescendants sont présents à ce rendez-vous.
Karamoko Jean Marie Traoré a ajouté que la diaspora demeure l’un des leviers essentiels de la renaissance africaine. C’est pourquoi, a-t-il soutenu, le Burkina Faso place la valorisation de sa diaspora au cœur de sa diplomatie, dans le cadre d’une politique nationale ambitieuse de rapprochement, d’échanges et de partenariat durable. La 4e vice-présidente de la délégation spéciale de la commune de Ouagadougou, Sidonie Ouédraogo, a exprimé sa satisfaction, au regard de la démarche de la diaspora africaine et des Afrodescendants.
Elle a souligné que le Burkina Faso, fidèle à son héritage panafricaniste et à son engagement en faveur de la souveraineté et de la dignité africaine, est aujourd’hui fier d’être une terre de mémoire et d’expériences pour les Afrodescendants. Pour lui, la venue de la délégation s’inscrit dans cette dynamique de retour symbolique à la terre ancestrale. Cela traduit la volonté commune de renforcer les liens économiques, sociaux et culturels entre les peuple du continent et la diaspora africaine.
« Votre présence ici répond à un objectif noble : favoriser les échanges et les investissements, soutenir les efforts humanitaires notamment à travers des dons de médicaments, de matériels biomédicaux destinés aux Personnes déplacées internes (PDI) », a-t-elle renchéri.
La présidente de l’Institut de développement de la Diaspora africaine (ADDI), Arikana Chihonbori, pour sa part, a laissé entendre qu’elle et les siens ont choisi de visiter le Burkina Faso parce que le président Traoré représente les aspirations des peuples noirs dans le monde. « Il est le symbole de la solidarité et la délivrance des peuples noirs », a-t-elle martelé. Par ailleurs, elle a confié que le peuple noir constitue une armée puissante s’il est soudé. Ainsi, pour Mme Chihonbori, l’appui à ce peuple peut développer l’Afrique pour la prospérité.
Le Grand chancelier des Ordres burkinabè, le général de Brigade Pingrenoma Zagré, a présidé, dans la soirée du vendredi 24 octobre 2025, la cérémonie de décoration de la présidente de la Commission de l’informatique et des libertés (CIL), Halguieta Nassa, élevée au rang de commandeur de l’Ordre de l’Etalon.
Conformément aux règles en vigueur, les présidents d’institutions sont promus au grade de commandeur de l’Ordre de l’Etalon deux ans après leur nomination. Dans ce sens, la présidente de la Commission de l’informatique et des libertés (CIL), Halguièta Nassa, a été faite commandeur de l’Ordre de l’Etalon, vendredi 24 octobre 2025, dans les locaux de
la Grande chancellerie des Ordres burkinabè, à Ouagadougou.
Le Grand chancelier des Ordres burki-nabè, le général de Brigade à la retraite, Pingrenoma Zagré, a indiqué qu’à travers cette distinction, il s’agit de rendre hommage à une référence dans le domaine du numérique dont la compétence et la vision contribuent, chaque jour, à bâtir un Burkina Faso souverain et tourné vers l’avenir. Halguieta Nassa, Dr en informatique, enseignante-chercheure à l’université Joseph-Ki-Zerbo, polyglotte, selon lui, incarne le savoir, la rigueur et la vision au service de la Nation.
Du point de vue du Grand chancelier, à la tête de la CIL depuis septembre 2023, Mme Nassa a su imprimer une dynamique nouvelle fondée sur
l’innovation, la digitalisation et la protection des données personnelles.
Bâtir un Burkina Faso numérique souverain
« Nous avons remarqué qu’après deux ans passés à la tête de cette institution, des progrès très remarquables ont été faits au profit de la population burkinabè. Chacun a pu identifier ses droits mais aussi son devoir et les pri-vilèges qui sont associés au domaine de l’informatique et des libertés », a soutenu le Grand chancelier.
Il a ajouté que cette distinction doit être la marque d’un nouveau départ pour la CIL afin d’atteindre les objectifs qui lui sont assignés, tout en exhortant la jeune génération à s’approprier l’exemple. La présidente de la CIL, à l’issue de sa décoration, a traduit sa gratitude au Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, pour la confiance placée en sa personne.
Pour elle, cette médaille est celle de toute l’équipe de la CIL passionnée, compétente et infatigable qui donne le meilleur d’elle-même pour protéger les droits numériques des Bur-
kinabè, jour après jour sur les terrains pour sensibiliser les populations.
« Cette médaille n’est pas une fin en soi mais un nouveau départ qui m’invite à poursuivre avec encore plus de détermination cette œuvre collective : bâtir un Burkina Faso numérique souverain et protecteur des droits fondamentaux dans un pays où chaque citoyen pourra évoluer dans un environnement digital sûr et respectueux de ses droits et porteur d’opportunités », a-t-elle déclaré.
Le Président ivoirien, Alassane Ouattara, a obtenu 89,77 % des suffrages pour mener un quatrième mandat, à l’issue de l’élection présidentielle, samedi 25 octobre dernier. L’annonce a été faite, lundi 27 octobre 2025, par le président de la Commission électorale indépendante, Ibrahime Koulibaly-Kuibiert.
Le Président ivoirien sortant, Alassane Ouattara, va remplier pour un quatrième mandat. En effet, selon les résultats provisoires communiqués par le président de la Commission électorale indépendante, Ibrahime Koulibaly-Kuibiert, dans l’après-midi du lundi 27 octobre 2025, il a été réélu avec 89,77 % des suffrages lors de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025.
Il a été suivi de Simone Ehivet Gbagbo avec 2,42% de voix, Henriette Lagou, 1,15 %, Jean-Louis Billon, 3,09% et enfin de Ahoua Don Mello, 1,97 %. Le taux de participation à cette élection présidentielle a été estimé à 50,10% contre 53,90% en 2020. Ce sont près de neuf millions d’électeurs, en Côte d’Ivoire et à l’étranger, qui étaient convoqués aux urnes à cette consultation électorale qui, selon certains observateurs, a enregistré quelques scènes violentes dans certaines localités.
Les Afrodescendants et la diaspora africaine vivant à l’étranger, lors de leur séjour au Burkina, ont visité le Mémorial Thomas-Sankara, lundi 27 octobre 2025, à Ouagadougou.
Les Afrodescendants séjour- nant actuellement au Burkina Faso veulent mieux connaître le pays des Hommes intègres, sa Révolution et son histoire. C’est ainsi que le Mémorial Thomas-Sankara, haut lieu de tourisme et de découverte de la vie du capitaine-Président Thomas Sankara, a reçu la visite de la délégation d’afrodescendants et de la diaspora africaine, lundi 27 octobre 2025, à Ouagadougou.
A l’entame, le personnel du Mémorial a expliqué l’envergure du projet et indiqué que l’ouvrage existant actuellement n’est que le début de méga projet à la hauteur et à la dimension du capitaine-Président Thomas Sankara. Le coordonnateur du Mémorial, Etienne Lompo, a fait savoir que le gouvernement et particulièrement le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, appuie fortement la réalisation du projet de Mémorial. Ce qui a permis une avancée significative dans l’érection des ouvrages. Mais, l’arbre ne doit pas cacher la forêt et il a exhorté les amis du Burkina à accompagner, par quelque manière que ce soit la poursuite des travaux du mémorial.
Les acteurs ont également expliqué aux visiteurs du jour qu’une campagne baptisée « Ma brique pour Sankara » a été lancé et que toutes les bonnes volontés
sont invités à apporter leurs contributions. Pour la Présidente de la délégation, fondatrice de l’Institut pour le développement de la diaspora africaine, Arikana Chihonbori, elle vient de connaître un pan de l’histoire du Burkina Faso, de la Révolution d’août 1983 et de son leader, le capitaine Thomas Sankara.
Elle dit avoir compris également que c’est par la trahison que l’œuvre de Sankara a été interrompue à un moment donné avec son assassinat. Mais, aujourd’hui, a-t-elle fait savoir, un nouveau courant de libération des peuples noirs, une autre Révolution pour la souveraineté africaine est en cours avec les trois chefs d’états de l’AES. « Nous sommes des Africains et nous ferons ce qui est en notre pouvoir pour accompagner le combat qui est mené actuellement par le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, pour redonner au Burkina Faso sinon à toute l’Afrique entière la place qui lui revient dans le concert des nations », a déclaré Mme Chihonbori.
A Koankin, village de la commune rurale de Pabré, dans la région du Kadiogo, les populations ont engagé une lutte contre les terres dégradées. Après 30 ans de combat acharné contre les terres incultes, elles sont parvenues, par diverses méthodes, à transformer leur biotope en un véritable paysage boisé…
A Koankin, village situé à 38 km de Ouagadougou dans la commune rurale de Pabré(route nationale 22), la forêt communautaire attire les regards et suscite l’admiration. Cette verdure qui borde la bretelle Est-Ouest de la route de l’aéroport de Donsin ne laisse aucun usager indifférent. Malgré l’absence de pluies depuis plusieurs jours, sa végétation, dense et verdoyante, contraste avec celle des villages environnants, quelque peu désertique.
Samedi 2 août 2025.
Le couvert végétal a repris vie grâce à la combinaison de la demi-lune et des cordons pierreux.
Il est 11 heures. Le soleil brille de mille éclats. Bienvenue dans la forêt communautaire de Koankin. Ici, la nature a repris vie. Aux chants d’oiseaux, s’entremêlent les craquèlements des feuilles mortes tombées, çà et là. Accroupi devant un jeune plant qui bourgeonne, le président de l’Association pour la sauvegarde de la biodiversité (ASABIO), Jean Ilboudo, exprime une joie immense. Avec son équipe, il a réussi à transformer cette vaste étendue de 28,5 hectares de terres ancestrales, autrefois abandonnées en raison de leur inadaptation à l’agriculture, en un espace cultivable et « vivant ».
Plant après plant, il y scrute les nouvelles feuilles. Il est heureux que les nouveaux arbres commencent à trôner au sein de la forêt. Leur secret : le zaï, les cordons pierreux, les demi-lunes, une combinaison gagnante de techniques de récupération des terres dégradées.
En effet, à Koankin, les aléas climatiques et les actions anthropiques ont entraîné une dégradation sévère des terres agricoles avec à la clé, une baisse des rendements et de la fertilité des sols. Pour dompter ces terres arides, les populations ont mis en œuvre une panoplie de techniques de récupération dont le zaï. Selon le chef du service départemental des Eaux et forêts de Pabré, le contrôleur des Eaux et forêts, Jean Aimé Sawadogo, le zaï, système traditionnel de réhabilitation de la productivité des terres pauvres, consiste à creuser des trous dans des terres fortement dégradées (nues, encroûtées ou de glacis).
Ces derniers sont remplis de fumure. Ces poquets d’une vingtaine de centimètres de profondeur et de 20 à 40 cm de diamètre ont des écartements d’environ un mètre, variables selon la taille des spéculations. Ils captent le maximum d’eau de pluie et de ruissellement à l’arrivée de la saison pluvieuse ainsi que les fines particules du sol transportées par les eaux. Alors, le sol dégradé devient moins dur et plus perméable et pourrait être utilisé de manière classique.
Avec le zaï, les résultats sont palpables
La forêt communautaire de Koankin est boisée avec diverses espèces animales et végétales.
Avec le zaï, les résultats sont palpables à Koankin. La verdure d’antan a refait surface. Très déterminées, les populations ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Elles décident d’expérimenter la technique des cordons pierreux. Ce sont des petits murets de 20 cm de hauteur construits dans des sillons (de 10 cm de profondeur et d’une trentaine de cm de largeur) qui suivent les courbes de niveau de la zone à aménager.
Très adaptés en zone soudano-sahélienne, les cordons sont tracés tous les 20 à 50 m selon la pente et la pluviosité : plus le terrain est pentu et le climat sec, plus les cordons seront rapprochés. Encore, le succès est au rendez-vous. Des dizaines d’hectares récupérés. Pour débarrasser totalement Koankin de ses terres incultes aux cultures, ses habitants n’hésitent pas aussi à faire recours à la technique des demi-lunes, ces cuvettes en forme de demi-cercle réalisées sur des terrains encroûtés ou bien à l’intérieur de champs en zone aride, généralement sur les terrains de faible pente (inférieure à 3%).
Ces cuvettes sont disposées selon les courbes de niveau, en quinconce, pour récupérer le maximum d’eau en la concentrant au pied des plantations et diminuer les effets d’érosion (environ 300 demi-lunes par hectare). A l’intérieur de chaque cuvette, on dépose de la fumure organique pour assurer une croissance optimale des plants et un rendement plus élevé. On plante dans la cuvette en moyenne 20 à 30 poquets.
Selon Jean Ilboudo, la pratique de la demi-lune vise à capter l’eau de ruissellement, à favoriser son infiltration, à réduire l’érosion hydrique et provoquer la sédimentation. Elle permet également d’augmenter la disponibilité en eau pour les cultures, d’accroitre le rendement agricole, récupérer des terres encroûtées et compactées à des fins agricoles, à sécuriser la production agricole.
De nombreux arbres poussent sur cette terre jadis « morte ».
Toutes ces techniques, souligne-t-il, ont des impacts environnementaux importants. Elles permettent notamment d’étendre les superficies cultivables, de restaurer le couvert végétal et de favoriser la recharge des nappes phréatiques grâce à une meilleure infiltration des eaux de pluie.
De fous … à héros
La récupération de ces terres n’a pas été un long fleuve tranquille. En 1995, animé par l’amour de la nature, JeanIlboudo prend l’initiative de redonner vie aux sols dégradés de son village. Entouré d’une vingtaine d’amis, étudiants et jeunes travailleurs, il consacre le mois d’août à planter des arbres sur ces terres autrefois abandonnées à cause de leur faible productivité agricole.
L’appétit venant en mangeant, ils se fixent le pari de les restaurer. « Ce site était, dans les années 1992, une vaste étendue de terres dégradées, abandonnées, parce qu’il n’y avait plus de rendements agricoles. On ne pouvait plus y cultiver et avoir de bonnes récoltes », se remémore-t-il. Après plusieurs campagnes de sensibilisation du Programme national de gestion des terroirs (PNGT) d’alors, indique M. Ilboudo, les habitants de Koankin commencent à réaliser des cordons pierreux et des diguettes antiérosives.
« Ce sont les techniques qui étaient connues à l’époque.
A la suite, nous avons jugé nécessaire de planter sur les terres déjà restaurées. C’est ainsi que nous avons commencé progressivement à restaurer les sols dégradés tout en plantant les arbres », ajoute-t-il, fier du parcours. Depuis lors, des dizaines d’espèces en voie de disparition, des arbres aux multiples vertus comme les annéosissis leocarpis, les acacias sénégalensis … sont régulièrement mis en terre pour restaurer le couvert végétal. Mais, le défi restait de taille : comment faire face aux actes néfastes de ceux qui ne percevaient pas encore l’importance de leur lutte contre l’aridité des sols ?
La forêt est désormais colonisée par de nombreuses espèces animales qui avaient fui le village depuis belle lurette.
Une nouvelle bataille s’imposait alors, celle de l’éducation environnementale. Il fallait convaincre la population à abandonner la coupe des jeunes arbres qui commençaient à repeupler le village. « Lorsque les arbres ont commencé à pousser sur ces sols dégradés, les gens voyaient de l’argent frais. Pour eux, il faut couper les arbres, puis les vendre. Nous avons beaucoup travaillé pour montrer à la population qu’elle a intérêt à protéger son environnement. C’était la plus grosse difficulté.
Mais, à travers l’éducation environnementale, ils ont fini par comprendre », témoigne-t-il. Pour apaiser les tensions nées de cette bataille et détourner les habitants de la coupe des arbres, Ilboudo et ses compagnons décident de creuser une retenue d’eau. « Nous avons estimé qu’avec un point d’eau, les gens pourraient pratiquer des cultures de contre-saison et laisser les arbres pousser », explique-t-il.
La stratégie porte ses fruits. Année après année, la détermination des
« restaurateurs de terres dégradées » ne faiblit pas. Au regard des résultats probants, certains habitants ont volontairement cédé leurs terres pour le bien du village. En avançant, Ilboudo et ses « soldats de la terre » adoptent, en plus du zaï, les demi-lunes et les cordons pierreux. Grâce aussi à la régénération naturelle assistée, ils ont réussi à restaurer 28,5 hectares de couvert végétal.
Traités au début de fous pour avoir voulu restaurer des terres jugées « mortes », ils n’ont jamais renoncé à leur combat. 30 ans plus tard, ils sont célébrés comme les héros de la lutte contre la désertification dans leur village. « Au départ, les gens trouvaient que c’était une initiative de fous, parce qu’ils ne voyaient pas l’importance de notre combat de récupérer les terres dégradées. Ce sont eux-mêmes qui nous disent maintenant : vous avez fait du bon travail », témoigne-t-il, l’air joyeux.
Un « poumon écologique »
Les populations, tout comme les membres de l’ASABIO, sont fières d’avoir réussi à dompter ces terres arides.
Aujourd’hui, la forêt est devenue une source de fierté de tous les habitants de la commune rurale de Pabré. Grâce aux techniques de récupération des terres dégradées, Koankin est désormais considéré comme « le poumon écologique de la commune ».
« Sur le plan de la superficie, cette forêt communautaire est unique dans la commune. Leur lutte contre les terres dégradées a contribué à améliorer la diversité biologique dans la commune. Elle fait la fierté de tous », lance le chef de service départemental des Eaux et forêts de Pabré, Jean Aimé Sawadogo.
Des résultats de l’inventaire floristique et d’évaluation, ce sont des centaines d’espèces végétales et animales dont regorge la forêt communautaire de Koankin. On y trouve diverses espèces végétales comme l’acacia Macrostachya (Zamnè), Adansonia Digitata (Toèga), le liane goïne, le néré, le jujubier, le kapokier rouge …
Des espèces en voie de disparition et aux vertus médicinales comme le bouleau d’Afrique, les dattiers du désert, l’ébène africaine, le gardénia, le prosopis, la vène, le noisetier, le cassia, le teck, le jujubier amer… trônent majestueusement dans ce tapis vert.
La forêt ne se résume pas à ses arbres. Elle abrite aussi une riche diversité animale. Selon M. Sawadogo, elle est devenue un véritable sanctuaire pour de nombreuses espèces d’oiseaux, d’insectes et de mammifères, dont les lièvres, les rongeurs et les singes.
« Les animaux demeurent cruciaux pour la biodiversité, car ils assurent des rôles vitaux dans les écosystèmes, tels que la pollinisation des plantes, la fertilisation des sols, la régulation des populations d’autres espèces, la dispersion des graines, la décomposition de la matière organique. Ces fonctions maintiennent la santé et l’équilibre des écosystèmes. Ce qui est indispensable à la survie de la planète et au bien être humain », soutient le chef de service départemental des Eaux et forêts de Pabré.
« Grâce à notre lutte contre ces terres incultes, nous avons pu conserver beaucoup de plantes qui sont en voie de disparition. Parmi eux, il y a beaucoup de plantes médicinales que nous utilisons pour nous soigner », raconte Sampawendé Alain Ilboudo, ressortissant de Koankin. Présidente des femmes de Koankin, Mariam Sawadogo confirme que toute la communauté se procure des plantes médicinales pour les nouveau-nés, les malades… dans ce massif forestier.
Selon le président de l’ASABIO, Jean Ilboudo, leur rêve de faire revivre ces terres est devenue une réalité.
« Nous n’avons pas eu tort de restaurer ces terres et mieux, de les reverdir », ajoute-t-elle. Pour le président du Conseil villageois de développement (CVD) de Koankin, Seni Ilboudo, la population a fait un choix judicieux de s’investir à récupérer ses terres mortes.
« De nos jours, ce n’est pas seulement le village qui bénéficie des retombées de cette forêt, mais tous les villages environnants en tirent profit, grâce au doux micro climat qu’il distille dans la commune. La verdure nous procure un climat agréable à toutes les périodes de l’année », estime-t-il.
Un régulateur du climat
Dans la commune rurale de Pabré, la forêt communautaire de Koankin occupe une place centrale dans la lutte contre le changement climatique. Selon le chef du service départemental des Eaux et forêts de Pabré, son importance est incontestable. En effet, soutient-il, elle constitue un véritable sanctuaire de séquestration du carbone, de réduction de la chaleur et de régulation des effets climatiques.
Ainsi, elle joue un rôle essentiel en absorbant les gaz à effet de serre, en protégeant les communautés locales contre les phénomènes climatiques extrêmes et en favorisant la création de couloirs migratoires pour la faune. « La forêt agit comme un puits de carbone en captant le CO₂. Elle régule le climat en rafraichissant l’air sans oublier le rôle qu’elle joue dans la lutte contre l’érosion éolienne », précise M. Sawadogo. Dans le village, renchérit-il, la forêt contribue à améliorer la qualité de l’air et de l’eau grâce à son action de filtration des poussières et des polluants microbiens.
Elle joue également un rôle essentiel dans la prévention de l’érosion des sols en régulant le cycle des eaux de pluie. Lors des précipitations, le feuillage des arbres intercepte une partie de l’eau, une autre s’évapore, tandis que le reste alimente à la fois les arbres et les nappes phréatiques, rechargeant ainsi les sources naturelles. Il souligne aussi qu’elle exerce une influence déterminante sur la régulation du climat à l’échelle communale, notamment à travers son impact sur le cycle de l’eau, la répartition géographique et l’intensité des précipitations.
Selon Brahima Savadogo, chargé de Programmes de Tiipaalga pour la zone Centre, l’initiative communautaire à Koankin pour récupérer les terres dégradées est très bonne, car, sa structure met également en œuvre un programme dénommé : « les communautés reverdissent le Sahel ». Il soutient : « partout où, il y a des formations boisées, les précipitations sont nombreuses. Donc, cela facilite aussi le cycle des pluies.
Alors, si nous travaillons à voir des formations boisées, que les pluies deviennent de plus en plus importantes, nous allons inverser de la tendance dans la lutte contre le
Le chef de Koankin, Naaba Kaongo, appelle à l’aide pour protéger le massif forestier contre les menaces de tous genres.
changement climatique ». Il souligne que, ces dernières années, les pluies sont redevenues plus abondantes et régulières. Selon lui, cette amélioration résulte d’une prise de conscience collective sur l’importance de protéger l’environnement. Les populations comprennent désormais qu’une attitude responsable permet de limiter, voire d’éliminer, les effets du changement climatique.
Une expérience à vulgariser
Compte tenu de son importance dans la lutte contre les changements climatiques, Brahima Savadogo estime qu’il est essentiel de promouvoir les techniques et technologies de restauration des terres dégradées partout, afin de régénérer les sols appauvris et de prévenir la désertification. « Les résultats ne me surprennent pas si l’initiative est venue des populations elles-mêmes. De ses excellents résultats, l’expérience de Koankin doit être vulgarisée, avec un passage à l’échelle », affirme le chargé de Programmes de Tiipaalga pour la zone Centre.
C’est pour dompter davantage les terres dégradées et mieux vulgariser leurs expériences à travers Pabré, voire le Burkina que les habitants ont décidé de s’organiser au sein de l’Association pour la sauvegarde de la biodiversité (ASABIO) depuis 1995 et reconnue officiellement en 2014. Selon son secrétaire général, Oumarou Yaogo, l’ASABIO s’est donné pour mission de contribuer à la sauvegarde de la biodiversité, à la protection de l’environnement, la promotion des bonnes pratiques en matière de récupération des terres dégradées. « Nous appelons nos partenaires, à nous aider à conserver ce joyau qui regorge des produits forestiers non ligneux, des plantes médicinales… », plaide M. Yaogo.
A écouter le secrétaire exécutif de l’ASABIO, expert en environnement, Dramane Guissé, tout le monde est conscient aujourd’hui qu’il y a un phénomène qui menace la planète terre. Pour inverser la tendance, les communautés doivent s’engager activement dans la restauration quel que soit l’état d’aridité des sols. « Les populations ont pris conscience et sont fortement engagées. Mais cela nécessite aussi des ressources pour accompagner le travail de restauration, de stabilisation, d’infiltration de l’eau avec les techniques de cordons pierreux, les demi-lunes …
Pour le chef du service départemental des Eaux et forêts de Pabré, Jean Aimé Sawadogo, la victoire sur la dégradation des sols est possible grâce à la détermination et à la persévérance.
Depuis mai 2025, le Conseil national pour le développement durable, l’Union internationale pour la conservation de la nature et le Fonds mondial nous accompagnent pour récupérer 10 hectares. Cela marche très bien car, les herbacés ont commencé à pousser sur ces sols », se réjouit M. Guissé.
A Koankin, la population s’accorde à dire que son engagement pour la restauration des terres dégradées doit servir d’exemple à d’autres communautés. Pour Jean Aimé Sawadogo, chef du service départemental des Eaux et forêts de Pabré, la victoire sur la dégradation des sols est possible grâce à la détermination et à la persévérance. En conjuguant diverses techniques et technologies, les communautés, à l’exemple de Koankin, réussiront à redonner vie aux terres arides du Burkina.
Abdel Aziz NABALOUM
emirathe@yahoo.fr
Plaidoyer pour protéger la forêt
Malgré son importance dans la lutte contre la désertification, les changements climatiques … la forêt de Koankin est confrontée à diverses menaces dont le braconnage et la divagation des animaux, déplore Assami Sonhouto, le gardien des lieux. « Des personnes agressent la forêt en coupant les arbres. Il y a des endroits, lorsque tu y vois les dégâts, c’est vraiment décourageant. Malgré les sensibilisations, le phénomène persiste parce que la forêt n’est pas clôturée », dénonce-t-il. Le Naaba Kaongo de Koankin se réjouit de la mobilisation communautaire qui a permis de récupérer ces terres et permettre au village de recouvrer sa biodiversité. Mais, il reconnait que la protection de ce domaine forestier est une grosse épine au pied des habitants. « Cette forêt est unique parmi les 22 villages dans la commune. Notre préoccupation, c’est d’avoir une clôture pour la protéger contre la divagation des animaux … Chaque année, nous reboisons les surfaces de terres récupérées, mais sans clôture, les plantes sont à la merci des animaux qui les broutent », regrette le chef coutumier. D’où son appel à l’aide pour protéger ce massif forestier pour que le gigantesque travail qui a été fait depuis des décennies ne soient pas vain.
A.A.N
SOS eau
Dans la forêt communautaire de Koankin, s’il y a une question qui taraude tous les esprits, c’est celle de l’eau. Les initiatives pour installer un forage se sont révélées négatives. La digue de la retenue d’eau à proximité de la forêt a cédé, obligeant « les soldats de la restauration » à parcourir quotidiennement 5 km pour se ravitailler en eau afin d’assurer la survie des plantes. « Nous n’avons pas d’eau de façon permanente. Donc, tous les arbres que nous plantons pendant la saison pluvieuse résistent seulement jusqu’en mars et après, nous perdons beaucoup d’entre eux », déplore le président de l’ASABIO, Jean Ilboudo. Mais, « si, nous arrivons à clôturer ce massif forestier, avec des forages à l’intérieur, je pense que nous ferons mieux que ce que vous constatez actuellement », soutient le secrétaire général de l’ASABIO, Oumarou Yaogo.
A.A.N
Nabasnogo Roch Pananditigri, coordonnateur de l’IGMVSS
« Nous encourageons la combinaison des techniques et technologies pour la récupération rapide des terres dégradées »
Sidwaya(S) : L’Initiative de la grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel (IGMVSS) est engagée depuis plusieurs années dans la récupération des terres dégradées. A ce jour, quel bilan pouvez-vous en faire ?
Nabasnogo Roch Pananditigri (N.R.P) : Dans l’ensemble, nous enregistrons un bilan positif de la mise en œuvre de l’initiative de la grande muraille verte au Burkina. En effet, elle a permis d’attirer l’attention des dirigeants, des techniciens et des gestionnaires des ressources sur la nécessité de se pencher sur la dégradation des terres et des écosystèmes. C’est ainsi que des actions de communication ont été déployées au niveau national et local pour informer et sensibiliser l’ensemble des acteurs sur le fléau. Aussi, des actions concrètes ont été développées à travers certains projets et programmes de restauration des terres et des paysages. Globalement, nous avons constaté une prise de conscience et une forte mobilisation autour de cette question préoccupante qui demande la prise de décisions idoines pour une gestion plus durable des terres et des paysages.
S : A Koankin, village situé dans la commune de Pabré, les populations ont réussi à récupérer près de 30 ha de terres dégradées pour en faire une forêt communautaire avec à la clé, le retour de la biodiversité. Comment appréciez-vous leur initiative ?
N.R.P : Nous apprécions très positivement une telle initiative qui s’intègre parfaitement dans les objectifs de l’Initiative de la grande muraille verte (IGMV). En effet, nous nous sommes rendus compte que la dégradation des terres qui est enregistrée n’est pas une fatalité, car, avec une bonne organisation et un peu de moyen, nous pouvons inverser cette tendance à la dégradation comme l’exemple de la forêt de Koankin. Cette pratique est adoptée et vulgarisée par l’IGMV par l’appellation « Mises en défens (MED) ». Elle permet également de disposer de forêts dont le statut foncier ne suscite pas de contestation.
S : Pour réaliser cet exploit, ces populations ont combiné les techniques du zaï, des cordons pierreux et des demi-lunes. C’est un cocktail de techniques à encourager ?
N.R.P : Effectivement, nous encourageons cette façon de faire car, la combinaison des techniques et technologies est une approche prônée par la Coordination nationale de la GMV. En effet, cette pratique a été testée avec des résultats très encourageants et nous invitons les producteurs à combiner au minimum deux ou trois technologies pour se donner plus de chance dans la récupération rapide des terres dégradées.
S : En quoi le zaï, les cordons pierreux, les demi-lunes et autres techniques existantes peuvent être des panacées à la lutte contre les changements climatiques ?
N.R.P : Ces différentes techniques utilisées qui sont à la portée des producteurs permettent de restaurer dans des délais relativement courts, la capacité productive des terres et de surcroît, on parvient à une meilleure résilience.
S : A l’IGMVSS, quelles sont les actions en vue de promouvoir les techniques de récupération des terres dégradées ?
N.R.P : Pour une meilleure promotion des techniques de récupération, il faut nécessairement faire le diagnostic approfondi du milieu avec des outils appropriés, établir la situation de référence, organiser des actions d’information et de sensibilisation, renforcer les capacités techniques et matérielles des acteurs, suivre et évaluer ces actions, organiser des séances de partage des résultats et mettre à l’échelle les techniques éprouvées.
S : Quel est votre appel à toutes les communautés villageoises engagées dans la lutte pour la récupération des terres et contre l’avancée du désert au Sahel.
N.R.P : Nous invitons les communautés à s’organiser davantage pour une gestion durable des terres et des écosystèmes car, de notre expérience, il est possible d’inverser la tendance de la dégradation des terres par l’adoption de bonnes pratiques éprouvées.
A cet effet, l’accompagnement technique et l’engagement individuel et collectif sont des conditionnalités pour réussir au mieux cette lutte. Aussi, la prise en compte de cette question dans les documents de planification (plans communaux de développement et plans régionaux de développement) facilite la prise en charge.
L’Association des ressortissants de Bassi a remis, vendredi 24 octobre 2025 à Ouagadougou, un don à Faso Mêbo, en guise de contribution à l’Initiative présidentielle.
L’Association des ressortissants de Bassi, de la région du Yaadga, a décidé d’apporter son soutien à l’Initiative présidentielle Faso Mêbo. Convaincu que c’est une initiative capable de construire le pays, l’ensemble des chef coutumiers, des filles et fils de Bassi ont offert 10 tonnes de ciment, 10 brouettes et 40 pelles aux responsables de Faso Mêbo, vendredi
24 octobre 2025, à Ouagadougou.
Selon Bassi Naaba Kiiba, représentant des donateurs, la valeur totale de ce don est estimée à 1,5 millions F CFA. Il a fait savoir que ce geste vise à encourager la dynamique de construction du Burkina Faso lancée par le capitaine Ibrahim Traoré. « Il s’agit pour nous fils de Bassi de soutenir le gouvernement et apporter notre pierre à ces efforts », a déclaré le chef coutumier. Il a saisi l’occasion pour encourager les ouvriers sur place et inviter l’ensemble des Burkinabè, quelle que soit leur classe à s’unir pour accompagner et soutenir l’Initiative Faso Mêbo pour le bien de tous.