65e anniversaire des Forces armées nationales: une série d’activités en prélude à l’évènement à Dédougou

0

Les Forces armées nationales (FAN) ont lancé, depuis le 23 octobre 2025 à Dédougou, dans la région de Bankui, une série d’activités entrant dans le cadre de la commémoration du 65e anniversaire de la création de l’Armée burkinabé. Du cross populaire au don de sang en passant par des dépistages du cancer du sein et du col de l’utérus et autres consultations ainsi que des nettoyages de sites ont été, entre autres, des activités menées, du 23 au 25 octobre.

En prélude à la commémoration des 65 ans d’existence de l’Armée nationale burkinabé, le 1er novembre prochain, les différentes unités militaires et paramilitaires, avec l’appui des autres composantes sociales, ont lancé à Dédougou, dans la région de Bankui, une série d’activités. Déjà jeudi 23 octobre 2025, un cross populaire dénommé « cross de la cohésion », a réuni l’ensemble des forces vives de la région. Elles ont sillonné quelques artères de la cité de Dédougou dans un esprit de soutien à l’Armée. Le lendemain 24 octobre, l’infirmerie militaire du camp Nazi-Boni de Dédougou a été le théâtre d’une opération de don de sang. Elle a permis de collecter 922 poches.

Au même moment, la clinique mobile du Centre hospitalier régional (CHR) de Dédougou a été déployée sur le même site pour organiser gracieusement des séances de dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus au profit des femmes et offrir d’autres types de consultations à la population. Au bilan, le directeur régional interarmées du service de santé de l’ex-Boucle du Mouhoun, le capitaine Bienvenu Zoungrana, a énuméré 300 personnes ayant bénéficié de la sensibilisation au dépistage précoce des cancers gynécologiques et le dépistage précoce du cancer du sein et du col de l’utérus.

Cohésion entre FAN et population

Il a ajouté 87 consultations gynécologiques et 54 colposcopies et Inspections visuelles avec l’acide acétique (IVA) et des Inspections visuelles avec le lugol (IVL) pour le dépistage des légions précancéreuses du col de l’utérus. A cela s’ajoutent 60 écho-mammographies et 149 malades pris en charge.

Le directeur régional interarmées du service de santé de l’ex-Boucle du Mouhoun a souligné que cette campagne de consultations et de soins va contribuer à prévenir certaines maladies chez la population cible. « Elle va permettre aussi de déceler certaines
anomalies et de les traiter à temps », a-t-il affirmé. Bénéficiaire de cette campagne de dépistage, le lieutenant des eaux et forêts, Edwige Compaoré, a positivement apprécié l’initiative. Elle a confié que le cancer du col de l’utérus et celui du sein sont des maux « très graves ». Raison pour laquelle elle a invité les femmes à se faire dépister pour mieux se protéger contre ces maladies qui tuent.

Au troisième jour, c’est-à-dire le 25 octobre 2025, la population de Dédougou et les différentes composantes de l’Armée se sont donné la main pour réaliser un coup de balai citoyen. C’est ainsi que le CHR, le cimetière militaire et le domaine de la salle polyvalente ont été nettoyés et débarrassés des immondices et des herbes. De quoi réjouir le chef de corps du 51e Régiment d’infanterie commando (RIC) de Dédougou, le commandant Ambroise Belemkoabga, représentant le commandant de la 5e Région militaire. Il a laissé entendre que ces activités mettent en valeur le lien armée-peuple désormais engagé dans la Révolution progressiste populaire pour la défense de la patrie comme cela est proclamé par le thème de la célébration du 65e anniversaire de la création des FAN.

Le commandant a précisé que ces activités permettent d’évaluer la cohésion entre les populations et les FAN. « Elles offrent des occasions de promouvoir cette cohésion afin d’accompagner les FAN dans la lutte contre le terrorisme », a-t-il déclaré avant de saluer la mobilisation des acteurs.

Yacouba BELEM

Réseaux sociaux : éduquer la jeune fille à un usage responsable

0

La Direction de la promotion et de la protection du genre a organisé, vendredi 24 octobre 2025, à Bobo-Dioulasso, une conférence publique sur le thème : « Enjeux et défis de l’éducation de la jeune fille dans un contexte de surutilisation des réseaux sociaux ». Cette conférence s’inscrit dans le cadre de la commémoration de la 14e édition de la Journée internationale de la jeune fille.

Chaque année, depuis 2011, le monde entier marque une halte le 11 octobre pour commémorer la Journée internationale de la jeune fille instituée par les Nations unies. Le Burkina Faso a célébré la 14e édition de cette journée à travers une conférence publique, le 10 octobre dernier, à Ouagadougou, sur le même thème : « Enjeux et défis de l’éducation de la jeune fille dans un contexte de surutilisation des réseaux sociaux ».

Au regard de l’importance de la question, la directrice de la promotion et de la protection du genre, Anetina Libabatou, a indiqué que le département en charge du genre a décidé de dupliquer cette conférence dans les régions du Nando (ex-Centre-Ouest) et du Guiriko (ex-Hauts-Bassins). Ainsi, après Ouagadougou et Koudougou, la Direction de la promotion et de la protection du genre était à Bobo-Dioulasso, vendredi 24 octobre 2025, pour entretenir les jeunes filles, notamment les scolaires et les étudiantes, à l’utilisation abusive des réseaux sociaux.

Le représentant du gouverneur du Guiriko, Boubié Ido, par ailleurs conseiller technique chargé de la jeunesse et de la formation professionnelle, a rappelé l’importance de la journée, instituée afin de reconnaître les droits des filles et les obstacles spécifiques auxquels elles font face. Selon lui, le choix du thème découle de la place grandissante des réseaux sociaux dans la vie quotidienne. « Facebook, TikTok, Instagram ou encore WhatsApp sont désormais accessibles dès le jeune âge, transformant les modes d’apprentissage, de communication et de socialisation », a-t-il fait remarquer.

Si ces outils offrent des possibilités d’information, de découverte et d’ouverture sur le monde, leur surutilisation, a regretté Boubié Ido, n’est pas sans conséquences sur le parcours scolaire et l’équilibre personnel des jeunes. Il a notamment évoqué des effets tels que la baisse de concentration, la réduction du temps consacré aux études, l’addiction numérique, l’exposition à des contenus inappropriés, la désinformation et les risques de cyberharcèlement.

Créer un environnement favorable à l’éducation de la jeune fille

« Pour les jeunes filles en pleine construction identitaire, la surexposition en ligne peut fragiliser l’estime de soi et ouvrir la voie à des formes d’exploitation et de manipulation », a-t-il insisté.

Face à ces défis, le conseiller technique a lancé un appel aux parents, aux enseignants, aux leaders communautaires et aux autorités afin de créer ensemble un environnement favorable à l’éducation de la jeune fille. Il a invité chacun à accompagner les adolescentes vers des pratiques numériques saines et réfléchies. L’initiative de cette conférence, selon la directrice de la promotion et de la protection du genre, répond à un constat préoccupant : la multiplication des usages numériques non contrôlés chez les jeunes filles, au détriment de leurs études et de leur équilibre personnel.

« Le smartphone est aujourd’hui un outil incontournable. Il peut servir à apprendre et à s’informer. Mais il peut aussi exposer les jeunes filles à des risques importants, parfois sans qu’elles en aient conscience », a-t-elle expliqué. D’où, selon elle, l’importance d’une sensibilisation préventive afin de développer une culture du discernement numérique.

Plusieurs thématiques à cet effet ont été abordées par des experts du ministère en charge de la transition digitale afin de montrer le « bon chemin » aux participantes dans l’usage des réseaux sociaux. Elles ont notamment porté sur : les réseaux sociaux et la vie scolaire ; le cyberharcèlement et la lutte contre la désinformation (fake news). L’objectif, selon Mme Anetina, est que les participantes ressortent mieux informées sur les opportunités et les dangers du numérique, mais surtout qu’elles adoptent des comportements responsables dans leur utilisation quotidienne. « Il ne s’agit pas d’interdire les réseaux sociaux, mais de les utiliser pour se renforcer, non pour se fragiliser », a-t-elle conclu.

Kamélé FAYAMA
Patricia Coulibaly
(Stagiaire)

Centre médical avec antenne chirurgicale de Pô : de nouveaux bâtiments pour renforcer les capacités d’accueil

Le ministre de la Santé, Robert Lucien Kargougou, a mis en service de nouveaux bâtiments construits au Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Pô dans la région de Nazinon, vendredi 24 octobre 2025.

Le Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Pô dans la région du Nazinon a vu ses capacités d’accueil renforcées. En effet, il a bénéficié de bâtiments neufs réalisés par l’Etat. Il s’agit du pool mère-enfant (maternité et pédiatrie) et d’un bâtiment abritant dorénavant la morgue. La mise en service de ces trois bâtiments est intervenue, ce vendredi 24 octobre 2025, par le ministre de la Santé, Lucien Robert Kargougou, en présence de son collègue chargé de l’Enseignement de base, Jacques Sosthène Dingara et de la gouverneure de la région de Nazinon, Yvette Nacoulma.

Ces bâtiments sont accompagnés d’équipements qui permettront une prise en charge optimale des patients. Il s’agit d’une échographie, d’une radio- graphie mobile, d’un chariot anesthésie et d’un poste avancé SONABEL pour l’alimentation des bâtiments. Egalement, le CMA a reçu une ambulance neuve pour l’évacuation des malades des zones rurales vers Pô. La capacité d’accueil est passée d’une quarantaine à 120 lits. Toutes ces réalisations, a indiqué le Médecin chef du district (MCD) sanitaire de Pô, Boukaré Wanré, visent à assurer aux patients de la province une meilleure prise en charge. « C’est un véritable sentiment de fierté qui anime aujourd’hui l’ensemble des agents de santé et la population du Nahouri », a-t-il confié. Avec cette capacité d’accueil, a-t-il ajouté, le CMA de Pô offre désormais un cadre de soins moderne, spacieux et bien aéré garantissant un confort pour les patients.

La révolution sanitaire en marche

Il en veut pour preuve une augmentation significative des consultations qui étaient de plus de 6 300 au premier semestre 2025 et de plus 3 500 hospitalisations.
La performance des équipe- ments, a-t-il ajouté, a permis de réaliser sur place 391 interventions chirurgicales dont 192 césariennes à la maternité. En outre, plusieurs centres de santé et de promotion sociale ainsi que des postes de santé communautaire sont en construction et le niveau des travaux est très avancé.

« La révolution sanitaire est marche dans le district sanitaire de Pô », a-t-il rassuré. Le MCD a tout de même soumis quelques difficultés au premier responsable du département en charge de la santé. Elles concernent la dotation du CMA de Pô d’un groupe électrogène pour le car celui actuellement en service est vétuste et des ambulances pour les communes de Guiaro et de Tiébélé qui ont reçu leurs ambulances depuis 2019.
Le ministre de la Santé, Lucien Robert Kargougou, s’est engagé à faire en sorte que les besoins résiduels soulevés notamment les équipements supplémentaires puissent être réglés.

« Il s’agit d’infrastructures modernes qui viennent répondre aux besoins des agents de santé. Ils seront dans de bonnes conditions de travail pour assurer une meilleure qualité de prise en charge des femmes et des enfants », a-t-il précisé. La construction de la morgue moderne munie de cellules réfrigérées répond, selon le ministre, à un besoin au niveau de toute la province. Il a indiqué que toutes ces infrastructures ont été
réalisées sur financement propre de l’Etat burkinabè. Il a rappelé que le Burkina Faso a consacré 12% du budget à la santé. « Ce qui est exceptionnel car au niveau de la sous-région, et même au-delà, rares sont ces pays qui allouent cette part à la santé », a-t-il conclu.

Adama SEDGO

XVe édition du FRSIT: le mérite des chercheurs et innovateurs reconnu

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Adjima Thiombiano, a présidé la clôture de la XVe édition du Forum national de la recherche scientifique et des innovations technologiques (FRSIT), samedi 25 octobre 2025, à Ouagadougou.

La XVe édition du Forum national de la recherche scientifique et des innovations technologiques, débutée mercredi 22 octobre 2025, a refermé ses portes au cours d’une soirée de récompense et d’encouragement des chercheurs et des innovateurs méritants. C’est le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Adjima Thiombiano, qui a présidé cette cérémonie, samedi 25 octobre 2025, à Ouagadougou.

Afin d’encourager la recherche scientifique à innover, le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a promis lors de la cérémonie d’ouverture du FRSIT 2025, de multiplier par 5 la valeur des prix récompensant les meilleurs chercheurs et innovateurs. Cette promesse est devenue réalité à travers les différents prix de la Présidence du Faso. En effet, le
« Bangré d’or » est revenu à l’innovateur et chercheur Boubacar Zongo qui repart avec un chèque de 25 millions F CFA, un trophée en or et une attestation en plus de prix spéciaux. La chercheure Mariam Coulibaly et son équipe remportent le « Bangré d’argent », avec un chèque de 15 millions F CFA, un trophée en argent et une attestation.

Quant au « Bangré de bronze », c’est le chercheur Abdoul Karim Coulibaly qui l’a empoché avec un chèque de 10 millions, un trophée en bronze et une attestation. A côté de ces prix de la Présidence du Faso, des prix spéciaux dans trois domaines à savoir la santé, l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire ont été décernés. Dans chaque volet, les lauréats des catégories « Communication », « Innovation », « Jeune talent » et
« Meilleur exposition » ont été primés par des partenaires et sponsors.

Innover dans les besoins fondamentaux du Burkina Faso

Chaque lauréat a eu un trophée, un chèque du partenaire, une attestation. Un trophée d’honneur a été décerné au président du Faso, en guise de reconnaissance pour ses directives dans le monde de la recherche scientifique et de l’innovation. Des sponsors et des partenaires ont reçu des attestations de reconnaissance. Le lauréat du Bangré d’or 2025, l’innovateur Boubacar Zongo, a confié que sa recherche porte sur le moteur à synergie solaire ou synchro.

Il a expliqué que « le moteur à synchro » est conçu pour une grande consommation en quantité d’énergie solaire et joue un rôle polyvalent dans son usage. Par exemple, a-t-il dit, le moteur est utilisé dans le moulin à gasoil dans les villages surtout pour pouvoir moudre les céréales. Pour lui, cette solution va permettre à la population rurale d’avoir du courant électrique conventionnel pour résoudre leurs problèmes. Le ministre chargé de l’Enseignement supérieur a noté que l’édition 2025 du FRSIT a été une semaine d’intenses activités de réflexion à travers des panels, des communications scientifiques et des expositions des résultats de recherches.

« Ce fut une édition historique avec un panel d’ouverture animé par 7 ministres du Burkina, des pays invités, le Mali (pays invité d’honneur), le Niger et le Togo », a-t-il affirmé. Il a félicité l’ensemble des lauréats pour la qualité de leurs œuvres dans la recherche et l’innovation. Tout en rappelant la vision et les directives du président du Faso, Adjima Thiombiano a invité les lauréats ainsi que l’ensemble des chercheurs à innover dans les besoins fondamentaux du Burkina Faso. Le président du Comité national d’organisation du FRSIT 2025, Samuel Paré, a noté que la XVe édition du FRSIT a connu la participation de 357 élèves, 140 étudiants et 50 enseignants-chercheurs. Il a ajouté l’enregistrement de 125 stands dont 90 inventeurs et innovateurs technologiques, parmi lesquels 58 étaient
en compétition. Au total 525 visiteurs ont parcouru les stands à la recherche de connaissances en matière de recherche et d’innovation.

 

Gbetcheni Constantin
Bertrand KAMBIRE

Infection par l’Influenza aviaire hautement pathogène: 4 500 poussins chair détruis à Bittou

0

Le poste de contrôle vétérinaire aux frontières, en collaboration avec la Gendarmerie nationale de Bittou, a procédé, samedi 25 octobre 2025, à la saisie et à la destruction de 4 500 poussins chair infectés par la grippe aviaire, en provenance d’un pays voisin touché par l’épizootie.

Cette opération s’inscrit dans le cadre des mesures de prévention mises
en place par le ministère de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques pour protéger le cheptel national et préserver la santé publique. Par un communiqué en date du 3 octobre 2025, le ministère avait suspendu la délivrance des autorisations d’importation de poussins chair, après avoir évalué les capacités de production nationale jugées suffisantes pour couvrir les besoins des aviculteurs.

A la suite de cette décision, une concertation a été organisée avec les acteurs de la filière avicole, aboutissant à la fixation de prix de référence pour les poussins chair afin de prévenir toute flambée spéculative sur le marché. Le ministère réaffirme sa détermination à lutter contre les importations frauduleuses de produits à risque et invite les populations à collaborer en signalant tout cas suspect aux services compétents.

DCRP/MARAH

Trafic d’amandes de k𝐚𝐫𝐢𝐭é: 100 tonnes saisies

Dans le silence des nuits frontalières, pendant que les villes dorment, d’autres veillent. Ce sont les femmes et les hommes en uniforme camouflé de vert, de kaki et de noir ; les gardiens discrets des frontières économiques du Burkina Faso.

Dans la nuit du 21 octobre 2025, leurs lampes ont percé l’obscurité sur l’axe de Léo, où six tracteurs lourdement chargés d’amandes de karité tentaient de quitter le territoire national par des voies détournées, contournant les points officiels de passage. Guidés par leur expérience et leur vigilance, les agents ont mis fin à cette manœuvre bien orchestrée. Le contrôle a permis de constater le transport irrégulier de plus de 300 sacs, représentant
près de 30 tonnes d’amandes de karité destinées à l’exportation clandestine.

Quelques heures plus tard, à Zecco, un autre poste douanier interceptait à son tour une remorque contenant 535 sacs et un camion Benz Boss chargé de 55 sacs supplémentaires du même produit. Deux opérations, deux zones, une même réalité : la persistance d’un trafic organisé autour du karité, ressource stratégique et fierté du terroir burkinabè. Mais ces saisies n’étaient pas isolées. quelques jours plus tôt, le 10 octobre 2025, la brigade mobile de Manga opérant dans la même bande frontalière, avait déjà stoppé trois camionnettes convoyant 370 sacs d’amandes de karité, soit près de 37 tonnes de produit.

En moins de deux semaines, ce sont donc près de 100 tonnes d’amandes de karité qui ont été sauvées de l’exportation frauduleuse, un signal fort de la vigilance renforcée de la Douane face à un phénomène économique préoccupant. Le karité, trésor du terroir burkinabè, n’est pas qu’une marchandise : il est le symbole du travail, de la résilience et de la dignité du peuple. Derrière chaque sac, il y a le geste d’une mère, la sueur d’un père, l’effort d’un village tout entier. Permettre à ces cargaisons de s’échapper par des voies illicites, c’est laisser filer une part de notre économie, affaiblir la souveraineté nationale et nier le labeur de milliers de familles dont la survie dépend de cette filière.

C’est pourquoi, pour l’administration des Douanes du Burkina Faso, ces saisies ne sont pas de simples faits divers : elles sont des actes de résistance économique, des gestes de défense nationale, et des symboles de patriotisme silencieux. Elles traduisent la détermination d’une administration debout, lucide sur les enjeux de la reconstruction nationale et pleinement engagée dans la protection du patrimoine productif du pays. Réagissant à ces opérations, le directeur général des Douanes, l’inspecteur divisionnaire, Yves Kafando, a salué la vigilance et la bravoure des équipes de Léo, Zecco et Manga, avant de lancer un appel fort à la conscience collective :« Chaque tonne de karité sauvée,c’est une victoire our le Burkina Faso.

Ces saisies rappellent que la protection de notre économie est une affaire de tous J’invite donc les acteurs du transport, les commerçants et les populations frontalières à signaler toute activité suspecte. Dénoncer,c’est défendre le pays. C’est contribuer à la reconstruction nationale ». Ainsi, sur le front économique comme sur le front sécuritaire, la Douane burkinabè poursuit sa mission avec honneur, dévouement et vigilance. De Manga à Léo, de Zecco à toutes les frontières, elle demeure cette sentinelle silencieuse qui veille, jour et nuit, à ce qu’aucune richesse nationale ne quitte le territoire sans contrôle, sans droit et sans justice. Dans chaque saisie, il y a le souffle d’une Nation qui résiste, le courage d’une administration qui protège, et la promesse d’un Burkina Faso maître de son destin.

La Douane : Honneur-Dévouement-Vigilance
SCRP-DGD

Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme: le Burkina Faso sort de la liste grise du Groupe d’action financière

Le Burkina Faso est officiellement sorti de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme mondial de surveillance du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme. L’annonce a été faite par le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, vendredi 24 octobre 2025, à Ouagadougou.

Dans la lutte contre le blanchiment de capi- taux et le financement du terrorisme, les efforts du Burkina Faso ont été reconnus par le Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme mondial de surveillance du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme. Celui-ci, après sa plénière tenue à Paris, dans la capitale française, a officiellement retiré le Burkina Faso de sa liste grise marquant l’aboutissement d’un long processus engagé depuis 2021. L’annonce de cette bonne nouvelle pour le pays des Hommes intègres a été faite, vendredi 24 octobre 2025, à Ouagadougou, par le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo.

« Nous sommes heureux aujourd’hui d’annoncer que le Burkina Faso est sorti de la liste grise du GAFI. Le Burkina est inscrit sur cette liste depuis 2021 », a déclaré le ministre chargé de l’Economie. Qu’est-ce qui explique qu’un pays soit inscrit sur la liste grise du GAFI ? Pour Aboubakar Nacanabo, si des évaluations sont faites à l’issue desquelles, des défaillances stratégiques sont montrées dans le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, le GAFI place le pays sur sa liste grise.

Avec le pays concerné, il est convenu un plan de 37 actions qui doivent être accomplies avant qu’il ne sorte de la liste grise, a-t-il ajouté. Le ministre Nacanabo a rappelé qu’effectivement en 2021, l’analyse et l’évaluation qui ont été faites ont démontré que dans le dispositif du Burkina, il y avait des défaillances. « A partir de cela, il y a eu un engagement politique fort pour matérialiser la volonté du Burkina à lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Un plan de 37 actions a été élaboré et coordonné par la Cellule nationale de traitement de l’information financière (CENTIF) », a-t-il indiqué. Il a signifié que ce plan d’actions concerne le domine législatif, technique et institutionnel reposant sur la volonté politique, avec un fort engagement des « plus hautes autorités » pour que le Burkina puisse sortir de la liste grise. Car, a-t-il noté, la présence d’un pays sur la liste grise du GAFI a plusieurs
implications.

« Au regard d’ailleurs de notre contexte, il est important et dans notre intérêt de travailler effectivement à mettre en place un dispositif solide de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Donc, le plan d’actions ayant été élaboré, toutes les structures qui sont impliqués se sont engagées et mobilisées sous la coordination de la CENTIF pour que nous puissions accomplir les différentes actions qui vont du dispositif législatif au dispositif technique et institutionnel », a soutenu Aboubakar Nacanabo.

Sur le plan législatif, il a relevé que l’une des avancées majeures est l’adoption de la loi sur la lutte contre le blanchiment de capitaux, la lutte contre le financement du terrorisme
et celle sur les armes de destruction massive adoptée, il y a quelques mois à l’Assemblée législative de Transition (ALT). Le Burkina Faso a également œuvré à développer un registre électronique des bénéficiaires qui a été mis en œuvre et qui fonctionne, a assuré M. Nacanabo.

« Il faut aussi dire qu’il y a un travail qui a été fait avec les autorités de supervision et de contrôle et les assujettis. Tous les acteurs ont joué leur rôle pour permettre d’accomplir les 37 actions du GAFI », a-t-il soutenu. Après cela, a confié Aboubakar Nacanabo, le GAFI a effectué un déplacement au Burkina au mois d’août 2025 pour une visite de terrain en dehors jusque-là des échanges de documents et des réunions.

Ce, a-t-il précisé, pour que le GAFI puisse s’assurer de la volonté politique et de la conformité des documents qui ont été envoyés avec la réalité du terrain. Le ministre chargé de l’Economie a aussi fait cas de la satisfaction du GAFI de l’engagement du Burkina et des actions concrètes sur le terrain pour matérialiser la question de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

« Après la visite de terrain du GAFI à Ouagadougou, le Burkina attendait la plénière qui a eu lieu et à l’issue de laquelle, le Burkina a été félicité pour l’engagement politique fort et tout ce qui a été fait comme actions. La sortie du Burkina Faso a été donc actée en ce qui concerne sa présence sur la liste grise du GAFI », a-t-il dit.

Des implications de la liste grise du GAFI

Quand un pays est sur la liste grise du GAFI, aux dires du ministre chargé de l’Economie, il y a des implications économiques, politiques et diplomatiques. Sur le plan économique, a-t-il relevé, la liste grise du GAFI rend les investisseurs frileux, vis-à-vis du pays, qui vont estimer que son système financier n’est pas efficace. « Tout cela a été pris en compte et on peut dire aujourd’hui que le fait qu’on soit sorti de la liste grise du GAFI permet de rassurer davantage les investisseurs », a mentionné M. Nacanabo.

Il a également évoqué le fait que la liste grise du GAFI peut avoir une implication négative sur la notation souveraine du Burkina qui rend difficile la levée de fonds sur le marché. Et même si l’on arrive à lever des fonds, a-t-il prévenu, il est difficile d’avoir des taux acceptables parce que la prime de risque qui est intégrée au taux d’intérêt sera élevée. « Donc, aujourd’hui, on peut dire qu’en ce qui concerne la sortie du Burkina Faso de la liste grise du GAFI, les relations entre le Burkina et les investisseurs pourront s’améliorer », a laissé entendre le ministre Nacanabo. Sur le plan diplomatique aussi, quand un pays est sur la liste grise du GAFI, cela peut affecter ses relations diplomatiques avec certains pays, à l’entendre.

« Aujourd’hui, nous pouvons donc nous satisfaire de tous les efforts qui ont été fournis pour que le Burkina puisse être mis hors de la liste grise du GAFI. Mais, il faut dire que cela a été le fruit d’un travail collectif. D’abord, un engagement fort des plus hautes
autorités, ensuite une implication forte des différents ministères », a-t-il renchérit. Au premier rang de la contribution des départements ministériels, en plus du
ministère en charge de l’économie, le ministre Nacanabo a cité les minis- tères en charge de la justice, de la sécurité, des libertés publiques, du commerce, de l’urbanisme, etc.

Toutefois, a-t-il fait comprendre, la sortie du Burkina de la liste grise du GAFI n’est pas une fin en soi, mais c’est une étape franchie, une bataille gagnée pour maintenir le cap en étant toujours vigilant sur toutes les questions de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

« Pour cela, avec la Cellule nationale de traitement de l’information financière, nous avons élaboré un plan d’actions pour voir les mesures de vigilance et de renforcement de capacités des acteurs, les mesures institutionnelles à prendre pour que le Burkina Faso ne retombe plus dans cette liste grise et puisse avoir un dispositif robuste de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement
du terrorisme », a conclu le ministre Nacanabo.

Boukary BONKOUNGOU

Mobilisation des ressources propres : 2 414,649 milliards F CFA collectés au 30 septembre 2025

Le ministère de l’Economie et des Finances a tenu par visioconférence, la première session de son Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM) de l’année sur le thème : « La lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme au Burkina Faso : état des lieux et perspectives ». C’était le vendredi 24 octobre 2025, à Ouagadougou.

Malgré la persistance du défi sécuritaire, le ministère de l’Economie et des Finances obtient, à fin septembre 2025, des performances remarquables. Une mobilisation des ressources propres à hauteur de 2 414,649 milliards F CFA sur une prévision de 2 295,42 milliards F CFA, soit un taux de recouvrement de 105,20% au 30 septembre et hausse de plus de 420 milliards F CFA par rapport à la même période en 2024, un recouvrement de 142,603 milliards F CFA sur une prévision annuelle de 150 milliards F CFA au titre du Fonds de soutien patriotique (FSP), correspondant à un taux recouvrement de 95,07%, un financement de projets porteurs à hauteur de 84, 319 millions F CFA à travers les programmes AgriNova et JAAL, un recouvrement de 4,022 milliards F CFA au titre des prêts accordés par le Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES), un décaissement d’un montant de 233,42 milliards F CFA sur une prévision de 412,8 milliards F CFA au titre des appuis projets, le décaissement de 18,81 milliards F CFA au titre des appuis budgétaires sont, entre autres, des résultats engrangés par ce département au cours des 8 derniers mois de l’année.

A cela, s’ajoute l’octroi de crédit d’investissement à 19 grandes entreprises d’un montant de 3,791 milliards F CFA, soutenant ainsi l’entrepreneuriat et la création d’emplois, la disponibilité du rapport d’évaluation finale de la sortie du Burkina de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), l’élaboration de 18 documents de planification, le contrôle physique de 192 marchés de plus de 20 millions F CFA, la réalisation de 435 sorties terrains pour le contrôle de la régularité, de la détention et la destination des marchandises en circulation ou en transit et la notification de 59 infractions, 292 cas de fraude, d’usage de faux réprimés.

Assécher les sources de financement du terrorisme

Ces performances ont été révélées par le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, le 24 octobre 2025, lors du 1er Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM) de l’année dudit département qui s’est tenu en visioconférence, sur le thème : « La lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme au Burkina Faso : état des lieux et perspectives ».

Le ministre Nacanabo et la ministre déléguée chargée du Budget, Fatoumata Bako, ont félicité et encouragé leurs collaborateurs dont l’engagement et l’ardeur au travail ont contribué à bâtir ces succès collectifs. « Ces résultats très encourageants ne doivent cependant pas nous conduire au relâchement. Bien au contraire, ils doivent nous inspirer et nous motiver à viser plus haut, car le peuple burkinabè attend encore beaucoup de nous », a déclaré Aboubakar Nacanabo.

A cet égard, il a invité les administrateurs à poursuivre l’optimisation de la mobilisation des ressources internes, l’assèchement des circuits de financement du terrorisme, l’amélioration continue de la gestion budgétaire et du patrimoine de l’Etat, le renforcement du contrôle, de l’audit et de la transparence, la consolidation des réformes structurantes pour une économie souveraine, juste et prospère. Il est ressorti du bilan de la mise en œuvre du plan de travail 2025 du ministère au 30 septembre, présenté par la directrice générale des études et des statistiques sectorielles, Aminata Bakayoko, un taux d’exécution physique globale de 71,93% et taux d’exécution financière de 29,33%.

« Les 5 programmes budgétaires ont enregistré des niveaux d’exécution variables, mais globalement satisfaisants au regard du contexte sécuritaire et des contraintes
budgétaires », a-t-elle soutenu.Pour l’atteinte des objectifs fixés, il a été notamment recommandé de prendre des mesures d’adaptation du mode d’exécution des activités au regard de la crise sécuritaire afin de garantir la continuité de l’action publique dans les zones à risques, de mobiliser des ressources financières complémentaires pour l’indemnisation des victimes d’attaques terroristes, de moderniser les outils de gestion et de suivi, à travers la digitalisation et l’amélioration du système d’information.

Adama SAWADOGO

Région des Tannounyan: le gouverneur Patrice Yéyé prend langue avec les FDS, les coutumiers et les religieux

Le nouveau gouverneur de la région des Tannounyan, Patrice Yéyé, a effectué une tournée de prise de contact les 22 et 23 octobre 2025 dans la ville de Banfora. Pour cette toute première sortie, il est allé à la rencontre des religieux , des coutumiers et des forces de défense et de sécurité.

Installé le lundi 20 octobre dernier, le gouverneur des Tannounyan, le contrôleur général de Police Patrice Yéyé, ne s’est pas donné un temps de repos. Les 22 et 23 octobre 2025, il a effectué une tournée de prise de contact avec plusieurs entités de son ressort territorial dans la ville de Banfora. Le nouveau gouverneur s’est en effet rendu chez les religieux et les coutumiers, puis chez les forces militaires et paramilitaires dans la cité du Paysan noir.

Dans la matinée du 22 octobre, il a été successivement chez l’Evêque de Banfora, Mgr Lucas Sanou, à la grande mosquée de Banfora où il a rencontré la communauté musulmane de la région, au siège du Conseil régional des chefs coutumiers et traditionnels et à la section régionale de la Fédération des Eglises et missions évangéliques (FEME). Le reste de sa tournée, dans l’après-midi du 22 et dans la matinée du 23 octobre, a été consacrée aux forces de défense et de sécurité.

Les religieux, comme ici chez la communauté musulmane, ont assuré le gouverneur de leurs prières.

Le contrôleur général de Police a aussi visité le 24e Régiment inter-armes (RIA), la Compagnie de la Gendarmerie nationale, le Commissariat central de police de Banfora, la 5e Compagnie de la Brigade nationale de Sapeurs-pompiers (BNSP), la Maison d’arrêt et de correction de Banfora et la Direction régionales des Eaux et forêts. La Brigade mobile des Douanes, le bureau des douanes, la Compagnie républicaine de écurité (CRS) de Banfora, le 25e Escadron de la Gendarmerie mobile, la Police municipale et le 17e Bataillon d’intervention rapide (BIR) ont tous reçu la première visite du patron de la région.

Chez les coutumiers tout comme chez les religieux, le motif de la sortie du gouverneur était le même : leur présenter ses civilités et solliciter leur accompagnement et bénédictions pour la réussite de la mission qui lui a été confiée. « Les autorités religieuses et coutumières constituent un maillon essentiel pour le vivre-ensemble et la cohésion sociale, il était de bon ton, que nous venions vers eux. Nous leur avons assuré de notre disponibilité d’être à leurs côtés à chaque fois que de besoin », a laissé entendre le gouverneur Yéyé. Au sortir de ces différents tête-à-tête, M. Yéyé s’est dit satisfait de ce qu’il a pu entendre. « Ils ont bien accueilli cette visite et ont promis de nous accompagner », a-t-il laissé entendre.

Les FDS ont été encouragées et invitées à toujours « mouiller le maillot ».

Chez les FDS, Il s’agissait pour le gouverneur de les féliciter pour leur engagement et pour le travail déjà fait, et les encourager à continuer de « mouiller le maillot ». Nuit et jour ces hommes sont engagés sur le terrain, a-t-il reconnu. L’Evêque de Banfora, Mgr Lucas Sanou, a garanti son soutien au gouverneur tout en priant pour la réussite de sa mission. La communauté musulmane, réunie autour du grand imam de la grande mosquée de Banfora, Ahmed Sanogo, a apprécié l’approche du gouverneur. « Nous sommes prêts à l’accompagner et nous restons disponibles à chaque fois qu’il en aura besoin », a confié Noufou Bonkoungou, secrétaire général de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB), section des Tannounyan.

Même son de cloche à la FEME/Tannounyan, où le président, Pasteur Fabrice Soma, et ses pairs ont, séance tenante, prié afin que le seigneur accompagne le gouverneur dans sa mission. Chez les coutumiers, le président du Conseil, Maouran Sagnon, a rassuré le gouverneur de la disponibilité des chefs pour l’accompagner dans ses fonctions. « Nous l’avons rassuré que nous sommes à ses côtés. La chefferie coutumière de la région est organisée pour faciliter la collaboration avec l’administration », a laissé entendre le chef du canton de Karaborola.

Alpha Sékou BARRY
alphasekoubarry@gmail.com

Triomphe de la transparence

Peint en rouge par certaines chancelleries et placé sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) depuis février 2021, le Burkina Faso s’est vu retiré de cette liste, vendredi 24 octobre 2025. Ce retrait n’est pas le fruit du hasard. Il résulte d’un engagement méthodique et collectif, sous l’impulsion du chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré. C’est l’aboutissement d’actes concrets posés par le gouvernement et les institutions de contrôle. En effet, la décision fait suite à un engagement politique de haut niveau pris par le pays pour renforcer son régime de Lutte contre le blanchiment de capitaux et le Financement du terrorisme (LBC/FT).

En juin 2025, le GAFI estimait déjà que le Burkina Faso a largement achevé son plan d’actions, justifiant une évaluation sur place pour confirmer que les réformes sont mises en œuvre. Ce qui a permis d’établir le constat selon lequel le pays des Hommes intègres a procédé à des réformes clés, notamment en adoptant des mécanismes de suivi des actions de sa Stratégie nationale de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, en recherchant l’entraide judiciaire et d’autres formes de coopération internationale, en renforçant les capacités des autorités de contrôle et des acteurs judiciaires et en opérationnalisant le pôle judiciaire antiterroriste et les pôles Economiques et financiers (ECOFI).

Comme l’a souligné le ministre de l’Economie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, « la sortie de la liste grise est une bataille gagnée, mais il faut maintenir le cap ». C’est dire que cette reconnaissance internationale est le point de départ d’un nouveau cycle d’exigences et de vigilance portée par une gouvernance rigoureuse et des réformes courageuses.

C’est dans ce sens que la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) s’est affirmée comme un pilier central de ce dispositif. Grâce à son action renforcée, la traçabilité des flux financiers s’est nettement améliorée et les institutions financières ont gagné en crédibilité. A ces efforts s’ajoutent des mesures de régulation comme l’obligation d’identifier toutes les puces téléphoniques, un pas décisif vers la lutte contre l’anonymat dans les transactions financières. Cet assainissement du secteur de la communication et des échanges numériques vient consolider la volonté de transparence exprimée par les autorités.

Ce succès est aussi celui d’un peuple uni et résolument engagé. A travers le Fonds de soutien patriotique (FSP), les Burkinabè de l’intérieur comme de la diaspora démontrent chaque jour leur attachement à la Nation et leur confiance envers leurs dirigeants. Cette solidarité nationale est la preuve que la reconstruction du Burkina Faso repose sur la responsabilité partagée et la foi en un avenir commun.

Sur le plan sécuritaire, 72 % du territoire national ont été reconquis grâce à la détermination des Forces combattantes et la mobilisation du peuple tout entier. Cela témoigne du retour progressif de l’Etat dans ses prérogatives régaliennes et de la restauration de la confiance entre le pouvoir public et les citoyens.

La sortie de la liste grise du GAFI confirme que le Burkina Faso est sur la voie d’une gouvernance vertueuse et conforme aux standards internationaux. Mais cette victoire impose aussi une responsabilité nouvelle : celle d’une veille permanente.
Le ministre Nacanabo l’a rappelé : un nouveau plan d’actions national sera élaboré pour consolider les acquis, renforcer les capacités des acteurs et prévenir tout risque de retour sur la liste. Le gouvernement entend bâtir un système financier robuste, durable et exemplaire, garantissant la stabilité et la transparence nécessaires à l’investissement et au développement.

En attendant, le peuple burkinabè peut être fier. Fier de son gouvernement, de ses institutions et de sa capacité à tenir dignement tête à l’adversité. Fier surtout d’avoir prouvé que la souveraineté économique n’est pas une utopie, mais une construction patiente et collective. Le chemin reste certes long, mais la direction d’un Burkina Faso maître de son destin, transparent dans sa gestion, et invincible dans son unité est tracée.

Par Assetou BADOH