FRSIT 2025: l’industrialisation au cœur des activités de recherche de la 15e édition

A l’occasion de la 15e édition du Forum national de la recherche scientifique et des innovations technologiques (FRSIT), un panel a été organisé, mercredi 22 octobre 2025, à Ouagadougou, sur les contributions des technologies, des inventions et des innovations dans un contexte de relance industrielle du Burkina Faso.

La 15e édition du Forum national de la recherche scientifique et des innovations technologiques (FRSIT) s’étend du 22 au 26 octobre 2025, à Ouagadougou. A la faveur de l’évènement, des acteurs de la recherche scientifique ont porté la réflexion sur les contributions des technologies, des inventions et des innovations dans un contexte de relance industrielle du Burkina Faso. Les panélistes, notamment des ministres du Burkina, du Mali, du Niger et du Togo ont partagé leurs expériences et proposé des pistes de solutions en matière de recherche et de technologie pour stimuler l’industrialisation, dans des secteurs comme l’agriculture, l’industrie, la santé et l’économie.

Le ministre malien chargé de la Recherche scientifique, Bouréma Kansaye, a évoqué la nécessité de réfléchir au niveau confédéral à la mise en place d’un fonds de soutien au secteur de la recherche.

Ainsi, concernant les facteurs de réussite pour une appropriation de la recherche dans l’industrialisation, le ministre nigérien chargé de l’Innovation technologique, Mamadou Saidou, a fait savoir que la connexion « recherche-industrie » est un élément essentiel. De ce fait, il a proposé de relever le niveau de financement pour encourager la recherche, de mettre en place un département chargé uniquement de la recherche. Il a aussi souligné la nécessité pour le chercheur d’aller vers l’industriel en vue de favoriser l’intégration. S’agissant d’un dispositif fiable et durable pour soutenir les technologies distinguées lors des évènements comme le FRSIT pour une meilleure valorisation de la recherche, le ministre togolais chargé de la recherche scientifique, Gado Tchangbedji, a évoqué la nécessité d’apprendre à collaborer avec le secteur industriel.

Travailler ensemble pour de meilleurs résultats

Il a recommandé aux Etats de travailler ensemble pour parvenir à de meilleurs résultats. Le ministre délégué auprès du ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques chargé des Ressources animales, Amadou Dicko, a signifié la place de la recherche scientifique dans le domaine de l’agriculture. Il a confié que grâce à la recherche, en 2024, le Burkina a pu produire plus de 6 millions de tonnes (t) de céréales malgré le contexte sécuritaire difficile. M. Dicko a fait un plaidoyer au département en charge de la recherche sur les aspects tels que l’agriculture de précision, les semences de qualité, la cartographie des terres cultivables, la rationalisation de l’utilisation de l’eau, la lutte contre les ravageurs … pour booster la production.

Le ministre togolais chargé de la Recherche Gado Tchangbedji, a invité les Etats à travailler
ensemble pour parvenir à de
meilleurs résultats de recherche.

Pour le ministre de la Santé, Robert Kargougou, la recherche doit s’investir plus dans la production de données et d’informations stratégiques en vue d’éclairer les décideurs. Elle doit également développer des solutions et des approches innovantes permettant de dérouler l’action sanitaire dans un contexte sécuritaire difficile. Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Adjima Thiombiano, a souhaité qu’un mécanisme soit trouvé en amont afin de définir des thématiques de recherche qui répondent aux préoccupations des populations. « La recherche ne devrait plus être désormais une affaire des chercheurs ou des enseignants-chercheurs, elle doit pouvoir servir à la société », a-t-il souligné. Il a recommandé l’implication des autres départements ministériels.

Le ministre malien chargé de la recherche scientifique, Bouréma Kansaye, a rappelé que le FRSIT a des défis majeurs à savoir l’organisation et la structuration de la recherche dans les pays membres de l’AES, le financement et l’arrimage de la recherche et de l’industrie. « Nous allons mutualiser nos efforts afin de résoudre les problèmes concrets à travers la recherche et l’innovation technologique », a-t-il dit. Il a, par ailleurs, évoqué la nécessité de réfléchir au niveau confédéral à la mise en place d’un fonds de
soutien au secteur de la recherche.

Aly SAWADOGO
Rasmatou OUEDRAOGO
(Stagiaire)

 

Journées d’engagement patriotique: Orodara fait front contre l’insalubrité

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Le gouverneur de la région du Guiriko, Mariama Konaté, a lancé le mercredi 15 octobre 2025 à Orodara dans le Kénédougou, une opération de salubrité. Cette activité qui se tient en marge de la Semaine régionale de la culture (SRC) du Guiriko s’inscrit dans le cadre de la deuxième quinzaine des journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne.

La population de la ville de Orodara s’est mobilisée le mercredi 15 octobre 2025 pour débarrasser un tas d’ordures situé à proximité des concessions. Munis de pelles ou de râteaux, les habitants, le gouverneur du Guiriko, Mariama Konaté, le haut-commissaire du Kénédougou, Saydou Sakira, et le président de la délégation spéciale de Orodara, Emmanuel Konaté, ont nettoyé les lieux pour les rendre propres. « La santé et le bien-être des populations passent aussi par l’assainissement.

Assainir nos cadres de vie, nos lieux de travail et notre entourage est donc un acte patriotique. A Orodara il y a plusieurs décharges publiques et notre action consiste à rappeler à la population que la saleté et les déchets dans nos cadres de vie sont source de maladie, et que l’assainissement concoure à la santé et au développement économique. C’est quand on est bonne santé qu’on peut mener des actions économiques », a souligné Mme Konaté. Pour ce faire, le gouverneur du Guiriko a appelé la population à assainir son cadre de vie.

Elle a également invité les habitants à raviver leur fibre patriotique à travers une adhésion pleine à la vision du chef de l’Etat et aux mots d’ordre du gouvernement. Le président de la délégation spéciale de Orodara a salué cette initiative et a aussi exhorté ses habitants à rendre la ville propre en la débarrassant des ordures et en évitant de jeter des ordures partout. L’opération de salubrité dans la cité du Verger s’inscrit dans le cadre de la deuxième quinzaine des journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne qui se tiennent du 2 au 16 octobre 2025 sur le thème « Pour l’ordre et la discipline, je m’engage ».

Adaman DRABO

 

Immersion patriotique: des élèves immergés de Gaoua assainissent le centre médical

Des élèves immergés de Gaoua ont initié, le samedi 27 septembre 2025, une opération de salubrité au Centre médical de la ville. A travers ce geste citoyen, ils entendent traduire en actes les valeurs de civisme et de patriotisme acquises durant leur formation.

Râteaux, machettes, et pelles en mains, des élèves ayant suivi l’immersion patriotique obligatoire ont débroussaillé et assaini la cour du Centre médical de Gaoua, le samedi 27 septembre 2025. A travers ce geste, ces apprenants ont traduit ainsi en actes les valeurs de civisme et de patriotisme acquises au cours de leur formation. Les immergés disent avoir beaucoup appris durant leur mois d’immersion patriotique.

« Nous avons appris, au cours de notre immersion, des valeurs comme le civisme et la citoyenneté. C’est pourquoi nous avons décidé, entre nous, traduire en acte ces enseignements en venant nettoyer le centre médical », a expliqué Sié Bérenger Hien, élève immergé au lycée municipal de Gaoua. Il a lancé un appel à ses camarades de la région du Djôrô et de tout le Burkina Faso à suivre cet exemple.

Pour Madina Ouattara, également participante à l’activité, cette initiative est une manière concrète de vivre les valeurs apprises durant l’immersion. « Nous avons retenu beaucoup de choses, notamment la citoyenneté, le civisme et la solidarité. A travers cette action, nous voulons montrer à la population que nous avons assimilé ces valeurs et que nous sommes prêts à les appliquer sur le terrain », a-t-elle souligné. « Après cette expérience, je vois la vie autrement. J’ai compris beaucoup de choses sur la société.

Cela a réveillé en nous des valeurs comme la solidarité et l’entraide », a renchéri Sandrine Kambiré. Selon les élèves, cette action s’inscrit dans une série d’activités prévues à la suite de leur formation. « Nous n’allons pas nous arrêter là. Nous comptons également organiser des sensibilisations sur le civisme, la citoyenneté et le respect du Code de la route », a confié Sié Bérenger Hien. Du côté ducentre médical, l’initiative a été chaleureusement accueillie.

« C’est avec une grande joie que nous avons vu ces jeunes venir en nombre, plus d’une soixantaine, pour nettoyer et embellir notre cadre de travail », a déclaré la responsable du Centre médical de Gaoua, Dr Tatiana Oubda. « Nous voyons les
retombées concrètes de cette immersion. Nous espérons que ce groupe va inspirer d’autres jeunes à poser des actes citoyens semblables », a-t-elle ajouté.

Boudayinga J-M THIENON

Forum Afrique-Afrique: les grandes lignes de l’édition 2025 présentées

Les promoteurs du Forum Afrique-Afrique ont animé une conférence de presse, dans l’après-midi du mercredi 22 octobre 2025, à Ouagadougou, pour présenter les grandes lignes de la rencontre qui se tiendra en décembre prochain.

Le Forum Afrique-Afrique (FAAF) se tiendra du 15 au 18 décembre 2025, à Ouaga-
dougou. Cette information a été donnée par les promoteurs de l’évènement, lors d’une conférence de presse, qui s’est tenue, mercredi 22 octobre 2025, à Ouagadougou. Selon les animateurs de ce point de presse, cette rencontre de haut niveau se tiendra
sur le thème : « Souveraineté stratégique et émergence des champions africains ».

Elle se veut un grand rendez-vous panafricain stratégique pour l’émergence des champions africains. Selon la présidente du Comité d’organisation et vice-présidente du Forum, Norah Akani Kafando, l’objectif de cette rencontre est d’offrir à l’Afrique un espace d’action et de convergence, où se rencontrent décideurs, entrepreneurs, chercheurs, jeunes leaders et acteurs institutionnels pour construire ensemble une souveraineté assumée, inclusive et durable.

Elle a ajouté que le Forum vise, plus concrètement, entre autres à renforcer la coopération interafricaine dans les domaines économiques, sociales et culturelles, promouvoir les leaders et champions africains dans tous les secteurs stratégiques. « Le Forum est une plateforme panafricaine de réflexion de dialogue et d’action portée par une conviction : la souveraineté africaine ne se décrète pas. Elle se construit », a-t-elle souligné.

Et, d’ajouter que l’AFF connaitra la participation d’acteurs issus d’une quinzaine de pays, en vue de penser les leviers nouveaux pour une véritable indépendance de l’Afrique. Pour le promoteur du Forum Afrique-Afrique, Arnaud Yengo Mambou, la question de la souveraineté n’est pas seulement une question politique mais également sociale,
économique et culturelle.

Il s’agit, pour les initiateurs de cette activité, a-t-il soutenu, d’apporter leur contribution pour que la question de la souveraineté de l’Afrique soit globale. « Nous allons parler de la souveraineté stratégique, de l’émergence des champions. Le Burkina n’a pas été choisi au hasard. Il a une place au milieu dans le concert des Nations, au regard de ce qui est fait par ses illustres fils », a-t-il dit.

Pour ce qui est du profil des participants à proprement parler, la représentante du comité scientifique de l’AFF, Alimata Ramdé, a laissé entendre que des acteurs politiques, culturels, scientifiques, diplomatiques, des anciens chefs d’états, des experts en énergies viendront de plusieurs horizons pour contribuer à nourrir les réflexions sur la souveraineté stratégique et la création de champions africains.

« Ce forum de haut niveau va illustrer notre volonté de créer un véritable dialogue intergénérationnel et inter sectoriel où l’Afrique va penser et parler pour
elle-même », a-t-elle insisté. En plus des panels, il y aura également des concerts, spectacles et animations culturelles, la nuit des Awards qui seront entre autres les activités prévues.

Soumaïla BONKOUNGOU
Korotimi NABALOUM
(Stagiaire)

 

Office national de l’eau et de l’assainissement: le Centre de relation client Vénégré inauguré

Le ministre de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement, Roger Baro, a présidé la cérémonie d’inauguration du Centre de relation client Vénégré de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), mardi 21 octobre 2025, à son siège, à Ouagadougou.

L’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) se dote d’un nouveau Centre de relation client (CRC) Vénégré, d’un coût de financement de 319 550 460 FCFA assuré par la Banque mondiale (BM). L’ouverture officielle de ce Centre est intervenue, mardi 21 octobre 2025, au siège de l’ONEA, à Ouagadougou, sous la présidence du ministre de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement, Roger Baro et la présence de la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Aminata Zerbo. Selon les techniciens de l’ONEA, le CRC ONEA Vénégré, moderne, digital et multicanal, remplace le Centre d’appels Vénégré mis en service en 2018 et qui présentait des limites techniques et fonctionnelles.

La ministre chargée de la Transition digitale, Aminata Zerbo, a soutenu que le CRC ONEA Vénégré est une innovation salutaire.

Ils ont expliqué, entre autres, que le CRC ONEA Vénégré est muni d’un système de téléphonie 3CX pour la gestion des appels entrants et sortants, d’un numéro WhatsApp professionnel (52 20 20 85) et d’une application mobile ONEA clientèle. « L’innovation que nous célébrons aujourd’hui s’inscrit pleinement dans la vision du
Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, qui place la modernisation du service public et la satisfaction du citoyen au cœur de l’action du gouvernement », a déclaré le ministre chargé de l’Environnement.

D’un centre d’appel à un espace d’écoute

Pour lui, l’ONEA passe d’un simple centre d’appels à un véritable espace d’écoute, d’échanges et de solutions pour les usagers. Le CRC ONEA Vénégré, accessible à l’échelle nationale, va permettre désormais, aux dires de Roger Baro, de demander des informations, de signaler des dysfonctionnements ou de formuler des réclamations en toute simplicité et en temps réel.

« Cette innovation permet à l’ONEA d’être plus proche de ses clients, plus réactif, plus humain et résolument tourné vers la qualité du service. Elle illustre une nouvelle manière de concevoir la relation entre le service public et le citoyen : une relation fondée sur l’écoute, la transparence et la confiance », a-t-il ajouté. Le ministre Baro a félicité l’ensemble des équipes et des partenaires techniques et financiers qui ont contribué à la réussite de ce Centre. Il a, par ailleurs, invité les usagers à s’approprier cet outil conçu pour mieux les servir et les agents à conjuguer leurs efforts pour un service public de l’eau toujours plus performant et plus proche du citoyen.

Le directeur général de l’ONEA, Flandion Idrissa Sourabié : « les téléconseillers et les dispositifs techniques orientent les clients vers des services compétents ».

La ministre chargée de la Transition digitale a signifié que le CRC ONEA Vénégré est un outil qui s’inscrit « parfaitement » dans la dynamique en cours dans l’administration burkinabè qui s’appuie sur le numérique pour se moderniser, se rendre plus efficace et plus proche des usagers.

Aminata Zerbo a salué l’opérationnalisation de cet instrument amélioré de l’ONEA au bonheur des clients. « L’ONEA met à la disposition de ses clients une plateforme moderne, performante et multicanal. Ce service est rendu possible à travers les canaux que les citoyens utilisent déjà au quotidien : WhatsApp, appels téléphoniques,
E-mail et autres plateformes numériques tels que le Chatbot qui délivre des réponses automatiques », a précisé le directeur général de l’ONEA, Flandion Idrissa Sourabié. Il a assuré que le CRC ONEA Vénégré est « entièrement » dédié aux clients, par le biais de téléconseillers et de dispositifs techniques accessibles 24h/24 et 7j/7 pour traiter diligemment toutes les demandes d’informations et de réclamations.

Le directeur clientèle de l’ONEA, Eric Bationo, a indiqué que la cérémonie de lancement du CRC ONEA Vénégré marque une étape majeure dans le souci de modernisation de l’Office. « Le Centre de relation client Vénégré vient répondre à plusieurs attentes : faciliter la communication entre les usagers et nos services, réduire le délai de traitement des requêtes, des réclamations et des demandes, renforcer la transparence et la confiance et surtout placer le client au cœur des priorités », a-t-il laissé entendre. Quant au porte-parole des partenaires sociaux, Samuel Sandwidi, il a fait savoir que lui et ses collègues encouragent de telles initiatives.
« En tant que partenaires sociaux, nous veillerons à ce que ce Centre joue pleinement son rôle », a-t-il confié.

Boukary BONKOUNGOU
Mohamed LY
(Stagiaire)

Un père appelle à incarcérer son fils

N.K a comparu en matière correctionnelle devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Dédougou, le mardi 21 octobre 2025. Il est poursuivi pour des faits de coups et blessures volontaires contre la personne de son père L.K. Les faits se sont déroulés dans la journée d à enfermer son fils, a-t-elle alerté. « Si on ne l’enferme pas, soit il me tue ou c’est moi qui vais le tuer ». Mais, elle est très vite (…)

Retrouvez Au coin du palais sur https://www.sidwaya.info/numerique/

 

Yacouba BELEM
Adaman DRABO

Protection des données à caractère personnel: les membres du cabinet du ministre en charge de l’enseignement secondaire outillés

La Commission de l’informatique et des libertés a organisé une session d’échanges sur la protection des données à caractère personnel à l’intention des membres du conseil de cabinet du ministre de l’Enseignement secondaire, technique et de la Formation professionnelle, mardi 21 octobre 2025 à Ouagadougou.

Conformément à ses attributions informer, réguler, contrôler, protéger et anticiper, la Commission de l’informatique et des libertés (CIL) a initié une session d’échanges sur la protection des données à caractère personnel avec les membres du conseil de cabinet du ministre de l’Enseignement secondaire, technique et de la Formation professionnelle le mardi 21 octobre 2025 à Ouagadougou.

Le ministre de l’Enseignement secondaire, technique et de la Formation professionnelle, Aboubakar Savadogo, s’est réjoui de cette initiative et du choix porté sur son département. Pour lui, cette session d’échanges permettra d’outiller les membres de son cabinet sur les enjeux liés à la gestion et l’usage des données à caractère personnel. « Il est très important que les acteurs de notre ministère s’inscrivent dans le siècle du numérique. Et qui parle de ce siècle doit aussi respecter les règles qui vont avec l’utilisation du numérique », a confié le ministre Savadogo.

De son avis, la protection des données à caractère personnel revêt une importance capitale. « Nous sommes très ravis que cette sensibilisation puisse toucher les premiers responsables », a-t-il souligné. La présidente de la CIL, Halguièta Nassa, pour sa part, a salué les efforts du ministère en charge de l’enseignement secondaire dans le domaine du numérique. À l’en croire, ce département dispose d’outils performants qui génèrent et manipulent quotidiennement des données personnelles sensibles des élèves, des parents, des enseignants et du personnel.

Selon elle, toute donnée collectée, stockée, partagée ou publiée mérite une attention particulière, un cadre de sécurité adapté et une déclaration à la CIL, conformément à la loi. La présidente de la CIL a fait également le plaidoyer afin que le ministère intègre la protection des données à caractère personnel dans les curricula de l’enseignement secondaire et technique. Selon elle, enseigner aux élèves à protéger leurs informations, c’est leur transmettre une compétence civique essentielle pour leur vie numérique future.

Emmanuel BICABA
Korotimi NABALOUM
(Stagiaire)

L’héritage indéfectible de Thomas Sankara: Solidarité avec le Sandinisme

Dans cette tribune parvenue à notre rédaction, l’enseignant à l’UNAN (Universidad nacional autónoma) de Managua au Nicaragua, Pr Edgar Palacio Galo revient sur la Révolution d’août 83 et son apport à la Révolution populaire sandiniste.

En 1983, en ex-Haute-Volta, un jeune capitaine, visionnaire et lucide comme un prophète, a fait irruption sur la scène internationale. Thomas Sankara n’est pas arrivé au pouvoir pour administrer un système hérité, mais pour le renverser et bâtir, sur ses ruines, une nation digne : le Burkina Faso, terre des Hommes intègres. A une époque dominée par la Guerre froide et l’asservissement néocolonial, Sankara a osé dénoncer et combattre l’ennemi du peuple : l’impérialisme yankee. Sa révolution a été un acte de souveraineté radicale, qui s’est traduit par une réforme agraire, une campagne de vaccination, un reboisement massif et le rejet des aides conditionnelles. Elle constituait, en substance, l’application concrète de la maxime révolutionnaire selon laquelle la libération nationale est indissociable de la libération sociale et économique.
Cependant, l’héritage de Sankara ne peut se limiter aux frontières de son pays natal. Son véritable génie, celui qui nous appelle à la gratitude militante, réside dans son internationalisme indéfectible. Il comprenait que la lutte du Burkina Faso était la même que celle menée en Palestine, en Afrique du Sud contre l’apartheid et au Nicaragua sandiniste assiégé. Pour Sankara, la solidarité n’était pas un cliché diplomatique ; c’était le prolongement logique de son anti-impérialisme.

Le cri de la dette et la souveraineté absolue

La première déclaration majeure de Sankara contre l’ordre mondial établi eut lieu lors de la conférence de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1987, lorsqu’il prononça son discours légendaire sur la dette extérieure. A une époque où les dirigeants africains murmuraient timidement à propos de restructuration, Sankara s’exprima haut et fort et déclara que la dette était la reconquête de l’Afrique, un piège destiné à perpétuer l’exploitation. Il proposa l’unité du continent pour une répudiation commune : « Si seulement le Burkina Faso refuse de payer, il n’y aura pas de prochaine conférence. Si nous refusons tous de payer, je suis sûr qu’ils ne nous feront pas la guerre ».
Cette position ferme, solitaire et audacieuse est la clé pour comprendre son affinité avec le Sandinisme. A Managua comme à Ouagadougou, le principal ennemi était le même : un système politico-financier mondial conçu pour maintenir les nations à la périphérie par la coercition économique et, lorsque celle-ci échouait, par une intervention militaire directe. En rejetant la dette extérieure, Sankara revendiquait la dignité africaine tout en s’unissant aux peuples luttant pour leur droit à ne pas être asservis par des intérêts étrangers.

La réalité de la Guerre froide et l’option de la dignité

Dans le contexte de la Guerre froide (1945-1991), alors que la plupart des dirigeants des pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, par peur ou par intérêt personnel, se repliaient sur eux-mêmes, Sankara, lui, choisit le non-alignement, ce qui signifiait pour lui, s’aligner sur la cause des peuples.
Cette fidélité aux principes révolutionnaires, au-delà des convenances géopolitiques, est ce qui fait sa pertinence. Sankara ne recherchait pas les alliances pour des raisons économiques, mais plutôt pour des principes communs d’autodétermination. Sa politique étrangère reposait sur la construction d’un axe de résistance tricontinental, rappelant l’esprit de Bandung et de l’OSPAAAL (Organisation de solidarité des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine). Leur objectif était clair : démanteler les piliers du néocolonialisme, qui se manifestait en Afrique par la soumission économique aux anciennes métropoles, et en Amérique centrale, par la doctrine Monroe d’intervention ouverte.

La bataille idéologique partagée : de Ouagadougou à Managua

La Révolution burkinabè et la Révolution sandiniste partageaient plus qu’une position anti-impérialiste. Toutes deux étaient des projets de profonde transformation sociale confrontés à des défis internes et externes similaires.
Education et santé : toutes deux ont lancé des campagnes massives d’alphabétisation et de santé populaire.
Souveraineté alimentaire : Sankara s’est battu pour le contrôle de la production agricole, un objectif identique à celui du Sandinisme.

Agression extérieure : Alors que le Burkina Faso souffrait de manipulations et de pressions économiques de la part des puissances occidentales et de leurs alliés régionaux, le Nicaragua était confronté à une brutalité financée par les Etats-Unis : la guerre d’agression menée par des groupes contre-révolutionnaires.
Pour Sankara, l’agression contre le Nicaragua n’était pas une affaire lointaine. C’était une épreuve de force pour l’internationalisme révolutionnaire. Par conséquent, sa défense du Sandinisme était un acte d’autodéfense pour la révolution mondiale. Défendre le Nicaragua, c’était défendre le droit à l’existence du Burkina Faso.

Dénonciation courageuse de l’agression yankee : la voix de la conscience africaine à l’ONU

Si Sankara s’est distingué par son discours sur la dette extérieure, sa position sur l’agression américaine contre le Nicaragua était tout aussi cruciale. Dans toutes les enceintes internationales, Thomas Sankara a usé de sa voix, l’une des plus claires et des plus puissantes du monde en développement, pour dénoncer sans détour et sans hésitation
la politique étrangère de Washington en Amérique centrale. Alors que d’autres chefs d’Etat africains gardaient un silence bienvenu pour préserver leurs programmes d’aide ou leur statut commercial, Sankara s’en est pris à l’hypocrisie occidentale.

A l’Assemblée générale des Nations unies, il a condamné sans ambages le financement et le soutien de groupes contre-révolutionnaires, qu’il a qualifiés de mercenaires financés par les Yankees pour déstabiliser un gouvernement légitimement révolutionnaire. Son accusation était sans équivoque : la guerre d’agression contre le Nicaragua n’était pas une guerre civile, mais une guerre d’ingérence impériale, un crime contre la souveraineté nationale.

L’intégrité à l’heure du cynisme

Sur l’échiquier de la guerre froide, l’audace de Sankara était incompréhensible pour beaucoup. Pourquoi un pays pauvre d’Afrique de l’Ouest risquerait-il sa réputation internationale pour une petite nation d’Amérique centrale ? La réponse réside dans ses principes. Sankara ne croyait pas à la géographie ; il croyait à la cause. Pour lui, la tranchée de la souveraineté nicaraguayenne était la même que celle qui défendait la souveraineté burkinabè. Son engagement était en faveur de la justice historique et de la vision d’un monde multipolaire où la voix des opprimés aurait autant de poids que celle de l’oppresseur.

Cette position de confrontation directe avec l’hégémonie américaine, au nom d’une révolution géographiquement lointaine, démontrait la loyauté indéfectible de Sankara envers ses principes de solidarité internationale. En Sankara, la Révolution sandiniste avait non seulement un allié diplomatique, mais aussi un ami sincère et militant, qui embrassait la cause de la défense de la souveraineté nicaraguayenne et de la transformation sociale. Sa dénonciation rappelait constamment à la communauté internationale que l’agression contre le Nicaragua était une blessure ouverte au corps de l’humanité digne.

Le geste concret : novembre 1986 et la visite de la Tranchée

L’engagement de Thomas Sankara envers le Nicaragua transcenda les discours et les condamnations dans les enceintes multilatérales. Il se matérialisa par un geste politique d’une importance capitale en novembre 1986, lors de la visite du président du Faso à Managua. Au milieu d’une guerre d’agression, alors que la contre-révolution, soutenue et financée par la CIA, semait la terreur dans les campagnes nicaraguayennes, l’arrivée de Sankara était bien plus qu’un acte diplomatique : c’était une déclaration de guerre active contre l’isolement impérialiste et un acte de solidarité sur les lignes de front.
Cet acte réaffirma de la manière la plus palpable son engagement internationaliste envers le sandinisme. Se rendre au Nicaragua à cette époque signifiait partager les risques, embrasser la cause sandiniste devant le monde et, surtout, démontrer que la solidarité Sud-Sud n’était pas une utopie, mais une réalité politique concrète.

Le sens de l’amitié militante

La visite de 1986 consolida le lien entre les deux révolutions. Ce fut la rencontre de deux frères révolutionnaires qui se reconnaissaient dans la lutte contre le même monstre : l’impérialisme yankee et ses instruments.
Thomas Sankara et le commandant Daniel Ortega partageaient la tranchée idéologique, conscients que seule l’unité des peuples libres pouvait endiguer la vague d’agression. Cette visite a non seulement offert un soutien moral aux sandinistes au milieu de la guerre d’agression, mais a également eu un effet multiplicateur et, à son tour, a servi d’inspiration à d’autres dirigeants africains pour rompre leur silence complice.

A Managua, Sankara ne se contenta pas de serrer des mains ; il embrassa la cause. Il portait en lui la conviction que la victoire sandiniste était une victoire pour tous les mouvements de libération du monde.
Cette loyauté face au danger est ce qui distingue les diplomates des révolutionnaires. Sankara n’était pas un bureaucrate des relations internationales ; c’était un spécialiste de la révolution mondiale, et son voyage au Nicaragua est le témoignage le plus puissant de sa doctrine de solidarité active. Sa présence fut un rayon de soleil dans l’obscurité de la guerre, confirmant que la Révolution populaire sandiniste n’était pas isolée. Le peuple nicaraguayen, par sa résistance héroïque, a reçu un soutien moral de la part d’un dirigeant qui incarnait le courage africain et la volonté inébranlable de résister.

Reconnaissance militante et validité de son héritage : un ami inoubliable du Sandinisme

Thomas Sankara, traîtreusement assassiné le 15 octobre 1987, a laissé un vide au cœur de la Révolution africaine, mais sa mémoire constitue un arsenal idéologique inépuisable. Sa vie courte mais intense a démontré que l’intégrité politique est l’atout le plus précieux d’un dirigeant. Son amitié avec le Sandinisme, scellée dans les moments les plus sombres de l’agression yankee, mérite non seulement une mémoire historique, mais aussi une gratitude militante et active.

La gratitude militante consiste à assimiler sa leçon et à la mettre en pratique. La leçon de Sankara est celle de la souveraineté sans fard, de l’autosuffisance comme arme de résistance et de la solidarité comme principe directeur de la politique étrangère.

La justification de son exemple au XXIe siècle

Aujourd’hui, l’héritage de Sankara est plus pertinent que jamais. Dans un monde où les anciennes formes d’impérialisme ont été remplacées par de nouvelles tactiques de guerre hybride, où la dette demeure un outil de contrôle et où les discours médiatiques cherchent à isoler les nations qui choisissent la voie de la souveraineté, la figure de Sankara rappelle que la souveraineté est non négociable et que la solidarité est stratégique : son soutien au Nicaragua a démontré que la lutte du Sud est un front uni. Les victoires sur un continent renforcent la résistance sur un autre.

Thomas Sankara était un ami, un camarade. Son héritage nous oblige à être intransigeants face aux ingérences et cohérents dans la solidarité. Défendre Sankara, c’est défendre le droit de tous les peuples à forger leur propre destin sans ingérence étrangère ni entraves financières. Le peuple burkinabè, comme le peuple sandiniste, a démontré que la résistance populaire est la seule garantie de liberté. L’écho de sa voix, qui dénonçait sans crainte l’impérialisme, continue de résonner dans la conscience de la Révolution populaire sandiniste, faisant de sa mémoire un étendard pérenne de dignité et de solidarité active.

Pr Edgar Palacio Galo

Professeur d’université à
l’UNAN Managua, Nicaragua

 

Agence nationale de régulation pharmaceutique: 72 heures pour se faire connaitre du public

L’Agence nationale de régulation pharmaceutique (ANRP) a ouvert, ce mercredi 22 octobre 2025 à Ouagadougou, ses premières journées portes ouvertes. A l’occasion, le mérite des acteurs qui œuvrent pour le développement du secteur pharmaceutique a été reconnu.

L’Agence nationale de régulation pharmaceutique (ANRP) veut renforcer sa visibilité et sensibiliser le grand public sur l’importance de la régulation pharmaceutique. C’est pourquoi, elle organise à Ouagadougou du 22 au 24 octobre 2025, ses
premières Journées portes ouvertes (JPO). A l’occasion, le mérite de dix acteurs qui œuvrent pour le développement du secteur ont reçu des décorations dans l’ordre du mérite de la santé et l’action sociale. Pendant les 72 heures des présentes journées portes ouvertes, plusieurs activités sont programmées. Il y a entre autres, une journée de
salubrité, des communications thématiques et une animation de stands.

Pour le Directeur général (DG) de l’ANRP, Dr Issaka Soulama, il s’agit, à travers ces journées, de mieux informer les professionnels de santé et le grand public sur les missions et activités de la structure et sa place dans le système de santé. Relativement à ses missions, il a cité entre autres, l’autorisation et la supervision des essais cliniques, l’octroi des licences d’exploitation, la lutte contre les médicaments de qualité inférieure ou
falsifiés et l’élaboration des textes réglementaires. Toutes ses missions concourent à assurer une disponibilité et une accessibilité des produits de santé de qualité. Cependant, a-t-il déploré, les activités de l’ANRP créée depuis 2018 restent méconnues par certains professionnels de santé et de la population.

Certifié ISO 9001-2015 depuis 2024

Une visite des stands d’exposition.

Le DG a reconnu que plusieurs exigences s’imposent avec acuité dans la régulation pharmaceutique. C’est pourquoi, a-t-il annoncé, sa structure
s’est inscrite dans une démarche qualité rigoureuse sanctionnée en juillet 2024 par sa certification aux normes ISO 9001-2015, gage de sa conformité aux standards internationaux. L’ANRP se fixe pour objectif d’atteindre à l’horizon 2026, le niveau de maturité 3 de l’OMS. « Nous voulons hisser le Burkina Faso parmi les pays disposant d’une autorité de régulation pharmaceutique reconnue et capable de garantir durablement la sécurité, la qualité et l’efficacité des produits de santé aux populations », a-t-il promis. Et pour y parvenir, Dr Soulama a besoin de l’accompagnement constant du gouvernement, de l’Assemblée législative de Transition (ALT) et des partenaires.

Cette sollicitation n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, car le représentant du ministre de la Santé, Dr Adjima Combary a réaffirmé son engagement à soutenir la structure dans sa progression vers l’excellence. Il a rappelé que l’accès aux soins de santé est une préoccupation des hautes autorités du Burkina. La preuve, a-t-il illustré, 12% du budget de l’Etat est consacré à la santé et en plus des mesures ont été prises pour réduire le coût des examens médicaux. Le premier vice-président de l’ALT Dafidi David Lompo, représentant son président, haut patron des Journées portes ouvertes a relevé le rôle important que joue l’ANRP dans la veille sur la qualité et la sécurité des produits de santé. La souveraineté pharmaceutique d’un pays se construit, a-t-il dit tout en rassurant que l’ALT se tient aux côtés du gouvernement pour accompagner les actions visant cette souveraineté dans le domaine pharmaceutique.

Adama SEDGO