La deuxième édition du Marathon international de la Taanjiama (MIT) se tiendra du 4 au 6 décembre 2025, à Fada N’Gourma. L’annonce a été faite, le samedi 18 octobre 2025, au cours d’une conférence de presse animée par le comité d’organisation. Plus de 1 500 marathoniens venus du Burkina Faso et d’ailleurs sont attendus à ce grand rendez-vous sportif placé sous le signe de la résilience.
Organisé par le Cercle de réflexion et d’action du Gulmu (Cercle Tin Fii), le Marathon international de la Taanjiama (MIT) ambitionne de s’imposer comme un évènement sportif majeur en Afrique. Après le succès de la première édition, tenue en décembre 2023, les organisateurs entendent relever un nouveau défi, avec plusieurs innovations à la clé. En effet, ils ont annoncé, samedi 18 octobre 2025, au cours d’une conférence de presse, que la deuxième édition du MIT se tiendra du 4 au 6 décembre 2025, à Fada N’Gourma, sur le thème :
« Sport et culture pour un Goulmou résilient ». Comme lors de la première édition, la compétition principale sera un semi-marathon de 21 kilomètres. Les jeunes de moins de 18 ans auront, eux, droit à un circuit de 5 kilomètres.
Parmi les innovations de la IIe édition, figure le « Parcours de la résilience », une course de 10 kilomètres parsemés d’obstacles et d’épreuves, ouverte aux Forces de défense et de sécurité (FDS) ainsi qu’aux civils. Il y a également le village du MIT, un espace d’exposition-vente dédié aux produits du terroir, les mets locaux notamment, avec des animations culturelles et artistiques prévues tout au long de l’événement.
Des prix spéciaux de l’AES
Les récompenses ont également été revalorisées. Le premier prix du semi-marathon passe désormais de 1 à 2 millions F CFA pour les hommes, et de 500 000 à 1 million F CFA pour les dames. L’autre innovation cette année, c’est l’introduction des prix spéciaux de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) et du grand Goulmou qui regroupe les régions du Goulmou, de la Tapoa et de la Sirba. Les inscriptions se font en ligne sur le site www.marathontaanjiama.com jusqu’au 30 novembre 2025. Les frais d’inscription sont fixés à 5 000 F CFA pour le semi-marathon de 21 km et 2 000 F CFA pour la course de 5 km. Les exposants du village du MIT, quant à eux, devront s’acquitter de 25 000 F CFA. Sur le plan organisationnel, Limaba Lompo, président du comité d’organisation, a indiqué que le MIT travaille en étroite collaboration avec la Fédération burkinabè d’athlétisme afin de réunir toutes les conditions d’homologation pour passer du semi-marathon au marathon à proprement dit, les éditions à venir.
Le Gulmu, terre de sport et de résilience
Concernant l’hébergement, il a assuré que des concertations ont été menées avec les acteurs du secteur hôtelier pour garantir un accueil digne aux athlètes et aux délégations. Sur la question sécuritaire, le comité se veut rassurant. « Nous avons pris attache avec les Forces de défense et de sécurité et les autorités administratives, qui ont promis une couverture totale de l’événement », a précisé M. Lompo.
Selon Pascal Thiombiano, secrétaire général du Cercle Tin Fii, le Marathon de la Taanjiama symbolise avant tout la résilience du grand Goulmou. « Nous voulons montrer que notre région est accessible et fréquentable. Le MIT est une manière de déconstruire les préjugés et de redonner confiance aux populations. Tout est mis en œuvre pour que le rendez-vous du MIT ait lieu en toute sécurité », a-t-il affirmé. Interrogé sur les initiatives de formation des marathoniens locaux qui, impuissants, ont assisté, en 2023, à une razzia des prix par les athlètes internationaux, le président du Cercle Tin Fii, Dr Lamourdia Thiombiano, a répondu : « C’est un processus, on suit et on accompagne ceux qui ont vraiment excellé lors du premier marathon.
Et ceux qui vont s’illustrer lors de la deuxième édition seront suivis également ». Pour lui, le défi à long terme est clair : faire du grand Goulmou un vivier de marathoniens capables de rivaliser sur la scène nationale et internationale. D’ailleurs, a rappelé Bachir Doussa, chargé de la communication, c’est le MIT qui a révélé l’athlète Fidèle Tankoano, l’un des coureurs locaux qui a pris part à l’événement en 2023 et qui s’est illustré en remportant, récemment, le deuxième prix du semi-marathon du Nahouri. Pour le promoteur du MIT, Dr Lamourdia Thiombiano, le marathon dépasse le cadre purement sportif. Il a déclaré qu’une bonne partie des recettes engrangées au cours de l’édition de 2023 a servi à des actions de soutien aux personnes vulnérables.
« Au-delà de la compétition, le MIT est un cadre de promotion du civisme, de la solidarité et du développement local. Une partie des recettes est chaque année consacrée à des actions sociales », a-t-il dit, avant de rappeler qu’à l’issue de la première édition, les fonds collectés ont permis de réaliser un forage dans une école accueillant des élèves déplacés internes. Et cette année encore, le comité d’organisation entend poursuivre ses actions de soutien aux populations vulnérables. Il a promis également d’apporter sa contribution à l’Initiative présidentielle Faso Mêbo à Fada N’Gourma.
Les experts de la 5e Commission mixte de coopération entre le Burkina Faso et le Royaume du Maroc se réunissent du 20 au 22 octobre 2025 à Ouagadougou, en prélude à la réunion ministérielle.
En vue du renforcement des relations bilatérales entre le Burkina Faso et le Royaume du Maroc, la 5e Commission mixte de coopération entre les deux pays est organisée du 20 au 22 octobre 2025 à Ouaga-dougou. Pour l’occasion, les experts burkinabè et marocains vont procéder à l’élaboration d’accords de coopération dans plusieurs domaines et qui seront signés lors la session ministérielle prévue en novembre prochain. Le début des travaux a été présidé par les chefs de délégation des deux pays, à savoir Abdellah Boutadghart, directeur des affaires africaines au ministère des Affaires étrangères du Maroc et Bassirima Touré, directeur général de la coopération bilatérale au département en charge des affaires étrangères du Burkina Faso.
Bassirima Touré a indiqué que la présente assise va permettre aux délégations d’évaluer la mise en œuvre des conclusions de la 4e session et surtout de formuler des recommandations pertinentes pour le renforcement continu des programmes de coopération. En effet, il a confié que lors des quatre précédentes sessions de la commission mixte de la coopération entre les deux pays, un certain nombre d’engagements ont été pris et de nombreux accords signés dans les domaines de la culture, la formation professionnelle, l’éducation, etc.
De plus, a signifié M. Touré, au fil des années, la coopération entre le Royaume du Maroc et le Burkina Faso s’est hissée à un niveau très élevé, en témoignent les nombreux acquis capitalisés ainsi que des perspectives prometteuses notamment l’initiative pour favoriser l’accès des Etats du Sahel à l’Océan Atlantique. Le chef de la délégation burkinabè a également indiqué que les résultats engrangés par la coopération entre les deux pays renseignent des efforts déployés de part et d’autre pour l’exécution des programmes et projets élaborés d’un commun accord.
Quant au chef de la délégation des experts marocains, Boutadghart Abdallah, il a salué les relations entre le Burkina Faso et le Royaume du Maroc. Car, a-t-il soutenu, elles sont citées comme un modèle de coopération sud-sud. Il a ajouté que le bilan très positif de la coopération témoigne de l’efficacité de ce partenariat à la fois solide dans ses fondements, substantiel dans son contenu et diversifié dans ses acteurs et secteurs.
« Aujourd’hui, le Burkina Faso représente un modèle de développement qui met
le citoyen au centre des préoccupations et le Maroc demeure profondément attaché à la promotion d’une coopération solidaire avec le Burkina Faso pour apporter sa modeste contribution à la réalisation de ces objectifs qui constituent des leviers du bien-être
des Burkinabè », a affirmé Boutadghart Abdallah. Il a également laissé entendre que la présente réunion s’inscrit dans la continuité et constitue une étape importante dans le renforcement de ce partenariat stratégique.
Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean Claude Kargougou, était face à la presse ce lundi 20 octobre 2025 à Ouagadougou pour annoncer la prise d’une mesure exceptionnelle qui autorise les spécialistes à reprendre les vacations dans les structures privées de santé.
Les médecins spécialistes sont de nouveau autorisés à intervenir dans le sous-secteur privé de la santé. L’annonce a été faite ce lundi 20 octobre 2025 à Ouaga-dougou par le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean Claude Kargougou devant la presse. En effet, la période de vacation de cette catégorie composée de médecins hospitalo-universitaires, des médecins pharmaciens et chirurgiens-dentistes spécialistes est arrivée à terme en fin septembre 2025. Cette suspension des vacations, a rappelé le ministre, a mis à rude épreuve l’accès aux soins de certaines pathologies chroniques et modèle économique de certaines structures privées.
Car, a-t-il poursuivi, la plupart des structures n’ont pas de personnels spécialistes propres à elles. C’est pourquoi, a-t-il justifié, c’est en vue d’assurer la continuité des soins et de réduire le stress des patients que cette autorisation exceptionnelle a été prise pour permettre aux spécialistes de poursuivre la vacation dans les établissements privés de santé.
Cette décision transitoire, a-t-il rassuré, devrait permettre aux établissements privés dans le besoin d’assurer la continuité de l’offre de soins spécialisés aux populations, en attendant le recrutement en leur sein des spécialistes en nombre suffisant pour leur autonomie.
Mais pour assurer le bon fonctionnement des établissements publics, Dr Kargougou a annoncé des mesures en cours. Il s’agit du renforcement de l’organisation des services conformément aux honoraires de la fonction publique hospitalière, d’instaurer des consultations en soirée et d’appliquer l’arrêté interministériel relatif aux hospitalo-universitaires notamment les cinq demi-journées dont trois en après-midi. « A cet effet, nous avons requis un programme détaillé pour chaque enseignant hospitalo-universitaire. Cette exigence est également applicable aux praticiens spécialistes », a insisté le ministre. Et de relever que cette mesure n’est dirigée contre personne.
« Elle a pour objectif de faire en sorte que le Burkinabè puisse avoir accès à des services de qualité », a-t-il précisé. A quand la fin de cette mesure transitoire ? A cette question, le premier responsable en charge de la santé a dit ne pas vouloir s’enfermer sur une durée. « Cette une période transitoire. Son objectif est d’accorder un temps aux établissements privés pour qu’ils puissent disposer en leur sein des spécialistes nécessaires pour offrir des soins », a-t-il dit. Aux structures privées de santé, il a rassuré que le gouvernement accorde une attention particulière à leur viabilité. « Leur place est importante dans l’offre sanitaire au Burkina », a-t-il laissé entendre.
Le ministère de l’Enseignement de Base, de l’Alphabétisation et la Promotion des langues nationales a célébré en différé, la Journée mondiale de l’enseignant, vendredi 17 octobre 2025, à Ouagadougou par une cérémonie de décoration de 815 acteurs de l’enseignement burkinabè.
Le ministère de l’Enseignement de Base, de l’Alphabétisation et la Promotion des langues nationales est reconnaissant des efforts fournis par son personnel. En effet, à l’occasion de la Journée mondiale de l’enseignant célébrée en différé le vendredi 17 octobre 2025 à Ouagadougou, sur le thème : « Repenser l’enseignement comme une profession collaborative », le département a salué le mérite de plusieurs acteurs de l’enseignement. Ces distinctions ont concerné les enseignants du préscolaire, du primaire, du secondaire et du supérieur.
Au total, 7 Officiers et 808 Chevaliers des Palmes académiques ont arboré fièrement, les insignes de la République, en reconnaissance de leur dévouement pour le développement de l’éducation, de la recherche et de la culture. Au nom de ses collègues de l’Enseignement secondaire et du Supérieur, le ministre de l’Enseignement de Base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Jacques Sosthène Dingara, a salué l’engagement de ces femmes et hommes qui, au quotidien, contribuent à bâtir l’avenir du pays. « Les enseignants sont les héros silencieux de la Nation, les bâtisseurs du savoir et les éclaireurs de conscience. Ils ne portent pas d’armes, mais manient une craie aussi puissante que le canon, celle qui trace le destin du Faso sur le tableau du monde », a-t-il déclaré.
Selon le ministre, la célébration de cette journée en différé constitue « un moment fort de reconnaissance, de gratitude et d’engagement ». Elle traduit, selon lui, la résilience du système éducatif burkinabè face aux défis actuels. « L’école est debout. Les enseignants sont debout et ensemble nous avançons lentement mais sûrement vers une transformation profonde et durable de notre système éducatif », a-t-il ajouté. Parmi les récipiendaires, 107 sont issus du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, tandis que les autres proviennent des ministères en charge de l’enseignement de base et du secondaire. Dramane Dadian, de l’Université Joseph-Ki-Zerbo, a dédié sa décoration à son équipe de communication.
« C’est une reconnaissance qui nous encourage à persévérer et à continuer de servir avec engagement ». Le ministre Dingara a enfin exhorté les récipiendaires à demeurer des modèles et à inspirer les jeunes générations. « Ces distinctions consacrent vos années de service, vos sacrifices et vos résultats. Continuez d’être des exemples et d’accompagner la relève », a-t-il conclu Les Palmes académiques sont une distinction honorifique destinée à récompenser les mérites des acteurs du système éducatif ainsi que toute personne ayant rendu des services éminents à l’éducation, à la recherche ou à la culture.
Entre le 6 et le 15 octobre 2025, la brigade mobile des Douanes de Bobo-Dioulasso a mené une série d’opérations d’envergure qui ont mis au jour plusieurs réseaux de fraude et de contrebande aux ramifications particulièrement dangereuses.
Par des investigations rigoureuses, des fouilles méticuleuses sur des véhicules de transport en commun et de marchandises, et grâce à l’exploitation judicieuse de renseignements ciblés, les agents ont réussi à intercepter et neutraliser des cargaisons à fort potentiel de risque, désormais retirées de la circulation. Les saisies enregistrées à cette occasion se présentent comme suit, 80 cartons de médications prohibés, 36 rouleaux de cordons détonants, 8 025 détonateurs, 365 bâtons d’explosifs, 26 tonnes de plâtres, dissimulés sous des balles de friperie, 10 300 feuilles de tôles d’origine étrangère, également dissimulées sous des balles de friperie, 1 000 sacs d’engrais chimiques d’origine étrangère.
D’une valeur estimée à 75 millions de francs CFA, ces marchandises témoignent de l’ampleur des activités illicites contrecarrées par les services des Douanes. Ces résultats illustrent la rigueur, la réactivité et la compétence des équipes engagées, tout en confirmant la détermination de l’administration des Douanes à garantir la sécurité des populations et à défendre les intérêts économiques du pays. Chaque saisie raconte une victoire : des produits dangereux écartés, des explosifs neutralisés, des réseaux démantelés. Ces succès rappellent le rôle central de l’administration des Douanes dans la protection du territoire et dans la lutte contre toutes les formes de menaces transfrontalières.
A l’issue de ces opérations, le directeur général des Douanes, l’inspecteur divisionnaire, Yves Kafando, a félicité la Brigade mobile de Bobo-Dioulasso pour son engagement et sa maîtrise. Il a également appelé les populations à poursuivre leur collaboration avec les unités douanières, car c’est ensemble, citoyens et Douanes unis que se construit la sécurité nationale et se consolide la lutte contre la contrebande. Par cette action exemplaire, les agents de la brigade mobile de Bobo réaffirment que servir, c’est veiller sans relâche, protéger sans faillir et agir avec conviction pour la stabilité et la souveraineté du Burkina Faso.
La sortie terrain initiée par l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), au profit des journalistes, s’est poursuivie dans la ville de Manga et de Zabré, jeudi 16 octobre 2025. Dans ces deux localités, des actions mises en œuvre dans le cadre de l’accès à l’eau et à l’assainissement ont été constatées.
Conformément à ses missions et, en vue de satisfaire les besoins des citoyens en matière d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) renforce ses actions dans les localités du pays. C’est, en effet, le constat fait par une équipe de journalistes, dans le cadre d’une caravane de presse que l’institution a organisée dans les villes de Manga, dans la région du Nazinon et de Zabré, dans le Nakambé. C’était le jeudi 16 octobre 2025. Tout comme dans la première étape de la tournée, dans la cité de l’Epervier, le centre de Manga multiple les initiatives pour l’atteinte des objectifs.
Selon son chef, Marcellin Yaméogo, le centre exploite 15 forages pour la production de l’eau. Il a fait savoir que la ville dispose de 15 forages cumulant un débit 61 m3/h environ, de deux salles de traitement équipés d’une pompe doseuse chacune de 27litre /h et deux châteaux d’eau métallique de forme circulaire de 150 m3 chacun. « Le traitement de l’eau se fait avec des pastilles de chlore et de l’hypochlorite de calcium », a fait observer M. Yaméogo, ajoutant que 20 bornes fontaines sont également construites dans la localité. Tous ces efforts, a-t-il soutenu, ont permis de relever les défis en termes d’accès à l’eau potable à la population, mais bien plus au profit de ses 2331 abonnés actifs. Au secteur 2 de la ville, un forage de 5 m3/h, alimenté par un système solaire a été récemment installé pour renforcer la capacité de production en eau potable.
« Nous avons rapidement mis en service ce forage pour combler l’insuffisance de la ressource en eau et cela a été d’un grand apport dans l’approvisionnement en eau potable », a-t-il souligné. Par ailleurs, a fait savoir le chef de centre, dans le domaine de l’assainissement, de nombreuses latrines familiales ont été réalisées au profit des populations, à des coûts subventionnés. En effet, a-t-on relevé, 700 demandes de réalisations de latrines sont enregistrées chaque année dans la localité. Maturin Bouda, habitants du secteur 4 en est un des bénéficiaires. Il a salué l’initiative de l’ONEA qui, de son avis, a permis aux membres de sa famille d’être dans de bonnes conditions de vie. « Cela nous a permis non seulement de renforcer la propriété de notre domicile, mais de préserver notre intimité », s’est-il réjoui.
Renforcer les acquis
Le chef du centre de Zabré, Arouna Guebré, présentant un forage d’un débit de 7 m3/h.
Denis Rouamba a, lui aussi, saisi l’occasion pour se cons- truire une latrine qui a permis à sa famille, a-t-il confié, de pouvoir se laver, faire ses besoins que d’aller parfois en brousse ou chez son voisin immédiat pour les toilettes. « Je dis merci aux responsables qui ont contribué à nous soulager, parce que cela fait 7 ans qu’on se débrouillait pour nos besoins », a indiqué M. Rouamba. Pour renforcer l’ensemble de ces acquis, Marcellin Yaméogo a souligné qu’il y a le raccordement prochain de trois forages et bien d’autres actions d’envergure.
Après Manga, les mêmes efforts en vue de satisfaire les besoins des populations en eau potable et assainissement ont été notés dans la commune de Zabré, région du Nakambé. Là, ce sont au total 9 forages de 44 m3/h, dotés de groupe électrogène, 21 bornes fontaines et un château métallique cubique de 100 m3, qui ont été installés pour disponibiliser l’eau auprès des habitants. A Mangagou, à 5km au sud de la commune, se trouve l’un des forages nouvellement installés. Selon le chef de centre de Zabré, Arouna Guebré, le forage a un débit de 7 m3/h, alimenté par un groupe électrogène de 60 KVA.
Ce groupe, a-t-il précisé, alimente également un autre forage de 5 m3/h, situé à non loin du premier. « On n’est pas en manque d’eau. Souvent, on arrête certains forages pour ne pas déborder le débit », a relevé Arouna Guebré. Il a rassuré la population de la qualité de l’eau dont le traitement se fait mensuellement. Pour ce qui est du secteur de l’assainissement, il a souligné que depuis 2024, 525 latrines familiales ont été réalisées permettant d’éviter les risques de maladies liés aux installations non conformes.
Le Cameroun, pays d’Afrique centrale, va-t-il connaitre une alternance historique, au sortir de la présidentielle du 12 octobre 2025 dernier ? Issa Tchiroma, l’opposant de 76 ans et principal adversaire à Paul Biya, croit dur comme fer à ce changement et pense pouvoir même l’incarner dans les prochains jours. L’une des formations politiques acquises à la cause de l’ancien ministre de la Communication, l’Union pour le changement (UPC), a revendiqué la victoire pour lui, dès le premier tour, avec 60 et 80% des voix, en se fondant sur les premières tendances issues des urnes.
Apparaissant comme le plus sérieux des 11 prétendants au trône face au président sortant, qui règne en maitre absolu sur le pays depuis 43 ans, l’ancien ministre de la Communication se positionne déjà comme le successeur de Biya. Si on ne peut pas nier son côté ambitieux et audacieux, Tchiroma, ou du moins ses inconditionnels, a quelque peu pêché en devançant l’organe chargé des élections, ELECAM, pour annoncer les résultats. A Garoua, son fief dans le Nord du Cameroun où il a soulevé des foules et suscité de l’enthousiasme lors de sa campagne, des échauffourées ont éclaté entre ses partisans et les forces de l’ordre. La proclamation avant l’heure des résultats par Tchiroma, alors qu’ils sont attendus jusqu’au 26 octobre prochain, fait monter la température sociopolitique et expose le pays à des tensions postélectorales.
Des mouvements inhabituels de troupes sont d’ailleurs constatés dans la capitale, nourrissant des rumeurs d’un coup d’Etat en gestation. Biya va-t-il subir le même sort que son voisin, l’ex-Président Ali Bongo, aujourd’hui en exil ? La plupart des opposants souhaitent voir un vent nouveau souffler sur le Cameroun, mais il est encore tôt pour crier victoire. Les dépouillements se poursuivent et il a tout l’air, que le chef de l’Etat sortant, 92 ans, demeure le grand favori. Le 8e mandat est à portée de main de Biya, à moins que ses compatriotes n’aient décidé autrement, ce que le verdict des urnes viendrait à confirmer ou infirmer. Pour l’heure, une sorte de bras de fer s’installe entre Tchiroma et le chef de l’Etat sortant. Un vainqueur devra forcement en sortir, mais il est souhaitable que cela soit conforme à la volonté des Camerounais qui ont voté en toute conviction, qu’à une épreuve de force.
La convoitise du pouvoir mène à tout, mais il faut savoir raison garder, pour ne pas faire basculer le Cameroun dans un climat d’incertitude. Jusqu’à preuve du contraire, il faut faire confiance à ELECAM, du haut de son expérience dans l’organisation des élections, même si le régime Biya a mis le pays sous coupe réglée. Le dernier mot revient aux Camerounais et à personne d’autre. Veulent-ils continuer avec un Biya, croulant sous le poids de l’âge malgré les actions de communication visant à glorifier son image et n’ayant plus rien à prouver ou ouvrir la voie à une nouvelle ère au sommet de l’Etat ? On n’attend plus que les résultats du scrutin du dimanche pour le savoir. Les heures à venir nous instruiront…
La perte d’influence de Paris en Afrique conjuguée avec la crise ukrainienne qui a renchéri le coût du gaz et de l’électricité ont plongé la France dans un marasme économique profond avec comme conséquence, une fracture sociale béante entre les campagnes et les grandes agglomérations, surtout avec l’incapacité de trouver un budget.
Ce n’est plus un secret pour personne, la France arrive difficilement à boucler son budget. Avec un régime de sécurité sociale établi à la fin de la deuxième Guerre mondiale grâce au plan Marshall et donc les fonds africains, Paris a mené grand train durant les décennies dites des trois glorieuses (1970, 1980, 1990) avant de faire face à ces difficultés actuelles avec la chute du Mur de Berlin et le bouleversement des alliances qu’elles a entraîné.
La principale menace ne vient plus seulement de l’Europe de l’est et de la Russie, les alliés traditionnels étant eux aussi devenus des concurrents dans son pré carré africain où les entreprises et les grandes marques françaises faisaient la loi.
Du reste, Paris qui avait flairé le danger dès la décennie 80, avait entrepris une politique de dénigrement des produits en provenance d’Asie en les traitant de « chinoiseries ». Principale cible de cette campagne, les véhicules japonais qui mettaient à mal, les grandes marques automobiles sur le continent. Aujourd’hui, ces chinoiseries font la loi et le secteur de l’automobile français est sinistré.
Avec le New deal africain, c’est tout le secteur industriel français qui est en berne avec un chômage grandissant et une colère sourde au sein des classes moyennes. La campagne n’échappe pas à cette insécurité économique, surtout après l’accord signé avec les pays d’Amérique latine dont les produits agricoles sont très prisés par les populations du fait de leur faible coût. On a vu que le mouvement des gilets jaunes était pratiquement porté par les ruraux, et, sa résurgence risque de tourner à l’insurrection, car la situation est intenable. On a beau prendre le problème par tous les bouts, sa résolution paraît impossible.
Fait significatif, les agences de notation ont dégradé la note de la France et les marchés financiers lui prêtent désormais l’argent au prix fort. Comme le chantait Alpha Blondy « wari banna » (l’argent est fini) et tout le monde est fâché. Le temps n’est plus très loin où des Français viendront se chercher en Afrique. C’est une loi économique. Comme quoi, la roue a définitivement tournée.
Le centre universitaire de Kaya a tenu, les 17 et 18 octobre 2025, la deuxième édition de ses journées portes ouvertes placées sur le thème : « Quelles stratégies pour davantage inculquer les notions de patriotisme, du civisme et de la citoyenneté dans le quotidien de l’étudiant burkinabè ».
Plusieurs activités ont couronné la IIe édition des Journées portes ouvertes (JPO) du Centre universitaire de Kaya (CUK) tenues, les 17 et 18 octobre 2025. Selon le chargé de mission du CUK, Adama Ouédraogo, il s’agit, entre autres, d’un colloque scientifique, d’une conférence sur le thème des JPO, d’une exposition et kermesse, des jeux de société, d’une course cyclisme et de la finale de sa coupe footballistique. Placées sur le thème : « Quelles stratégies pour davantage inculquer les notions de patriotisme, du civisme et de la citoyenneté dans le quotidien de l’étudiant burkinabè », ces 48 heures de réflexion visent, selon lui, à mettre en valeur leurs formations.
« Il s’agit de faire connaitre ce que nous faisons et développer des initiatives pour faire des propositions dans l’avenir. Au cours de ces JPO, le mini colloque des thèmes pertinents a regroupé des enseignants-chercheurs et chercheurs du Burkina, du Sénégal, du Tchad et du Congo Brazzaville. Et, le fruit de ces réflexions doit pouvoir apporter une plus-value au quotidien de nos populations », s’est réjoui Adama Ouédraogo. A l’écouter, le CUK dispose actuellement de six filières de niveau Licence : mathématique et physique-chimie, statistique et informatique appliquée à l’économie, comptabilité-contrôle et audit, management de la qualité en industrie agroalimentaire, génie civil option mine et carrière et psychologie-psychosociologie des interventions psychosociales.
Bâtir un Burkina Faso nouveau
Au cycle de master, a poursuivi, M. Ouédraogo, la filière mathématiques et physique-chimie se scinde en deux options pour un master en mathématique et un master en physique. Les JPO étant une opération de charme du CUK, le chargé de mission a rassuré l’opinion nationale que leurs formations dispensées sont en phases des réalités du moment avec à la clé un personnel qualifié et dynamique. « Nous avons un certain nombre de personnes ressources qui, chaque fois, répondent favorablement à nos appels », a-t-il insisté.
Pour le Directeur de cabinet (DIRCAB) du ministre en charge de l’Enseignement supérieur, Roger Nebié, le choix du thème de cette édition des JPO du CUK répond à la vision des plus hautes autorités qui est un citoyen nouveau pour un Burkina nouveau. « A tous les échelons de notre société, il faut revoir la formation civique et patriotique de nos apprenants. Après l’immersion patriotique, pour aller dans le sens du mot d’ordre du chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, au niveau des Universités, désormais les notions de patriotisme, du civisme et de la citoyenneté feront partir des différents curricula pour tous les niveaux d’études », a souligné le DIRCAB Nebié.
Le porte-parole des parrains, le chef de canton de Sandbondtenga, le Naaba Koom, lui, a invité la jeunesse à l’exemplarité avec une dose de patriotisme et de discipline pour bâtir un Burkina Faso nouveau. « Nous mettrons tout en œuvre pour apporter notre contribution au personnel d’enseignement pour une formation de qualité fondée sur des valeurs culturelles positives au profit de ses apprenants », a promis le Naaba Koom. Le porte-parole des invités d’honneur, Moctar Mando, président du Groupe COGEB, a réaffirmé de toujours accompagner le CUK dans l’organisation de ses activités à l’image des JPO.
« Nous nous engageons à accompagner le CUK sur tout le temps que cela le faudra parce que nous sommes des ressortissants de la province du Sandbondtenga et personne ne va construire cette université pour nous plus que les filles et fils des Koulsé. L’Etat a fait un pas et c’est à nous de l’accompagner pour que ce temple du savoir soit une référence au Burkina et dans la sous-région. Voici la vision et l’ambition que nous avons pour cette
université. Et nous nous engageons solennellement à travers l’appel du chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré pour apporter notre pierre à la construction de la Nation », a insisté le président du Group COGEB. En rappel, son entreprise a offert récemment du matériel à Faso Mêbo/Bobo-Dioulasso d’une valeur de 36 millions F CFA et un autre don à Faso Mêbo/Kaya d’un montant de 10 millions F CFA.
Au Burkina Faso, l’Unité de recherche clinique de Nanoro (URCN), à travers ses recherches, se positionne comme un des leaders au niveau international dans la lutte contre le paludisme. Elle vient de mettre en place avec ses partenaires un nouveau test rapide capable d’identifier les porteurs asymptomatiques. Le chef de l’unité de recherche clinique de Nanoro, le Pr Halidou Tinto, donne dans cet entretien plus de précision.
Sidwaya(S) : Comment se porte l’Unité de recherche clinique de Nanoro ?
Halidou Tinto (H.T) : Au vu de toute l’actualité sur les résultats que génère cette unité, on peut dire que l’unité se porte très bien. Vous vous souviendrez qu’en 2021, c’est cette unité qui a sorti pour la première fois, les résultats d’un vaccin contre le paludisme qui atteignaient pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, un taux d’efficacité de 77 %, alors qu’un tel vaccin était attendu par l’OMS à l’horizon 2030. Ce qui a ouvert la voie à la phase 3, qui a permis l’adoption de ce vaccin en 2023, qui fait aujourd’hui la fierté du Burkina Faso, et qui fait le bonheur de tous les enfants d’Afrique. Le déploiement de ce vaccin va sans doute contribuer à faire reculer énormément le paludisme, et surtout contribuer à éviter le paludisme grave, qui est la cause des décès liés à la maladie.
S : Cette unité créée en 2009 a une renommée à l’international. Qu’est ce qui a prévalu à ce statut ?
T.H : Je pense qu’il faut dire tout d’abord que lorsque j’ai eu l’initiative de créer cette unité après ma thèse en Belgique, c’était pour combler un gap. Le gap qui était qu’il existait très peu de centres en Afrique, et surtout en Afrique francophone, capables de concevoir et de mener des essais cliniques de très haut niveau pour aboutir à des résultats crédibles. C’est ainsi que j’ai initié un certain nombre de projets dans l’intention de créer cette unité. Avec l’avènement du projet RTS’S, qui est le premier vaccin contre le paludisme, pour lequel nous avons participé aux essais cliniques de phase 3, qui ont conduit à son enregistrement, nous avons pu bénéficier d’un financement qui nous a permis d’ériger ce centre. Très rapidement, j’ai pu former beaucoup de jeunes, parce qu’il faut dire que l’unité a commencé avec seulement 7 personnes à son début.
Aujourd’hui nous sommes plus de 400. Donc vous voyez qu’il y a eu une croissance très rapide, pas seulement en nombre, mais également en qualité. Lorsque vous prenez l’unité aujourd’hui, nous avons formé plus d’une dizaine de jeunes en PhD, qui est le doctorat unique, un peu partout dans le monde, y compris au Japon, en Belgique, en France, etc. Donc vous voyez qu’au-delà même de la croissance en termes de nombre de chercheurs et d’équipes de recherche, il y a également cette qualité qui a contribué justement à accélérer la mise en place de tous les projets qui ont suivi le RTS’S, y compris le projet R21. Aujourd’hui, nous sommes en train de travailler sur les vaccins de deuxième génération, qui vont offrir à l’humanité des vaccins qui vont avoisiner 100% d’efficacité.
S : Quand on parle de l’unité de recherche de Nanoro, beaucoup voient directement la lutte contre le paludisme. Qu’est-ce qui a justifié votre choix de vous intéresser à la lutte contre le paludisme ?
HT : Mon choix de m’intéresser au paludisme est un choix relevant d’une histoire personnelle. J’ai fait deux fois mon examen de baccalauréat. Parce que tout simplement la première fois que j’ai passé l’examen, j’ai été très malade le deuxième jour de la composition, à l’épreuve de physique chimie. Alors, cela ne m’a pas permis de terminer la composition du baccalauréat. J’ai échoué. C’était un paludisme grave avec des vomissements, etc. Alors, cela m’a interpellé en ce sens que je me suis dit que c’est une maladie qui existe depuis que nous sommes enfants. Les années passent et on n’arrive toujours pas à régler le problème du paludisme, alors qu’il y a beaucoup d’autres maladies qui ont connu une éradication.
Cela qui m’a amené à me poser la question suivante : Est-ce que ce n’est pas parce que le paludisme est beaucoup plus africain qu’occidental, que des moyens et des ressources humaines ne sont pas investis pour trouver une solution ? C’est ce qui a créé en moi justement cette passion et cette envie de travailler et de proposer des solutions pour lutter contre cette maladie qui est avant tout une maladie africaine.
La deuxième raison est que le paludisme reste la première cause de consultations, d’hospitalisations et de décès, surtout dans la frange d’âge des enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes, qui sont les populations les plus vulnérables de la communauté. C’est tout cela, combiné avec mon histoire personnelle, qui m’a motivé à m’engager dans la lutte contre le paludisme en menant des recherches afin de proposer des solutions.
S : Vos recherches ont permis d’aboutir aux vaccins RTS’S et R21. Des vaccins homologués par l’OMS. Comment se comportent ces vaccins sur le terrain ?
H.T : Effectivement, il y a deux vaccins. Le premier, le vaccin RTS’S a été développé par la firme pharmaceutique GSK, pour lequel nous avons participé à la phase 3 qui a abouti à son enregistrement et à sa recommandation par l’OMS. Ensuite, il y a eu le vaccin R21. Ce vaccin est une protéine similaire au RTS’S, mais légèrement modifié. Il a été fabriqué par l’université d’Oxford, avec qui nous collaborons depuis ces dernières années pour la mise au point des vaccins. Ces deux vaccins ont été recommandés par l’OMS. Alors, le RTS’S a été introduit au Burkina Faso depuis février 2024 et plus récemment, le 15 août dernier, le R21 également a été introduit.
Donc, les deux vaccins sont introduits actuellement au niveau des districts sanitaires du Burkina. Nous espérons qu’avec ce déploiement en cours, d’ici deux à trois ans, on verra les résultats concrets, avec une réduction très importante des cas de paludismes graves et certainement moins de décès et d’hospitalisations.
S : En septembre dernier, votre unité, en collaboration avec d’autres structures, a annoncé avoir mis au point un test rapide capable de détecter des infections palustres asymptomatiques. Qu’est-ce qu’un palu asymptomatique ?
H.T : Les gens nous connaissent pour le vaccin, mais nous travaillons également au développement de nouveaux médicaments et de nouveaux tests diagnostiques. Parce que le diagnostic est l’élément fondamental de la prise en charge de la maladie. Il faut d’abord prouver que vous souffrez de quelque chose, pour qu’on puisse vous donner un médicament contre cette chose. Et les tests qui existent actuellement connaissent quand même quelques limites. Quand vous prenez la microscopie, la fameuse goutte épaisse que tout le monde connaît, il faut avoir de l’électricité, il faut avoir un microscope, il faut avoir un technicien qui est formé et compétent pour lire les lames au laboratoire. Cela devient plus compliqué quand on se retrouve en milieu rural où il n’y a pas d’électricité partout. Surtout dans les centres de santé périphériques notamment les Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) qui n’ont pas forcément de laboratoires.
Le test de diagnostic rapide qui est utilisé actuellement qu’on appelle HRP2 a, malheureusement quelques limites. Parce que vous pouvez guérir d’un traitement de paludisme, mais lorsqu’on vous teste, vous êtes encore positif. C’est le faux positif, en réalité. C’est quand même une limite majeure.
C’est pourquoi, avec nos partenaires, nous avons travaillé à proposer ce TDR. Ce n’est pas le premier test que nous essayons de mettre au point. Nous en avons déjà essayé, mais c’est celui-là qui a vraiment très bien marché. Nous avons proposé des tests qui peuvent être réalisés sans électricité, qui peuvent être réalisés de façon simple sur le terrain, même dans des communautés, sous des arbres, etc. Alors, c’est dans le but non seulement de proposer une alternative au test actuel, mais de s’attaquer à un problème important en matière de lutte contre le paludisme que sont les infections silencieuses.
S : Qu’est-ce que cela veut dire ?
H.T : Ça veut dire que vous et moi, si on nous prend tout de suite et on fait des tests, on peut être positif sans être malade. Toutefois, bien que n’étant pas malade, nous pouvons transmettre la maladie parce que nous avons le parasite qui circule dans notre sang. Lorsque quelqu’un héberge le parasite sans être malade, on dit que c’est un sujet asymptomatique. Voilà d’où vient le mot asymptomatique ; c’est-à-dire qu’il n’a pas de symptômes. Quelque fois, il ne fait pas la maladie parce que la densité parasitaire est très faible. Lorsque la quantité de parasites dans le sang est très faible, on ne peut pas détecter ces parasites par la goutte épaisse. Et les tests actuels qu’on utilise, comme les tests rapides, ne sont pas capables de les détecter également. Mais ces parasites qui sont en quantité faible vont se multiplier parce qu’on ne les a pas détectés, et puis rendre la personne malade par la suite. Et c’est également un réservoir où le moustique va aller chercher le parasite pour le transmettre à de nouvelles personnes. C’est ce qui fait l’importance de cette innovation, parce qu’elle va permettre d’aller détecter ces parasites. Elle permettra de traquer le parasite là où il se trouve dans ses derniers retranchements.
S : Est-ce qu’on peut qualifier ces personnes de porteurs sains ?
H.T : Quand j’ai dit asymptomatique, c’est le terme technique. Mais on peut les qualifier de porteurs sains aussi. Ils sont un danger parce qu’ils restent un réservoir. Comme on ne peut pas détecter les parasites, on ne les traite pas, on ne les élimine pas. Le moustique, quand il tourne, il cherche un réservoir pour s’approvisionner. Quand vous êtes en panne d’essence, vous cherchez une station-service pour vous approvisionner en carburant. Le moustique, c’est exactement ça. Il cherche un réservoir où il peut puiser le parasite et continuer son travail de transmission de la maladie de personne à personne au niveau de la communauté. C’est en cela que ces soi-disant ‘’porteurs sains’’ représentent quand même un danger pour la communauté, parce que tant qu’ils ne seront pas détectés et traités, la maladie sera toujours entretenue. C’est pourquoi aujourd’hui, le programme national de lutte contre le paludisme, pour être plus ambitieux, a été transformé pour devenir le secrétariat permanent pour l’élimination du paludisme. Quand on parle d’élimination, ça veut dire qu’il faut traquer tous ceux qui portent le parasite, même en quantité faible. Et dans cette perspective, ce test aura un grand rôle à jouer.
S : Ce nouveau test, de quoi s’agit-il exactement ?
H.T : C’est un test qui va aller chercher le matériel génétique du parasite. Si le parasite n’est pas là, il ne le détectera pas. Si le parasite est là, il va détecter ce matériel génétique, il va l’amplifier et il va le mettre à la lumière pour qu’on puisse le voir. En Français facile, il s’agit d’un test qui a la capacité d’aller dans le sang, rechercher la présence du parasite à travers son matériel génétique qu’on appelle l’ADN et qui va être exprimé sous forme de bandes visibles à l’œil nu. Voilà un peu comment ce test fonctionne.
S : Comment est venue l’idée de mettre en place ce nouveau test de lutte contre le paludisme ?
H.T : Comme je l’ai dit, ce n’est pas le premier test que nous essayons de mettre au point. Les deux tests qui existent aujourd’hui au Burkina ont présenté tous des limites. La goutte épaisse par exemple, on vous pique au bout du doigt, on regarde dans le microscope pour aller chercher le parasite. Mais lorsque vous n’avez pas 8 parasites par microlitre de sang, le microscope ne peut pas les détecter.
Le test rapide aussi, comme je vous l’ai dit, vous pouvez avoir le paludisme, on vous traite, vous êtes guéri. Une semaine après, on vous fait le test, vous êtes encore positif alors que vous n’êtes plus malade. Il détecte un matériel qui persiste dans le sang même après la guérison. Ça veut dire qu’il va nous donner des faux positifs. Le parasite a été tué et éliminé, mais, c’est comme des résidus qui y restent. C’est une réaction anticorps-antigène. C’est immunologique, c’est trop technique.
Le professeur Halidou Tinto : « avec tous les nouveaux outils de lutte que nous sommes en train de proposer actuellement, le paludisme sera bientôt un mauvais souvenir pour nos populations ».
Au regard de la limite de ces deux tests, on s’est dit que si on veut vraiment aller vers l’élimination du paludisme, il nous faut un test très sensible qui va nous dire réellement si le parasite est là ou pas. Même s’il est là en très petite quantité dans le sang, qu’il puisse être détecté. Cela va nous aider à éliminer tous les réservoirs de telle sorte que lorsque le moustique va arriver dans l’environnement qu’il ne trouve rien à prendre pour transmettre. C’est ce qui nous a motivés à mettre au point ce test qui va avoir un rôle très important dans la perspective de l’élimination de la maladie dans notre pays.
S : Comment se sont déroulés les travaux de recherches ?
H.T : Ce travail a commencé depuis bientôt trois ans. Nous avons eu un financement du gouvernement anglais qui a permis de nous mettre en consortium. J’ai eu le privilège d’être le co-leader de ce groupe, qui réunit plusieurs institutions, pour mener des recherches en vue de proposer une alternative pour les diagnostics du paludisme. Nos partenaires de PRONTOX qui sont basés en Angleterre et nos partenaires d’Imperial College en Angleterre sont ceux-là qui ont travaillé à mettre au point le test, à synthétiser les cartouches que vous avez vues. C’est un test qui avait été utilisé dans le cadre de la COVID-19. Nous nous sommes inspirés justement de la réussite de ce test dans la COVID pour l’adapter pour le paludisme. Lorsqu’il a été mis au point, nous avons procédé d’abord par des tests au laboratoire.
Ça veut dire que nous avons pris des parasites qui sont congelés et nous avons essayé de les mettre en contact avec les tests. Ça marchait parce qu’il arrivait à détecter le matériel génétique. Et lorsque nous avons vu que ça marchait, nous sommes venus sur le terrain en Gambie. Nous l’avons encore validé dans le contexte africain, en Gambie. Pour les essais cliniques, proprement dit c’est-à-dire le terrain, comme ça c’est notre spécialité, nous avons conduit les essais cliniques à Nanoro sur plus de 400 personnes pour valider ce test. Et quand il le détecte, il n’y a pas d’illusion, le parasite est vraiment présent. Et lorsqu’il le détecte, il détecte même les plus faibles parasites circulants. Voilà comment le processus s’est déroulé pour aboutir aux résultats qui ont été publiés.
S : Quelle est l’importance de ce nouveau test dans le dispositif de lutte contre le paludisme ?
H.T : Ce test va permettre de prendre en charge le paludisme, comme cela se fait actuellement avec les tests classiques, avec leurs limites. Je vous rappelle que chez les femmes enceintes, par exemple, les parasites circulent souvent en très faible quantité à cause de leur état. Ce test va être très important pour les femmes enceintes car il permettra la détection de leur paludisme. Parce que comme vous savez sans doute, un paludisme chez la femme enceinte est un risque pour la mère et l’enfant.
Je vois l’intérêt de ce test beaucoup plus dans le futur ; lorsque nous allons contrôler le paludisme, avec tout ce qu’on est en train de mettre en place, avec les vaccins et qu’il va être réduit et qu’on aura la perspective de l’éliminer. Ce test aura un rôle crucial à jouer en ce moment parce que là, on va aller rechercher les plus petites infections, dans les derniers coins du Burkina Faso, même dans les zones à haut défi sécuritaire, on pourra aller rechercher les personnes porteuses de parasites pour les traiter.
Dieu merci, ce dispositif n’a pas besoin d’électricité. Il suffit de se déplacer avec son petit sac pour faire les tests en communauté. On a testé sous des arbres, dans des cours. On s’est rassuré. Même en dehors d’un laboratoire, les tests marchent parfaitement bien.
S : Avec ces différents résultats, l’espoir est-il permis d’atteindre zéro cas de paludisme ?
H.T : Tout à fait. Notre perspective, c’est cela au regard de tous ces vaccins que nous sommes en train de déployer, la recherche que nous menons sur les vaccins de nouvelles générations pour proposer des vaccins proches de 100% d’efficacité. Nous voyons le Burkina libre de paludisme et l’Afrique libre de paludisme d’ici la prochaine décennie.
S : A quand l’homologation par l’OMS, les autorités burkinabè et la mise à disposition de ce nouveau test pour la population ?
H.T : Le processus de développement d’un médicament, d’un vaccin, d’un test, suit le même processus. Lorsque vous avez des résultats, il faut nécessairement soumettre un dossier à l’OMS, qui va vous permettre de présenter vos résultats et répondre à toutes les questions. L’OMS va ensuite s’autoriser à venir regarder dans quelles conditions ces études ont été menées pour s’assurer de la crédibilité des données. Une fois ce travail fait, l’OMS a un comité qui va décider d’homologuer ces tests et de les pré-qualifier. Ensuite, on pourra vous donner l’autorisation de la mise sur le marché du test.
S : Quels sont vos futurs projets de recherches ou ceux en cours dans la lutte le paludisme ?
H.T : Nos projets phares sont ceux portant sur les vaccins de deuxième génération en cours de développement et dont nous espérons avoir les premiers résultats dans les cinq prochaines années. Nous menons également des recherches pour la mise au point de nouveaux médicaments pour traiter le paludisme en une journée et en une dose au lieu des trois jours de traitement actuellement proposés. Ensuite, nous voulons très prochainement nous attaquer à la dengue qui fait malheureusement beaucoup de victimes dans notre pays pour initier des recherches de vaccins contre cette maladie.
S : Quel est votre message pour les populations qui attendent avec impatience ce nouveau test ?
H.T : Mon message à l’endroit des populations est un message d’espoir car avec tous les nouveaux outils de lutte que nous sommes en train de proposer actuellement, le paludisme sera bientôt un mauvais souvenir pour nos populations. Cependant, il est important de continuer à adhérer aux recommandations édictées par
le Secrétariat permanent pour l’élimination du paludisme (SP/PALU). Que ce soit l’utilisation des moustiquaires, la Chimio-prévention saisonnier du paludisme (CPS) et plus récemment la vaccination qui a été introduite dans notre pays car seule la combinaison de tous ces outils pourra nous permettre d’accélérer l’agenda de l’élimination du paludisme.