Colonel-major Daouda Traoré, président du Comité international du mémorial Thomas-Sankara: « Le flambeau de la Révolution est dans tous les pays du monde »

Aujourd’hui, 15 octobre 2025 marque le 38e anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara. A l’occasion, le président du Comité international du mémorial Thomas-Sankara a accordé une interview à Sidwaya. Il revient sur les acquis de la Révolution sankariste, le projet du mémorial, la RPP en cours au Burkina…

Sidwaya (S) : Qui est le colonel-major Traoré ?

Daouda Traoré (D.T) : Merci d’être venu à nous. Merci pour ce sacerdoce que vous menez, pour le bien de notre pays, l’information du peuple. C’est cela aussi le combat révolutionnaire. Je suis le colonel-major à la retraite Daouda Traoré. J’ai été un compagnon du Président Thomas Sankara avant la Révolution. Et je m’efforce de devenir son camarade, un perpétuer de ses idéaux, aujourd’hui aussi. J’ai été, entre autres, membre du groupe politique du Conseil national de la Révolution (CNR). Thomas Sankara m’a fait l’honneur de me confier la Douane, que j’ai dirigée à l’âge de 24-25 ans. Il m’a aussi confié la Délégation du peuple au logement. Et j’étais aussi chargé de passer certains messages à des circonstances importantes, comme la prise du pouvoir, les mesures importantes, la communication de guerre, la malheureuse guerre qu’on a eu avec le Mali. Actuellement, je suis président du Comité international du mémorial Thomas-Sankara.

S : Comment est née justement votre amitié avec le capitaine Thomas Sankara ?

D.T : C’est un ainé à moi, un de mes devanciers au Prytanée militaire du Kadiogo(PMK). Et vous savez, quelqu’un comme Thomas Sankara, il ne passe pas inaperçu quelque part. Donc, nous avons eu connaissance de son passage au PMK quand je suis arrivé. Et puis, j’ai eu le grand privilège de l’avoir connu pendant la première guerre que le Mali nous avait déclarée en 1974. Thomas Sankara était cet officier brillant dont tout le monde parlait et qui a eu des hauts faits de guerre. Bon, j’ai dit la malheureuse guerre que Moussa Traoré nous a imposée, donc la première guerre qu’il nous a imposée. Et on entendait parler du lieutenant ou du capitaine Thomas Sankara à la radio. Quand un certain Paul Ismaël Ouédraogo, un des doyens de la presse, parle d’un personnage, de ses hauts faits, on a été très impressionné. Et puis, j’ai cherché à le voir. J’ai eu beaucoup d’admiration pour lui. Ensuite, il y a eu d’autres péripéties. On a eu des occasions de mieux se connaître. Et c’est surtout au coup d’Etat du 7 novembre 1982 que nous nous sommes connus dans le cadre du Conseil provisoire de salut du peuple (CPSP), qui est devenu après le Conseil de salut du peuple (CSP). J’y étais membre des organes, commission de contrôle, il était le Premier ministre. Le 17 mai, on connaît les péripéties. Nous avons préparé la prise de pouvoir avec lui. Malgré le fait qu’il était en détention, il était très actif. Et puis, on a pris le pouvoir. Cela a été un privilège pour moi. Je ne peux pas dire que c’était un ami. Parce que dire que c’était un ami, c’est comme si on se côtoyait, on avait la même classe d’âge. Mais évidemment, après qu’on s’est connu, c’est devenu une fraternité, une camaraderie, une amitié sincère que j’essaie de préserver jusqu’à ce jour.

S : Pressentiez-vous en lui un homme au destin national, voire mondial ?

D.T : J’avais ce souhait parce qu’il tranchait, sortait de l’ordinaire. C’était un personnage, un officier de valeur. Lorsqu’un un officier de valeur qui est très au-dessus de la mêlée, on se dit, soit c’est l’armée qui va se transformer, de par son exemple, son leadership, ou alors, c’est dans les arcanes du pouvoir qu’il va transformer les choses. Donc, nous avions notre groupe d’élèves officiers et puis, on scrutait, on suivait le personnage Sankara. Quand on l’a obligé à entrer contre son gré dans le gouvernement de Saye Zerbo , nous étions un peu déçus. Mais quand nous avons appris qu’on l’avait nommé contre son gré et qu’on lui avait fait promesse de le remplacer au bout de trois mois maximum et surtout quand il a démissionné avec fracas, nous nous sommes dits, voilà ! On savait qu’en tout cas, il y aurait quelque chose. On pouvait compter sur lui.

S : Alors, quel était le niveau de Sankara durant toutes ces années passées à ses côtés ?

D.T : Ah Sankara ! Je retiens de lui un homme intègre. Dans le vrai sens du terme, un homme intègre, un leader qui donne l’exemple. C’est-à-dire un leader qui ne dit pas, allez-y, faites ceci. Mais qui dit, venez, suivez-moi, faisons ceci. C’est aux antipodes d’un peu de ceci, un peu de cela, de quelqu’un que vous connaissez bien. Sankara était honnête et déterminé dans tout ce qu’il entreprend. Il n’entreprend pas quelque chose de mauvais. Il est déterminé. Il avance et fait avancer. Il était honnête, plein d’humilité et je cite souvent ce qu’il a dit. Il dit : « qu’il est un palmier ou un rônier ». Vous connaissez, les palmiers, les rôniers, l’ombre, c’est au loin qu’elle se ressent. Tous ceux qui étaient proches de lui n’avaient pas d’avantages particuliers, tant au niveau de sa famille que de ses camarades de lutte. J’ai passé toutes ces années avec Sankara sans avoir eu une seule décoration, une indemnité dans toutes les fonctions que j’ai occupées, que ce soit à la Douane ou à la Délégation du peuple au logement. Pas un salaire particulier, pas une quelconque indemnité. C’était cela l’homme. Un homme de confiance, rigoureux et surtout envers ceux

Pour M. Traoré, Thomas Sankara était dans le vrai sens du terme, un homme intègre.

sur qui, il comptait. Vous savez qu’il s’est formé toute sa vie pour occuper le destin qui a été le sien. Dès le primaire, il était un leader parmi ses camarades. Vous vous rappelez cette anecdote, on dit qu’il est allé descendre très rapidement le drapeau français, parce que le pays était indépendant. Il a fait avant même l’autorisation. Il s’est formé. Il lisait beaucoup. Il s’est beaucoup cultivé. Avec ses hommes, au Centre national d’entraînement commando (CENEC), c’était un exemple. Avant cela, au niveau du Groupement d’instruction des forces armées nationales, c’était un exemple. Il formait les soldats. Il alphabétisait les soldats. Ce qui n’était pas dans ses tâches. Au CENEC, il a encore beaucoup fait et pour son peuple, il s’est sacrifié. Comme on le dit, voilà le monsieur qui s’interdisait de boire de l’alcool, de fumer, de boire du café pour que sa main ne tremble pas, en tant que chirurgien qu’il voulait devenir. Après qu’il ait opté pour être officier d’infanterie commando, il disait que son doigt ne tremble pas sur la détente. Sankara, on ne peut pas finir d’en parler ni de le qualifier.

S : Pensez-vous que si le 15 octobre 1987 n’avait pas eu lieu, la destinée du Burkina aurait fondamentalement changé ce jour ?

D.T : Oui. Je suis persuadé que la situation de ce pays aurait été meilleure, fondamentalement meilleure. Regardez ce qui a été fait en quatre ans de Révolution démocratique et populaire en termes de réalisations. Nous avons fait un recensement et on s’est rendu compte que beaucoup de choses ont été faites. Tout cela, nous l’avons présenté pour qu’il soit déclaré héros de la Nation, sur tous les plans. Que ce soit sur les plans militaire, sécuritaire, agricole, l’élevage, la révolutionnarisation de l’armée, la réforme de l’éducation…, l’aura de Sankara a touché sur tous les plans. Il n’y avait pas les réseaux sociaux comme aujourd’hui. Et ensuite, en termes de cohésion sociale, Sankara travaillait pour que l’expression et la planification des besoins des populations se fassent à la base. D’abord à travers les Comités de défense de la Révolution (CDR). Certains n’en voient que les mauvais côtés, les dérapages qu’il y a eu, mais tout ce qui a été fait sous la Révolution n’a réussi que grâce aux CDR. Ces comités devaient être mis à contribution pour, évidemment, exprimer les besoins des populations. On ne devait pas s’asseoir à Ouagadougou et dire qu’il faut faire ceci ou cela. On ne décidait qu’après que les gens de la localité aient exprimé leurs besoins. Il y avait ce que nous étions en train d’opérationnaliser, les pouvoirs révolutionnaires provinciaux. C’était des mini-gouvernements au niveau des provinces qui devaient décider de ce qui devait être fait et ensuite la planification, l’arbitrage se ferait. Avec cela, les besoins des populations ne pouvaient qu’être pris en compte. Sankara, c’était cet homme de valeurs qui n’avait pas de pacte avec qui que ce soit ne respectant pas son peuple, ne se battait pas pour la liberté, l’indépendance. C’est ainsi que des gens comme l’ex-Président libérien, Charles Taylor, ont essayé d’avoir le soutien de Thomas Sankara qui les a envoyés promener. Mais, on verra qu’après, Blaise Compaoré les a soutenus. Cela, je le cite comme exemple pour aussi dire que Sankara n’aurait jamais pactisé avec les terroristes. C’est ce que Blaise Compaoré a fait et voilà aujourd’hui, les conséquences en termes d’insécurité sur notre pays. On n’aurait pas connu cette insécurité qui nous mine depuis près de dix ans maintenant, si Sankara avait été là. Ensuite, la moralisation de la vie publique. Sous la Révolution, il ne venait plus à l’esprit de quelqu’un de traficoter ou de s’amuser. Les Tribunaux populaires de la Révolution (TPR) ont ouvert les yeux des gens et chacun se battait pour être propre, pour moraliser sa vie. Les fonds publics étaient utilisés avec parcimonie, efficacité et efficience. Tout cela évidemment dans le cadre de la bonne gouvernance. L’armée cultivait, élevait, formait le reste de la population, mais sans se départir de son rôle de défense du territoire. Sous Sankara, les régions militaires ont été déployées. L’armée de l’air a connu

un développement sans précédent, sous Sankara. Il a équipé notre pays de petits avions d’observation, de surveillance, mais aussi de combat, du type CIA Martuti. On n’en avait au moins une vingtaine. Sous Sankara, on formait les pilotes au Burkina. Il ne disait pas « faites ceci ». Il dit « suivez-moi ». Sankara pilotait. Il s’est formé à Ouagadougou comme pilote. Cela, beaucoup de gens ne le savent pas. On a formé des pilotes au Burkina. On avait des avions armés pour le combat. Et un des chefs d’Etat-major, sous Blaise Compaoré, a rappelé qu’il voulait réactiver les avions et l’attaché militaire français s’est opposé. Et il a dit : « non, je vais le faire, nous sommes indépendants ». Après, c’est Blaise Compaoré qui l’a appelé pour lui dire « pas question !» Vous imaginez ? Sankara a rendu aussi l’armée vraiment opérationnelle et toutes les unités étaient opérationnelles. Sankara s’est battu aussi pour le développement endogène et la défense de la liberté partout dans le monde. Rappelez-vous son discours aux Nations unies. Pour ce qu’il faisait à l’intérieur déjà, la conscientisation des masses, les réalisations, au niveau diplomatique et international, je pense que Sankara aurait réussi. Parce qu’il y a beaucoup de pays qui, comprenant qu’on ne pouvait pas téléguider Sankara, commençaient à venir à nous pour travailler en gagnant-gagnant.

S : Avec le recul, que représente pour vous cette fatidique date du 15 octobre 1987 ?

D.T : Le 15 octobre représente pour moi une véritable tragédie. Je suis toujours sous l’émotion et sous la colère à cause de ce 15 octobre. Le 15 octobre a vu le passage à l’acte de traîtres qui étaient dans le fruit de la Révolution, comme quand les vers sont dans le fruit. Le 15 octobre représente pour moi, un enseignement et doit servir à ceux qui dirigent aujourd’hui, ici comme ailleurs. Comme quoi, ce n’est pas parce qu’on dort sur la même natte qu’on fait les mêmes rêves. Pendant que les gens se saignaient, travaillaient sans salaire et que le président se contentait de son salaire de capitaine, menait une vie dure, austère à la limite, des gens se ‘’sucraient’’. Des gens tramaient contre la Révolution pour tuer Sankara. Le 15 octobre pour moi, des patriotes ont versé leur sang pour ensemencer la terre du Burkina. Le 15 octobre est pour moi, un enseignement, au-delà de la tragédie qu’il y a eu. Au-delà de la douleur, c’est un enseignement qu’il ne faut pas tergiverser avec les traîtres. C’est un enseignement qu’il faut être sans pitié avec les traîtres et penser au peuple, à l’intérêt supérieur de la nation. Même si on a des scrupules, des hésitations, il faut penser au peuple, au sort malheureux qui peut être celui du peuple. On doit se dire : pas de pitié pour les traîtres. Regardez les 27 ans que Blaise Compaoré a passés au pouvoir, si Sankara savait que le peuple allait traverser 27 ans de trahison, de honte, de bataille de sa dignité, peut-être qu’il aurait hésité. Mais Sankara n’a jamais voulu qu’on dise un jour que la Révolution a bouffé ses enfants, comme on le dit partout, quand les gens font la Révolution et après s’entretuent. Sankara a refusé cela. Je sais que cela a beaucoup joué sur sa décision. Il a énormément mis au diapason l’amitié. Donc, ce 15 octobre, je suis encore en colère. Je pleure les camarades qui sont morts. J’exprime ma solidarité à leurs familles. Les douze camarades qui sont tombés avec Sankara ne sont pas les seuls. Il y a au moins dix-sept autres qui ont été assassinés au Camp de Kamboinsin (Ouagadougou). Il y a eu la boucherie de Koudougou. D’autres personnes ont été assassinés à Ziou. En plus de la justice qui a été finalement rendue grâce à votre lutte, la lutte de tous ceux qui ont vécu ces périodes révolutionnaires, finalement, il y a eu gain de cause du côté de la justice et un mémorial est en train d’être érigé en hommage à Thomas Sankara et ses douze compagnons.

S : En plus de la justice qui leur a été rendu, le 17 mai 2025, le monde entier a rendu un hommage à Thomas Sankara et ses 12 compagnons en leur dédiant un mausolée. Un soulagement pour vous et le Comité international mémorial Thomas-Sankara ?

D.T : Oui. Cela nous a énormément soulagé et satisfait. Une satisfaction d’autant plus importante que nous avons vu que Sankara et ceux qui sont morts avec lui et nous autres qui avons lutté avec lui, nous n’avons pas prêché dans le désert. Il faut dire que cela faisait des années que nous cherchions à réaliser le mémorial. C’est sous l’ancien Président, Roch Marc Christian Kaboré, que nous avons eu la possibilité d’utiliser le site du mémorial. C’est lui qui nous l’a octroyé, même si on n’avait pas eu tous les documents. Il a soutenu la création du mémorial, au niveau des textes et autres. Il l’a soutenu et après c’était difficile. Le Président ghanéen Rawlings et d’autres nous ont accompagnés dans le projet. Mais souvent, selon les ministres chargés de la Culture, les choses avançaient ou reculaient sans qu’on ne puisse avoir des interventions, des directives permettant de les remettre sur les rails. Il a fallu l’arrivée du Président Ibrahim Traoré pour accepter de prendre le flambeau de la Révolution. Nous avons compris que vraiment d’autres motifs de soulagement viendraient. Et voici que le mémorial a commencé à prendre de l’ampleur, qu’il en a fait une affaire d’Etat, un projet prioritaire. Voici que Thomas Sankara et nos camarades vont reposer en paix, sur cette terre où les ennemis ne voulaient pas du tout les voir, parce qu’ils sont allés les jeter à Dagnoen, permettez-moi l’expression. Ils ont été ramenés ici, et voici que se dresse le mausolée. Une belle œuvre architecturale d’hommage et de dignité pour les gens qui ont sacrifié leur vie. Nous avons été satisfaits et nous sommes satisfaits parce que nous connaissons les plans de Son Excellence Ibrahim Traoré pour ce mémorial, qu’il a trouvé. C’était créé, mais il a donné une force inégalée et il continue. Je crois que quelque part, il y croit même plus que nous maintenant.

S : Justement, quel était l’intérêt d’offrir une sépulture digne de ce nom aux victimes du 15 octobre ?

D.T : L’intérêt, c’est d’abord saluer la mémoire de Thomas Sankara et de ses compagnons. C’est aussi dire qu’ils ne sont pas morts pour rien. Nous estimons qu’ils sont vivants parmi nous. L’intérêt, c’est aussi pour dire à ceux qui sont vivants qu’en donnant leur vie pour la patrie, elle demeure reconnaissante ; et tôt ou tard, elle les met au panthéon des Hommes dignes et intègres. Le mausolée est également un soulagement pour les familles.

S : Après l’inauguration du mausolée, quelles sont les infrastructures prioritaires à réaliser dans les prochains jours ?

D.T : Le chef de l’Etat, le gouvernement, a mis en place un projet. C’est le projet de construction des infrastructures du mémorial Isidore Noël Thomas Sankara. Ensemble, nous allons réaliser les autres infrastructures. Il y a, par exemple, la tour Thomas Sankara, qui est une tour géante de 100 mètres, qui va être liée au parc Bangr-weogo par un téléphérique. Vous voyez l’hommage qui est rendu à Sankara ! Mais aussi le service que Thomas Sankara rend aux peuples africains et au monde entier. Et, les gens viendront de partout pour voir cette tour, pour aller en hauteur, pour visiter Bangr-weogo. Ce sera une prouesse technologique. Tout cela est conçu par notre compatriote, Diébédo Francis Kéré, qu’on ne présente plus, dans le monde entier. Il a eu le prix Nobel d’architecture. C’est une fierté pour nous. Il y a le parc Thomas-Sankara qui sera réalisé dans la zone. Nous vous réservons la surprise. Il y aura une quinzaine d’infrastructures qui vont être sur ce site.

S : Disposez-vous de fonds nécessaires dans l’immédiat pour ne pas que les travaux piétinent ?

D.T : Nous disposons plus que du fonds nécessaire. Les espèces sonnantes vont venir. Mais ce qui est très important, c’est ce qu’il y a dans le cœur des gens. C’est Sankara qui est dans le cœur de millions personnes. C’est le Président Ibrahim Traoré qui est le porte-flambeau de cette initiative. Nous pensons que c’est le plus important. Nous sommes actuellement sur les mécanismes de mobilisation des ressources, des collectes populaires, institutionnelles etc. Et le 14 octobre dernier, il y a eu le lancement d’une opération dénommée « Ma brique pour Sankara ». Nous allons ainsi inviter tout le monde à contribuer. Aussi, le gouvernement, avec ses partenaires, a pris déjà les dispositions pour mobiliser, sécuriser les fonds nécessaires chaque année pour l’évolution du projet. Nous avons beaucoup d’espoir.

S : En marge de l’inauguration du mausolée, un appel à la mobilisation des ressources pour la poursuite des travaux a été lancé. Pensez-vous que les Burkinabè et même les Africains laisseront parler leur cœur ?

D.T : Je le pense. J’ai beaucoup d’espoir non seulement aux Burkinabè, aux Africains, mais aussi au monde entier. Avec cette initiative de collecte de fonds, les gens vont répondre favorablement. Je les y invite. Je lance un appel partout, à tous ceux qui ont connu Sankara, l’ont aimé, qui aiment le Burkina et qui aiment Ibrahim Traoré, à se lancer dans la collecte des fonds. En plus du Comité international mémorial Thomas-Sankara, nous souhaitons que tout le monde s’investisse. Des mécanismes sont mis en place pour contribuer en ligne, en toute transparence.

S : Si le mausolée est une réalité aujourd’hui, c’est en grande partie grâce au Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré qui a cru au projet. Que pensez-vous du président du Faso ?

D.T : On pourrait passer la journée a y parlé. Ibrahim Traoré est un homme intègre. Je risque de reprendre les propos que j’ai dits sur Thomas Sankara. Ibrahim Traoré place les intérêts du peuple avant les siens. Cela se traduit par ces actes : son salaire, son sacrifice, son combat, le fait même qu’il va sur le terrain, de combat malgré qu’il soit chef de l’Etat. Ibrahim Traoré est un anti-impérialiste convaincu. Il n’agresse pas mais, il défend son peuple. Maintenant, lorsque des individus ou des dirigeants se trouvent offusqués, parce qu’Ibrahim défend son peuple, il ne passe pas par quatre chemins pour dire la vérité. Ibrahim Traoré est un patriote. Et Ibrahim Traoré est un homme de vision. Nous, on a fait la Révolution de 1983-87. Nous sommes là, un peu comme des sentinelles ou des témoins. Nous voyons les parallèles que Ibrahim Traoré établit. Voyez les camps-vacances Faso Mêbo qui vont être généralisés, l’immersion patriotique obligatoire, le combat pour le développement endogène, le raffinage de l’or dans notre pays. Le combat pour l’agriculture qui occupe plus de 90% de nos populations.
Citez-moi où on laboure gratuitement les terres pour les populations. Où on donne les engrais gratuitement. Qui pouvait imaginer, en matière de santé, qu’on pouvait baisser les frais de soins de cette façon et rendre gratuit totalement la prise en charge des gens qui ont des problèmes rénaux, etc. Il est difficile pour moi de dire comment je trouve Ibrahim. Chaque jour, il nous révèle qui il est. C’est un grand pédagogue en plus. Il dit les choses simplement. Tout le monde comprend. Et c’est tellement juste. J’ai beaucoup d’admiration pour lui.
Je l’encourage.

S : Pensez-vous qu’il tient bien en ce moment le flambeau de Thomas Sankara ?

D.T : Vous devinez ma réponse. Il tient bien le flambeau. Je pense qu’il a démultiplié le flambeau. Non seulement, il a reçu un flambeau. C’était physique. Il avait déjà le flambeau moral et idéologique. Je dis qu’il a démultiplié le flambeau et qu’il l’a implanté dans le cœur des gens. Et cela en a fait des révolutionnaires. Le flambeau de la Révolution est dans tous les pays du monde. Et chaque jour, il convainc de la pertinence de ses actions. Il est allé bien plus loin que le flambeau que nous lui avons donné. Il est allé dans l’approfondissement de la Révolution. Il est dans les actes concrets de la gouvernance vertueuse. Il a le sens de la partie, la lutte contre l’impérialisme, la lutte contre l’insécurité, la quête du bonheur du peuple. Vraiment, le flambeau est bien tenu entre de bonnes mains.

S : Dans la conduite du navire Burkina, le Président Traoré a proclamé la Révolution progressiste populaire. A quoi cela renvoie-t-il exactement ?

D.T : Comme toute Révolution, cela procède d’une rupture avec une situation qui existait ou préexistait, une situation d’insatisfaction, en tout cas du plus grand nombre, vers une situation, beaucoup plus prospère, au profit des masses laborieuses. C’est d’abord cette rupture d’avec ce qui se fait ou se faisait et qui est négatif. Et en l’espèce, on voyait la rupture que Thomas Sankara avait amenée et que Ibrahim Traoré a amenée en recadrant l’action du MPSR, en mettant en place le MPSR2. C’est cela la Révolution progressiste, parce que le sens de toute action bien fondée, révolutionnaire, en tout cas de la vraie révolution, c’est le progrès. Regardez l’insécurité, qui a été le leitmotiv déclencheur qui a conduit le Président Ibrahim Traoré et ses camarades à prendre leurs responsabilités. Un pays qui était depuis des années dans l’insécurité, sans que des actions déterminantes ne soient menées, avec des gens qui nous voyaient pour dire qu’il faut négocier avec les terroristes. Le Président Ibrahim Traoré est arrivé. La donne a changé de façon très importante. L’armée était sans équipement. On parlait d’une Kalachnikov pour deux ou trois hommes. L’armée aujourd’hui est bien dotée des pieds à la tête et a reçu des armes lourdes, des drones …. C’est déjà une Révolution, le progrès. Au plan agricole, c’est le progrès avec la mécanisation, les engrais, le fait de labourer les terres pour les populations. Et puis le ministère de l’Agriculture qui a été élevé au rang du ministère d’Etat. Le ministre de l’Agriculture qui est devenu un ministre d’Etat à l’exemple du ministre de la Défense et autres pour montrer l’importance que le chef de l’Etat accorde à ce secteur. La situation de

Le colonel-major Daouda Traoré a connu le père de la Révolution burkinabè dès son jeune âge.

santé où la mortalité maternelle et infantile sont encore à des taux insatisfaisants. Des actions sont menées à ce niveau. Malgré la situation de guerre, le FESPACO, le SIAO, le SITHO, la SNC, continuent. Si on avait beaucoup plus de temps, on aurait pris secteur par secteur pour voir les progrès qui sont enregistrés. Les enfants, les jeunes sont conscientisés pour savoir quelle est la Révolution et comment on doit mener le combat.
C’est populaire parce que d’une part, à mon avis, c’est au profit du peuple. C’est le peuple qui est bénéficiaire des actions principales qui sont menées. Mais c’est le peuple aussi qui est acteur. On ne peut pas imaginer des révolutions sans que le peuple adhère. Voilà ce qu’est la RPP. Mais, dans les grandes lignes, c’est, la rupture pour mener des actions de progrès et évidemment avec la pleine participation, l’adhésion des populations et à leur bénéfice entier.

S : Quelle différence y a-t-il avec la Révolution démocratique et populaire (RDP) sous Sankara ??

D.T : L’objectif est le même. Seulement les contextes ont changé.
Dans le Discours d’orientation politique (DOP), nous créions les ennemis du peuple, les amis du peuple, la féodalité, les chefs traditionnels. Mais aujourd’hui, même si à l’époque, il y avait des chefs que nous considérions vraiment très bien, mais aujourd’hui, cela fait combien d’années ? Plus de 40 ans. Les choses ont évolué, les forces se disposent à nouveau. Et dans ce combat contre l’insécurité, les gens se déterminent pour le pouvoir, pour la sécurité du pays et d’avoir un statut pour les chefs traditionnels.
Et comme l’expliquait quelqu’un, dans le DOP, on parlait d’un commun pays agricole, arriéré. Aujourd’hui quand même, ce n’est pas la daba qui est partout, il y a du progrès. L’impérialisme aussi essaie d’adapter ses moyens d’actions à nos combats. Mais les objectifs sont les mêmes.

S : En termes de gouvernance, à quoi doit-on s’attendre dans le cadre de la Révolution progressiste populaire ?

D.T : Je pense d’abord à une gestion vertueuse, centrée sur les intérêts du peuple, en comptant d’abord sur nos propres forces, comme le gouvernement le fait actuellement. On n’a jamais eu autant d’armement qu’aujourd’hui. C’est le peuple qui participe. Et, il y a cette gouvernance de redevabilité aussi, qui rend compte régulièrement au peuple de ce qui est fait avec son argent et le chef de l’Etat ne manque jamais l’occasion de remercier le peuple. On doit s’attendre à une gouvernance de vérité. C’est ce que fait le chef d’Etat. Qui sont nos amis ? Qui sont nos ennemis ? Et quand il dit qu’un tel nous combat, il dit que ce ne sont pas les peuples. Il trouve qu’aucun peuple n’est ennemi au peuple du Burkina Faso. Il l’a dit, c’est surtout des dirigeants qui s’opposent à notre pays.
Et une gouvernance où vraiment quand quelque chose est centré sur l’intérêt du pays, vous pouvez être sûr que cela va se faire. Moi, je sais ce que je peux demander au chef de l’Etat et ce que je ne peux pas lui demander. Par exemple, si vous voulez aller pour des questions personnelles, d’intérêt personnel, de trafic et autres, c’est mieux de ne pas y aller. Mais lorsque vous savez que ce que vous sollicitez est bien pour le peuple, s’inscrit vraiment dans l’intérêt du peuple, là vous pouvez l’exprimer. Il peut ne pas avoir les moyens de le faire. On peut dire que vous anticipez ou autre, mais on va vous dire que c’est bien, on verra plus tard. Je pense que c’est à cela qu’on peut s’attendre. Et le chef de l’Etat a donné l’exemple.

S : Après 3 ans de gestion des affaires de l’Etat pour le capitaine Traoré, selon vous le Burkina est-il sur de bons rails ?

D.T : C’est une totale évidence. On est sur la bonne voie. Je ne veux pas utiliser de la langue de bois, mais lisez sur les visages des déplacés internes qui regagnent leur localité. Lisez sur les visages de ces enfants, qui avec fierté parlent du chef de l’Etat sur les plateaux télé et en sont heureux. Lisez la joie des personnes qui étaient craintives quant à l’idée d’aller à l’immersion patriotique obligatoire et qui se trémoussent de joie aujourd’hui, qui sont très heureux. Et puis essayez de vous demander, dans cinq ans, qu’est-ce que cela va être avec des enfants, avec des jeunes qui se lèvent politiquement conscients, idéologiquement formés et qui ont un modèle à suivre. Imaginez ce que sera le Burkina, dans cinq ans, sous la conduite du chef de l’Etat. Pour moi, le Burkina avance. Je pouvais aussi vous dire de lire sur le visage des agriculteurs, des agents de santé, des malades. Des centres de santé se construisent, s’équipent. Je ne vais pas reprendre la litanie de tout ce qui se fait de bon aujourd’hui. C’est fastidieux. Evidemment, il est sur les bons rails. Nous souhaitons qu’il continue ainsi.

S : Avez-vous foi que cette 2e Révolution pourra parachever l’œuvre entreprise par feu Thomas Sankara ?

D.T : Oui ! La Révolution est une continuité. La Révolution est détermination. La Révolution est quête perpétuelle du bonheur des masses, du peuple, de l’intérêt national. La RPP va continuer à approfondir. Le président et le MPSR II vont agir, vont mener les actions nécessaires, jeter des bases solides pour que, comme le disait le Président Rawlings du Ghana, même si le diable vient demain, qu’il ne puisse rien changer. Le président inscrit ses actions dans le cœur du peuple. Et, c’est pourquoi on dit que la RPP, c’est populaire. Une fois que le peuple est engagé, vous ne pouvez plus venir pour déstabiliser. Nous avons foi que le chef de l’Etat va parachever ce que le Président Sankara avait commencé et répondre à de nouveaux défis.

S : Quels sont les atouts du chef de l’Etat en ce moment pour accomplir ou réussir au mieux cette mission ?

D.T : Parmi ses atouts, il a notamment une capacité d’analyse et d’appréhension de la situation, une capacité exceptionnelle. C’est le plus important. Il analyse. Il sait quelles sont les forces, les faiblesses et les actions à mener. Il connaît les ennemis de nos peuples, de l’Afrique. Il sait sur qui il peut compter, avec qui il peut travailler. Sur le plan interne, il sait qui tient les discours et qui peut poser les actes. C’est le plus important. Il maîtrise la situation nationale. Maintenant, il s’est fixé un cap avec comme gouverne, l’intérêt du peuple. Il ne peut que réussir. Ce sont ses atouts et surtout le fait de communiquer régulièrement. Si Ibrahim Traoré ne communiquait pas régulièrement, le monde entier n’allait pas comprendre, n’allait pas se dresser contre le général américain qui a essayé de discréditer le Burkina Faso et le chef de l’Etat. Il dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit. C’est extrêmement important. Au-delà des autres atouts, c’est son engagement qui fait son leadership. Il faut qu’il s’entoure de sers camarades compétents qui continuent de mener le combat, qui partagent sa vision.

S : Quels sont les conseils que vous pouvez lui prodiguer pour bien accomplir sa mission révolutionnaire ?

D.T : j’avoue que c’est très compliqué. Je vais essayer, mais en tant que personne âgée qui a été aux côtés de Sankara, je vais lui demander d’être lui-même. C’est cet Ibrahim Traoré qui a convaincu les populations, qui est venu de manière intrépide, qui a notamment parlé le jour où il a pris le pouvoir des gens qui mangeaient les feuilles des arbres. Ce sont des images frappantes. C’est le cœur, la détermination et la clairvoyance qui ont parlé. C’est très important. Je veux qu’il demeure lui-même. Mais cela, je n’en doute pas parce que cela fait trois ans qu’il est le même personnage humble, mais peut-être un peu plus endurci par les trahisons, par les adversités des gens qui s’attaquent uniquement au fait qu’il se

Le président du Comité international du mémorial Thomas-Sankara, colonel-major Daouda Traoré : « la patrie demeure reconnaissante aux victimes du 15 octobre 1987 ».

préoccupe de l’intérêt de son peuple et de la dignité de l’Afrique. C’est ce que je pourrais le conseiller. On dit qu’un chat échaudé craint l’eau froide. Avec ce que j’ai vécu avec Sankara, qui a été assassiné, je le conseillerai, de prêter attention à ses camarades, à tous. Que ceux qui collaborent avec lui aient la même vision que lui, en toute objectivité et à 100%. Il faut que ce soit une vision partagée. Cela permet d’éviter des dérives. Si on dort sur la même natte, qu’on fasse les mêmes rêves. Le chef de l’Etat se bat. Il lutte, mais il ne faut pas qu’il y ait des tirs au flan, qu’il ait d’autres objectifs. On a vu cet ancien DG adjoint de l’ANR, qui était un scorpion nuisible, aux côtés du pouvoir et qui a fui. Ce que je demanderais, c’est que ceux qui s’occupent de sa sécurité, son entourage, ne ménagent aucun effort pour lui faciliter la tâche. Je dis aux éventuels traîtres ou aux gens qui ont d’autres ambitions, je leur conseille de regarder ceux qui ont assassiné Sankara. Beaucoup sont morts, oubliés comme des chiens. Ceux qui sont vivants, on dit que certains ne savent même pas qui ils sont et où ils sont. Ce sont les oubliés de l’histoire et des gens dont personne ne va entendre parler. Rien que pour cela, il faut éviter de trahir. Par contre, que ceux qui se battent avec dignité, voient leurs noms inscrits dans les livres d’or de la patrie. Je demande à ceux qui sont avec lui de le soutenir sincèrement, d’avoir sa vision de probité, son humilité et d’agir dans la transparence qui l’observe.

S : Les contextes ne sont pas les mêmes, parce que le Burkina Faso ne vivait pas une crise sécuritaire. Cette donne n’est-elle pas un défi de plus pour le capitaine Traoré ?

D.T : Effectivement, c’est un défi énorme, mais que le chef de l’Etat est en train de remporter. Aujourd’hui, on a plus de 70% du territoire qui ont été libérés et des endroits où on est en train de mener la stabilisation et réinstaller les populations. Bientôt, comme l’a dit le chef de l’Etat, on n’a aucune raison d’en douter, la guerre se terminera. C’est un défi qu’il est en train de relever. Le chef de l’Etat remporte d’autres défis de développement économique et social de manière endogène. C’est ce qui est extraordinaire. Au temps de la Révolution, nous n’avions pas cette insécurité. C’est ce qui rend encore la situation beaucoup plus complexe qu’au temps de la Révolution.

S : Depuis bientôt une décennie, le Burkina est confronté à l’hydre terroriste. Comment vaincre ce mal désormais au relent impérialiste ?

D.T : Avec l’offensive militaire qui est menée actuellement, je pense que le chef de l’Etat a clarifié sa vision, on ne peut pas négocier avec des gens qui brûlent votre case. Il faut que force reste à la loi, à la patrie et d’autant plus que ces gens sont instrumentalisés par l’impérialisme qui étend ses tentacules, parce qu’ils ne parviennent plus à voler nos ressources comme ils le faisaient auparavant. Il s’agit essentiellement de mener la guerre contre ceux qui s’attaquent à son peuple, à ses intérêts. C’est aussi travailler à couper ces instruments de leurs commanditaires par différentes stratégies qu’on ne peut pas évoquer ici, notamment en coupant les sources de financement que ces gens utilisent par différents stratagèmes pour pouvoir téléguider, financer le terrorisme. Les chefs de l’Etat de l’AES ont enclenché le combat. C’est un combat multiforme mais aussi global qui doit être mené. La force de l’AES sera opérationnelle. Tout cela va contribuer à vaincre l’hydre terroriste. Les actions sont menées en termes de cohésion sociale. Il faut que tous les Burkinabè sachent qu’il n’y a pas de discrimination. Nul n’est abandonné, stigmatisé. Chaque citoyen doit participer à la défense du territoire. L’espoir est là.

S : Le mal gagne progres-sivement des pays côtiers voisins. Quels conseils avez-vous à leur donner ?

D.T : Avec ma modeste voix, si j’avais des conseils à donner, c’est simplement l’adage qui dit que : quand la case du voisin brûle, il faut l’aider à l’éteindre, sinon, le feu peut atteindre la tienne. Ceux qui ont pensé avec d’autres considérations à plutôt aggraver le mal chez nous, vont avoir l’effet boomerang sur leur visage. Si j’avais des conseils à leur donner, je leur dirais d’arrêter leurs adversités, leurs attaques inutiles contre le Burkina, le Mali et le Niger. Qu’ils développent plutôt la fraternité et refusent d’écouter les sirènes de la division impérialiste. C’est ainsi qu’ils vont préserver la paix dans leur pays, sinon, inéluctablement, les mêmes causes produiront les mêmes effets chez eux. Blaise Compaoré a pactisé avec les terroristes ici. Ils avaient gîte et couvert ici. A partir du moment où ils n’avaient plus cela, ils sont devenus nos ennemis résolus. Et c’est ce qui va se passer. Partout où de telles attitudes sont adoptées, où il y a une tolérance à leur endroit, c’est ce qui va se passer. Si je devais parler à des dirigeants de ces pays, je les supplierais de mettre bal à terre, de mener le même combat que nos pays, de comprendre que les chefs d’Etat de l’AES ne cherchent pas à bagarrer avec quelqu’un. Ils cherchent le bien de leur peuple. Quoi de mieux que de s’inscrire dans cette dynamique pour se protéger soi-même.

S : Le Burkina, le Mali et le Niger ont décidé d’unir leurs forces au sein de l’AES. Comment avez-vous accueilli ce choix ?

D.T : Comme la plupart des Africains honnêtes et en tant que Burkinabè, j’ai salué l’avènement de l’AES. Je trouve que c’est un passage obligé pour le développement, la paix et la cohésion sociale. Vous avez vu les enquêtes qui ont été réalisées par un journal, que je ne citerai pas. Il y a au moins 70 ou 80% des populations de la sous-région qui apprécient et saluent ce qui se fait au niveau de l’AES. C’est une très bonne chose pour la sécurité qui a été l’une des motivations immédiates de la création de l’AES, pour le développement économique et social, pour la fraternité et puis pour tout ce qui va venir par la suite. Je ne peux que saluer l’avènement de l’AES.

S : Quel avenir pour le Burkina dans sa marche Révolutionnaire populaire progressiste ?

D.T : Je vois un avenir de prospérité. Ce que la Révolution de Thomas Sankara a permis de faire en 4 ans, je sais qu’on fera beaucoup plus actuellement sur le plan sanitaire, social, culturel, économique, militaire, …. Je vois un avenir prospère. Je vois un pays de paix, un pays libéré. Je vois une jeunesse engagée, nourrie à la sève du patriotisme, la lutte anti-impérialiste, comptant sur ses propres forces, auprès d’un modèle qu’est Ibrahim Traoré. Je vois ces générations montantes et je sais que le Burkina Faso ne sera plus jamais le même. Je souhaite que les velléités de démocratie électorale où ceux qui pensent le monde à la place des peuples soient mis de côté et que le chef de l’Etat puisse avancer résolument avec ses compagnons, avec notre peuple vers notre bonheur. C’est pourquoi, je prie résolument que nul ne puisse venir semer le désordre dans notre pays. Je souhaite que la victoire soit pour bientôt.

S : Quel autre message souhaitez-vous faire passer à nos lecteurs ?

D.T : Je vous remercie pour votre intérêt pour le comité international du mémorial Thomas-Sankara. Je profite pour réitérer mes remerciements au chef de l’Etat, le Président Ibrahim Traoré, son Premier ministre, son gouvernement et tous ceux qui, au niveau du MPSR2, œuvrent pour notre pays et pour le mémorial Thomas-Sankara. Je lance un appel à tous pour participer à l’opération « Ma brique pour Sankara » qui sera lancée afin que chacun apporte sa contribution à la mise en œuvre des travaux prévus au niveau de la construction des infrastructures du mémorial Thomas-Sankara. J’invite les uns et les autres à venir à la commémoration, le 15 octobre, l’anniversaire de l’assassinat du Président Thomas Sankara. Je leur dis qu’il y aura vraiment des innovations d’hommage au Président Thomas Sankara, le cérémonial militaire notamment. Tout le monde gagnerait à venir.

Interview réalisée par Gérard COULIBALY

Nucléaire civil au Burkina: l’administration s’imprègne de l’arsenal juridique

Le directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, l’ambassadeur Dieudonné Désiré Sougouri, a présidé, mardi 14 octobre 2025 à Ouagadougou, l’atelier de sensibilisation au droit nucléaire.

Dans le cadre de la mise en œuvre du programme électronucléaire national du Burkina Faso, le pays veut outiller ses acteurs de premier plan aux normes juridiques et règlementaires qui entourent les sciences et technologies nucléaires. Raison pour laquelle le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur organise, du 14 au 16 octobre 2025, un atelier de sensibilisation et de renforcement de capacités sur le droit nucléaire.

De l’explication du directeur de cabinet du ministre chargé des Affaires étrangères, l’ambassadeur Dieudonné Désiré Sougouri, cet atelier vise à renforcer les capacités des juristes et autres cadres burkinabè sur l’étendue et la portée des instruments juridiques relatifs au nucléaire civil.

Et pour réussir cette mise à niveau, l’ambassadeur a fait savoir que le Burkina Faso a établi une coopération étroite avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en ce qui concerne la promotion de l’utilisation pacifique des sciences et technologies nucléaires au profit du développement économique et social des populations, conformément à la vision fondamentale de l’Agence à savoir « l’atome pour la paix et le développement ».

Selon lui, en vue d’améliorer la qualité de vie des populations burkinabè et soutenir les efforts de développement, les plus hautes autorités du pays sont plus que déterminées à relever les défis liés à l’accès aux énergies propres, durables et abordables pour tous. Toute chose qui selon le diplomate a conduit à la mise en place d’un programme électronucléaire avec à la clé la création de l’Agence burkinabè de l’énergie atomique (ABEA).

Maitriser la sécurité et la sureté

Il s’agit à travers l’ABEA de disposer d’un cadre institutionnel adéquat pour la mise en œuvre du Programme électronucléaire national, permettant de garantir l’indépendance énergétique du Burkina Faso, l’industrialisation et faciliter l’accès à l’électricité partout sur le territoire national.

Selon la cheffe du programme d’assistance de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Christelle Drillat, l’énergie atomique fait partie de la solution pour l’essor socio-économique notamment via le développement des secteurs de l’énergie, de l’agriculture, de la santé, de l’industrie entre autres. Mais, l’experte a indiqué qu’il faut à tout prix maitriser les paramètres de sécurité et de sureté qui encadrent cette technologie nucléaire. Elle a salué la volonté de la partie burkinabè à s’engager dans la dynamique d’une formation des ressources humaines sur le cadre juridique et le droit nucléaire.

L’ambassadeur du Burkina Faso à Vienne en Autriche, Maimounata Ouattara, a également rassuré que le programme nucléaire national évolue bien grâce à la volonté des autorités et pour cela, il est nécessaire de mutualiser les connaissances afin que les acteurs impliqués comprennent l’infrastructure nucléaire et tout l’arsenal juridique qui l’entoure.

Durant ces trois jours, les participants, tous des juristes et des professionnels du droit issus de divers départements vont échanger avec les experts de l’AIEA autour d’une dizaine de thématiques relatives au droit nucléaire comme l’état des instruments internationaux et du cadre juridique national au Burkina Faso, le cadre juridique nécessaire pour un programme d’énergie nucléaire, les cadres juridiques internationaux relatifs à la sureté et la sécurité nucléaires.

Wanlé Gérard COULIBALY
Korotimi NABALOUM
(Stagiaire)

Lutte contre la criminalité urbaine: deux gangs démantelés à Ziniaré

0

Le Service régional de la police judicaire de Oubri (SRPJ-Oubri) a, dans le cadre de ses missions régaliennes de lutte contre l’insécurité sous toutes ses formes, mis fin au parcours d’un vaste réseau formé de deux gangs qui s’étaient spécialisés dans des faits d’escroquerie, de faux monnayage, de faux et usage de faux en bande organisée dans les régions de Oubri et du Kadiogo.

Le mode opératoire du réseau variait en fonction du groupe. S’agissant du premier groupe, ses membres identifiaient leurs victimes généralement dans les lieux publics tels que les débits de boissons où sont projetés les matchs de football en direct. Après quelques temps d’échanges, ils proposaient à leurs victimes leur service qui consistait à multiplier pour elles des billets de banque qu’il faudra réussir à écouler avant six mois.

Dès qu’ils parvenaient à convaincre une personne, ils découpaient des feuilles blanches en format de billets de banque, soit en F CFA ou en devises étrangères qu’ils emballaient dans un sachet. Ils conditionnaient, en présence de la victime, de vrais billets dans un autre sachet presqu’identique au premier et, profitaient de l’inattention de celle-ci pour échanger les sachets. La victime recevait d’eux un liquide qui servira à asperger le sachet à une heure précise avant de le déballer. C’est par la suite qu’elle constatera que ces malfrats se sont retirés avec le sachet contenant les vrais billets. Ce groupe se livrait également au faux monnayage en s’approvisionnant à travers ses partenaires dans les pays voisins et écoulait ces billets sur le marché burkinabè.

Quant au second groupe, ses membres fouillaient les poubelles des grandes entreprises et secrétariats publics situés dans les zones comme Ouaga 2000, Projet ZACA et Boinsyaaré à la recherche de documents contenant des adresses téléphoniques. Une fois les adresses obtenues, ils les contactaient pour leur faire des propositions de vente, d’embauche et bien d’autres services. Dès qu’une victime mordait à l’hameçon, ils lui mettaient en confiance quant à l’existence du bien ou du poste en question et commençaient à lui soutirer de l’argent via les téléphonies mobiles.

Durant tout le processus, ces malfrats se rassuraient à travers leurs indicateurs de la présence ou non des Forces de défense et de sécurité sur le terrain avant d’opérer. Il arrivait qu’ils identifient également leurs victimes à travers les réseaux sociaux et procédaient de la même manière pour les dépouiller de leurs biens. Il est à noter que des non nationaux font partie de ce vaste réseau. Ces derniers utilisaient des documents avec des identités falsifiées pour échapper aux avis de recherches émis par les services compétents.

Grâce à la collaboration des populations, les enquêteurs ont réussi à appréhender quatre membres actifs de ce réseau et saisir plusieurs objets dont des faux billets de banque (devises étrangères et F CFA), des coupons de papiers en forme de billets de banque, du matériel informatique, des téléphones portables, des puces électroniques des réseaux de téléphonie mobile et des motos. La Police nationale remercie encore une fois les citoyens grâce à qui ce résultat a été atteint. Elle les exhorte, par ailleurs, à plus de vigilance, à ne pas s’adonner à l’appât du gain facile et à faire usage de détecteurs de faux billets, surtout les services et entreprises commerciales qui manipulent l’argent. Pour finir, elle les invite à toujours poursuivre la dynamique de collaboration en continuant de dénoncer les cas suspects aux numéros verts mis à leur disposition que sont les 17, 16 et 1010.
La Police nationale, une force publique au service des
citoyens !

DCRP/Police nationale

Fada N’Gourma : saisie de fûts suspects

C’est avec une grande joie que Kantigui a appris que la Direction régionale de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat du Goulmou (DIRCA-Goulmou) a fait une importante saisie de produits suspects dans la ville de Fada N’Gourma. Selon les informations parvenues à Kantigui, c’est lors d’une opération de routine que les agents de la DRICA ont intercepté un camion transportant plusieurs fûts de 250 litres contenant un liquide identifié comme de l’alcool éthylique à 96 %, classé sous (…)

Retrouvez On murmure sur

https://www.sidwaya.info/numerique/

Kantigui2000@gmail.com
(+226) 25 31 22 89

Madagascar : exit Rajoelina !

Fin de règne pour le Président Andry Rajoelina, qui a fui le pays, ces jours-ci, dans un contexte de contestation populaire. Si elle était confuse, la situation sociopolitique sur la grande île, secouée depuis quelques semaines par une grave crise politique, a tourné en défaveur de l’ancien maire d’Antananarivo. Il a été déposé, hier mardi 14 octobre 2025, par un groupe de militaires, issus du Corps d’armée des personnels et des services administratifs et techniques (CAPSAT), dont le chef est le colonel Michael Randrianirina.

Quelques heures plutôt, les députés ont voté sa destitution à une large majorité (130 sur 161 députés). Rajoelina a tenté d’éviter ce scenario catastrophe, en dissolvant un peu plus tôt l’Assemblée nationale, mais rien n’y fit. Les carottes sont bien cuites pour « TGV », parti de Madagascar à bord d’un avion militaire français vers une destination inconnue, pour dit-il « protéger sa vie. Depuis sa cachette, il s’était adressé, lundi, à ses compatriotes, écartant toute idée de démissionner, ignorant que son sort était déjà scellé.

Au pouvoir depuis 2018 et réélu en 2023, Rajoelina cro-yait pouvoir reprendre la main, mais peine perdue. Voulait-il continuer à diriger le pays depuis l’extérieur, alors que son trône était vacant ? Comptait-il sur des tractations, avec l’implication de puissances étrangères comme la France, pour sauver sa tête et regagner son fauteuil au pays ? Le président malgache aurait tenté sans succès de calmer la contestation dirigée par le mouvement Génération Z, vent debout contre les coupures d’électricité et d’eau, la corruption et les violations de libertés.

Il a sacrifié d’abord le ministre de l’Energie, ensuite tout le gouvernement, pour enfin propulser un haut gradé à la Primature, sans aucun effet sur la colère de la rue. Malgré les calmants qu’il a administrés au patient nommé Madagascar, la fièvre n’a fait que s’empirer. L’échéance d’un an, qu’il a donnée pour mettre fin aux coupures d’eau et de courant, faute de quoi il allait le tablier, n’a pas également convaincu grand-monde. Le capitaine Rajoelina a perdu la maitrise du bateau battant pavillon Madagascar et il n’a pas réussi à redresser la barre à temps.

L’armée, avec la bénédiction de la rue, a fini par prendre ses responsabilités, ouvrant la voie à une nouvelle ère politique en terre malgache. S’il a marqué la vie sociopolitique de son pays, suscitant à un certain moment de l’espoir, Rajoelina sort de l’histoire par la petite porte, car n’ayant pas pu répondre aux attentes profondes de ses concitoyens. La mauvaise gestion de la société nationale d’eau et d’électricité, JIRAMA, symptomatique d’une gouvernance aux abois, a fini par convaincre les Malgaches que l’ex-maire d’Antananarivo ne faisait plus leur affaire.

Comment s’est-il débrouillé pour devenir si impopulaire, au point d’être « vomi » par la rue ? En tous les cas, la page de Rajoelina se tourne, à un moment où le peuple malgache a de nombreuses aspirations. Le groupe de militaires, qui prend le relais, connait parfaitement ce contexte de fortes attentes, et devrait logiquement travailler à redonner du sourire aux populations.

Kader Patrick KARANTAO

Délégation spéciale du Nando: une participation citoyenne à l’élaboration du budget 2026

0

La délégation spéciale régionale du Nando a organisé le 13 octobre 2025, à Koudougou, une rencontre d’échanges et d’orientations sur le budget 2026 avec les acteurs de la société civile et des services techniques déconcentrés.

Membres de la délégation spéciale régionale du Nando, acteurs de la société civile et représentants des services déconcentrés, environ une centaine, se sont réunis, le lundi 13 octobre 2025, dans la cité du Cavalier rouge pour un débat sur les orientations budgétaires pour l’exercice 2026. C’est la première vice-présidente de la délégation spéciale, Rosalie Ouédraogo, qui a présidé les travaux en lieu et place d’Adama Jean Yves Béré, président de la délégation spéciale régionale.

Dans son mot, elle a indiqué que cette activité s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre du budget participatif qui est un mécanisme de dialogue et de participation citoyenne. «Cette démarche vise à favoriser l’implication des citoyennes et citoyens dans l’élaboration, le suivi et l’évaluation des programmes et projets de développement », a précisé Mme Ouédraogo. Elle a ajouté que cette rencontre est une opportunité pour eux d’améliorer la gouvernance économique et financière dans la région.

De ce point de vue, la vice-présidente a invité les participants à prendre part activement aux échanges afin de parvenir à des orientations et propositions devant aboutir à l’élaboration d’un budget participatif et inclusif répondant aux besoins des populations. Le modérateur du débat, Youssouf Ouattara, a souligné l’importance du budget participatif, affirmant que les débats d’orientation vont permettre de donner d’abord l’information à la population sur le processus budgétaire, qui reste très technique.

Dans ce sens, a-t-il fait savoir, il s’agit de faire comprendre aux populations ce qui se fait, mais dans un langage accessible et adapté pour qu’elles puissent être informées. Il a signifié que les citoyens pourront ainsi contribuer non seulement à la mobilisation des ressources, mais aussi prendre part aux actions qui seront menées. L’activité a été réalisée avec le soutien du Laboratoire citoyenneté (LC) dans le cadre de l’axe 1 du DEPAC-3, financé par la Coopération suisse.

Pour Maximin Yaméogo, point focal du LC dans la région de Nando, cette rencontre va faciliter non seulement la participation des différentes composantes de la région à l’élaboration du budget, mais aussi améliorer la gouvernance au niveau local. Les participants ont pu s’imprégner de la politique budgétaire, comprendre le choix des priorités de développement envisagées pour la région, recueillir les avis et orientations et inciter les populations à s’engager et à participer aux affaires locales.

Beyon Romain NEBIE

SNC 2026: les porte-flambeaux des Tannounyan sont connus

La Semaine régionale de la Culture 2025 de la région des Tannounyan s’est déroulée les 11 et 12 octobre 2025 à Banfora, dans la salle polyvalente pour la plupart des disciplines et au stade pour la lutte traditionnelle. Les meilleurs dans les disciplines réparties entre les arts du spectacle, les arts culinaires et les sports traditionnels ont été retenus pour prendre part à la phase finale de la Semaine nationale de la culture en 2026.

Les rideaux sont tombés sur la Semaine régionale de la culture (SRC) 2025 de la région des Tannounyan. Elle a débuté le samedi 11 octobre 2025 et s’est terminée dans l’après-midi du dimanche 12 octobre par la proclamation des résultats. La journée du 11 octobre a été consacrée, jusque tard dans la nuit, aux prestations des artistes et troupes d’artistes dans la catégorie des Arts du spectacle.

Les concurrents des autres catégories que sont les sports traditionnels et les arts culinaires ont effectué leur passage devant les jurys le deuxième jour. Les arts du spectacle ont enregistré 32 artistes et groupes artistiques confondus et ont connu 5 absents et 3 disqualifiés. Le jury des arts culinaires a reçu 4 candidates.

Dans les sports traditionnels, seule la discipline lutte traditionnelle a connu des candidatures en pool adulte dames et hommes. 12 lutteurs sur 20 inscrits se sont qualifiés dans 4 catégories confondues (56kg-60 kg ; 61-65kg ; 66-76kg ; plus de 77kg). Le gouverneur des Tannounyan, Badabouè Florent Bazié qui est par ailleurs le patron de cette édition, a présidé la cérémonie d’ouverture.

Pour lui, la SRC est une occasion de célébrer la richesse et la diversité du patrimoine culturel de la région et d’honorer la créativité « foisonnante » qui l’anime. M. Bazié a interpellé les acteurs de la culture à prendre des initiatives pour sensibiliser les jeunes générations à l’importance de la culture, et la défense de l’identité nationale.

Tout en encourageant les artistes, groupes d’artistes et sportifs en compétition à s’exprimer et donner le meilleur d’eux-mêmes, le patron de cette SRC a appelé le public à sortir nombreux pour les soutenir. Du reste, Badabouè Florent Bazié ne doute pas que les représentants de la région engrangeront des victoires à la prochaine Semaine nationale de la culture (SNC).

« Notre région regorge de talents, d’artistes talentueux et de renoms », a-t-il affirmé.
Le Secrétaire général de la SNC Lanssa Moïse Kohoun a représenté la directrice générale (DG) à l’ouverture de ces joutes régionales. Les SRC, a-t-il souligné, sont des cadres de rencontre, de brassage et de créativité et de révélations d’expressions artistiques au niveau régional. M. Kohoun a rappelé que la prochaine édition de la biennale culturelle connaitra plusieurs innovations.

Il a évoqué le lancement précoce de la phase des qualifications qui a débuté dès le mois de septembre au lieu d’octobre comme d’habitude et le nombre de disciplines en compétition pour la diaspora burkinabè qui passe de 3 à 5. Toujours au titre des innovations de la 22e édition, Lanssa Moïse Kohoun a cité l’introduction d’un système de repêchage dans les disciplines du ballet et de la création chorégraphique de telle sorte que les meilleures troupes classées 2e et ayant obtenu une moyenne de 14/20 pourront désormais participer à la phase finale. Ceci, sans oublier les temps de préparation en arts culinaires qui ont été harmonisés et la participation de la diaspora burkinabè vivant au Niger.

Alpha Sékou BARRY
alphasekoubarry@gmai.com


 

Palmarès des Arts du spectacle et des Arts culinaires

 

 

Initiative présidentielle « Faso Mêbo » : les activités officiellement lancées à Koudougou

0

Le gouverneur de la région de Nando, Adama Jean Yves Béré, a lancé officiellement, vendredi 10 octobre 2025, les activités de l’Initiative présidentielle Faso Mêbo dans la ville de Koudougou. La cérémonie a rassemblé les forces vives, les autorités administratives, coutumières et les populations locales.

La dynamique de réhabilitation des infrastructures routières et de l’embellissement des villes du Burkina impulsée par l’Initiative présidentielle Faso Mêbo est arrivée à Koudougou, dans la région de Nando. Présidée par le gouverneur, Adama Jean Yves Béré, la cérémonie de lancement officiel des activités de Faso Mêbo dans la cité du Cavalier rouge est intervenue, vendredi 10 octobre 2025, à Koudougou.

Elle marque le début effectif de la mise en œuvre de l’Initiative dans la région, après une phase préparatoire destinée à informer et à susciter l’adhésion populaire. Le gouverneur a lancé un appel aux populations de la région à se mobiliser à tous les niveaux : autorités locales, organisations de la société civile, chefs traditionnels, jeunes, femmes, affirmant que chacun a un rôle à jouer dans la réussite de Faso Mêbo. Il a insisté sur l’importance de la contribution volontaire, non seulement matérielle (don de ciment, de matériel, de travail), mais aussi dans le suivi, la protection et l’entretien des infrastructures une fois réalisées. Et d’ajouter que Faso Mêbo n’est pas une initiative qui concerne uniquement l’Etat ou les autorités, mais une politique nationale à laquelle « tous les Burkinabè » sont appelés à adhérer activement.

« C’est une occasion pour les Burkinabè de prouver aux yeux du monde qu’ils peuvent s’organiser pour développer leurs villes sans compter sur de l’aide venant d’ailleurs », a-t-il dit. Pour lui, c’est aussi une occasion de renforcer les liens entre communautés et de promouvoir la cohésion nationale. Des structures associatives et autres organisations de la société civile de la région ont déjà fait des dons lors de cette cérémonie.

C’est le cas de l’Association des femmes leaders du Faso, qui a offert une demi-tonne de ciment, du thé, du sucre, ainsi que de la coordination provinciale des associations de la veille citoyenne du Sanguié, qui a offert une tonne de ciment. A côté, des volontaires se sont mobilisés pour la confection des pavés et les équipes vont se déployer progressivement sur le terrain afin de donner un nouveau visage à la ville de Koudougou ainsi qu’aux chefs-lieux des trois autres provinces que compte la région de Nando.

Beyon Romain NEBIE
beynebie@gmail.com

Institut des sciences et des techniques de l’information documentaire: une offre de deux tonnes de ciment à Faso Mêbo

0

L’Institut des sciences et des techniques de l’information documentaire (ISTID) a offert deux tonnes de ciment à l’Initiative présidentielle Faso Mêbo, samedi 11 octobre 2025, à Ouagadougou.

L’Institut des sciences et des techniques de l’information documentaire (ISTID), première école de formation des archivistes, des bibliothécaires et des documentalistes depuis vingt ans au Burkina Faso, n’entend pas rester en marge de la construction de la nation. En effet, dans le cadre des festivités de son 20ᵉ anniversaire, l’ISTID a apporté sa contribution à l’Initiative présidentielle Faso Mêbo, samedi 11 octobre 2025, à Ouagadougou. Il s’agit de deux tonnes (t) de ciment et de la main-d’œuvre pour aider à la confection des pavés.

Le directeur par intérim de l’ISTID, Pascal Soubeiga, a confié qu’après 20 ans d’existence, l’Institut a voulu marquer d’une pierre blanche cet anniversaire par un certain nombre d’activités, notamment ce don à Faso Mêbo, pour manifester son engagement aux côtés du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, et de l’ensemble des membres du gouvernement. Pascal Soubeiga a également précisé que, pour la journée du don, une cinquantaine d’archivistes, de documentalistes et de bibliothécaires ont été mis à la disposition de Faso Mêbo. Ils ont participé à la confection des pavés et à la préparation des agrégats.

Emmanuel BICABA