Dans quelques heures, les fidèles chrétiens vont célébrer la fête de Noël. A l’orée de la célébration, le Cardinal Philippe Ouédraogo invite les fidèles à fêter dans la sobriété tout en s’exprimant sa solidarité aux personnes vulnérables.Chers fils et filles de l’Eglise Famille de Dieu à Ouagadougou. Dans la perspective des fêtes de Noël et du Nouvel An, je voudrais souhaiter à tous et à chacun d’heureuses et saintes fêtes et vous communiquer des consignes utiles. Tout d’abord, durant la période des fêtes à venir, nous sommes invités à tenir compte de la situation difficile que traverse notre pays, et à rester en communion avec la Nation toute entière actuellement éprouvée au double plan sécuritaire et sanitaire.
Ensuite, nous sommes invités à rester vigilants, aussi bien au niveau sécuritaire que sanitaire. En effet, c’est la période où le grand banditisme sévit à travers les braquages : prenons donc les précautions nécessaires. Ensuite, la pandémie de la Covid/19 n’est pas encore derrière nous : alors restons mobilisés. En outre, concernant les horaires de nos célébrations liturgiques et autres rencontres spirituelles, des dispositions nécessaires doivent être prises pour qu’elles se terminent à temps afin que les uns et les autres puissent rentrer chez eux avant minuit.
Ainsi donc, il est recommandé de commencer les célébrations au plus tard à 20 heures pour être sûrs de finir à temps. Enfin, mettons l’accent sur la prière et l’attention avec tous ceux qui souffrent plutôt que les réjouissances populaires. Chaque communauté ou mouvement/association, chaque famille, chaque personne est invitée à faire preuve de sobriété, compassion et solidarité envers les frères et sœurs souffrants : les déplacés internes, les familles endeuillées, les personnes blessées, les prisonniers, les malades…
En nature ou en espèces, individuellement ou communautairement, prenons quelque chose de nos réjouissances des fêtes pour manifester notre solidarité et notre amour ! Tout en appelant à rester vigilants et à observer les précautions d’usages recommandées, je vous invite à rester en union de prières avec et pour la Nation.
Frères et sœurs bien-aimés,
Instituée depuis le 4e siècle, la fête de Noël que nous célébrons chaque année nous renvoie au mystère de l’incarnation de Dieu.
Jésus est vrai Dieu et vrai homme, « il est Dieu, né de Dieu, Lumière née de la Lumière vrai Dieu, né du vrai Dieu engendré non pas créé » selon la formule de notre Credo symbole de Nicée. Jésus est le Sauveur des hommes, le Messie attendu, le seul Seigneur. À la naissance du Sauveur à Bethléem, une troupe céleste innombrable, louait Dieu en chantant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » (Luc 2, 14).
Ce chant des anges nous interpelle à double titre : En premier lieu, la paix auquel aspire l’humanité tout entière est d’abord un don de Dieu. Alors, c’est une grâce à demander instamment par tous les croyants. Dans notre situation tragique d’insécurité due aux forces du mal, n’ayons de cesse de prier et d’invoquer le Prince de la paix. En second lieu, la paix est également le fruit des efforts des hommes. Demandons au Seigneur de faire de nous tous des artisans de paix dans nos familles, au lieu du travail, dans nos quartiers, dans notre pays.
Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. (Mt 5, 9)
Demandons pour notre nation la grâce des grâces « la conversion des cœurs et des habitudes » pour pouvoir aimer réellement la paix et aimer faire la paix, nous impliquer concrètement pour qu’advienne la paix. Ainsi, pourrions-nous, promouvoir une société plus saine, un monde plus digne, sans faim, sans pauvreté, sans violences et sans guerres.
À tous et à toutes, fructueuses célébrations!
Bonnes et Saintes Fêtes de Noël et du Nouvel An.
Philippe Cardinal OUEDRAOGOArchevêque Métropolitain de Ouagadougou
Le Camarade Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu en audience, ce mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou, les ministres en charge de l’Enseignement supérieur des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et du Togo. Cette audience s’inscrit dans le cadre de la deuxième Conférence des responsables des institutions d’enseignement supérieur et de recherche (IESR) de l’AES, qui se tient les 13 et 14 octobre dans la capitale burkinabè.
La délégation comprenait le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation technologique du Niger, le Pr Mamadou Saidou ; le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique du Mali, le Pr Bouréma Kansaye ; le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation du Burkina Faso, le Pr Adjima Thiombiano ; ainsi que le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de la République togolaise, le Pr Gado Tchangbedji.
Placée sous le thème « Harmonisation et endogénéisation des systèmes d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation pour des ressources humaines compétentes et un développement harmonieux des pays de l’AES », cette conférence vise à consolider la coopération en matière de formation, de recherche et d’innovation. Le Togo y participe en qualité de pays invité.
Au cours de l’audience, le Camarade Premier ministre a salué la dynamique engagée et invité les ministres à faire de leurs échanges un levier de renforcement de l’AES. Tout en reconnaissant l’ampleur des défis, il a affirmé que le chemin emprunté est le bon. « L’envahisseur est parti, mais dans bien des domaines, c’est malheureusement nous-mêmes qui prolongeons sa présence. Il nous revient de prendre conscience pour apporter des solutions endogènes à nos difficultés », a déclaré le Chef du Gouvernement.
Dans cette perspective, le Camarade Premier ministre a appelé à l’endogénéisation des formations, afin de mieux répondre aux réalités et aux besoins des populations. Il a également salué la présence du Togo, qu’il a jugée légitime et souhaitable, soulignant que le savoir ne saurait être confiné à des frontières artificielles.
À l’issue de l’audience, le Pr Mamadou Saidou a indiqué que la délégation était venue présenter ses civilités au Chef du Gouvernement et lui faire le point sur les travaux de la conférence. Il a rappelé que cette deuxième édition prolonge les engagements pris à Bamako, en juin 2025, conformément à la volonté des trois chefs d’État de l’AES. Le ministre nigérien a salué la qualité des échanges ainsi que l’attention portée par le Camarade Premier ministre aux préoccupations des différents systèmes d’enseignement supérieur.
Pour sa part, le Pr Gado Tchangbedji a remercié les pays de l’AES pour l’invitation adressée au Togo. Il a souligné que cette initiative rejoint les orientations de son pays en matière d’intégration régionale et de développement commun. « Nous sommes fiers d’être présents à ces travaux parce qu’au-delà de l’intégration régionale, cela correspond à notre vision », a-t-il déclaré.
Évoquant l’expérience de certains pays asiatiques, le ministre togolais a insisté sur la nécessité, pour les États africains, de renforcer leurs capacités de formation et de recherche afin de mieux maîtriser leur développement. Cette ambition rejoint, a-t-il précisé, la nouvelle feuille de route du Togo, qui prévoit notamment le développement d’un capital humain productif et d’une recherche adaptée aux besoins nationaux.
La rencontre de Ouagadougou contribue à structurer la coopération entre les institutions d’enseignement supérieur et de recherche de l’AES. À travers cette concertation, les pays de la Confédération prennent à bras-le-corps un enjeu essentiel de leur souveraineté : former les compétences et produire les savoirs nécessaires pour maîtriser leur développement, en accord avec leurs valeurs et les aspirations de leurs peuples.
Partenaire de la Semaine des Activités Minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO) couplé à la 1ère Semaine de l’Energies des Mines et de l’Hydrocarbure de l’AES (SEMH AES), Neemba Burkina, filiale du Groupe NEEMBA, a pris part à l’édition 2026 afin de présenter ses solutions aux acteurs du secteur minier. Dans cette interview accordée à Sidwaya le vendredi 18 septembre 2026, son Directeur Pays, Emir SANOH, présente l’implantation de Neemba Burkina dans le pays et son rôle dans l’accompagnement des grands projets miniers, industriels, énergétiques et d’infrastructures.Sidwaya (S.) : Pouvez-vous présenter brièvement NEEMBA Burkina et ses principales activités dans le pays ? Emir SANOH (E.S.) : NEEMBA Burkina est une filiale du groupe NEEMBA, qui est le concessionnaire officiel de Caterpillar dans onze pays d’Afrique de l’Ouest : le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Bénin, le Togo, la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée Conakry, la Guinée Bissau et la Gambie.
Le groupe bénéficie de plus de 90 ans d’expérience et intervient principalement dans les secteurs des mines, de l’énergie, de la construction et des infrastructures, ainsi que dans l’industrie.
Notre rôle va toutefois bien au-delà de la simple distribution d’équipements. Nous nous positionnons comme un véritable apporteur de solutions. Cela signifie que nous accompagnons nos clients depuis le choix et la fourniture de leurs équipements jusqu’à leur maintenance et leur suivi tout au long de leur durée de vie.
L’objectif est de pouvoir accompagner nos clients sur l’ensemble du cycle de leurs projets et de leur apporter des solutions adaptées à leurs besoins, au-delà de la seule fourniture de machines.
(S.) : Pourquoi Neemba a-t-elle choisi d’être partenaire de cette édition de la SAMAO, et que représente cet engagement pour le Groupe ? (E.S.) : Nous accompagnons la SAMAO depuis plusieurs années, et souhaitons naturellement inscrire cette participation dans la continuité de cet accompagnement.
La SAMAO nous permet de rencontrer les différents acteurs du secteur minier et les institutions, d’échanger avec eux et de mieux comprendre leurs projets, leurs enjeux et leurs besoins. Cela nous permet ensuite de mobiliser efficacement l’ensemble des capacités et des expertises dont nous disposons au Burkina Faso.
C’est donc pour nous un véritable lieu de rencontres et d’échanges, où nous pouvons à la fois écouter, présenter notre savoir-faire, partager notre expérience et surtout travailler ensemble. C’est une réelle fierté pour nous de pouvoir participer à cet événement, et nous avons l’ambition de poursuivre cet accompagnement encore longtemps.
(S.) : Quels sont aujourd’hui les principaux besoins des acteurs du secteur minier au Burkina Faso et comment NEEMBA y répond-elle ?(E.S.) : Les principaux besoins des acteurs miniers au Burkina et on le retrouve dans les autres pays de l’AES, sont principalement la disponibilité de leurs équipements, qui est leur outil de production. Cette disponibilité est importante pour leur permettre de maîtriser leur planification et de réaliser leurs projets. Un autre enjeu important est la maîtrise des coûts. Ce n’est pas uniquement le prix des équipements, mais l’ensemble des composantes à savoir la consommation, la productivité, la valeur de revente des machines en question. Il existe également un besoin de flexibilité dans les solutions proposées. C’est précisément sur ces différents enjeux que nous intervenons. Cela passe notamment par le développement d’infrastructures locales qui nous permettent d’assurer la disponibilité des machines dans la durée.
Nous avons aussi un centre de reconditionnement de composants qui permet de donner une deuxième, voire une troisième vie aux matériels et des ateliers disponibles un peu partout dans le pays comme à Ouagadougou, à Bobo-Dioulasso et bientôt à Banfora. Cela permet aux clients d’avoir un service de proximité.
(S.) : Comment NEEMBA contribue-t-elle au développement du contenu local et à la création de valeur au Burkina Faso ? (E.S.) : Notre contribution au contenu local passe d’abord par l’emploi. Chez NEEMBA Burkina, environ 99 % de nos effectifs sont burkinabè : sur 502 collaborateurs, 497 sont des Burkinabè, employés sur nos deux sites de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Nous prévoyons également d’ouvrir prochainement un troisième site à Banfora, afin de pouvoir mieux mailler l’ensemble du territoire.
Notre contribution au développement du contenu local passe également par la formation de nos équipes techniques, pour leur permettre d’appréhender et de piloter notre outil industriel. Ce sont ainsi près de 175 techniciens qui sont formés. À cela s’ajoute la création de valeur locale, notamment à travers la reconstruction des équipements, puisque nous avons aujourd’hui récupéré un maillon de la chaîne de valeur qui nous manquait.
Avant, lorsqu’il y avait des défaillances, nous avions l’habitude d’importer de nouveaux équipements ou composants. Une grande partie des opérations peut désormais être réalisée localement conformément aux spécifications du constructeur, ce qui réduit les délais logistiques et l’immobilisation des équipements.
(S.) : Quelles actions mène le Groupe NEEMBA pour renforcer les compétences techniques et former les jeunes aux métiers des mines, de l’industrie et des infrastructures ? (E.S.) : La formation fait véritablement partie de l’ADN de NEEMBA. Chaque année, nous consacrons des moyens importants à la formation de nos effectifs, aussi bien pour les techniciens que pour les non-techniciens. Cela représente plus de 10 000 heures de formation par an. Ce n’est pas négligeable, parce que nous sommes convaincus que c’est par la formation que nous pouvons faire grandir nos équipes et, avec elles, faire grandir notre groupe, sans compter l’impact que cela peut avoir sur le pays et sa population.
Au-delà de cela, les jeunes occupent également une place importante dans cette démarche. Nous avons un centre de formation sur lequel nous misons tout particulièrement, puisque nous avons recruté près de 70 jeunes depuis 2023. Et nous avons pour ambition de poursuivre sur cette lancée, dans une dynamique de développement d’un personnel local, qualifié et bien formé.
Les femmes ne sont pas en reste. Elles restent encore sous-représentées dans les métiers techniques. NEEMBA a donc décidé d’octroyer des bourses à de jeunes filles engagées dans des filières techniques. Environ une cinquantaine de bourses ont ainsi été attribuées depuis 2022. Nous poursuivons cette initiative et avons pour ambition d’augmenter progressivement cette dotation afin de permettre à davantage de jeunes filles d’accéder à ces métiers.
Interview réalisée par Fleur BIRBA
Le Camarade Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu en audience, ce mardi 13 octobre 2026 à Ouagadougou, une délégation de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), conduite par le président de son Conseil de régulation, le Camarade Abdallah Youssef Chahine Traoré. À cette occasion, la délégation lui a officiellement remis le rapport annuel d’activités 2025 de l’institution.
Le document présente les résultats obtenus, les difficultés rencontrées et les recommandations formulées pour améliorer la gouvernance de la commande publique au Burkina Faso. Il rend notamment compte de la mise en œuvre de la réforme adoptée en 2024, du renforcement des capacités des acteurs et du règlement des différends.
Le Premier ministre a salué le travail accompli par le Conseil de régulation et l’a encouragé à poursuivre sa mission en plaçant l’intérêt suprême des citoyens au cœur de son action. Il a appelé à renforcer la formation pour surmonter les difficultés qui entravent le processus de la commande publique. Le Chef du Gouvernement a également insisté sur la nécessité d’intensifier la communication afin de rassurer les acteurs, de lever leurs appréhensions et de favoriser une plus grande célérité des procédures.
Sur le plan statistique, le rapport fait état de 5 316 contrats conclus en 2025, pour un montant global de 574,75 milliards de francs CFA, par les 35 structures centrales couvertes. Sur ce périmètre, le nombre de contrats a progressé de 18 % par rapport à 2024, tandis que leur valeur globale a diminué de 7 %. Ces données concernent uniquement les structures recensées et ne constituent donc pas un total national.
Concernant la mise en œuvre de la réforme de la commande publique, le Conseil de régulation a tenu six sessions, dont quatre extraordinaires. L’ARCOP a procédé à la relecture de neuf arrêtés, élaboré trois nouveaux arrêtés et émis un avis favorable sur cinq projets de textes. La révision des dossiers standards nationaux d’acquisition a également permis d’adapter les outils de gestion au nouveau cadre réglementaire.
Pour accompagner l’application de ce cadre, l’ARCOP a renforcé les capacités des acteurs, notamment par la constitution d’un vivier d’une cinquantaine d’auditeurs de la commande publique. Les formations organisées par l’institution ont concerné 1 520 participants, dont 488 dans le cadre de formations certifiantes. Elle a également engagé l’élaboration d’une stratégie de lutte contre la fraude et la corruption dans les marchés publics.
En matière de règlement des différends, l’ARCOP a traité 1 149 recours en 2025, contre 988 en 2024, soit une hausse de 16,3 %. Ce total comprend 746 plaintes, 177 conciliations et 226 dossiers disciplinaires. Selon le président du Conseil de régulation, cette évolution ne traduit pas nécessairement une aggravation des difficultés, mais pourrait témoigner d’une participation accrue des acteurs au fonctionnement du système.
Au-delà du traitement des recours, le suivi de l’application des décisions demeure un enjeu. Sur 197 décisions suivies, 119 ont été exécutées, soit un taux de 60,41 %. Ce constat souligne la nécessité de renforcer le suivi afin de mieux apprécier l’application effective des décisions de régulation.
Au regard de ce bilan, l’ARCOP recommande de poursuivre la formation et la sensibilisation des différents intervenants pour assurer une meilleure application des textes. Elle préconise également le renforcement de ses ressources humaines afin d’accroître ses capacités opérationnelles.
À travers ce rapport, l’ARCOP rend compte de l’exercice de sa mission de régulation de la commande publique. Après sa remise au Premier ministre, le document sera diffusé auprès du grand public. Cette démarche d’information contribue à la transparence de l’action du régulateur et donne tout son sens à son devoir de redevabilité.
La paroisse Notre Dame de Toutes Grâces de Kamboinsin a ouvert ses portes, dimanche 11 octobre 2026, à Ouagadougou. A l’occasion, le premier curé de la paroisse a été installé. L’église de kamboinsin a été transformée en paroisse en juin 2026. Dénommée paroisse Notre Dame de Toutes Grâces de Kamboinsin, elle s’inscrit dans la dynamique de la célébration des 125 ans de l’évangélisation à Ouagadougou. La paroisse a ouvert officiellement ses portes, dimanche 11 octobre 2026, au cours d’une célébration solennelle présidée par l’archevêque métropolitain de Ouagadougou, Mgr Prosper Kontiébo. A cette occasion, l’abbé François de Sales Naré a été installé comme premier curé. « C’est Dieu qui se rend visible, proche de son peuple. A travers cette ouverture, les fidèles de cette portion de l’Église peuvent recevoir facilement les sacrements de l’Eucharistie et les confessions », a expliqué Mgr Prosper Kontiébo. Il a rappelé que depuis sa visite pastorale les fidèles de Kamboinsin lui avaient exprimé leur désir de devenir une paroisse. Il les a ainsi invités à travailler aux côtés du curé et du vicaire pour que cette paroisse puisse se consolider dans la foi, dans l’espérance et dans la charité. « Ce qui est important, c’est bâtir une communauté d’amour, fraternelle où chacun se sent en famille», a-t-il insisté.
Le nouveau curé, l’abbé François de Sales Naré s’est engagé à administrer, avec diligence et une préoccupation pastorale les biens ecclésiastiques de la paroisse conformément au droit canonique, aux normes particulières et aux coutumes légitimes du diocèse, sans partialité ni faveur.
Le nouveau curé, l’abbé François de Sales Naré s’est engagé à administrer les biens ecclésiastiques de la paroisse avec honnêteté, loyauté et responsabilité, conformément au droit canonique et aux normes de l’Église.
Il a également promis de respecter la confidentialité des délibérations et des décisions du conseil pour les affaires économiques. Il s’est en outre engagé à respecter les obligations liées à sa fonction conformément aux prescriptions du livre V du Code de droit canonique et à agir dans les limites des pouvoirs qui lui sont confiés. À l’issue de la célébration, l’abbé François de Sales Naré a exprimé sa joie et rendu grâce à Dieu pour cette nouvelle mission. Pour le fidèle catholique Abel Lompo, cette nouvelle paroisse vient couronner plusieurs années d’attente. Selon lui, elle est une source de joie pour l’ensemble des chrétiens. Il a rendu grâce à Dieu et témoigné sa reconnaissance à Mgr Prosper Kontiébo pour avoir donné suite à leur demande. Pour terminer, il a assuré la disponibilité des fidèles à accompagner le curé dans sa mission pastorale et à accomplir les tâches qui leur seront confiées.
Wendaabo Cathérine KOURAOGOCrédit photo : Wendaabo Cathérine KOURAOGO
Le Président du Faso, Chef de l’État, le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ a rencontré, le lundi 12 octobre dans la matinée, les Gouverneurs de région et les responsables sportifs afin de leur donner des orientations sur l’organisation de la Ligue de la Souveraineté.
Le Président du Faso, Chef de l’État, le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a instruit les Gouverneurs à s’impliquer dans l’organisation du championnat, la Ligue de la souveraineté
La Ligue de la Souveraineté est née de la volonté du Camarade Président du Faso, Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ de refonder le milieu du sport burkinabè. L’objectif est d’assurer une meilleure répartition géographique de l’offre sportive sur l’ensemble du territoire national.
Ce championnat qui voit ainsi le jour repose en partie sur les régions, d’où la tenue de cette rencontre avec les Gouverneurs de région, en présence de la Ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Camarade Annick Lydie Djouma PIKBOUGOUM/ZINGUÉ OUATTARA, de la Ministre déléguée chargée du Budget, Camarade Fatoumata BAKO/TRAORÉ, du président de la délégation spéciale de la Chambre de commerce et d’industrie, Camarade Roland Achille SOW, d’un représentant du Patronat burkinabè, Camarade Alassane SIENOU et des anciens internationaux Charles KABORÉ, ambassadeur pour le sport, Sibiri Alain TRAORÉ et Adama GUIRA.
« Il faut impliquer les régions parce que nous avons décidé de donner de l’identité à notre sport. Et la compétition se crée aussi ainsi. S’il n’y a pas d’identité, ce à quoi il faut s’attacher pour supporter un athlète, une équipe, ce sera difficile », a soutenu le Président du Faso, le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ.
« Votre responsabilité première est engagée. Ce sera à vous de coordonner pour pouvoir recruter les entraineurs, d’effectuer les championnats au niveau régional pour pouvoir faire la sélection des jeunes joueurs qui feront partie de l’équipe », a indiqué le Président du Faso.
Près de 1000 emplois créés pour un salaire minimum de 200 000 fcfa/mois
Il a également annoncé la mise en place d’un dispositif de médiatisation du championnat, tout en mettant en garde contre « les faux deals ». Chaque athlète sélectionné aura une retribution minimale de 200 000 fcfa avec des avantages connexes. Près de 1000 emplois seront ainsi créés.
Contribution volontaire mais obligatoire du secteur privé.
Outre les Gouverneurs, le Président du Faso a invité les opérateurs économiques à apporter un soutien au fonctionnement. « Ce sera une contribution volontaire mais obligatoire au niveau de chaque région pour soutenir le sport » a déclaré le Capitaine Ibrahim TRAORÉ.
À travers la Ligue de la Souveraineté, le Chef de l’État entend offrir un cadre d’expression aux jeunes dans plusieurs disciplines sportives et du même coup lutter contre certains fléaux comme la consommation de la drogue et de l’alcool. « On ne peut pas construire une Nation avec une jeunesse qui est malade, avec une jeunesse qui n’est pas consciente.
La Révolution veut refonder notre Patrie en se basant sur nos ressources. Et les ressources que nous avons sous la main c’est la jeunesse », a dit le Capitaine Ibrahim TRAORÉ.
Pour valoriser cette richesse que sont les jeunes, le Président du Faso mise également sur le sport pour « les modeler, les garder sains de corps, pour avoir un esprit sain ».
Direction de la communication de la Présidence du Faso
L’Accident vasculaire cérébral (AVC) constitue une urgence médicale dont chaque minute peut peser sur le devenir du patient. Au Burkina Faso, les données nationales restent parcellaires, mais les services de neurologie enregistrent une forte proportion de patients hospitalisés pour cette pathologie, qui demeure une cause majeure de décès et de handicap. Dans cet entretien, le Pr Christian Napon, neurologue et neurophysiologiste au CHU de Bogodogo, explique les signes d’alerte, les facteurs de risques, l’importance d’une prise en charge précoce, mais aussi les difficultés liées au coût des soins et au suivi des patients après l’hospitalisation.Sidwaya (S.) : Un AVC survient toutes les minutes dans le monde. A-t-on une estimation de l’ampleur du phénomène ici au Burkina Faso, où les données restent encore parcellaires ?Christian Napon (C.N.) : Pour avoir une idée précise de l’ampleur du phénomène, il faudrait disposer d’un registre national exhaustif enregistrant tous les cas d’AVC. Pour le moment, nous ne l’avons pas. Ce dont nous
disposons, ce sont des données hospitalières provenant des différents services de neurologie, qui montrent qu’environ 70 à 80 % des patients hospitalisés le sont pour des cas d’AVC, qu’ils soient ischémiques ou hémorragiques. C’est une cause majeure de décès et la première cause de handicap, entraînant des dépenses lourdes pour les familles en matière de prise en charge.
S. : Qu’est-ce qu’un AVC exactement, en des termes simples pour le lecteur ?C.N. : Un AVC (Accident vasculaire cérébral) survient lorsqu’une partie du cerveau manque d’oxygène. C’est le sang qui apporte l’oxygène au cerveau. S’il y a un obstacle au passage du sang dans une région cérébrale, les cellules en aval souffrent et peuvent mourir, ce qui entraîne une paralysie, des troubles du langage ou de la vision. L’AVC se manifeste donc soit par un obstacle (artère bouchée), soit par une rupture de vaisseau. On distingue ainsi l’AVC ischémique (obstacle empêchant le sang de bien irriguer) et l’AVC hémorragique (rupture d’une artère provoquant un saignement dans le cerveau).
S. : Y a-t-il une tranche d’âge particulièrement touchée ? Observe-t-on un rajeunissement des patients ?C.N. : Les statistiques montrent que les personnes les plus exposées ont dépassé 45 ans chez les hommes et 50 ans chez les femmes, la survenue étant plus fréquente surtout après la ménopause. Cependant, il n’y a pas d’âge absolu : par exemple, les patients drépanocytaires (formes SS ou SC) peuvent faire des AVC dès l’enfance ou dans leur jeunesse. On constate effectivement un rajeunissement des patients, principalement en raison de l’exposition à des facteurs de risque tels que le tabagisme et l’utilisation de substances psychoactives ou de produits prohibés pour stimuler la performance au travail (comme dans les sites d’orpaillage).
S. : Quels sont les principaux facteurs de risque, qu’ils soient généraux ou spécifiques au contexte burkinabè ?C.N. : Il existe d’une part des facteurs non modifiables : l’âge, l’appartenance à la race noire, le sexe masculin et des antécédents familiaux d’AVC.
D’autre part, il existe des facteurs modifiables : l’hypertension artérielle, le diabète, l’excès de cholestérol, l’obésité, la sédentarité, la prise de contraceptifs oestro-progestatifs chez la femme, le stress et, de plus en plus, la pollution atmosphérique. Dans notre contexte, les habitudes de consommation riche en sel augmentent particulièrement cette vulnérabilité.
S. : Vous soulignez que les hommes et les personnes noires sont plus exposés au risque d’AVC. Qu’est-ce qui explique cette vulnérabilité ?C.N. : Comme nous l’avons vu à propos des facteurs de risque, le stress joue un rôle important. Les hommes, en tant que chefs de famille, sont très sollicités, ce qui les expose davantage.
Ensuite, la femme en âge de procréer est protégée par ses hormones. C’est pourquoi l’homme est considéré comme exposé dès 45 ans, alors que la femme ne rejoint son niveau de risque qu’à partir de 50 ans, c’est-à-dire à la ménopause.
Concernant les personnes noires, on a constaté qu’elles éliminent moins bien le sel que les personnes blanches. Or le sel est associé à l’hypertension artérielle, et dans nos sociétés, la consommation de sel est souvent élevée : beaucoup d’aliments se conservent grâce au sel. Tout cela fait que, sur le plan génétique, nous sommes plus exposés que les personnes blanches.
S. : Quels sont les tout premiers signes qui doivent alerter pour soi-même ou pour un proche ?C.N. : Pour le grand public, on utilise l’acronyme « VITE » : Visage (déformation de la bouche) ; Incapacité (incapacité soudaine à lever ou bouger un bras, engourdissement d’un membre) ; Trouble du langage (difficulté soudaine à s’exprimer) ; Extrême urgence.
D’autres signes brutaux peuvent également alerter, comme la perte de la
vision d’un œil ou des vertiges
accompagnés de chutes. Devant ces signes d’apparition brutale, il ne faut surtout pas faire de massages ni de traitements à la maison, mais se rendre directement aux urgences.
S. : Mais à ce sujet, une rumeur circule : on entend dire que certaines personnes font rouler le patient. Qu’en est-il ?C.N. : Non, c’est faux. L’AVC est un phénomène qui se produit à l’intérieur du cerveau. Ces manipulations ne peuvent en aucun cas en modifier l’évolution.
S. : Existe-t-il un moyen simple ou un test à retenir pour reconnaître rapidement un AVC dans l’urgence ?C.N. : Oui, c’est précisément l’acronyme « VITE » (Visage déformé, Incapacité à lever le bras, Trouble de la parole, Extrême urgence). Face à l’un de ces signes, il faut amener immédiatement le patient à l’hôpital.
S. : On dit souvent que chaque minute compte, au point de parler de « temps cerveau ». Qu’est que cela signifie-t-il concrètement pour le patient ?C.N. : C’est une situation d’urgence absolue, car, plus on tarde, plus les cellules en souffrance dans le cerveau meurent. Si le patient arrive à l’hôpital dans un délai de 4h30, on peut pratiquer une « thrombolyse intraveineuse » (technique pour dissoudre le caillot). Dans les 6 heures, on peut parfois réaliser une « thrombectomie mécanique ». Cela permet de sauver de grandes zones cérébrales et de permettre au patient de récupérer de sa paralysie ou de ses troubles du langage. Plus la lésion est étendue, moins la récupération est bonne.
S. : Ces derniers temps, on constate de personnes retrouvées mortes dans leur douche. Comment l’expliquer ? Pourquoi ces décès surviennent-ils si souvent à ce moment-là ?C.N. : Il ne faut pas conclure trop vite à un AVC : il peut s’agir d’autre chose, et c’est la cause du décès qu’il faut rechercher. Il peut s’agir d’un problème cardiaque, ou d’une anoxie, c’est-à-dire un manque d’oxygène. C’est pourquoi il faut éviter de rester longtemps dans un espace totalement clos et mal aéré.
Il peut aussi s’agir d’un phénomène réflexe : lorsqu’on se sent mal à l’aise dans un environnement, cela peut perturber le système nerveux végétatif, ce qui peut également entraîner la mort.
S. : Quel est le délai critique au-delà duquel les chances de récupération diminuent fortement ?L’AVC survient lorsque la circulation sanguine est interrompue dans une partie du cerveau, provoquant des lésions parfois irréversibles.C.N. : Les délais sont utiles lorsque tous les moyens sont réunis. Dans les pays dotés de systèmes performants, on peut pratiquer la thrombolyse
intraveineuse et la thrombectomie, dans une fenêtre de 4 h 30 à 6 heures. Mais le délai compte moins que
l’étendue des dégâts.
Lorsqu’une grosse artère est bouchée, une large partie du cerveau peut être touchée. Plus la lésion est étendue, plus les paralysies sont importantes, parfois associées à des troubles du langage, et moins la récupération est bonne. A l’inverse, lorsqu’un petit vaisseau, qui irrigue un petit territoire du cerveau, est bouché, les paralysies et les manifestations cliniques sont moindres, et la récupération est plus facile.
Il faut donc retenir que les chances de récupération dépendent de l’étendue des lésions : plus elles sont importantes, moins les chances sont grandes.
S. : Concrètement, comment prend-on en charge un patient victime d’AVC ?C N : Cela dépend du type d’AVC. Il existe aussi une forme qui se résorbe en quelques minutes, l’accident ischémique transitoire. C’est un signal d’alarme : si la personne récupère mais ne consulte pas, il peut annoncer un AVC constitué par la suite.
Dans un premier temps, on stabilise le patient en contrôlant sa conscience, sa tension artérielle et ses paramètres sanguins. On recherche ensuite la cause de l’AVC, qui peut venir du cœur, des vaisseaux ou du sang, puis on
propose un traitement adapté. Selon le déficit, on prescrit de la rééducation en cas de paralysie, ou de l’orthophonie en cas de perte du langage.Dans les structures très bien équipées, on peut pratiquer une thrombolyse intraveineuse ou une thrombectomie si le patient est vu assez tôt, entre 4 h 30 et 6 heures.
Le diagnostic repose d’abord sur le scanner, qui permet de distinguer une hémorragie d’une ischémie, et tout part de là. On ne peut donc pas parler d’AVC sans imagerie cérébrale : le scanner est le minimum, l’IRM étant l’autre option.
Dans les cas transitoires (AIT), où les signes disparaissent rapidement, une prise en charge urgente reste indispensable pour éviter la survenue d’un AVC constitué dans les 30 jours.
S. : Pouvez vous nous dire ce qu’est l’ischémie ?C.N. : L’ischémie survient lorsqu’un caillot bloque un vaisseau dans le cerveau. En aval de l’obstacle, le sang ne passe plus, et les régions du cerveau concernées souffrent. Si rien n’est fait, elles finissent par se nécroser.
S. : Peut-on assimiler l’AVC silencieux à l’accident ischémique transitoire dont vous venez de parler ?C.N. : Non, ce sont deux choses différentes. Un AVC silencieux ne s’accompagne d’aucun signe. Il est découvert par hasard, le plus souvent après coup : à l’occasion d’un scanner ou d’une IRM réalisée pour une autre raison, on constate que la personne a eu une lésion.
Dans l’accident ischémique transitoire, au contraire, il y a des signes : perte de la parole, perte de la vision, paralysie, voire chute. Ces symptômes durent moins d’une heure, puis tout revient à la normale.
Mais c’est un signal d’alarme. Si rien n’est fait, un AVC constitué peut
survenir dans les 30 jours qui suivent, et cette fois, les séquelles ne seront pas transitoires : elles vont s’installer.
S. : Vous avez évoqué le coût de l’AVC. Combien coûte-t-il réellement au patient et à sa famille ?C.N. : Le coût de l’AVC est difficile à estimer, car, il comprend de nombreux postes. Il y a d’abord le transport jusqu’à l’hôpital, puis les urgences et les examens prescrits. Le scanner coûte au moins 25 000 à 50 000 francs, et l’IRM entre 50 000 et un peu plus de 100 000 francs. A cela s’ajoutent les frais d’hospitalisation et d’autres examens : examens cardiaques (échographie, électrocardiogramme) et analyses de sang pour rechercher les facteurs de risque vasculaires.
Il faut aussi compter la rééducation : une séance coûte environ 5 000 francs, et l’on en demande au minimum 30. Au total, la facture se chiffre en centaines de milliers de francs. Elle peut atteindre plusieurs millions si l’on envisage une thrombolyse, qui coûte autour d’un million de francs. Nous sommes en train de mettre ce traitement en place, mais il faudrait qu’il soit subventionné, car, le coût est vraiment considérable. Tout dépend du type d’AVC et des moyens de traitement adaptés à chaque patient.
S. : Qu’est-ce qui est prévu pour accompagner ces patients ? Quand on sait que la prise en charge dure longtemps. Et souvent, on a l’impression qu’ils sont abandonnés, oubliés. Que fait-on concrètement pour eux ?C.N : Normalement, le séjour hospitalier après un AVC sert à identifier le problème et sa cause, puis à initier les premiers traitements. Ensuite, le traitement se poursuit au long cours. La récupération n’est pas immédiate : certains patients récupèrent vite, mais le plus souvent cela prend plusieurs mois, parfois plusieurs années, et la rééducation peut durer plus d’un an, voire plus de deux ans.
Nous donnons donc des rendez-vous de suivi : dans les deux semaines qui suivent la sortie, puis chaque mois, puis tous les trois ou six mois si la récupération s’annonce longue.
Mais à la longue, les patients négligent souvent le suivi, voire l’abandonnent. Certains se disent : « A quoi bon ? », surtout lorsque les moyens manquent. La rééducation est épuisante, certains médicaments, comme ceux qui aident l’attention, coûtent très cher, et un traitement anticoagulant est parfois nécessaire. Les accompagnants aussi peuvent s’épuiser, surtout s’il n’y a pas de système pour se relayer auprès du patient. Ceux qui sont très paralysés doivent être transportés en fauteuil roulant. Le coût est à la fois financier, humain et social, ce qui explique qu’à la longue, patients et accompagnants se relâchent.
S. : Quels conseils donneriez-vous pour assurer le suivi de ces patients ?C. N. : D’abord, il faut que nous, praticiens, expliquions ce qu’est l’AVC. L’AVC survient brutalement, mais sa prise en charge s’étend sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Il faut le comprendre et savoir se mettre à la place du patient.
Si l’on a les moyens, on peut organiser la prise en charge à domicile :
un soignant qui passe vérifier que le patient prend bien ses médicaments, une rééducation à domicile. Cela permet de faire durer la prise en charge, car, c’est au bout de ce long parcours que le patient peut récupérer et retrouver un peu d’autonomie.
S. : Certains patients mettent plusieurs mois à retrouver la parole ou l’usage de leurs mains, ce qui décourage souvent la famille. Comment vivent-ils cette situation ?C. N. : Quand l’expression est perdue mais que la compréhension est préservée, une communication reste possible. Mais certains ont perdu les deux : ils ne comprennent plus ce qu’on leur dit et ne peuvent plus parler. C’est un vrai problème. Le patient est irritable, il ne parvient pas à se faire comprendre, et c’est très difficile à vivre, pour lui comme pour son entourage.
Je pense à une patiente qui a perdu l’usage de la parole : lorsqu’elle est heureuse, elle se met souvent à pleurer. Ce n’est pas simple.
Il faut aussi savoir que la dépression touche environ 40 % des patients victimes d’AVC. Du jour au lendemain, ils se sentent inutiles : ceux qui travaillaient ne peuvent plus le faire ni apporter de l’argent à la famille, et ont le sentiment d’être une charge. Cela engendre un découragement profond.
S. : Pourquoi les praticiens n’organisent-ils pas de visites à domicile, comme c’est le cas pour le SIDA, afin d’encourager les patients ?C N : Je pense que c’est une dynamique qui peut se mettre en place et qui aiderait vraiment les patients. Cela dépendra aussi de l’augmentation du nombre de praticiens : pour le moment, nous ne sommes pas très nombreux, et la charge de travail dans le domaine de la santé est déjà importante.
S. : Quels sont les principaux défis dans le suivi à long terme de ces patients, et quels conseils donner ?C.N. : La rééducation s’étale souvent sur plusieurs mois, voire années, ce qui conduit parfois à l’épuisement des patients et des accompagnants, ainsi qu’à l’abandon des soins par manque de moyens financiers. De plus, près de 40 % des patients développent une dépression liée à la perte soudaine de leur autonomie et de leur rôle socio-économique. Il est donc essentiel de maintenir un suivi régulier, de sensibiliser l’entourage, d’accompagner le plan psychologique et, idéalement, de développer à l’avenir des structures de soins et de visites à domicile pour soutenir les familles.
Les services techniques régionaux de Bankui du ministère de la Famille et de la Solidarité, ont visité le Centre d’accueil et de formation Notre-Dame de la Visitation, l’atelier du tapissier en situation de handicap, Mamadou Ilboudo et le champ collectif des femmes déplacées internes et hôtes de Moundasso, le mardi 6 octobre 2026, à Dédougou. Ces structures bénéficient d’initiatives visant à renforcer l’autonomisation et la résilience des populations vulnérables.
Dans la cour du Centre d’accueil et de formation des jeunes filles Notre-Dame de la Visitation, situé aux abords du stade régional de Dédougou, des voix d’adolescentes se mêlent aux grincements des machines à coudre et à tisser. Certaines ont trouvé refuge dans ce centre après avoir fui un mariage précoce ou forcé. D’autres sont des filles-mères célibataires issues de familles démunies ou des rangs des personnes déplacées internes (PDI). Des personnes vivant avec un handicap, on y trouve également. Créé en 2004, le centre a progressivement élargi ses missions. D’espace d’accueil et d’accompagnement, il est devenu aujourd’hui un cadre de formation et de reconstruction personnelle. Pour l’année scolaire 2025-2026, au moins 292 filles y ont été accompagnées. « Nos cibles, ce sont les filles en situation de difficulté », explique la responsable du centre, Nathalie Dakio.
Deux internats permettent de prendre en charge les pensionnaires selon leurs situations. L’un accueille les filles-mères célibataires ou enceintes, tandis que l’autre est destiné aux jeunes filles en difficulté qui ont besoin de protection et d’accompagnement. Au-delà de l’hébergement, le centre entend surtout donner aux pensionnaires les moyens de subvenir à leurs besoins. La coupe-couture, la teinture et le tissage, la coiffure-esthétique, la transformation des produits locaux et le secrétariat-bureautique figurent parmi les filières proposées. « Pour aider durablement une fille, il faut la rendre autonome », résume Nathalie Dakio. Les bénéficiaires reconnaissent que leur passage dans ce centre ouvre une nouvelle page de leur vie. Elles apprennent un métier, acquièrent des compétences et retrouvent progressivement confiance en elles. Le centre leur donne les moyens de construire leur avenir et de saisir de nouvelles opportunités. L’établissement s’investit également dans le maintien des filles à l’école.
« Beaucoup abandonnent leur cursus scolaire par manque de moyens financiers, malgré leur volonté de poursuivre leurs études », déplore la responsable. Une trentaine de jeunes filles ont bénéficié donc d’un soutien scolaire au cours de l’année écoulée. Une dizaine a obtenu des diplômes, dont trois au baccalauréat et sept au Brevet d’études du premier cycle (BEPC). Le centre bénéficie de l’appui de la direction provinciale de la Famille et de la Solidarité du Mouhoun, notamment à travers la mise à disposition d’un agent d’accompagnement.
« Pour avoir étudié la situation des groupes vulnérables, il sait comment s’y prendre et nous donne des conseils avisés », apprécie dame Dakio. Le Fonds national de solidarité et d’assistance sociale contribue également à la prise en charge des pensionnaires en fournissant des vivres. Ces soutiens participent à la prévention de la marginalisation et à la reconstruction de personnes victimes de Violences basées sur le genre (VBG), en leur donnant des moyens d’envisager l’avenir avec
espoir, poursuit-elle.
Le handicap n’est pas une fatalité
Les pensionnaires du centre Notre-Dame de la Visitation apprennent à tisser…
Après ce centre, cap sur l’atelier de Mamadou Ilboudo, artisan tapissier vivant avec un handicap moteur. En cette période hivernale, le calme contraste avec l’animation habituelle du lieu. Les commandes se font rares. Pour le propriétaire, cette accalmie n’est que temporaire, car, il espère que les activités vont reprendre plus intensément dans les prochains mois. Depuis 1999, il exerce son métier et confectionne des fauteuils, des sièges de véhicules et des selles de motos. Il s’est également essayé à la menuiserie. Appuyé sur ses béquilles, il évoque son parcours avec sérénité et détermination. Pour lui, le handicap ne constitue pas une fatalité.
« J’arrive à maîtriser mon handicap. Mon travail et mon handicap vont ensemble », affirme-t-il. Il déplore cependant les préjugés auxquels les personnes handicapées sont confrontées dans le milieu professionnel. « Quand tu te présentes devant un partenaire avec des béquilles, il y a un rejet qui ne dit pas son nom », regrette-t-il. L’artisan dit répondre à ces préjugés par la qualité de son travail. La police, la gendarmerie et le Centre hospitalier régional (CHR) de Dédougou figurent parmi ses clients. « Ces structures apprécient positivement la qualité de mes œuvres », soutient-il. Son activité lui permet de subvenir aux besoins de sa famille, d’assurer la scolarité de ses enfants, de faire face aux dépenses de santé et de couvrir les charges courantes.
Mais Mamadou Ilboudo voit plus loin que sa propre réussite. Il a déjà formé deux personnes vivant avec un handicap, qui se sont installées à leur compte et gagnent désormais leur vie. Président et coordonnateur provincial des personnes handicapées du Mouhoun, il encourage
La responsable du centre d’accueil, Nathalie Dakio, estime que pour aider durablement une fille, il faut la rendre autonome.
régulièrement ses pairs à apprendre un métier. « Cela permet de garder sa dignité », martèle-t-il. En collaboration avec la direction provinciale, lui et ses camarades bénéficient d’appuis financiers et techniques. Ils souhaitent toutefois que des formations et de moyens soient consacrés aux personnes handicapées afin de leur permettre de développer des Activités génératrices de revenus (AGR).
A Moundasso, le « champ de la paix » renforce la solidarité
Le périple se poursuit à Moundasso, un quartier périphérique situé à la sortie Est de Dédougou. Là-bas, la solidarité prend la forme d’une exploitation agricole collective. Sur le « champ de la paix », des femmes déplacées internes et des femmes issues des communautés hôtes cultivent ensemble du haricot, de l’arachide et surtout de l’oseille. Le choix de ces spéculations répond à une préoccupation quotidienne qui est d’améliorer l’alimentation des ménages. La coordonnatrice des femmes productrices, Clotilde Sawadogo, rappelle que les participantes éprouvaient des difficultés à se procurer les condiments.
Près de 80 femmes prenaient part à l’initiative au départ. Elles sont aujourd’hui une quarantaine, la plupart des autres ayant regagné leurs
…et à faire beaucoup d’autres métiers comme la coiffure et la coupe-couture.
localités d’origine grâce aux efforts de reconquête du territoire national. Celles qui sont restées poursuivent l’exploitation du champ. D’autres parcelles exploitées par ces communautés sont consacrées à la production du mil, du sorgho et du maïs. Les légumineuses occupent également une place importante dans la stratégie agricole des productrices. La direction provinciale de la Famille et de la Solidarité est leur principal partenaire technique. Des semences améliorées de niébé leur ont été gratuitement fournies et des agents leur prodiguent régulièrement des conseils.
« Au début de l’hivernage, des vivres ont également été distribués aux femmes. Pour cultiver, il faut manger », foi de Clotilde Sawadogo. Pour elle, sans cet appui, certaines auraient été contraintes de multiplier les petits travaux pour assurer leur alimentation quotidienne, au risque de compromettre leurs activités agricoles. Bien plus qu’un espace de production, le « champ de la paix » est devenu un lieu de rencontre entre femmes déplacées et populations hôtes. Les différences liées à leurs parcours s’effacent progressivement au profit d’un objectif commun qui est de produire et reconstruire ensemble.
Des équipements pour favoriser l’autonomie
Le directeur régional chargé de la solidarité de Bankui et du Sourou, Toirimbé Gaston Nassouri, a confié que ces initiatives visent à soutenir le relèvement des communautés vulnérables et leur réinsertion socioéconomique.
Pour le directeur régional chargé de la solidarité de Bankui et du Sourou, Toirimbé Gaston Nassouri, l’initiative de Moundasso s’inscrit dans une approche plus large d’accompagnement des personnes déplacées internes vers le retour et la réinsertion socioéconomique. Dans cette dynamique, plusieurs équipements ont été mis à la disposition de groupes bénéficiaires, notamment des motopompes, des charrettes et des moulins. Il rassure que du matériel, dont un tracteur, était en cours d’acheminement vers la commune rurale de Di, dans la région du Sourou, au profit d’une coopérative regroupant des femmes déplacées réinstallées. En juin et juillet 2026, plusieurs communes ayant bénéficié de moulins avaient déjà fait l’objet de visites de suivi, précise-t-il.
Ces équipements contribuent à alléger les tâches quotidiennes des bénéficiaires, en particulier celles des femmes. L’objectif, selon Gaston Nassouri, est de créer les conditions favorables à l’autonomie des bénéficiaires. A travers ses structures techniques déconcentrées, le ministère de la Famille et de la Solidarité apporte une assistance alimentaire, des appuis financiers et met à la disposition des personnes vulnérables, des semences et des équipements. Dans la ville de Dédougou comme à Moundasso, la solidarité se traduit ainsi par des actions concrètes. Elle se manifeste à travers une jeune fille qui retrouve le chemin de l’école et apprend un métier, un artisan qui refuse de laisser son handicap limiter ses ambitions ou encore des femmes qui cultivent la terre pour nourrir leurs familles. Des parcours différents, mais une même aspiration. Il s’agit de préserver la dignité et participer pleinement à la reconstruction de la communauté.
Le camarade ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, accompagné de la camarade ministre déléguée, Bêbgnasgnan Stella Eldine Kabré, a reçu en audience, le lundi 12 octobre 2026, une délégation de l’Alliance pour une Révolution verte en Afrique (AGRA), conduite par la nouvelle directrice-Pays, Dr Asseta Diallo.
Nouvellement désignée à la tête de cette organisation, la Directrice-Pays dit être venue se présenter officiellement au chef de la diplomatie burkinabè. Elle dit avoir saisi l’occasion offerte pour échanger avec le ministre des Affaires étrangères, sur les actions menées par AGRA au Burkina Faso, conformément aux priorités définies par les autorités nationales à travers notamment le ministère chargé de l’agriculture et le bureau national des grands projets. De ces actions au Burkina Faso, on peut retenir notamment le développement et la promotion de l’agriculture, depuis la formation des sélectionneurs des semences à la distribution des intrants de qualité, en passant
par l’accompagnement des semenciers, selon Dr Asseta Diallo.
« Nous avons travaillé avec l’INERA pour développer des engrais spécifiques et développer des spéculations comme le riz et le maïs, qui portent fruit sur le terrain et c’est vraiment apprécié par les producteurs », a-t-elle soutenu.
Les engagements de l’Alliance pour une Révolution verte en Afrique au Burkina, vise aussi à renforcer l’employabilité des jeunes à travers la création d’emplois décents, dans les domaines de la maraicher culture et de l’élevage de la volaille, selon la directrice exécutive. Le camarade ministre des Affaires étrangères a félicité la nouvelle équipe Pays de AGRA, et l’a encouragée à tirer leçon de ce qui n’a pas marché dans le passé dans la collaboration entre cette institution et les acteurs étatiques, et à œuvrer dans un esprit d’ouverture et de dialogue régulier avec les autorités compétentes du Burkina Faso, pour des actions concrètes et impactantes dans la durée, sur la vie des populations bénéficiaires. Il a rassuré que les services du ministère des Affaires étrangères joueront leur partition, pour créer les conditions d’un partenariat fructueux entre le Burkina Faso et AGRA, au regard de l’importance du pilier dans lequel cette structure intervient, à savoir l’agriculture, l’un des secteurs prioritaires pour les autorités burkinabè. Crée en 2006, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) est une organisation panafricaine, avec pour mission la transformation de l’agriculture de substance en une activité économique viable et durable pour les petits exploitants.