Dans quelques heures, les fidèles chrétiens vont célébrer la fête de Noël. A l’orée de la célébration, le Cardinal Philippe Ouédraogo invite les fidèles à fêter dans la sobriété tout en s’exprimant sa solidarité aux personnes vulnérables.Chers fils et filles de l’Eglise Famille de Dieu à Ouagadougou. Dans la perspective des fêtes de Noël et du Nouvel An, je voudrais souhaiter à tous et à chacun d’heureuses et saintes fêtes et vous communiquer des consignes utiles. Tout d’abord, durant la période des fêtes à venir, nous sommes invités à tenir compte de la situation difficile que traverse notre pays, et à rester en communion avec la Nation toute entière actuellement éprouvée au double plan sécuritaire et sanitaire.
Ensuite, nous sommes invités à rester vigilants, aussi bien au niveau sécuritaire que sanitaire. En effet, c’est la période où le grand banditisme sévit à travers les braquages : prenons donc les précautions nécessaires. Ensuite, la pandémie de la Covid/19 n’est pas encore derrière nous : alors restons mobilisés. En outre, concernant les horaires de nos célébrations liturgiques et autres rencontres spirituelles, des dispositions nécessaires doivent être prises pour qu’elles se terminent à temps afin que les uns et les autres puissent rentrer chez eux avant minuit.
Ainsi donc, il est recommandé de commencer les célébrations au plus tard à 20 heures pour être sûrs de finir à temps. Enfin, mettons l’accent sur la prière et l’attention avec tous ceux qui souffrent plutôt que les réjouissances populaires. Chaque communauté ou mouvement/association, chaque famille, chaque personne est invitée à faire preuve de sobriété, compassion et solidarité envers les frères et sœurs souffrants : les déplacés internes, les familles endeuillées, les personnes blessées, les prisonniers, les malades…
En nature ou en espèces, individuellement ou communautairement, prenons quelque chose de nos réjouissances des fêtes pour manifester notre solidarité et notre amour ! Tout en appelant à rester vigilants et à observer les précautions d’usages recommandées, je vous invite à rester en union de prières avec et pour la Nation.
Frères et sœurs bien-aimés,
Instituée depuis le 4e siècle, la fête de Noël que nous célébrons chaque année nous renvoie au mystère de l’incarnation de Dieu.
Jésus est vrai Dieu et vrai homme, « il est Dieu, né de Dieu, Lumière née de la Lumière vrai Dieu, né du vrai Dieu engendré non pas créé » selon la formule de notre Credo symbole de Nicée. Jésus est le Sauveur des hommes, le Messie attendu, le seul Seigneur. À la naissance du Sauveur à Bethléem, une troupe céleste innombrable, louait Dieu en chantant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » (Luc 2, 14).
Ce chant des anges nous interpelle à double titre : En premier lieu, la paix auquel aspire l’humanité tout entière est d’abord un don de Dieu. Alors, c’est une grâce à demander instamment par tous les croyants. Dans notre situation tragique d’insécurité due aux forces du mal, n’ayons de cesse de prier et d’invoquer le Prince de la paix. En second lieu, la paix est également le fruit des efforts des hommes. Demandons au Seigneur de faire de nous tous des artisans de paix dans nos familles, au lieu du travail, dans nos quartiers, dans notre pays.
Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. (Mt 5, 9)
Demandons pour notre nation la grâce des grâces « la conversion des cœurs et des habitudes » pour pouvoir aimer réellement la paix et aimer faire la paix, nous impliquer concrètement pour qu’advienne la paix. Ainsi, pourrions-nous, promouvoir une société plus saine, un monde plus digne, sans faim, sans pauvreté, sans violences et sans guerres.
À tous et à toutes, fructueuses célébrations!
Bonnes et Saintes Fêtes de Noël et du Nouvel An.
Philippe Cardinal OUEDRAOGOArchevêque Métropolitain de Ouagadougou
L’Accident vasculaire cérébral (AVC) constitue une urgence médicale dont chaque minute peut peser sur le devenir du patient. Au Burkina Faso, les données nationales restent parcellaires, mais les services de neurologie enregistrent une forte proportion de patients hospitalisés pour cette pathologie, qui demeure une cause majeure de décès et de handicap. Dans cet entretien, le Pr Christian Napon, neurologue et neurophysiologiste au CHU de Bogodogo, explique les signes d’alerte, les facteurs de risques, l’importance d’une prise en charge précoce, mais aussi les difficultés liées au coût des soins et au suivi des patients après l’hospitalisation.Sidwaya (S.) : Un AVC survient toutes les minutes dans le monde. A-t-on une estimation de l’ampleur du phénomène ici au Burkina Faso, où les données restent encore parcellaires ?Christian Napon (C.N.) : Pour avoir une idée précise de l’ampleur du phénomène, il faudrait disposer d’un registre national exhaustif enregistrant tous les cas d’AVC. Pour le moment, nous ne l’avons pas. Ce dont nous
disposons, ce sont des données hospitalières provenant des différents services de neurologie, qui montrent qu’environ 70 à 80 % des patients hospitalisés le sont pour des cas d’AVC, qu’ils soient ischémiques ou hémorragiques. C’est une cause majeure de décès et la première cause de handicap, entraînant des dépenses lourdes pour les familles en matière de prise en charge.
S. : Qu’est-ce qu’un AVC exactement, en des termes simples pour le lecteur ?C.N. : Un AVC (Accident vasculaire cérébral) survient lorsqu’une partie du cerveau manque d’oxygène. C’est le sang qui apporte l’oxygène au cerveau. S’il y a un obstacle au passage du sang dans une région cérébrale, les cellules en aval souffrent et peuvent mourir, ce qui entraîne une paralysie, des troubles du langage ou de la vision. L’AVC se manifeste donc soit par un obstacle (artère bouchée), soit par une rupture de vaisseau. On distingue ainsi l’AVC ischémique (obstacle empêchant le sang de bien irriguer) et l’AVC hémorragique (rupture d’une artère provoquant un saignement dans le cerveau).
S. : Y a-t-il une tranche d’âge particulièrement touchée ? Observe-t-on un rajeunissement des patients ?C.N. : Les statistiques montrent que les personnes les plus exposées ont dépassé 45 ans chez les hommes et 50 ans chez les femmes, la survenue étant plus fréquente surtout après la ménopause. Cependant, il n’y a pas d’âge absolu : par exemple, les patients drépanocytaires (formes SS ou SC) peuvent faire des AVC dès l’enfance ou dans leur jeunesse. On constate effectivement un rajeunissement des patients, principalement en raison de l’exposition à des facteurs de risque tels que le tabagisme et l’utilisation de substances psychoactives ou de produits prohibés pour stimuler la performance au travail (comme dans les sites d’orpaillage).
S. : Quels sont les principaux facteurs de risque, qu’ils soient généraux ou spécifiques au contexte burkinabè ?C.N. : Il existe d’une part des facteurs non modifiables : l’âge, l’appartenance à la race noire, le sexe masculin et des antécédents familiaux d’AVC.
D’autre part, il existe des facteurs modifiables : l’hypertension artérielle, le diabète, l’excès de cholestérol, l’obésité, la sédentarité, la prise de contraceptifs oestro-progestatifs chez la femme, le stress et, de plus en plus, la pollution atmosphérique. Dans notre contexte, les habitudes de consommation riche en sel augmentent particulièrement cette vulnérabilité.
S. : Vous soulignez que les hommes et les personnes noires sont plus exposés au risque d’AVC. Qu’est-ce qui explique cette vulnérabilité ?C.N. : Comme nous l’avons vu à propos des facteurs de risque, le stress joue un rôle important. Les hommes, en tant que chefs de famille, sont très sollicités, ce qui les expose davantage.
Ensuite, la femme en âge de procréer est protégée par ses hormones. C’est pourquoi l’homme est considéré comme exposé dès 45 ans, alors que la femme ne rejoint son niveau de risque qu’à partir de 50 ans, c’est-à-dire à la ménopause.
Concernant les personnes noires, on a constaté qu’elles éliminent moins bien le sel que les personnes blanches. Or le sel est associé à l’hypertension artérielle, et dans nos sociétés, la consommation de sel est souvent élevée : beaucoup d’aliments se conservent grâce au sel. Tout cela fait que, sur le plan génétique, nous sommes plus exposés que les personnes blanches.
S. : Quels sont les tout premiers signes qui doivent alerter pour soi-même ou pour un proche ?C.N. : Pour le grand public, on utilise l’acronyme « VITE » : Visage (déformation de la bouche) ; Incapacité (incapacité soudaine à lever ou bouger un bras, engourdissement d’un membre) ; Trouble du langage (difficulté soudaine à s’exprimer) ; Extrême urgence.
D’autres signes brutaux peuvent également alerter, comme la perte de la
vision d’un œil ou des vertiges
accompagnés de chutes. Devant ces signes d’apparition brutale, il ne faut surtout pas faire de massages ni de traitements à la maison, mais se rendre directement aux urgences.
S. : Mais à ce sujet, une rumeur circule : on entend dire que certaines personnes font rouler le patient. Qu’en est-il ?C.N. : Non, c’est faux. L’AVC est un phénomène qui se produit à l’intérieur du cerveau. Ces manipulations ne peuvent en aucun cas en modifier l’évolution.
S. : Existe-t-il un moyen simple ou un test à retenir pour reconnaître rapidement un AVC dans l’urgence ?C.N. : Oui, c’est précisément l’acronyme « VITE » (Visage déformé, Incapacité à lever le bras, Trouble de la parole, Extrême urgence). Face à l’un de ces signes, il faut amener immédiatement le patient à l’hôpital.
S. : On dit souvent que chaque minute compte, au point de parler de « temps cerveau ». Qu’est que cela signifie-t-il concrètement pour le patient ?C.N. : C’est une situation d’urgence absolue, car, plus on tarde, plus les cellules en souffrance dans le cerveau meurent. Si le patient arrive à l’hôpital dans un délai de 4h30, on peut pratiquer une « thrombolyse intraveineuse » (technique pour dissoudre le caillot). Dans les 6 heures, on peut parfois réaliser une « thrombectomie mécanique ». Cela permet de sauver de grandes zones cérébrales et de permettre au patient de récupérer de sa paralysie ou de ses troubles du langage. Plus la lésion est étendue, moins la récupération est bonne.
S. : Ces derniers temps, on constate de personnes retrouvées mortes dans leur douche. Comment l’expliquer ? Pourquoi ces décès surviennent-ils si souvent à ce moment-là ?C.N. : Il ne faut pas conclure trop vite à un AVC : il peut s’agir d’autre chose, et c’est la cause du décès qu’il faut rechercher. Il peut s’agir d’un problème cardiaque, ou d’une anoxie, c’est-à-dire un manque d’oxygène. C’est pourquoi il faut éviter de rester longtemps dans un espace totalement clos et mal aéré.
Il peut aussi s’agir d’un phénomène réflexe : lorsqu’on se sent mal à l’aise dans un environnement, cela peut perturber le système nerveux végétatif, ce qui peut également entraîner la mort.
S. : Quel est le délai critique au-delà duquel les chances de récupération diminuent fortement ?L’AVC survient lorsque la circulation sanguine est interrompue dans une partie du cerveau, provoquant des lésions parfois irréversibles.C.N. : Les délais sont utiles lorsque tous les moyens sont réunis. Dans les pays dotés de systèmes performants, on peut pratiquer la thrombolyse
intraveineuse et la thrombectomie, dans une fenêtre de 4 h 30 à 6 heures. Mais le délai compte moins que
l’étendue des dégâts.
Lorsqu’une grosse artère est bouchée, une large partie du cerveau peut être touchée. Plus la lésion est étendue, plus les paralysies sont importantes, parfois associées à des troubles du langage, et moins la récupération est bonne. A l’inverse, lorsqu’un petit vaisseau, qui irrigue un petit territoire du cerveau, est bouché, les paralysies et les manifestations cliniques sont moindres, et la récupération est plus facile.
Il faut donc retenir que les chances de récupération dépendent de l’étendue des lésions : plus elles sont importantes, moins les chances sont grandes.
S. : Concrètement, comment prend-on en charge un patient victime d’AVC ?C N : Cela dépend du type d’AVC. Il existe aussi une forme qui se résorbe en quelques minutes, l’accident ischémique transitoire. C’est un signal d’alarme : si la personne récupère mais ne consulte pas, il peut annoncer un AVC constitué par la suite.
Dans un premier temps, on stabilise le patient en contrôlant sa conscience, sa tension artérielle et ses paramètres sanguins. On recherche ensuite la cause de l’AVC, qui peut venir du cœur, des vaisseaux ou du sang, puis on
propose un traitement adapté. Selon le déficit, on prescrit de la rééducation en cas de paralysie, ou de l’orthophonie en cas de perte du langage.Dans les structures très bien équipées, on peut pratiquer une thrombolyse intraveineuse ou une thrombectomie si le patient est vu assez tôt, entre 4 h 30 et 6 heures.
Le diagnostic repose d’abord sur le scanner, qui permet de distinguer une hémorragie d’une ischémie, et tout part de là. On ne peut donc pas parler d’AVC sans imagerie cérébrale : le scanner est le minimum, l’IRM étant l’autre option.
Dans les cas transitoires (AIT), où les signes disparaissent rapidement, une prise en charge urgente reste indispensable pour éviter la survenue d’un AVC constitué dans les 30 jours.
S. : Pouvez vous nous dire ce qu’est l’ischémie ?C.N. : L’ischémie survient lorsqu’un caillot bloque un vaisseau dans le cerveau. En aval de l’obstacle, le sang ne passe plus, et les régions du cerveau concernées souffrent. Si rien n’est fait, elles finissent par se nécroser.
S. : Peut-on assimiler l’AVC silencieux à l’accident ischémique transitoire dont vous venez de parler ?C.N. : Non, ce sont deux choses différentes. Un AVC silencieux ne s’accompagne d’aucun signe. Il est découvert par hasard, le plus souvent après coup : à l’occasion d’un scanner ou d’une IRM réalisée pour une autre raison, on constate que la personne a eu une lésion.
Dans l’accident ischémique transitoire, au contraire, il y a des signes : perte de la parole, perte de la vision, paralysie, voire chute. Ces symptômes durent moins d’une heure, puis tout revient à la normale.
Mais c’est un signal d’alarme. Si rien n’est fait, un AVC constitué peut
survenir dans les 30 jours qui suivent, et cette fois, les séquelles ne seront pas transitoires : elles vont s’installer.
S. : Vous avez évoqué le coût de l’AVC. Combien coûte-t-il réellement au patient et à sa famille ?C.N. : Le coût de l’AVC est difficile à estimer, car, il comprend de nombreux postes. Il y a d’abord le transport jusqu’à l’hôpital, puis les urgences et les examens prescrits. Le scanner coûte au moins 25 000 à 50 000 francs, et l’IRM entre 50 000 et un peu plus de 100 000 francs. A cela s’ajoutent les frais d’hospitalisation et d’autres examens : examens cardiaques (échographie, électrocardiogramme) et analyses de sang pour rechercher les facteurs de risque vasculaires.
Il faut aussi compter la rééducation : une séance coûte environ 5 000 francs, et l’on en demande au minimum 30. Au total, la facture se chiffre en centaines de milliers de francs. Elle peut atteindre plusieurs millions si l’on envisage une thrombolyse, qui coûte autour d’un million de francs. Nous sommes en train de mettre ce traitement en place, mais il faudrait qu’il soit subventionné, car, le coût est vraiment considérable. Tout dépend du type d’AVC et des moyens de traitement adaptés à chaque patient.
S. : Qu’est-ce qui est prévu pour accompagner ces patients ? Quand on sait que la prise en charge dure longtemps. Et souvent, on a l’impression qu’ils sont abandonnés, oubliés. Que fait-on concrètement pour eux ?C.N : Normalement, le séjour hospitalier après un AVC sert à identifier le problème et sa cause, puis à initier les premiers traitements. Ensuite, le traitement se poursuit au long cours. La récupération n’est pas immédiate : certains patients récupèrent vite, mais le plus souvent cela prend plusieurs mois, parfois plusieurs années, et la rééducation peut durer plus d’un an, voire plus de deux ans.
Nous donnons donc des rendez-vous de suivi : dans les deux semaines qui suivent la sortie, puis chaque mois, puis tous les trois ou six mois si la récupération s’annonce longue.
Mais à la longue, les patients négligent souvent le suivi, voire l’abandonnent. Certains se disent : « A quoi bon ? », surtout lorsque les moyens manquent. La rééducation est épuisante, certains médicaments, comme ceux qui aident l’attention, coûtent très cher, et un traitement anticoagulant est parfois nécessaire. Les accompagnants aussi peuvent s’épuiser, surtout s’il n’y a pas de système pour se relayer auprès du patient. Ceux qui sont très paralysés doivent être transportés en fauteuil roulant. Le coût est à la fois financier, humain et social, ce qui explique qu’à la longue, patients et accompagnants se relâchent.
S. : Quels conseils donneriez-vous pour assurer le suivi de ces patients ?C. N. : D’abord, il faut que nous, praticiens, expliquions ce qu’est l’AVC. L’AVC survient brutalement, mais sa prise en charge s’étend sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Il faut le comprendre et savoir se mettre à la place du patient.
Si l’on a les moyens, on peut organiser la prise en charge à domicile :
un soignant qui passe vérifier que le patient prend bien ses médicaments, une rééducation à domicile. Cela permet de faire durer la prise en charge, car, c’est au bout de ce long parcours que le patient peut récupérer et retrouver un peu d’autonomie.
S. : Certains patients mettent plusieurs mois à retrouver la parole ou l’usage de leurs mains, ce qui décourage souvent la famille. Comment vivent-ils cette situation ?C. N. : Quand l’expression est perdue mais que la compréhension est préservée, une communication reste possible. Mais certains ont perdu les deux : ils ne comprennent plus ce qu’on leur dit et ne peuvent plus parler. C’est un vrai problème. Le patient est irritable, il ne parvient pas à se faire comprendre, et c’est très difficile à vivre, pour lui comme pour son entourage.
Je pense à une patiente qui a perdu l’usage de la parole : lorsqu’elle est heureuse, elle se met souvent à pleurer. Ce n’est pas simple.
Il faut aussi savoir que la dépression touche environ 40 % des patients victimes d’AVC. Du jour au lendemain, ils se sentent inutiles : ceux qui travaillaient ne peuvent plus le faire ni apporter de l’argent à la famille, et ont le sentiment d’être une charge. Cela engendre un découragement profond.
S. : Pourquoi les praticiens n’organisent-ils pas de visites à domicile, comme c’est le cas pour le SIDA, afin d’encourager les patients ?C N : Je pense que c’est une dynamique qui peut se mettre en place et qui aiderait vraiment les patients. Cela dépendra aussi de l’augmentation du nombre de praticiens : pour le moment, nous ne sommes pas très nombreux, et la charge de travail dans le domaine de la santé est déjà importante.
S. : Quels sont les principaux défis dans le suivi à long terme de ces patients, et quels conseils donner ?C.N. : La rééducation s’étale souvent sur plusieurs mois, voire années, ce qui conduit parfois à l’épuisement des patients et des accompagnants, ainsi qu’à l’abandon des soins par manque de moyens financiers. De plus, près de 40 % des patients développent une dépression liée à la perte soudaine de leur autonomie et de leur rôle socio-économique. Il est donc essentiel de maintenir un suivi régulier, de sensibiliser l’entourage, d’accompagner le plan psychologique et, idéalement, de développer à l’avenir des structures de soins et de visites à domicile pour soutenir les familles.
Les services techniques régionaux de Bankui du ministère de la Famille et de la Solidarité, ont visité le Centre d’accueil et de formation Notre-Dame de la Visitation, l’atelier du tapissier en situation de handicap, Mamadou Ilboudo et le champ collectif des femmes déplacées internes et hôtes de Moundasso, le mardi 6 octobre 2026, à Dédougou. Ces structures bénéficient d’initiatives visant à renforcer l’autonomisation et la résilience des populations vulnérables.
Dans la cour du Centre d’accueil et de formation des jeunes filles Notre-Dame de la Visitation, situé aux abords du stade régional de Dédougou, des voix d’adolescentes se mêlent aux grincements des machines à coudre et à tisser. Certaines ont trouvé refuge dans ce centre après avoir fui un mariage précoce ou forcé. D’autres sont des filles-mères célibataires issues de familles démunies ou des rangs des personnes déplacées internes (PDI). Des personnes vivant avec un handicap, on y trouve également. Créé en 2004, le centre a progressivement élargi ses missions. D’espace d’accueil et d’accompagnement, il est devenu aujourd’hui un cadre de formation et de reconstruction personnelle. Pour l’année scolaire 2025-2026, au moins 292 filles y ont été accompagnées. « Nos cibles, ce sont les filles en situation de difficulté », explique la responsable du centre, Nathalie Dakio.
Deux internats permettent de prendre en charge les pensionnaires selon leurs situations. L’un accueille les filles-mères célibataires ou enceintes, tandis que l’autre est destiné aux jeunes filles en difficulté qui ont besoin de protection et d’accompagnement. Au-delà de l’hébergement, le centre entend surtout donner aux pensionnaires les moyens de subvenir à leurs besoins. La coupe-couture, la teinture et le tissage, la coiffure-esthétique, la transformation des produits locaux et le secrétariat-bureautique figurent parmi les filières proposées. « Pour aider durablement une fille, il faut la rendre autonome », résume Nathalie Dakio. Les bénéficiaires reconnaissent que leur passage dans ce centre ouvre une nouvelle page de leur vie. Elles apprennent un métier, acquièrent des compétences et retrouvent progressivement confiance en elles. Le centre leur donne les moyens de construire leur avenir et de saisir de nouvelles opportunités. L’établissement s’investit également dans le maintien des filles à l’école.
« Beaucoup abandonnent leur cursus scolaire par manque de moyens financiers, malgré leur volonté de poursuivre leurs études », déplore la responsable. Une trentaine de jeunes filles ont bénéficié donc d’un soutien scolaire au cours de l’année écoulée. Une dizaine a obtenu des diplômes, dont trois au baccalauréat et sept au Brevet d’études du premier cycle (BEPC). Le centre bénéficie de l’appui de la direction provinciale de la Famille et de la Solidarité du Mouhoun, notamment à travers la mise à disposition d’un agent d’accompagnement.
« Pour avoir étudié la situation des groupes vulnérables, il sait comment s’y prendre et nous donne des conseils avisés », apprécie dame Dakio. Le Fonds national de solidarité et d’assistance sociale contribue également à la prise en charge des pensionnaires en fournissant des vivres. Ces soutiens participent à la prévention de la marginalisation et à la reconstruction de personnes victimes de Violences basées sur le genre (VBG), en leur donnant des moyens d’envisager l’avenir avec
espoir, poursuit-elle.
Le handicap n’est pas une fatalité
Les pensionnaires du centre Notre-Dame de la Visitation apprennent à tisser…
Après ce centre, cap sur l’atelier de Mamadou Ilboudo, artisan tapissier vivant avec un handicap moteur. En cette période hivernale, le calme contraste avec l’animation habituelle du lieu. Les commandes se font rares. Pour le propriétaire, cette accalmie n’est que temporaire, car, il espère que les activités vont reprendre plus intensément dans les prochains mois. Depuis 1999, il exerce son métier et confectionne des fauteuils, des sièges de véhicules et des selles de motos. Il s’est également essayé à la menuiserie. Appuyé sur ses béquilles, il évoque son parcours avec sérénité et détermination. Pour lui, le handicap ne constitue pas une fatalité.
« J’arrive à maîtriser mon handicap. Mon travail et mon handicap vont ensemble », affirme-t-il. Il déplore cependant les préjugés auxquels les personnes handicapées sont confrontées dans le milieu professionnel. « Quand tu te présentes devant un partenaire avec des béquilles, il y a un rejet qui ne dit pas son nom », regrette-t-il. L’artisan dit répondre à ces préjugés par la qualité de son travail. La police, la gendarmerie et le Centre hospitalier régional (CHR) de Dédougou figurent parmi ses clients. « Ces structures apprécient positivement la qualité de mes œuvres », soutient-il. Son activité lui permet de subvenir aux besoins de sa famille, d’assurer la scolarité de ses enfants, de faire face aux dépenses de santé et de couvrir les charges courantes.
Mais Mamadou Ilboudo voit plus loin que sa propre réussite. Il a déjà formé deux personnes vivant avec un handicap, qui se sont installées à leur compte et gagnent désormais leur vie. Président et coordonnateur provincial des personnes handicapées du Mouhoun, il encourage
La responsable du centre d’accueil, Nathalie Dakio, estime que pour aider durablement une fille, il faut la rendre autonome.
régulièrement ses pairs à apprendre un métier. « Cela permet de garder sa dignité », martèle-t-il. En collaboration avec la direction provinciale, lui et ses camarades bénéficient d’appuis financiers et techniques. Ils souhaitent toutefois que des formations et de moyens soient consacrés aux personnes handicapées afin de leur permettre de développer des Activités génératrices de revenus (AGR).
A Moundasso, le « champ de la paix » renforce la solidarité
Le périple se poursuit à Moundasso, un quartier périphérique situé à la sortie Est de Dédougou. Là-bas, la solidarité prend la forme d’une exploitation agricole collective. Sur le « champ de la paix », des femmes déplacées internes et des femmes issues des communautés hôtes cultivent ensemble du haricot, de l’arachide et surtout de l’oseille. Le choix de ces spéculations répond à une préoccupation quotidienne qui est d’améliorer l’alimentation des ménages. La coordonnatrice des femmes productrices, Clotilde Sawadogo, rappelle que les participantes éprouvaient des difficultés à se procurer les condiments.
Près de 80 femmes prenaient part à l’initiative au départ. Elles sont aujourd’hui une quarantaine, la plupart des autres ayant regagné leurs
…et à faire beaucoup d’autres métiers comme la coiffure et la coupe-couture.
localités d’origine grâce aux efforts de reconquête du territoire national. Celles qui sont restées poursuivent l’exploitation du champ. D’autres parcelles exploitées par ces communautés sont consacrées à la production du mil, du sorgho et du maïs. Les légumineuses occupent également une place importante dans la stratégie agricole des productrices. La direction provinciale de la Famille et de la Solidarité est leur principal partenaire technique. Des semences améliorées de niébé leur ont été gratuitement fournies et des agents leur prodiguent régulièrement des conseils.
« Au début de l’hivernage, des vivres ont également été distribués aux femmes. Pour cultiver, il faut manger », foi de Clotilde Sawadogo. Pour elle, sans cet appui, certaines auraient été contraintes de multiplier les petits travaux pour assurer leur alimentation quotidienne, au risque de compromettre leurs activités agricoles. Bien plus qu’un espace de production, le « champ de la paix » est devenu un lieu de rencontre entre femmes déplacées et populations hôtes. Les différences liées à leurs parcours s’effacent progressivement au profit d’un objectif commun qui est de produire et reconstruire ensemble.
Des équipements pour favoriser l’autonomie
Le directeur régional chargé de la solidarité de Bankui et du Sourou, Toirimbé Gaston Nassouri, a confié que ces initiatives visent à soutenir le relèvement des communautés vulnérables et leur réinsertion socioéconomique.
Pour le directeur régional chargé de la solidarité de Bankui et du Sourou, Toirimbé Gaston Nassouri, l’initiative de Moundasso s’inscrit dans une approche plus large d’accompagnement des personnes déplacées internes vers le retour et la réinsertion socioéconomique. Dans cette dynamique, plusieurs équipements ont été mis à la disposition de groupes bénéficiaires, notamment des motopompes, des charrettes et des moulins. Il rassure que du matériel, dont un tracteur, était en cours d’acheminement vers la commune rurale de Di, dans la région du Sourou, au profit d’une coopérative regroupant des femmes déplacées réinstallées. En juin et juillet 2026, plusieurs communes ayant bénéficié de moulins avaient déjà fait l’objet de visites de suivi, précise-t-il.
Ces équipements contribuent à alléger les tâches quotidiennes des bénéficiaires, en particulier celles des femmes. L’objectif, selon Gaston Nassouri, est de créer les conditions favorables à l’autonomie des bénéficiaires. A travers ses structures techniques déconcentrées, le ministère de la Famille et de la Solidarité apporte une assistance alimentaire, des appuis financiers et met à la disposition des personnes vulnérables, des semences et des équipements. Dans la ville de Dédougou comme à Moundasso, la solidarité se traduit ainsi par des actions concrètes. Elle se manifeste à travers une jeune fille qui retrouve le chemin de l’école et apprend un métier, un artisan qui refuse de laisser son handicap limiter ses ambitions ou encore des femmes qui cultivent la terre pour nourrir leurs familles. Des parcours différents, mais une même aspiration. Il s’agit de préserver la dignité et participer pleinement à la reconstruction de la communauté.
Le camarade ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, accompagné de la camarade ministre déléguée, Bêbgnasgnan Stella Eldine Kabré, a reçu en audience, le lundi 12 octobre 2026, une délégation de l’Alliance pour une Révolution verte en Afrique (AGRA), conduite par la nouvelle directrice-Pays, Dr Asseta Diallo.
Nouvellement désignée à la tête de cette organisation, la Directrice-Pays dit être venue se présenter officiellement au chef de la diplomatie burkinabè. Elle dit avoir saisi l’occasion offerte pour échanger avec le ministre des Affaires étrangères, sur les actions menées par AGRA au Burkina Faso, conformément aux priorités définies par les autorités nationales à travers notamment le ministère chargé de l’agriculture et le bureau national des grands projets. De ces actions au Burkina Faso, on peut retenir notamment le développement et la promotion de l’agriculture, depuis la formation des sélectionneurs des semences à la distribution des intrants de qualité, en passant
par l’accompagnement des semenciers, selon Dr Asseta Diallo.
« Nous avons travaillé avec l’INERA pour développer des engrais spécifiques et développer des spéculations comme le riz et le maïs, qui portent fruit sur le terrain et c’est vraiment apprécié par les producteurs », a-t-elle soutenu.
Les engagements de l’Alliance pour une Révolution verte en Afrique au Burkina, vise aussi à renforcer l’employabilité des jeunes à travers la création d’emplois décents, dans les domaines de la maraicher culture et de l’élevage de la volaille, selon la directrice exécutive. Le camarade ministre des Affaires étrangères a félicité la nouvelle équipe Pays de AGRA, et l’a encouragée à tirer leçon de ce qui n’a pas marché dans le passé dans la collaboration entre cette institution et les acteurs étatiques, et à œuvrer dans un esprit d’ouverture et de dialogue régulier avec les autorités compétentes du Burkina Faso, pour des actions concrètes et impactantes dans la durée, sur la vie des populations bénéficiaires. Il a rassuré que les services du ministère des Affaires étrangères joueront leur partition, pour créer les conditions d’un partenariat fructueux entre le Burkina Faso et AGRA, au regard de l’importance du pilier dans lequel cette structure intervient, à savoir l’agriculture, l’un des secteurs prioritaires pour les autorités burkinabè. Crée en 2006, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) est une organisation panafricaine, avec pour mission la transformation de l’agriculture de substance en une activité économique viable et durable pour les petits exploitants.
Au Bénin, le principal parti d’opposition, Les Démocrates, se réorganise, après la démission de son fondateur, l’ancien président, Yayi Boni, en mars dernier, pour des raisons de santé. Cette formation a, entre autres, renouvelé ses instances, à la faveur de son 2e congrès ordinaire, tenu les 10 et 11 septembre 2026, à Porto-Novo. Les militants ont élu l’ex-député et président de groupe parlementaire, Nourénou Atchadé, à la tête du parti pour cinq ans. Ce fidèle parmi les fidèles de Yayi Boni, qui assurait l’intérim jusque-là, se voit désormais confier pleinement les rênes du parti, Les Démocrates. En plaçant son action dans l’unité, comme l’a toujours souhaité son maitre à penser, Nourénou Atchadé va devoir travailler à rassembler sa famille politique qui a connu des divergences et des désertions. Aussi devra-t-il s’accommoder de la trêve politique imposée par la nouvelle Constitution durant le mandat présidentiel désormais établi à sept ans. Cette disposition suspend pendant six ans toute activité politique partisane à finalité compétitive. Autrement dit, les campagnes électorales permanentes, qui paralysent l’action publique, sont interdites jusqu’à l’orée des prochaines élections.
Le parti, Les Démocrates, doit se conformer à cette exigence, sans pour autant végéter dans le silence. « Nous sommes un parti d’opposition et nous allons continuer d’animer la vie politique. On doit pouvoir faire des propositions alternatives. La trêve ne veut pas dire absence d’activités politiques », a du reste prévenu son nouveau président. S’il est tenu de se montrer républicain, le parti de Yayi Boni a surtout fort à faire pour rebondir politiquement, après sa mésaventure aux élections générales de 2026. Alors qu’il disposait de 29 élus sur les 109 de l’ancien Hémicycle, ce parti n’a obtenu aucun siège aux législatives de janvier. Si le parti a échoué aux législatives, il n’a pas non plus eu la chance de participer aux communales couplées et à la présidentielle du 12 avril, respectivement pour dossier incomplet et déficit d’un seul parrainage.
Nourénou Atchadé arrive à un moment critique de l’histoire du parti, Les Démocrates, appelé à se battre pour retrouver ses assises politiques. Passer de plus d’une vingtaine de députés à zéro élu est un véritable naufrage pour le principal parti de l’opposition béninoise, qui n’a quasiment plus d’armes. La mission de Nourénou Atchadé se veut donc herculéenne, puisqu’il doit impérativement reconstruire l’image du parti et travailler à le repositionner comme une alternative aux prochaines élections générales prévues en 2033. C’est une longue période d’attente pour Les Démocrates, dans un environnement politique loin d’être favorable. Les Béninois ont manifestement tourné la page de Yayi Boni et des affidés. Du parti Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), qu’il a créé et quitté pour fonder celui de Les Démocrates, l’ex-chef de l’Etat béninois ne brille plus politiquement, après son départ du pouvoir. Ses héritiers politiques, à l’instar de Nourénou Atchadé, pourront-il inverser la tendance ? Le sort actuel de Les Démocrates interroge sur son avenir, s’il n’incite pas au pessimisme. Pour autant on ne saurait enterrer de si tôt le parti de Yayi Boni. Tout est possible en politique.
Depuis 2022, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation est engagé dans une série de réformes visant à faire de l’enseignement supérieur un levier de souveraineté et de développement socio-économique. A l’orée de la rentrée universitaire 2026-2027, le ministre Adjima Thiombiano, invité de la rédaction de Sidwaya revient sur les acquis de son département, les innovations de cette nouvelle année académique, la réforme du régime des études, la gestion des bourses ainsi que les filières prioritaires. Dans cet entretien, il présente également les ambitions du gouvernement pour renforcer la qualité de la formation et rapprocher davantage l’université des besoins du pays.
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L’invité de la Rédaction
La Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) a présenté, lundi 12 octobre 2026 à Ouagadougou, des marchandises frauduleuses saisies, d’une valeur de 55,2 millions F CFA.
La Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) poursuit son combat contre le commerce illicite. Elle a présenté des marchandises frauduleuses composées de cyanures, de cigarettes, d’une citerne de gasoil et des huiles de vidange, lundi 12 octobre 2026, à Ouagadougou. Ces produits saisis sont issus des opérations menées les 30 septembre et 1er octobre 2026. Le premier coup de filet mené le 30 septembre, dans la commune de Loumbila, selon le coordonnateur, Mohamadi Compaoré, a permis de saisir un camion-citerne qui venait d’achever le dépotage de 10 000 litres de gasoil dans les cuves d’une unité de production industrielle. « Pourtant, le bon de commande présenté était destiné à la consommation ordinaire dans les stations-services.
Conformément à l’arrêté conjoint n°2026-007/MICA/MEF du 7 août 2026 portant composition des structures de prix des hydrocarbures. Ce carburant subventionné par l’Etat est formellement interdit d’utilisation aux mines, carrières et entreprises industrielles », a-t-il précisé. Les investigations complémentaires, a-t-il poursuivi, ont révélé une pratique minutieusement préméditée. Ce sont au total 59 000 litres de gasoil subventionné d’une valeur de 31 683 000 F CFA qui ont été fournis illégalement à cette entreprise par une société de droit burkinabè. « Il s’agit d’un véritable détournement des ressources destinées à soulager les ménages au profit d’intérêts industriels privés », a-t-il renchérit.
Sur l’axe Ouaga-Koupéla, l’opération du 1er octobre a permis de découvrir 50 sacs de 50 kg de cyanure d’une valeur de 7 500 000 F CFA et 15 colis de cigarettes de contrebande, estimés à 3 450 000 F CFA. Le coût global de cette saisie est estimé à 10 950 000 FCFA.
« Une alerte a ciblé un camion sous bâche, censé transporter du clinker. La fouille minutieuse effectuée par nos agents a permis de découvrir une cargaison camouflée particulièrement dangereuse », a indiqué le coordonnateur. La troisième opération s’est déroulée le même jour à la Patte d’Oie, à Ouagadougou, à la suite d’une nouvelle alerte citoyenne. « L’interception d’un véhicule suspect a permis la saisie 267 cartons d’huile lubrifiante contrefaite importés en contrebande. Cette pratique nuit à l’entretien de nos engins et sape l’effort de développement des entreprises citoyennes », a-t-il déploré. La valeur de la marchandise illicite s’élève à 12 600 000 F CFA. Le coût global de ces opérations s’élève à 55 233 000 F CFA.
Pour Mohamadi Compaoré, ces résultats sont issus de la vigilance CNLF et de la précieuse collaboration des concitoyens. A la question de savoir la nationalité du propriétaire de la citerne au regard de son immatriculation étrangère, le coordonnateur a laissé entendre qu’elle n’empêche pas l’application des mesures réglementaires en vigueur au Burkina. « Dès lors que l’infraction est commise dans notre pays, nous sommes compétents pour trancher la question, fixer les amendes et saisir le clinquer s’il y a lieu », a-t-il insisté.
La paroisse Notre Dame de Toutes Grâces de Kamboinsin a ouvert ses portes, dimanche 11 octobre 2026, à Ouagadougou. A l’occasion, le premier curé de la paroisse a été installé. L’église de kamboinsin a été transformée en paroisse en juin 2026. Dénommée paroisse Notre Dame de Toutes Grâces de Kamboinsin, elle s’inscrit dans la dynamique de la célébration des 125 ans de l’évangélisation à Ouagadougou. La paroisse a ouvert officiellement ses portes, dimanche 11 octobre 2026, au cours d’une célébration solennelle présidée par l’archevêque métropolitain de Ouagadougou, Mgr Prosper Kontiébo. A cette occasion, l’abbé François de Sales Naré a été installé comme premier curé. « C’est Dieu qui se rend visible, proche de son peuple. A travers cette ouverture, les fidèles de cette portion de l’Église peuvent recevoir facilement les sacrements de l’Eucharistie et les confessions », a expliqué Mgr Prosper Kontiébo. Il a rappelé que depuis sa visite pastorale les fidèles de Kamboinsin lui avaient exprimé leur désir de devenir une paroisse. Il les a ainsi invités à travailler aux côtés du curé et du vicaire pour que cette paroisse puisse se consolider dans la foi, dans l’espérance et dans la charité. « Ce qui est important, c’est bâtir une communauté d’amour, fraternelle où chacun se sent en famille», a-t-il insisté.
Les fidèles de la Paroisse Notre Dame de Toutes Grâces de Kamboinsin se sont réjouis de l’aboutissement de leur requête.
Le nouveau curé, l’abbé François de Sales Naré s’est engagé à administrer, avec diligence et une préoccupation pastorale les biens ecclésiastiques de la paroisse conformément au droit canonique, aux normes particulières et aux coutumes légitimes du diocèse, sans partialité ni faveur.
Le nouveau curé, l’abbé François de Sales Naré s’est engagé à administrer les biens ecclésiastiques de la paroisse avec honnêteté, loyauté et responsabilité, conformément au droit canonique et aux normes de l’Église.
Il a également promis de respecter la confidentialité des délibérations et des décisions du conseil pour les affaires économiques. Il s’est en outre engagé à respecter les obligations liées à sa fonction conformément aux prescriptions du livre V du Code de droit canonique et à agir dans les limites des pouvoirs qui lui sont confiés. À l’issue de la célébration, l’abbé François de Sales Naré a exprimé sa joie et rendu grâce à Dieu pour cette nouvelle mission. Pour le fidèle catholique Abel Lompo, cette nouvelle paroisse vient couronner plusieurs années d’attente. Selon lui, elle est une source de joie pour l’ensemble des chrétiens. Il a rendu grâce à Dieu et témoigné sa reconnaissance à Mgr Prosper Kontiébo pour avoir donné suite à leur demande. Pour terminer, il a assuré la disponibilité des fidèles à accompagner le curé dans sa mission pastorale et à accomplir les tâches qui leur seront confiées.
Wendaabo Cathérine KOURAOGOCrédit photo : Wendaabo Cathérine KOURAOGO
Le Camarade Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a inauguré, ce lundi 12 octobre 2026, le complexe scolaire primaire public de Bonheur-Ville, dans le 7ᵉ arrondissement de Ouagadougou. Réalisé dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité pour tous (IPEQ), cet établissement vise à répondre aux besoins éducatifs d’une zone en pleine croissance.
Après le dévoilement de la plaque inaugurale et la coupure du ruban, le Chef du Gouvernement, accompagné des personnalités présentes, a visité les salles de classe et les autres installations du complexe. Construit sur une parcelle de 35 384 m², déclarée d’utilité publique d’urgence en mai 2024, le bâtiment pédagogique en R+3 comprend 16 salles de classe, soit quatre par niveau, ainsi que des blocs sanitaires adaptés aux personnes à mobilité réduite. Financé sur les ressources propres de l’État, le complexe a coûté plus d’un milliard de francs CFA.
L’établissement accueille déjà trois écoles — Faso-Kéoogo-Bonheur-Ville C, D et E — qui comptent, pour l’année scolaire 2026-2027, 1 453 élèves, dont 742 filles, encadrés par 32 enseignants. Pour le Gouvernement, cette réalisation illustre un modèle scolaire qui optimise l’espace tout en améliorant les conditions d’apprentissage.
Le ministre de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, le Camarade Jacques Sosthène Dingara, a indiqué que la construction de cet édifice concrétise la volonté du Camarade Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, de doter le pays d’infrastructures modernes et adaptées aux besoins des populations. Dans cette zone marquée par une forte croissance démographique, il a présenté le complexe comme « une promesse tenue et une invitation à regarder plus loin ».
Pour le Camarade Premier ministre, cette école incarne l’ambition de la Révolution progressiste populaire dans le domaine éducatif. « Il s’agit d’une école de type nouveau », a-t-il déclaré, saluant la fonctionnalité du bâtiment et l’optimisation de l’espace. Il a toutefois rappelé que la transformation de l’école passe aussi par l’évolution des contenus et l’amélioration de la qualité des formations.
« Aucun ordre d’enseignement ne sera oublié dans la transformation profonde du système éducatif au Burkina Faso », a-t-il affirmé, en évoquant les chantiers engagés du primaire au supérieur. Les enseignements tirés de cette première expérience serviront également à améliorer les futurs bâtiments en R+3, qui devraient compter 18 salles de classe, avec une possibilité d’extension à 24.
Le nom Faso-Kéoogo confère à l’établissement une portée symbolique particulière. Selon le Premier ministre, « Kéoogo » désigne le camp d’initiation, espace traditionnel de transmission des savoirs et de préparation des jeunes à leurs responsabilités futures. L’école doit ainsi transmettre des connaissances, mais aussi contribuer à former des citoyens attachés au patriotisme, à la dignité, à la fierté et à la solidarité.
S’adressant aux élèves, le Chef du Gouvernement les a exhortés à faire preuve de discipline, d’assiduité et d’engagement dans le travail, ainsi qu’à prendre soin de leur école. Il a salué le dévouement des enseignants et appelé toute la communauté éducative à préserver les installations et à faire de l’établissement un cadre d’excellence. « C’est dans ce sens que nous allons donner au secteur de l’éducation au Burkina Faso toute sa place », a-t-il déclaré.
Au nom du Conseil des écoles de Faso-Kéoogo, le Camarade Daouda Traoré a remercié les autorités pour cette infrastructure. Il s’est engagé, au nom des populations, des parents d’élèves et des enseignants, à veiller à sa conservation. Il a souhaité que l’établissement demeure un « phare de savoir et un creuset de vertu » pour les générations futures.
Quinze autres complexes scolaires de ce type sont annoncés dans quinze provinces. Leur réalisation s’appuiera sur les enseignements tirés de cette première expérience afin d’améliorer la fonctionnalité des futures infrastructures éducatives.