19 ans, et déjà pleine de promesses. Rachidatou Bilogo, au regard de ce qu’elle a accompli depuis 2021 sur plusieurs scènes, incarne l’espoir du rayonnement du badminton burkinabè sur l’échiquier international.
Travailleuse discrète et endurante. C’est ainsi que le président de la Fédération
burkinabè de badminton, Boukaré Ouédraogo, décrit la championne du Burkina, Rachidatou Bilogo. Alors professeur d’Education physique et sportive (EPS) de la jeune élève de 6e, c’est lui qui a inculqué à Rachidatou l’amour de la discipline en 2017. « Un jour il nous a invitées, des camarades et moi à suivre une partie de badminton.
J’ai été séduite par les mouvements et les règles du jeu. J’étais contente d’essayer et je ne l’ai plus quitté », se rappelle l’athlète. Avec une dizaine de médailles à son palmarès aujourd’hui, aussi bien au plan national qu’au-delà des frontières burkinabè, Rachidatou est
décidée à se faire un nom dans ce sport de raquette et de volant. Elle s’est très
tôt révélée au public en rejoignant dès 2019 le club Bien Etre de Somgandé.

« C’était avec d’autres filles dont beaucoup ont abandonné mais pas elle.
Au contraire, son engagement et son assiduité à l’entrainement lui ont permis
de progresser rapidement », confie son entraineur Ali Kaboré.
A partir de 2021, alors qu’elle n’était encore que dans la catégorie des juniors, elle décroche sa première médaille d’or au championnat national après seulement deux ans de
pratique formelle. « C’est ce qui m’a motivée à poursuivre », se souvientelle. Une couronne de championne nationale qui ne quittera plus la jeune fille et dont la version 2025 lui a été posée sur la tête il y a quelques mois.
Parallèlement, Rachidatou, du haut de ses 1,78m pour 68 kg règne sans partage depuis 2022 sur la coupe de l’amitié sino-burkinabè de la discipline. En attendant l’édition 2025 de cette compétition qu’elle n’entend pas laisser lui échapper, elle s’est adjugé les médailles d’or et les différentes motos mises en jeu en 2022, 2023 et 2024. Au plan sous régional, Rachidatou Bilogo a, en 2023, remporté deux médailles dont une en bronze et une autre en
argent lors des internationaux du Bénin.
Aux jeux de la zone II à Accra elle s’en est sortie avec une médaille en bronze en individuel et une autre d’argent par équipe la même année. Des résultats qui lui ont valu une invitation aux jeux des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et l’Afrique du Sud).
Des ambitions olympiques
L’année 2024 a été marquée par sa participation aux jeux africains à Accra, au Ghana. La même année, lors du championnat d’Afrique Air Badminton, elle s’est illustrée en remportant deux médailles en triple-dames et une médaille en équipe filles. Une constance dans la progression facilitée par sa morphologie comme le soulignent certains de ses encadreurs, mais aussi et surtout par son abnégation au travail.
Un autre de ses atouts, c’est sa maîtrise de soi remarquable qui lui permet bien souvent de se sortir de situations difficiles. « Souvent pendant le jeu lorsqu’elle est menée on la voit régulièrement prendre du temps pour faire des gestes avec des mouvements de mains de bas vers le haut, les paumes orientées vers le sol. Elle arrive à reprendre le contrôle si bien qu’elle se décourage rarement », témoigne le président de la Fédération de badminton, son premier encadreur.
« Lorsque je suis dépassée dans un match avec un adversaire hyper concentré, j’essaie de trouver des astuces pour le distraire et reprendre du poil de la bête et cela fait partie de mes astuces », explique-t-elle. Si sa marge de progression est bien appréciée par
plus d’un observateur, reste que l’élève de 1re D du Lycée Privé St Dominique
de Toukin, a besoin de plus travailler sa condition physique et son mental.
Ceci, pour garder en permanence le contrôle de ses matches et s’assurer une régularité dans la performance au plan sous régional, selon les confidences de son coach Ali Kaboré. L’objectif à long terme pour l’athlète et son staff, c’est une participation aux Jeux Olympiques.
Et pour cela, elle peut compter sur le soutien de sa famille. Ses quatre frères et sœurs sont parmi ses premiers supporters toujours présents à ses compétitions autant que possible, dit-elle. Sa mère Rakiéta Simporé, elle, ne tarit pas de bénédictions pour sa fille.
« Je l’encourage à persévérer et je la soutiens du mieux que je peux que ce soit en conseils ou matériellement. Grâce à l’organisation que nous avons mise en place, elle arrive à concilier études-travaux ménagers et sport et cela me convient. C’est vrai qu’à l’approche des compétitions les entrainements s’intensifient mais ça va pour le moment », précise celle-ci.
C’est la meilleure sur le plan national, insiste le président de la fédération Boukaré Ouédraogo qui s’empresse d’ajouter : « Nous fondons l’espoir qu’elle ira le plus loin possible et nous comptons sur elle pour qu’elle puisse tirer les plus jeunes qui sont en train de monter ».
Voro KORAHIRE







