La Fédération burkinabè de teqball a organisé en décembre dernier son tout premier championnat national. Une étape majeure dans la structuration de cette discipline sportive encore nouvelle au Burkina Faso. Dans cet entretien accordé à Sidwaya Sport, le président de la Fédération, Rasmané Sawadogo, dresse le bilan, évoque les défis, les ambitions et lance un appel aux jeunes ainsi qu’aux partenaires.
Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je suis Rasmané Sawadogo, président de la Fédération burkinabè de teqball. J’ai l’honneur de conduire cette jeune fédération depuis sa mise en place officielle, avec pour mission principale d’implanter, structurer et développer le teqball sur l’ensemble du territoire national.

Quel bilan faites-vous du premier championnat national de teqball ?
Le bilan est globalement très satisfaisant. Nous sommes heureux parce que les clubs et les régions déjà engagés dans la pratique du teqball ont répondu présent. Ouagadougou, qui regorge de plusieurs clubs, Koudougou, Tenkodogo, mais aussi Manga ont effectivement participé. D’autres localités comme Ziniaré et Ouahigouya étaient représentées à titre d’observateurs, dans le cadre de l’implantation progressive de la discipline. Même si les athlètes de ces zones n’étaient pas encore en compétition, les responsables locaux ont pu suivre de bout en bout ce premier championnat. Les éliminatoires se sont déroulées toute la journée du samedi 29 décembre dernier jusqu’aux finales dans l’après-midi. Nous avons enregistré une participation appréciable et, pour une première, le bilan est très positif. Ce championnat constitue véritablement la base du lancement effectif du teqball au Burkina Faso.
Quels ont été les principaux motifs de satisfaction et les difficultés rencontrées ?
La première satisfaction, c’est la participation, qui a été assez importante. La seconde, c’est le niveau de jeu. Pour un premier championnat, le niveau technique des athlètes nous a donné entière satisfaction. Le directeur technique national l’a d’ailleurs reconnu, estimant que le Burkina Faso peut déjà rivaliser avec certains pays africains en matière de teqball.
Sur le plan organisationnel également, nous sommes satisfaits. Les membres du bureau exécutif se sont pleinement investis pour la réussite de cette activité. Je tiens à les féliciter. Nous avons aussi bénéficié d’un accompagnement appréciable des partenaires comme la presse, le ministère en charge des Sports à travers la présence de la directrice générale des sports et loisirs, le Comité national olympique, le Fonds national pour la promotion du sport et des loisirs, sans oublier l’ambassadeur pour le sport, Charles Kaboré qui a envoyé un représentant. S’il faut évoquer une limite, c’est le fait que le championnat se soit déroulé sur une seule journée. Mais cela s’explique par le caractère inaugural de la compétition. A l’avenir, nous prévoyons des éliminatoires régionales avant la phase nationale afin d’élever davantage le niveau.
Comment jugez-vous l’engouement du public et des athlètes ?
L’engouement a été réel et constitue l’un des grands motifs de satisfaction. Les athlètes se sont véritablement donnés, au point que l’horaire des finales a été légèrement retardé en raison du nombre élevé de matchs. Du côté du public, la curiosité était grande. Le teqball étant un sport nouveau, les populations ont voulu découvrir son fonctionnement et son spectacle. L’intérêt était manifeste.
En quoi ce championnat marque-t-il un tournant dans l’implantation du teqball au Burkina Faso ?
Ce championnat marque un tournant majeur. Il a permis de montrer au public et aux décideurs que la création de la Fédération burkinabè de teqball était justifiée. Le teqball est un sport qui s’apparente au football, mais se pratique sur une table spécifique. Il développe la technique, l’adresse, l’endurance et le fair-play. Le teqball est arrivé au Burkina Faso en 2022. Un comité provisoire a d’abord été mis en place avec l’accompagnement du ministère des Sports. En 2024, la fédération a été officiellement reconnue. Aujourd’hui, nous disposons de textes réglementaires clairs et d’un programme ambitieux pour le développement de la discipline.
Quelles stratégies avez-vous mises en place pour vulgariser le teqball auprès des jeunes ?
La vulgarisation est au cœur de notre programme. Nous avons déjà lancé des activités dans certains établissements scolaires à Ouagadougou, où l’engouement des élèves a été très encourageant. Nous comptons étendre cette initiative aux écoles, aux centres et aux clubs de formation de football.
Nous voulons également élargir la pratique à d’autres régions, notamment le grand Ouest avec Bobo-Dioulasso, Banfora, Gaoua, ainsi que d’autres zones encore non couvertes. Cette année, si nous parvenons à réaliser au moins 90 % de notre programme d’activités, nous serons satisfaits.
Comment la Fédération accompagne-t-elle la formation et la structuration des clubs ?
Notre programme repose sur trois axes majeurs. La formation, la compétition et l’équipement. Nous prévoyons des formations pour les entraîneurs, les arbitres et les dirigeants. Ces acteurs formés retourneront ensuite dans leurs régions pour implanter durablement la discipline. Sur le plan compétitif, nous envisageons l’organisation d’éliminatoires régionales avant le championnat national. Cela permettra aux athlètes de s’aguerrir progressivement et de préparer l’émergence d’une élite nationale.
Le matériel constitue-t-il un défi pour le développement du teqball ?
Oui, c’est un véritable défi. Une table de teqball coûte environ 1,5 million de francs CFA. A cela s’ajoutent les ballons spécifiques. C’est pourquoi nous avons inscrit dans notre programme la dotation des clubs en matériel. Avec l’équipement, la formation et les compétitions, nous pensons pouvoir hisser le Burkina Faso à un niveau compétitif, au moins africain.
Peut-on déjà parler de talents capables de représenter le Burkina Faso à l’international ?
Nous sommes encore dans la phase d’implantation et de vulgarisation. Toutefois, le premier championnat nous a permis d’avoir une idée du niveau de nos athlètes. Certains sont déjà suivis par la direction technique nationale et pourraient constituer, à terme, l’ossature d’une future équipe nationale.
Quel message adressez-vous à la jeunesse burkinabè ?
Le teqball est ouvert à tous. Il n’y a pas de limite d’âge. Les footballeurs, les anciens joueurs, les centres de formation peuvent s’y essayer. De grandes stars internationales s’y intéressent déjà. J’invite donc la jeunesse burkinabè à s’approprier cette discipline qui développe la technique, la concentration et le fair-play.
Un appel aux sponsors et partenaires ?
Naturellement. Le teqball est une discipline récente, née en 2014 en Hongrie. Pour s’affirmer au Burkina Faso, nous avons besoin de l’accompagnement des sponsors et partenaires. Le ministère des Sports, le Fonds national pour la promotion du sport, le Comité olympique et la presse nous soutiennent déjà. Nous restons ouverts à toute bonne volonté.
A titre personnel, qu’est-ce qui vous motive à porter ce projet ?
C’est la volonté de contribuer à l’épanouissement de la jeunesse et au rayonnement du Burkina Faso. Le teqball peut apporter un plus à nos footballeurs et offrir des opportunités de reconnaissance internationale. Tout ce qui peut permettre d’entendre l’hymne national au-delà de nos frontières mérite d’être soutenu.
Entretien réalisé par Pengdwendé Achille OUEDRAOGO







