Du haut de ses 1,71 m pour 67 kg, Justin Bado est une silhouette bien connue du basketball burkinabè.

Après plus de trois décennies de labeur et plusieurs générations de basketteurs et surtout de basketteuses formées, Justin Bado, à 68 ans est toujours aux petits soins de « ses athlètes » pour les amener à atteindre les sommets.

Après plus de trois décennies de labeur et plusieurs générations de basketteurs et surtout de basketteuses formées, Justin Bado, à 68 ans est toujours aux petits soins de « ses athlètes » pour les amener à atteindre les sommets.

Dans l’univers du basketball féminin au Burkina Faso, il est une référence. Coach Justin Bado, puisque c’est de lui qu’il s’agit, se distingue dans la formation où il excelle depuis plus de trente ans. Et à en juger par la voix qu’il donne à 18 heures passées en ce début de soirée dans l’encadrement du groupe des minimes, cadettes et juniores de l’AS DOUANES sur le plateau du Lycée Marie-N’Gouabi, l’amour entre le professeur certifié d’EPS de 68 ans et le basketball est toujours intact.

« La formation c’est ma passion et tant que Dieu me donne le souffle de vie, je vais continuer si on a besoin de moi car, je ne me satisfais pas de ce que j’ai fait », confie-t-il. Pourtant Justin Bado peut bien se satisfaire de ce qu’il a accompli et qui témoigne de la qualité de son travail. En dix saisons à l’AS DOUANES (2015 -2025), le technicien compte 8 titres de champion national avec l’équipe séniore féminine, 2 avec celle des Espoirs, 9 avec la catégorie des juniores, 10 fois champion avec l’équipe des cadettes et 9 avec celle des minimes. Avant cela, Justin Bado et ses filles d’une autre génération ont dominé les jeux scolaires entre 2008 et 2015 avec au compteur 21 trophées de vainqueurs sur le plan régional et national, toutes catégories confondues.

« Ces nombreux titres remportés dans toutes ces catégories ne sont que la face visible de

Dr Melody Gnampa : « Papy Bado a
toujours célébré avec nous, chacune de nos
victoires dans la vie active comme sportive ».

son investissement. Derrière chaque trophée soulevé, il y a la signature de Justin Bado : celle de l’exigence et de la générosité », explique le président de la Fédération burkinabè de basketball, Souleymane Yaméogo. Et cela, son collaborateur, coach Prosper Markouma qui le côtoie depuis 2003 en est témoin. « C’est quelqu’un de très humaniste qui sait comment s’y prendre avec les enfants pour les intéresser au sport. Jusqu‘à présent, je ne suis pas parvenu à savoir comment il fait cela car, parmi les enfants, il y en a de très rigides qu’il parvient à faire fléchir et à les modeler à sa manière pour les résultats que nous connaissons », confirme celui-ci.

Mais, il n’y a aucun autre secret en dehors de l’amour pour son travail, rassure Justin Bado. « En tant qu’éducateur il faut découvrir le centre d’intérêt de l’enfant, et vous pouvez l’amenez facilement à faire ce que vous voulez. Ce que veut d’un enfant dans un premier temps c’est jouer. Assurez-lui cela et les choses deviennent plus faciles. C’est cette approche de papa et de grand-père que je privilégie. Et puis comme ce sont des filles, il y a le langage qui doit être différent », répond-t-il. Cette manière de faire, le natif de Ténado, l’a affiné depuis 1991, lorsqu’il s’est véritablement lancé dans la formation en prenant part à la création de Olympique Club de Koudougou qui a compté dans ses rangs des noms tels Sam Aboubacar Coulibaly et Charles Ouédraogo.

Un mentor infatigable

Après cette expérience, le jeune enseignant d’éducation physique et sportive affecté à Ouagadougou va s’orienter vers la formation exclusive des filles et cela avec l’AS SONABHY à partir de 1999. Il rejoint l’ASFA-Y par la suite en 2008 pour deux saisons avant de créer l’Association sportive Liberté Basketball du Kadiogo (AS LBK). Avec cette formation, il remporte plusieurs titres de champion national dans les différentes catégories et ce jusqu’en 2014 avant de déposer ses valises à l’AS DOUANES.

Souleymane Yaméogo, président de la
Fédération burkinabè de basketball :
« merci, M. Bado, pour ces décennies au
service du sport de la balle au panier. Votre
héritage s’écrit chaque jour à travers les
exploits de vos joueuses ».

Cette régularité dans la performance est couronnée par le titre de meilleur entraineur de la saison deux fois de suite par la fédération de tutelle. La Nation a également reconnu le mérite du formateur par deux fois. En 1998, il a été élevé au grade de Chevalier de l’Ordre de Mérite et plus récemment en 2018, il a reçu la médaille d’Officier de l’Ordre de Mérite. L’homme bénéficie également de la sympathie et de l’amour de plusieurs générations d’athlètes qui le tiennent en estime. Sont de celles-ci le docteur en médecine du sport, Zeinab Melody Gnampa, ancienne joueuse (de poussin à séniore), aujourd’hui médecin de l’équipe de basketball de l’AS DOUANES.

« Cela fait 23 ans que je connais papy Bado. Il a été pour nous, un encadreur plein qui a su allier rigueur, bienveillance et amour. Regardant sur les études, il empêchait ses joueurs de faire la dichotomie entre études et sport. Sa relation avec nos parents est tout aussi excellente. A chaque étape, évolution ou difficulté, la concertation était de mise en vue de trouver des solutions », se souvient-elle. Une bienveillance qui n’a pas faiblit avec le temps, à en croire la capitaine actuelle de l’équipe séniore qui évolue sous la houlette de coach Bado depuis 2010. « Il est comme un père pour chacune de nous. Il protège et conseille beaucoup et cela même sur des choses qui ne concernent pas le sport.

La capitaine de l’AS Douanes, Innocente
Sana dit sa reconnaissance à son coach
Bado pour lui avoir fait découvrir et aimer
le basketball.

Il est très fréquent de voir M. Bado interpeler une joueuse dont les notes ne sont pas bonnes en classe ou encore saisir tes parents lorsqu’il constate un changement dans ton comportement », témoigne Innocente Nana. Même s’il n’est pas prêt de se retirer, Justin Bado a réussi à transmettre sa passion à de jeunes entraineurs dont Hervé Yaméogo qui est sous son aile depuis 12 ans. « Il est toujours présent même lorsqu’il ne se sent pas bien physiquement. Il a réussi à me contaminer avec cette passion si bien que, quelles que soient mes obligations professionnelles, si je ne suis pas là, je sens que quelque chose me manque », indique le jeune entraineur décidé à marcher dans les pas de son mentor.

Voro KORAHIRE

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