Premier joueur professionnel de baseball originaire du Burkina Faso, Lassina Sanfo évolue depuis 2014 au Japon. Capitaine de son équipe et figure emblématique du baseball burkinabè, il incarne le rêve et l’ambition des jeunes talents de son pays. Rencontre avec un sportif qui porte haut les couleurs du Faso.
Pouvez-vous revenir sur vos débuts dans le baseball et nous dire comment ce sport est entré dans votre vie au Burkina Faso ?
J’ai découvert le baseball en 2009 grâce à un volontaire japonais nommé Deai Yuta. Il vivait à quelques centaines de mètres de chez moi à Ouagadougou. Au début, nous voulions simplement sympathiser avec lui. C’est ainsi que j’ai rencontré le baseball. J’ai ensuite convaincu mes amis et mon petit frère de commencer à jouer. A cette époque, le baseball était très peu connu au Burkina Faso, mais c’était un sport fascinant.

Qu’est-ce qui vous a permis de franchir le pas vers une carrière professionnelle à l’international et comment s’est présentée l’opportunité de jouer au Japon ?
En 2012, Yuta a organisé une sélection à Ouagadougou. J’ai été le seul choisi par mes coéquipiers, ce qui m’a donné l’opportunité de me rendre au Japon en 2013 pour rejoindre mon club actuel. Là-bas, j’ai passé un autre test pour devenir stagiaire et j’ai finalement été accepté en 2014. C’était le début de mon aventure professionnelle et un grand défi pour moi.
En quoi le baseball japonais vous a-t-il fait progresser, aussi bien sportivement qu’humainement ?
Sportivement, j’ai appris toutes les techniques professionnelles et ce que signifie être un joueur pro. Humainement, le baseball m’a enseigné le respect envers mes coéquipiers, mes adversaires et les fans. J’ai également découvert la culture japonaise et appris à la vivre pleinement. Les Japonais m’appellent souvent « le Japonais noir » car ils disent que je suis devenu presque plus japonais qu’eux.
Vous avez été capitaine de votre équipe : que représente cette responsabilité pour un joueur burkinabè évoluant à l’étranger ?
C’est un grand honneur pour moi et pour le baseball burkinabè. Être capitaine me permet de représenter mon pays et de montrer que les Burkinabè peuvent exceller à l’international.
Quel est, jusqu’ici, le moment le plus marquant de votre carrière professionnelle ?
Avant que je devienne capitaine, mon équipe n’avait pas remporté de titre pendant 12 ans. Après mon élection, j’ai dirigé l’équipe jusqu’à ce qu’elle devienne championne de la ligue. Mettre fin à cette longue période de défaites a été, pour moi, le moment le plus marquant de ma carrière.
Que ressentez-vous lorsque vous portez le maillot de l’équipe nationale du Burkina Faso ?
Porter le maillot national me rend extrêmement fier de mon parcours. Représenter mon pays est un honneur immense, et jouer avec mes frères burkinabè me rappelle mes débuts au Burkina et la passion qui nous anime pour ce sport.
Comment jugez-vous aujourd’hui le niveau et l’évolution du baseball burkinabè sur le continent africain ?
L’évolution du baseball n’est pas facile, mais la fédération fait de son mieux. En Afrique, et surtout en Afrique de l’Ouest, le Burkina Faso est aujourd’hui numéro 1. Les autres pays le savent, que ce soit dans les championnats juniors ou seniors.
Selon vous, quels sont les principaux défis à relever pour développer davantage ce sport au Burkina Faso ?
Nous manquons de formateurs, de matériel et surtout de soutien du ministère des Sports pour organiser plus d’activités. Si le baseball pouvait être intégré dans les écoles, son développement serait beaucoup plus rapide.
Quel rôle souhaitez-vous jouer dans la formation et l’encadrement des jeunes talents burkinabè ?
Je veux créer une véritable connexion avec les jeunes talents, leur donner la chance de se développer et, pourquoi pas, de représenter le Burkina Faso comme je l’ai fait. Mon objectif est de guider et de soutenir la prochaine génération.
Quels sont vos objectifs sportifs à court et à moyen terme ?
Cette année, je suis devenu entraîneur assistant. Mon objectif est de bien gérer l’équipe et de viser les championnats dans toutes les ligues au Japon. Je veux continuer à progresser et à transmettre mon expérience.
Quel message adressez-vous à la jeunesse burkinabè et aux lecteurs de Sidwaya Sport ?
La vie n’est facile nulle part, mais tant qu’on se bat pour son pays, sa famille et ses frères, tout est possible. Les vrais héros sont ceux qui se battent pour le Burkina Faso, même si le champ de bataille est différent pour chacun. Moi aussi, je promets de me battre pour représenter mon pays. J’invite mes frères et sœurs à essayer le baseball et à développer ce sport ensemble.
Propos recueillis par Pengdwendé Achille OUEDRAOGO







