Nommé membre de la commission entrainements et méthodes de la Confédération africaine de handball (CAHB) pour la mandature 2025-2029, le Directeur technique national (DTN) de la Fédération burkinabè de handball (FBHB), Ba-Banien Sirima, voit dans cette désignation une reconnaissance du travail accompli au Burkina Faso. Dans cet entretien, il revient sur la portée de cette nomination et ses ambitions pour le développement du handball national et continental.
Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je suis agent au ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, entraîneur de handball et actuellement Directeur technique national de la Fédération burkinabè de handball.
Ancien joueur, j’ai découvert le handball à l’école à travers les compétitions scolaires. Très tôt, je me suis passionné pour l’encadrement. En 1999, j’ai intégré l’Institut des sciences du sport où j’ai poursuivi ma formation. J’ai ensuite créé une école de handball, que j’ai mise au service de mon club, l’AS SONABHY. Après avoir arrêté officiellement ma carrière de joueur en 2010, je me suis consacré entièrement à l’encadrement. J’ai occupé successivement les postes d’entraîneur national adjoint, sélectionneur des jeunes, sélectionneur senior, avant d’être nommé DTN.

Quel a été votre sentiment à l’annonce de votre nomination au sein de la commission entraînements et méthodes de la Confédération africaine de handball (CAHB) ?
C’est un sentiment de grande fierté. Cette commission est directement liée à mes missions actuelles de DTN. Etre choisi pour représenter la Zone 3 au niveau continental est une
marque de confiance. Cela signifie que le travail accompli au niveau national est reconnu. C’est un honneur, mais aussi une lourde responsabilité.
Au-delà de votre personne, que représente cette nomination pour le Burkina Faso et la FBHB ?
C’est une avancée importante. Il est essentiel pour un pays d’être représenté dans les instances continentales. Cela permet de mieux comprendre les orientations stratégiques, de défendre ses intérêts et de participer aux prises de décisions.
Le Burkina Faso n’est pas toujours suffisamment représenté dans certaines sphères sportives africaines. Cette présence est donc une opportunité pour valoriser notre savoir-faire et partager notre expérience, notamment notre capacité à obtenir des résultats avec des moyens limités.
Quelles sont les missions de cette commission ?
La commission, entrainements et méthodes s’occupe de tout ce qui touche à l’encadrement technique : la formation des entraineurs, les contenus pédagogiques, la planification, les
licences et la mise en conformité avec les réformes de la Fédération internationale. Aujourd’hui, il existe des exigences précises pour diriger une équipe en compétition officielle.
Notre rôle sera d’accompagner les fédérations dans la mise à niveau de leurs entraîneurs et dans l’harmonisation des standards techniques sur le continent.
Quels sont les chantiers prioritaires pour améliorer le niveau des entraîneurs africains ?
Il faut renforcer l’accès aux formations certifiant, harmoniser les contenus pédagogiques et faciliter les échanges d’expertise entre les zones. Plusieurs pays accusent un retard dans la mise à jour des diplômes. Il est important de réduire ces écarts pour élever globalement le niveau du handball africain.
Comment concilierez-vous vos fonctions nationales et cette mission continentale ?
La mission ne nécessite pas un changement de résidence. Le travail se fera principalement en ligne, avec quelques missions ponctuelles. J’ai toujours su concilier mes responsabilités administratives et techniques. Cette nouvelle fonction viendra enrichir mon action au niveau national.
Concrètement, comment le handball burkinabè pourra-t-il tirer profit de votre présence à la CAHB ?
Nous aurons un accès plus direct aux informations stratégiques et aux opportunités de formation. Le handball burkinabè reste fortement scolaire et universitaire. Nous
faisons face à un déficit d’infrastructures et de matériel. Notre priorité est la formation à la base et la mise à niveau rapide des entraîneurs, surtout ceux appelés à encadrer les équipes nationales. Les nouvelles réglementations exigent des diplômes spécifiques pour diriger une équipe en compétition officielle. Nous devons nous conformer à ces standards.
Cette nomination facilitera-t-elle l’organisation de stages ou l’obtention de bourses ?
Des actions sont déjà engagées. En 2026, une formation pour l’obtention d’une licence internationale de base est programmée. Nous travaillons également à envoyer certains
entraîneurs se former dans la sous-région afin d’augmenter rapidement le nombre de techniciens qualifiés. Si des opportunités supplémentaires se présentent grâce à la CAHB,
nous les saisirons au bénéfice de nos encadreurs.
Quels sont vos objectifs personnels pour ce mandat ?
La réussite. Cette nomination repose sur une confiance accordée à ma personne et à mon pays. Je souhaite contribuer à moderniser les méthodes d’entraînement et à renforcer la
professionnalisation des entraîneurs sur le continent.
Quel est votre message à la famille du handball burkinabè ?
Je félicite tous les encadreurs pour leur engagement, souvent bénévole, malgré des moyens limités. Je les encourage à persévérer et surtout à se former. L’avenir du handball
burkinabè dépendra de notre capacité à investir dans nos compétences. C’est à nous de tracer la voie pour les générations futures.
Pengdwendé Achille OUEDRAOGO







