Dans l’univers des sports de batte et de balle, le softball demeure l’une des disciplines les moins connues du grand public au Burkina Faso. Pourtant, ce sport proche du baseball (Sidwaya Sport 1684) possède ses propres spécificités, une histoire riche et une pratique répandue dans plusieurs régions du monde. Découverte d’une discipline qui tente progressivement de se faire une place dans le paysage sportif national.
Le softball est une variante du baseball né à la fin du XIXᵉ siècle aux Etats-Unis. A l’origine, il s’agissait d’une adaptation permettant de pratiquer le baseball dans des espaces plus réduits, notamment en milieu urbain ou scolaire. Au fil des décennies, la discipline s’est structurée et a gagné en popularité dans plusieurs pays. Aujourd’hui, le softball est administré au niveau international par la World Baseball Softball Confederation (WBSC), l’instance qui regroupe les fédérations nationales de baseball et de softball. Cette proximité institutionnelle s’explique par les nombreuses similitudes entre les deux sports, qui partagent des règles de base communes.
Comme au baseball, deux équipes de neuf joueurs s’affrontent. L’objectif consiste pour l’équipe en attaque à frapper la balle lancée par l’adversaire à l’aide d’une batte, puis à courir successivement vers quatre bases disposées en losange afin d’inscrire des points. Une rencontre se dispute généralement en sept manches, contre neuf au baseball. Les équipes alternent entre phase offensive (frappe) et phase défensive (lancer, réception et élimination des coureurs). Malgré ces similitudes, le softball possède plusieurs caractéristiques qui lui sont propres. La première différence concerne la balle, plus grosse et légèrement plus souple que celle utilisée au baseball. Le terrain est également plus compact, avec une distance d’environ 18 mètres entre les bases, contre plus de 27 mètres dans la version classique du baseball.

Autre particularité majeure, la technique de lancer. En softball, le lanceur effectue un mouvement par-dessous, avec le bras réalisant une rotation complète. A l’inverse, au baseball, le lancer se fait par-dessus l’épaule. Ces éléments contribuent à rendre le jeu particulièrement rapide et dynamique. La discipline se décline en plusieurs formats, dont les plus répandus sont, le fastpitch, version la plus compétitive et utilisée dans les grandes compétitions internationales. Les lancers y sont très rapides et demandent une grande précision technique. Le slowpitch, caractérisé par un lancer plus lent et une balle envoyée en cloche, ce qui rend la pratique plus accessible, notamment dans les ligues amateurs ou scolaires. Le softball a également connu une reconnaissance mondiale en figurant à plusieurs reprises au programme olympique, notamment lors des Jeux olympiques d’été de Tokyo 2020. Certaines nations, comme les Etats-Unis ou le Japon, comptent parmi les grandes puissances de la discipline.
Une pratique ancienne mais discrète au Burkina Faso
Au Burkina Faso, le softball est géré conjointement avec le baseball par la Fédération burkinabè de baseball et softball. Malgré son ancienneté, la discipline reste encore peu visible. Selon Mariam Guitanga, chargée de stratégie et de développement au sein de la fédération et ancienne présidente de la Ligue (2020-2024), la pratique remonte pourtant au début des années 1990. « Le softball se joue au Burkina Faso depuis 1993. A l’époque, un club appelé Burkina Faso pratiquait la discipline à l’école américaine et participait déjà à des compétitions au Niger et au Sénégal », explique-t-elle.
La création de la fédération en 2004 a ensuite permis d’encourager l’introduction de cette discipline dans les clubs du pays. Contrairement à une idée répandue, le softball n’est pas totalement absent du calendrier sportif national. Plusieurs compétitions sont organisées à différents niveaux. « Avant les compétitions inter-ligues, des tournois sont d’abord organisés au niveau des régions. Les meilleures équipes se qualifient ensuite pour s’affronter entre ligues », précise Mariam Guitanga. Elle souligne par ailleurs, que la plupart des clubs affiliés pratiquent le baseball, le softball et le baseball5. Dans certaines occasions, des matchs promotionnels sont également organisés. Par exemple, un match de softball doit opposer prochainement le Leaders Baseball Club à une équipe de Ziniaré dans le cadre d’une activité dédiée à la promotion du sport féminin, selon la promotrice du Leader Baseball Club.
Malgré ces initiatives, le développement du softball au Burkina Faso reste confronté à plusieurs obstacles. Le premier défi concerne la disponibilité des pratiquants, notamment chez les femmes. « Il est souvent difficile de maintenir les joueuses dans la durée. Certaines arrêtent pour des raisons familiales ou professionnelles, ce qui oblige les clubs à recruter régulièrement de nouvelles joueuses », explique Mariam Guitanga. Le manque de matériel constitue également un frein majeur. Battes, balles, équipements de protection et infrastructures représentent un investissement important pour des clubs disposant de moyens limités.
A cela s’ajoute la question du financement et de l’encadrement technique. Dans de nombreux clubs, les présidents sont eux-mêmes entraineurs, faute de ressources pour rémunérer des techniciens. Face à ces difficultés, la fédération mise sur la formation des jeunes dans les établissements scolaires pour assurer la relève. « Nous privilégions les collèges et les lycées. Lorsqu’on initie les jeunes très tôt, ils développent une passion pour la discipline et peuvent envisager d’aller plus loin », indique la responsable fédérale. Selon ses estimations, une vingtaine d’équipes s’entrainent aujourd’hui au softball au Burkina Faso, même si les compétitions restent encore irrégulières.
Pengdwendé Achille OUEDRAOGO







