L’ambition, du caporal Issouf Youma, est d’étendre la compétition à l'échelle de l'espace AES.

La première compétition du biathlon organisée, le 31 janvier dernier, à Ouagadougou, a connu un franc succès selon son initiateur le caporal Issouf Youma. Il revient sur l’organisation et les perspectives.

Qu’est-ce qui vous a motivé à porter sur les fonts baptismaux le biathlon ?

Avant tout propos, permettez-moi de remercier la hiérarchie militaire notamment le Ministre d’Etat Ministre de la Guerre et de la Défense Patriotique, Ministre des affaires étrangères, Ministre de l’Energie, des Mines et des Carrières et du Serviteur du Peuple ainsi que les autres membres du gouvernement, la Fondatrice GOPAGA et les deux partenaires officiels Bissa Gold et Siatol et enfin le CEMGA pour avoir salué et soutenu l’initiative afin que je puisse poser cette base d’une nouvelle tradition sportive au Burkina Faso. Car, aujourd’hui, cette vision devient une réalité avec la mise en action du biathlon, une nouvelle discipline sportive destinée à la jeunesse burkinabè et qui n’existait pas encore dans notre environnement sportif.

C’est une grande fierté de voir cette idée prendre vie au service de la jeunesse africaine en générale et particulièrement celle du Burkina Faso. Il y a trois ans, animé par une vision forte et un profond amour pour ma patrie, j’ai imaginé et rédigé une initiative ambitieuse : introduire et développer le biathlon au Burkina Faso, une discipline jusque-là inexistante dans le pays. En initiant cette nouvelle discipline, je souhaite ouvrir une nouvelle ère pour le sport burkinabè, créer une opportunité inédite pour la jeunesse et inscrire le Burkina Faso dans la dynamique des grandes nations sportives émergentes.

La création de cette discipline s’inscrit dans un ordre de défis à relever pour le Burkina Faso, pour l’Afrique parce qu’il fallait au moins que le Burkina Faso, l’Afrique puissent apporter leur contribution à l’édification de l’humanité en ce qui concerne le sport. Ainsi, au-delà d’un simple projet sportif, c’est une ambition nationale qui s’exprime : voir un jour les athlètes burkinabè s’illustrer sur les grandes scènes internationales et faire flotter fièrement le drapeau du Burkina Faso parmi les nations qui façonnent l’avenir du sport.

Comment s’est passé la première édition ?

La première édition a été un moment historique et profondément inspirant pour le sport national car il a été un franc succès. Pour une discipline encore nouvelle dans le pays, l’événement s’est déroulé avec enthousiasme, engagement et une énergie collective digne des plus grandes premières mondiales.

Au-delà de la compétition, cet événement historique a symbolisé l’unité, la créativité et l’ambition sportive du Burkina Faso. Il a envoyé un message fort : même une discipline nouvelle peut, en peu de temps, devenir un vecteur d’excellence et de fierté nationale. La première édition du Biathlon burkinabè a ainsi posé les bases d’un avenir prometteur, où de nouveaux champions pourront naître, grandir et représenter le pays sur la scène internationale.

Pour cette première édition, la participation a été estimée grâce à une coordination minutieuse entre les organisateurs, les écoles et les clubs sportifs, Les athlètes sélectionnés ont été choisis en fonction de leur motivation, de leur endurance et de leur discipline, afin de garantir un événement de qualité et sécuritaire dont ils s’élevaient a plus de 300 concurrents En complément de la compétition principale, une course de 2 km donc les concurrents s’élevaient a plus de 600 élèves de moins de 17ans, exclusivement scolaires a été organisée.

Cette initiative avait pour objectif d’initier les élèves à l’esprit du Biathlon, de leur transmettre les valeurs de discipline, du patriotisme de dépassement de soi, et de préparer la relève de cette nouvelle discipline.

Pour un coup d’essai, peut-on affirmer que cela a été un coup de maitre ?

Affirmatif, cette première édition a été un véritable coup de maître. Non seulement l’événement a mobilisé la jeunesse burkinabè et suscité un enthousiasme sans précédent, mais il a également attiré l’attention au-delà des frontières. Fort de ce succès, je nourris déjà l’ambition de la deuxième édition, avec l’objectif de rassembler encore plus de participants au niveau national et international, de renforcer la compétition et de positionner le Burkina Faso comme une référence émergente dans le biathlon au niveau international.

Quelles sont les perspectives ?

Je nourris des perspectives ambitieuses pour le biathlon, une discipline entièrement nouvelle au Burkina Faso. J’ai par exemple cette ambition d’étendre la compétition à l’échelle de l’espace AES pour forger la stabilité régionale par le sport afin de créer un circuit sahélien du biathlon Des innovations pour la prochaine édition ? Pour la prochaine édition du biathlon national, plusieurs innovations sportives, technologiques et organisationnelles peuvent être introduites afin de renforcer l’impact au Burkina Faso et préparer une ouverture internationale. Il s’agit par exemple de placer la compétition sous le Très haut patronage du président du Faso ou du Premier ministre afin de donner une dimension nationale importante.

Quelles sont les difficultés que vous aviez rencontrées ?

Bien que le bilan global soit positif, le biathlon burkinabè combinant 1500 m de course et grimper à la corde verticale, est une nouvelle discipline innovante destinée à la jeunesse. Malgré son potentiel, son développement est freiné par des infrastructures limitées, un financement insuffisant, un encadrement restreint et une faible visibilité. Avec un soutien institutionnel et des partenaires internationaux, cette discipline peut devenir un symbole national et un projet sportif burkinabè à rayonnement international, mobilisant la jeunesse autour du dépassement de soi. S’agissant d’une nouvelle discipline au Burkina Faso, l’organisation a dû faire face aux défis classiques d’une première, notamment pour faire comprendre les spécificités de ce sport hybride au grand public. Le biathlon burkinabè est prometteur mais nécessite de la formation et de la visibilité pour se développer pleinement au niveau national et internationale.

Entretien réalisé par Yves OUEDRAOGO

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