Domaine de passion, la pêche sportive est en train de se faire une place au Burkina Faso. Forme de pêche de loisir structurée, elle regroupe plus de 4000 pratiquants. Qu’est ce qui fait d’elle une activité sportive? Comment elle se pratique ? A ces interrogations, le président de l’Association des pêcheurs à la ligne du Faso (APLF), Lazare Ki, apporte des réponses.

Qu’est-ce que la pêche sportive ?

La pêche sportive regroupe tous les acteurs autour de l’eau, pour se recréer et aussi partager les vertus de la pêche.

La pêche peut-elle être un exercice physique ?

La pêche implique diverses activités physiques telles que lancer, mouliner et manœuvrer la canne à pêche. Ces actions sollicitent les muscles, améliorent la coordination et constituent une forme d’exercice à faible impact.

Comment se pratique cette pêche sportive ?

La pêche sportive est une activité physique intense et technique, pratiquée en eau douce ou en mer, axée sur la traque de poissons combatifs avec du matériel adapté à savoir leurres et appâts. Elle se distingue par le relâchement du poisson, le respect de l’environnement, l’utilisation de leurres artificiels et une approche itinérante pour localiser les carnassiers.

Comment est-elle arrivée au Burkina Faso ?

La pêche c’est d’abord une passion. Dans les quatre coins du Burkina Faso, les gens s’adonnent à sa pratique de façon libérale. Elle n’avait toujours pas cet aspect sportif jusqu’en 2005 où nous avons décidé de nous réunir autour d’une association.

Dénommée Association des pêcheurs à la ligne du Faso (APLF), elle regroupe tous les pêcheurs, tous ceux qui ont un amour pour la pêche sportive. Le cadre a été créé pour promouvoir le secteur et tout ce qui gravite autour, dont la préservation de la nature qui est notre bien commun. Nous avons créé cette structure pour essayer de nous retrouver, échanger également autour des nombreuses difficultés auxquelles nous sommes confrontés

Comment est-elle organisée au Burkina ?

L’APLF a plus de 4000 adhérents qu’on retrouve partout au Burkina Faso. Nous menons des activités en collaboration avec la direction des ressources halieutiques. La plus phare est l’empoissonnement des poissons dans les barrages. A Pabré en 2023, nous étions à notre cinquième édition où nous avons mis 40.000 alevins dans le barrage. Nous avons fait pareil à Saaba, Boulbi et à Bakata. Ce sont des actions comme ça que nous menons sporadiquement, en collaboration avec le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques .

A côté, nous avons notre compétition sportive, la Canne d’or. Le 28 février dernier, aux bords du barrage de Pabré, nous avons tenu la IXe édition.

Comment fonctionne l’APLF ?

L’APLF fonctionne principalement sur la vente des cartes des membres et le soutien de certains partenaires. Elle bénéficie également de l’apport de la direction des ressources halieutiques à travers les formations de ses membres.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

La difficulté majeure, c’est l’absence du permis de pêche national. Il n’existe pas pour le moment. Ce sont des permis régionaux qui sont délivrés. Un pêcheur qui quitte Ouagadougou, ou il détient un permis de sa région, pour aller pêcher à Ziniaré, il lui faut prendre un permis de cette région qui coute 2500 F CFA. Avec le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, nous avons souhaité un permis national comme celui de la chasse. Si toutefois notre doléance est prise en compte, vous verrez que tous les adhérents seront à jour. C’est un véritable cri de cœur.

Quelle est votre politique de vulgarisation de la pêche sportive au Burkina ?

Depuis la création de l’association, nous avons réussi à mettre en place des bureaux régionaux un peu partout. Mais le hic est que la majeure partie des pratiquants de la pêche sportive sont des fonctionnaires différents des paysans qui s’adonnent à celle du filet. Et à chaque mouvement de ces derniers c’est un perpétuel recommencement. C’est l’une des problématiques qu’il faut travailler à résoudre.

Association depuis 2005, à quand la Fédération burkinabè des pécheurs à la ligne du Faso ?

Nous sommes en train de travailler pour aboutir à la fédération. C’est un objectif que nous nous sommes fixés. Cela commence avec l’implantation dans les régions. Il est vrai que c’est difficile, mais nous allons y parvenir. La pêche est un domaine de passion. Et là où il ya la passion, il y a la volonté. C’est pour dire que bientôt nous allons aboutir à la fédération.

D’où vient votre amour pour la pêche ?

La pêche et moi c’est depuis mon jeune âge dans les années 72, 73. C’est un adolescent qui tape le ballon dans les rues. Elle a beaucoup de vertus. Elle est une activité complète, alliant des bienfaits physiques à une détente mentale profonde. Pratiquée en pleine nature, elle réduit le stress, améliore la concentration, la patience et favorise la déconnexion, offrant un exutoire idéal pour la santé physique et psychique.

Interview réalisée par Ollo Aimé Césaire HIEN

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