Fahige Kambou a des atouts physiques pour le lancer.

Dans le lancer de disque, c’est le Burkinabè le plus en forme du moment. Fraîchement champion de France hivernal, Sié Fahige Kambou, est par son parcours et de ses performances récentes, le porte-étendard du Burkina Faso dans la discipline.

Du haut de ses 1,97 m et fort de ses 130kg, Fahige Kambou présente le gabarit idéal des lanceurs de disque. Recordman national et régional (zone II Afrique), il est la principale chance du Burkina Faso de rivaliser au niveau international dans ce domaine. C’est ce qui s’est passé le 20 février 2026, lorsqu’il est monté sur la plus haute marche du podium à Nice, aux championnats de France hivernaux de lancers. Depuis qu’il a rejoint le club Stade Sottevillais 76 en 2022, le natif de Bobo-Dioulasso n’a cessé de progresser.

Après avoir expérimenté le triple saut au lycée puis les 100m et 200 m, Fahige Kambou a trouvé sa voie dans le lancer de poids et de disque à partir de 2017 suite aux conseils de son premier entraineur, alors directeur technique national de la fédération d’athlétisme, Missiri Sawadogo. « Il était sceptique au départ mais a fini par comprendre qu’avec sa taille et sa corpulence, c’est ce qu’il y avait de mieux.

C’est quelqu’un qui fait beaucoup d’entrainement individuel. Il y a pris goût et a commencé à se perfectionner pour devenir plus tard champion national », se souvient le technicien. En 2017 aux championnats d’Afrique de la région II en Guinée il termine vice-champion. En 2018 il cumule les titres de champion national au lancer de poids et au lancer de disque avec une performance à 42,62m. Lors des jeux africains au Maroc l’année suivante, il intègre le top 8 africain du lancer de disque grâce à un jet mesuré à 46,35m. « Cela a été un tournant décisif pour moi qui ai eu l’occasion de côtoyer les meilleurs du continent en la matière. Cela a renforcé mon amour pour la discipline et a été déterminant pour la suite », confie-t-il.

C’est en 2021 qu’il confirme son statut de nouveau maître de la discipline au plan national en battant pour la première fois le record national qui était de 48,15m. Il le porte cette année-là à 53,63m lors des championnats d’Afrique de la région II à Kaduna au Nigéria. Ce jet lui vaut de se qualifier pour les championnats d’Afrique. « Ce résultat m’a aussi permis d’intégrer un club d’athlétisme en France et de bénéficier de meilleures conditions d’entrainement », précise Fahige Kambou. Les JO de 2028 en ligne de mire En 2022, son lancer de 52,93 m en finale des championnats d’Afrique à l’Ile Maurice lui assure la 7e place au classement. Une performance qu’il a améliorée en 2023 aux jeux de la Francophonie à Kinshasa en RDC (54,98m) et se propulse au pied du podium. 2024 a été une année charnière dans la carrière du jeune athlète qui a compilé les 4e places.

D’abord aux Jeux africains au Ghana, puis aux championnats d’Afrique au Cameroun. En Russie pour les Jeux des BRICS il se contente de la 5e position. Sa nouvelle marque réalisée cette année à 59,63m améliore le record national et établit un nouveau record d’Afrique de la région II. Sa saison 2025 marquée par plusieurs meetings en Europe a été perturbée par une blessure, et une performance qui restera à 57,92m. Titulaire d’une License en statistiques Informatiques et d’un Master en Statistiques Appliquées et Aide à la Décision, Fahige Kambou a bien entamé l’année en cours avec ce jet à 50,95m synonyme de champion de France hivernal. « On continue la préparation pour les championnats d’Afrique au mois de mai, même si c’est très compliqué.

Malheureusement n’ayant pas d’aide ni de bourse tout est à ma charge car ce n’est pas comme en club de football. J’essaie de me donner les moyens de pouvoir cette fois-ci décrocher la médaille continentale car j’ai assez été 4e », avoue-t-il. Sur le long terme, dit-il, l’objectif c’est la qualification pour les JO de Los Angeles en 2028 en passant par les prochains jeux africains l’année prochaine en Egypte. Un objectif désormais possible, à en croire son ancien entraineur. « Avec son record de plus de 59m s’il le répète dans n’importe quelle compétition continentale, il a une médaille. Pour les championnats d’Afrique en mai c’est l’un de nos médaillés potentiels car je pense qu’il va s’améliorer », affirme Missiri Sawadogo.

Voro KORAHIRE

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