L’expert québécois en sécurité alimentaire, Nicolas Montibort, s’est dit très satisfait de la qualité des débats et des réflexions.

L’ONG Action pour la promotion des initiatives locales (APIL) a abrité, du 4 au 7 mars 2019 à Ziniaré, un atelier d’échanges et de partage d’expériences sur la sécurité alimentaire et l’agroécologie. L’objectif était de renforcer les capacités des acteurs pour une meilleure diffusion des bonnes pratiques agroécologiques dans leurs zones d’intervention.

Cet atelier d’échanges et de partage d’expériences sur la sécurité alimentaire et l’agroécologie, a regroupé les trois organisations partenaires du projet Innovation et mobilisation pour la sécurité alimentaire (IMSA). Financé par la Fondation Œuvre Léger du Canada, pour la période 2015-2020, le projet IMSA vise à améliorer durablement la sécurité alimentaire des populations vulnérables au Burkina Faso.

L’un des objectifs de ce projet est de promouvoir des pratiques agroécologiques adaptées au changement climatique. Ce projet est mis en œuvre dans les régions du Centre- Nord et du Plateau central par l’ONG APIL, dans la Boucle du Mouhoun par l’Union des sociétés coopératives de commercialisation des produits agricoles (USCCPA) et dans la région du Nord par l’Association formation développement rural (AFDR). «Nos partenaires de mise en œuvre du projet IMSA ont exprimé le besoin de renforcer leurs capacités en agroécologie parce que les gens utilisent souvent des concepts d’agroécologie sans être vraiment dans la vraie pratique de l’agroécologie.

C’est pourquoi, nous avons jugé bon de faire venir deux experts du Québec pour travailler avec nos partenaires afin de planifier les concepts d’une part et d’autre part, de lier la théorie à la pratique à travers des visites- terrains» a confié M. Charles Mugiraneza, chargé du programme Afrique à Œuvre Léger Canada. Quatre jours durant, plusieurs thématiques ont été développées au profit
de la vingtaine de participants.

Ces communications ont porté sur : «Les principaux concepts en agro écologie», «Les caractéristiques propres à l’approche agroécologique», «Les modèles de transition agroécologique», «La structure, les fonctions et principes de l’agrosystème», «L’innovation en agroécologie», «La gestion des risques environnementaux dans la gestion du projet». Quant à la phase pratique, elle a consisté au diagnostic et à l’analyse des pratiques agroécologiques sur le terrain.

La sortie sur le terrain a permis aux participants d’analyser les pratiques agroécologiques des producteurs de Bissiga et de Baolin

Dans un contexte marqué par la rareté de ressources financières pour l’achat d’intrants chimiques, l’expert en sécurité alimentaire, Nicolas Montibort, a conseillé que : «Il faut concilier la sécurité alimentaire et le modèle agroécologique qui est un modèle global et intégré qui permet de valoriser toutes les ressources naturelles d’un territoire afin de pouvoir produire plus, produire mieux et produire à moindre coût. En plus, l’utilisation des intrants chimiques externes a des effets négatifs : contamination de l’environnement, grande vulnérabilité au changement climatique, avec l’épandage de pesticides et d’engrais chimiques qui perdent leur efficacité à la moindre pluie ou sècheresse».

«Mais avec les ressources naturelles sur votre territoire, vous pouvez travailler à les valoriser pour remplacer gratuitement les intrants chimiques externes qui contaminent votre nourriture, qui, à long terme vous rendent malades, épuisent les sols, font perdre la biodiversité et qui finalement font perdre la potentielle productivité des terres» a ajouté M Montibort. L’expert en production biologique, Ghislain Jutras, a précisé que : «L’agroécologie est une approche holistique car elle intègre autant la science moderne que les savoirs traditionnels.

En effet, elle fait appel aux sciences de l’écologie, de l’économie, de l’agronomie, de la sociologie et se manifeste sous diverses formes. Mais après le diagnostic et l’analyse des pratiques agroécologiques sur le terrain et au regard du processus, nous pouvons dire que dans le contexte burkinabè, on est au niveau de la transition agroécologique». Les objectifs visés par cet atelier sont atteints car selon M. Alexis Muzabimana de l’AFDR , «après cette formation, je me suis rendu compte que nous utilisions au hasard des termes que nous ne maîtrisons pas en parlant d’agroécologie.

Mais à présent, nous sommes bien outillés pour promouvoir l’agroécologie car les visites-terrains nous ont permis de nous approprier les étapes et les modèles de l’agroécologie». «Cette formation nous a permis de relever les nuances en matière d’agroécologie avec la clarification des concepts.

Aussi, la collecte et l’analyse des données sur le terrain nous ont permis de savoir à quelle étape nous sommes en matière de modèle agroécologique» s’est réjoui Ousmane Yéyé de l’USCCPA. Mme Aïda Kiwalo/Ouédraogo de l’ONG APIL, a reconnu : «cette formation nous a permis de savoir à quelle étape de l’agroécologie nous sommes. Les différentes communications nous ont surtout permis de nous approprier les concepts
liés à l’agroécologie, au changement climatique et à la sécurité alimentaire».

Abdias Cyprien SAWADOGO

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