Le Médiateur du Faso a organisé le lundi 18 mars 2019 la journée de la paix à Solenzo dans la province des Banwa dans la Boucle du Mouhoun.

Lundi 18 mars 2019, il est 10 heures à Solenzo. Par petits groupes ou individuellement, les populations de cette ville, capitale de la province des Banwa, convergeaient dans la cour du chef de canton. Une trentaine de minutes plus tard, un chef traditionnel en compagnie de ses tambouriniers et ses chanteuses fait son entrée, et s’engouffre immédiatement dans une demeure. C’est le chef de la communauté moaga de Solenzo, apprend-on. Quelques instants après, le chef de canton de Solenzo et «son frère» de la communauté moaga rejoignent ensemble la foule pour accueillir les autorités administratives. La raison du rassemblement, a expliqué d’entrée, le maître des lieux, est la célébration de la paix retrouvée dans la ville de Solenzo. «Il y a eu un moment où nos frères mossi et nous ne se parlaient pas. Dieu merci, avec les efforts des uns et des autres, ce passé douloureux est derrière nous. La preuve, nous voilà ensemble aujourd’hui pour traduire cette paix retrouvée», soutient le chef de canton de Solenzo.

«Nous venons de loin. Dieu merci, nous sommes parvenus à concilier les positions pour une vie paisible. Nous avons le devoir de travailler à consolider cette paix pour un développement durable de notre localité», renchérit le chef de la communauté moaga. La paix, la cohésion sociale, le pardon, ont été les maîtres-mots de tous les intervenants à la journée consacrée au renforcement du tissu social et au vivre-ensemble à Solenzo. «Désormais, les fils et filles de Solenzo, conclut le chef de canton de Solenzo sont à jamais unifiés». La journée de réconciliation, a rappelé le haut-commissaire de la province des Banwa, Sahabani Zèba, n’aurait pas lieu sans l’implication du Médiateur du Faso, Saran Séré/Sérémé, qui, dès sa prise de fonction a entamé des tournées dans les régions qui l’ont conduite à Solenzo dans la Boucle du Mouhoun où elle a fait le constat de l’effritement du tissu social. Ce constat aurait permis à Mme Séré de travailler d’arrache-pied pour rassembler les deux communautés de Solenzo, qui ne s’adressaient pas la parole.

Un processus qui a débuté par la réunion des deux entités en juin 2018 pour discuter à bâtons rompus du mal qui gangrenait la vie sociale à Solenzo. Dès lors, sur proposition du Médiateur du Faso, les deux chefs, ayant fait preuve d’un sens du dialogue dans la recherche de la paix, ont reçu la reconnaissance de la Nation à l’occasion du 11-Décembre 2018, à en croire la représentante du Médiateur du Faso à cette journée de célébration de la paix, Triandé Alizata, par ailleurs directrice du cabinet du Médiateur du Faso. Le dernier acte, pour sceller définitivement cette paix, a été cette journée ayant réuni à la même place les différentes communautés de la ville de Solenzo. En rappel, entre 2010-2011, un conflit intercommunautaire a éclaté entre les populations autochtones et la communauté mossi. Un conflit qui s’était soldé par la perte en vies humaines de deux personnes et de nombreux blessés, a confié une personne ressource. De 2010 à 2018 bien que vivant dans la même ville, les deux communautés avaient du mal à enterrer la hache de guerre jusqu’à l’intervention du Médiateur du Faso.

Kamélé FAYAMA

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