Le Chef de file de l’opposition politique (CFOP) au Burkina Faso a animé une conférence de presse, le jeudi 25 avril 2019 à Ouagadougou. Le dialogue politique annoncé par le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, et des sujets d’actualité nationale étaient au menu.

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, n’accorde pas d’importance au dialogue politique qu’il a lui-même annoncé. C’est du moins la conviction du Chef de file de l’opposition politique (CFOP) au Burkina Faso, Zéphirin Diabré, qui s’est expliqué au cours d’une conférence de presse, tenue le jeudi 25 avril 2019, au siège du CFOP, à Ouagadougou. «A trois jours de la date (28 avril) annoncée initialement pour la tenue du dialogue, nous ne savons pas encore où il va se tenir, quels sont les points qui y seront débattus, ni comment vont se dérouler les travaux», a-t-il déploré. Pourtant, a fait savoir M. Diabré, l’opposition a transmis par correspondance ses propositions au chef de l’Etat, à sa demande, le 10 avril 2019. Ces propositions sont réparties en 7 grandes thématiques, notamment la situation sécuritaire, la réconciliation nationale, l’union nationale et la cohésion sociale, le code électoral et les élections de 2020. La gouvernance et les questions sociales sont aussi prioritaires aux yeux de l’opposition. Tout en réaffirmant leur disponibilité à participer au dialogue, Zéphirin Diabré et ses camarades craignent que cette démarche soit une manœuvre politicienne.

«L’opposition ne se prêtera pas à une action de marketing politique dans laquelle le pouvoir compte utiliser les opposants pour soigner son image auprès des partenaires au développement. Nous ne sommes pas dupes», a averti le président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC).

Un dialogue sincère avec les syndicats

Outre la question du dialogue politique, l’opposition s’est intéressée aux sujets d’actualités. L’information relayée par le magazine Africa Intelligence selon laquelle le président Kaboré aurait repris les recettes de Blaise Compaoré en négociant avec les terroristes, a fait les choux gras du point de presse. L’opposition burkinabè a qualifié cette information de scandaleuse si toutefois elle est avérée.

Au regard de la gravité de l’information, Zéphirin Diabré invite le chef de l’Etat à officiellement apporter un démenti afin de rassurer ses compatriotes. Pourquoi apporter encore un second démenti alors que le porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou l’a déjà fait? A cette question des journalistes, le chef de file de l’opposition politique a laissé entendre : «De ma petite expérience au sein de l’administration, je sais que l’un des rôles du ministre, porte-parole, est de faire des démentis. Africa Intelligence est un magazine sérieux.

Il a dit des choses qui se sont vérifiées dans le temps. L’article cite des noms. Et jusqu’à présent, personne n’a démenti», a souligné, Zéphirin Diabré.
Autre sujet évoqué, le front social toujours en ébullition avec les mouvements dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la justice. L’opposition appelle l’exécutif à dialoguer sincèrement avec les syndicats et invite les deux parties à rendre publiques les conclusions des accords pour éviter les polémiques et autres manquements. Le CFOP a par ailleurs salué l’exploit des chirurgiens burkinabè qui ont mené en collaboration avec leurs homologues sénégalais, une opération de cœur avec succès sur une fillette de sept ans.

Abdoulaye BALBONE

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