Actu vert : les forêts classées menacées

Au Burkina Faso, les forêts classées font l’objet de toutes formes de menaces, du fait de la pression démographique. La dernière en date est la forêt classée de Kua, située dans la commune de Bobo-Dioulasso. Une partie de cette niche écologique a failli être déclassée, n’eût été la vigilance du ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique et de certaines organisations de la société civile.

La forêt classée de Kua est située à l’entrée de la ville de Bobo-Dioulasso au bord de la route nationale N°1. Elle a une superficie de 350 hectares et a été classée suivant l’arrêté 891/SE du 27 avril 1936 par l’administration coloniale. Cette niche écologique joue un grand rôle dans l’écosystème dans la cité de Sya. En plus de réguler le climat, la forêt compte des centaines d’espèces herbacées et ligneuses.

En outre, la forêt offre un grand service écosystémique spécifique, car en son sein, se trouvent quatre sources d’eau dont trois sont malheureusement menacées de disparition. Aussi, le bassin versant du Kou avec une superficie de 1 821 km2 qui intègre entre autres, les forêts classées de Dindéresso, du Kou, de Kua et de Kuinima, est reconnu comme périmètre de protection des ressources en eau potable de la ville de Bobo-Dioulasso. Il constitue également l’espace géographique qui contient le système d’eau associé à la rivière Kou, à ses affluents et aux sources de Nasso, selon les résultats de nombreuses recherches.

C’est la rivière Kou qui alimente principalement la vallée du même nom qui souffre déjà de l’ensablement et du manque d’eau. C’est au sein de cette forêt très stratégique pour la ville de Bobo-Dioulasso, qu’il a été proposé de déclasser une partie (16 hectares) pour construire un centre hospitalier universitaire.

Les forêts subissent une pression

Une situation qui a vu l’opposition de certaines organisations en l’occurrence, le Syndicat national des travailleurs de l’environnement, du tourisme et de l’hôtellerie (SYNTETH).
Au-delà de la question du déclassement, se pose la question de la menace des forêts classées au Burkina Faso de façon générale.

En effet, ces forêts subissent une pression liée à l’action des populations notamment, l’exploitation anarchique des ressources ligneuses. De nos jours, le principal produit exploité dans les forêts classées aménagées est le bois de chauffe. Certes, la loi N°003-2011/AN portant Code forestier au Burkina Faso, stipule que dans les forêts classées, les droits d’usage traditionnels reconnus au profit des populations riveraines portent sur le ramassage du bois mort gisant, la cueillette des fruits et la récolte des plantes médicinales, toutefois la pression humaine dans ces forêts est très forte. Selon l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), le domaine forestier de l’Etat couvre une superficie totale estimée à 3,9 millions d’hectares (77aires classées dont 65 forêts classées) soit 14% de la superficie du territoire national alors qu’elle était de 15 millions d’hectares en 1978.

La surveillance et le contrôle de ces forêts classées du pays requièrent des moyens humains et logistiques importants en raison de leur nombre relativement élevé et dans certains cas, de la superficie à couvrir. Malgré les efforts déployés par l’Etat en collaboration avec différents partenaires au développement, le taux de couverture en ressources adéquates à la surveillance et au contrôle des aires classées du pays reste insuffisant. La plupart des postes forestiers en charge de la surveillance et du contrôle des aires classées ne disposent pas de locaux adéquats pour l’exercice de leurs missions. Le matériel technique de terrain, notamment les cartes topographiques, les boussoles, les appareils de positionnement par satellites (GPS) n’est pas disponible dans la plupart des postes forestiers.

Le matériel roulant de service lorsqu’il existe dans un poste forestier, est le plus souvent vétuste et son fonctionnement pose des problèmes, ce qui affecte le rythme des sorties en forêt, l’efficacité du contrôle et de la surveillance des aires classées.
Toute chose qui ne facilite pas la protection des forêts classées.

Adaman DRABO

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