Surveillance épidémiologique dans l’espace CEDEAO

L’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) a tenu un atelier, les 13 et 14 mai 2019, à Ouagadougou, les activités du «Projet de renforcement du réseau de surveillance épidémiologique et des systèmes de laboratoires» (PROALAB) dans quatre pays de la CEDEAO.

Après l’épidémie du virus Ebola en 2014, l’Afrique subsaharienne a connu plusieurs autres épidémies de pathologies infectieuses émergentes. Ce sont les foyers de Dengue au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal en 2016-2018, de Zika au Cap-Vert et en Guinée Bissau en 2016. A cela s’est ajoutée, la fièvre de la vallée du rift du Niger, en 2016 et la fièvre Lassa au Nigeria. Des vagues d’épidémies qui ont mis en évidence les carences des systèmes de santé de surveillance dans ces pays. Toute chose qui affaiblit leur système de santé. Pourtant, selon le directeur général de la santé publique du Burkina Faso, Dr Esaïe Meda, des mesures appropriées prises par certains pays de l’espace CEDEAO et qui possédaient un système de surveillance satisfaisant tel que le Nigeria a démontré que ces épidémies pouvaient êtres maîtrisées avec succès. C’est ainsi que, conscient de cela, les chefs d’Etat de la CEDEAO ont en décembre 2015 mis en place un Centre régional de surveillance et de contrôle des maladies de la CEDEAO (CRSCM / CEDEAO). Basé à Abuja au Nigeria, ce centre appuie les Etats membres dans le renforcement de leurs capacités. Dans le cadre de son opérationnalisation, le CRSCM/CEDEAO, a bénéficié d’un financement de 10 millions d’euros de la Banque allemande de coopération (KFW) à travers « le Projet de renforcement du réseau de surveillance épidémiologique et des systèmes de laboratoires » (PROALAB) », lancé en août 2018 pour trois ans. Huit mois après, il vient de démarrer ses activités officiellement, les 13 et 14 mai 2019, au cours d’un atelier, à Ouagadougou. Le représentant du Directeur général (DG) de l’OOAS, Dr Abdrahmane Sow, a précisé que le PROALAB concerne les laboratoires nationaux et régionaux des quatre pays que sont, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Niger. Selon lui, il va s’exécuter en deux composantes. D’abord, le renforcement des capacités des laboratoires à travers la formation, des équipements, le système de maintenance. Ensuite, ces laboratoires vont également bénéficier d’un appui pour la mise en place et la fonctionnalité du Réseau régional des laboratoires (RRL) dans le cadre de l’opérationnalisation de la RCDC. La représentante de la KFW, Dr Marga Kowolewski a ajouté que depuis le lancement du projet, des laboratoires des quatre pays ont été visités. « L’équipe du PROLALAB a pris la mesure des premiers besoins et des propositions concrètes ont été élaborées. Aussi, un manuel de procédure a été déjà rédigé », a-t-elle indiqué. Le processus de mise en place d’une banque régionale, du Réseau régional des laboratoires de références (RRLR), la désignation des Laboratoires régionaux de référence (LRR) et l’élaboration des textes relatifs au transport et au transfert des échantillons entamé depuis 2015 rassure déjà de la qualité du dispositif de surveillance contrairement aux années 2010 où l’OOAS faisait cavalier seule, a dit Dr Meda. Il a rappelé qu’en 2015, toujours dans la mise en œuvre du projet, une évaluation des systèmes de surveillance dans les quatre pays bénéficiaires a identifié des insuffisances au niveau des laboratoires. Il s’agit dans les domaines de la qualité, la biosécurité, la maintenance des équipements, la gestion des réactifs et consommables, le transports des échantillons et la gestion des données. Le DG de santé publique du Burkina, Dr Esaïe Meda, a poursuivi que l’évaluation externe conjoint du Règlement sanitaire international (RSI) réalisée en 2017 et selon l’agenda des pays a révélé également les mêmes insuffisances. Des résultats qui, de son avis, démontre qu’il n’y a pas eu d’amélioration dans les systèmes de laboratoires. C’est pourquoi, ce projet vient à point nommé, à entendre Dr Meda. Il a, par ailleurs, exhorté les différents acteurs à s’engager afin de conduire le projet et ce, conformément aux orientations stratégiques définies. Au cours de l’atelier, qui a réuni les représentants de l’OOAS, de l’unité de gestion, les points focaux nationaux, les responsables de laboratoires ainsi que les experts, le manuel de procédure du PROALAB a été validé. Ils ont aussi présenté et échangé sur les différentes procédures du manuel, les systèmes de pilotages et de gestion du projet, les procédures de passation des marchés. Avant l’échéance de 2021, la représentante de la KFW, Dr Marga Kowolewski a annoncé qu’un accord de principe a déjà été trouvé entre le gouvernement allemand et la CEDEAO pour une deuxième phase qui pourraient élargir la zone d’intervention du PROALAB.

Mariam OUEDRAOGO

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