Lu pour vous : Thomas Sankara, le diplomate

Le livre est un "riche effort de synthèse louable" sur la politique multilatérale de la période révolutionnaire entre 1983 et 1987.

Ecrit par feu l’ambassadeur Doulaye Corentin Ki, le livre : « Introduction à la politique étrangère du Burkina Faso. Tome 2: La politique étrangère de Thomas Sankara », décrit le cheminement chronologique et les mécanismes de la politique extérieure du Conseil national de la révolution (CNR).

Après « Introduction à la politique étrangère du Burkina Faso. Tome 1: La période voltaïque, de l’indépendance à la révolution d’août 1983 », feu l’ambassadeur Doulaye Corentin Ki a publié, avant sa disparition, sur le marché du livre, le deuxième volet de la trilogie consacrée au thème de la politique étrangère de la Haute-Volta, puis du Burkina Faso. Intitulée « Introduction à la politique étrangère du Burkina Faso. Tome 2: La politique étrangère de Thomas Sankara: 1983-1987 », cette œuvre posthume, de 351 pages, est subdivisée en trois grandes parties.

Le cadre de la politique étrangère du Conseil national de la Révolution (CNR) (l’arrivée au pouvoir du CNR, l’organisation institutionnelle de la diplomatie); la mise en œuvre de la politique étrangère du CNR (les fondements de la politique révolutionnaire, les relations bilatérales en Afrique, la politique du CNR hors d’Afrique, etc.); la politique multilatérale du Burkina Faso révolutionnaire (le Burkina Faso et le mouvement des Non-Alignés, le CNR et les conférences France-Afrique, le Burkina Faso et la CEAO, etc.). Le livre est, selon son préfacier, Pr Basile L. Guissou, une réflexion critique sur la diplomatie burkinabè avant, pendant et après la Révolution démocratique et populaire.

« L’ambassadeur Doulaye Corentin Ki a pratiqué dans la longue durée notre diplomatie, à l’interne (ambassadeur) et à l’externe (fonctionnaire international). Il a le droit et même le devoir de s’exprimer pour la postérité. Ce livre est un effort de synthèse louable », souligne le ministre des Relations extérieures et de la Coopération, sous Thomas Sankara (1984-1985). A un moment où la mémoire collective de tout un pays tend à se perdre, et alors que des « bibliothèques » brûlent chaque jour en Afrique, il est impérieux, explique l’auteur dès les premières pages de l’oeuvre, que chacun puisse laisser ses souvenirs et ses réflexions qui pourront, un jour, servir de base à d’autres recherches plus avancées.

La diplomatie bilatérale de Thomas Sankara, écrit-il, se fit surtout au travers des relations avec les pays à tradition socialiste ou révolutionnaire, en remettant au goût du jour la politique des « Grandes Commissions Mixtes » de coopération tout en égratignant les pays impérialistes ou leurs « valets locaux ». En ce qui concerne sa diplomatie multilatérale, poursuit-il, le jeune capitaine choisissait minutieusement ses tribunes et autres fora pour s’exprimer et donner sa vision des événements et de la marche du monde (conférence des Non-Alignés à New Dehli, puis à Hararé pour sa vision du non-alignement ; tribune des Nations unies à New York pour expliquer sa vision globale du monde; conférence de l’OUA à Addis Abeba pour partager sa vision sur la dette, etc.).

« Au cours de la période révolutionnaire, la cohérence de la politique étrangère fut évidente, malgré les changements fréquents à la tête du ministère en charge du secteur, peut-être parce que les instructions étaient coordonnées à partir du sommet », estime-t-il. Quelles conclusions, s’interroge-t-il, peut-on tirer de la conduite de la politique étrangère de Thomas Sankara, et plus généralement du Conseil national de la révolution (CNR) ? Pour Doulaye Corentin Ki, le thème de l’idéologie sankariste est difficilement épuisable. Toutefois, la politique étrangère de Thomas Sankara, conclut-il, n’a eu qu’un objectif. Il s’est agi, revèle-t-il, d’insérer le Burkina Faso dans la sphère des pays révolutionnaires indépendants, redonner à l’Afrique sa dignité, et sortir son pays du cercle néo-colonialiste afin de donner au peuple burkinabè, une liberté reconnue.

Haut fonctionnaire à l’Union africaine, délégué du Burkina Faso à l’Assemblée générale de l’ONU, et directeur général des Affaires politiques et juridiques au ministère des Affaires étrangères, entre autres, l’ambassadeur Doulaye Corentin Ki, décédé en juillet 2019, lègue à la postérité, et aux diplomates burkinabè en particulier un pan important de l’histoire de la politique étrangère du pays des Hommes intègres. Vendu au prix de 15 000 F CFA, « Introduction à la politique étrangère du Burkina Faso. Tome 2: La politique étrangère de Thomas Sankara: 1983-1987 » est disponible dans plusieurs librairies de la place (Jeunesse d’Afrique, Diacfa, Mercury) et au centre parlementaire panafricain.

W. Aubin NANA

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