G5 Sahel : consolider les acquis

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a transmis le fanion de la présidence en exercice du G5 Sahel à son homologue mauritanien, Mohamed Ould El-Ghazouani, le mardi 26 février 2020 à Nouakchott, lors de la 6e session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat de l’organisation. Le chemin parcouru en une année de présidence tournante a été pour le moins périlleux pour le « pays des Hommes intègres ». Ce, d’autant plus que 2019 a connu les pires attaques terroristes au Sahel, notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso.

Devenu depuis peu l’un des Etats les plus exposés à la barbarie des groupes armés, le Burkina Faso a par conséquent enregistré un nombre exponentiel de déplacés internes et une multiplication des conflits communautaires. Ce qui a engendré une crise humanitaire sans précédent et un affaiblissement des services sociaux de base (fermeture d’écoles, de centres de santé …).

Si de nombreux observateurs ont vite établi le lien entre la présidence du Burkina Faso et l’exacerbation des attaques dans le pays, il n’en demeure pas moins que la zone des trois frontières constitue aujourd’hui, le lit des groupes armés qui écument le Sahel. Ce bilan macabre ne doit toutefois pas occulter les efforts et le travail du chef de l’Etat burkinabè pour porter avec détermination, leadership et courage, la vision du G5 Sahel conformément à la feuille de route.

« Pendant un an, je me suis engagé à maintenir vivace le flambeau allumé en 2014 pour le retour de la paix et le renforcement du développement dans les zones prioritaires de notre espace commun. Aujourd’hui plus que jamais, notre salut individuel et collectif réside dans la poursuite de ces objectifs », a fait savoir Roch Kaboré à ses pairs. Ainsi, des actions majeures en vue de l’opérationnalisation de la force conjointe, la mise en œuvre des projets prioritaires et le renforcement de la diplomatie de l’espace sont à mettre à son actif, tout comme le plaidoyer pour l’obtention d’un mandat des Nations unies au profit de la force conjointe et le démarrage de l’étude de faisabilité de la ligne de chemin de fer du G5 Sahel.

Il revient désormais à son homologue de la Mauritanie de poursuivre ce combat, avec le soutien des autres chefs d’Etat et des partenaires régionaux et internationaux de l’espace. La lutte contre le terrorisme est une lutte de longue haleine qui ne saurait être menée par un seul Etat, d’où la nécessité d’unir davantage les efforts et les moyens. En tous les cas, le Burkina Faso cède le fauteuil de la présidence du G5 Sahel après une année difficile à tous les égards, avec néanmoins l’espoir que 2020 sera moins éprouvante pour les populations et les forces de défense et de sécurité.

Jean-Marie TOE

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