Portrait : Issa Sanou, le chorégraphe hors pair

L'un des objectifs des VAPAJ est d'apporter une formation professionnelle à tous les jeunes passionnés d'arts et culture.

Directeur des Vacances artistiques professionnelles pour Ados et Jeunes (VAPAJ), Issa Sanou est un chorégraphe burkinabè multidisciplinaire. Responsable également de la Compagnie « Sanou Ka Sanu », l’homme porte diverses casquettes (acrobate, comédien, poète).

Premier prix au concours chorégraphique solo « Africa simply the best » et au Salon international de la littérature Orale et du livre, Issa Sanou est un artiste presque…complet. Natif de Bobo-Dioulasso, il est chorégraphe, danseur, acrobate, comédien et poète. Actuellement directeur artistique de la Compagnie Sanou- Ka- Sanu (l’Or de Sanou, en langue Bambara), le jeune homme prend goût aux arts de la scène, en 2005, sur les bancs du lycée.

Encouragé par ses proches, il intègre l’une des troupes de théâtre et de danse du Centre Siraba, une structure de formation artistique et artisanale. Ainsi débute son parcours de danseur, puis d’acrobate autodidacte. Talentueux, créatif, il est accueilli, en 2007, à bras ouverts par la compagnie Wolo Wolo dirigée par Ibrahim Koumaré. Aux côtés de cette troupe, il travaille d’arrache-pied sur la création du spectacle
« Kassi kan ». Il verra ses efforts payés par l’obtention du 2e prix à la Semaine nationale de la culture (SNC) 2008. L’année suivante, il présente « Baara » en plateau découverte au Festival Sya Ben à Bobo-Dioulasso.

Jusqu’en 2010, il est interprète dans le spectacle « Au Carrefour Des Siècles », une chorégraphie de Sylvie Paulmier, de la compagnie l’Etincelle (sic). Cette création le conduit aussi bien à Ouagadougou qu’à Paris. Dans la capitale française, son talent ne laisse personne indifférent, du moins les spécialistes des arts de la scène. Issa Sanou est naturellement coopté, sans coup férir, dans un projet franco-burkinabè, « Entre Chien et Loup », des chorégraphes Anne-Marie Porras et Salia Sanou. Dans la foulée, il fait la rencontre du chorégraphe émérite français, Hervé Koubi. Il travaillera, ainsi, entre 2010 et 2018, en tant qu’artiste chorégraphique, au sein de la compagnie éponyme.

Il y enchaîne « El Din », « Ce que le jour doit à la nuit », « Les nuits barbares ou les premiers matins du monde », etc. De plus en plus sollicité, Issa Sanou alterne désormais spectacles et ateliers de danse et de capoeira. Ambitieux, il porte sur les fonts baptismaux sa compagnie Sanou Ka Sanu. Sur la même lancée, il initie les Vacances artistiques professionnelles pour Ados et Jeunes (VAPAJ). Il y joue les rôles de directeur artistique et de formateur. « L’objectif du VAPAJ est d’apporter une formation professionnelle sur le plan artistique et culturel à ces jeunes de tous les horizons, qui incarnent déjà un talent et ou se passionnent pour les arts et la culture », explique-t-il sur un ton affable.

La 5e édition du VAPAJ se tient d’ailleurs du 29 juin au 2 août 2020 dans la Cité de Sya sous le thème « Les arts et la culture au service de la paix et du développement ». Comme à leurs débuts, souligne-t-il du haut de son physique d’athlète, les VAPAJ 2020 proposeront des formations dans plusieurs disciplines artistiques (musique, danse, théâtre, conte, scénographie, art plastique, etc.) et en administration culturelle. « L’autre objectif des VAJAP est de lutter contre le chômage au Burkina Faso. C’est pourquoi, cette formation s’adresse aux jeunes de 12 à 25 ans, mais aussi à tous les adultes amoureux des arts et de la culture. Je veux partager avec les autres tout ce que mon pays m’a donné », confie, reconnaissant, Issa Sanou.

W. Aubin NANA

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