L’autre combat contre le terrorisme

Sous le prétexte fallacieux de chasser ceux qui pillent les richesses africaines pour instaurer un Etat islamique au Sahel, les groupes terroristes qui écument la zone sont en train de se rendre coupables de ce qu’ils reprochent à leurs prétendus « ennemis ». Selon un rapport d’International Crisis group, les mines artisanales d’or au Mali et au Burkina Faso comptent parmi les sources de financement, des activités terroristes.

Dans les zones qui échappent au contrôle des Etats, ces mines sont littéralement passées sous l’emprise des groupes terroristes. En échange de la protection qu’ils assurent aux orpailleurs, les terroristes prélèvent des impôts qui participent au financement de leurs activités. « Cela devient une filière de financement, une filière qui reste secondaire par rapport à d’autres sources de financement, mais qui est indiscutablement en croissance », a indiqué l’analyste spécialisé du Sahel chez International Crisis Group, Mathieu Pellerin, sur les ondes de Radio France Inter-nationale. Un constat qui sonne comme un signe d’alerte sur le travail de prévarication des ressources naturelles par les “fous de Dieu” au Sahel.

C’est une piqûre de rappel aux Etats membres du G5 Sahel, qui sont conscients que la lutte contre le terrorisme est un combat de longue haleine, qui demande encore plus d’efforts qu’il n’en a été déjà consenti jusque-là. Petit à petit, les terroristes s’efforcent de s’enraciner dans certaines parties du Sahel, au point de dicter leur loi et de s’adonner à un pillage éhonté des ressources. A la lutte armée contre la nébuleuse terroriste, il faut associer une stratégie qui va permettre d’asphyxier les sources qui alimentent la machine de guerre de ces hommes perdus dans leur folie meurtrière.
Comment arrivent-ils à écouler l’or provenant de l’exploitation artisanale ? Qui sont les complices qui favorisent ce commerce illicite ? Autant de questions qui doivent faire l’objet de sérieuses préoccupations au haut niveau au sein du G5 Sahel. En prenant possession des mines d’or, les groupes terroristes sont en train de se constituer un trésor pour mieux asseoir leur tyrannie et faire aboutir dans une certaine mesure leurs projets expansionnistes.

Les pays du G5 Sahel n’ont aucun intérêt à laisser prospérer cette exploitation des ressources minières qui va contribuer à aiguiser l’appétit des terroristes. Il est aussi primordial d’œuvrer à la conquête des zones tombées dans l’escarcelle des groupes terroristes. C’est dans cette perspective, qu’un travail de régulation conséquente de l’orpaillage pourrait être envisagé. Cette exploitation artisanale de l’or doit être entravée, d’autant plus que les groupes terroristes disposent d’autres sources de financement.

Déjà, l’orpaillage est pré-judiciable à l’environ-nement puisqu’il est pratiqué au mépris des règles qui protègent le couvert végétal.
Les Etats pris individuel-lement et le G5 Sahel sont suffisamment alertés sur cette question de pillage des ressources par les terroristes. Il est temps d’envisager des solutions idoines pour couper l’appétit à ces prédateurs.

Karim BADOLO

 

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