Elections au Niger: La place de l’environnement évaluée dans les programmes politiques

L’Organisation pour l’environnement et le développement durable (OEDD), en partenariat avec le Centre d’études économiques et sociales de l’Afrique de l’Ouest (CESAO) et SCOUTS-Niger, a présenté, le jeudi 24 décembre 2020, à Niamey, au cours d’une conférence de presse, les résultats d’une étude sur la pertinence environnementale des programmes des candidats à l’élection présidentielle du 27 novembre 2020.

Les questions environnements ne sont pas suffisamment prises en compte dans les projets de société de certains candidats à l’élection présidentielle au Niger. Ainsi en a conclu l’Organisation pour l’environnement et le développement durable (OEDD), en partenariat avec le Centre d’études économiques et sociales de l’Afrique de l’Ouest (CESAO) et SCOUTS-Niger, au terme d’une analyse de la pertinence environnementale des programmes de quatorze prétendants au fauteuil présidentiel le 27 décembre prochain. Selon l’étude, seulement 43% des partis politiques, à travers leurs programmes, ont une vision écologique passable contre 57% qui ont une politique environnementale insuffisante.

Pour le secrétaire exécutif de l’OEDD, Mounkaïla Goumandakoye, l’équipe commise à la tâche n’a pu disposer que de 14 programmes de société sur un total de 30 candidats. Quant aux critères d’analyse, il a cité, notamment, la pertinence des opportunités, des défis et des enjeux environnementaux dans les programmes, le suivi de la performance du programme et les dispositions de la loi fondamentale de la république du Niger. Pour ce qui est de la méthodologie d’analyse, six experts de profil variés ont constitué l’équipe et une grille a été établie suivant les critères susmentionnés. La présentation des résultats de l’analyse a suscité quelques interrogations auxquelles les conférenciers ont apporté des éléments de réponse. A la question de savoir la démarche d’approche des candidats, Mounkaïla Goumandakoye a expliqué que l’équipe de l’OEDD, dans sa procédure de collecte des programmes de société, est allée au contact des 30 prétendants à la présidence. Malheureusement, a-t-il regretté, certaines tentatives se sont avérées infructueuses. Par ailleurs, il a assuré que l’analyse a été menée de façon objective et approfondie. Il a précisé qu’une semaine aura suffi à l’équipe pour effectuer cette analyse.

Une étude qui interpelle les leaders politiques

 

 

 

 

A entendre le secrétaire général du pôle régional du CESAO-Niger, Issaka Abdoulaye, une étude similaire a été réalisée à Ouagadougou au Burkina Faso, à la faveur du double scrutin du 22 novembre dernier. Il y ressort que, contrairement aux candidats nigériens en lice pour la présidentielle du 27 décembre, les hommes politiques burkinabè ont accordé une place de choix à l’économie verte dans leurs projets de société.

Au demeurant, l’étude a formulé quelques recommandations pour une meilleure prise en compte du volet environnemental dans les politiques de développement. Il s’agit, entre autres, de la nécessité de travailler à éveiller  la conscience citoyenne, de prendre en compte adéquatement l’environnement dans les programmes pour assurer un développement durable. Lequel développement durable ne saurait être envisagé sans la prise en compte concomitante des composantes sociale, économique et environnementale, a soutenu Mounkaïla Goumandakoye. L’étude a recommandé, également, un mécanisme similaire au « Présimètre » appliqué au Burkina Faso pour le suivi de la performance des programmes à travers des indicateurs d’impact objectifs et vérifiables. De l’avis du commissaire régional adjoint des routiers, Issoufou Alfaga, l’étude s’inscrit en droite ligne des objectifs « civiques et écologiques » de leur structure. « Avec ces résultats nous allons plaider auprès des politiques pour des stratégies, programmes et actions plus sensibles au problème de l’environnement dans notre pays », a-t-il déclaré. C’est également l’occasion pour Issaka Abdoulaye d’interpeller les décideurs politiques et tous ceux qui aspirent à diriger le Niger sur le rôle et de l’importance d’intégrer prioritairement les questions environnementales dans leurs programmes de société.

Joanny SOW (depuis Niamey au Niger)

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