Elections du 22 novembre 2020: 439 cas de corruption électorale observés par le REN-LAC

Le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) a organisé un déjeuner de presse, le jeudi 11 février 2021, à Ouagadougou, pour présenter son rapport sur l’observation de la fraude et de la corruption électorale lors des élections couplées du 22 novembre 2020.

439 cas de corruption électorale ont été observés par le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) pendant les élections du 22 novembre 2020. C’est l’une des conclusions auxquelles le Réseau est parvenu à l’issue de l’observation du scrutin couplé. L’information a été donnée au cours d’un déjeuner de presse, le jeudi 11 février 2021 à Ouagadougou. Pour le secrétaire exécutif du REN-LAC, Sagado Nacanabo, ce sont 26 observateurs et 13 membres du réseau qui ont été déployés dans les chefs-lieux des 13 régions du Burkina Faso.
Il a fait savoir que la méthodologie utilisée a consisté en l’observation directe et indirecte des faits de corruption et de fraude avant et pendant ces élections couplées. Du rapport général de cette mission d’observation, a indiqué M. Nacanabo, il ressort que sur les 439 cas de corruption, 314 ont été décelés par observation directe et 125 cas sont des témoignages. Cette corruption électorale et d’achat de conscience notés par le REN-LAC, a-t-il ajouté, concernent plusieurs partis politiques dont les plus illustratifs sont le MPP, le CDP, l’UPC, le NTD et le RPI. « Ces partis qui ont, le plus, utilisé de mauvaises pratiques au cours de la pré-campagne et la campagne sont ceux qui ont eu le plus de voies lors du scrutin », a fait remarquer Sagado Nacanabo. S’agissant de la typologie de ces pratiques, il a relevé la distribution d’argent aux potentiels électeurs (43% des cas frauduleux directement observés), la distribution de carburant et de tee-shirts, des dons en nature et l’utilisation des biens de l’Etat à des fins de campagne électorale. Pour ce qui est de l’organisation pratique des élections, le REN-LAC a déploré la violation du code électoral, le manque de transparence dans le recrutement des agents électoraux et la remise en cause par endroit, du droit de vote de certains citoyens. C’est partant de toutes ces observations que Sagado Nacanabo et ses camarades ont déduit que des pratiques peu orthodoxes et anti-démocratiques ont prévalu pendant les consultations électorales du 22 novembre 2020. « La corruption électorale et la fraude ont donc joué un rôle majeur dans l’issue des élections », a soutenu Issouf Paré, chargé des enquêtes au REN-LAC. Au regard de ces manquements, peut-on alors parler d’élections crédibles ? A cette interrogation d’un journaliste, M. Nacanabo a signifié que par cette observation, l’ambition du réseau n’a pas été de les certifier ou de les crédibiliser. Il s’agit plutôt, a-t-il souligné, de déceler les éventuelles pratiques frauduleuses et de les dénoncer. A la question de savoir les propositions que la structure peut faire afin d’éviter au mieux d’éventuels cas de corruption et de fraudes électorales, le REN-LAC a soutenu qu’il faut travailler au respect du Code électoral et des textes régissant l’organisation des élections au Burkina Faso. C’est d’ailleurs pourquoi, des recommandations ont été formulées dans le rapport aux fins d’éviter les cas de fraudes relevés par les observateurs. Celles-ci vont à l’endroit des acteurs politiques, du gouvernement, de la Cour des comptes, du Parlement, de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et de la société civile.

Soumaïla BONKOUNGOU

 

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