Restructuration des zones non-loties : Près de 883 milliards F CFA à mobiliser

La restructuration des 14 zones non-loties visent à offrir de meilleurs cadres de vies à leurs habitants.

Le ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Ville a organisé une rencontre avec le secteur privé et les partenaires techniques et financiers (PTF), le jeudi 16 septembre 2021, à Ouagadougou, autour du financement du programme de restructuration de 14 zones non-loties au Burkina Faso.

De 22,7% en 2006, le taux d’urbanisation au Burkina Faso pourrait atteindre 35% en 2026, selon le Recensement général de la population et de l’habitat de 2012. Pour apporter une solution durable à la situation des zones non-loties, une Stratégie de résorption de l’habitat spontané dans les 13 chefs-lieux de région et à Pouytenga a été élaborée avec un coût estimatif de 882,956 milliards F CFA. Pour mobiliser ces financements, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Ville a organisé, le jeudi 16 septembre 2021 à Ouagadougou, une rencontre avec le secteur privé et les Partenaires techniques et financiers (PTF).

Pour le ministre en charge de l’habitat, Bénéwendé Stanislas Sankara, ce programme, qui s’inscrit dans une dynamique d’intégration des quartiers d’habitats spontanés, comprend différentes étapes partant des concertations jusqu’à la construction des immeubles et des équipements collectifs, avec des phases intermédiaires d’enquêtes foncières, d’aménagements urbains, d’opérations de viabilisation des sites et d’attributions et de cessions des terrains. M. Sankara a laissé entendre que la mise en œuvre de ce programme nécessite la participation de plusieurs départements ministériels à travers les services techniques habilités.

Cependant, il a précisé que le gouvernement à lui seul ne peut exécuter un programme d’une telle envergure sans l’implication et la contribution du secteur privé et des PTF. Le ministre a donc souligné que la stratégie de financement repose sur une approche multi-partenariale qui associe les acteurs publics et privés, nationaux ou internationaux et les PTF, bilatéraux et multilatéraux.

Pour le ministre en charge de l’urbanisme, Bénéwendé Stanislas Sankara, ce programme de restructuration des 14 zones d’intervention couvre une superficie d’environ 26 583 hectares.

« Les opérateurs économiques bénéficieront d’une cession à coût étudié pour la construction d’immeubles commerciaux et d’habitations à leur profit, avec une contribution étudiée au relogement de certains résidents. Pour les partenaires techniques et financiers, ils contribueront dans le cadre des différents volets du programme en accord avec les axes d’interventions », a soutenu M. Sankara. Cette stratégie, a-t-il ajouté, va permettre d’offrir des services urbains de qualité aux Burkinabè, de réduire la pauvreté urbaine et d’améliorer les conditions de vie des populations résidentes.

Une approche innovante

Pour le représentant de l’Organisation des nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), Yombi Ouédraogo, c’est à la suite de la visite officielle au Burkina Faso de la sous-Secrétaire générale de l’ONU, directrice exécutive de l’ONU-HABITAT, que la Représentation régionale pour l’Afrique a montré sa disponibilité à accompagner le processus. Pour lui, la réussite de ce projet devra revêtir le sceau de l’inclusivité et de la participation de tous.

« Le mécanisme de financement proposé par le gouvernement pour exécuter le programme de restructuration des non-lotis, impliquant gouvernement, collectivités, bénéficiaires, et le secteur privé est une approche innovante et particulière dans l’histoire de financement de projets d’aménagement urbain au Burkina Faso », a expliqué Yombi Ouédraogo. Quant au représentant du maire de la commune de Ouagadougou, Amadou Sana, il a fait savoir que les concertations en 2019, dans le processus de validation de cette étude leur a permis de percevoir l’ampleur de ce phénomène et de révéler les potentiels que ces zones regorgent en termes de plus-value foncière, notamment.

Il a, par ailleurs, souligné que ces quartiers sont, pour la plupart, dépourvus d’infrastructures socio-urbaines de base (santé, éducation, assainissement). Il a aussi invité le ministère à tenir compte du fait que certaines zones non-loties renferment des patrimoines culturels.

Claudine TIEMTORE (Stagiaire)

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