Programme « CULTIVONS L’ESPRIT D’ENTREPRISE » : Plus de 800 jeunes et femmes mûrissent leurs idées de projets

Dans le cadre du Programme « CULTIVONS L’ESPRIT D’ENTREPRISE (CLE) », financé par l’Ambassade des Pays-Bas au Burkina Faso et mis en œuvre par le Consortium TANAGER, LA FABRIQUE, WAKATLAB et MEDIAPROD, des sessions de formation en entrepreneuriat se déroulent depuis le mois d’octobre 2021 dans les régions des Cascades, du Centre-Nord, de l’Est et du Sahel. Ces formations se décomposent en phases successives, formations de base, idéation et maturation. Les camps de maturation, dernière étape du processus de formation, se tiennent du 10 au 25 janvier 2022 dans les quatre régions. Au total, plus de 800 jeunes hommes et femmes de 18 à 35 ans participent à ces camps pour renforcer la fiabilité et la viabilité de leurs idées d’entreprises.

Le coordonnateur des parcours de formation en entrepreneuriat du programme CLE, Igor Yaméogo : « la formation en entrepreneuriat comporte la formation de base, l’idéation et la maturation ».

Agée de 28 ans, mariée et mère de deux enfants, Zeinab Kiswend-Sida Koama, résidente à Banfora, est l’heureuse élue du Programme « CULTIVONS L’ESPRIT D’ENTREPRISE (CLE) » pour formaliser ses idées de projets de création de plateforme de vente en ligne de produits locaux (mangues séchées, anacarde, graines de souchets, céréales, etc.). Elle prend part au camp de maturation du Programme CLE et bénéficie ainsi d’outils de base pour le développement d’un projet entrepreneurial, des principes de base de posture et leadership et d’élargissement des champs des possibilités. A la suite de cette phase de formation initiale, la mère de deux enfants prend part aux côtés de 1 400 jeunes sélectionnés parmi les meilleurs profils et les plus assidus, à la phase d’idéation. Au cours de la phase d’idéation, Zeinab Kiswend-Sida Koama a cherché et trié des idées primaires pour mettre en route son projet de vente en ligne de produits locaux. Et les camps de maturation, lui permettront ‘’ justement ‘’ de parfaire tous les contours de son idée d’entreprise.

Des jeunes et femmes en camp de maturation

Avec ses 250 autres camarades de la région des Cascades, Zeinab Koama fait partie de ces 800 jeunes hommes et femmes sur l’ensemble des régions d’intervention à avoir été sélectionnés parmi les idées les plus prometteuses. A cet échelon de mûrissement de son projet, elle est formée à l’identification, la qualification et la quantification des problèmes inhérents à son idée de projet ainsi qu’à la prise en compte des solutions pour développer son entreprise. Dans le processus de son apprentissage, elle alterne formations en présentiel et sorties sur le terrain pour tester son idée.

Dans ce cadre, elle effectue une sortie de terrain à Bérégadougou, dans la zone sucrière de la Comoé, pour questionner un groupe de femmes, spécialisées dans la production de gingembre et de mangues séchées, ses principales fournisseuses. Auparavant, dans la ville de Banfora, elle s’entretient avec des clients pour identifier les problèmes et les solutions qui lui permettront de réorienter son entreprise. « J’ai choisi la vente en ligne parce que de nos jours, les gens utilisent beaucoup la technologie pour gagner du temps à la recherche des produits. Je propose les miens en ligne et je les livre jusqu’au domicile des clients », explique-t-elle. Grâce au camp de maturation, Mme Koama dit identifier le manque de temps exprimé par les potentiels clients pour rechercher les produits, leur inaccessibilité et surtout le besoin des populations, par exemple de Ouagadougou, des produits de la région des Cascades. « Comme solutions, je vais crédibiliser ma page en ligne pour rendre accessibles les mangues séchées, les graines d’anacardes, de souchets, les céréales, etc. et les livrer aux clients à temps », assure Zeinab Kiswend-Sida Koama. Avec un portable, des mégas et de l’argent d’essence, elle entend réussir son projet grâce au camp de maturation pour servir de modèle pour les autres jeunes et femmes de la région des Cascades en particulier et du Burkina Faso en général.

Une multitude d’idées de projets mûris

Dans cette région, plusieurs idées de projets allant de la production et la transformation des produits locaux, de l’artisanat, de la coiffure en passant par la coupe-couture jusqu’à la transformation de produits laitiers, ont été mûries lors du camp d’idéation. Brahima Hié, âgé de 32 ans et résident à Banfora veut faire de la transformation du lait local en yaourt, en lait frais et en crème, sa principale activité entrepreneuriale. Il suit les mêmes modules que ses camarades lors du camp de maturation. Il a identifié le manque criant du lait local transformé dans la ville de Banfora, pourtant fortement demandé par les populations. Sur le terrain, évoque Brahima Hié, la collecte du lait local pose problème ainsi que l’hygiène et la qualité des produits que sa mini-laiterie offre aux clients. « Je compte disposer d’un lait local qui respecte les conditions d’hygiène et de qualité et de moyens pour transformer ce lait en yaourt, en lait frais et en crème », soutient-il. Le camp de maturation du programme CLE permettra aussi à Noellie Gnoumou/Dondassé, âgée de 35 ans, mariée et mère de deux enfants d’innover dans son projet de coiffure en créant de nouveaux modèles de coiffure et en confectionnant des tenues de travail pour ses apprenantes. Saada Ouédraogo, étudiant de 23 ans, résident au secteur 15 de Banfora et célibataire, profitera aussi de ce camp de maturation pour réussir la transformation de la pomme d’acajou en jus contenus dans des sachets et bidons.

« J’ai appris le système de marketing pour mieux approcher les clients. Grâce à la formation, je tiendrai compte de la disponibilité de la matière première et je vais aller vers les experts de laboratoires pour avoir des jus de qualité », laisse entendre Saada Ouédraogo. Pour Lassina Daniel Koné, également l’un des bénéficiaires du camp de maturation, il compte transformer la paille et les résidus de canne à sucre pour produire du compost en vue d’améliorer les rendements agricoles. Il se convainc que cette formation du programme CLE lui permet d’identifier les besoins et de trouver des solutions comme collaborer avec ses fournisseurs de matière première. Dans la région de l’Est à Fada N’Gourma, les domaines d’entrepreneuriat concernent le secrétariat, la coupe-coupure, l’embouche bovine, la couture, la coiffure, la transformation des Produits forestiers non ligneux (PFNL), etc. Diakoaguili Tankoano, transformateur et commerçant de sésame, 31 ans, marié et père de deux enfants ; Lamoudi Rose Tankoano, productrice de savon et de pommade, 32 ans, mariée et mère de deux enfants ; Dana Thiombiano, fermier avicole, 28 ans, marié et père d’un enfant et Bibata Ouattara, 29 ans, mariée et mère d’un enfant, prennent part également au camp de maturation. Selon la formatrice Florence Dahani/Natama, lors de ce camp de maturation, des modules, à savoir l’identification des problèmes et des solutions, le prototypage, les tests de solutions et le ‘’ pitch ‘’ sont développés.

Une participation satisfaisante

La coiffeuse et esthéticienne, Bibata Ouattara, résidente à Fada N’Gourma, a identifié ses problèmes sur le terrain en vue de mettre sur selle son projet d’ouverture de salon.

La participation des jeunes est satisfaisante. Au début, ils étaient réticents mais, de l’idéation à la maturation, les participants ont compris que c’est du sérieux », se réjouit-elle. Diakoaguili Tankoano, tout en remerciant le programme CLE, se dit ‘’ mûr ‘’ pour conduire à bon port son projet de transformation et de commercialisation du sésame par la confection d’emballages biodégradables en vue d’assurer la qualité de ses produits et faciliter leur écoulement. « La sortie de terrain pour ce camp de maturation m’a permis de savoir que pour avoir du savon ou de la pommade de bonne qualité, il faut produire soit même le beurre de Karité pour le transformer après. Désormais, je vais mettre aussi en pratique les étiquettes pour faciliter la commercialisation de mes produits », affirme Lamoudi Rose Tankoano. De l’avis de Dana Thiombiano, le camp de maturation est une aubaine qui l’amène à comprendre qu’il faut désinfecter le poulailler, laver les abreuvoirs et les mangeoires pour réussir son aviculture. Pour Bibata Ouattara, à la faveur de cet apprentissage, les problèmes d’hygiène, d’accueil des clients et d’études en cuir chevelu seront pris en compte lors de l’ouverture de son salon de coiffure.

Aux dires du responsable des parcours de formation en entrepreneuriat du programme CLE, Igor Yaméogo, la formation entrepreneuriale comporte la formation de base pour bénéficier d’outils, l’idéation pour faire émerger des idées et la maturation pour rendre les idées mûres et potentiellement commercialisables. « Tout ce que nous faisons comme travail individuel ou collectif avec les apprenants c’est d’aboutir à un processus pour avoir des idées suffisamment mûres à développer par les porteurs de projets », déclare-t-il. Le responsable du programme de formation à Banfora et responsable de WAKATLAB-Bobo, Bêmaléra Toussaint Koura, confie que les programmes de formation ont pour but d’outiller les jeunes et de susciter en eux l’esprit d’entreprise. Le programme CLE cherche à promouvoir les activités entrepreneuriales et améliorer les conditions de vie des jeunes hommes et femmes au Burkina Faso dans l’agro-industrie, le commerce de rue, les services et technologies, les énergies renouvelables et l’artisanat. Dans la logique d’intervention du Programme, à l’issue des phases de formation, s’ouvrira un programme d’incubation qui permettra d’apporter un appui technique et stratégique à 25 porteurs de projets sélectionnés dans les quatre régions.

Boukary BONKOUNGOU

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