Forum africain de la presse économique et financière : Les enjeux du développement durables décortiqués

Le promoteur du FAPEF, Michel Russel Lohoré (Gauche) : « la presse économique est essentielle pour le développement économique. A travers ce rendez-vous, nous voulons accompagner les journalistes dans leur professionnalisation ».

La deuxième édition du forum africain de la presse économique et financière s’est tenu les 24 et 25 mars 2022 à Abidjan en Côte d’Ivoire. Pendant 2 jours des représentants d’institutions financières, des chercheurs et des journalistes spécialisés en économie ont passé en revue les enjeux du développement durable en Afrique, les pistes pour le financement du développement durable.

Le forum africain de la presse économique et financière (FAPEF) entend contribuer à l’impulsion de la culture économique et financière afin d’améliorer le bien-être des populations dans les pays africains. Pour sa deuxième édition, l’initiative de promotion et de valorisation    du journalisme de développement en Afrique, tenue les 24 et 25 mars 2022 à Abidjan en Côte d’Ivoire, s’est penchée sur les enjeux du développement durable en Afrique.   Le FAPEF 2022 a réuni plusieurs experts des institutions financières sous régionales, régionales et internationales, des chercheurs dans le domaine économique    ainsi que des acteurs des thinks-thanks et des médias. Pour le   promoteur de l’évènement, Michel Russel Lohoré, le FAPEF vise de manière générale à sensibiliser les journalistes sur les enjeux économiques et financiers en Afrique qui constituent des défis de premier plan pour l’avenir du continent.

La conférence inaugurale a été animée par un parterre de 12 spécialistes. Pour le professeur à l’université Cheick Anta Diop de Dakar au Sénégal qui a donné le top départ des discussions, les enjeux du développement durable de l’Afrique sont nombreux, car ils sont liés à la complexité de la notion de développement durable. « Le développement durable est censé apporter   la prospérité à la génération actuelle sans remettre en cause celle des générations futures», a-t-il expliqué.  Selon lui, le développement durable  peut être abordé à travers les changements climatiques qui mettent en exergue plusieurs défis comme  la dégradation des terres,  l’érosion, la perte de biodiversité et la   dégradation des ressources en eau. En vue de faire face à ces défis, le Pr Seck préconise une approche d’adaptation et une autre d’atténuation des effets des changements climatiques.  Concernant le financement, il estime que les grands pays doivent respecter leurs engagements, car   l’Afrique qui contribue pour 2 % à la production de gaz à effet de serre est paradoxalement le continent le plus touché par les effets des changements climatiques. A ce sujet, la fondatrice du groupe de réflexion regroupant des économistes européens et méditerranéen propose   à l’Afrique de diversifier ses partenaires   et au G20 de concevoir un fonds de relance financé par les partenaires internationaux, en vue d’éviter les effets douloureux du surendettement. Par ailleurs, les pays devraient impliquer le secteur privé dans le financement de l’économie verte à travers des mesures incitatives   comme la fiscalité verte.

                             L’effet dévastateur de la crise COVID

A l’image du rédacteur en chef de l’Agence Ecofin qui a participé au forum depuis Genève en Suisse, les experts ont partagé leurs expériences à partir des 4 coins du monde

Les autres intervenants ont tous convenus que les enjeux en matière de développement durable sont énormes. Beaucoup d’entre eux, à l’image de l’expert de la banque africaine de développement, Koffi Ange Houngbéji, ont affirmé que la crise de la COVID a fait fondre comme du beurre au soleil tous les progrès enregistrés depuis une quinzaine d’années par les pays, en témoignent les taux de croissance qui sont passés de 6% à 2 ou 3% en 2020. Ils ont relevé que pour réussir le pari du développement durable, les Etats doivent faire des efforts dans le financement des secteurs sociaux tels que la santé et l’éducation, considérés comme non rentables. « Le rapport entre la qualité des soins et le développement durable est indéniable », a souligné le président exécutif de Nkafu Policy Institute au Cameroun. Les institutions financières ont toutes pris la mesure de ce changement de paradigme, en témoigne la réorientation de leurs financements. Ainsi la Banque ouest africaine de développement a inscrit la santé et l’éducation parmi ses 4 secteurs prioritaires de financement, la Banque africaine de développement a pour sa part élaboré une stratégie de développement des infrastructures de santé. Considérant que l’énergie est un élément capital pour le développement durable, le conseiller technique du directeur général de la banque arabe pour le développement en Afrique (BADEA) a annoncé que dans le cadre de son agenda 2060, la BADEA est disposé à financer des centrales de production d’énergie renouvelable et la chaine de valeur des voitures électriques, en plus des financements de projets dans le domaine de la santé et de l’éducation.

Changer l’image de l’Afrique

En outre plusieurs intervenants, notamment le rédacteur en chef de l’agence Ecofin Idriss Linge, ont relevé la nécessité pour les africains de s’approprier les données économiques sur le continent qui sont produits afin de changer le narratif   de la situation du continent. « On parle souvent de surendettement de l’Afrique alors que la dette africaine était de 780mlilliards de dollars en 2020 ce qui ne représente que 45% du PIB du continent. De plus l’Afrique a de nombreux actifs tels que les ressources minières qui ne sont pas valorisés dans les projections faites par les institutions internationales », a-t-il illustré.

 Nadège YE

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