100 jours de Damiba : la sécurité, le maitre-mot

Une montée en puissance des FDS

Les cent jours comptent avec un mot qui crée tant de maux dans le pays de Thomas Sankara. La sécurité, plus qu’un concept, un vécu d’une population qui a perdu tout repère. L’avènement du MPSR a suscité tant d’espoir de voir le bout du tunnel, ou à tout le moins d’espérer un renversement de la tendance en cours depuis les sept dernières années. Les jeunes officiers qui ont pris le pouvoir ce 24 janvier 2022 l’ont compris et ont mis le tout pour le tout dans ce combat qu’ils connaissent pour avoir tous ou pratiquement fait le front.

Le président Damiba disait lui-même que « la victoire sur l’hydre terroriste ne se mesurerait pas par le nombre de terroristes tués, qui sont pour la très grande majorité des filles et fils du pays ». Il faut trouver un nouveau déterminant. Mais il ne faut pas ignorer la question fondamentale, celle des forces de défense et de sécurité. Ainsi les Burkinabè ont-ils vu une réorganisation en profondeur des forces de défense et de sécurité portée en première ligne par des grands changements aussi bien humains que structurels.

Il faut le dire, les forces de défense et de sécurité n’ont jamais connu autant de réorganisation en profondeur, ces dernières années que cette fois. Pour la première fois, depuis au moins vingt ans, le chef de l’exécutif n’est pas à la fois président du Faso, ministre de la Défense à l’entame de son mandat. Alors, la Défense échoit à un soldat, le général de brigade Aimé Barthélemy Simporé, au curriculum vitae bien garni.

Pour la première fois aussi, depuis pratiquement trente ans, le chef d’état-major général des armées n’est pas élevé au grade de général de brigade automatiquement après sa nomination. Dans le changement structurel, il y a bien ce commandement des opérations militaires qui suscite un regard satisfaisant.

Si le découpage opérationnel n’a pas connu une variation avec trois régions militaires, la visite sur le champ d’honneur du président de la République le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandago Damiba qui a une réputation d’homme de terrain est la manifestation d’un intérêt manifeste pour la question sécuritaire. En cent jours, il y a bien des frémissements qui rassurent. Les forces de défense prennent l’initiative sur le terrain. Il n’y a bien sûr pas d’omelettes sans œufs cassés.

Il n’y aura donc pas de victoire des FDS sans victimes à la fois parmi les forces de défense et de sécurité, que des civils. Ayant compris que le peuple s’impatientait, piaffait de voir l’éradication totale de la chose terroriste, le chef de l’Etat, président du Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba s’est adressé aux Burkinabè, le 1er avril 2022, dans un message « osé » en prenant sur lui de déterminer un délai de cinq mois pour ensemble faire le bilan sécuritaire.

Cinq mois, c’est bien septembre 2022. Le pouvoir aura-t-il les moyens de tenir en cinq mois ce que l’ancien pouvoir n’a pas réussi en six ans ? Le wait and see est engagé et Paul-Henri Sandaogo Damiba qui sait que c’est dans ce domaine spécifique qu’il est attendu ne manquera pas de mettre en œuvre une stratégie qui permettra une « montée en puissance » des FDS. Sans complexe, les autorités, au grand jour, renouent ou revisitent les coopérations militaires avec les pays voisins.

Pas que le gouvernement ne voit aucun tabou à évoquer une diversification des relations militaires avec des puissances autre que la France. Signe des temps ? Pourquoi pas. En cent jours, on ne peut certainement pas applaudir à tout rompre. Mais tout de même, les lignes bougent dans le sens attendu.

La Rédaction

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