Commune d’Arbinda: l’agonie des VDP blessés et des veuves des défunts

Dans la commune rurale d’Arbinda, une quinzaine de Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) blessés et des veuves des volontaires tombés en opération éprouvent d’énormes difficultés pour survivre. Désespérés, certains ne cachent pas leur tristesse et appellent à la solidarité agissante. Nous sommes allés à leur rencontre, les 21 et 22 février 2021.

Lundi 22 février 2021. Le soleil est au zénith. Le muezzin du secteur 5 de la ville d’Arbinda vient de finir l’appel à la prière de « Dhohr ». H. M. s’attelle à accomplir ce 2e pilier de l’Islam. Béquille en main, il peine à s’asseoir sur une chaise en plastique. Depuis 18 mois, ce Volontaire pour la défense de la patrie (VDP) vit avec une fracture au tibia droit. Vêtu d’une blouse bleue et d’un pantalon tissu jaune «délabré», il enfile des sandales à empeigne très basse ; il a l’air désespéré. H.M. nous reçoit devant sa bicoque familiale, sous un arbre feuillu. Notre interlocuteur a échappé de justesse à la mort, le jeudi 17 octobre 2019, sur l’axe Arbinda-Koutougou. Sans ambages, il nous retrace une séquence de sa mésaventure, qui a failli tourner au pire. « Ce jour-là, nous étions en patrouille, afin de retrouver des charrettes des femmes, qui partaient chercher l’eau, confisquées par des terroristes. Nous avons pu récupérer lesdites charrettes, mais les ânes sont portés disparus», relate-t-il. Dans cette course-poursuite, les «gens de la brousse» leur tendent une embuscade dans une forêt, située à 15 km de la ville d’Arbinda. Dans ce « contact direct », une dizaine de terroristes est neutralisée. Malheureusement, un VDP tombe l’arme à la main et lui-même blessé. « A un certain moment, nous étions en manque de munitions. C’est lorsque je voulais donner quelques balles à mon voisin que j’ai reçu une balle venant des terroristes au tibia droit », déplore H.M., avec un brin de regret. Evacué au Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) d’Arbinda, le personnel soignant décide de le transférer au Centre hospitalier régional (CHR) de Dori. Il s’agit d’une fracture grave. Une décision déclinée par sa famille de peur que sa jambe ne soit amputée.
H.M. opte donc pour le
« reboutage ». Il est immobilisé durant 5 mois dans sa bicoque. Soudeur de profession, sa clientèle se fond comme beurre au soleil. Son atelier est « scellé » et ses deux employés prennent la clé des champs. C’est le début de son calvaire. Sa famille, forte de 10 membres, peine à survivre. « C’était la vraie galère ! », ses remémore-t-il, sous une voix tremblotante.

Paralysie du bras

La population d’Arbinda et certains membres de sa famille lui portent secours. Cependant, notre hôte avoue n’avoir bénéficié d’aucune prise en charge de l’Etat. « Depuis ma blessure jusqu’à l’heure où je vous parle, je n’ai pas encore reçu de soutien quelconque de la part du gouvernement », regrette H.M., les yeux presqu’embués de larmes. Qu’à cela ne tienne, son moral de combattant reste intact dans la lutte contre l’hydre terroriste. « J’ai décidé de défendre ma patrie. Ce n’est pas une simple blessure qui va m’empêcher de le faire à moins que je sois décédé », clame-t-il, d’un ton vif, poignet gauche fermé, signe de la patrie ou de la mort ! Même si sa blessure s’est cicatrisée, H.M. ressent toujours des douleurs au niveau de son tibia droit. Pour ce faire, il plaide pour une meilleure prise en charge de sa blessure. « Aujourd’hui, nos familles meurent de faim, parce que nous n’avons plus d’autres activités que de défendre le drapeau », ajoute-t-il, la tête baissée. A entendre H.M., sa blessure contractée est due au manque de moyens de protection : protège-tibia, gilet et casque pare-balle… « Ce jour-là, si on avait suffisamment de munitions, même si on allait enregistrer des décès ou des blessés, aucun terroriste n’allait s’échapper », rassure-t-il, désespérément. A l’entendre, la précarité de leur condition de travail constitue un handicap dans l’exercice de leurs missions. « Parfois nous n’avons même pas le carburant pour sortir en missions. La majeure partie de nos motos sont au garage pour défaut de pneumatique », souligne H.M. Et de poursuivre : « C’est parce que nous sommes courageux et déterminés sinon les forces ne sont pas pareilles. Une kalachnikov contre un calibre 12, il n’y a pas match ». Sans meilleure prise en charge médicale, certaines blessures des VDP conduisent à une paralysie de la partie du corps. C’est le cas de A.S. Son histoire est tout aussi pathétique. Retranché dans la cour familiale de son neveu, sise au secteur 7 d’Arbinda, cette idole des VDP vit avec un bras droit paralysé dont l’humérus détaché de l’omoplate. Lui et un chef des VDP essuient une attaque terroriste, le samedi 16 février 2019, aux environs de 16 heures. Avant de nous tourner une scène de cet assaut, il nous présente cette main complétement « bousillée ». « Ils étaient au nombre de 9 assaillants. Ils se sont repartis en 3 groupes de 3 combattants. Ils ont encerclé d’abord notre cour avant d’ouvrir le feu. Au moment où je m’apprêtais pour riposter, leur chef a réussi à tirer sur mon bras droit. Je me suis évanoui. Mais, j’ai réussi à prendre un morceau de bois protéger ma tête », raconte A.S., amer.

« J’ai faim »

Dans cette « guerre de survie », un chef des VDP neutralise leur leader et blesse deux autres terroristes avant qu’ils ne prennent la poudre d’escampette. Evacué, lui aussi, au centre médical, il est transféré, le lendemain, au service de chirurgie du CHR de Dori. Les soins pour cette fracture lui coûteront 375 000 francs, entièrement, financés par son neveu. « Je ne croyais pas qu’il allait arriver à Dori vivant », témoigne son accompagnant, O.T. Même s’il a recouvré sa santé, notre interlocuteur a, visiblement, pété les « plombs ». Habillé de boubou bleu, regard rivé dans le vide, la peur se lit toujours dans ses yeux. Ce veuf de 56 ans ne sait plus à quel saint se vouer. Autre fois combattant, aujourd’hui invalide, il exhorte l’Etat à se pencher sur leur sort. « Franchement, je suis déçu du traitement réservé aux VDP, en matière de prise en charge. Depuis que je suis blessé, je n’ai pas reçu une aide quelconque de l’Etat », s’indigne-t-il, tête basse. Il dit avoir tout perdu dans cette crise du fait qu’il troublait le sommeil des « gens de la brousse ». « A cause de mon combat, les terroristes m’ont emporté 70 bœufs, 50 petits ruminants sans compter mes greniers incendiés », pleure-t-il. Dans l’urgence, A.S. lance un appel à l’Action sociale et au Programme alimentaire mondiale (PAM). « J’ai faim ! Et, cette famine touche aussi toute la population d’Arbinda. Parce que nous avons fait trois années consécutives sans cultiver, ni élever encore moins exploiter nos sites d’orpaillage », alerte-t-il. Cette famine tenaille aussi les veuves et orphelins des VDP tombés sur le théâtre des opérations. C’est le cas de D.K. et ses trois coépouses. Visage crispé, foulard bien noué à la tête, accompagné d’un gros collier noir et jaune au cou, cette cinquantenaire de 6 orphelins ne croit toujours pas au malheur qui leur est arrivé, dans la matinée du samedi 2 novembre 2019. La gorge serrée, elle revient sur ce jour fatidique. « C’est très tôt le matin qu’il nous a dit qu’il va aller au Quartier général (QG) des VDP pour voir le programme de la journée et revenir d’ici à midi. A peine arrivé, ils ont appris que des terroristes ont kidnappé des femmes et ont pris la direction de Koutougou. Lorsqu’ils se sont déployés sur les lieux, ils sont tombés dans une embuscade et il est resté. Nous n’avons même pas eu le temps de lui souhaiter bon retour », exprime-t-elle, les yeux presqu’embués de larmes.

15 VDP blessés

Leur mari H.K. tombé, l’arme à la main, est inhumé le même jour dans la soirée, sous le regard impuissant de ses 16 progénitures. Cette inhumation marque alors le début de leurs calvaires. Assurer la pitance quotidienne de ses innocents constitue un parcours du combattant pour ces 4 veuves. A notre passage dans cette famille « meurtrie », la plupart de ces orphelins étaient sur les sites d’orpaillage, afin de trouver de quoi mettre sous la dent. « Chaque soir, les FDS distribuent de la nourriture à nos enfants. Parfois, c’est là-bas que nos enfants partent pour trouver de quoi manger pour ne pas dormir le ventre vide », relate-t-elle, accompagnée d’une goutte de larmes qui la trahit. Malgré son petit commerce de vente de condiments, Dame K. n’hésite pas parfois à tendre la main aux bonnes volontés en cas de problème sanitaire de ses bambins. « Pour les enfants de moins de 5 ans, j’arrive parfois à avoir des produits gratuitement au niveau du centre médical. Mais pour les plus âgés, si je n’arrive pas à honorer les frais de l’ordonnance, je sors quémander de l’argent aux personnes de bonne volonté », déclare-t-elle. Avec la reprise effective des cours des classes intermédiaires pour le niveau primaire, le lundi 22 février 2021, à l’école primaire publique ‘’A’’ d’Arbinda, elle espère retirer leurs enfants déscolarisés, depuis plus de 3 ans, sur les sites d’orpaillage, si toutefois, elles arrivent à les inscrire, vu le nombre élevé des inscrits (5000 élèves) pour 10 salles de classe. Même si l’Etat n’a pas encore apporté son soutien à ces laissées-pour-compte, nos interlocutrices souhaitent bénéficier d’un appui financier, au titre des ayants droit du VDP décédé en opération pour une meilleure éducation de leurs progénitures. Selon les trois chefs VDP, à la date du 22 février 2021, 12 supplétifs de l’Armée du groupe « Animal » ont perdu la vie dans le cadre de la lutte contre la nébuleuse terroriste dont 2 par mine artisanale et 15 autres VDP ont été blessés par des balles assassines des terroristes. A Arbinda, trois groupes de volontaires constitués des VDP de Koutougou, dirigés par « Bravo Zoulou », ceux d’Arbinda commandés par « Animal » et un autre groupe des ex-Koglowéogo, conduit par « Bébé » combattent les groupes armés terrorites aux côtés des forces de défense et de sécurité. A l’entendre, aucun de ses hommes blessés n’a bénéficié d’une prise en charge médicale de la part de l’Etat. Selon eux, dans la commune, on dénombre 24 veuves et 77 orphelins des défunts VDP, qui sont des laissés-pour-compte.

Statut non formalisé

Ils affirment qu’en dépit de leur engagement dans la lutte contre le terrorisme, depuis 2019, les VDP d’Arbinda ne disposent toujours pas de statut formalisé. « Nous avons été formés par l’Armée avant d’être dotés d’armes. Mais, notre statut n’a pas été toujours formalisé. Les papiers ne sont toujours pas prêts. Nous attentons depuis plus d’un an… », désapprouve un chef VDP. De son avis, lors d’une mission d’escorte sur Dori, en plus du carburant, chaque VDP a bénéficié d’une prise en charge journalière de 2500 francs, comme ration alimentaire. Les responsables des VDP font savoir que ses hommes de garde bénéficient également, chaque jour, de la nourriture fournie par le détachement mixte d’Arbinda. De ce fait, ils désirent que leur sort soit rapidement situé. Les Personnes déplacés internes (PDI) ne sont pas aussi restées en marge de cette lutte contre les « gens de la brousse ». Chassées de leurs hameaux de culture et dépouillées de tous leurs biens, ces PDI n’hésitent pas à épauler leurs hôtes pour sauver leur «nez». M.M. est un ressortissant du village de Danpella, commune d’Arbinda. Monogame et père de 6 enfants, lui et sa famille ont trouvé refuge à Arbinda-centre, depuis 2019. Il s’est engagé dans le volontariat dès les premières heures. « Je ne peux pas fuir mon village à cause de l’insécurité et venir ici rester les bras croisés tout en laissant les terroristes continuer à nous dépouiller de tous nos biens », justifie-t-il. M.M. exécute toutes les missions : garde nocturne ou diurne, patrouille, escorte… Son objectif : éviter qu’Arbinda, dernier asile, ne tombe dans les mains des forces du mal. Ce cinquantenaire est aussi un rescapé d’une attaque terroriste. Lors d’une mission de patrouille avec les FDS, il reçoit une balle des terroristes au niveau de son pied gauche.

« Ils violent nos femmes »

Contrairement aux autres VDP blessés qui n’ont bénéficié d’aucun soutien en matière de prise en charge médicale, notre interlocuteur dit avoir bénéficié d’un appui financier de ses frères d’armes. « Les FDS du détachement mixte d’Arbinda et les VDP se sont cotisés environ 300 000 francs pour me soigner », se félicite-t-il, l’air souriant. Même s’il a retrouvé sa santé et a repris ses missions aux côtés de ses frères défenseurs de la patrie, il désapprouve leurs conditions de vie et de travail. « Nous ne pouvons plus sortir à 2 km de la ville sans prendre une balle. Nous ne cultivons plus, il y a trois ans. Nous ne pouvons plus exploiter nos sites d’orpaillage. Comment faire pour survivre ? », S’interroge-t-il, dans cette précarité. De ce fait, M.M. invite chaque Burkinabè à cultiver la paix, le vivre-ensemble et la cohésion sociale. « Si on avait privilégié le dialogue intercommunautaire dans la résolution de cette crise, nous ne serions pas arrivé à ce stade où nous passons tout notre temps, nuit comme jour, à nous défendre », pleure-t-il, l’arme à la main. P.S. est originaire de Belhoulé, commune d’Arbinda. Il a aussi rejoint les rangs des VDP d’Arbinda, depuis 2019. Dans cette matinée de dimanche 21 février 2021, il fait partie de l’équipe de garde sur l’axe Koutougou-Arbinda. Pour lui, éviter à tout prix que les atrocités perpétrées dans son village par les terroristes ne se reproduisent plus. « Ils violent régulièrement nos femmes, tuent nos enfants et pillent nos richesses… », souligne-t-il. Lui aussi marche avec une fracture à son pied droit. Même si sa plaie s’est cicatrisée, il ressent toujours des douleurs au niveau des nerfs. Une blessure contractée, courant novembre 2019, lors d’une tentative d’infiltration de 15 terroristes à l’intérieur de la ville. « On était deux seulement à en découdre avec eux. Dans les échanges de tirs, j’ai reçu une balle au niveau de mon pied droit. Mais j’ai réussi à neutraliser un d’entre eux », confie-t-il. Notre interlocuteur a retrouvé la santé grâce à la clémence de sa grande sœur, qui a pris en charge les frais de soins à hauteur de 285 000 francs. « A un certain moment, elle n’avait plus rien. Et, j’ai décidé d’enchaîner avec des soins traditionnels », affirme-t-il. Durant cinq mois de chômage, c’est sa mère biologique qui prenait en charge sa famille forte de 13 membres. « Je bénéficiais des vivres auprès du PAM. Mais mes collègues les détournaient. Parce que je ne pouvais pas me déplacer », regrette-t-il. Son souhait le plus ardent est d’avoir un soutien financier, afin de passer des examens radiologiques médicaux de son pied. En substance, ces défenseurs de la patrie désirent que les textes (ndlr : arrêté conjoint) soient appliqués afin qu’ils puissent vivre dignement.

Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com

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De la prise en charge

Promulgué, le 8 avril 2020, l’arrêté conjoint n°2020-081/MDNAC/MINEFID fixe les avantages financiers et en nature accordés aux VDP. Les VDP sont recrutés par groupe de 10 pour un contrat de 12 mois renouvelable, chaque année, dans la limite de 5 ans. Chaque groupe bénéficie d’un appui financier mensuel de l’Etat à hauteur de 200 000 francs pour son fonctionnement. En cas de blessure contractée dans l’exercice de ses missions, le VDP blessé bénéficie d’une prise en charge sanitaire de l’Etat dans les formations sanitaires publiques, sous la responsabilité du Commandant de la Région militaire concernée. Si cette blessure entraine une invalidité permanente consécutive, une prime forfaitaire mensuelle de 25 000 francs est versée au volontaire pendant une période de 5 ans non renouvelable. En cas de décès du volontaire, l’Etat doit contribuer à hauteur de 100 000 francs pour son inhumation. Un soutien financier de l’Etat d’un montant d’un million francs en un seul et unique versement est accordé aux ayants droit du VDP décédé en opération.
E.S.

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De l’effort de guerre

En plus des armes fournies par l’Armée, les VDP d’Arbinda se sont dotés des armes et des radios émetteur-récepteur. Ces efforts de guerre sont de la contribution des VDP commerçants nantis et des personnes de bonne volonté ressortissantes de la commune. Les bénéficiaires nous rassurent que toutes ces armes ont été acquises selon les règles de l’art et elles seront rétrocédées à l’Armée une fois la quiétude retrouvée. « Si la guerre finit, l’Etat sait dans quel domaine nous reverser dans le cas contraire, nous allons remettre toutes ces armes mêmes celles achetées par nos propres moyens et cultiver, élever ou extraire l’or dans les sites aurifères », souligne un chef des VDP.
E.S.

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Boureima Werem, maire d’Arbinda
« Traiter les VDP à l’image des VADS »

Dans cet entretien, accordé à Sidwaya, le 1er mars 2021, le bourgmestre de la commune rurale d’Arbinda, Boureima Werem, apprécie positivement les actions des supplétifs de l’Armée de sa localité. Il propose des pistes de solution pour leur meilleure prise en charge.

Sidwaya (S.) : Quelle appréciation faites-vous des actions des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) menées sur le terrain ?
Boureima Werem (B.W.) : La mise en place des VDP contribue énormément à la résistance, que ça soit en matière de leur disponibilité, de leur opérationnalisation ou en matière de renseignements. Ils ont permis à nos Forces de défense et de sécurité (FDS), d’une part, de maîtriser le terrain pour mieux agir, d’autre part, d’instaurer un climat de confiance entre les différents acteurs et les populations locales. Leur action a aussi facilité le retour des Personnes déplacées internes (PDI), malgré les difficultés auxquelles elles sont confrontées.

S : Etes-vous satisfait de la collaboration des VDP avec les FDS ?
B. W.  : En dépit de quelques incompréhensions enregistrées de temps en temps, nous estimons que la collaboration entre les FDS et les VDP sur le terrain est satisfaisante. Car, après leur formation de base, ils sont sous le commandement de l’Armée. Sur le terrain, ils mènent ensemble les différentes missions comme les patrouilles, les escortes et les gardes sans difficultés majeures. Cependant, il faudrait que les VDP prennent conscience qu’ils ne sont pas des militaires, parce qu’il y a beaucoup de stratégies militaires qu’ils ignorent.

S : Que proposez-vous pour plus d’efficacité des VDP sur le terrain ?
B. W.  : Le retour rapide des PDI dans leurs villages d’origine est conditionné par la mise en place des VDP dans chaque village. De ce fait, l’état-major des Armées doit s’assumer en formant et en équipant davantage ces supplétifs de la sécurité pour plus d’opérationnalité sur le terrain. Pour une meilleure gestion des volontaires, un secrétariat permanent rattaché soit à la Défense, soit au Premier ministère doit être créé. Il faut aussi les traiter à l’image des appelés du Service national pour le développement (SND) ou des Volontaires adjoints de sécurité (VADS). Les populations locales doivent aussi jouer leur partition en motivant les VDP en fonction de leur disponibilité. Mais avant tout cela, il faudrait d’abord que les VDP soient bien formés et mieux équipés sans occulter une meilleure prise en charge des blessés, des veuves et orphelins des combattants tombés sur les théâtres des opérations.

Interview réalisée par Emil SEGDA

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