Masdar city d’Abu-Dhabi: Le président du Faso dans le « labo » des énergies du futur

Au deuxième et dernier jour de sa visite de travail et d’amitié à Abu-Dhabi aux Emirats arabes unis, le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré a visité, le jeudi 25 avril 2019, Masdar city, une écocité uniquement fonctionnelle avec les énergies renouvelables. Il a également visité l’Oasis de dignité à la suite d’une cérémonie solennelle de dépôt de gerbe de fleurs à l’honneur des martyrs et enfin la Grande mosquée Sheikh Zayed.

 Avant de quitter Abu-Dhabi au terme de deux jours visite d’amitié et de travail, le jeudi 25 avril 2019, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré Masdar s’est rendu sur le site de la Cité Masdar abritant l’Agence international de l’énergie renouvelable (IRENA), à 30 km à l’est de la ville d’Abou Dhabi. « Les générations futures doivent vivre dans un monde différent du nôtre. C’est essentiel que nous nous habituions nous-mêmes et nos enfants, à entrer dans ce nouveau monde ». C’est philosophie (frappé en grand sur un mur) du Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan, père fondateur des Emirats arabes unis, guidant la construction de la Cité, qui a accueilli le chef de l’Etat et sa délégation une fois dans un des bâtiments. Ses hôtes lui ont expliqué que Masdar ou « source » en arabe est une écocité à vocation expérimentale dans les domaines des énergies renouvelables, des transports « propres » et de la gestion des déchets. Le projet est toujours en développement, les travaux ayant commencé en février 2008 pour accueillir 40 000 habitants à l’horizon 2030. La ville est appelée à devenir une ville modèle, la première cité avec une vie « sans émissions de carbone et sans déchets ». L’objectif de la ville est d’inciter étudiants, experts, hommes d’affaires, spécialistes de l’environnement et entreprises innovantes de tous les pays à venir s’y installer. Le Masdar Institute, dédié à la recherche, a été initié en 2007. Les premiers étudiants et chercheurs y ont investi une partie des lieux dès novembre 2010. Parmi les infrastructures et projets initialement envisagés dans le cadre de Masdar City, figurent la construction d’une centrale solaire d’une puissance de 100 mégawatts qui doit être ultérieurement portée à 500 MW, la couverture des toits de la ville de 5 000 m2 de panneaux photovoltaïques, le recours à l’hydrogène et à des agrocarburants issus de cultures utilisant les eaux usées pour remplacer les carburants fossiles et l’utilisation des eaux usées, après recyclage, pour l’irrigation des cultures destinées à l’alimentation. Ce recyclage de l’eau est censé permettre de réduire de 80% la consommation d’eau de mer dessalée dont la production nécessite une quantité importante d’énergie.

 

Une anticipation sur le futur

A cela s’ajoute la construction d’une ferme éolienne de 20 MW, l’utilisation du surplus d’énergies renouvelables produit par la ville d’Abou Dhabi et la mise en place d’un système de transports « propre » à haute efficience énergétique et sans émissions de gaz à effet de serre. Bâtie sur une superficie de 6 540 hectares, elle a un potentiel d’installation de 1 500 entreprises pour un coût global d’environ 22 milliards de dollars. Les deux grandes installations actuellement en place sont l’Institut des sciences et des technologies et le siège de l’IRENA.

A la fin de sa visite, le président du Faso a expliqué que la Cité Masdar est une ville de haute technologie, une zone franche où toutes les industries peuvent venir s’installer et investir en vue de travailler dans la recherche ou dans la construction. « C’est une anticipation sur le futur et on ne peut que saluer cette vision qui ne se limite pas à vivre au quotidien mais à préparer la réflexion sur les énergies du futur », a-t-il relevé. Après la Cité Masdar, le chef de l’Etat a visité Waha Karama (Oasis de dignité) et y a déposé une gerbe de fleurs lors d’une cérémonie solennelle en honneur aux martyrs et soldats qui ont sacrifié leur vie au service de la Nation, en présence de son Altesse Sheikh Khalifa bin Tahnoun Al Nahyan. Avant de regagner Ouagadougou, le président Kaboré s’est rendu à la Grande mosquée d’Abu-Dhabi qui porte le nom du fondateur de la ville, Shiekh Zayeg, initiateur de l’unification des sept émirats qui forment les Emirats arabes unis. D’une capacité de 51 000 personnes, la mosquée dispose d’un tapis intérieur inscrit au Record Guinness pour avoir été tissé à la main par 1 200 femmes pendant deux ans.

Jean-Marie TOE

Depuis Abu-Dhabi

(Emirats Arabes Unis)

Dialogue politique : le CFOP craint «un marketing politique»

Le Chef de file de l’opposition politique (CFOP) au Burkina Faso a animé une conférence de presse, le jeudi 25 avril 2019 à Ouagadougou. Le dialogue politique annoncé par le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, et des sujets d’actualité nationale étaient au menu.

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, n’accorde pas d’importance au dialogue politique qu’il a lui-même annoncé. C’est du moins la conviction du Chef de file de l’opposition politique (CFOP) au Burkina Faso, Zéphirin Diabré, qui s’est expliqué au cours d’une conférence de presse, tenue le jeudi 25 avril 2019, au siège du CFOP, à Ouagadougou. «A trois jours de la date (28 avril) annoncée initialement pour la tenue du dialogue, nous ne savons pas encore où il va se tenir, quels sont les points qui y seront débattus, ni comment vont se dérouler les travaux», a-t-il déploré. Pourtant, a fait savoir M. Diabré, l’opposition a transmis par correspondance ses propositions au chef de l’Etat, à sa demande, le 10 avril 2019. Ces propositions sont réparties en 7 grandes thématiques, notamment la situation sécuritaire, la réconciliation nationale, l’union nationale et la cohésion sociale, le code électoral et les élections de 2020. La gouvernance et les questions sociales sont aussi prioritaires aux yeux de l’opposition. Tout en réaffirmant leur disponibilité à participer au dialogue, Zéphirin Diabré et ses camarades craignent que cette démarche soit une manœuvre politicienne.

«L’opposition ne se prêtera pas à une action de marketing politique dans laquelle le pouvoir compte utiliser les opposants pour soigner son image auprès des partenaires au développement. Nous ne sommes pas dupes», a averti le président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC).

Un dialogue sincère avec les syndicats

Outre la question du dialogue politique, l’opposition s’est intéressée aux sujets d’actualités. L’information relayée par le magazine Africa Intelligence selon laquelle le président Kaboré aurait repris les recettes de Blaise Compaoré en négociant avec les terroristes, a fait les choux gras du point de presse. L’opposition burkinabè a qualifié cette information de scandaleuse si toutefois elle est avérée.

Au regard de la gravité de l’information, Zéphirin Diabré invite le chef de l’Etat à officiellement apporter un démenti afin de rassurer ses compatriotes. Pourquoi apporter encore un second démenti alors que le porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou l’a déjà fait? A cette question des journalistes, le chef de file de l’opposition politique a laissé entendre : «De ma petite expérience au sein de l’administration, je sais que l’un des rôles du ministre, porte-parole, est de faire des démentis. Africa Intelligence est un magazine sérieux.

Il a dit des choses qui se sont vérifiées dans le temps. L’article cite des noms. Et jusqu’à présent, personne n’a démenti», a souligné, Zéphirin Diabré.
Autre sujet évoqué, le front social toujours en ébullition avec les mouvements dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la justice. L’opposition appelle l’exécutif à dialoguer sincèrement avec les syndicats et invite les deux parties à rendre publiques les conclusions des accords pour éviter les polémiques et autres manquements. Le CFOP a par ailleurs salué l’exploit des chirurgiens burkinabè qui ont mené en collaboration avec leurs homologues sénégalais, une opération de cœur avec succès sur une fillette de sept ans.

Abdoulaye BALBONE

¼ de finale Coupe du Faso: l’USFA plus chanceuse que SC Majestic

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Les dieux du football étaient certainement avec l’USFA contre le SC Majestic lors de leur opposition en quart de finale de la Coupe du Faso. Au stade régional de Manga, ce mercredi 24 avril, les Académiciens et SC Majestic de Saponé ont pris par deux fois une longueur d’avance sur les militaires, mais au final, ce sont ces derniers qui sont repartis avec le ticket qualificatif pour les demi-finales. En effet, la formation de SC Majestic a d’abord mené au score dès la 10e minute par Stéphen Erégaré. C’est sur un corner qu’il a catapulté le ballon de la tête au fond des filets pour ouvrir le score. Mais à la 20e minute,
sur sa deuxième opportunité, Kouamé Botue, va permettre aux militaires de refaire leur retard. Celui-ci a hérité d’une balle bien servie
par l’international Aristide Bancé, pour tromper le portier du SC Majestic, Soufiane Farid Ouédraogo. La jonction au score a été comme un stimulant pour l’équipe militaire. Elle a dominé son adversaire, multipliant les attaques. Avant la pause, elle est passée à deux doigts de prendre l’avantage au score à la 25e minute. Son gardien de but, Ziem Narcisse Hien, a mis son corps en opposition pour empêcher la lourde frappe d’Abdou Koughindiga d’aller au fond des filets. En seconde période, le jeu est plus équilibré. Le ballon allait d’un camp à l’autre. Chacune des deux équipes a eu une bonne occasion de remporter le gain de la partie avant le temps règlementaire.

A 5 minutes de la fin, Clément Pitroipa de l’USFA, sur une action personnelle, a manqué de peu le cadre après avoir éliminé 3 défenseurs. Dans le temps additionnel, c’est au tour de Boris Alain Kouassi de voir sa frappe détournée in extrémis par le portier des militaires Harouna Balboné. Aux tirs au but, le SC Majestic a de nouveau bénéficié d’un avantage avant de le gaspiller au dernier moment. En fait, l’USFA a raté ses deux premiers tirs contre 1 pour l’équipe de Saponé. Seulement, cette dernière manquera son 5e tir, ce qui a permis à l’USFA d’arracher le ticket qualificatif en réussissant ses derniers tirs. 5-4 a été le résultat de l’épreuve des tirs au but.

Pengdwnedé Achille OUEDRAOGO

Coupe du Faso : les favoris qualifiés pour les demi-finales

Les demi-finalistes de la Coupe du Faso sont connus, à l’issue des quarts de finales disputés le mercredi 24 avril 2019. L’USFA, le Rahïmo FC, l’AS SONABEL, et l’ASEC de Koudougou ont obtenu leur ticket qualificatif pour les demi-finales du 8 mai 2019.

Il n’y a pas eu de grosses surprises lors des ¼ de finale de la Coupe du Faso disputés le mercredi 24 avril 2019. Des différentes oppositions, ce sont les mieux classés dans le championnat national qui ont obtenu leur ticket qualificatif pour les demi-finales. Cependant, il y a eu du suspense au cours de ces différentes rencontres. Au stade Sangoulé-Lamizana à Bobo-Dioulasso où l’AS SONABEl et l’AS Maya étaient aux prises, c’est le club de D2 qui a mené au score depuis la 30e minute par Seydou Barro, avant que les Electriciens ne puissent égaliser à la dernière minute du temps additionnel par Bérenger Diby. L’AS SONABEL va se qualifier finalement aux tirs au but ( 5-3).

Au stade Wobi, l’ASFB et Rahïmo FC, sans conteste le choc de ces ¼ de finale, se sont dominés tour à tour avant que l’équipe de l’ancien international Rahim Ouédraogo ne remporte la partie à l’épreuve fatidique, 5 contre 4. En effet, les Buffles ont été les premiers à ouvrir le score à la 40e minute par Pierre Landry Kaboré avant que le leader du championnat ne bénéficie d’un auto-goal de Mamadou Fafana pour rétablir la parité au score, 5 minutes après. Rahimo FC va même prendre l’avantage à son tour, grâce à un pénalty à la 60e minute de Mody Cissé. L’égalisation de l’ASFB est intervenue à la 68e minute par Dramane Kaboré.

C’est également à l’épreuve des tirs au but que l’USFA, 3e du championnat, a eu raison sur SC Majestic 7e au classement. Le score à la fin du temps règlementaire a été de 1 but partout. Seules l’ASEC de Koudougou et l’AS Police se sont départagés au temps imparti pour ces ¼ de finale de la Coupe du Faso. Les Policiers qui sont à la lutte pour le maintien en D1 n’ont pas pu trouver les bonnes munitions face à l’équipe coachée par Drissa Malo dit Saboteur. Les deux buts de la rencontre ont été l’œuvre de Seydou Ouattara. Il a d’abord ouvert le score dès la 4e minute avant de doubler la mise à la 64e minute. Les oppositions des demi-finales seront connues en début de semaine prochaine lors d’un tirage au sort.

Pengdwnedé Achille OUEDRAOGO

Tout le monde est «n’importe qui» !

Il y a des fois où face au mur, on murmure sa peine sans le moindre écho. Très souvent, c’est entre deux feux que les alertes à la détresse s’estompent entre les flammes du désespoir. On a beau crié et vociféré à perdre haleine, seul le silence répond avec retentissement. Malgré le monde qui t’entoure, la vie devient un vaste désert quand tu perds le plus cher des êtres de la terre. Nul n’est fier d’enterrer son fils en s’appuyant sur une canne au crépuscule d’une vie absente. Personne ne peut sécher les larmes de l’amour vrai et de l’amitié sincère. On vit ensemble un ou deux jours et on se quitte pour toujours, sans plus jamais se revoir sur le trottoir des passants. Oui, nous sommes tous des passants d’une vie empruntée que l’on rendra tôt ou tard. Certains la rendront avec des intérêts et des honneurs, d’autres la dilapideront avec des regrets et des remords. Oui, nous sommes tous des étrangers sur une terre inconnue entre les barreaux d’un destin implacable. Ce monde est une grosse bouteille au bouchon hermétiquement fermé, serré à double tour, sans aucune possibilité d’échapper à la tragédie. Quand on naît un jour, il faut s’attendre à mourir un jour, qu’on le veuille ou non.

Personne ne sera épargné ; aucun corps ne survivra à l’heure fatidique du jour le plus noir. Comme c’est tristement sublime de ne savoir quand, où, comment elle s’abattra sur nous ! Comme c’est mystérieux de la côtoyer au jour le jour sans vraiment connaître le jour. Finalement, nous avons tous un agenda caché déjà coché mais à notre insu, sans notre aval, sans notre avis. Nous avons tous une horloge qui tourne en nous sans le moindre cliquetis. Finalement, nous sommes égaux en droit mais c’est la mort qui nivèle nos destins et nous révèle tous véritablement égaux. Même le plus puissant des hommes de la terre entrera dans une tombe les pieds joints, raide et inanimé. Même le plus riche des hommes de la terre fera l’expérience douloureuse de la mort six pied sous terre, dans le noir et dans la chaleur ; dans la solitude et l’isolement. Du président au clochard sans pain, chacun y passera avec humilité et en tenue de vérité. Tant pis pour le costume porté à titre posthume ; tant pis pour les dorures du cercueil ; les encens les plus fins sont inodores dans la tombe. Les hommes les plus craints pourrissement toujours sous terre.

Que celui qui ne mourra pas lève le petit doigt et crie à l’immortel. Que celui qui ne gémira pas sur un grabat se regarde devant sa glace et contemple le tas de poussière qu’il est sans savoir. Il y en a même qui n’auront pas de sépulture digne de ce nom, parce que destinés à raser les murs du néant. Alors, quel est ce téméraire centenaire qui sait quand viendra le jour et se vante de battre le record des scores contre la mort ? Qui de ces ignares homo sapiens croient plus en la science qu’à leur propre conscience au point d’oublier la fin qui approche ? Certains de ceux qui construisent leur dernière demeure avant d’y loger sont surpris d’être au bout du rouleau en plein vol ou en pleine traversée. Ironie du sort ? Cruauté du destin ? Il n’y a pas de protocole, point de préséance ; aucune bienséance, point de bienveillance !

Il suffit de bien contempler le plus beaux des cercueils pour se rendre compte que nous ne sommes qu’un recueil d’écueils. Il suffit de jeter un regard sur le visage mat et insipide de l’intrépide et éternel dormeur, pour se rendre compte que tout le monde est « n’importe qui ». Que celui qui se sent suffisamment fort s’y oppose et en ressort indemne ! Loin du tapis rouge et des salons feutrés, les termites se délecteront de l’intouchable corps sans garde du corps. Loin des trésors engrangés, du patrimoine acquis et conquis, une dépouille nauséabonde se putréfie. Fini, les parfums les plus fins et chers. Fini, les rutilantes bolides qui filaient à vive allure sans cure ; aux pas de caméléon, ils passeront inaperçus sans sirène ni fanfare. Même sur fond de tapage, aucun honneur ne peut se targuer d’être l’antidote du pire.

Où sont passés les hommes forts de cette planète peu nette et sans tête ? A qui appartient cette tombe de luxe sans vie ? Quelle différence y a-t-il entre celles carrelées et peintes en blanc et celles anonyme sans éclat ni beauté particulière ? Que dire de celles construites en duplex et à niveau, bardées de fioritures inutiles, pendant que l’essentiel n’est plus que terre et poussière ? Y a-t-il une différence intrinsèque entre la mort qui frappe le riche et celle qui soulage le pauvre ? « Ce qui compte, ce ne sont pas les années qu’il y a eu dans la vie. C’est la vie qu’il y a eu dans les années », disait Abraham Lincoln.

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

UEMOA : 3,5 milliards F CFA pour couvrir le risque maladie

La commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et l’Agence française de développement (AFD) ont signé, le jeudi 25 avril 2019 à Ouagadougou, l’avenant 1 à la convention de financement du projet d’appui à l’extension de la couverture du risque maladie. D’un montant global de plus de 3,5 milliards F CFA, le projet a une durée de trois ans.

Le Projet d’appui à l’extension de la couverture du risque maladie (PACRM) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) se relance après huit années de léthargie. En effet, l’institution sous régionale et l’Agence française de développement (AFD) ont signé, le jeudi 25 avril 2019, dans la capitale burkinabè, l’avenant 1 de la convention de financement, d’un montant de 5 400 000 euros soit environ 3 537 000 000 F CFA. Pour une durée de trois ans, le projet va permettre aux pays-membres, de bénéficier d’un accompagnement technique en vue de la conduite de leurs processus nationaux de mise en œuvre d’une assurance maladie efficace. Le président de la commission de l’UEMOA, Abdallah Boureima, a rappelé que l’objectif ultime de son organisation est d’assurer le bien-être social des populations dont la santé. «Tirant les leçons des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du projet dont la convention a été signée en mai 2011, des échanges fructueux ont été engagés entre nos deux institutions. Ces échanges ont permis de convenir d’une prorogation de la durée du projet et de définir une modalité de mise en œuvre tenant compte des difficultés», a expliqué M. Boureima.

A l’écouter, dans la nouvelle approche, les deux parties ont voulu rendre le projet plus pertinent au regard des évolutions récentes constatées dans la dynamique de la couverture maladie dans l’espace et capitaliser les activités déjà réalisées. Il vise à combler, a-t-il ajouté, le déficit de financement aux populations les plus pauvres en apportant les ressources indispensables pour la mise en place du mécanisme d’accès aux soins de santé. Et à l’ambassadeur de la République française au Burkina Faso, Xavier Lapeyre de Cabanes, d’indiquer que la finalité du projet est de contribuer à l’amélioration de l’état de santé de la population des pays de l’UEMOA par un meilleur accès financier aux soins de santé.

L’engagement de l’UEMOA

«Il contribuera à positionner la commission dans son rôle de diffuseur de normes, d’accompagnant des Etats sur des sujets sensibles et innovants. Le contenu a été adapté pour tenir compte de la dynamique actuelle de la couverture du risque maladie de l’espace et des besoins exprimés par les Etats qui bénéficieront d’un appui différencié en fonction du niveau d’avancement de leur stratégie nationale en la matière», a précisé l’ambassadeur de France. Le projet vise notamment, a souligné Xavier Lapeyre de Cabanes, à proposer un cadre favorable aux mutuelles de santé, à appuyer la mise en place de cadres institutionnels et organisationnels pour l’extension de la couverture maladie en faveur des publics-cibles.

«Il est connu que l’existence d’une couverture du risque maladie est un élément de nature à réduire l’épargne de précautions des agents économiques, donc d’inciter à investir les sommes épargnées», a soutenu le diplomate français. Pour sa part, le président de la commission de l’UEMOA a pris l’engagement pour qu’au terme des trois prochaines années, le financement soit consommé et ait généré des résultats importants.
Le PACRM comprend trois composantes : l’appui au développement de l’Assurance maladie volontaire, l’appui à la conception et/ou à la mise en œuvre des stratégies nationales d’extension de la couverture du risque maladie, le renforcement des capacités de la direction de la santé et de la protection sociale.

Joseph HARO
josephharo4@gmail.com

21e Journée nationale du paysan : l’insécurité s’invite aux débats

Le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydroagricoles, Salif Ouédraogo, a ouvert, dans la matinée du jeudi 25 avril 2019 à Gaoua, le forum et les ateliers sectoriels de la 21e Journée nationale du paysan. Les acteurs du monde rural vont à l’occasion, se pencher sur les difficultés qui entravent le développement de leurs activités afin de dégager des pistes de solutions.

Les acteurs du monde rural sont à la recherche de stratégies pour assurer la sécurité alimentaire dans un contexte d’insécurité au Burkina Faso. Ils sont, à cet effet réunis, du 25 au 27 avril 2019 à Gaoua, dans le cadre de la 21e édition de la Journée nationale du paysan (JNP). A l’occasion, les participants vont échanger sur la thématique : «Défi de la sécurité alimentaire dans un contexte d’insécurité : quelles stratégies d’accompagnement des exploitations agro-sylvo-pastorales, halieutiques et fauniques ?» Le top de départ des activités de ce rendez-vous des producteurs a été l’ouverture du forum et des ateliers sectoriels, dans la matinée du jeudi 25 avril, par le ministre de l’Agriculture, des Aménagements hydroagricoles, Salif Ouédraogo.

Dans son intervention, les atouts de l’agriculture burkinabè ne sont pas passés sous silence. Il s’agit de l’existence d’environ 9 millions de terres arable, et de la disponibilité d’environ 1 200 plans d’eau permettant de mobiliser près de 5 milliards de mètres cubes d’eau de surface par an. A cela s’ajoutent, entre autres, un cheptel numériquement important et diversifié ainsi que l’existence d’importantes zones agropastorales et agroécologiques. Malgré ces différents potentiels, a regretté M. Ouédraogo, l’agriculture burkinabè reste tributaire d’un certain nombre de contraintes. Il s’agit des aléas climatiques, de la volatilité des prix des produits agricoles, des attaques parasitaires, de la non-maîtrise des itinéraires techniques de production, de la faible mécanisation et de l’insuffisance de financement. Cette situation est accentuée par le contexte d’insécurité que connaît le Burkina Faso, a souligné le ministre Ouédraogo. C’est pourquoi, il a invité les plus de 1 200 producteurs, participants aux ateliers sectoriels, à échanger sur les mécanismes à mettre en place afin de leur permettre de mener bien leurs activités.

L’équation de l’écoulement des produits

Le président de la Confédération paysanne du Faso (CPF), Bassiaka Dao, a également égrené les mêmes difficultés qui entravent le développement de l’agriculture. Par ailleurs, M. Dao pense qu’il faut aller à la professionnalisation de ce secteur. Car, a-t-il poursuivi, l’agriculture ne peut pas toujours rester informelle. Pour sa part, le président de la Chambre nationale d’agriculture (CNA), Moussa Koné, est revenu sur d’autres difficultés que connaît le monde rural notamment les problèmes de financement et d’écoulement des productions. Concernant la résolution de la première difficulté, il s’est réjoui de la création de la Banque agricole du Faso.

Au sujet de l’écoulement des productions agricoles, le président de la CNA a mis en cause les problèmes de conservation des productions. Il serait donc judicieux de mettre l’accent sur les unités de conservation pour que les producteurs ne soient pas exposés à la mévente  et la pourriture de leurs produits», a-t-il préconisé.

Boubié Gérard BAYALA

Masdar city d’Abu-Dhabi : le président du Faso dans le «labo» des énergies du futur

Au deuxième et dernier jour de sa visite de travail et d’amitié à Abu-Dhabi aux Emirats Arabes Unis, le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a visité, le jeudi 25 avril 2019, Masdar city, une écocité uniquement fonctionnelle avec des énergies renouvelables. Il a également visité la grande mosquée Sheikh Zayed et l’Oasis de dignité, à la suite d’une cérémonie solennelle de dépôt de gerbe de fleurs à l’honneur des martyrs.

Avant de quitter Abu-Dhabi au terme de deux jours de visite d’amitié et de travail, le jeudi 25 avril 2019, le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, s’est rendu sur le site de la cité Masdar abritant l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA), à 30 km à l’Est de la ville d’Abu Dhabi. «Les générations futures doivent vivre dans un monde différent du nôtre. C’est essentiel que nous nous habituions nous-mêmes et nos enfants, à entrer dans ce nouveau monde».

C’est la philosophie, mentionnée sur un mur du Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan, père- fondateur des Emirats arabes unis. C’est cette cité futuriste qui a accueilli le chef de l’Etat et sa délégation. Une fois dans un des bâtiments, ses hôtes ont expliqué à l’illustre visiteur du jour que Masdar ou «source» en arabe est une écocité à vocation expérimentale dans les domaines des énergies renouvelables, des transports «propres» et de la gestion des déchets. Le projet est toujours en développement, les travaux ayant commencé en février 2008 pour accueillir 40 000 habitants à l’horizon 2030. La ville est appelée à devenir une ville modèle, la première cité «sans émissions de carbone et sans déchets». L’objectif de la ville est d’inciter étudiants, experts, hommes d’affaires, spécialistes de l’environnement et entreprises innovantes de tous les pays, à venir s’y installer.

Le Masdar Institute, dédié à la recherche, a été initié en 2007. Les premiers étudiants et chercheurs y ont investi une partie des lieux dès novembre 2010. Parmi les infrastructures et projets initialement envisagés dans le cadre de cette cité, figurent la construction d’une centrale solaire d’une puissance de 100 mégawatts qui doit être ultérieurement portée à 500 MW, la couverture des toits de la ville de 5 000 m2 de panneaux photovoltaïques, le recours à l’hydrogène et à des agrocarburants issus de cultures utilisant les eaux usées pour remplacer les carburants fossiles et l’utilisation des eaux usées, après recyclage, pour l’irrigation des cultures destinées à l’alimentation. Ce recyclage de l’eau est censé permettre de réduire de 80% la consommation d’eau de mer dessalée dont la production nécessite une quantité importante d’énergie.

Une anticipation sur le futur

A cela, s’ajoute la construction d’une ferme éolienne de 20 MW, l’utilisation du surplus d’énergie renouvelable produit par la ville d’Abu Dhabi et la mise en place d’un système de transports «propre» à haute efficience énergétique et sans émissions de gaz à effet de serre. Bâtie sur une superficie de 6 540 hectares, elle a un potentiel d’installation de 1 500 entreprises pour un coût global d’environ 22 milliards de dollars. Les deux grandes installations, actuellement en place, sont l’Institut des sciences et des technologies et le siège de l’IRENA. A la fin de sa visite, le président du Faso a expliqué que la Cité Masdar est une ville de haute technologie, une zone franche où toutes les industries peuvent venir s’installer et investir en vue de travailler dans la recherche.

«C’est une anticipation sur le futur et on ne peut que saluer cette vision qui ne se limite pas à vivre au quotidien mais à préparer la réflexion sur les énergies du futur», a relevé Roch Marc Christian Kaboré. Après la Cité Masdar, le chef de l’Etat a visité Waha Karama (Oasis de dignité) et y a déposé une gerbe de fleurs lors d’une cérémonie solennelle à honneur des martyrs et soldats qui ont sacrifié leur vie au service de la Nation, en présence de son Altesse, Sheikh Khalifa bin Tahnoun Al Nahyan. Avant de regagner Ouagadougou, le chef de l’Etat s’est rendu à la grande mosquée d’Abu-Dhabi qui porte le nom du fondateur de la ville, Sheikh Zayeg, initiateur de l’unification des sept émirats qui forment les Emirats arabes unis. D’une capacité de 51 000 personnes, la mosquée dispose d’un tapis intérieur inscrit au Record Guinness pour avoir été tissé à la main par 1 200 femmes pendant deux ans.

Jean-Marie TOE
Depuis Abu-Dhabi
(Emirats Arabes Unis)