Avortements et grossesses non-désirées: L’autre regard des leaders communautaires

0

La Coalition des Associations pour la Promotion de la  Santé Sexuelle et de la Reproduction (CAPSSR), en collaboration avec l’Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF) a organisé, les 12 et 13 avril 2019, à Ouagadougou, des séances de sensibilisation des leaders coutumiers, religieux et d’associations, sur la clarification des valeurs et la transformation des attitudes des leaders communautaires face aux grossesses non désirées et à l’avortement.

 L’Association Burkinabè pour le Bien Etre Familial (ABBEF) estime que les pesanteurs socioéconomiques (stigmatisation, honte, ignorance,  peur…) qui entourent l’avortement contribuent à dissimuler le problème de l’avortement à risque et constitue un obstacle majeur à l’accès aux services, aux droits à l’avortement et aux soins post-avortement pour les femmes et les jeunes filles.

En effet, pour clarifier les choses, l’ABBEF  et la Coalition des Associations pour la Promotion de la  Santé Sexuelle et de la Reproduction (CAPSSR), ont initié une série d’échanges et de sensibilisation avec des leaders coutumiers, religieux et des associations, dans la ville de  Ouagadougou. Ainsi les associations beneficiaires sont : Assosiation Ratta-Manégré à Cissin ; Coordination Sougr-Nooma de l’arrondissement 9 au secteur 38 et l’Association Namalgb-Zanga des chefs coutumiers de l’arrondissement de Bogodogo.

Selon la responsable du centre d’écoute pour jeunes de l’ABBEF à Ouagadougou, Adissa Konaté, ces séries d’échanges, ont été pour elle et son équipe, l’occasion d’échanger à bâtons rompus avec certains leaders religieux, coutumiers et associatif de la capitale burkinabè et de toucher du doigt l’importance et la contribution de la transformation  des attitudes de ces leaders dans la réduction des mortalités liés aux grossesses non désirées et aux avortements clandestins. Faire connaitre l’ampleur de l’avortement clandestin aux participants de ces ateliers, connaitre les lois nationales en rapport avec l’avortement, aider les participants à découvrir, à changer leurs réaction face à l’avortement, discuter avec les participants sur la stigmatisation et des services disponibles en soins après avortement, ont été, entre autres, les  grands axes des échanges qui ont duré deux jours avec les responsables de l’ABBEF et leurs différents interlocuteurs.  Pour Mme Konaté au Burkina Faso, 24 à 28% des décès maternels hospitaliers sont liés à l’avortement. Et cela est dû aux mauvaises attitudes d’incompréhension de certains parents qui expulsent leurs filles en cas de grossesses. Cette situation, a-t-elle dit, conduit la plupart des filles à des meurtres ou à l’avortement clandestin qui leur coute souvent leur vie ou une stérilité à vie. Les conséquences étant désastreuses, Mme Konaté a exhorté les parents à un changement de comportement surtout envers leurs filles. Donc, il est préférable d’être à leur écoute. Elle a d’ailleurs invité les parents à orienter les enfants, vers les centres d’écoute sur la santé sexuelles et reproductive des jeunes filles. Depuis 2008, le Projet de prise en charge complète des complications d’avortement(PPCCA) a été mise en place. « La mise en œuvre de ce projet se justifie par le fait que l’avortement a des conséquences dramatiques et d’énormes complications sur la santé des filles et des femmes burkinabè », a expliqué Mme Konaté. Et depuis 2014, lutte contre la stigmatisation des jeunes victimes de Grossesses non désirées (DGN), a-t-elle indiqué. Les débats sur les avortements et les grossesses non désirées ont été fructueux  avec tous les acteurs communautaires aussi que les leaders religieux et coutumiers, a –t- elle affirmé.

Au palais royal de Wemteng-Naaba, les interventions des jeunes, des femmes et de certains notables portent à croire que les conseils des membres de l’ABBEF ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd. Là-bas, le notable, le Maneguede-Naaba qui a pris la parole a embouché la même trompette que la responsable du centre d’écoute pour jeunes de l’ABBEF/Ouagadougou. « Il faut que nous les parents, nous nous donnions du temps souvent pour causer avec nos enfants afin de les prodigués des conseils et surtout les accompagner en cas de grossesse. Mois en tous cas, je n’expulserai point ma fille à cause d’une grossesse. Au contraire je vais l’accompagner dans la mesure du possible», s’est exprimé le Maneguede-Naaba. Car, a-t-il ajouté, c’est souvent le manque de ces mesures d’accompagnement, qui poussent certaines filles aux avortements clandestins qui se solde par des meurtres. Tout en saluant l’œuvre de l’ABBEF, il a demandé que les sensibilisateurs élargissent plus leurs terrains d’actions  vers les écoles et certains milieux publics en vue de cibler plus de jeunes filles.

L’un dans l’autre, les participants ont reconnu la responsabilité et le rôle que doivent jouer les parents pour mieux accompagner les enfants victimes de grossesses non désirées afin d’éviter les avortements à risques.

Mamourou BENAO

Communes de Béguédo et Niaogho
 : Les « œuvres » des Burkinabè d’Italie

Les villages de Béguédo et de Niaogho se distinguent à vue d’œil par leur développement dans la province du Boulgou. Séparés par le fleuve Nakambé, ces deux localités sont de véritables cités grâce au dynamisme individuel et collectif de leurs ressortissants vivant à l’étranger, notamment en Italie. Découverte !

Originaire de la commune rurale de Béguédo, Issouf Bara, la trentaine révolue, a été piqué par le virus de l’aventure en 2005. Il pose alors pour la première fois de sa vie, son baluchon à Milan, une métropole de la région de la Lombardie, au Nord de l’Italie. Dès son arrivée, il trouve du travail dans une industrie de fabrique d’ustensiles de cuisine. Au bout de six mois, il abandonne ce boulot pour un autre, cette fois-ci dans une usine de pièces de voitures où il passe huit ans. Malheureusement, des arriérés de paiement vont l’amener à renoncer à cette seconde activité.

La recherche d’un autre emploi se solde par des échecs. Il décide alors de regagner sa mère patrie, après près de 10 ans passés à l’étranger. Grâce à ses économies, il achète un véhicule d’occasion à 8 000 euros (près de 6 millions F CFA) auprès d’une connaissance. Le camion est convoyé au Burkina Faso. Issouf Bara se lance alors dans l’entrepreneuriat avec comme secteur d’activités, la livraison d’agrégats pour la construction de villas dans son village en plein essor. Travailleur acharné, l’homme est aujourd’hui un entrepreneur prospère. Il possède quatre camions et des villas, mises en location. « L’Italie a fait de moi ce que je suis devenu. Mon séjour dans ce pays m’a été très bénéfique.

Cela m’a permis d’entreprendre aujourd’hui », explique-t-il. Après son retour au pays, M. Bara est resté membre de l’Association des ressortissants de Béguédo en Italie (ARBI). « Lorsque je suis rentré au pays, je continuais à payer mes cotisations. Mais à un moment donné, J’ai arrêté », affirme-t-il. Tout comme lui, ses frères restés en Italie contribuent au développement de Béguédo par le biais de ladite structure. Le secrétaire général de l’ARBI, Wahabou Bara, qui vit en Italie depuis 2003, fait partie de ces généreux soutiens.

L’idée de création de l’association, explique-t-il, a germé suite au décès d’un compatriote. La plupart d’entre eux, avoue-t-il, sont sans papiers. Les formalités administratives représentent donc, dans ce cas malheureux, un véritable casse-tête chinois. « Nous avons dû faire des pieds et des mains pour dénicher un parent à Rome qui disposait de documents légaux afin de pouvoir décanter la situation », relate-t-il. Les ressortissants du village en Italie décident alors de trouver des solutions pérennes pour parer désormais ce genre de problèmes. D’où la création de l’ARBI qui compte à ce jour plus de 900 adhérents.

Un village métamorphosé

Le bureau central se déplace pour rencontrer les huit sections reparties à travers l’Italie pour recruter de nouveaux membres. La cotisation est fixée à 25 euros (plus de 16 000 FCFA) par an. Chaque année, l’association encaisse au moins 22 500 euros (plus de 14 millions FCFA), atteste le secrétaire général. Les cas de décès étant rares, les cotisations s’accumulent. C’est ainsi, que l’association opte d’affecter ce fonds au développement de Beguédo. Le projet de transformer le Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) en un centre médical nait et devient une réalité. Quelques temps après, l’ARBI construit l’Inspection de l’enseignement primaire de la commune et procède à la réfection de la préfecture.

Tout comme Béguédo, la commune voisine de Niagho se métamorphose également au fil des ans grâce à l’apport de ses fils vivant en Italie. Président de l’Association des ressortissants de Niagho en Italie (ARNI), Passida Compaoré, vit dans ce pays européen depuis une vingtaine d’années. Il dépose ses pénates d’abord à Rome, puis à Napoli, et enfin à Brescia après la régularisation de sa situation. « J’ai été influencé par mes frères qui revenaient chaque fois de l’Italie toujours bien habillés et avec des voitures », soutient-t-il.

M. Compaoré et ses frères ont de nombreux projets de développement pour leur commune, notamment dans le domaine de la santé, l’éducation, l’assainissement et la sécurité. Ils disposent, pour ce faire, d’un répondant au Burkina Faso, en l’occurrence l’Association pour le développement de Niagho (ADN). Selon le président de cette structure, Abdoul Sakour  Compaoré, ses « frères italiens », par le biais de l’ARNI, ont à leur actif la construction du CSPS II de Niagho à hauteur de 60 000 euros (plus de 39 millions de FCFA).

Ce centre de santé est composé d’un dispensaire, d’une maternité, d’un dépôt pharmaceutique, de quatre logements pour le personnel soignant et des latrines. En plus du CSPS, l’association a fait un don de trois ambulances à la commune, précise M. Compaoré. Au niveau de l’éducation, poursuit-il, l’ARNI a construit des salles de classes pour le lycée départemental et a doté l’établissement en matériels.

L’association a aussi construit un siège pour le service de l’environnement et le poste de gendarmerie du département de Niagho. Pour le secrétaire général de la sous-section de l’ADN, Amadou Compaoré, cette contribution des fils de Niagho a un impact très positif sur le développement de la commune. « Jetez un coup d’œil sur les constructions. Vous verrez rarement une maison en banco et en paille. Tout est construit en dur », dit-t-il fièrement.

Une saine concurrence

Compte tenu de la forte communauté de personnes originaires de Niagho et de Béguédo vivant en Italie, les deux villages sont devenus des centres d’affaires. Les banques et autres établissements financiers s’y bousculent, au regard de la forte transaction de capitaux. Cet essor économique influencera, peu à peu, les populations des communes et villages voisins tels Boussouma, Komtoèga, et Warigou. La plupart des habitants de ces localités vont, eux aussi, prendre le chemin de l’immigration.

Yacouba Saré est le secrétaire général de l’Association des ressortissants du département de Boussouma en Italie (ARDBI) et le délégué du Conseil supérieur des Burkinabè de l’étranger (CSBE) de la région de Lombardie. Selon lui, les Burkinabè se rendaient, autrefois, en Europe pour des études. « C’est la venue en Italie de nos frères généralement originaires de la province du Boulgou qui a déclenché cette vague d’immigration des Burkinabè sur le continent européen. Aujourd’hui, les chiffres officiels évoquent plus de 17 000 Burkinabè vivant en Italie.

Mais nous estimons leur nombre s’élève à plus de 30 000, en tenant compte de ceux qui vivent en situation irrégulière», précise-t-il. Plusieurs associations des différentes familles et villages de la province existent en Italie comme l’ARBI, l’ARNI, l’ARDBI, l’Association des ressortissants de Warigou etc. Toutes ces entités ont fédéré pour donner naissance à la Fédération des associations des Burkinabè en Italie, indique le secrétaire général de l’ARDBI.

Cette ambiance de « richesse et de réussite », à l’entendre, est soutenue par une saine concurrence. « Si un ressortissant vivant en Italie construit une maison de 20 tôles, son frère qui s’y trouve aussi construit une autre de 40 tôles à côté », commente le SG.

C’est ce qui a accéléré, fait-il remarquer, la construction des villas, de forages et des châteaux d’eau potable dans les villages. « Je prends l’exemple de ce fils de Niagho qui a construit une unité de fabrication d’eau minérale dans son village. Quelques mois après, deux unités ont été réalisées à Beguédo », illustre-t-il. Pour lui, cela a l’avantage de réduire le coût de la barrique d’eau. « Avant, la barrique d’eau d’une fontaine de l’ONEA coûtait 150 F CFA. Grâce à la construction des châteaux d’eau privés, la population peut se la procurer à 100 F CFA », explique Amadou Compaoré.

Pour contribuer encore plus au développement de leur terroir, les Burkinabè vivant en Italie demandent l’accompagnement de l’Etat. De l’avis du SG de l’ADN, leur ambition est d’ériger le CSPS de Niaogho en Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA). « Nos frères ont acquis des appareils médicaux. Ils sont en relation avec des associations italiennes qui veulent nous aider », affirme-t-il. Et d’ajouter qu’il suffit que le gouvernement marque son accord, pour que les fils du village se chargent de la normalisation de l’hôpital.

Abdoulaye BALBONE

Lutte contre le paludisme : Une distribution de moustiquaires annoncée pour juin

Le ministère de la Santé a tenu, une rencontre de plaidoyer à l’endroit des gouverneurs de régions pour leur implication dans la campagne de distribution universelle des moustiquaires imprégnés à longue durée d’action (MILDA), le mardi 23 avril 2019.

Après 2010, 2013, 2016, le ministère de la santé organise, la 4e   campagne de distribution universelle des Moustiquaires imprégnées à longue durée d’actions (MILDA) cette année 2019. Elle va débuter en juin prochain. Déjà, le ministère de la santé et ses partenaires se préparent pour la réussite de l’opération. C’est ainsi, que le département en charge de la santé a tenu, une rencontre de plaidoyer avec les gouverneurs de régions, le mardi 23 avril 2019, à Ouagadougou.

Pour la ministre de la santé, Claudine Lougué,   l’objectif principal de ce face-à-face avec les premiers responsables des régions, est de   contribuer à la réussite de la campagne à travers leurs engagements à toutes les étapes, que sont, le dénombrement, la distribution et l’utilisation effective des MILDA par les bénéficiaires. Le gouverneur de la région de l’Est, colonel-major, Peggy Hyacinthe Yoda, a pour sa part précisé que les gouverneurs occupent une place importante en tant qu’administrateurs de leur région et partenaires privilégiés des démembrements du ministère de la santé.

A ce titre, leur rôle est plus que capital dans le relais des actions au niveau des populations pour ces types de campagnes. « Notre rôle est d’accompagner les structures sanitaires dans la distribution pour que l’opération puisse atteindre toutes les populations et garantir son succès», a dit M. Yoda. « La nécessité d’agir ensemble pour le bien-être des populations rend plus que jamais légitime les actions entrant dans le cadre de la campagne MILDA 2019 », s’est réjouie Mme Lougué.

Pour elle, le succès de cette campagne va constituer des leviers sûrs et incontournables qui vont aider à impulser une dynamique à la lutte contre le paludisme au Burkina Faso. Aux gouverneurs, le ministre a annoncé des innovations majeures pour la présente campagne. Il s’agit de l’introduction des moustiquaires nouvelles générations pour faire face à l’accroissement de la résistance des moustiques   dans les régions de la Boucle du Mouhoun, des Cascades, des Hauts-Bassins et du Sud-Ouest.

« En plus des MILDA standards habituellement distribuées, la campagne 2019 prend en compte les MILDA PBO et MILDA Interceptor G2 qui constituent les nouvelles générations », a-t-elle déclaré.  Au cours de la rencontre, la ministre de la santé a rappelé que nonobstant les actions entreprises, le paludisme demeure un problème majeur de santé publique au Pays des Hommes intègres.

Et pour preuve, elle a soutenu que les formations sanitaires ont enregistré en 2018, 11 970 321 cas de paludisme dont 5 870 314 cas chez les enfants de moins de cinq ans avec 4 292 décès. Et face à cette situation épidémiologique, le ministre de la santé, a indiqué que le gouvernement a fait de la lutte contre le paludisme, une priorité nationale. C’est pourquoi, son département, à travers le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) élabore périodiquement des plans stratégiques de lutte.

Elle a ajouté que le dernier en cours couvre la période 2016-2020, avec comme vision « un Burkina Faso sans paludisme pour un développement humain durable ». Selon les dires du ministre, ce plan s’est donné pour mission d’assurer l’accès universel aux services de prévention et de traitement du paludisme à l’échelle du pays. C’est ainsi qu’en matière de prévention, il a inscrit la lutte anti-vectorielle comme un axe stratégique avec plusieurs interventions dont la prévention par l’utilisation des MILDA.

En répondant à une question des journalistes sur les moustiques génétiquement modifiés, la ministre de la santé a expliqué que son département qui a la charge la promotion de santé des populations ne peut en aucun cas compromettre cette même santé. « Nous n’avons pas encore introduit ces moustiques et la population peut se rassurer que quand nous serons en phase de les introduire nous allons communiquer. Que la population se rassure que nous ne pouvons pas être des promoteurs de bonne santé et destructeur de la santé des populations », a insisté Claudine Lougué.

Mariam OUEDRAOGO
mesmira14@gmail.com

G5 Sahel : En quête d’une stratégie intégrée jeunesse

Le G5 Sahel organise, du 23 au 25 avril 2019, une rencontre régionale pour la validation de la stratégie intégrée jeunesse et d’un plan d’action (SIJ-PA). Le lancement des travaux a eu lieu à Ouagadougou et aboutira à la mise en place du réseau des jeunes du G5 Sahel.

Les difficultés auxquelles les jeunes du Sahel font face peuvent constituer un terrain fertile pour le terrorisme, si bien que le G5 Sahel veut impliquer davantage les jeunes dans les politiques de développements pour une réponse globale contre le fléau.

A cet effet, le Secrétariat permanant de l’organisation veut se doter d’une stratégie intégrée jeunesse et d’un plan d’action ((SIJ-PA) pour les pays du Sahel. C’est l’objet de la rencontre régionale de validation technique des propositions, qui se tient du 23 au 25 avril à Ouagadougou. L’objectif de cette rencontre est selon le secrétaire permanant du G5 Sahel, Maman Sambo Sidikou, de valider la stratégie jeunesse du G5 Sahel et son plan d’action et mettre en place officiellement du réseau des jeunes du G5 Sahel.

Ce rendez-vous de Ouagadougou se fixe pour mission de diagnostiquer les problèmes des jeunes, identifier des solutions et de développer des synergies entre les dispositifs locaux, nationaux, régionaux et internationaux pour répondre à la problématique jeunesse, Aussi, il envisage axer les actions du G5 Sahel sur les points de convergence entre les différents pays membres et les pays limitrophes. Pour l’ambassadeur chef de mission de l’Union européenne, Jean Lamy, cette rencontre marque une étape décisive dans la mise en œuvre de la seconde phase du projet « la voix des jeunes du sahel ».

Selon lui, la validation de la SIJ-PA rentre dans le cadre de la deuxième phase de ce projet au même titre que la mise en place du réseau des jeunes du G5 Sahel. Cette stratégie  a été mise en œuvre par le centre pour le dialoguer humanitaire (HD) avec le soutien de Royaume du Danemark et de l’Union européenne. La phase 2 vise la poursuite de l’intégration des organisations de jeunesse des pays du G5 Sahel dans les processus d’élaboration et de mise en œuvre des politiques de développement en leur faveur.

Le ministre de la Jeunesse et de la Promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, Salifo Tiemtoré, représentant le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a insisté sur la place « centrale » de la jeunesse dans le développement de l’Afrique. « Après cette validation nous allons passer aux actions pour renforcer le dispositif du développement sur le terrain et cela passe nécessairement par la jeunesse », a-t-il dit.

Quant au président du Conseil national de la jeunesse, Moumouni Dialla, il a indiqué que la mise en place de la coordination va permettre une meilleure implication des jeunes dans les actions du G5 Sahel. « Aujourd’hui la jeunesse constitue la majorité des populations du sahel, elle doit être le premier partenaire surtout dans l’opérationnalisation de ce plan stratégique », a-t-il confié.

Cette rencontre se tient conformément à la volonté des chefs-d’Etat des pays du G5 Sahel exprimées lors des sommets du 20 novembre 2015 à N’Djamena au Tchad et à la déclaration de Bamako sur la jeunesse le 28 avril 2016. L’élaboration de la stratégie devrait au terme de la validation permettre de prendre en charge les défis de la jeunesse du Sahel par des projets transfrontaliers, innovants, porteurs de perspectives d’auto emploi ou d’autonomisation.

Arnaud Fidèle YAMEOGO
(Stagiaire)

2e forum sur l’Initiative « La Ceinture et la Route » : Des opportunités à saisir pour l’Afrique

En prélude à la tenue du 2e forum sur l’Initiative « La Ceinture et la Route » (ICR) pour la coopération internationale, prévu du 25 au 27 avril 2019 à Pékin en Chine, des journalistes africains et asiatiques ont participé à un talk-show organisé le dimanche 21 avril par la télévision CGTN. Au menu des débats, les opportunités de ce vaste instrument de coopération mis en place par la Chine en 2013.

Comment profiter du 2e forum sur l’Initiative « La Ceinture et la Route » (ICR) pour la coopération internationale qui se tient à Pékin, la capitale chinoise, du 25 au 27 avril 2019 pour saisir des opportunités de financement de grands projets d’infrastructures ? Les allégations qui stipulent que la Chine veut entrainer les Etats africains dans la dette sont-elles fondées? …

Ce sont autant de questions auxquelles des experts asiatiques, occidentaux et africains ont apporté des réponses au cours d’un talk-show initié par la chaine de télévision CGTN le dimanche 21 avril 2019. Y ont participé aux discussions des journalistes africains. De l’avis des experts du continent noir sur le plateau, l’Afrique a de nombreux avantages à tirer de l’ICR qui traduit l’ambition de l’Empire du milieu à l’amélioration de « la coopération régionale et la connectivité à l’échelle transcontinentale ».

Au-delà de la réalisation des infrastructures routières et ferroviaires qui figurent en bonne place dans les priorités de la plate-forme de coopération, a soutenu l’homme d’affaires sénégalais basé en Chine depuis une quinzaine d’années, Sourakhata Tirera, les chefs d’Etat africains doivent associer le secteur privé dans les négociations avec les autorités chinoises. « Il est important de réaliser des infrastructures pour l’Afrique qui en a tant besoin, mais il faut connecter les entrepreneurs africains et chinois afin qu’ils puissent saisir les opportunités de création d’emplois dans nos pays.

L’ICR poursuit l’objectif ultime de relier les peuples en façonnant positivement leur quotidien », a-t-il indiqué. Autre argument avancé par M. Tirera, la communication autour de l’ICR qui souffre d’incompréhensions et de méconnaissance sur le continent. A l’entendre, les Etats africains qui ont adhéré à l’initiative ont la responsabilité de la faire connaitre par leurs populations.

Concertation et négociation

Sur la question du « piège de la dette » évoqué par certains pays qui ne partagent la vision de l’ICR pour dissuader l’Afrique, le directeur exécutif de l’institut africain des politiques, le Kenyan Peter Kagwanja a démontré que les faits indiquent que c’est un simple prétexte. Pour lui, la dette chinoise en Afrique représente 20% et le reste se trouve ailleurs. « En plus 70% des investissements chinois sur le continent portent sur des infrastructures qui apportent une plus-value à l’économie locale. Par exemple la construction du chemin de fer Nairobi Mombassa, long de 500 km, au Kenya a réduit le temps de liaison de huit à quatre heures de temps. Des centaines de milliers d’emplois ont été aussi créés », a-t-il souligné.

M. Kagwanja a relevé que la coopération sino-africaine est basée sur principe de la concertation et de la négociation. « Lors du dernier forum sur la coopération sino-africaine, l’an dernier à Pékin, huit priorités de développement ont été formulées par les dirigeants africains. Ce sont l’industrialisation et l’ouverture des universités et instituts de formations chinois aux jeunes africains qui figurent en tête de ces priorités », a-t-il précisé.

A l’issue du premier talk-show, un second intitulé « Belt and Road, my story » a porté sur un concours organisé par CGTN à l’endroit des journalistes sur l’ICR. Il était question pour les participants de raconter une histoire qui montre comment des réalisations de l’ICR ont amélioré le quotidien des populations dans leurs pays. Au cours de l’émission, les premiers lauréats issus d’Afrique, d’Asie et d’Europe ont été invités à partager leurs histoires.

Karim BADOLO
(Depuis Pékin, Chine)

Lutte contre le terrorisme : Les épouses des FDS apportent leur contribution

L’Union des épouses de corps habillés du Burkina Faso (UECH-BF) organise une tournée de sensibilisation sur l’incivisme, l’insécurité dans les douze arrondissements de Ouagadougou. Le lancement officiel de la dite activité est intervenu le lundi 22 avril 2019 à la mairie de l’arrondissement 9 de Ouagadougou.

Face à la montée en puissance du terrorisme qui ne cesse d’endeuiller leurs familles, les épouses des corps habillés ont décidé d’apporter leur contribution à la lutte contre le phénomène. Pour ce faire, elles ont, au sein de leur association dénommée Union des épouses de corps habillés du Burkina Faso (UECH-BF), initié une « grande » tournée de sensibilisation sur l’incivisme, l’insécurité dans les douze arrondissements de Ouagadougou. Le lancement officiel de la dite activité est intervenu le lundi 22 avril 2019 à la mairie de l’arrondissement 9 de Ouagadougou.

Au-delà du soutien moral aux Forces de défense et de sécurité (FDS), cette tournée a pour objectif, selon la présidente de l’association Rakieta Traoré, de renforcer les liens de solidarité et de confiance entre les FDS et la population. En sus, cette activité se veut également, à écouter Mme Traoré, une occasion de sensibilisation sur le patriotisme.

Pour elle, les causes du terrorisme sont entre autres l’ignorance, la pauvreté le manque de collaboration et de communication entre les FDS et la population, le manque de moyens logistique et de patriotisme. « Lors de cette tournée, nous allons sensibiliser les populations sur la nécessité de donner les informations aux FDS et de collaborer avec eux pour plus d’efficacité dans leurs actions sur le terrain », a-t-elle laissé entendre.

Par ailleurs la cérémonie de lancement de la tournée a été l’occasion pour la première responsable de l’UECH-BF de rendre hommage au chef d’Etat-major général des armées Moïse Minoungou pour le travail abattu sur le terrain. Elle a aussi réitéré la foi des femmes en sa capacité de venir à bout du terrorisme. A noter que la sensibilisation se fera dans chaque mairie d’arrondissements de la capitale.

Arnaud Fidèle YAMEOGO
(Stagiaire)

Ministère de l’Economie : Un accord entre Syndicats et gouvernement

0

De sources bien introduites, la Coordination des syndicats du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (CS-MINEFID) et le gouvernement ont trouvé un terrain d’entente hier mardi 23 avril 2019.

A l’issue de cet accord, la direction de la lutte a invité les travailleurs du ministère à reprendre convenablement le travail à partir de ce jour 24 avril. Elle a, en outre, promis de prendre les dispositions nécessaires pour « la restitution dans les cadres habituels des organisations syndicales membres de la CS-MINEFID ».

La Rédaction

Grogne dans le secteur judiciaire : Avocats et greffiers absents aux audiences

Conformément à leur mot d’ordre lancé la veille, les avocats du Burkina Faso ont suspendu mardi 23 avril 2019, et ce pour 96 heures, leur participation aux audiences du procès du putsch manqué et au palais de justice de Ouagadougou. Constat d’un mouvement qui coïncide avec celui des greffiers.

Le palais de justice de Ouagadougou et le tribunal militaire délocalisé à Ouaga 2000 pour le procès du putsch manqué n’ont pas abrité d’audiences, hier mardi 23 avril 2019. Cela en raison d’un mot d’ordre de suspension de la participation aux séances des cours et tribunaux du 23 au 26 avril prochain, lancé par l’Ordre des avocats.

Le tribunal militaire a pris acte de la décision des hommes en toge noire et a reporté l’audience au mardi 30 avril prochain. Un tour à la Maison de l’avocat en milieu de matinée a permis à Sidwaya de faire le constat au premier jour du mouvement des auxiliaires de justice qui ont boudé les salles d’audiences. Des avocats, rencontrés sur place, ont déploré le « dysfonctionnement de l’appareil judiciaire » qui les a amenés à initier leur mouvement rejetant la responsabilité sur l’Etat.

Au palais de justice de Ouagadougou, qui abrite la Maison de l’avocat, la salle d’audience N°1 a servi à la tenue d’une rencontre entre les responsables du syndicat des greffiers et les militants à la base en mouvement pour une période indéterminée. A l’issue de la réunion, le greffier en chef, Hyacinthe Sirima, a confié que leur reversement, en 2016, dans la loi n°054 portant corps des greffiers a été fait de façon catastrophique, créant un climat délétère. A cela s’ajoute selon lui, la suppression par certains individus à eux seuls de dispositions accordant des avantages au greffier.

Venu échanger des « motivations du mouvement d’humeur » avec les militants, le secrétaire général (SG) du syndicat des greffiers, Abdoul Aziz Kafando, précisera, concernant les avantages, qu’il s’agit du privilège selon lequel le greffier mis en cause ne peut-être pas par le tribunal dans le ressort duquel il exerce, mais par une juridiction d’un autre ressort territorial. Pendant que les greffiers se concertaient, le tribunal d’instance tenait une audience.

Il était composé d’un juge et d’un greffier qui, selon le SG Kafando, est un stagiaire. Une dizaine de personnes assistait à la séance du tribunal à notre arrivée. Une troisième salle d’audience était totalement vide à notre passage.
A la fin de leur mouvement de 96 heures, les avocats ont prévu une marche en direction du ministère en charge de la Justice, le lundi 29 avril prochain.

Jean Philibert SOME

Flash

0

On constate de plus en plus sur les routes, que des citoyens fauchés en circulation, sont abandonnés dans l’indifférence par des usagers avec lesquels ils ont eu l’accrochage. Dans ce cas, l’accidenté qui est entre la vie et la mort arrive le plus souvent avec un grand retard à l’hôpital, s’il n’a pas succombé à ses blessures lors du transfert.

Même si certains sont assez armés pour affronter les sentiments de culpabilité qui pourraient habiter tout être humain durant le reste de sa vie, cette tendance à prendre la fuite, a causé suffisamment de morts. Il est donc temps que les Burkinabè changent leurs habitudes, car cela n’arrive pas seulement qu’aux autres.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr