Le monde du cinéma en deuil 

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 Le cinéaste burkinabé, St Pierre Yameogo est décédé aujourd’hui.

Opération Otapuanu (Est):L’adjudant Franc Drabo, tombé les armes à la main

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Le Commandant de brigade adjoint (CBA) de la gendarmerie de Foutouri, l’adjudant Franc Drabo, a été tué par des hommes armés inconnus, le dimanche 31 mars 2019, au cours d’une opération de ratissage, dans la forêt de Yelitaga, à la lisière des communes de Foutouri et de Kantchari, a appris Sidwaya de sources locales.

Les mêmes sources ont indiqué que la mission de ratissage, menée aux environs de 12 heures, fait suite à des raids aériens de l’armée burkinabé sur des positions terroristes, à la faveur de l’opération Otapuanu, ou encore « coup de foudre » en Gulmacema. Cette mission devrait permettre de neutraliser les rescapés des frappes aériennes.

Jusqu’à ce drame, régnait une accalmie depuis plusieurs semaines, donnant, du coup, une lueur d’espoir quant à l’issue de la guerre contre le terrorisme dans la partie orientale du Burkina Faso.

Egal accès des candidats aux médias à l’étranger

Le Premier ministre, Christophe Dabiré, a reçu en audience, le vendredi 29 mars 2019 à la Primature, une délégation du Conseil supérieur de la communication (CSC), conduite par son président, Mathias Tankoano.

Le vote des Burkinabè de l’étranger et surtout l’égal accès des candidats aux médias dans les pays où ils vivent, en tenant compte de la souveraineté de ces Etats, préoccupe le Conseil supérieur de la communication (CSC). Une délégation du Conseil, conduite par son président, Mathias Tankoano, l’a exprimé au Premier ministre, Christophe Dabiré, lors d’une audience, le vendredi 29 mars 2019 à Ouagadougou.

Au terme des échanges, le président du CSC, Mathias Tankoano, a expliqué que la rencontre avec le chef du gouvernement a permis à son institution de lui faire le point des activités du Conseil et de ses attentes vis-à-vis du gouvernement. « Dans le processus électoral déjà entamé, le CSC a un rôle capital. Non seulement pour contrôler les messages politiques qui passent dans les médias, mais aussi pour assurer l’équilibre entre les acteurs politiques », a précisé Mathias Tankoano. Ce rôle, a-t-il ajouté, se complexifie avec le vote des Burkinabè de l’étranger qui se profile à l’horizon. Le défi, a-t-il fait savoir, est d’assurer un égal accès de tous les Burkinabè qui seront candidats, aux mêmes médias à l’extérieur du pays, en tenant compte de la souveraineté des Etats.

Le 2e sujet abordé lors de cette audience a trait à l’actualité. Au regard de la situation d’insécurité que vit le Burkina Faso, le CSC voit aux réseaux sociaux, des menaces pour la stabilité du pays avec des conflits ethniques. « Nous sommes passés faire le point du travail que nous menons sur le terrain à ce sujet et aussi exprimer nos attentes, particulièrement en termes de réformes législatives pour permettre au CSC de jouer pleinement son rôle», a relevé le président du CSC. La principale préoccupation, a insisté Mathias Tankoano, reste les réseaux sociaux qui ne sont pas l’apanage de journalistes professionnels.

Selon lui, il faut travailler à ce que les journalistes ne se laissent pas «déborder» par les réseaux sociaux et qu’ils contribuent plutôt à l’information du public et à la formation d’une opinion publique. « Nous devons donc travailler à permettre à la presse traditionnelle de prendre sa place face à ces réseaux sociaux et aussi à avoir des textes législatifs pour encadrer les dérives sur les réseaux sociaux qui menacent la cohésion sociale et la stabilité, tout en faisant la promotion de la liberté d’expression qui est l’essence de la démocratie », a-t-il signifié. Déjà, M. Tankoano a salué la « hauteur» des médias en ce moment particulier de la vie de la nation. « Du reste, le CSC et le Secrétariat général à la défense viennent de terminer deux ateliers à Koudougou et à Banfora sur le dialogue entre les Forces de défense et de sécurité et les journalistes. Nous comptons organiser un 3e atelier à Ouagadougou, mais nous pensons que nos médias font preuve de professionnalisme», a-t-il soutenu.

Jean-Marie TOE

Acheminements de colis et courriers postaux

La Poste Burkina Faso a organisé, le vendredi 29 mars 2019, à Ouagadougou, la 7e journée de concertation avec les transporteurs sur les acheminements postaux.

La Poste Burkina Faso (POSTE-BF) compte beaucoup sur la qualité des prestations de ses partenaires pour atteindre ses objectifs en matière des délais de livraison du courrier national et internatio-nal. C’est ce qui a justifié la tenue de la 7e journée de concertation sur les acheminements postaux (transport des colis et courriers d’un point à l’autre) avec les transporteurs, le vendredi 29 mars 2019, à Ouaga-dougou. En organisant cette rencontre regroupant des acteurs du transport, selon le secrétaire général et directeur général par intérim de La Poste-BF, Oumarou Ouédraogo, c’est chercher à améliorer le partenariat qui les lie. D’où le choix du thème :
« Renforcement des performances de La Poste-BF dans son activité courrier : Quelle stratégie pour une amélioration de la qualité de service et de la chaîne logistique ? ». A travers cette thématique, il s’agit aussi pour la direction générale de La Poste-BF de traduire son engagement à offrir constamment de meilleures prestations à sa clientèle, de l’avis de Oumarou Ouédraogo. Cette journée de concertation se veut également une occasion, a entendre le secrétaire général de La Poste-BF, de dresser le bilan des réunions précédentes.
Dans ce sens, Oumarou Ouédraogo a déclaré qu’en 2018, à la 6e journée, une évaluation a été faite sur la perception des agents de terrain de sa structure par rapport aux prestations de leurs collaborateurs.

Satisfecit relatif au respect des procédures

Il s’en est dégagé, à ses dires, un satisfecit relatif au respect des procédures, des jours et des heures d’expédition et de livraison ainsi que la sécurité des réci-pients. Toutefois, a-t-il déploré, des efforts restent à fournir (respect des contrats avec les partenaires, entre autres), pour renforcer la bonne entente ‘’fructueuse’’ entre les deux parties dans l’optique d’élever les performances de La Poste-BF. C’est pourquoi, M. Ouédraogo a invité les transporteurs de courrier à réfléchir aux voies et moyens pour y apporter toutes les améliorations nécessaires.
Pour le représentant de la compagnie de transport TCV, Corentin Sandwidi, ce rendez-vous est à saluer car il va permettre de venir à bout du non-respect des délais d’acheminement par les bus de TCV utilisés par La Poste-BF.
La représentante de Air Burkina, Awa Zouré a, pour sa part, relevé l’absence de contraintes d’envoi des dépêches pour le moment au sein de la compagnie aérienne. Mais, s’est-elle convaincue, ces échanges sont une invite à mieux faire. Les journées de concertation entre La Poste-BF et les transporteurs, maillons essentiels dans le dispositif de traitement du courrier est devenue une tradition pour témoigner l’importance de ces acteurs dans la qualité de service visée par la Poste-BF.

Boukary BONKOUNGOU

Commune de Gossina Le village de Nyfou a son CSPS

La Fondation Bank of Africa (BOA) a réalisé un Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) pour le village de Nyfou dans la commune de Gossina, province du Nayala. L’inauguration du joyau a eu lieu, le samedi 30 mars 2019 dans ladite localité.

Nyfou, un village de la commune de Gossina dans la province du Nayala dispose désormais d’un Centre de santé et de promotion sociale (CSPS). Ce joyau est un don de la Fondation Bank of Africa (BOA). L’infrastructure a été inaugurée, le samedi 30 mars 2019 dans la localité. Ce CSPS est constitué d’une maternité, d’un dispensaire, d’une pharmacie, des logements pour infirmiers, d’un forage, d’une cuisine commune et d’un incinérateur. Une ambulance tricycle et une moto sont mises à la disposition de ce centre sanitaire. Les infrastructures sont entièrement équipées et électrifiées en énergie solaire.
Selon le vice-président de la Fondation BOA, le DG de BOA-Burkina, Faustin Amoussou, le coût des investissements s’élève à environ 175 millions F CFA. « Ce projet s’est concrétisé dans un laps de temps particulièrement court parce que 18 mois ont été nécessaires pour passer de l’idée à l’action », a-t-il exprimé.

Le village de Nyfou, a-t-il expliqué, est à 20 km du chef-lieu de la commune et à 12 Km du centre de santé le plus proche, distance dépassant de loin la norme qui est de 7 km. Aussi, a-t-il poursuivi, la prise en charge tardive des malades, des accouchements à domicile ou en cours de route, voire de décès, surtout en saison hivernale, sont autant de conséquences de la faible accessibilité géographique entre Nyfou et les centres de santé. Les mauvais suivis des consultations prénatales et des pesées des enfants entachent ainsi la qualité des soins, a renchéri M. Amoussou. Ceci montre que la situation sanitaire de Nyfou est préoccupante. Fort de ce constat, a-t-il fait savoir, le Comité villageois de développement (CVD) soutenu par le directeur général des impôts, Adama Badolo, a décidé de trouver la solution en approchant la BOA pour offrir des soins de qualité aux populations de Nyfou et villages environnants.
« Faisant de l’éducation et de la santé ses domaines d’intervention privilégiés, la fondation BOA a donc répondu à la sollicitation des populations de Nyfou », a souligné le DG de BOA.

Désenclaver la commune

Le maire de la commune de Gossina, Elie Youané a, quant à lui, rendu hommage à l’initiateur du projet, Adama Badolo. Au nom du conseil municipal, il a salué l’effort de la fondation BOA en offrant ce joyau à la commune. Il a par ailleurs formulé une doléance à l’endroit des membres du gouvernement présents à la cérémonie dont le ministre en charge de l’habitat, Maurice Dieudonné Bonanet, celui en charge des ressources animales, Sommanogo Koutou et le ministre en charge de la justice, René Bagoro pour transmettre à qui de droit. Il s’agit du désenclavement de la commune à travers la réalisation de la voie Dassa-Gossina-Yé. « Ce CSPS ne servira que lorsque nous aurons la possibilité d’y accéder », a-t-il justifié. Le gouverneur de la région de la Boucle du Mouhoun, Edgard Sié Sou, a aussi manifesté sa joie au regard de ce centre sanitaire.

« Il faut dire que l’accès aux centres de santé est un engagement fort du gouvernement inscrit dans l’axe 2 du Plan national de développement économique et social (PNDES). Nous sommes très heureux de pouvoir inaugurer ce CSPS », a-t-il signifié. Il a loué l’effort de la fondation BOA en réalisant le projet. Il a invité les populations à fréquenter cet hôpital, étant entendu que ce sont elles-mêmes qui ont exprimé le besoin. Il a par ailleurs rassuré que le cri du cœur du maire relatif au désenclavement de la localité est entendu et sera relayé à qui de droit. Le Président du conseil d’administration (PCA) de la fondation BOA, Lassiné Diawara, a reconnu le soutien de l’Etat dans ce projet puisque pour lui, l’infrastructure en elle-même ne peut pas soigner les populations car il faut du personnel qualifié. « La BOA dans ses actions citoyennes tient à accompagner l’Etat dans le domaine du social, de la santé et de l’éducation », a-t-il mentionné. Le directeur général des impôts, Adama Badolo s’est réjoui de la concrétisation de ce projet car la santé, a-t-il signalé, est le premier bien.

Pour ce faire, il a traduit sa reconnaissance à la fondation BOA pour cette noble action. Le médecin-chef du district sanitaire de Toma, Hyppolite Kiswensida Bouda, a fait une mention spéciale au gouvernement qui, dans sa quête de l’amélioration de la santé de la population, a permis la réalisation de ce CSPS avec le soutien de la fondation BOA. « Nous allons mettre tout à disposition pour que ce CSPS soit fréquenté et que la santé de la population soit améliorée. La valeur ajoutée c’est que ce nouveau centre de santé vient augmenter le nombre de CSPS à 34 dans la province du Nayala et va permettre de réduire le rayon moyen d’action qui était de 6,17 à 4,5 », a-t-il relevé.

Kowoma Marc DOH

Eddie Komboïgo en mode résistance avec la jeunesse

Le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Eddie Komboïgo, a célébré sa désignation par Think Tank Intelligence burkinabè pour le développement (IBD) comme personnalité politique la plus influente de 2018 par un concert à l’attention de la jeunesse. C’était le samedi 30 mars 2019 à Ouagadougou. Dans un contexte d’attaques terroristes récurrentes, la manifestation s’est voulue un acte de résistance.

Ayant constaté que la jeunesse burkinabè perd confiance en elle-même et en l’avenir à cause des attaques terroristes auxquelles le gouvernement répond avec les moyens de bord, le président du parti politique Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Eddie Komboïgo, use de sa qualité de personnalité politique la plus influente de 2018 pour lui redonner espoir. Cela, par un concert organisé le samedi 30 mars 2019 à Ouagadougou pour célébrer sa désignation en ladite qualité par Think Tank Intelligence burkinabè pour le développement (IBD). Au cours de la manifestation, de nombreux artistes dont Bamogo de Nobéré, Zoug-na-zangemda, Imilo le Chanceux, Dez Altino, Madson Junior, Miss Safia ont chanté pour la paix ou appelé la jeunesse à être consciente et à résister au terrorisme qui sévit actuellement au Burkina Faso.
« A l’annonce du concert, il y a eu tant de critiques notamment sur les réseaux sociaux et un appel au boycott parce que ce ne serait pas le moment », a reconnu le président du CDP qui s’est posé la question fondamentale de savoir s’il faut subir ou résister ? «S’il est vrai que notre pays est attaqué de part et d’autre, fléchir ce serait périr. Il faut résister. Ce qui n’est pas seulement envoyer les forces de défense et de sécurité à la frontière ni changer de mode de vie. C’est toujours faire montre d’un bon moral et continuer de vivre », s’est-il convaincu.
Il s’est, du reste, fermement engagé avec les jeunes à la résistance car, pour lui, refuser de vivre quotidiennement, c’est accepter d’être vaincu.

«Cessez de prendre 1 000 ou 2 000 F CFA…»

« Jamais le Burkina Faso ne sera vaincu par les barbares. C’est pourquoi, malgré les critiques, nous avons tenu à organiser ce concert de la résistance et du refus de la défaite », a martelé Eddie Komboïgo.
Il a appelé les « seigneurs du moment » à mettre fin à ce qui se passe aux frontières du pays.
Le président du CDP a également invité la jeunesse à arrêter de prendre 1000 ou 2000 F CFA pour rejoindre des partis politiques qui ne peuvent pas assurer son avenir.
Le concert a été l’occasion pour le président du CDP d’avoir une pensée pieuse pour les compatriotes fauchés par les terroristes et les éléments des forces de défense et sécurité qui donnent leur vie pour le retour de la paix au Burkina. Une minute de silence a été observée à cet effet.

Jean Philibert SOME

Vitrine du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration de Ouagadougou

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a visité, le samedi 30 mars 2019, les stands d’exposition de produits touristiques et hôteliers de la deuxième édition de la Vitrine du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration de Ouagadougou (VITHRO).

Au lendemain de l’ouverture de la deuxième édition de la Vitrine du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration de Ouagadougou (VITHRO), le samedi 30 mars 2019, le président du Faso a pris le pouls de l’évènement. Sur le site de ce rendez-vous, à la Zone d’activités diverses (ZAD) de la capitale, il a visité durant une heure, tous les stands des exposants de produits touristiques, hôteliers et de la restauration. Sous des prestations d’artistes traditionnels et en compagnie des membres du gouvernement, le chef de l’Etat a constaté de visu la diversité touristique et hôtelière burki-nabè, principale innovation de cette rencontre.
Après avoir signé le livre d’or, il a confié que le contexte sécuritaire affecte grandement la promotion du tourisme et les questions de développement sur l’ensemble du territoire burkinabè. Selon lui, sa présence sur le site vise à marquer sa solidarité et ses encouragements aux acteurs du tourisme qui ont bataillé dur pour maintenir le cap. «Je salue la décision de doter cette année, la VITHRO, d’un volet communautaire», a-t-il dit. Le Président du Faso a également salué le choix du thème qui va permettre aux participants des pays membres de l’espace UEMOA de réfléchir pour trouver des solutions à un tourisme d’intégration communautaire.
Et ce, pour harmoniser, a-t-il indiqué, les politiques de tourisme dans la sous-région, par exemple la création d’un stand commun représentant tous les pays de l’espace UEMOA dans des évènements similaires. L’Afrique a un potentiel touristique important, mais, a déploré Roch Marc Christian Kaboré, il ne peut être développé que dans la paix et la sécurité.
L’insécurité est mondiale et il ne faut pas laisser le terrorisme prendre le dessus, a-t-il laissé entendre, avant de proposer aux pays affectés, de vendre leur tourisme hors de leur frontière. Il faut, selon le président Kaboré, que les Etats montrent aux ‘’dignitaires’’ du terrorisme qu’ils sont prêts à les anéantir. Pour le président de la Fédération des organisations patronales du tourisme et de l’hôtellerie du Burkina (FOPATH-BF), Mamoudou Célestin Pierre Zoungrana, tous les acteurs (transporteurs, producteurs, transformateurs, etc.) ont apporté une touche particulière à la VITHRO 2019 par leur présence. Il a, par ailleurs, rappelé la nécessité de fédérer les énergies dans l’optique d’avoir un circuit touristique intercommunautaire dans l’espace économique ouest-africain.

Boukary BONKOUNGOU

Procès du putsch Diendéré et ses soutiens internationaux

Le procès du putsch a donné à écouter, lors de l’audience du vendredi 29 mars 2019, une vingtaine d’éléments sonores issus d’écoutes téléphoniques. Ces audio impliqueraient, entre autres accusés, le général de brigade Gilbert Diendéré, son épouse, son ex-belle-fille, Fatoumata Diawara Thérèse et le Malien Sidi Lamine Oumar.

Le tribunal militaire est toujours plongé dans les écoutes téléphoniques incriminant les principaux auteurs présumés du coup d’Etat du Conseil national pour la démocratie (CND). 20 fichiers audio ont été écoutés à la reprise de l’audience, le vendredi 29 mars 2019. Ces éléments sonores relatent des conversations téléphoniques supposées du général Gilbert Diendéré avec son épouse Fatou Diendéré, son fils, Ismaël Diendéré, son ex-belle-fille, Fatoumata Thérèse Diawara, l’accusé malien, Sidi Lamine Oumar, l’Ivoirien Guillaume Soro, et un certain Roger Sebag de la France. Les communications entre «Deltarette» (que le parquet identifie comme Fatou Diendéré) et «Delta» étaient les plus nombreuses. Elles avaient trait entre autres, à l’évolution de la si-tuation et leur désir de se mettre en sécurité.

L’un des audio qui a le plus attiré l’attention du parquet est daté du 26 septembre 2015 et concerne les préparatifs d’une rébellion dans le Sud du pays. On y entend ce qui serait la voix grave de l’épouse rapporter les termes d’un entretien qu’elle aurait eu avec «monsieur» et suggérant à Delta d’appeler le même «monsieur» à son tour. Elle évoque également la nécessité d’envoyer quelqu’un (Wendyelé) en mission de sensibilisation dans tous les villages qui relèvent de Pô. Lorsque Delta exprime ses appréhensions, la voix féminine précise : «c’est une rébellion non ?» Mais Delta va calmer les ardeurs en évoquant des problèmes logistiques. Il va suggérer de temporiser. «Moi j’ai peur de te parler, car à chaque fois que je te parle je deviens malade», s’est emportée Deltarette. Dans un précédent audio en date du 25 septembre, la dame à la voix grave s’interrogeait sur leur sécurité. «On ne va pas se chercher»? s’est inquiétée Deltarette. Et son interlocuteur de l’admettre : «Il faut y penser, comme je ne suis plus sûr de maîtriser les choses ». Ensemble, ils envisagent la possibilité de se faire exfiltrer. La dame prévoit d’appeler des amis français, «Roger et Guillaume» et un autre au Togo. Delta préconise aussi de se rendre («au cas où») à l’ambassade de France plutôt que celle américaine et explique avoir vainement espéré l’intervention des chefs d’Etat de la CEDEAO. « On va être condamné, c’est la peine maximale », s’est-il désolé.

Opérer des neutralisations

Dans d’autres fichiers, c’est «fiancé Delta-fils» qui informe Delta que ses contacts lui ont donné la garantie que de là où il est (Nonciature), il ne risque rien, sauf à se livrer de lui-même. Mais Delta, lui explique que c’est le Nonce apostolique qui lui met la pression de quitter la nonciature. « Tout le monde me met la pression. Va leur dire cela», a rétorqué Delta. Les éléments relatifs aux conversations supposées entre Guillaume Soro présentent l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne, comme un intermédiaire entre certains présidents de la CEDEAO (Faure Gnassingbé et Macky Sall) et le général Diendéré. Dans la plupart d’entre eux, M. Soro réconforte le général burkinabè et le rassure que les présidents sont en train de travailler en sa faveur. «On travaille en bas, la si-tuation évolue en votre faveur. Sur les réseaux sociaux, le débat est équilibré», indique Soro qui explique comment ils rédigent des communiqués pour inonder les téléphones de Burkinabè. A l’écoute de l’un des audio, celui-ci rapporte des propos du président Alassane Ouattara où ce dernier conseille au RSP de ne pas désarmer, au risque de se mettre à la merci des autorités de la Transition. D’autres fichiers ont trait à la conversation avec un certain Roger Sebag qui détaille longuement des stratégies d’attaque au général pour ne pas se faire avoir. En somme, le stratège explique à Diendéré d’opé-rer des «neutralisations» et de mettre en place un Conseil national de salut public, seule condition pour espérer se sortir sans danger de cette affaire.
Si le parquet a félicité le général Diendéré de n’avoir pas suivi les conseils de ses différents interlocuteurs, il a tout de même estimé que les éléments sonores démontrent à souhait la culpabilité des différents accusés et que Gilbert Diendéré est bien l’auteur du putsch. Les prévenus impliqués dans les audio n’ont fait aucun commentaire. Leurs avocats ont tout de même relevé des incohérences de dates et d’heures d’enregistrement des audio ainsi que l’absence de référence pour certains fichiers.
La défense du général Diendéré a maintenu que rien ne permet de rattacher leur client aux audio. Ils ont par ailleurs fait remarquer qu’aucun des éléments sonores n’incrimine leur client dans la mesure où la voix qui lui est prêtée reste passive dans les différentes conversations et que cela ne peut être constitutif d’infraction. Avant de suspendre l’audience, le tribunal a, une fois de plus rejeté la demande de liberté provisoire du caporal Sami Da. Le procès reprend le lundi 1er avril 2019.

Fabé Mamadou OUATTARA