Procès du putsch : la partie civile veut voir Diendéré-fils à la barre

A l’audience du 27 mars 2019 au tribunal militaire de Ouagadougou, 40 écoutes sonores du général Diendéré ont été diffusés. Dans ces éléments, certaines personnes l’incitaient à un affrontement entre frères d’armes.

Le 27 mars 2019, quatre séries de 10 appels téléphoniques ont été diffusés à l’audience du procès du putsch manqué. Certes, la plupart ne sont que des appels de soutien, mais d’autres éléments démontrent, d’une part, la complicité qui existait entre les généraux Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé dans l’exécution du coup de force et, d’autre part, avec le général ivoirien, Bakayoko. Celui-ci aurait incité Diendéré à ne pas lâcher prise et même à user de la force si nécessaire. Ces éléments sonores proviennent de la Côte d’Ivoire, du Togo, du Sénégal, de la Mauritanie et du Maroc. Dans un appel venant du Togo, «Golf» expliquait à son interlocuteur que le camp Naaba koom II a été pilonné. «Très certainement, il y aurait des morts», a-t-il confirmé.

L’élément suivant est un appel de Sidi Lamine Oumar par rapport au désarment de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Réponse du général : «on leur permet d’enlever un peu. Une manière de faire perdre du temps. D’ailleurs, ces armes sont celles des autres garnisons stockées ici». Et au ministère public de faire observer : «certains soldats et même des officiers s’y opposaient. Ils rusaient dans le cadre du désarmement». Pour lui, contrairement à ce que le général a déclaré à la barre, il n’avait pas l’intention de remettre le pouvoir. Cela prouve qu’il s’opposait aux processus de désarmement.

Un autre élément sonore entre le général et le colonel Bamba Mamadou prouve qu’il y a bel et bien eu l’envoi d’une somme d’argent à ce dernier. En effet, il s’agissait de 10 millions F CFA que devaient se partager les colonels Bamba et Abdoul Karim Traoré, aux dires du parquet. «Laquelle somme que l’accusé a refusé de reconnaître lors de sa déposition comme étant sa paie pour service rendu», a indiqué le procureur militaire. Appelé à la barre, le colonel Bamba a reconnu avoir reçu ce coup de fil du général Diendéré. Une attitude que le parquet et la partie civile ont félicitée. Toujours dans la diffusion des appels, deux communications entre Diendéré et dame Thérèse Fatoumata Diawara ont attiré l’attention du tribunal.

La première informait Diendéré de l’arrestation de Bassolé. Et Dame Diawara se demandait alors comment trouver les 40 millions F CFA qu’elle devrait aller chercher chez Bassolé pour galvaniser la troupe. A ce propos, le parquet a dénoncé une complicité entre ce trio, et pourtant M. Bassolé avait déclaré à la barre n’être pas mêlé à ce coup d’Etat manqué car au moment des faits, il se serait retranché à Koudougou.

Les conseils de Bakayoko à «Golf»

Et Me Hervé Kam de la partie civile de renchérir qu’il y a de façon évidente, une triangulation entre le général Diendéré, Bassolé et dame Diawara. Sinon, a-t-il affirmé, pourquoi Diendéré s’est exclamé : «Ça sera compliqué pour la suite», après avoir reçu l’information sur l’arrestation de Bassolé ? Le second appel a consisté à informer «Delta» (nom de Diendéré au téléphone) que la somme sollicitée a été obtenue. «Comment allez-vous faire pour amener l’argent au camp ?», s’est demandé le général. Et Mme Diawara de le rassurer qu’il y aurait des éléments de la gendarmerie acquis à leur cause et qui vont les escorter jusqu’au camp. Un autre élément important est l’appel émis par un certain Soumahoro de la Côte d’Ivoire dans lequel le général Bakayoko prodiguait des conseils à «Golf». Celui-ci l’a invité à créer des incidents afin d’avoir l’avantage, car pour lui «lorsqu’un militaire est coincé, il n’y a pas d’autres solutions que de sortir avec une force sinon la situation sera pire», a conféré l’interlocuteur. A l’entendre, Diendéré devait «tenir la zone sans esprit de recul».

Mieux, Soumahoro a suggéré de simuler des attaques. Pour le parquet, il s’agit d’une forme d’ingérence dans la gestion d’un autre Etat. «La solution était donc l’affrontement entre les frères d’armes. Fort heureusement, l’apocalypse n’a pas eu lieu», a-t-il précisé. Les accusés Diendéré, Diawara et Sidi Lamine ont refusé de reconnaître les pièces à conviction présentées. «Je vois que le parquet a sa conviction et je ne peux qu’accepter et assumer ces faits», a relevé Sidi Lamine. Pour Me Kam, même face à l’évidence, le général continue de se murer dans la dénégation. «Ces écoutes montrent que les éléments du RSP qui refusaient le désarmement, n’étaient pas tant indisciplinés, ils obéissaient à des ordres illégaux», a-t-il souligné. «Peut-on faire de la manipulation face à ces preuves évidentes ?», s’est interrogé Me Séraphin Somé. «Non. Mais, lorsqu’un accusé fait preuve de repentir sincère, il pourrait bénéficier de circonstances atténuantes au moment de statuer», a observé l’avocat. Mais pour la défense, ce ne sont que des éléments sonores qui prouvent en rien la culpabilité de leurs clients. «Nous avons entendu une voix féminine mais rien ne nous permet de dire de qui s’agit-il. Nous sommes en droit et en droit on prouve et on démontre ces arguments», a expliqué Me Latif Dabo.

Inculper Ismaël Diendéré ?

Dans l’après-midi, le parquet militaire a encore fait diffuser des conversations téléphoniques effectuées entre le 25 et le 29 septembre 2015. Ces appels ont été émis entre l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, et le Général Diendéré, «Golf» et son fils Ismaël Diendéré et les généraux Djibrill Bassolé et Diendéré. Dans le premier élément sonore, M. Soro a parlé d’une possibilité d’ouvrir un front au Nord du Burkina Faso en vue de paniquer l’armée et de l’appui d’un patron du RPC (NDLR, Régiment parachutiste commando) de Bobo Dioulasso. Quant à Diendéré-fils, il apportait son soutien à son papa, tout en lui donnant la position des troupes de l’armée et en l’incitant à la résistance.

«Vos éléments ne vont pas sortir prendre des positions ?», a demandé le fils au père pour exprimer ses inquiétudes par rapport aux unités de l’armée qui voulaient prendre d’assaut le camp Naaba Koom II, le 29 septembre 2015. Mais Diendéré a répondu que ses «enfants» ont pris l’argent et déserté le camp. Dans l’un des appels, le Gal Bassolé a évoqué la constitution d’un club de soutien à Diendéré et l’a informé de la présence d’une troupe à Boromo en direction de Ouagadougou. Selon le parquet, personne ne peut inventer ces éléments sonores. A l’entendre, si Diendéré n’est pas allé jusqu’au bout, c’est parce qu’il a été abandonné par ses «hommes» et cela grâce aux frappes d’artillerie.

Sur les différentes conversations, «Golf» a dit n’avoir pas d’observations à faire. Au regard des faits, Me Séraphin Somé de la partie civile a soutenu qu’on aurait dû inculper Ismaël Diendéré et même des non Burkinabè. De l’avis de Me Dabo, le parquet cherche seulement des éléments à charge vis-à-vis de son client alors que celui-ci a soutenu dans l’audio que même si le camp n’avait pas été pilonné, il allait le quitter. L’audience reprend le vendredi 29 mars à 9h.

Fleur BIRBA Mady KABRE

Togo : l’opposition aux abois

L’espoir de changement nourri par certains Togolais s’est quelque peu effondré. Après près de deux ans de lutte et de manifestations publiques, la coalition de l’opposition, appelée C-14, a volé en éclats. Sept des quatorze partis qui la composaient ont claqué la porte, dont le Parti national panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam, l’homme fort du soulèvement populaire, en exil depuis plus d’un an. Deux d’entre eux ont rendu leur démission et les cinq autres ont juste suspendu leurs activités.

Une dislocation qui, logiquement, suscite des interrogations au sein de la population et dans le monde politique. Ils sont en effet nombreux, les Togolais qui se demandent pourquoi cela est arrivé après ces longs mois de vision commune, manifestée récemment lors des élections législatives du 20 décembre 2018. A cette occasion, la coalition de l’opposition, qui estimait que les conditions n’étaient pas réunies pour des élections transparentes, avait refusé d’y participer. Et les résultats avaient d’ailleurs consolidé ses espoirs, car malgré cette non-participation, l’Union pour la république (UNIR), parti au pouvoir, a perdu trois places (59 sièges sur 91).

Ce qui devrait compliquer la concrétisation de la volonté des partisans de Faure Gnassingbé d’opérer une réforme constitutionnelle pour lui «offrir» deux autres mandats (2020 et 2025). Même si l’UNIR peut compter sur son principal allié, l’ex-opposant historique, Gilchrist Olympio, arrivé deuxième aux dernières législatives avec six députés, il allait devoir travailler dur pour remonter la pente. Car, pour être libre de tout mouvement, il lui faut l’onction de 73 députés. Pour l’heure, la préoccupation n’est pas à ce niveau.

Le plus important est de rechercher la vraie raison de cette surprenante «débandade». Officiellement, c’est «un déficit de cohésion et de confiance» qui est brandi. Mais selon certaines informations, c’est le «nerf de la guerre» qui a divisé les opposants. Il s’agit d’une affaire de 30 millions F CFA remis à l’opposition par un chef d’Etat de la sous-région. Si la seconde raison est confirmée, cela pose à nouveau la question d’ingérence dans les politiques intérieures des pays africains.

Dans quel but ce président a-t-il fait ce «cadeau empoisonné» ? Voulait-il soutenir l’opposition sans arrière-pensée ou avait-il l’intention manifeste de l’effriter en créant des troubles internes ? Dans tous les cas, fragiliser l’opposition aujourd’hui pour permettre au pouvoir de se maintenir ne serait que déplacer le problème sans toutefois le résoudre. En le faisant, on tord le cou à la démocratie togolaise avec des conséquences imprévisibles. Admettons par exemple que la réforme constitutionnelle ait lieu contre vents et marées et que Faure Gnassingbé est réélu en 2020, peut-on prévoir le comportement du peuple togolais dont une bonne partie ne cesse de crier au changement ? Autrement dit, peut-on garantir une situation postélectorale paisible dans ces conditions? Si l’objectif est aussi de soutenir l’opposition pour la renforcer, il y a de quoi se poser des questions sur l’opportunité et les intentions réelles des «bonnes volontés».

Par contre, si cette fissure révèle au grand jour une insuffisance de cohésion et de confiance, l’opposition gagnerait à se réorganiser sérieusement, si elle entend récupérer la magistrature suprême aux prochaines échéances électorales. Autrement, que le régime Faure se frotte les mains, parce qu’il a de beaux jours devant lui. Il est impossible d’être efficace dans un climat de suspicion permanente.

Daniel ZONGO

Fourniture d’électricité au Burkina Faso : la SONABEL s’ouvre au grand public à Bobo

La Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL) organise, du 27 au 29 mars 2019 à Bobo-Dioulasso, ses journées portes ouvertes pour faire mieux connaître ses métiers de producteur, d’importateur, de transporteur et de distributeur d’énergie électrique. Des stands d’exposition, la visite des infrastructures de production et un panel sont les principales activités de ces JPO de la SONABEL 2019 dans la ville de Sya.

Les Journées portes ouvertes (JPO) de la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL) à Bobo-Dioulasso se tiennent après celles organisées du 22 au 24 mars 2019 à Ouagadougou. Elles sont marquées par plusieurs activités. Le lancement a eu lieu, le 27 mars 2019 à la place Tiefo Amoro de Bobo-Dioulasso, en présence des autorités communales, régionales et du public bobolais. A l’occasion, le président du comité d’organisation des JPO, Ahmed Coulibaly a précisé que la SONABEL a décidé d’ouvrir ses portes au grand public afin de lui permettre de connaître ses différentes activités et les efforts que la société deploie pour fournir l’électricité au Burkina Faso. Pour le directeur général de la SONABEL, François De Sales Ouédraogo, les journées portes ouvertes visent à impliquer les consommateurs de la région dans la gestion de la période de pointe 2019 et de partager les préoccupations et la nouvelle vision commerciale de la SONABEL. Et pour le directeur général, l’organisation des JPO à Bobo-Dioulasso n’est pas fortuite.

Selon lui, Bobo-Dioulasso est le premier point d’arrivée de la ligne d’interconnexion Burkina-Côte-d’Ivoire. Cette ligne apporte aujourd’hui une contribution significative à la satisfaction de la demande en énergie électrique du réseau national interconnecté de la SONABEL. Aussi Bobo-Dioulasso abrite, a-t-il dit, la plus grande capacité du parc de production thermique après Ouagadougou avec la centrale Bobo II. «Ces journées portes ouvertes sont donc une formidable opportunité pour la SONABEL de présenter tout ce potentiel à la population de Bobo-Dioulasso mais aussi et surtout de communiquer avec elle sur les efforts, les contraintes et les limites liés à la production, au transport et à la distribution de l’énergie», a souligné M. Ouédraogo.

Mieux affiner ses stratégies de communication

La première édition des journées portes ouvertes est placée sous le thème général «Enjeux et défis du mix énergétique au Burkina Faso». Ce thème, de l’avis du premier responsable de la SONABEL, permettra de faire l’état des lieux des différentes sources de production d’énergie dont dispose le pays pour satisfaire une demande qui croit d’environ 15%. Il sera aussi à l’ordre du jour, un panel qui sera organisé, demain 29 mars et consacré à la gestion commerciale, notamment à la problématique de la facturation de l’énergie, qui est souvent source d’incompréhension à chaque période de pointe. «Les conclusions de ces réflexions permettront à la SONABEL de mieux affiner ses stratégies de communication pour prendre en charge les préoccupations des usagers de l’électricité», a souligné le DG. Outre la communication, figurent au menu des JPO, les visites guidées de certaines installations techniques, notamment la centrale thermique Bobo II et le poste de Kôdéni, point d’arrivée de la ligne d’interconnexion avec la Côte-d’Ivoire.

Pour François De Sales Ouédraogo, les trois jours de réflexion et de visite contribueront à asseoir entre la SONABEL et ses partenaires, les bases d’une collaboration plus solide. «Vous disposez de plus d’informations pour apprécier les efforts déployés en vue d’étendre la couverture électrique nationale et surtout d’améliorer la qualité de la fourniture de l’électricité à l’ensemble des usagers ainsi que sur les projets en cours pour augmenter l’offre» a souligné le DG de la SONABEL. Pour sa part, le gouverneur de la région des Hauts Bassins, Antoine Atiou a loué la tenue des JPO et les différents efforts que consentent la SONABEL et le gouvernement pour satisfaire la demande en électricité de la population burkinabé.

Adaman DRABO

Soutien aux populations vulnérables : un plan d’urgence de 28 milliards F CFA adopté

Le Conseil des ministres du 27 mars 2019 a décidé d’un plan d’urgence au profit des populations vulnérables en prévision des difficultés de la saison des pluies. Les membres du gouvernement ont aussi planché sur des organigrammes de certains ministères et pris des orientations relatives à la grève annoncée des agents de la santé humaine et animale.

Le gouvernement burkinabè se prépare à «affronter» la saison des pluies, synonyme de «période de soudure» pour les populations vulnérables. Le conseil des ministres du mercredi 27 mars 2019 a adopté un plan d’actions d’un coût total de 27,814 milliards F CFA, selon le compte rendu fait par le ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou. Cette action consistera essentiellement à une assistance alimentaire, un soutien à la production agricole et animale, la prévention et la prise en charge des enfants de moins de 5 ans ainsi que l’approvisionnement en eau, pendant la période juin-août.

Selon M. Dandjinou, ce plan concerne environ 3 745 220 Burkinabè parmi lesquels 696 000 personnes des régions du Sahel, du Nord et du Centre-Nord et 24 283 autres seront en situation d’urgence. Les autres dossiers du conseil des ministres ont concerné la nécessité de se conformer au décret du 18 février 2019 portant attribution des membres du gouvernement. A ce titre, le gouvernement a adopté des décrets portant organisation des départements de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique ainsi que celui de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales.

Le ministre a précisé à propos de ce dernier ministère que l’adoption du nouvel organigramme vise à tenir compte de «la matérialisation de la vision» de faire des langues nationales, un vecteur de cohésion nationale, de développement et d’enracinement de la démocratie et surtout un «puissant moteur» d’amélioration significative de l’accès des Burkinabè à l’éducation et à l’instruction. Il s’agit également, a-t-il dit, de prendre en compte les termes du protocole d’accord signé le 27 janvier 2018 avec la coordination des syndicats de l’éducation.

Prendre la mesure de la situation

Le ministre Dandjinou a, par ailleurs, informé que dans les communications orales, le ministre de la Santé, Claudine Lougué, a évoqué la grève du Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA), les 17 et 18 avril 2019 et présenté les actions déjà mises en œuvre par le gouvernement dans le sens de répondre aux revendications. M. Dandjinou a indiqué que le conseil a recommandé de continuer les discussions tout en assurant aux populations un service minimum et une présence de certains agents pour éviter une crise sanitaire si la grève devrait avoir lieu. Interpellé à propos de la situation qui règne au sein du Ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID), Rémis Dandjinou a rappelé que l’appareil financier étant très important pour un pays, il importe d’avoir la mesure de la situation pour ne pas plonger le pays dans une situation préjudiciable autant pour les agents du MINEFID que pour le peuple burkinabè. Il a expliqué que les négociations se poursuivent.

«Il y aura certainement un règlement de la question, soit directement, soit à travers la mise en œuvre des travaux de la conférence relative aux rémunérations des agents publics de l’Etat», a-t-il répondu. In fine, le ministre en charge de la Communication a informé de la tenue de la 21e édition de la Journée nationale du paysan prévue du 25 au 27 avril 2019 à Gaoua sous le thème : «Les défis de la sécurité alimentaire dans un contexte d’insécurité, quelles stratégies d’accompagnement des exploitations agro-sylvo-pastorales halieutiques et fauniques».

Fabé Mamadou OUATTARA

Opération «Otapuanu» : des services médicaux gratuits pour les populations

A la faveur de l’opération «Otapuanu» pour la sécurisation de l’Est et du Centre-Est du Burkina Faso, plusieurs actions civilo-militaires sont en cours. Parmi celles-ci, des services médicaux gratuits, offerts aux populations. L’équipe médicale, composée de spécialistes en chirurgie, a ouvert ses portes à la presse, le mardi 26 mars 2019.

Outre sa mission régalienne de sécurisation des régions de l’Est et du Centre-Est, l’opération «Otapuanu» veut contribuer au bien-être des populations à travers des services sociaux gratuits. Sur le plan sanitaire, une équipe de spécialistes en chirurgie, installée au Centre hospitalier régional (CHR) de Fada N’Gourma depuis le début de l’opération, offre, gracieusement des soins médicaux, aussi bien aux militaires qu’aux civils. Cette équipe multidisciplinaire, constituée notamment de deux médecins orthopédistes traumatologues, d’un médecin réanimateur, d’un spécialiste en chirurgie viscérale et du personnel infirmier spécialisé, a donné l’occasion à la presse, le mardi 26 mars 2019, de toucher du doigt les actions qu’elle mène au quotidien.

La visite guidée a conduit les journalistes au bloc opératoire où plusieurs patients ont été pris en charge. C’est le cas de Rasmané Sawadogo, opéré avec succès au genou. «Je trainais une fracture au genou provoquée par un accident. Mais, depuis l’intervention, je ne ressens plus de douleur. Je suis très content», s’est-il réjoui.

Volet social de l’opération

Palamangan Tankoano, venu de Nagré dans le Gourma, a été débarrassé de sa péritonite. «J’avais des maux de ventre intenses. Les médecins militaires m’ont opéré et j’en suis soulagé», a-t-il apprécié. M. Tankoano a dit toute sa gratitude «aux bienfaiteurs pour leur soutien immense». Hama Dicko, venu de Matiacoali, a été opéré au péroné. Avant d’entrer en salle d’opération, le jeune Dicko, l’air anxieux, s’est dit ravi de la gratuité du service médical dont il va bénéficier.

Ainsi, pour le médecin colonel-major, Hamado Kafando, membre de l’équipe médicale, l’opération «Otapuanu», c’est aussi du social. Il a expliqué que certains patients, jusqu’à ce qu’ils comprennent l’objectif de la campagne, étaient réticents, du fait du contexte sécuritaire. Selon le directeur général du CHR de Fada N’Gourma, Lucien Gamba, cette action médicale, menée à la faveur de l’opération de sécurisation en cours, a permis de renforcer les capacités opératoires de son hôpital.
«C’est une équipe de haut niveau. Grâce à elle, des cas qui, d’ordinaire, nécessitaient une évacuation à Ouagadougou, ont été diligemment pris en charge», a-t-il conclu.

Joanny SOW

Echéances électorales de 2020 : l’UPC et le FPR pour un vrai changement

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Une équipe de l’Union pour le changement et le progrès (UPC) a rendu visite au Front patriotique pour le renouveau (FPR), le mercredi 27 mars 2019 à Ouagadougou.

L’Union pour le changement et le progrès (UPC) et le Front patriotique pour le renouveau (FPR), veulent raffermir leurs relations. Les deux formations politiques l’ont fait savoir à l’issue d’une rencontre effectuée par l’UPC, le mercredi 27 mars 2019 au siège du FPR dans la capitale burkinabè. A la tête d’une délégation, le président de l’UPC, Zéphirin Diabré, a indiqué que cette visite est un retour de courtoisie. «Il y a de cela quelques semaines, le FPR était au siège de l’UPC. Il était approprié à notre tour de venir le remercier et lui témoigner notre sympathie en tant que parti politique au sein de l’opposition qui se bat pour l’alternance et le vrai changement dans ce pays», a-t-il relevé. Le président du «parti du lion» s’est dit satisfait du travail du FPR.

A l’entendre, sous la conduite de son président, Aristide Ouédraogo, «le jeune parti» (créé il y a un an), a réussi à prendre ses marques dans l’arène politique par ses prises de position et des actes qu’il pose sur le terrain. D’où cette démarche auprès du FPR. «Nous voulons envoyer, a poursuivi Zéphirin Diabré, un signal fort sur notre volonté de continuer à renforcer la relation qui existe entre nous et qui va au-delà de notre simple appartenance commune à la famille de l’opposition».

Cette démarche semble être bien appréciée par le parti-hôte. «Cet entretien vient renforcer les liens entre nos deux formations politiques», a reconnu le président du FPR. Formeront-elles donc une coalition en vue des prochaines élections ? A cette question d’un journaliste, M. Ouédraogo a soutenu qu’il est encore trop tôt pour parler de coalition. «Lorsque nous serons aux portes de 2020, nous ferons savoir les stratégies qui seront développées. Pour l’heure, nous sommes
en train de les peaufiner», a-t-il expliqué.

Abdoulaye BALBONE

Elections de 2020 : La CENI préparée à toute éventualité

Le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a reçu en audience une délégation de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le mardi 26 mars 2019 à la Primature, à Ouagadougou. Il a été essentiellement question des élections de 2020.

A l’orée des élections de 2020, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) se met en ordre de bataille. Une délégation de l’institution a rendu visite au Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, le 26 mars 2019 et lui a fait part du processus de préparation des échéances électorales annoncées.

Selon le président de la CENI, Newton Ahmed Barry, il a été question du referendum et du vote des Burkinabè de l’étranger. «Le referendum ou la voie parlementaire ne relèvent pas de la CENI. Cela est du ressort des politiques. Quelle que soit la décision qu’ils prendront, nous avons déjà travaillé sur tous les scénarii possibles», a-t-il assuré.

Quant au vote des Burkinabè expatriés, M. Barry a indiqué que les commissaires de l’institution ont été envoyés en mission dans plusieurs pays à la rencontre de la diaspora burkinabè durant toute la moitié du mois de décembre. «Nous sommes en train de compiler leurs missions.

Très bientôt, nous allons nous adresser aux acteurs concernés et aux Burkinabè en général pour leur expliquer nos constatations et les dispositions à prendre pour rendre le vote de la diaspora effectif en 2020», a ajouté le président de la CENI. En définitive, Newton Ahmed Barry a soutenu qu’une élection est un processus impliquant plusieurs acteurs, certaines actions relevant de son institution, et d’autres, du gouvernement. Et de conclure qu’il appartient au gouvernement de jouer sa contrepartie «pour que les choses puissent se mettre en place».

Fabé Mamadou OUATTARA &
Dawara Sylvie SOU

Journée des volontaires de la CEDEAO : Sous le signe de la promotion de la paix

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Le Bureau régional du programme des volontaires de la CEDEAO a célébré, le mardi 26 mars 2019 à Ouagadougou, la Journée du volontaire de la CEDEAO.

A l’occasion du 9e anniversaire du Programme des volontaires de la CEDEAO (PVC), le Bureau régional dudit programme a célébré la journée du volontaire de la CEDEAO. Les activités commémoratives de ladite journée se sont déroulées, le mardi 26 mars 2019 à l’Université de Ouagadougou Pr Joseph-Ki-Zerbo.

Entre autres activités, une conférence suivie de débats sur le thème central «les volontaires de la CEDEAO pour la promotion de la paix et du développement» au profit des étudiants. Selon le président suppléant du Conseil de coordination régional du PVC, Francis Chuks Njoaguani, c’est la célébration d’un groupe de jeune dynamique déterminés à marquer leur époque de manière indélébile.

A savoir, accélérer le développement régional par leur contribution désintéressée dans la région de l’Afrique de l’Ouest. Et «le thème n’aurait pas pu être plus adapté vu que partout, de la famille à la communauté au niveau national comme mondial il y a quelqu’un quelque part qui œuvre pour la paix, la stabilité, la sécurité, la croissance, l’égalité, la justice, le développement, le savoir et surtout préserver des vies», a-t-il justifié.

Pour M. Njoaguani les actions spontanées du programme au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, ne sauraient être soulignées car, elles méritent toutes d’être célébrées d’autant plus qu’elles portent l’esprit d’intégration communautaire de la CEDEAO. A ses dires, le programme a été créé en 2004, et officiellement lancé en 2010 au Liberia.

«Il avait pour objectif premier d’apporter un soutien aux pays qui traversaient une crise politique, tels le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée et la Guinée Bissau», a-t-il souligné. Et de poursuivre que les premiers volontaires déployés au Libéria étaient essentiellement constitués de personnels de santé et de l’enseignement mais aujourd’hui les volontaires de la CEDEAO sont présents dans tous les domaines.

Pour lui, ils jouent un rôle très important dans la consolidation de notre démocratie et intégration régionale objectif premier du programme. Et le monde d’aujourd’hui est plus stable et plus sûr en partie grâce aux volontaires. Après la phase-pilote qui a pris fin en 2016, le programme a été élargi à tous les quinze pays-membres de la CEDEAO.

Aussi, en plus de garder la tranche de jeunesse comprise entre 18 et 35 ans, le recrutement des volontaires s’est élargi jusqu’à la possibilité d’avoir des personnes du troisième âge où des retraités pourront revenir participer au développement de leur communauté. «Nous avons déployé depuis le début du programme plus de 160 volontaires et actuellement nous avons encore près de 100 en service au Liberia, en Sierra-Leone et au Burkina Faso», a renseigné le président suppléant.

Les volontaires de la CEDEAO peuvent être des étudiants comme des professionnels comme tout jeune. Ils ont pour rôle d’apporter un appui non seulement à leur structure d’accueil mais aussi dans les communautés où ils vivent en apportant leur appui professionnel, a-t-il dit. Pour sa part le vice-président de l’UO I JKZ, Pr Allou Keita, a apprécié la tenue de cette journée dans leurs enceintes.

«Cette activité de la CEDEAO entre dans nos prérogatives au sens qu’elle est une occasion pour nous d’informer les étudiants sur les opportunités qui existent en la matière parce que nous ne nous contentons pas uniquement de former mais nous nous préoccupons également de l’insertion professionnelle de nos diplômés», a indiqué le professeur.

Kadi RABO

Projet de construction de l’aéroport de Donsin : Une délégation française fait le point au Premier ministre

Le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, s’est entretenu avec une délégation française sur le projet de construction de l’aéroport de Donsin, le mardi 26 mars 2019 à Ouagadougou.

Les négociations sur le financement du second volet du projet de construction de l’aéroport de Donsin en l’occurrence l’aérogare vont bon train. L’information a été donnée par le consultant en entreprise et diplomatie, Jean Félix Paganon, par ailleurs spécialiste du consortium français, à sa sortie d’audience avec le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, le mardi 26 mars 2019 à Ouagadougou.

A l’entendre, il s’agit d’une réunion d’étape sur la construction de l’aéroport de Donsin, une infrastructure essentielle au développement du Burkina Faso. «Nous sommes heureux de voir que le choix s’est porté sur notre entreprise pour les négociations exclusives. Nous espérons boucler le projet en juillet 2019 et signer le contrat», a argué le diplomate. Et de poursuivre qu’il est confiant, car tous les signaux sont ouverts.

Il a aussi indiqué que sa structure s’occupe actuellement des définitions des caractéristiques techniques du futur terminal. «Une présentation sera faite en avril aux autorités burkinabè avec pour objectif de parvenir à un accord sur les spécifications et les descriptions techniques avant l’été. Après s’engageront des discussions sur les modalités de financement», a fait savoir M. Paganon.

Pour l’ambassadeur de la France au Burkina Faso, Xavier Lapyere de Cabanes, il est important de faire un compte rendu au premier ministre vu le bien-fondé du dossier. Le Directeur général (DG) de la Maîtrise d’ouvrage de l’aéroport de Donsin (MOAD), Hadama Ybia, a affirmé que le projet est complexe avec un montage et un financement en partenariat public privé.

Il a tenu à rappeler que les premières années ont été consacrées aux déplacements des populations affectées par la construction de l’infrastructure. «Nous avons mis en place neuf sites pour les reloger et fait le dédommagement nécessaire à environ 13 milliards F CFA injectés par l’Etat en 2016», a-t-il affirmé. Et d’ajouter que la réalisation des travaux sur la plateforme aéroportuaire a démarré en 2018. «Actuellement des activités de voirie d’un coût de 40 milliards F CFA sont entreprises sur le site de l’aéroport», a précisé M. Ybia.

Mariam SOMDA