Dédougou : que cache-t-on à l’abattoir frigorifique ?

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Que se passe-t-il à l’abattoir frigorifique de Dédougou ? Dans le souci de s’imprégner des conditions de travail et de transport de la viande, Kantigui est rentré en contact avec l’agent communal en charge de l’infrastructure qui lui a exigé une autorisation préalable du maire. Par le biais du chargé de la communication et des relations publiques, le bourgmestre a été mis au courant de la demande de Kantigui.

A son tour, celui-ci, qui était absent, a souhaité son retour avant tout échange sur le sujet. Après deux semaines de silence, Kantigui est revenu à la charge en contactant cette fois-ci, l’agent chef de zone de la direction provinciale des ressources animales chargé de l’inspection de la viande. Lui aussi fera comprendre que l’accès à l’aire d’abattage est strictement interdit à toute personne étrangère à moins d’avoir une autorisation préalable.

Mais, il a suggéré à Kantigui de passer à la direction provinciale échanger avec son directeur à cet effet. Ce qui fut fait le lendemain. Le directeur provincial lui a précisé que la gestion de l’abattoir est déléguée à la mairie, avant de promettre à Kantigui de lui revenir. Pourquoi un tel protocole pour obtenir des informations ? Y a-t-il anguille sous roche dans la gestion de cette infrastructure ?, s’interroge Kantigui, qui rappelle que l’accès à l’information est un droit.


Axe Djibo-Bourzanga : un car saute sur une mine

Il est revenu à Kantigui qu’un car de la compagnie de transport en commun TSR a sauté sur une mine sur l’axe Djibo-Bourzanga. Selon les explications d’un convoyeur, le car a quitté Djibo à 9 heures pour Ouagadougou presque vide. «La mine a pris le car par l’arrière, détruisant le moteur. Le passager blessé était assis seul au fond», a-t- confié à Kantigui. La même source a précisé qu’il n’y a pas eu de perte en vie humaine et que c’est ce seul passager qui a été gravement blessé.

L’axe Bourzanga-Djibo est devenu dangereux ces derniers mois. En effet, Kantigui se rappelle que le 11 mars, trois orpailleurs et deux enseignants ont été kidnappés. Dix jours plus tard, c’était le tour de deux techniciens d’une société privée de la place qui sont tombés dans les filets des ravisseurs. Kantigui préconise donc la mise en place de convois spéciaux escortés par des Forces de défense et de sécurité (FDS) sur cet axe, afin d’assurer la sécurité des usagers de l’axe et de leurs biens.


Il remet sa carte grise sous menace d’une arme

Kantigui a ouï dire qu’un drame a failli se produire, le lundi 25 mars 2019 au quartier Tanghin, dans l’arrondissement n° 4 de Ouagadougou. La raison, un motocycliste, qui aurait refusé de marquer l’arrêt au feu tricolore du barrage n°2, a continué sa route sous le regard des autres usagers. Mais il a été très vite rattrapé par un homme de tenue en civil lorsque le feu est passé au vert, selon les informateurs de Kantigui. L’agent de sécurité, arrivé à la hauteur du motocycliste indélicat, lui aurait fait le reproche de ne s’être pas arrêté au feu tricolore. Il lui aurait ensuite ordonné de remettre la carte grise de son engin, a appris Kantigui. Son interlocuteur aurait opposé un refus catégorique puis s’en est suivie une altercation où l’homme de tenue aurait reçu un coup de poing de son vis-à-vis. L’agent de sécurité aurait ainsi abandonné le motocycliste pour se diriger vers sa moto sur lequel était accroché son sac. Il aurait ouvert ensuite sa besace pour sortir son arme. Tous les témoins qui étaient attroupés autour des deux bagarreurs ont pris leurs jambes à leurs cous. Dans une colère noire, a noté Kantigui, l’homme de tenue aurait ordonné, arme au poing, au motocycliste fautif de remettre la carte grise de son engin. Sans hésiter, celui-ci aurait remis le document à l’agent qui viendrait le récupérer à son service. Kantigui invite les usagers à respecter le Code de la route afin d’éviter ces genres de scènes.


Bagarres autour de tables-bancs à Kaya

Il est revenu à Kantigui que les élèves des classes de 6e du lycée municipal de Kaya se bousculent chaque matin pour se procurer une place afin d’acquérir le savoir. Selon l’information parvenue à Kantigui, les «faibles» sont obligés de prendre les cours par terre, pendant que les «plus forts» sont assis à quatre par table-banc. A entendre la source de Kantigui, ce manque criant de places assises s’expliquerait, entre autres, par les effectifs pléthoriques dans les classes, l’insuffisance d’équipements et l’arrivée tardive des subventions de l’Etat.

«Lorsque j’entre en classe, je ne peux pas faire cours car les élèves sont assis partout dans la salle. Certains mêmes se frappent à cause des places», témoigne l’informateur. C’est la même réalité dans les autres classes du lycée. La source de Kantigui a précisé que le proviseur de l’établissement aurait adressé en vain des correspondances à la mairie et aux autres partenaires présents dans la région du Centre-Nord, dans le but de trouver une solution au problème.


April-Oil persiste et signe

C’est avec consternation que Kantigui a appris au cours de la semaine, que les détenteurs de bons de carburant d’April-Oil auraient des difficultés pour s’approvisionner. Et pour cause, les responsables de cette entreprise de distribution de produits pétroliers refusent ces bons, exigeant de la liquidité en lieu et place.

«Les ordres sont venus de la direction générale et de notre responsable commercial interdisant de servir les porteurs de bon de carburant», a répondu un pompiste à un client dans une des stations de Ouagadougou.

Kantigui qui a lui-même fait les frais de cette situation, a encore en souvenir qu’il avait attiré l’attention d’April-Oil sur cet état de fait, il y a moins de six mois. Mais hélas, la société semble avoir renoué avec ses vieilles habitudes. Kantigui interpelle les responsables de l’entreprise sur la nécessité de respecter ses obligations vis-à-vis de la clientèle.


Confusion sur les diplômes à l’ex-INJEPS

Kantigui a appris que l’Institut des sciences du sport et du développement humain (ISSDH), l’ex-INJEPS, connaît des problèmes assez sérieux depuis son changement de statut en 2015. De ce qui lui est revenu, l’établissement reçoit deux types de stagiaires : ceux issus des concours directs ou professionnels de la Fonction publique et ceux inscrits sur titre.

Un des problèmes, a-t-on expliqué à Kantigui, c’est que les responsables de la structure n’arrivent pas à situer clairement les étudiants admis sur concours sur le diplôme qu’ils obtiendront à la fin de leur formation. On leur parlerait tantôt d’un L2 (qui ne correspond pas à un diplôme plein), tantôt d’un master. Conséquence, ceux qui sont sortis depuis 2017 ne sont toujours pas rentrés en possession de leurs diplômes, car personne ne veut s’engager à les signer dans cette confusion.

Le problème est si sérieux que des étudiants refuseraient de s’inscrire à l’ISSDH, parce qu’ils ne savent pas le sort qui leur sera réservé. Selon les sources de Kantigui, ce flou serait entretenu par les absences répétées du directeur. La tâche de la gestion serait donc quasi-totalement déléguée à la directrice adjointe, qui n’arriverait pas à fournir les informations claires à ceux qui en ont besoin. C’est le lieu pour Kantigui d’interpeller les premiers responsables de cette école afin qu’ils corrigent ce qui doit l’être.


MPP Ouahigouya : des sanctions vont-elles tomber ?

Kantigui se souvient que le 13 mars dernier, un incident s’est produit à Ouahigouya lorsqu’une délégation du bureau politique national du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), conduite par le président par intérim du parti, Simon Compaoré, y était pour des activités.

De ce qui lui est revenu ces derniers temps, l’affaire est loin d’être close.
Les fauteurs de troubles devraient répondre. Et déjà, a-t-on soufflé à Kantigui, des lettres d’explication ont été demandées à certains et des sanctions pourraient suivre. La direction politique du parti devrait se réunir incessamment sur le sujet pour entendre la Fédération du MPP du Yatenga, dont certains membres seraient à l’origine de l’incident.


Moins d’engouement pour les Galian 2019

Kantigui s’est intéressé, cette semaine, à l’organisation des prix Galian 2019. C’est là qu’il a appris que les membres des différents jurys du concours ont été installés le 20 mars 2019 à la direction générale des médias. Ils devront analyser plus de 300 œuvres en radiodiffusion sonore et télévisuelle, en presse écrite et en presse en ligne. A la fin de la réception des œuvres, le 15 mars, Kantigui a été informé d’une baisse de plus de 40% en termes de candidatures, par rapport à l’année dernière.

Qu’est-ce qui explique le peu d’engouement des journalistes pour cette édition ? Kantigui ne saurait trouver de réponse à cette interrogation. Il sait seulement que conformément à la nouvelle règlementation en vigueur depuis la dernière édition, les candidats ont l’obligation de déposer deux œuvres dans le même genre pour la compétition. En attendant le 10 mai 2019 pour le verdict, Kantigui souhaite bonne chance à tous les candidats.


Championnats d’Afrique de lutte : le Burkina encore absent

Connu pour être l’une des nations de lutte en Afrique, le Burkina Faso est absent, cette année encore, aux 53e Championnats d’Afrique de lutte qui a débuté hier mardi 26 mars 2019, en terre tunisienne. Dans son éternelle curiosité, Kantigui a approché les acteurs du domaine pour comprendre l’absence répétée du pays des hommes intègres à cette compétition.

Les confidents de Kantigui lui ont clairement expliqué que le pays dispose d’une équipe de lutteurs olympiques qui pouvaient être recyclés à temps par des formateurs burkinabè pour participer à la compétition. Une autre source de Kantigui a évoqué un problème de financement. Peu importe la raison, Kantigui regrette l’absence du Faso à ce tournoi.

Kantigui
kantigui2000@gmail.com
(00226) 25 31 22 89

Handball/championnat de la Ligue du Centre : La bonne leçon de l’AS-Police à l’USFA

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La 2e journée du championnat de la Ligue du Centre de handball s’est disputée le dimanche 24 mars 2019 au Palais des sports de Ouaga 2000. Le fait marquant de cette journée est la défaite sanglante de l’USFA devant l’AS-Police.

Le match USFA # AS-Police était le choc de cette 2e journée au niveau des seniors messieurs. Mais curieusement pour les spectateurs, la rencontre était en sens unique au bénéfice des Policiers qui ont donné une bonne leçon de handball aux Militaires. Il y a longtemps que l’équipe militaire a subi un tel sort. 28-20, tel était le score à la fin du temps réglementaire en faveur de l’AS-Police.

A la mi-temps, Jean-Noël Kambou et les autres de l’AS-Police avaient déjà pris une avance considérable en marquant 13 buts contre seulement 5 à l’USFA. Le signe indien a été ainsi vaincu, l’USFA s’étant imposée à chaque fois face à l’AS-Police au cours de la saison dernière. L’autre match des seniors messieurs a mis aux prises l’AS-SONABEL à l’AS-SONABHY.

Ce sont les Electriciens qui ont eu le gain de la partie avec le score de 26 à 16. C’est la 2e victoire d’affilée de l’AS-SONABEL. Chez les seniors dames, l’AS-Douanes a été meilleure (30-25) devant la LONAB HC, et l’ASFA-Y a battu l’AS-SONABHY par 24 à 21.

En juniors garçons, l’AS-SONABHY s’est imposée face à l’AS-Douanes par 33 à 23 et l’USFA a étrillé l’AS-SONABEL par 47 à 31. Chez les juniors filles, la LONAB HC a gagné difficilement l’AS-Douanes par 26 à 25. La 3e journée se jouera le dimanche 31 mars 2019 au Palais des sports de Ouaga 2000 avec 7 matchs, à partir de 10 heures.

Fernand KOUDA

Festival Songhay 2019: Au service du dialogue interculturel

La commission songhay de l’Académie africaine des langues et la sous-commission nationale des langues songhay du Burkina Faso organisent du 25 au 29 mars 2019 une semaine songhay à Ouagadougou.

La 1e édition du «Festival de la langue et de la culture songhay au Burkina Faso» s’est ouverte officiellement, le mardi 26 mars 2019 à Ouagadougou sous le thème «La langue et la culture, leviers du développement socioéconomique de la communauté songhay au Burkina Faso, en Afrique et de sa diaspora».

Cette rencontre regroupe les Songhay du Burkina Faso, du Mali, du Niger, de l’Algérie, du Nigeria, du Sénégal, du Bénin, du Ghana, du Togo, de la Côte d’Ivoire et de la diaspora européenne et américaine. Selon le président du comité d’organisation, Dr Alain Ouédraogo, le festival sera articulé, jusqu’au 29 mars 2019, autour de plusieurs manifestations artistiques et culturelles (expositions, arts de la scène, journées scientifiques, etc.).

Les Songhay de la sous-région et de la diaspora européenne et américaine se sont mobilisés pour célébrer leur culture.

L’objectif général du festival, à l’entendre, est de promouvoir la culture songhay, le dialogue interculturel, l’intégration, la cohésion sociale et la paix à travers des journées scientifiques et des manifestations culturelles.

«Mes travaux de thèse ont porté sur la société songhay. Il est donc de notre devoir de réinvestir le fruit de mes recherches pour le développement de la population», a souligné M. Ouédraogo. Il s’agit plus précisément, a renchéri son Altesse le chef songhay, de mobiliser et rassembler les Songhay de la sous-région, valoriser la culture songhay à travers l’art vestimentaire, l’art culinaire, les chants, les danses, les contes et les proverbes.

C’est également, a-t-il ajouté, contribuer à la lutte contre l’intolérance et l’intégrisme religieux, les violences ethniques et culturelles. A son avis, cette activité constitue pour les Songhay un espace de communication avec l’Afrique et le monde afin de s’assumer et s’entraider. En ce qui concerne la tenue de ce festival, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Alkassoum Maïga a indiqué que l’idée est partie de l’Académie africaine des langues (ACALAN) en collaboration avec l’Union africaine (UA).

Son Altesse, le chef songhay s’est réjoui de la tenue de cette première édition de la semaine songhay à Ouagadougou.

En effet, a-t-il poursuivi, l’UA a sélectionné un certain nombre de langues compte tenu de leur caractère transfrontalier (tel le songhay) et les a considérées comme langues de travail. L’organisation de cet évènement, a expliqué le ministre, vise donc à renforcer les liens entre les différentes communautés songhay. Pour lui, ce n’est pas du communautarisme ni un repli identitaire, mais un appel à l’intégration des communautés nationales et internationales.

Le ministre Maïga a souhaité que l’organisation de cette semaine soit tournante de telle sorte qu’elle puisse parcourir l’Afrique. Quant au maire de la commune de Ouagadougou, Armand Pierre Béouindé, il s’est réjoui de l’initiative. Tout en félicitant les organisateurs, il a signifié que la tenue de ce festival dans la capitale burkinabè est la preuve que Ouagadougou est une ville hospitalière légendaire.

Kowoma Marc DOH

Dawara Sylvie SOU
(Stagiaire)

Procès du putsch : Quand Diendéré se faisait appeler «Delta»

Le procès du putsch s’est poursuivi le mardi 26 mars 2019 au tribunal militaire de Ouagadougou avec l’écoute d’éléments sonores dans lesquels différentes personnes apportent leur soutien aux présumés auteurs du coup d’Etat.

L’examen des pièces à conviction a permis au tribunal d’écouter, le mardi 26 mars 2019, les éléments sonores restants qui mettent en cause le général Gilbert Diendéré. Un premier élément audio a vite été interrompu par le parquet, qui a estimé qu’il entre dans le cadre de la vie privée de «Delta» (nom donné au général Diendéré). Le deuxième audio révèle un entretien entre «Golf» et un journaliste du journal Jeune Afrique, désireux de connaître la situation sur le processus de désarmement de l’ex-RSP qui était suspendu.

Le général lui explique le manque de garantie dont se plaignent les hommes, confrontés, ainsi que leurs familles à des menaces, certains ayant même été arrêtés et placés en garde à vue. Un troisième élément a été présenté par le parquet comme un appel de l’accusé, Sidi Lamine Oumar, affirmant son soutien au général Diendéré après avoir exprimé ses inquiétudes à propos du processus de cantonnement et de désarmement enclenché.

«On est là, on est toujours disponible. On sait que vous avez été victime de beaucoup de trahisons … Mais vous verrez, la situation va prendre une autre tendance dans les jours à venir. Si vos hommes sont toujours avec vous, ne rendez jamais les armes», peut-on notamment entendre de la voix assimilée à celle de Sidi Lamine Oumar et s’adressant à une autre qui semble très abattue et attribuée à Delta.

Un autre élément fait cas d’un appel du maréchal-des-logis chef, Moumouni Ouédraogo, exprimant aussi son soutien au général. Et un dernier élément sonore laisse entendre une autre conversation entre Sidi Lamine Oumar et «Golf» dans laquelle le Malien se plaint de la «traitrise» du chef d’Etat-major général des armées (CEMGA) d’alors, Pingrenoma Zagré, a été diffusé. Les deux accusés convoqués à la barre ont tous déclaré ne pas avoir de commentaires à faire.

Mais la défense du général insistera sur l’emploi du mot «traitre» en référence à l’ancien CEMGA Zagré. Ce qui suppose, de leur entendement que Zagré a marché un moment au moins avec le général Diendéré et s’est retracté après. Le tribunal a, par la suite mis en débat un élément audio écouté la veille et mettant en cause le colonel Abdoul Karim Traoré dans une conversation, selon le parquet, avec le général Diendéré, et l’ancien chef du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Djéri Maïga.

En substance, un groupe de combattants postés à la frontière burkinabè s’organise et se met à la disposition de Diendéré. Le supposé colonel Abdoul Karim Traoré demande au général, des moyens financiers pour quitter le territoire burkinabè afin de se mettre à l’abri. Me Prosper Farama de la partie civile s’est montré loquace sur le sujet.

Dans un Etat républicain, a-t-il dit, un auteur intellectuel comme se présente l’accusé ne fait pas et ne se mêle pas de coup d’Etat. «Visiblement, on voit bien que les gens mentent et c’est écœurant», a clamé l’avocat. Dans une argumentation juridique, il a fait une distinction entre l’opposabilité et la présentation d’une pièce à conviction.

Pour Me Farama, le premier terme a trait au rayonnement juridique d’un acte vis-à-vis d’un individu, à même d’engendrer des conséquences de droit à son égard alors que la seconde notion consiste à mettre la pièce en contact visuel et matériel d’un acte de sorte à lui permettre de s’exprimer là-dessus.

En conséquence de ces précisions sémantiques, l’avocat de la partie civile a soutenu que c’est la juridiction de jugement qui est obligée de présenter toutes les pièces du dossier. Et de son avis, c’est à cette phase que se trouve le tribunal militaire avec la revue des pièces à conviction.

Passe d’armes entre avocats

«Je peux me tromper, mais je demande qu’on m’indique la base juridique qui oblige le juge d’instruction à présenter les pièces aux parties», a renchéri Me Farama. A l’entendre, les parties à un procès ont la possibilité de contester l’opposabilité d’une pièce, mais elles doivent produire des arguments de droit à cet effet et il reviendra au tribunal d’en tirer les conséquences.

A contrario, a-t-il poursuivi, tant que la pièce est au dossier, même si elle n’a pas été présentée à l’accusé par le juge d’instruction, elle demeure opposable. En l’espèce, toujours dans les développements de Me Prosper Farama, la pièce est jusque-là opposable à l’accusé Abdoul Karim Traoré, parce que produite dans le procès en cours, conformément aux normes légales.

Et pour soutenir sa logique, Me Farama a déduit dans les argumentaires des avocats de la défense que ceux-ci reconnaissent une «présomption d’authenticité» aux différentes communications à travers leurs efforts de trouver des éléments déchargeant leurs clients ou chargeant des tierces personnes (hiérarchie militaire) dans des éléments tirés du contenu des audio.

«Quand ça les arrange, les mots ont un sens, quand ça ne les arrange pas, c’est autre chose», a caricaturé l’avocat. En réaction, l’avocat de l’accusé, Me Dieudonné Ouili, s’est montré tout aussi prolixe. Il a d’abord battu en brèche la déclaration de Me Farama reprochant d’ores et déjà à son client de s’être mêlé à un coup d’Etat. C’est le tribunal qui répondra à cette question dans son verdict, a-t-il précisé. Sinon, a insisté l’avocat de la défense, le colonel Abdoul Karim Traoré n’a pas été confronté à cette pièce par le juge d’instruction.

L’avocat a dit avoir approché le magistrat instructeur de sa propre initiative pour avoir le cœur net lorsqu’il a appris l’existence d’un fichier sonore dénommé AKT. «Le juge m’a rassuré qu’il s’agissait d’Abdoul Karim Traoré de perfectum», a rappelé l’avocat. Se basant sur l’article 167 du Code de procédure pénale, Me Ouili a martelé que le juge instructeur «doit» convoquer les parties pour leur présenter les pièces qu’il reçoit. «Ce n’est pas une formalité à banaliser.

Je pense que ça doit être facile d’accepter que c’est un manquement et demander au juge d’en tirer les conséquences qui siéent», a ajouté l’avocat du colonel Abdoul Karim Traoré. Il a noté que d’autres accusés (Sidi Lamine Oumar, Général Bassolet, Lieutenant Limon…) ont reçu communication des pièces qui les inculpent et ont pu en discuter.

Par contre, le colonel Abdoul Karim Traoré, n’aurait été informé de l’existence de ces éléments sonores à aucun moment de la procédure, à en croire son avocat. En conséquence, a-t-il laissé entendre, il n’est pas question de se prononcer sur une pièce présentée pour la première fois à la barre, violant manifestement les droits de son client. Le procès se poursuit le mercredi 27 mars 2019 au tribunal militaire.

Fabé Mamadou OUATTARA

Village de Bazoulé: Le Naaba Kiiba renoue avec l’héritage ancestral

Le Naaba Kiiba de Bazoulé, dans la commune rurale de Tanghin-Dassouri, a organisé, le samedi 23 mars 2019, son «Napoussom», la fête coutumière de présentation de vœux.

Le «Napoussom» est une fête culturelle de présentation de vœux au chef qui est célébré chaque année par les chefs coutumiers. Cette tradition est cependant abandonnée, depuis de nombreuses années, à Bazoulé, dans la commune rurale de Tanghin-Dassouri. Pour renouer avec la coutume, le Naaba Kiiba de Bazoulé a célébré, après 31 ans de règne, pour la première fois son Napoussom. C’était le samedi 23 mars 2019 à Bazoulé.

«Nous avons décidé, avec la permission de Naaba Baongho, chef des Moosé, de rétablir cette tradition que nos ancêtres nous ont léguée», a déclaré le Naba Kiiba de Bazoulé. Pour lui, le Napoussom est également une occasion d’apprendre aux enfants les us et coutumes de leurs ancêtres. La célébration a permis aux populations de faire des dons et des offrandes pour remercier les mânes des ancêtres et de se souhaiter une « année riche et abondante » (bénédictions, paix, concorde, bonne pluviométrie, etc.).

La cérémonie a vu la participation des populations et des chefs coutumiers.

L’entrée dans la palissade en forme conique du chef a marqué le début des festivités. Les allégeances se sont faites en présence du chef, entouré de ses ministres, des notables et des chefs de canton.

Les femmes de la famille royale, visage contre le sol, ont salué le Naaba Kiiba de Bazoulé. Les activités festives de clôture de la journée ont été le match de gala qui a opposé les anciennes gloires des Etalons à l’équipe de Bazoulé et la finale de la première édition de la coupe Naaba Kiiba.

Cette rencontre s’est soldée par la victoire de l’équipe de Tinsouka sur celle de Sanbin par le score de 3 buts à 1, à l’issue des tirs aux buts. Le Naaba Kiiba de Bazoulé a, par ailleurs, remis des vivres à des femmes démunies de la localité.

Achille ZIGANI
(Collaborateur)

Mercure :L’identité culturelle en question

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Les «pogroms» peuls de Yirgou et du centre du Mali, au-delà de la nécessaire introspection qu’ils doivent amener chez les dirigeants des deux pays, pour vite éradiquer ce mal pernicieux et dangereux pour l’unité nationale, nous invitent du même coup à nous interroger sur notre identité culturelle pour en cerner l’appréhension qui en est faite actuellement et nous interroger sur ce que devrait être le chantier des dirigeants à l’avenir relativement à cette question complexe.

Un exercice qui commande une définition de cette identité culturelle qui, selon Joseph Ki Zerbo, est «un film que nous observons et vivons». Et, pour que ce film soit véritablement nôtre, il nous faut appréhender lequel parmi les trois facteurs fondateurs de cette identité culturelle selon Cheikh Anta Diop, (le facteur historique, celui linguistique et  enfin le facteur psychologique) «manque» aux Burkinabè pour qu’ils puissent vivre harmonieusement et en bonne intelligence.

En cela, et même si le facteur linguistique n’est pas «rempli» et que le facteur historique quoiqu’ingéré, prête quelques fois à des interprétations tendancieuses, il nous semble que c’est le facteur psychique qui nous manque le plus pour vivre pleinement notre «burkinabité». En effet, si l’on définit celui-ci comme «le climat intellectuel et psychologique créé par tous les écrits, pensées et prises de position» dans un espace géographique donné, l’on se rend compte que les Burkinabè (en tous cas certains d’entre eux) n’ont pas toujours fait preuve d’une grande sagesse dans leur analyse du problème, le ramenant à la délicate question peule alors qu’il dépasse ce cadre.

En effet, Yirgou est la résultante de questions «ethnolinguistiques» mal gérées jusque-là sur lesquelles sont venues se greffer des questions d’occupation de l’espace et tout récemment donc de terrorisme. Un cocktail qui a donc explosé à Yirgou à l’aube du nouvel an, plongeant les Burkinabè dans des prises de position manichéenne, là où l’exaltation de nos vertus ancestrales de tolérance et de pardon après aveux et repentir sincères devaient être de mise. Nous voyons d’ici les adeptes de la justice hic et nunc nous traiter de tous les noms d’oiseau, mais nous persistons à dire que cette boulimie justicière obsessionnelle peut nous conduire dans l’impasse voire à la déchirure.

Comme l’a rappelé le procureur près le Tribunal de grande instance (TGI) de Kaya à l’époque dans ce genre d’affaire, la justice doit tenir compte de l’environnement sociologique et des dispositions psychiques des uns et des autres avant de se prononcer, au risque de prendre une décision grosse de dangers pour la paix sociale. Un «ressourcement» de tous les protagonistes et une appréhension «civique» de cette délicate question nous semblent  donc nécessaires.

L’avenir étant inscrit dans la matrice du présent, ce sont nos actes et nos pensées qui façonneront le Burkina Faso de demain. Soyons donc positifs, et, c’est cette éducation que nous devrons inculquer à nos enfants. Le chantier de la valorisation du capital humain (avec toutes les remises en cause pour ne pas dire la révolution que cela implique), voilà le combat à gagner pour que demain soit meilleur qu’aujourd’hui.

Boubakar SY

Lutte contre l’insécurité : L’Allemagne promet une assistance au Burkina

Le Premier ministre, Christophe Marie Joseph Dabiré, a reçu en audience l’Ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, Ingo Herbert, le lundi 25 mars 2019 à Ouagadougou. Les échanges ont porté essentiellement sur la question sécuritaire.

La République fédérale d’Allemagne est inquiète de la situation sécuritaire qui prévaut au Burkina Faso. L’ambassadeur de ce pays en poste au Burkina Faso, Ingo Herbert, l’a relevée, le lundi 25 mars 2019 dans la capitale burkinabè, à sa sortie d’audience avec le Premier ministre, Christophe Marie Joseph Dabiré.

Le diplomate s’est réjoui de la qualité des échanges sur la problématique. «C’est la première fois de rencontrer le Premier ministre Dabiré officiellement pour échanger sur la dégradation de la situation sécuritaire dans certaines régions du Burkina Faso», a-t-il indiqué. Selon lui, Berlin est très soucieux de cette dégradation et exprime sa solidarité au peuple burkinabè. Il a rassuré que son pays apportera son assistance au «pays des Hommes intègres» qui traverse une situation difficile.

Toutefois, le soutien de l’Allemagne ne se limitera pas au volet sécuritaire. «Nous avons abordé au cours de cette rencontre, les questions de développement et sur ce point, les deux pays entretiennent de bonnes relations depuis longtemps», a soutenu l’ambassadeur. A ce propos, le Burkina Faso fait partie des pays partenaires de l’Allemagne à bénéficier encore d’un appui budgétaire sectoriel dans les domaines comme l’eau, l’assainissement, l’agriculture et la sécuritaire alimentaire.

Abdoulaye BALBONE

Ministère en charge du commerce : Les activités réalisées à 81,55% en 2018

Les membres du Conseil d’administration du secteur ministériel du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat se sont réunis pour examiner le plan d’actions prioritaires et le plan de travail 2018, le 26 mars 2019 à Ouagadougou.

Le premier Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM) du Commerce de l’Industrie et de l’Artisanat de l’année en cours s’est tenu, le mardi 26 mars 2019 à Ouagadougou. Il a été consacré à l’adoption du rapport de mise en œuvre du plan d’actions prioritaires, du plan de travail et du rapport d’évaluation des performances des structures du ministère au cours de l’année 2018.

Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, a déclaré qu’en dépit de la précarité du contexte sécuritaire et la récurrence des régulations budgétaires, le taux d’exécution global consolidé de la mise en œuvre de la tranche annuelle 2018 du plan d’actions prioritaires est de 81,75%. «S’agissant du plan de travail annuel 2018 qui est le programme d’activités ordinaires du département, il enregistre un taux global d’exécution physique de 81,55% au 31 décembre 2018 contre 68,96% en 2017 soit une hausse de 12,59 points», a-t-il poursuivi.

Le ministre a, de ce fait, félicité l’ensemble des agents du département pour l’abnégation, dont ils ont fait preuve dans la réalisation de ces scores. Il les a par ailleurs exhortés à redoubler davantage d’efforts pour l’atteinte de résultats encore meilleurs en 2019. Les conseils d’administration des secteurs ministériels s’inscrivent dans la dynamique de la gouvernance vertueuse des ressources publiques, à travers la gestion axée sur les résultats, a expliqué Harouna Kaboré. Chaque département organise à cet effet deux conseils d’administration par année.

Nadège YE

Premier ministère : Christophe Joseph Marie Dabiré reçoit les encouragements du CES

Le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a reçu en audience, le mardi 26 mars 2019, une délégation du Conseil économique et social (CES) avec à sa tête son président, Moïse Napon.

Les membres du Conseil économique et social (CES) encouragent le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, dans sa mission, face à la crise sécuritaire que traverse le Burkina Faso. Au cours d’une audience, le mardi 26 mars 2019, le chef du gouvernement a reçu les félicitations du président du CES, Moïse Napon et sa délégation. «Le Premier ministre a besoin qu’on le soutienne dans le travail qu’il fait.

Nous sommes venus lui dire aussi toute notre disponibilité à accompagner toutes les actions du gouvernement et à apporter notre concours dans les différentes décisions prises pour le bien-être des populations», a confié Moïse Napon à leur sortie d’audience. Aussi, a-t-il précisé que la délégation a reçu les conseils du chef du gouvernement, afin de mener un travail pertinent qui entre en droite ligne avec les politiques du pays et permettre l’atteinte des objectifs fixés.

Le président du CES, Moïse Napon, a dit avoir reçu des conseils pertinents
de la part du chef du gouvernement.

«Il nous a donné de très bons conseils visant à renforcer la relation entre le CES et le gouvernement, ce qui va favoriser un travail d’ensemble sur des avis et des recommandations en droite ligne avec les besoins essentiels des Burkinabè», a souligné le président du CES. Concernant la question sécuritaire, il a laissé entendre que sa délégation a écouté les problèmes exposés par leur hôte et entend réfléchir pour arriver à des recommandations, dont la mise contribuera à gérer la crise. «Lors des sessions prochaines, nous ferons des suggestions dans ce sens», a-t-il promis.

Joseph HARO
Arnaud fidèle YAMEOGO
(Stagiaire)

Autorité du bassin de la Volta : La Charte de l’eau en cours de ratification

L’Autorité du bassin de la Volta (ABV) a organisé un séminaire de formation en vue de la ratification et de la mise en œuvre de la Charte de l’eau dudit bassin, le 26 mars 2019, à Loumbila.

Dans quelques jours, l’Autorité du bassin de la Volta (ABV) aura une charte. Celle-ci viendra préciser les rôles et les responsabilités des pays riverains concernant l’utilisation des ressources en eau, renforcer le mandat de l’ABV sur la promotion d’une politique harmonieuse et coordonnée de l’eau dans le bassin et définir les principes qui permettent la gestion durable des ressources en eau du bassin de façon intégrée.

Mais avant, la trentaine de participants des six pays membres de l’ABV (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Mali et Togo) sont en conclave à Loumbila du 26 au 29 mars 2019 pour examiner le document. Un exercice qui comprendra plusieurs aspects. Ils vont donc plancher sur le plan de communication et de sensibilisation à la charte, les outils de communication et de vulgarisation envisagés, les annexes à la charte de l’eau du bassin de la Volta relative aux ouvrages communs ou à la gestion coordonnée des infrastructures hydrauliques et à la protection de l’environnement.

…qui permettra une meilleure gestion des ressources en eau dans l’ABV.

Selon le directeur exécutif de l’ABV, Robert Dessouassi, l’approbation et l’adoption formelle de la Charte de l’eau par les instances supérieures à savoir le conseil des ministres et le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, et sa ratification par le parlement de chacun des Etats- membres, sera la prochaine étape à la suite du séminaire. Car, à l’entendre, cet acte marquera la volonté des Etats à coopérer pour une gestion intégrée, concertée et paisible des ressources naturelles dont regorge le bassin de la Volta.

«Je vous rassure de mon engagement total à œuvrer pour faciliter en temps opportun, l’approbation de cette Charte de l’eau par le conseil des ministres, son adoption par le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement et enfin sa ratification par les parlements de chacun des six Etats- membres de l’ABV», a déclaré le directeur général des ressources en eau du Burkina Faso, Serge Traoré, par ailleurs point focal national de l’ABV.

Gaspard BAYALA