Festival balafon Sambla : Une IIe édition sous le signe de la cohésion sociale

L’association «Coul vision» a organisé, les 23 et 24 mars 2019 à Bobo-Dioulasso, la deuxième édition du festival balafon Sambla, sous le thème : «Rôle et place du balafon dans le processus de consolidation de la paix, la cohésion sociale et le développement intercommunautaire».

La communauté Sambla était en fête, les 23 et 24 mars 2019 au secteur n°21 de Bobo-Dioulasso. Les balafonistes venus de la commune de Karangasso-Sambla, située à une soixantaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso, ont participé à la deuxième édition du festival balafon Sambla.

Durant 48 heures, six troupes ont tenu en haleine la population au son du rythme du terroir Sambla. «Rôle et place du balafon dans le processus de consolidation de la paix, de la cohésion sociale et du développement intercommunautaire» a été le thème de cette édition. Selon son promoteur, Mamadou Coulibaly, le festival balafon Sambla se veut être un cadre de brassage culturel et de promotion du balafon Sambla. M. Coulibaly compte, à travers ce festival, amener les Sambla à s’intéresser à la culture du balafon qui, selon lui, est en voie de disparition.

Les Sambla ont dansé au son des rythmes du terroir.

L’un des objectifs de ce festival, à en croire Mamadou Coulibaly, est d’amener l’harmonie, l’entente, la cohésion sociale au sein des communautés ethniques. Ainsi les troupes mossi, dioula, bissa et bobo ont pris part à ce festival. Une participation qui, aux yeux de M. Coulibaly, dénote de la bonne cohabitation entre les différentes ethnies. Le maire de Bobo-Dioulasso, Bourahima Fabéré Sanou, a parrainé la deuxième édition du festival balafon.

Pour lui, cette manifestation va en droite ligne avec la politique culturelle du conseil municipal qui a décidé de subventionner des cabarets faisant du balafon. Cela dans le but de relancer la connaissance du balafon dans la Cité de Sya, qui est en voie de disparition. C’est pourquoi, Bourahima Fabéré Sanou a salué l’initiative.

Boudayinga J-M THIENON

Fonds vert pour le climat : Les acteurs se concertent pour plus de financements

Le ministre de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, Batio Nestor Bassière, a, au nom du Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, présidé le premier dialogue structuré national sur le Fonds vert pour le climat, le mardi 26 mars 2019 à Ouagadougou.

Dans sa lutte contre le changement climatique, le Burkina Faso espère acquérir un maximum de financements au Fonds vert pour le climat (FVC) pour la mise en œuvre de projets d’adaptation et d’atténuation, d’où la tenue du premier dialogue structuré national sur ledit fonds, le mardi 26 mars 2019 à Ouagadougou.

Réunis à l’initiative de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et d’autres partenaires dans le cadre de la mise en œuvre du projet «Evaluer les opportunités du secteur de la forêt et de l’utilisation des terres au Burkina Faso pour soutenir les interventions d’adaptation et d’atténuation du changement climatique, en particulier dans le cadre de l’Initiative de la Grande muraille verte», la soixantaine de participants représentant l’Etat, le secteur privé et des organisations de la société civile ont renforcé leurs capacités pour l’obtention de financements au niveau du FVC.

Ce, à travers des communications et des débats. Ils devront, par la suite, formuler des recommandations à l’endroit du gouvernement qui feront l’objet d’une grande attention, foi du ministre de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, Batio Nestor Bassière, représentant le Premier ministre. «Le gouvernement reste ouvert à toutes les propositions constructives», a-t-il ajouté.

A l’écouter, le dialogue structuré national offre un cadre d’échanges et de synergie aux acteurs de premier rang afin qu’ils conjuguent leurs efforts pour faire face à la menace climatique par une mobilisation conséquente des financements climat en général et ceux du fonds vert en particulier.

Former des experts nationaux

Les financements climat ne faisant pas l’objet d’une répartition par pays, mais par projets retenus à la suite d’un processus sélectif, le ministre a souhaité que l’ensemble des acteurs prennent conscience et qu’au sortir de cet atelier, ils aient la capacité de mettre en place des projets et programmes respectant les conditions de financement du fonds vert. «Ce, afin de permettre au Burkina Faso de pouvoir bénéficier du FVC dans la mesure où le pays est confronté à des problèmes dus aux effets du dérèglement climatique.

Ce n’est qu’à ce prix que nous réussirons à inverser les tendances en allant véritablement vers un développement socio-économique inclusif et sobre en carbone», a-t-il soutenu. Partageant le même avis, l’Autorité nationale désignée du fonds, Issaka Ouédraogo, a souligné que l’organisation du premier dialogue structuré national est à saluer, car le Burkina Faso manque de compétences en matière d’élaboration de projets convaincants.

Ce cadre va, selon lui, permettre d’informer les acteurs sur les conditionnalités du FVC et les procédures y afférentes, mais aussi sur les autres types de financements climat existants. «Ensemble, nous allons mettre en œuvre un plan de formation pour aller à la mobilisation des ressources du FVC au profit des communautés nationales», a-t-il fait savoir.

Il a, en outre, indiqué que le secrétariat exécutif du Fonds vert au pays des Hommes intègres a entamé avec l’accompagnement de ses partenaires, l’élaboration du document du Programme- pays pour le FVC, le processus d’accréditation du Fonds d’intervention pour l’environnement (FIE), la formation de 150 experts nationaux, etc.

Eliane SOME
elianesome4@gmail.com

Yémima en «Mission» pour louer Dieu

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L’artiste-musicienne, Yémima, de son vrai nom, Kiswendsida Florence Sawadogo, vient de mettre sur le marché discographique sa première œuvre musicale. Baptisé «Mission», l’album a été dédicacé, le dimanche 24 mars 2019 à Ouagadougou.

«Nan saa mè», «Résurrection», «Maria», «Myriam» et «Il ne t’a pas laissé». Ce sont les cinq titres qui composent le tout premier album «Mission» de Kiswendsida Florence Sawadogo dite Yémima. Elle a présenté son œuvre (en plus de deux clips vidéo) au public, le dimanche 24 mars 2019 à Ouagadougou. Chantés dans les genres musicaux reggae, salsa et zouk, ces morceaux sont inspirés des turpitudes et épreuves que l’artiste dit avoir traversées. En effet, a-t-elle expliqué, la musique a été le meilleur moyen pour elle, de témoigner sa gratitude à Dieu pour son triomphe sur les difficultés. Du récit de sa vie, Yémima dit avoir vécu l’abandon scolaire, la dépression, les maladies, la perte de l’emploi (compression de personnel). «Assommée par les difficultés conjugales, je suis tombée à nouveau dans la dépression.

J’ai résisté et évité la déchéance avec pour seule arme, la prière. J’ai été guérie par la bonté de Dieu et reçu la grâce des chants», a-t-elle confié. Piquée par le virus de la musique à l’âge de 8 ans, elle intègrera la chorale de l’Eglise des Assemblées de Dieu de Larlé et ensuite la Chorale Saint Michel de Kolgh-Naaba, avec l’encadrement des sœurs religieuses. Aujourd’hui déclarante en douane dans une société de la place, Florence Sawadogo estime que son album «Mission» bouclé en 2017, lance un nouvel épilogue de son engagement pour louer les bienfaits du Seigneur.

«A travers mes chansons, j’invite les femmes à persister dans la prière, parce que la souffrance a une fin. Je rends grâce à Dieu et prie Marie, la mère du Christ, parce qu’elle a toujours été là quand on recourt à elle», a-t-elle soutenu. Elle a signifié que la promotion de son album se poursuivra sur les chaînes de radio et de télévision et sur les scènes. La marraine de la cérémonie, Chantal Forgo, du Bureau burkinabè des droits d’auteur (BBDA), a remercié la chanteuse pour la confiance et le choix portés sur sa personne. «Yémima est la preuve vivante de l’humilité, du courage et de la détermination dans la prière. Elle a cru en Dieu. A force de prier, elle a reçu la grâce du Seigneur. C’est pourquoi elle s’est donnée cette mission d’inviter les autres à persévérer dans la foi», a-t-elle ajouté.

Jean-Marie TOE

Alcoolisme et tabagisme au Burkina Faso

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Le réalisateur burkinabè, Ismaël Géni Massa Tall, a animé une conférence de presse, le jeudi 21 mars 2019 à Ouagadougou pour présenter son documentaire, «Le mal conjoint».

Le film documentaire «Le mal conjoint» du réalisateur burkinabè, Ismaël Géni Massa Tall, dépeint l’environnement à la fois «sombre et impitoyable» de l’alcoolisme et du tabagisme au Burkina Faso. Ce film d’une durée de 1h15 minutes a été projeté, le jeudi 21 mars 2019 à Ouagadougou, au cours d’une conférence de presse. Selon M.Tall, l’objectif de « Le mal conjoint » est d’éveiller les consciences face au développement de ces vices. Il y décrit le quotidien de nombreux Burkinabè qui prennent d’assaut les kiosques à café et de liqueurs frelatées pour entamer leur journée. «Le matin et le soir après le service, c’est la liqueur frelatée accompagnée de cigarette. La chicha, également très nocive pour la santé, s’est aujourd’hui ajoutée au menu», a-t-il déploré. Le critique de cinéma, Parfait Kaboré, a félicité le réalisateur pour avoir jeté un regard sur des fléaux qui minent la société actuelle. Pour lui, le tabac et l’alcool sont à l’origine des problèmes de santé, de violences sociale et physique, d’abandon de poste aux heures ouvrables, et de perte de l’estime de soi. Le représentant du responsable du service d’unité de sevrage tabagique, Dr Edem Kunakey, a déclaré, pour sa part, que ce film vient renforcer la lutte conjointe contre l’alcoolisme et le tabagisme. Quant au représentant du Ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCAT), Oumarou Vébamba, il a laissé entendre que le cinéma a, à la fois, pour but de divertir et de conscientiser. A son avis, le documentaire «Le mal conjoint» est en phase avec cette mission assignée au 7e art.

Achille ZIGANI
(Collaborateur)

Foncier rural Un système d’information disponible

L’atelier national de présentation du Système d’information foncier (SIF) pour la gestion foncière rurale au niveau communal a eu lieu, le vendredi 22 mars 2019, à Ouagadougou.

La sécurisation des droits fonciers ruraux demeure une préoccupation des autorités burkinabè. Malgré l’adoption de la politique nationale de sécurisation foncière depuis une décennie, des difficultés demeurent. Pour une meilleure gestion foncière rurale, le gouvernement burkinabè et ses partenaires ont développé une nouvelle stratégie. Il s’agit du système d’information foncier. Le vendredi 22 mars 2019, le nouvel outil a été présenté aux acteurs impliqués dans la gestion foncière. Selon le responsable du programme sécurisation foncière en milieu rural, Anatole Yaméogo, cette trouvaille permettra la gestion informatisée du foncier rural. Concrètement, le Système d’information foncier (SIF) va permettre à tout moment d’avoir des informations précises et par commune sur la gestion foncière. Il s’agit, entre autres, des informations allant des superficies des terres, au coût de la gestion foncière, l’identité des détenteurs d’une Attestation de possession foncière rurale (APFR), le circuit suivi d’élaboration de l’attestation… Dans la perspective d’accompagner les communes pour la gestion du processus d’attestation de possession foncière rurale, a rappelé, Anatole Yaméogo, le SIF a été mis en place.

Ce dernier a aussi, selon ses dires, pour objectif de gérer de façon informatisée, les informations littérales et spatiales liées aux processus de délivrance des APFR et autres actes prévus par la loi. «Il contribuera à l’amélioration de la gouvernance foncière rurale et doit permettre à terme la dématérialisation de l’information liée aux processus de sécurisation foncière qu’il convient de gérer avec efficacité et transparence», a-t-il signifié. Le contexte et la méthodologie adoptée pour la conception du SIF, ses différentes fonctionnalités, les éventuelles améliorations à y apporter ont été les points abordés lors de l’atelier. «L’application de la loi sur la décentralisation avec la commune comme acteur central dans la délivrance des actes fonciers ruraux, en particulier, l’APFR», a soutenu le responsable du programme sécurisation foncière en milieu rural, Anatole Yaméogo. Tout en souhaitant une participation fructueuse au débat, Anatole Yaméogo a indiqué que leur présence témoigne de leur volonté à œuvrer pour un meilleur déroulement du processus de sécurisation foncière en milieu rural.

Abdel Aziz NABALOUM
emirathe@yahoo.fr

Tuberculose Maintenir le cap pour éradiquer la maladie

Une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) réalisée en 2015, a fait ressortir que plus de 95% des décès parmi les 10 millions de tuberculeux dans le monde, surviennent dans les pays à revenu faible, comme ceux de l’Afrique de l’Ouest. A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la tuberculose commémorée chaque 24 mars, les appels à la sensibilisation se multiplient.

La tuberculose est un problème de santé publique au Burkina Faso. En effet, selon le rapport Global TB 2008 de l’Organisation mondiale de la santé, l’incidence estimée de la tuberculose était de 108 cas de Tuberculose à microscopie positive (TPM+) pour 100 000 habitants et de 248 cas de tuberculose toutes formes pour 100.000 habitants, ce qui rapporté à la population du Burkina Faso en 2006 (14 017 262 habitants) représentait respectivement 15 139 cas de TPM+ et 34 763 cas de tuberculose toutes formes confondues. En 2008, 2 737 nouveaux cas de TPM+ ont été diagnostiqués, soit 18,7 cas pour 100.000 habitants dont 1 857 hommes et 880 femmes. L’âge de la plupart des cas varie entre 24 et 44 ans. La même source indique que la majorité des nouveaux cas TPM+ enregistrés par Région sanitaire en 2008, ont été identifiés dans les régions du Centre et des Hauts-Bassins.
Dans le même ordre d’idées, les données statistiques de 2015 du ministère de la santé ont affiché 5 600 malades de la tuberculose dont 9 à 10% de décès. Par ailleurs, en 2018, l’Organisation mondiale de la Santé a estimé l’incidence de la tuberculose au Burkina Faso à 49 cas pour 100.000 habitants, soit en nombre absolu près de 9 500 nouveaux cas et rechutes de tuberculose. Ces données permettent d’apprécier l’ampleur de la situation. C’est pourquoi, la journée mondiale de lutte contre la Tuberculose est commémorée cette année sous le thème : «Il est temps». Une thématique qui interpelle l’ensemble des acteurs impliqués dans la lutte à multiplier les efforts pour venir à bout de cette maladie. Ces chiffres ne sont pas exhaustifs, au regard des nombreux cas qui restent certainement à être détectés. «Environ 3 500 cas échappent encore au système de santé», a souligné la ministre de la Santé, Pr Léonie Claudine Lougué/Sorgho dans son message à l’occasion de la commémoration de 2019. Cette urgence d’action a amené le Burkina Faso à se doter d’un nouveau plan stratégique quinquennal pour mieux lutter contre la tuberculose. Ce plan couvre la période de 2018 à 2022.

Des signes qui alertent

La tuberculose est une maladie infectieuse. Le plus souvent, dans 70 % des cas, elle s’attaque aux poumons, mais elle peut aussi toucher d’autres organes comme les ganglions, les os ou les reins. Si elle n’est pas soignée adéquatement, la tuberculose peut être fatale. Il existe 3 sortes de tuberculose : la tuberculose pulmonaire ou phtisie, la tuberculose extra-pulmonaire, qui s’attaque aux autres organes et la tuberculose disséminée, à la fois pulmonaire et extra-pulmonaire.
Les facteurs qui augmentent la vulnérabilité à la tuberculose sont la malnutrition, la promiscuité, la consommation de tabac et d’alcool et le diabète « Nous invitons toute personne qui tousse pendant plus de 2 semaines, à se rendre dans un centre de santé pour consulter. L’agent de santé pourra demander un examen de crachats pour voir si c’est la tuberculose. Le diagnostic est posé après un examen des crachats au microscope ou un autre outil diagnostic. Cet examen est disponible au niveau des centres de santé», a expliqué Pr Lougué. Le mode de transmission est essentiellement aérien. Un malade qui fait une forme de tuberculose dite pulmonaire expulse, au cours de la toux, du rire ou de l’éternuement, des particules de crachats qu’on appelle les gouttelettes de Plügge. Ces particules peuvent rester au moins deux heures en suspension dans l’air. Et lorsqu’une personne non malade respire ces particules, les microbes y contenus se logent dans les poumons, passent dans la circulation sanguine et se retrouvent dans la grande circulation.
A propos des symptômes de la tuberculose, les principaux sont l’amaigrissement, l’anorexie (perte d’appétit), l’asthénie, la fièvre nocturne avec des sueurs abondantes, l’absence de règles chez une femme en âge de procréer. De façon spécifique, pour la tuberculose pulmonaire, le premier signe, c’est la toux chronique, de plus de 14 jours, avec expectoration de crachats accompagnés de pus, parfois de sang. Etant donné que c’est une localisation pulmonaire, selon l’évolution, le patient peut se plaindre de douleurs thoraciques et même de difficultés respiratoires.
L’une des difficultés dans la lutte ou dans la prévention de la tuberculose est que l’efficacité de la vaccination antituberculeuse n’est pas absolue. Le taux de protection conféré par le vaccin BCG est de l’ordre de 50% pour les formes pulmonaires et de près de 80 % pour les formes extra pulmonaires, ce qui correspond à un taux de protection global de l’ordre de 70%.

Le meilleur moyen d’éviter de contracter la tuberculose consiste à avoir une bonne hygiène de vie, pour maintenir un système immunitaire fort. Il faut donc manger sainement, faire de l’exercice physique et gérer son stress. Lorsqu’on est en contact fréquent avec des personnes qui ont la tuberculose, il faut respecter les mesures d’hygiène comme le lavage des mains, le port d’un masque, etc. faire régulièrement des tests cutanés pour voir si l’on est porteur de la bactérie, prendre un traitement préventif est nettement meilleur à prendre un traitement curatif.
Il est donc conseillé de consulter dans une formation sanitaire en cas de signe suspect.

Gaspard BAYALA
gaspardbayala87@gmail.com

Procès du putsch: les relevés téléphoniques contredisent Diendéré

A l’audience du procès du putsch manqué du lundi 25 mars 2019, les débats étaient centrés sur les relevés téléphoniques entre le général Gilbert Diendéré, l’ex-Directeur général (DG) de la police, Lazare Tarpaga, l’ex-président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (l’ARCEP), Mathurin Bako et d’autres coaccusés.

Le 25 mars 2019, à l’audience du procès du putsch manqué, le parquet militaire a produit une pièce à charge pour les accusés, le général Gilbert Diendéré, le journaliste Adama Ouédraogo dit Damiss, le bâtonnier, Mamadou Traoré, le capitaine Hussène Zoumbri et le lieutenant Jacques Limon. Il s’agit des relevés téléphoniques qui démontrent qu’il y a eu une interaction entre eux et les témoins Lazare Tarpaga et Mathurin Bako. Selon le procureur militaire, Alioun Zanré, par réquisition à personne qualifiée, l’ONATEL a transmis le listing des appels du général Diendéré et de Damiss. Au regard du document, ils ont bel et bien échangé avant, pendant et après le coup d’Etat. «Rien que dans la journée du 16 septembre, il y a eu plusieurs appels reçus de part et d’autre, contrairement à ce que le journaliste a affirmé devant la barre avoir appelé le général qu’une seule fois aux environs de 22 h et ce dans la soirée», a soutenu le parquet militaire. Du 17 au 21 septembre 2015, ils ont continué à interagir. Ensuite, Diendéré a nié avoir appelé le DG de la police au moment des faits. «Le relevé indique que ceux-ci ont communiqué. Idem pour le DG de l’ARCEP», a notifié M. Zanré. Par contre, à l’entendre, il n’y pas eu de trace d’appels téléphoniques entre le bâtonnier Traoré et le président Sénégalais Macky Sall. «Pourtant, celui-ci a affirmé être allé à la rencontre de la CEDEAO parce qu’il aurait reçu un coup de fil d’invitation du président», a expliqué le procureur militaire.

D’ailleurs, de l’avis de Me Hervé Kam, c’est au prévenu de donner la preuve de son alibi. Ainsi, il a le droit de produire son relevé téléphonique, chose qu’il n’a pas fait. Nonobstant cela, il a été inculpé en tant que membre du CND (Conseil national de la démocratie) et non pas parce qu’il a reçu un appel. En ce qui concerne le capitaine Zoumbri et le lieutenant Limon, il y a eu beaucoup d’échanges de messages entre eux du 16 au 21 septembre 2015. Certes, il y a eu ces échanges, à écouter l’avocat du lieutenant Limon, Me Mamadou Sombié, mais il a la preuve que des SMS ont été falsifiés et ajoutés à ceux de son client tout simplement, parce qu’il avait l’intention de dénoncer le marché frauduleux de 347 millions FCFA de l’expert Younoussa Sanfo. «Ceux qui ont fait ce détournement, ont voulu le liquider en l’accusant d’être une taupe. Sinon, ce simple échange de SMS ne lui donnait pas droit d’avoir un ticket à la place des accusés. Je vais plaider pour son acquittement», a-t-il laissé entendre. Pour le ministère public, au regard du contenu important de ce document, il doit être versé dans le dossier, car il vient corroborer le travail de l’expert informaticien Sanfo. Cependant, pour Me Olivier Yelkouni et Me Latif Dabo, il existe une incohérence dans le listing du général et celui de M. Tarpaga. «On voit clairement les traces d’appels de Diendéré, par contre aucune trace d’appel émis par le DG de la Police n’apparaît sur son listing. Pourtant, celui-ci a appelé Golf vers 18h et lui a même envoyé un SMS à 22h. Aussi, le DG a formellement indiqué avoir reçu 5 appels et pourtant il n’en était rien.

Mieux, il doit être poursuivi pour faux témoignage, car il a menti lors de sa déposition à la barre», a relevé Me Yelkouni. Et Me Moussa Coulibaly, l’avocat du bâtonnier, Mamadou Traoré, de poursuivre que cette pièce est irrecevable, car elle n’est pas datée et n’a pas d’auteur. «Je refuse d’opiner sur le fond car elle a été acquise frauduleusement», a-t-il ajouté. En un mot, la défense réfute ledit document, car à l’écouter, le parquet est une partie au procès et en tant que telle, seul le président du tribunal, selon l’article 118 du Code de justice militaire, peut faire apporter toutes pièces aux débats pour la manifestation de la vérité. Mais, contrairement à la défense, la partie civile a jugé la pièce recevable, puisqu’ il s’agit de prouver des faits de certains accusés. Le président du tribunal, Seydou Ouédraogo a promis se prononcer sur la question avant la fin des débats. S’en est suivi l’écoute des éléments sonores entamés depuis la semaine dernière.

«Moi j’ai fait pour moi …»

On retiendra les conversions entre Jean Bila et le colonel-major Boureima Kiéré qui datent du 4 juillet et du 3 septembre 2015 et consistant en l’échange d’informations générales sur la Transition d’alors et sur l’organisation de la fête du 8-Mars. Il s’agira aussi de renseignements entre l’officier et Me Hermann Yaméogo. Boureima Kiéré qui a reconnu avoir communiqué, a qualifié les écoutes de sauvages et dignes d’un Etat policier. Pour sa part, Hermann Yaméogo, en raison du fait que ni la commission d’expert ni le rapport de celui-ci ne lui ont été notifiés, a dit ne pas vouloir des relevés téléphoniques. Le deuxième élément livré au procès concerne le général Diendéré et «probablement Romaric Hien». Interrogé par son interlocuteur sur le désarmement, le général a répondu qu’ils allaient «faire traîner les choses».

L’interlocuteur a, par ailleurs entretenu Diendéré de l’hostilité de nombre de partis politiques envers les putschistes et des positions des troupes venues de l’intérieur du pays. Une personne inconnue du parquet a, du reste, parlé à Gilbert Diendéré du soutien d’une organisation basée à Bobo-Dioulasso. A travers le téléphone de l’inconnu, le responsable de cette organisation a tenu à manifester son soutien au général Diendéré. «Moi j’ai fait pour moi mais vous ne m’avez pas suivi», a répliqué le général. «On va essayer de nous organiser rapidement», a indiqué ledit responsable. Des propos de l’officier Diendéré, le parquet et Me Prosper Farama de la partie civile ont conclu que le putsch a été prémédité et n’est pas sans père ni mère comme le prétend le principal accusé. Me Farama a, au demeurant, souhaité que Diendéré «dénonce» le responsable de cette organisation de Bobo. Pour la défense du général, le parquet se fonde sur des probabilités pour charger son client. La communication ayant retenu l’attention des parties est celle entre l’ex-président du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Djéri Maïga et Gilbert Diendéré dont : «On est en train de nous organiser à la frontière là-bas … Les hommes sont prêts, ils attendent votre signal… Tout ce que vous dites on le fera. Présentement je suis avec Traoré».

Il a alors passé Abdoul Karim Traoré (AKT) qui a informé le général que le colonel Bamba s’est rendu à la gendarmerie et que celle-ci tente de l’appeler (lui AKT) pour le localiser. Par la suite AKT a demandé à Diendéré de l’argent, afin de fuir le pays. Après l’écoute de l’élément sonore, les observations des parties ont surtout porté sur les connexions entre les putschistes et l’étranger. Ce qui, pour le parquet et la partie civile, est constitutif de trahison. Mais pour Me Latif Dabo et Me Olivier Yelkouni, conseils de Diendéré, jamais dans la conversation, leur client n’a exprimé un besoin d’appui en hommes armés ni pris une initiative ni donner des ordres, encore moins faire une suggestion. Il n’a eu qu’une attitude d’écoute, a fait observer Me Dabo. La présentation des éléments de preuve se poursuit ce matin à partir de 9heures.

Fleur BIRBA
& Jean Philibert SOME

Développement du secteur privé

Le Projet d’appui à la transformation de l’économie et à la création de l’emploi entend promouvoir le développement du secteur privé pour une croissance inclusive et génératrice d’emplois durables. A cet effet, il est prévu des séances de formation au profit de trois structures. Le lancement des sessions de renforcement de capacités a eu lieu le 25 mars 2019 à la Direction générale du contrôle économique et de la répression des fraudes.

Le secteur privé au Burkina Faso, en dépit des efforts déployés, demeure toujours dans un état assez embryonnaire et est confronté à des contraintes structurelles et administratives liées à la faiblesse des institutions d’encadrement et de promotion. Il faut lever les difficultés pour l’épanouissement du secteur. Le gouvernement en a pleine conscience. Dans sa quête de solutions, il a obtenu un appui du Fonds africain de développement pour mettre en œuvre le Projet d’appui à la transformation de l’économie et à la création de l’emploi. Cette initiative, mise en œuvre par le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, met l’accent sur la promotion d’un environnement favorable à l’éclosion d’un secteur privé dynamique, compétitif, créateur d’emplois et de richesse.
Ainsi, pour parvenir aux objectifs escomptés, il est prévu plusieurs séances de formation au profit d’une trentaine de personnes issues de l’ABNORM, de la Direction générale du contrôle économique et de la répression des fraudes (DGCRF) et de l’Institut de recherche en sciences appliquées et technologies (IRSAT). La session de formation sera développée sous cinq thématiques : «L’information bureautique», «Le règlement des différends commerciaux», «Le calcul des incertitudes, l’audit interne et la gestion commerciale des laboratoires» et enfin «La formation des membres des comités techniques de certification.» Le groupement de cabinet SODIA Qualité et CAGEFIC, attributaire de ce marché, est chargé de partager son expertise et son expérience avec les participants. En somme, le mandat du consortium de cabinet consistera à renforcer les capacités :
-du personnel de l’Institut de recherche en sciences appliquées et technologies (IRSAT) en calcul des incertitudes en chimie, audit interne et en gestion commerciale des laboratoires ;
-Des travailleurs de la Direction générale du contrôle économique et de la répression des fraudes en informatique, bureautique et internet mais, aussi sur le règlement des différends commerciaux ;
-Des membres des comités techniques de certification des normes sur la directive générale de certification et sur le rôle et fonctionnement des comités techniques de certification.
Pour Marcel Ouédraogo, représentant du secrétaire général du ministère en charge du commerce, la série de formations va davantage outiller les bénéficiaires sur des notions essentielles. « Le renforcement de capacités des structures permettra de répondre efficacement aux besoins des acteurs en amont et de stimuler la croissance économique en aval», a-t-il mentionné. De l’avis de Fatimata Segda/Sabo, directrice du cabinet SODIA Qualité, le consortium de cabinet dispose d’experts nationaux et internationaux qui vont livrer une formation qui va combler les attentes des uns et des autres.
Pour preuve, une formation sera livrée par un expert venu tout droit de la Tunisie. Quant au coordonnateur du PATECE, Fidèle Ilboudo, il a souligné toute l’importance de l’activité. «Cette formation est une activité-phare du projet car elle rime avec les objectifs poursuivis par le PATECE. Pour soutenir le positionnement du secteur privé, il faut que les structures d’appui soient outillées. C’est dans ce cadre qu’a eu lieu ladite session de formation», a indiqué le coordonnateur.
En rappel, c’est en octobre 2014 que la Banque africaine de développement et le gouvernement du Burkina Faso ont conclu une convention pour le financement du Projet d’appui à la transformation de l’économie et à la création de l’emploi. Il s’inscrit en droite ligne de la stratégie 2013-2022 de la BAD dont l’un des fondements est la transformation structurelle de l’Afrique. Le financement, d’un montant de 8 170 000 000FCFA a pour objectif de promouvoir le développement du secteur privé pour une croissance inclusive et génératrice d’emplois durables.

Aristide Traoré
(collaborateur)