Loi de finance 2019 : Les nouvelles dispositions fiscales expliquées aux chefs d’entreprises

La Maison de l’entreprise du Burkina Faso (MEBF) a initié, le vendredi 25 janvier 2019 à Ouagadougou, une rencontre d’information au profit des chefs d’entreprises sur la loi de finance, gestion 2019. A cette occasion, les participants ont été éclairés sur les nouvelles dispositions fiscales contenues dans la loi.

Les chefs et cadre d’entreprises ont désormais la bonne information sur les innovations et réformes fiscales contenues dans la loi de finance gestion de 2019. Et ce, grâce à la Maison de l’entreprise du Burkina Faso (MEBF) qui a organisé une rencontre d’information, le vendredi 25 janvier 2019 à Ouagadougou.

Selon le chef d’entreprise, Dr Désiré Nacoulma, l’initiative de la MEBF est à saluer à sa juste valeur.

« La meilleure manière d’appliquer une loi, c’est de la connaitre et pour la connaitre, il faut être informé », a argué le directeur général de la MEBF, Lancina Ki. Sa structure ayant pour rôle d’accompagner les chefs d’entreprises et opérateurs économiques dans la conduite de leurs affaires, il a souligné qu’il était judicieux que ces derniers soient informés des dispositions fiscales auxquelles ils doivent faire face. « Les nouvelles mesures fiscales de la loi de finance, gestion 2019 permettront de répondre aux attentes des acteurs et d’améliorer globalement le rendement du système fiscal.

Et ce, notamment, à travers l’amélioration des règles liées à l’élargissement de l’assiette et à la suppression de niches fiscales jugées non bien fondées, aussi bien du point de vue économique que social », a relevé Lancina Ki. En outre, il a fait savoir que la MEBF respecte ce rendez-vous annuel, depuis 14 années, en collaboration avec la direction générale des impôts et l’Association professionnelle des experts et conseils fiscaux. Pour le directeur général des impôts, Adama Badolo, cet exercice est important parce que, pour appliquer la loi, il faut d’abord l’adopter. « Pour cette loi de finance, il y a beaucoup de réformes dites d’ajustements techniques.

Il est bon qu’on fasse le tour des dispositions qui touchent l’assiette de l’impôt, les règles d’application des différents impôts et les taxes afin d’avoir avec les entreprises la même compréhension pour faciliter l’application des textes », a expliqué Adama Badolo. Parmi les réformes opérées, il a cité notamment la révision des règles d’application des cessions de titres miniers, les nouvelles règles pour les amortissements, avant de confier qu’elles font suite à la révision du code général des impôts intervenue en 2017.

Les chefs d’entreprise et opérateurs économiques ont été appelés à tirer profit des explications données pour leurs affaires.

« Souvent l’on pense que quand il y a de nouvelles dispositions fiscales, il y a de nouveaux impôts et des taux qui augmentent. Mais ici, ce n’est pas le cas puisqu’il s’agit des règles d’ordre technique », a dit le directeur général des impôts. Le co-fondateur de l’Ecole supérieure de commerce et d’informatique de gestion, Dr Désiré Nacoulma, en tant que chef d’entreprise, a apprécié positivement cette initiative parce que, a-t-il dit, le civisme fiscal commence par la connaissance de la loi fiscale. Pour lui, c’est par cette manière que les chefs d’entreprises peuvent mettre en œuvre la loi. «  Nous sommes engagés aux côtés de l’Etat pour le développement du pays et à mettre en œuvre les lois qui sont votées », a rassuré Dr Nacoulma.

La rencontre d’information a marqué le lancement des activités d’information de l’année en cours autour des sujets d’intérêt pour le monde des affaires, du Centre d’information juridique des affaires de la MEBF.

Joseph HARO

Promotion de l’entreprenariat : 75 millions FCFA remis à 16 start-up

L’Agence de financement et promotion des petites et moyennes entreprises (AFP/PME) et le Programme spécial de création d’emploi pour les jeunes et les femmes (PSCE/JF) ont remis symboliquement, le 24 janvier 2019 à Ouagadougou, des chèques et des kits aux 16 start-up lauréats évoluant dans le e-commerce.

La promotion de l’entreprenariat et la lutte contre le chômage des jeunes et des femmes constituent le but poursuivi par l’Agence de financement et promotion des petites et moyennes entreprises (AFP/PME) et le Programme spécial de création d’emploi pour les jeunes et les femmes (PSCE/JF). Dans le cadre de l’exécution de leurs missions, ces deux structures ont lancé au titre de l’année 2018, un appel à projet pour le financement des entreprises innovantes, les start-up, évoluant dans le domaine du e-commerce.

La publication des résultats de cette compétition entrepreneuriale et la remise symbolique des chèques et des kits aux 16 lauréats ont fait l’objet d’une cérémonie officielle le 24 janvier 2019, à Ouagadougou. En plus des kits, composés d’ordinateurs et d’équipements informatiques, les lauréats bénéficieront des financements de 2,6 à 6 millions de francs CFA, soit un montant total de 75 millions FCFA.

Il s’agit des prêts remboursables au taux t’intérêt de 6 à 8%, sur deux à cinq ans, a fait savoir le directeur général de l’AFP/PME, Honoré Kietyeta. Sur un total de 500 projets reçus, 16 start-up ont été définitivement retenus par le comité de sélection, a expliqué M. Kietyeta. Pour être parmi les heureux bénéficiaires, les projets en compétition devraient remplir trois grandes familles de critères définis, a-t-il souligné. Il s’agit de la viabilité du modèle économique, du délai d’opérationnalisation et du besoin de financement.

Le représentant des lauréats, Abdoul Rachide Dera, a remercié le gouvernement burkinabè pour cette initiative d’accompagner les jeunes porteurs de projets innovants qui participe à la promotion de l’entreprenariat et à la lutte contre le chômage. « Nous   promettons de tout mettre en œuvre pour réaliser avec brio nos projets et apporter notre pierre à l’économie burkinabè même si nous savons que la tâche sera ardue, tant l’entreprenariat est un métier à haut risque », a-t-il martelé. La lauréate Carole Sanhouidi, responsable de Femfaso, a indiqué que ce prêt va lui permettre d’augmenter sa capacité de production, agrandir sa boutique, embaucher plus de personnes et de travailler avec beaucoup de d’associations de tisseuses et d’artisans.

Etre des modèles

Le ministre du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat, par la voix de sa représentante, Mariam Traoré/Ouédraogo a rassuré les entrepreneurs de l’engagement de l’Etat à les soutenir. « Je saisis l’occasion pour vous témoigner la volonté du gouvernement d’accompagner les initiatives des jeunes surtout quand il s’agit d’encourager l’innovation au service de la compétitivité nationale », a déclaré Mme Traoré, tout en les exhortant à persévérer et à combiner audace et créativité.

Dans la même dynamique, le représentant du ministre de la Jeunesse, de la formation et de l’insertion professionnelles, Issouf Traoré a invité les élus du jour à investir dans le e-commerce, à créer des emplois pour leurs camarades et à servir d’exemples aux autres.

En tout état de cause, un dispositif de suivi est prévu pour une mise en œuvre réussi des projets retenus, a laissé entendre le directeur général de l’AFP/PME. « Nous avons des mécanismes de suivi permettant d’apprendre aux bénéficiaires à gérer de l’argent, à le fructifier et à le rembourser sans trop de contraintes.

Nous allons mixer suivi rigoureux, encadrement technique et renforcement de capacités pour permettre à la bénéficiaire de vivre pleinement de son investissement », a conclu Honoré Kietyeta. Les projets financés concernent la vente en ligne des objets d’art, des accessoires de mode, les tenues en pagnes tissés, des produits alimentaires locaux, des motos, la réservation en ligne des chambres d’hôtels, etc.

Mahamadi SEBOGO
msebogo@yahoo.fr

Election présidentielle de 2020 : Le CDP prépare la reconquête du pouvoir

Le bureau politique national du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) a tenu sa 63e session, le samedi 26 janvier 2019, à Ouagadougou. Les membres du parti ont réaffirmé leur volonté de reconquérir le pouvoir d’Etat.

2019 est une année pleine d’espoir pour les militants du Congrès pour la démocratie et le progrès(CDP). L’ex parti au pouvoir veut adopter de nouvelles stratégies pour remporter les futures batailles électorales qui s’annoncent dès l’année prochaine, en l’occurrence l’élection présidentielle. Mais, cela passe d’abord par une union de tous les membres, selon le président du CDP, Eddie Komboïgo, lors de la 63e session du Bureau politique national(BPN), le 26 janvier dernier, à Ouagadougou.

Pour la reconquête du pouvoir, il faut un maillage de tout le territoire national pour s’assurer de la fidélité des membres du parti, a affirmé le président du CDP. A cet effet, il va entreprendre dans les jours à venir, une tournée dans les 45 provinces du Burkina Faso pour « galvaniser » la troupe. «La renaissance de notre parti se consolide sur l’ensemble du territoire. Le 7e congrès ordinaire a permis à notre parti d’être encore plus fort.

Le président du CDP, Eddie Komboïgo a dit aux militants que 2019 est une année cruciale pour remporter la prochaine présidentielle.

L’année 2019 sera une année charnière pour le CDP, une année de combat », a-t-il lancé, à l’assemblée. « Mais, indépendamment de ces sorties officielles, les camarades du BPN et du haut conseil se verront confier tout au long de l’année, des visites de nos structures tant à l’intérieur qu’à l’extérieur », a-t-il souligné. Toutes ces actions, a-t-il soutenu, vise à faire du CDP, le 1er parti politique du pays. Ce challenge est possible, selon le 1ersecrétaire général adjoint du CDP, Issa Gandema. Car, huit mois à la tête du parti, son bilan est positif.

Tous les actes et textes du parti ont été finalisés, les sessions et réunions se tiennent régulièrement, les organes centraux ont été installés. Tout cela a pour objectif de renforcer la gestion participative, la démocratie interne, la liberté d’expression et la recherche permanente du consensus, a indiqué M. Gandema. C’est pourquoi, le BPN a félicité Eddie Komboïgo pour son engagement au service du bon fonctionnement du parti.

Abdel Aziz NABALOUM
emirathe@yahoo.fr

Procès du putsch : « Je ne suis pas un incontrôlé », Mohamed Zerbo

Les audiences complémentaires au tribunal militaire de Ouagadougou ont pris fin, le vendredi 25 janvier 2019, avec l’interrogatoire du sergent-chef Laoko Mohamed Zerbo. Il a démenti les propos de certains coaccusés qui l’ont traité d’indiscipliné et d’incontrôlé lors de leur passage à la barre.

Poursuivi pour des faits d’attentat à la sûreté de l’Etat, de meurtre, de coups et blessures volontaires et de dégradation volontaire aggravée de biens, le sergent-chef Laoko Mohamed Zerbo a été le premier des accusés à comparaitre devant le tribunal militaire, le 29 juin 2018. Mais le 25 janvier 2019, il était de nouveau à la barre pour, selon ses dires, recadrer certains propos et apporter des informations additionnelles. L’accusé a précisé qu’il maintient ses déclarations faites lors de sa première audition mais ne reconnait pas certains passages contenus dans son procès-verbal (PV). Il a nié avoir participé à l’arrestation des autorités de la Transition, le 16 septembre 2015.

Certes, le chef Zerbo a reconnu s’être rendu au palais présidentiel ce jour sans y avoir accès. « J’étais en position d’observation à quelques 250 mètres du palais, à son côté ouest », a-t-il précisé. A l’entendre, toutes ses sorties le 16 septembre et jours suivants ont été des missions d’observation et de maintien d’ordre. Le prévenu s’est également inscrit en faux contre les déclarations de certains officiers qui l’ont qualifié de commando invisible, d’élément incontrôlé et d’indiscipliné de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP).

« Je suis un instructeur commando mais pas invisible. Si je l’étais, je n’allais pas être à la barre », a-t-il ironisé avant d’ajouter qu’il n’est ni indiscipliné ni incontrôlé, d’autant plus qu’il entretenait de bons rapports avec sa hiérarchie. A l’écouter, ses comportements exemplaires lui ont valu plusieurs stages et des lettres de félicitations. « Aucun chef ne m’a jamais fait des reproches. J’ai 12 lettres de félicitations et 5 médailles », a révélé le sergent-chef Zerbo.

Il a, par ailleurs, mentionné avoir participé à une mission onusienne. « Les chefs savent qu’on ne désigne pas un indiscipliné pour envoyer en mission onusienne », a relevé l’accusé. Malgré ses qualités de « meilleur sous-officier », il a dit ne pas comprendre tout cet acharnement des officiers sur lui. « Subordonné que je suis, je ne sais pas pourquoi les officiers, à savoir le commandant Aziz Korogo, les capitaines Oussène Zoumbri et Abdoulaye Dao, les lieutenants Aliou Gorgo, Rélwindé Compaoré et Kadri Dianda, m’ont chargé », s’est-il demandé. Alors que, pour lui, l’adjudant-chef major Eloi Badiel qui était son chef n’a jamais été cité par les mêmes officiers comme indiscipliné.

Dans le PV d’audition de l’accusé devant les autorités judiciaires ivoiriennes, le parquet militaire a souligné que l’accusé Zerbo lui-même a dit qu’il a participé à l’arrestation du président Kafando et de ses ministres. Mais le prévenu a rétorqué que le PV des Ivoiriens est dicté et que les conditions inhumaines dans lesquelles il a été arrêté pouvaient l’amener à dire des contrevérités (voir l’encadré). A son tour, il a accusé le parquet d’avoir livré des informations militaires sensibles à un pays voisin qui a permis son arrestation.

« Zerbo est un excellent militaire »

A l’entendre, la police ivoirienne avait par devers elle toutes les informations sur son identité, sa carrière, ses diplômes, les noms de ses chefs et même ses photos sécrètes de mission, entre autres. A ces récriminations, le procureur militaire a répliqué qu’il n’a fait que citer le PV de l’accusé dans lequel lui-même a fourni ces détails. Et d’ajouter que le sergent-chef Zerbo croyait être à l’abri en Côte d’Ivoire alors qu’il a indiqué avoir contribué à former des militaires de ce pays qui le connaissent très bien. Les parquetiers ont assuré qu’il n’y a jamais eu de violation de secret militaire car la procédure normale veut qu’on donne le minimum d’informations sur la personne recherchée, dans le cadre d’un mandat d’arrêt international.

Sur les propos du commandant Korogo selon lesquels Mohamed Zerbo faisait partie des instigateurs du putsch parce qu’il disposerait des moyens de l’ex-RSP, l’accusé a voulu rectifier le tir. Il a expliqué que ses chefs lui ont juste confié deux motos de patrouille. De peur qu’on ne vide le carburant, il a aménagé un hangar chez lui, au camp Naba Koom II, pour abriter les engins. « Je n’ai jamais roulé ces motos », a insisté le prévenu. Concernant son opposition au désarmement, il s’est demandé comment est-ce possible puisqu’il n’avait plus d’arme. « Quand le capitaine Zoumbri dit que je roulais en américain, ce n’est pas vrai. Mon pistolet automatique et ma kalachnikov ont été réintégrés le 24 septembre 2015 et le lendemain, il y a eu le désarmement », a étayé l’accusé.

Son conseil, Me Idrissa Badini, a, pour sa part, mentionné qu’aucun accusé n’a remis en cause les déclarations de son client malgré le fait qu’il ait été le premier à passer à la barre. Selon lui, chef Zerbo est un excellent militaire qui a choisi l’armée par amour au détriment de son admission à l’Ecole nationale des régies financières (ENAREF). « Tout ce qu’il a fait, c’est sur instructions de ses chefs », a dit l’avocat. Le deuxième passage de Mohamed Zerbo à la barre met fin à la phase des interrogatoires des accusés pour laisser place à celle des auditions des témoins.

Le président du tribunal a livré une première liste de dix témoins parmi lesquels, l’acteur de cinéma, Rasmané Ouédraogo dit Raso, le journaliste Michel Ouédraogo et l’homme politique, Achille Marie Joseph Tapsoba. Mais dans la soirée, la partie civile a demandé une suspension d’audience afin de mieux se préparer. Le parquet n’a pas trouvé d’inconvénient. Sur ce, l’audience a été suspendue pour reprendre ce lundi 28 janvier à 9h avec l’audition du premier témoin, l’instituteur Bénédicte Jean Bila.

Mady KABRE


L’accusé dénonce les conditions inhumaines de son arrestation

Le sergent-chef Zerbo a qualifié les conditions de son interpellation en Côte d’Ivoire d’inhumaines. Il a relaté que la police ivoirienne l’a présenté, au départ, comme un civil ayant braqué la douane de Niangoloko et fui avec beaucoup d’argent.

Arrêté le 20 novembre 2016 à Abidjan par la Direction de la surveillance du territoire (DST), le prévenu dit avoir été menotté, mis dans le coffre d’un véhicule, endormi à l’aide d’un produit et conduit en cellule pour y être gardé tout nu pendant quatre jours. C’est au cinquième jour de sa détention, selon ses propos, que la police lui a remis un caleçon, l’a amené tourner en ville avant de le conduire à l’aéroport.

M.K.


Le contrat entre Me Kam et chef Zerbo

Après s’être prononcé sur le PV ivoirien, l’accusé a souhaité ne plus y revenir. Mais Me Hervé Kam a voulu mieux comprendre ce bout de phrase du chef Zerbo : « j’ai dit aux services de renseignement ivoiriens ce qu’ils voulaient entendre ».

A la question de l’avocat, l’accusé est resté muet. Soulignant que c’est son droit, Me Kam a poursuivi ses observations en relevant aussi que dans le PV, le prévenu a dit avoir utilisé son arme. Il n’en fallait pas plus pour sortir chef Zerbo de son mutisme. « Que Me Kam me dise comment j’ai utilisé mon arme et de quel type d’arme s’agit-il ? », a-t-il réagi. « Si tu veux que je réponde à tes questions, qu’on passe un contrat.

Tu réponds à mes questions et j’en fais autant », a répliqué l’avocat. L’accusé a seulement précisé que l’arme en question est un outil de maintien d’ordre et non de guerre et que cela est mentionné dans son PV.

M.K.

FESPACO 2019 : 3 films burkinabè convoitent l’Etalon d’or du Yennenga

Le comité d’organisation du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) a animé, le vendredi 25 janvier 2019 à Ouagadougou, une conférence de presse pour présenter la liste officielle des films en compétition.

La 26e édition le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) se tiendra du 23 février au 02 mars 2019 dans la capitale burkinabè sous le thème «Mémoire et avenir des cinémas africains». La sélection officielle a permis de retenir 165 films avec plus de 100 films en compétition pour les différents prix. 20 films dont trois burkinabè partent, cette année, à la conquête de l’Etalon d’or de Yennenga. Et pour la première fois, 21 longs métrages, des documentaires de création vont compétir également pour l’Etalon d’or de leur catégorie. 20 000 spectateurs sont attendus à la cérémonie d’ouverture.

Le contenu de la 26e édition de la biennale a été présenté aux hommes et femmes de médias.

Quant à ce 26e rendez-vous, et par ailleurs 50e anniversaire du FESPACO, il verra la participation d’environ 3000 professionnels des métiers du cinéma, plus de 40 exposants, 500 visiteurs professionnels, etc. Ces informations ont été données, à la presse, par le comité national d’organisation de la biennale, le vendredi 25 janvier 2019 dans la capitale burkinabè, au cours d’une rencontre. Le délégué général (DG) du FESPACO, Ardjouma Soma a annoncé, en outre, l’ouverture d’une soixantaine de stands promotionnels, et l’inscription d’une centaine de films au marché international du cinéma et de la télévision africains (MICA).

L’ambition, selon lui, est d’offrir un espace de mise en valeur de talents, et de partage d’expériences du « présent et de l’avenir » du 7e art de tout un continent. Cependant, des compétitions réservées aux films de réalisateurs de la diaspora, a indiqué M. Soma, sont prévues. Il a, par ailleurs, informé que le FESPACO 2019 connaitra la présence d’invités d’honneurs, invités spéciaux, des célébrités et des artistes musiciens. « Pour la commémoration des 50 ans de l’évènement, Le Rwanda sera le pays invité d’honneur », a-t-il conclu.

Marthe ZONGO
(stagiaire)


Encadré 1 : Les films retenus pour l’Etalon d’or

N° Titr Réalisateur (trice)
Nom et prénoms Pays
1     FIVE FINGERS FOR MARSEILLES Michael MATTHEWS Afrique du Sud
2     SEW THE WINTER TO MY SKIN Qubeka   JAHMIL X.T Afrique du Sud
3     ILA AKHIR EZZAMAN (JUSQU’A LA FIN DES TEMPS) Yasmine CHOUIKH Algérie
4     DESRANCES  Apolline TRAORE Burkina Faso
5     DUGA

(LES CHAROGNARDS)

Abdoulaye DAO/ Hervé Eric LENGANI Burkina Faso
6     HAKILITAN

(MEMOIRE EN FUITE)

Issiaka KONATE Burkina Faso
7     MIRACULOUS WEAPONS

(LES ARMES MIRACULEUSES)

Jean-Pierre BEKOLO Cameroun
8     RESOLUTION   Boris OUE/ Marcel SAGNE Côte d’Ivoire
9     KARMA Khaled

YOUSSEF

Egypte
10    KETEKE  Peter SEDUFIA Ghana
11    RAFIKI  Wanuri KAHUI Kenya
12    BARKOMO

(LA GROTTE) 

Aboubacar Bablé DRABA & Boucary OMBOTIMBÉ Mali
13    INDIGO  Selma BARGACH Maroc
14    MABATA BATA Joao Luis SOL DE CARVALHO Mozambique
15    HAKKUNDE Oluseyi Asurf AMUWA Nigeria
16    THE MERCY OF THE JUNGLE Joel KAREKEZI Rwanda
17    AKASHA Hajooj  KUKA Soudan
18    T-JUNCTION Amil SHIVJI Tanzanie
19    FATWA Mahmoud BEN MAHMOUD Tunisie
20    REGARDE-MOI

(LOOK AT ME)

Nejib BELKADHI Tunisie

Source: FESPACO

Formation internationale en droits de l’Homme : L’ENAM célèbre son premier crû

L’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM) a clos, le samedi 26 janvier 2019, la session de formation en droit international des droits de l’Homme qu’elle a organisée en collaboration avec l’institut international des droits de l’Homme de Strasbourg, René Cassin. 147 participants ont été enregistrés et 103 certifiés à l’issue de l’examen.

La première collaboration entre l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM) et la fondation René Cassin de Strasbourg s’étant montrée « concluante », les deux instituts envisagent un partenariat pour la formation délocalisée en droit internationale des droits de l’Homme. En effet, l’établissement de formation de cadres burkinabè a abrité, du 21 au 26 janvier 2019, une formation de participants (147) en provenance de 16 pays d’Afrique sub-saharienne et d’Haïti.

A l’occasion de la cérémonie de clôture de ce séminaire, le 26 janvier à Ouagadougou, le directeur de la Fondation strasbourgeoise, Sébastien Touzé s’est réjoui du « francs succès » de cette initiative. Séance tenante, il a annoncé son intention de proposer une convention avec l’ENAM pour pérenniser la collaboration entre les deux instituts. Il s’est aussi satisfait des résultats obtenus qui ont vu 103 participants obtenir la certification sur les 145 qui ont pris part au test.

Cette session organisée à l’ENAM a enregistré, le nombre record de 147 participants aux sessions délocalisées de la fondation René Cassin.

42 autres recevront des attestations de participation. Ayant obtenu une mention spéciale du jury, Laure Léone Yaméogo bénéficiera d’une bourse d’études à l’instar des 2 majors ex aequo de la session de formation (Boukaré Sawadogo et Loué Waka). Le porte-parole des bénéficiaires, Abdou Djibo du Niger a loué les contenus des modules que ses camarades et lui ont trouvé excellents.

Il a donc remercié les formateurs qui étaient tous des universitaires. S’appuyant sur le contenu de l’un d’eux, le porte-parole a relayé auprès des autorités politiques de la sous-région, l’espoir des participants que le problème sécuritaire du sahel peut être résolu. Mais pour cela, a-t-il dit, il y a lieu que les responsables de ces différents pays créent les conditions de l’ancrage démocratique dans leurs Etats, et favorisent la création de grands ensembles. En cela, la création du G5 Sahel est un exemple probant à leur avis.

Le Directeur général (DG) de l’ENAM, Awalou Ouédraogo s’est réjoui de la profondeur des débats et de l’assiduité des séminaristes tout le long de la formation. Se félicitant pour les résultats de cette session, il a noté, le point de départ d’une collaboration qui va redonner vie, a-t-il estimé, à l’idéal de René Cassin au sein de l’école d’administration du Burkina Faso. Il a par ailleurs invité les étudiants à poursuivre les questionnements sur les assises de l’Etat sur la base de la légalité.

Ancien pensionnaire de l’institut René Cassin à Strasbourg et présenté comme l’initiateur de cette session délocalisée, le ministre de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale, Pr Séni Ouédraogo a déclaré sa disponibilité pour accompagner les sessions de formation de la Fondation de sorte que « Ouaga comme d’autres villes africaines soit la terre des droits de l’homme ». Cette première session à l’ENAM était axée sur la problématique de la criminalité transnationale organisée.

Fabé Mamadou OUATTARA

Santé publique : Le CMA Paul VI érigé en hôpital

Une messe d’action de grâces a été organisée, le vendredi 25 janvier 2019 au CMA Paul VI de Ouagadougou, dans le cadre de la commémoration du 1er anniversaire de la canonisation du pape Paul VI.

Les fidèles catholiques sont toujours contents de la canonisation du Pape Paul VI. A cet effet, une messe d’action de grâces a été célébrée, le vendredi 25 janvier 2019 à l’hôpital Paul VI par Monseigneur Léopold Ouédraogo, évêque auxiliaire de Ouagadougou, pour rendre grâce au Seigneur pour la canonisation du Pape Paul VI, le 14 octobre 2018. A cet effet, quatre évènements ont marqué cette célébration.

Il s’agit de la décoration de dix employés du centre médical, le passage du Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) en hôpital Paul VI, la présentation de vœux de nouvel an du personnel et la remise de certificats a certains agents. Selon le directeur de l’hôpital, Paul VI Abbé Damien Sandwidi, le passage du centre en hôpital a entraîné plusieurs changements dont l’acquisition de nouveaux matériels de soin, la construction de nouveaux locaux, l’amélioration du traitement salarial du personnel et l’élargissement de la prise en charge des patients. Il a soutenu que de nombreux changements positifs ont été salués par l’ensemble du corps pastoral et apprécié par le personnel.

Le passage au statut d’hôpital a été un grand acte ayant permis la décoration de plusieurs employés qui ont brillé de par leur savoir-faire. 10 personnes ont été faites chevaliers de l’Ordre de mérite burkinabè, a expliqué l’Abbé Damien Sandwidi. Mgr Léopold Médard Ouédraogo, dans son homélie, a rappelé la mission du défunt Pape qui, pour lui, a été « un grand apôtre des nations, mais aussi pour les malades ». S’agissant de la vie de ce dernier, il a déclaré: « le Pape Saint Paul VI est celui-là qui a été mal compris. Mais, les évènements après sa mort ont confirmé qu’il était agréé de Dieu ».

Pour donner un sens à tout cela, Mgr Léopold a laissé entendre que Paul VI est l’un des papes qui se sont opposés à l’avortement, mais qui, a été mal compris par ses contemporains, un fait qui va l’isoler jusqu’à sa mort. Par ailleurs, a-t-il lancé, « sa mort sera suivie par des miracles divers, témoignant de sa sainteté ». Et ce sont ces divers miracles qui ont concouru à sa canonisation en 2018, faisant de lui, l’un des saints de l’Eglise. La construction de ce centre médical a été financée par le Pape Paul VI et ses amis d’Italie, sous l’ère du Cardinal Paul Zoungrana.

Ce centre de santé a évolué avec le temps et aujourd’hui, il est classé parmi les centres hospitaliers les plus fréquentés de la capitale burkinabè, a-t-il conclu. Profitant de la messe d’action de grâce, les responsables de l’hôpital Paul VI ont exprimé leur joie pour le passage du statut de CMA à celui d’hôpital. Conscients du travail qui les attend, ils se sont dits prêts à suivre leur saint patron pour servir les patients.

Valentin Kaboré

Enregistrement de l’état civil : « iCivil » séduit les congolais

Une délégation de la République démocratique du Congo en visite à Ouagadougou a découvert, ce mercredi 23 janvier 2019, la plateforme numérique d’établissement d’état civil « iCivil ».

La trouvaille Burkinabè d’enregistrement des actes d’état civil suscite engouement et curiosité. Plusieurs organismes et pays se succèdent au Burkina Faso pour découvrir cette « révolution nommée « iCivil » ». Ce mercredi 23 janvier 2019, c’est une délégation d’experts congolais (RD) qui a constaté de visu les solutions technologiques de la plateforme « Made in Burkina ». A la maternité du Centre médical Schiphra qui a maintenu la technologie au terme de la phase pilote, les émissaires du Congo ont pu découvrir le processus d’enregistrement des naissances qui a permis de déclarer l’existence légale de plus de 2 700 nourrissons depuis août 2015. « Cette technologie a allégé notre travail, c’est rapide et précis. Cela a aussi favorisé l’affluence vers nos services », s’en est réjoui Anne Compaoré, coordonnatrice de la maternité Schiphra. Concrètement, un « code à bulle » est intégré sur un bracelet, porté à chaque nouveau né. Les sages-femmes flashent le bracelet avec un Smartphone, les données sont ensuite envoyées via SMS crypté au Serveur du Centre national d’état civil.

« A base d’un identifiant unique que l’on donne au bébé dès la maternité qui va le suivre tout au long de sa vie, et qui va permettre de construire un registre national d’état civil de façon numérique », a expliqué Adama Sawadogo, architecte et concepteur de la solution « iCivil ». De quoi charmer la délégation congolaise qui voit en l’application mobile la solution aux « sérieux problèmes pour établir les actes d’état civil» en République démocratique du Congo. Le séjour congolais au « pays des Hommes intègres vise à capitaliser les pratiques « positives » du Burkina, grâce au « iCivil ». « Le Burkina est en train de faire une approche très positive qui sera d’une grande nécessité pour notre pays. iCivil va nous faciliter beaucoup de choses. Elle sera donc la bienvenue dans notre pays », a estimé Dr Lusikila-Nsamba Chantal Emérence, cheffe de division en charge de la Famille et de la coordination des faits d’état civil. De retour au bercail, un rapport sera dressé et transmis aux autorités qui, a espéré Dr Lusikila-Nsamba, vont mettre les bactéries en marche pour que le pays acquiert le plus tôt possible la plateforme « iCivil ».

D. S.

 

Inoussa Bambara, le jeune migrant retourné au bercail

Le rêve d’Inoussa Bambara,  était d’aller à l’aventure loin du pays des Hommes Intègres. L’Italie est la première destination identifiée par le jeune homme. Malheureusement il est bloqué à l’aéroport pour visa non conforme. En 2005, il réussit  à migrer en Pennsylvanie. De retour au pays natal, il est aujourd’hui propriétaire de plusieurs alimentations. Allons à la rencontre de ce jeune.

Célibataire,  Inoussa  jeune boutiquier installé au quartier Patte d’oie à Ouagadougou caressait le rêve de quitter sa terre natale pour d’autres horizons

Ainsi  en 2005, le jeune Inoussa Bambara, alors âgé de 28 ans va accomplir ce rêve. « Je suis descendu à New York et j’y ai fait 72 heures avant d’aller en Pennsylvanie ».

La Pennsylvanie est un État du nord-est des États-Unis avec un climat continental humide, caractérisé par un été chaud et légèrement humide et un hiver froid. La température en été tourne aux alentours de 21 °C, tandis qu’en hiver, il est de 0°C. Cette situation n’est pas sans effet sur la vie du jeune Inoussa et il raconte. « Connaissez-vous les palettes sur lesquelles on pose les marchandises ? Pour nous, elles sont encore plus lourdes. Je peux réparer 200 palettes par jour puisque les sociétés paient les marchandises sur les palettes et en voulant amener les produits dans certaines sociétés, il y a des bois qui se cassent et c’est cela que je dois remplacer ». Et de préciser : «Je travaille à moins 19°C et ma sueur coule. Et gare à toi si tu arrêtes de travailler. Saviez-vous pourquoi ? Ce n’est pas parce que le patron est méchant mais, parce qu’une fois que tu arrêtes de travailler, tu vas prendre froid et ne plus pouvoir reprendre du service. Tu peux trépasser. Il faut donc continuer à taper pour rester chaud. A la vue de la nature du travail, il n’est pas conseillé de mettre le chauffage dans la société ».

Après cinq années de dur labeur, le jeune burkinabè de la Pennsylvanie décide de rentrer au pays. Et pour quelle raison ? Le problème de la solitude.  « L’ordinateur est devenu mon ami. Après mes journées de travail, je n’ai personne avec qui causé. Regarder le football, les informations du pays et parfois prendre 20 dollars qui ne sont pas petit pour prendre des unités et appeler certains amis du quartier, la famille pour au moins discuter », a-t-il laissé entendre.

« Partir, c’est mourir un peu », disait un poète et romancier français, et les migrants  ne l’apprennent que quand ils veulent retourner au pays. « Lorsque j’ai décidé de rentrer, le président de la communauté burkinabé de Pennsylvanie m’a demandé si j’avais le courage et les moyens nécessaires pour rentrer au pays ? »

En  2010,  Inoussa Bambara foula de nouveau le sol de ses ancêtres avec plein d’ambitions. Aujourd’hui, âgé de 41 ans, il est propriétaire d’une entreprise alimentaire dénommé « Alimentation Le Privilège ». Jouxte à gauche de l’alimentation, il a construit un immeuble R+3 baptisé « Pennsylvanie ». « Cette ville m’a forgé et m’a permis d’être ce que je suis aujourd’hui, je lui dédie ce bâtiment», affirme monsieur Bambara. Grâce à son dévouement, il a ouvert trois autres alimentations dans la ville de Ouagadougou dont la gestion est confiée à ses frères.

Inoussa Bambara est marié et père de trois filles et a plus de dix agents commerciaux qui l’aide dans son business. Rigueur dans le travail, ponctualité, courage, persévérance et abnégation sont les richesses qu’il a acquises à l’étranger et qu’il met à profit dans son pays et avec ses compatriotes restés au Faso.

Aujourd’hui, son ambition est d’évoluer dans l’immobilier.

Bien qu’il soit à l’aise, la Pennsylvanie ne le quitte pas. « Je ne peux pas faire dix nuits sans rêver des Etats unis, la nostalgie de la Pennsylvanie », souligne- t-il.

Wamini Micheline OUEDRAOGO

 

 

La dernière nuit de Khadafi

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L’écrivain algérien Yasmina Khadra raconte, dans son roman “La dernière nuit du Raïs”, les derniers instants du guide libyen Mouammar Kadhafi dans la nuit du 19 au 20 octobre 2011, à Syrte, la ville de son adolescence.

Réfugié dans une école de Syrte, la ville de son adolescence, Mouammar Kadhafi, entre cauchemar, rêve et réalité, attend entouré de ses derniers fidèles de partir se cacher dans un lieu plus sûr. Dans un discours qui frôle le délire, il tente de se raccrocher aux croyances qui l’ont mené au plus haut. C’est la trame du roman “La dernière nuit du Raïs” de l’écrivain algérien Yasmina Khadra. L’histoire se déroule dans la nuit du 19 au 20 octobre 2011. L’auteur narre les faits de manière chronologique, entrecoupée avec en toile de fonds des épisodes de la jeunesse de Khadafi et des pensées amères du dirigeant envers son peuple. “Longtemps j’ai cru incarner une nation et mettre les puissants de ce monde à genoux. J’étais la légende faite homme.

Les idoles et les poètes me mangeaient dans la main. Aujourd’hui, je n’ai à léguer à mes héritiers que ce livre qui relate les dernières heures de ma fabuleuse existence. Lequel, du visionnaire tyrannique ou du Bédouin indomptable, l’Histoire retiendra-t-elle ? Pour moi, la question ne se pose même pas puisque l’on n’est que ce que les autres voudraient que l’on soit”, s’épanche le guide libyen, dans une sorte de soliloque intérieur. Plus loin, Kadhafi tombe des nues lorsqu’il réalise à nouveau l’ingratitude et la traitrise de son peuple pour lequel il a tout donné. “J’étais son sésame; il me flattait pour que je lui tienne la chandelle pendant qu’il s’empiffrait à mes frais. J’ai fait d’une minable populace une nation heureuse et prospère, et voilà comme on me remercie”, fulmine-t-il. Au fil des pages, Yasmina Khadra conduit ainsi le lecteur aux confins de la tête de l’un des dirigeants les plus emblématiques et mégalomanes qu’ait connu l’Afrique.

Plus qu’une véritable biographie, il décrit les états d’âme d’un homme qui se voulait dieu, le délire d’un paranoïaque sanguinaire. Les pensées de Kadhafi, sous la plume de Khadra, sont également symptomatiques des tyrans et autres pères fondateurs classiques. Il ressort, en effet, de son récit que Mouammar Kadhafi, appelé “frère Guide”, est quelqu’un d’inflexible, qui se sent investi d’une mission divine (“Je suis celui par qui le salut arrive”) et qui n’apprécie pas d’être contredit. Ceux qui s’y hasardent, écrit l’auteur algérien, s’exposent soit à la prison, soit à la mort. Khadra lui attribue d’ailleurs cette pensée: “Ma colère est une thérapie pour celui qui la subit, mon silence est une ascèse pour celui qui le médite.” Pour lui, Kadhafi est un pur tyran et un tyran pur. Son comportement avec les femmes est assez révélateur de cet état de fait : “Il y en avait qui résistaient ; j’adorais les conquérir comme des contrées rebelles. Lorsqu’elles cédaient, terrassées à mes pieds, je prenais conscience de l’étendue de ma souveraineté et mon orgasme supplantait le nirvana”… A travers cette plongée vertigineuse dans la tête d’un tyran sanguinaire, Yasmina Khadra tente de dresser le portrait universel de tous les dictateurs déchus et dévoile, par ricochet, les ressorts les plus secrets de la barbarie humaine.

Aubin W. NANA