Voiries à Ouagadougou: l’étude technique de 145 km de route lancée

Le maire de la commune de Ouagadougou, Armand Pierre Béouindé, a lancé, le 14 janvier 2019, les études techniques d’aménagement et de bitumage de 145 kilomètres de rues dans la ville de Ouagadougou.

Les études vont porter sur 145 km de voiries dans les 12 arrondissements
de la capitale.

87 voies identifiées dans 43 secteurs des 12 arrondissements de la ville de Ouagadougou devraient bénéficier d’un aménagement et du bitume. Mais en attendant, la commune est dans la phase des études techniques. Ainsi, le lundi 14 janvier 2019, le maire de la capitale a donné son quitus pour le démarrage des travaux d’aménagement de 145 kilomètres. Dans les arrondissements n° 1, 2, 3, 4, 8 et 9, les prospections porteront sur 71,255 km contre 73,815 km pour les arrondissements n° 5, 6, 7, 10, 11 et 12. D’un coût total de 831 468 120 F CFA, ces études sont financées entièrement par le budget communal, foi du maire Béouindé. Il a soutenu que ce programme s’inscrit dans les objectifs spécifiques 3 et 4 du Plan national de développement économique et social (PNDES). «L’expansion spatiale et démographique conjuguée avec la dégradation de notre réseau routier rendent périlleux, le déplacement dans la ville», a-t-il dit. Le maire a interpellé les deux bureaux en charge des études au respect des termes des contrats.

«J’invite les différentes structures notamment les directions et services municipaux de l’Etat, les arrondissements bénéficiaires, les concessionnaires et l’ensemble des acteurs concernés à ne ménager aucun effort pour fournir aux équipes des consultants, l’assistance et la documentation nécessaires en vue de faciliter la bonne exécution de la mission», a-t-il déclaré.

Outre ces infrastructures, Armand Pierre Béouindé a annoncé la réalisation d’autres actions. Parmi celles-ci, la régulation du trafic routier par l’instauration des sens uniques de circulation, l’optimisation des carrefours à feux, le renforcement du transport en commun par l’extension du réseau de bus et le développement de centralités secondaires par l’implantation d’équipements publics de forte fréquentation dans les quartiers périphériques.

Gaspard BAYALA

Commune de Ouagadougou: des archivistes à l’école de la numérisation

La Commune de Ouagadougou, en partenariat avec le département de l’Aude en France, organise du 14 au 18 janvier 2019 à Ouagadougou, une formation sur l’archivage des documents au profit des archivistes.

Les difficultés de conservation des archives de la commune de Ouagadougou relèvent désormais du passé, grâce au département de l’Aude en France avec qui, elle est en partenariat. En effet, dans le cadre de cette collaboration, la commune de Ouagadougou organise du 14 au 18 janvier 2019, une formation au profit des archivistes des collectivités. Selon la formatrice, Christine Martinez, il s’agit, au cours de ces jours de formation, de travailler sur les bases de l’archivage, de maîtriser la méthodologie de l’audit. La formation, de son avis, se fait en plénière avec des groupes de travail.

A travers cette session, les archivistes des collectivités, a-t-elle poursuivi, échangeront sur les techniques de l’audit de sorte à poser eux-mêmes un diagnostic des archives et de faire des recommandations aux autorités en vue d’un accompagnement de projets de remise en état des archives.

En sus, la formation, à entendre le représentant du département de l’Aude, Nicolas Cimbaro, sera suivie de la mise en place de projet. «Ce qui permettra d’avoir un échange continue entre les services du département de l’Aude et ceux du Burkina ; l’’ensemble coordonné par un collègue sur place dans la commune», a-t-elle souligné. Pour le représentant du maire de la commune de Ouagadougou, Adeline Yaméogo Naré, cette formation sur l’archivage sera l’occasion de revoir la gestion et la numérisation des archives. «C’est donc un plus apporté aux archivistes en vue de mieux gérer les documents de la commune», a-t-elle indiqué. Pour Nicolas Cimbaro, cette formation n’est qu’une première étape de renforcement des capacités de ces services. «L’action sera suivie à distance, car le but de la coopération est d’échanger des expériences entre les professionnels de l’Aude et ceux du Burkina.

La collaboration est fondée sur 4 axes de développement archivistique que sont les méthodes de gestion, le classement, l’audit et la diffusion des résultats de la coopération. A cet effet, une action de médiation culturelle avec des artistes pour monter une pièce de théâtre sur l’intérêt des archives et l’histoire de la France est au rendez-vous». En rappel, c’est depuis 1999 que le mariage entre la commune de Ouagadougou et le département de l’Aude a été signé.

Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com

Secteur privé: le président du Faso reçoit le rapport d’activités de la CCI-BF

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu en audience, une délégation de la Chambre de commerce d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), le samedi 12 janvier 2019, à sa résidence privée à Ouagadougou.

Malgré les remous sociaux qui ont perturbé l’activité économique au Burkina Faso en 2018, le secteur privé a enregistré des résultats qualitatifs. En effet, selon les estimations de la Chambre de commerce d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), 12 450 nouvelles entreprises ont été créées. Les emplois formels créés sont estimés à 124 600, avec une contribution aux recettes fiscales et douanières à hauteur de 1400 milliards F CFA contre 1248 milliards F CFA en 2017. Ces informations ont été portées à la connaissance du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, au cours d’une audience qu’il a accordée aux hommes d’affaires du pays des Hommes intègres, le samedi 12 janvier 2019 à sa résidence privée à Ouagadougou. La délégation conduite par le président de la CCI-BF, Mahamadi Sawadogo, était composée des membres du bureau consulaire, de présidents de commissions, de membres d’honneur, de chargés de mission.

A ceux-ci s’ajoutent des présidents de structures d’appui au secteur privé à savoir : le patronat, la maison de l’Entreprise du Burkina Faso et la Chambre des métiers de l’artisanat. «Cette délégation constitue également un échantillon représentatif de notre secteur privé qui, faut-il le rappeler, contribue selon l’Institut national de statistique et de la démographie, pour 70% dans la formation du Produit intérieur brut et emploie plus d’un million de personnes non agricoles», a expliqué Mahamadi Sawadogo. Le chef de la délégation a au cours des échanges, remercié le président Roch Marc Christian Kaboré pour le rétablissement des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine.

Le sens d’écoute des préoccupations

Toute chose qui témoigne de son avis, le sens d’écoute des préoccupations du secteur privé. Pour lui, cette branche de l’économie burkinabè a noté d’importantes réformes prises par le gouvernement, tant du point législatif que réglementaire. Il a également apprécié les efforts du gouvernement dans l’offre de marchés publics aux entrepreneurs et de nombreux chantiers qui sont ouverts en matière de routes, de barrages, de forages, d’écoles, de centres de santé. Le président de la CCI-BF a par ailleurs attiré l’attention du locataire de Kosyam sur la nécessité d’adopter des textes portant alliances stratégiques pour une concurrence saine et loyale afin que cette ouverture ne soit pas source de mortalité des entreprises burkinabè.

«Aussi, le secteur privé souhaite une évolution de la législation dans le cadre de la mise en œuvre de projets structurants d’infrastructures pour s’assurer que les entreprises nationales continuent de se maintenir sur le marché national et régional», a-t-il plaidé. Tout en s’engageant à continuer à contribuer pour l’éducation au civisme fiscal afin de dégager les ressources nécessaires au développement du pays, Mahamadi Sawadogo a rassuré le président du Faso que la CCI-BF apportera toujours sa contribution pour accompagner le gouvernement dans la conduite des affaires.

La délégation a également été reçue le même jour par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, avec qui, elle a fait le point des activités du secteur privé. Le président de la CCI-BF a remercié le chef du gouvernement pour avoir toujours su trouver les mots justes pour redonner confiance au secteur privé. «Cela se vérifie par le niveau de réalisation des actions de la matrice des réformes stratégiques et des investissements structurants du Plan national de développement économique et social», a-t-il déclaré. Mahamadi Sawadogo a également promis au Premier ministre l’engagement de la CCI-BF à l’accompagner dans le développement du Burkina Faso.

Paténéma Oumar
OUEDRAOGO
pathenema@yahoo.fr

Drame de Nafona Un «lynchage lâche», selon l’UNAPOL

L’Union police nationale (UNAPOL) a animé une conférence de presse, le lundi 14 janvier 2019 à Ouagadougou, sur le drame de Nafona qui a causé la mort de trois personnes dont deux policiers.

Le village de Nafona dans la province de la Comoé, a été le théâtre d’un drame, le samedi 12 janvier 2019 causant la mort de trois personnes dont deux policiers et un civil. Pour décrier cet acte «inhumain», l’Union police nationale (UNAPOL) a animé une conférence de presse, le lundi 14 janvier 2019 à Ouagadougou. A cette occasion, le Secrétaire général (SG) du syndicat de la police nationale, Bonsdawendé Armihayo Zongo, a fermement condamné les comportements «barbares et inhumains» des populations de Nafona envers les policiers. «Dans le contexte sécuritaire aussi délétère qu’inquiétant, la population doit être un appui pour les forces de l’ordre dans la lutte contre le terrorisme et non un problème de plus à gérer», a-t-il laissé entendre.

Pour lui, le peuple ne peut demander à la police de lui assurer la sécurité pendant qu’il lynche «lâchement et sauvagement» des policiers en mission. Vu les risques que comportent le métier, il appartient cependant au gouvernement de donner des moyens qui siéent pour réduire ces menaces afin de permettre aux policiers d’aller combattre les terroristes et revenir sains et saufs, a-t-il indiqué. Par ailleurs, le SG a non seulement dénoncé «le mauvais traitement» des policiers qui sont généralement envoyés en mission sans aucune protection, mais aussi et surtout «l’abandon» du corps par les autorités compétentes. M. Zongo a ainsi saisi l’opportunité pour rappeler que malgré les multiples interpellations et alertes faites par le syndicat, «les policiers sont orphelins». «Les résultats des policiers sur le terrain de la sécurité méritent plus de reconnaissance et de respect de la part du gouvernement», a-t-il conclu.

Marthe ZONGO
(stagiaire)

Procès du putsch La défense «prouve» l’innocence de Bassolé

Les avocats du général Djibrill Bassolé ont pris le temps de démonter les arguments de l’accusation et les charges qui pèsent sur celui qui est considéré comme l’un des cerveaux du putsch de septembre 2015. C’était à l’audience du lundi 14 janvier 2019 au tribunal militaire.

Si le général Djibrill Bassolé ne se donne plus la peine de répondre à certains avocats de la partie civile, c’est parce qu’il estime que le procès du putsch de septembre 2015 est hors norme, en ce qu’il porte des relents politiques. L’accusé l’a témoigné à l’un de ses avocats, Me Antoinette Ouédraogo, le 14 janvier 2019 pendant qu’il était encore à la barre du tribunal militaire. Mais avant que la parole ne soit donnée à la défense, la partie civile a fini de dire ce qu’elle pensait de l’implication de l’accusé et de son attitude à la barre.

Par exemple, le général ayant, lors de l’audience du 9 janvier, dénoncé l’effet dévastateur du procès du putsch sur la sérénité au sein des troupes militaires, Me Séraphin Somé a répondu, ce lundi, que les maux de la grande muette burkinabè datent de longtemps et que c’est d’ailleurs le système que l’accusé lui-même a servi qui a inoculé ses maladies à l’armée. Puis, analysant les « solutions » que Bassolé aurait préconisées s’il avait voix au chapitre, l’avocat de victimes s’est indigné. «On tente de manière indécente de faire l’apologie de l’impunité au Burkina … Une autre conception qui n’est pas à son honneur, c’est de dire qu’avec l’argent on règle tout», a-t-il déploré.

Quand ses avocats ont eu droit à la parole, le général a précisé le fonds de sa pensée. Ainsi pour lui, ayant été acteur et témoin du rôle que l’armée a joué dans les grands événements qui ont jalonné l’histoire du Burkina Faso, Djibrill Bassolé a indiqué qu’il serait mieux indiqué que les différents généraux du pays (Diendéré, Nabéré Traoré, Zagré, membres de la CRAD) se retrouvent dans un processus de dialogue. Convaincu qu’un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès, il estime que ce processus de dialogue aboutirait à une conclusion plus heureuse que les inimitiés exacerbées à travers ce procès. Ses avocats, quant à eux, ont battu en brèche la série d’arguments développés par l’accusation. Me Antoinette Ouédraogo a ainsi expliqué que leur recours devant la Cour de justice de la CEDEAO (que la partie civile a exploitée pour prétendre que la défense de Bassolé a reconnu les écoutes) est intervenu en 2015, avant qu’un certain nombre d’éléments du dossier ne soit connu.

A l’entendre, c’est lors des premiers interrogatoires du général par le juge d’instruction que ses conseils ont soupçonné que l’un ou l’autre avait été écouté et que par conséquent la vie privée de leur client a été violée. En effet, selon les propos de l’avocate, à cette époque, le juge d’instruction a interrogé le général sur le contenu des conversations qu’il aurait eues avec une certaine Bénédicte Jean Bi-Ila et le commandant Paul Sandaogo Damiba. « Nous ne savions pas que les éléments découlaient d’écoutes téléphoniques lorsqu’on déposait notre requête le 14 janvier devant la Cour de justice de la CEDEAO», a-t-elle indiqué.

A fond dans les écoutes téléphoniques

Par ailleurs, à propos de la régularité des écoutes, devenue une ritournelle depuis que Bassolé est à la barre, Me Antoinette Ouédraogo, s’appuyant sur des PV d’audition de ministres de la Transition, a soutenu que les éléments sonores existaient dès le 25 septembre 2015. Certains, dont le Premier ministre, Yacouba Isaac Zida, s’étaient même prononcés publiquement sur les écoutes.

«On ne peut me faire penser que ce ne sont pas ces mêmes éléments sonores qui sont reprochés à Bassolé. Ces éléments étaient déjà disponibles le 25 septembre alors qu’à cette date, aucune juridiction n’avait été saisie. Comment ne pas penser qu’ils ont été fabriqués et manipulés» ? a-t-elle analysé. Et dans la même logique, elle a soutenu que les échanges de mails entre l’expert allemand, Künzel et le juge d’instruction laissent entrevoir que les éléments sonores proviennent des services de renseignement et n’ont donc aucune valeur judiciaire.

« Ce qui est indécent, c’est de prendre une pièce obtenue de façon illicite pour condamner un individu. C’est ce qui est scandaleux … Quel crédit accorder à des éléments sonores apportés par une partie au procès ? », a-t-elle demandé au tribunal. Sa consœur Mireille Barry, va également appuyer sur les irrégularités des actes de la procédure engagée contre leur client. En effet, cette dernière a fait remarquer que le général Bassolé a été mis en examen dès le 25 septembre alors qu’on dit que les conversations datent du 27 septembre à 22h 11.

«La cabale contre Djibrill Bassolé entrait dans la volonté des politiques en place, de neutraliser des adversaires », a soutenu Me Barry pour qui, la légalité qu’on leur impose découle de la position du pouvoir. «Celui qui a le pouvoir du moment détermine ce qu’est la légalité», a-t-elle ajouté, invitant le président du tribunal à ne pas répondre à la pression des parties civiles et de l’opinion. Beaucoup plus processuel, Me Dieudonné Bonkoungou a reproché au parquet de n’être pas encore parvenu à établir les éléments matériels de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat et de trahison imputables au général Bassolé.

«A écouter l’accusation, tout se résume à des écoutes téléphoniques », a-t-il résumé. Et le conseil sénégalais de l’accusé, Me Yerim Thiam d’entrer dans les débats sur les écoutes, passant une bonne partie de l’après-midi à lire la retranscription de la conversation prêtée à Guillaume Soro et au général Bassolé. Il a donné lecture seulement de ce que le général a dit et qui, selon ce qu’il a lu, consiste en des «hummm ; oui oui ; c’est vrai». L’avocat s’est donc demandé si ces onomatopées suffisent à établir la culpabilité d’une personne. L’audience reprend ce mardi avec la parole toujours à Me Thiam.

Fabé Mamadou
OUATTARA

Drogues par injection et SIDA: prendre en charge les groupes vulnérables

Malgré les efforts de lutte contre le virus du SIDA, l’Afrique subsaharienne reste la région du monde la plus affectée par l’épidémie. Bien que les tendances donnent une stabilité de la maladie, le nombre de nouvelles contaminations continue à excéder celui des personnes mises sous traitement antirétroviral.

«L’abus de drogues est pour la génération présente et à venir une menace aussi sérieuse qu’a été la peste qui a dévastée plusieurs parties du monde », disait l’ancien secrétaire général des Nations unies, Javier Perez De Cuellar. Cette assertion prouve la gravité de la situation, au regard du nombre croissant de personnes qui se droguent par injection. Ce « mode de consommation » comporte des risques élevés de contaminations de plusieurs maladies, dont le virus du SIDA. En effet, selon les données de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), en 2013, sur 27 millions d’usagers de drogues, près de la moitié consommeraient ces substances par injection. Et parmi cette population, 1,65 millions seraient atteints du VIH. En Afrique subsaharienne, les données disponibles concernent 13 pays sur 47. Il ressort des enquêtes du Programme régional de réduction des risques VIH/TB et autres co-morbidités et promotion des droits humains auprès des Consommateurs de drogues injectables en Afrique

de l’Ouest (PARECO), que sur 1 778 500 consommateurs de drogues utilisant l’injection, environ 221 000 seraient séropositifs à l’infection par le VIH. De l’avis du chargé de Programme, Dr Hubert Traoré, il y a un impact disproportionné sur les Professionnelles du sexe (PS), les Hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), les détenus et les Consommateurs de drogues injectables (CDI). « Les drogues sont une réalité au Burkina Faso et il y a des consommateurs de drogues injectables. Lors de nos sorties par exemple, en une année, nous avons pu dénombrer environ 1275 consommateurs de drogues injectables dont des femmes à Ouagadougou », a-t-il soutenu. Et d’ajouter : « Quand vous prenez des seringues ou vous vous les passez pour vous administrer de la drogue, il y a des risques d’infections (VIH et autres infections cutanées et vasculaires) et même d’overdose. Ces consommateurs de drogues qui vivent le plus souvent dans des milieux insalubres, comme les ghettos, peuvent se transmettre plusieurs maladies comme la tuberculose et l’hépatite, notamment en se passant les embouts de pipe et en respirant dans le même environnement ».

Par ailleurs, se référant à d’autres pays de la sous-région, Dr Traoré a fait comprendre que l’hépatite C est un réel problème de santé parmi les CDI à Dakar (23,3% pour une prévalence nationale inférieure à 2%). Aussi, plus de la moitié des CDI avaient des antécédents d’incarcération dont 61,9% au Sénégal et 61,5% en Côte d’Ivoire. Pourtant, depuis plusieurs années, l’ONUDC tire la sonnette d’alarme sur le poids croissant du trafic de narcotique en Afrique et sur ses graves conséquences sociales, politiques et sanitaires. Force est de reconnaître que l’Afrique est aujourd’hui une terre de transit privilégiée du trafic d’héroïne et de cocaïne.

Promouvoir la méthode RdR

L’héroïne, originaire d’Asie, transite vers l’Europe et les Etats-Unis via l’Afrique de l’Est et l’Afrique centrale. La cocaïne transite par l’Afrique de l’Ouest. L’ONUDC rapporte la saisie de 33 tonnes de cocaïne en 2005 et estime que 27% de la cocaïne entrée en Europe en 2006 transitait par l’Afrique de l’Ouest. La cocaïne est acheminée vers l’Europe par voie maritime, aérienne et plus récemment terrestre via les réseaux précédemment dédiés au cannabis. Le transport intérieur est donc en développement, facilitant l’introduction de ces nouvelles drogues dans les corridors de transport et l’émergence de marchés locaux. La consommation de cocaïne s’est ainsi développée au Burkina Faso, au Ghana, au Nigeria, au Sénégal, en Sierra Leone, au Togo, en Guinée et en Côte d’Ivoire.

Une expansion similaire s’est aussi produite avec l’héroïne au Kenya, à l’Ile Maurice, au Mozambique, en Tanzanie et en Afrique du Sud. C’est pourquoi, Dr Hubert Traoré a suggéré la mise en place d’un réseau de tous les acteurs de la lutte contre la drogue au Burkina Faso afin de mutualiser les forces pour asseoir une véritable politique de réduction des risques liées à l’usage des drogues. Il a proposé qu’il soit adopté la méthode Réduction des risques (RdR) qui consiste à mettre l’accent sur l’un des modèles innovants qu’est « Outreach ». Il s’agit d’aller vers les CDI, les sensibiliser, leur distribuer du matériel de RdR et au besoin, les emmener vers les services de santé. Il a de ce fait souhaité que les consommateurs de drogues par injection ne soient pas rejetés ou marginalisés par la société. A ce propos, il a fait comprendre que plus de la moitié des pays dans le monde réalisent ou tolèrent les programmes RdR, car ils présentent de nombreux avantages.

La preuve, selon Dr Hubert Traoré, est que l’utilisation de la méthode RdR a permis à la Suisse, la Grande-Bretagne, l’Australie, le Népal, et l’Ukraine de diminuer considérablement voire totalement le nombre de nouvelles infections à VIH parmi les utilisateurs de drogue. Au Népal, a-t-il confié, le passage à l’échelle de la RdR entre 2002 et 2011 s’est accompagné d’une réduction de la prévalence du VIH de 68% à 6,3% parmi les consommateurs. Entre 2006 et 2016, l’Ukraine a évolué avec une diminution de 41,8% à 19,7% de prévalence du VIH.

 

Gaspard BAYALA
gaspardbayala87@gmail.com

Burkinabè, ressaisissons-nous !

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Alors que les familles endeuillées par le drame de Yirgou n’ont pas encore fini de pleurer la quarantaine de morts, le malheur a encore frappé le Burkina Faso. En effet, trois personnes, dont deux agents de police, ont trouvé la mort au cours d’une mission d’interpellation à Nafona, dans la commune de Soubakaniédougou, région des Cascades. Selon les faits, la police s’est rendue dans la localité sur ordre du procureur du Faso près le Tribunal de grande instance (TGI) de Banfora pour interpeller cinq personnes impliquées dans un conflit foncier et la situation aurait dégénéré.

Les populations, farouchement opposées à l’arrestation des intéressés, ont riposté avec gourdins, machettes, burins, cailloux, etc., tuant ainsi deux officiers de police, le commandant de Banfora et le commissaire du district de Soubakaniédougou. En attendant que la lumière soit faite sur ce drame, la succession inquiétante des événements malheureux, depuis quelques temps, au « pays des Hommes intègres » suscite de nombreuses interrogations chez bon nombre de citoyens plus que jamais troublés. Pourquoi une telle violence entre filles et fils d’un même pays? Pendant combien de temps cette série noire va-t-elle continuer à endeuiller des familles ? Quelle est la part de responsabilité de l’Etat dans la survenue de ces drames ? Si pour l’heure, il est difficile de trouver des réponses à ces questions, une chose est sûre et peu importe les raisons, rien ne peut justifier ces violences meurtrières commises par des Burkinabè sur d’autres Burkinabè.

Et l’on est en droit de s’interroger sur l’origine de cette haine viscérale que des citoyens d’un même pays vouent les uns aux autres. Cela vaut encore plus, quand il s’agit du Burkina Faso dont l’hospitalité, la cohabitation pacifique des nombreuses communautés, le courage et la force de travail ont toujours forcé l’admiration des pays voisins. Après Toéni dans la Boucle du Mouhoun, Yirgou dans le Centre-Nord, Nafona dans les Cascades, Tapoa, le week-end dernier à l’Est, les familles ont assez pleuré. Le temps est donc venu pour le gouvernement de prendre ses responsabilités en sifflant la fin de la récréation. Car, il est inadmissible de lutter contre les terroristes, des ennemis invisibles et d’avoir aussi affaire à des individus parfois connus et identifiés qui exécutent leurs propres concitoyens. Tant que ces bourreaux circuleront librement, narguant ainsi leurs victimes (si elles sont vivantes), la survenue d’autres drames de même nature est à craindre.

Et c’est ainsi que nous allons, malheureusement, tous aider l’impunité à faire son lit au Burkina Faso. Refuser de répondre à une convocation de la justice est déjà grave et, cela l’est encore plus lorsqu’un village entier se mobilise pour ôter la vie à des représentants de la loi. Au-delà de la Police nationale, c’est l’autorité de l’Etat qui est à nouveau contestée et bafouée. Quelles que soient leur dénomination et leurs capacités de nuisance, les auteurs de ces crimes commis sur des compatriotes sont assimilables à des hors-la-loi et méritent d’être traités comme tels. Malheureusement, après chaque drame, on se contente toujours des mêmes condamnations de principe et des appels au calme adressés aux populations et aux présumés coupables.

Parallèlement, il faut regretter la montée en puissance des groupes d’autodéfense, qui se livrent souvent à des pratiques contraires aux lois de la république. Ces troubles à l’ordre public avec leur lot de morts sont les preuves, si besoin en était encore, que l’autorité de l’Etat a faibli ces dernières années. Le changement tant attendu par les Burkinabè doit commencer par un changement individuel dans le comportement de chaque citoyen !

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr

Contribution à l’effort de guerre: les députés «rebelottent» avec 127 millions F CFA

L’Assemblée nationale a officiellement remis un chèque de 127 millions F CFA aux Forces de défense et de sécurité (FDS), le lundi 14 janvier 2019 à Ouagadougou. Ce don est la contribution des députés dans la lutte contre le terrorisme.

127 millions FCFA ; c’est le montant que les 127 députés de la VIIe législature ont remis aux Forces de défense et de sécurité (FDS) comme effort de guerre dans le combat contre le terrorisme. La remise du chèque est intervenue en présence du Président de l’assemblée nationale (PAN), Alassane Bala Sakandé et du ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Rémis Fulgance Dandjinou, le lundi 14 janvier 2019, à Ouagadougou.

A entendre Alassane Bala Sakandé, le Burkina Faso est «en guerre», et «en temps de guerre, chacun doit apporter sa contribution aussi minime soit-elle. C’est ainsi que les élus nationaux ont, à l’unanimité, accepté de venir en aide aux FDS qui mènent au quotidien le combat contre les forces du mal», a-t-il poursuivi.

Dans la même logique, le PAN a indiqué que les forces de défense doivent être satisfaites de leurs élus nationaux car selon lui, lorsqu’il est question de problèmes de sécurité, l’Assemblée nationale a, à chaque fois, été présente et ce, malgré les divergences politiques. Pour ce faire, Alassane Bala Sankandé, a souhaité que les 127 millions FCFA soient transférés dans un fond spécifique pour ne subvenir qu’aux besoins des FDS.

«Ce fonds appartient aux FDS, c’est au gouvernement de voir comment le distribuer», a soutenu Alassane Bala Sakandé. Pour sa part, le porte-parole du gouvernement, représentant le Premier ministre, a remercié les députés pour ce geste à l’endroit des FDS. Il a par ailleurs rassuré que ces fonds iront «directement» dans la caisse spécifique destinée à soutenir les forces armées nationales.

 

Hadofini Clotilde BICABA Stagiaire

Explosion à Ouagadougou:Un mort, des maisons en ruine

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L’explosion d’un dépôt d’explosifs dans l’arrondissement 9 de Ouagadougou a causé, ce lundi 14 janvier 2019, la mort d’une personne, fait des blessés et d’importants dégâts matériels. (plusieurs bâtiments en ruine)

Comoé : deux policiers et une civile tués à Nafona.

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Nafona : Deux policiers et une dame ont trouvé la mort, ce samedi matin, au cours d’une interpellation à Nafona, dans la commune Soubakagnedougou, dans la Comoe. Selon des sources concordantes, sur ordre du procureur de Banfora, les hommes de tenue sont allés pour interpeller cinq personnes impliquées dans un conflit foncier. La tante d’une d’elle s’est opposée à l’arrestation. La police a alors fait des tirs de sommation dont une balle a fauché mortellement la dame. La population a, en représailles, tué deux policiers dont le commandant de Banfora et le commissaire de district de Soubakagnedougou. Selon plusieurs sources locales, le conflit foncier date de juillet 2016 et oppose, habitant de Kankalaba qui exploite le champ depuis 40 ans aux autochtones de Nafona. La justice avait tranché en sa faveur. Mais les populations lui avaient interdit l’accès de son champ. En août 2018, il a interpellé la justice et la police avait convoqué les « condamnés ». Se sentant léser, ils ont saccagé son domicile. Une nouvelle convocation leur a été adressée. Ils ont opposé un nouveau refus d’obtempérer. C’est ainsi que le procureur a donné mandat à la police de les interpeller.