Baisse du prix du carburant : Les stations-services traînent les pieds

Le gouvernement a annoncé une baisse de 20, 30 et de 83 F CFA respectivement sur le prix du litre du super 91, du gasoil et du pétrole lampant, dans la nuit du 8 janvier 2019. Pour s’assurer de l’effectivité des nouveaux tarifs qui devraient être effectifs dès le 9 janvier, une équipe de Sidwaya a fait le tour de quelques stations-services dans la ville de Ouagadougou.

Dès le mercredi 9 janvier 2018, le prix du litre de l’essence super 91 devrait passer de 677 à 657 F CFA, celui du gasoil de 601 à 571 F CFA ; le prix du litre du pétrole lampant devrait connaître une baisse de 83 FCFA. La réduction des prix a été annoncée par le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, le 8 janvier 2019, au journal de 20 heures de la télévision nationale.

Pourtant au premier « point de contrôle » à la station Total située à quelques encablures du pont Kadiogo, les index des pompes à essence affichent les anciens prix.  : 677 F CFA pour le litre de l’essence super 91 et 601 F CFA pour le gasoil. « Vous vendez toujours le carburant aux anciens prix ?», avons-nous demandé au pompiste de service. Sa réponse ne tarde pas à venir. « Je n’étais pas informé de la baisse des prix.

C’est ce matin qu’un client m’a dit que le gouvernement a diminué les prix », confie-t-il, tout en nous invitant à nous adresser à son «chef» pour de plus amples explications. «Nous avons l’information qu’il y a baisse des tarifs du carburant mais nous ne savons pas à quel moment les nouveaux prix devraient entrer en vigueur », se justifie le chef de piste, Boukaré Ouédraogo.

Et d’ajouter qu’il attend les services techniques qui doivent procéder au changement des index. En même temps que M. Ouédraogo échange avec nous, il demande à ces collaborateurs de ne plus servir le carburant. «Arrêtez le service et relevez les index », ordonne-t-il aux pompistes.

« Ce n’est pas de notre faute »

Le gérant de OTAM/ 1200 logements, Lassané Kabé : « L’application immédiate des nouveaux tarifs nous créent des dommages ».

De là, direction, la station-service Shell de Kilwin.  Il est 9h 10. Nous trouvons sur place deux techniciens de COBUTAM. Vêtues de tenues uniformes de couleur bleue foncée, ils s’affairent à régler les index d’une pompe à essence. Le travail achevé, nous voyons les nouveaux prix qui s’affichent.

Super 91 : 657 F/litre ; gasoil : 571F/litre. Pendant que nous échangeons avec les pompistes, tout en relevant les prix affichés à la pompe, une dame, enveloppée dans un pagne, nous interpelle : «Oui, monsieur !». C’était la sous-gérante de la station qui, apparemment, supervisait le réglage des nouveaux tarifs que l’équipe de COBUTAM était en train d’opérer.  Visiblement, elle voulait savoir l’objet de notre présence sur les lieux.

Nous lui déclinons notre identité et l’objet de notre présence. « Ce n’est pas de notre faute. On attendait les techniciens pour procéder à la modification des index. Ils sont là et nous travaillons à rendre réels les nouveaux prix », se défend-elle. Lorsque nous lui demandons pourquoi, n’a-t-elle pas fait arrêter la vente en attendant que les techniciens changent les prix, elle s’empresse de répondre : « Les clients vont se plaindre ».

Pour mieux comprendre pourquoi le changement des prix n’est pas effectif jusque-là, nous nous adressons aux techniciens de COBUTAM « D’habitude nous commençons le travail à 7h30. Mais nos équipes sont déployées dans la ville pour procéder au changement des index dans les stations-services », argumente le technicien, Alidou Kiendrebéogo. Quand nous lui demandons si son équipe est à sa première station, il répond par l’affirmative. Et d’ajouter : « Vos questions commencent à être bizarres », tout en poursuivant son boulot.

« L’application immédiate crée des dommages »

9h31. Nous sommes à la station-service SOGEL-B de Tanghin, non loin de l’hôtel Ricardo. Ici aussi, la mesure gouvernementale n’a pas encore produit d’effet. Aux stations-services PETROFA de Zogona (10h09) et OTAM aux 1200 logements (10h20), la baisse des prix du carburant n’est pas encore en vigueur  dans  ces points de vente. Les consommateurs continuent de s’offrir le précieux « jus » aux prix de 677 F CFA pour le litre de l’essence super 91 et de 601 F CFA pour le gasoil. Lorsque nous cherchons à savoir pourquoi la baisse n’est pas appliquée, le refrain est le même : «nous attendons les techniciens ».

L’application immédiate des nouveaux tarifs semble causer des dommages aux gestionnaires des points de vente de carburant. C’est le cas du gérant de la station OTAM aux 1200 logements, Lassané Kabré. « J’ai rempli mes cuves hier avec 25 mille litres, soit 15 mille litres de super 91 et 11 mille litres de gasoil, aux anciens prix. Si je dois vendre toute cette quantité aux nouveaux prix sans compensation, je subirai une perte de 630 mille FCFA », explique-il. Pour éviter de telles situations, M. Kabré souhaite que le gouvernement prévienne les acteurs au moins une semaine avant l’entrée en vigueur de ces décisions de baisse ou de hausse des prix du carburant.

Au niveau des vendeurs d’essence «par terre », le litre du super 91 est toujours au prix de 750 F. Et ces derniers n’envisagent pas une quelconque baisse tant qu’ils ne finiront pas d’écouler leur ancien stock.

Avant de regagner Sidwaya, un tour à la station Total jouxtant le rond-point des Nations unies, aux alentours de 10h45 permet de voir que les index affichent les nouveaux tarifs : Super 91 : 657 F/litre ; gasoil : 571F/litre. « Ici, depuis 9h, nous appliquons les nouveaux prix », relate le pompiste Benjamin Koanda.

Mahamadi SEBOGO
msebogo@yahoo.fr

Homosexualité : Une pratique qui passe mal au Burkina

L’homosexualité est un sujet tabou dans les sociétés africaines contrairement à celles occidentales. Au Burkina Faso, le phénomène est très mal perçu par les responsables coutumiers et religieux. 

L’on dit toujours qu’en amour, le choix d’une personne ne se discute pas. Mais lorsque celui-ci va à l’encontre des principes établis par une société, des questions s’imposent quant au bien-fondé de ce choix.

Jeune, belle, la trentaine révolue, A. M est à la fleur de l’âge. Elle a toutes les qualités qu’un homme peut trouver  chez une femme.Mais, cette dernière n’éprouve pas la même sensation chez un homme comme  la plupart de ses sœurs. Elle est attirée par les êtres de même sexe qu’elle depuis l’âge de 15 ans.

Un choix qui n’est pas fortuit selon elle.« Quand j’étais enfant, j’avais trop de frères et je passais plus de temps avec eux, qu’avec mes copines. On s’amusait partout ensemble. Avec le temps, nous avons grandi, mais les habitudes sont restées. On sortait toujours ensemble et quand ils partaient faire la cour à une fille, je m’amusais à faire pareille. Et comme l’habitude est une seconde nature, j’ai fini par me plaire », confie-t-elle.

Cette situation est évidemment mal perçue situation dans sa familiale. Tout d’abord par la mère (confidente de la jeune fille), qui trouvait le comportement de sa progéniture suspect à travers son habillement. « Je n’ai jamais aimé les tailleurs féminins. Je voulais chaque fois ressembler à mes frères et quand elle m’aperçoit dans ces tenues, elle m’a toujours obligé à les enlever », explique A.M. Consciente que la relation entre personne de même sexe n’est pas tolérée dans la société burkinabè et plus particulièrement dans la communauté musulmane, la jeune fille décide de vivre sa relation dans la discrétion totale.

Mais lorsque son père, un fidèle musulman découvre le pot-au-rose, il menace de la répudier. «Il ne l’a pas fait, car le mobile de la rupture est honteux pour sa propre personne», soutient la jeune dame. Mais après le décès de son père, ses oncles  la bannissent de la famille. « Avec des menaces de mort à mon égard, pour avoir ternie l’image familiale », affirme A.M.L’exemple de cette femme témoigne du rejet de l’homosexualité dans la société.

Une vieille pratique

Selon le Poé Naaba, chef traditionnel et député à l’Assemblée nationale,la société traditionnelle ne peut et ne doit pas accepter une telle pratique. Au regard de sa sensibilité, la question, à l’entendre, était gérée par un groupe restreint de personnes constituées de sages et chefstraditionnels. Pour lui, cette pratique était reconnue comme un crime jadiset la sanction était sans appel : « la mort ».

En islam, l’homosexualité n’est également pas admise, car désavoué par les écritures saintes notamment, le Coran,selon les explications de l’imam Halidou Ilboudo du cercle d’étude, de recherche et de formation islamique (CERFI). Celui-ci précise qu’il est clairement dit dans plusieurs verset du Coran qu’Allah a interdit l’homosexualité. « Nous pouvons le voir dans les sourates 26, 27 ; la sourate 7, la sourate 11 où Dieu évoque le peuple de Sodome et de Gomorrhe qui ont été les premiers selon l’histoire religieuse, à tomber dans l’homosexualité et Dieu tout puissant les a puni pour cela»,ajoute-t-il.

Pour lui, même dans les coupes hétérosexuelles dans l’islam, la pratique de la vision profonde de la relation intime interdit la sodomie.Et les contrevenants à cette loi islamique doivent subir la sanction suprême conformément aux textes. Il rappelle cependant que l’islam, dans l’interprétation des textes sacrés n’a jamais condamné un fidèle pour acte d’homosexualité.

Une ’’maladie’’ selon l’Eglise

Même son de cloche chez les catholiques, qui estiment que l’homosexualité est une pratique qui porte atteinte au principe fondamental de la religion.« L’Eglise catholique est guidée par la parole de Dieu, laquelle est envoyée à l’homme pour l’éclairer.  Et il est clairement stipulé dans le livre de la Genèse que l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un.

Nulle part, nous n’avons vu que Dieu a donné la possibilité que deux hommes ou deux femmes aillent ensemble dans le sens du mariage », éclaire l’Abbé Clément Taonsa, aumônier adjoint  en charge des lycées et collèges. Malgré cela, l’Eglise catholique ne condamne pas les homosexuels. Car,pense-elle, être dans cette situation  n’est pas un choix volontaire de la personne, mais un état de fait, une donnée de la réalité psychosexuelle qui trouve sa source, de façon complexe, sans cause unique, dans la petite enfance.

Abbé Taonsa affirme que le catéchisme de l’Église catholique distingue donc les « tendances » homosexuelles, qui sont involontaires et ne justifient ni mépris ni condamnation des personnes, des « actes » homosexuels jugés, eux, « désordonnés », car contraires à la loi de différenciation. Considérée comme une ’’maladie’’ par le clergé, l’aumônier adjoint rassure que des mesures sont prises par l’Eglise pour ’’aider’’ ceux qui en souffrent. Il s’agit notamment de conseils et de prières.

Une position unanime

Pour le Poé Naaba, la position des coutumiers, tranchée, se référant aux textes traditionnels, à la Bible et au Coran. Les lois de Dieu, clame-t-il, sont claires :« un homme, une femme ». Un point de vue partagé par l’imam Ilboudo, qui ajoute que l’homosexualité ne répond pas à l’objectif de l’union prônée par la religion.

Selon l’Abbé Taonsa, l’homosexualité est qualifiée d’’’abomination’’ par l’Eglise et a été à cause de certaine société dans le livre de la Genèse.  Même si la déclaration universelle des droits de l’Homme dans son article 16 alinéa 1 dit ceci : « à partir de l’âge nubile, l’homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille ».

Le Poé Naaba pense que la liberté d’union doit s’adapter aux règles de chaque société. « La liberté c’est avant tout, des règles que nous nous imposions dans la société. Et vivre-ensemble, nous oblige à respecter ces règles. Nous avons notre civilisation et au lieu de vouloir superposer la civilisation des autres à la nôtre, parce que c’est cela qui justifie notre retard, nous devons travailler à propager notre civilisation », insiste-t-il.

Sur le sujet, nous avons tenté en vain de connaitre l’avis duprésident de la Fédération des églises et missions évangéliques (FEME). Nos sollicitations d’interview n’ont pas eu de suite favorable. Mais la position des protestantsn’est pas fondamentalement différente des autres confessions religieuses, dans la mesure où on n’a pas encore entendu parler de mariage entre deux personnes de même sexe dans une égalise protestante.

En attendant que le « mariage pour tous » soit une réalité sous nos cieux, A.M, bénéficie d’un séjour temporaire en France,grâce à une amie.Elle dit espérertrouver l’ « âme sœur ». « J’aimerai vraiment être heureuse et pouvoir vivre pleinement mon choix sexuel, sans être jugé et le plus important, pouvoir me marieravec celle que mon cœur choisira », plaide-t-elle.

Donald Wendpouiré NIKIEMA
tousunis.do@gmail.com

Comin-Yanga : Le commissariat attaqué, les assaillants repoussés

Le Commissariat de police de Comin-Yanga dans la province du Koulpélogo (Centre-Est) a été la cible d’une attaque d’individus armés non encore identifiés, mercredi, a-t-on appris de témoins sur place.

« Ce matin, le muezzin de la mosquée n’a pas osé appeler à la bonne heure pour la prière », a dit un témoin joint au téléphone, poursuivant que « des coups de feu ont été entendus au poste de police à l’entrée de Comin-Yanga ».

Il explique : « le commissariat de police a été pris pour cible. La riposte des agents qui étaient sur place ne s’est pas fait attendre. Ils ont réussi à repousser les assaillants. Il n’y a pas eu de victime de part et d’autre».

Selon notre interlocuteur, toutes les forêts  environnantes sont infestées d’individus malfaiteurs qui sont probablement bien armés, sûrs d’eux pour oser attaquer un commissariat.

Dans la nuit du samedi 17 juin 2018, une attaque terroriste avait également visé le même commissariat, où un assaillant avait été abattu et un policier blessé.

Sidgomdé

Flash

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Lors de la cérémonie de présentation de vœux du conseil municipal de la ville de Ouagadougou, le maire Armand, Roland Pierre Béouindé a annoncé que la lutte contre l’insalubrité sera l’une des priorités de la commune en 2019.

Il reste donc à espérer que des actions fortes soient menées afin de débarrasser la ceinture verte des nombreuses immondices qui l’entourent. En effet, la bande est devenue en grande partie, un véritable dépotoir d’ordures.

Il n’est pas rare d’y voir de nombreux tas d’excréments, que des videurs traditionnels de toilettes y déposent au mépris de la moindre règle de propreté et sans aucune considération pour l’environnement. Il sied de prendre des mesures qui, associées au nettoyage des devantures des maisons par les Ouagalais, vont faire de Ouagadougou, une ville propre pour le bien-être de ses habitants.

Nadège YE

Une Sidwaya du 09 01 2019

Une Sidwaya du 09 01 2019

 

« Sécurité, la cohésion et la réconciliation dans une dynamique de progrès social »

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Une sidwaya du 09 01 2019

Une sidwaya du 09 01 2019

 

Procès du putsch Le général Bassolet prêt à « tout expliquer »

Toujours à la barre du tribunal militaire, le général Djibrill Bassolet a fait face, le mardi 8 janvier 2019, aux questions des avocats des parties civiles. L’accusé a adopté la même ligne de défense consistant à ne pas répondre aux questions relatives aux écoutes téléphoniques.

Le général Djibrill Bassolet, ne démord pas. Il ne parlera pas des écoutes téléphoniques qui l’incriminent dans le procès du putsch. D’entrée de jeu, face au parquet militaire, le mardi 8 janvier 2019, l’accusé a martelé ses questions sur l’origine des écoutes, leurs auteurs et le procédé par lequel elles ont été obtenues. L’accusé s’est plaint de ces éléments sonores dans la mesure où, a-t-il développé, c’est sur internet que ses conseils et lui ont, pour la première fois, appris leur existence. Il a poursuivi, que selon ses propres sources de renseignement, ce n’est pas un Officier de police judiciaire (OPJ), encore moins une administration publique du Burkina Faso qui a effectué ces enregistrements. L’accusé a, par ailleurs, fait remarquer que l’expert, se référant aux gammes de fréquences, a dit dans ses conclusions, n’avoir pas décelé les caractéristiques classiques d’un enregistrement téléphonique.

« A partir de ce moment, il y a des réserves sérieuses à émettre. On ne peut pas fermer les yeux là-dessus », a-t-il déduit et de poursuivre placidement : « je souhaite que tous les Burkinabè sachent que les éléments sonores produits dans le dossier ne sont pas réguliers et que je n’ai rien fait puisque toute mon accusation soit forgée à partir de ces éléments ». Le procureur militaire, Alioun Zanré, l’a renvoyé au dossier, notamment, aux pages 74 et 75 de l’arrêt de renvoi qui « explique abondamment » l’origine des écoutes. Il ne reviendra donc pas là-dessus. Mais, il précisera que la cote i475 du dossier démontre que le juge d’instruction avait bien signifié à Djibrill Bassolet que ce sont des OPJ qui ont apporté les écoutes. « Cela nous pose donc beaucoup de problèmes quand le général dit ne pas connaître l’origine des écoutes. Chacun peut avoir ses sources d’information, mais dans le dossier, il est dit que ce sont des OPJ qui ont amené ces pièces », a-t-il ajouté. Djibrill Bassolet assurera formellement que ce ne sont pas des OPJ qui ont intercepté, enregistré et retranscrit ces écoutes, indiquant que ses avocats le démontreront.

« Tu dois encourager le noyau dur »

Le parquet va alors s’appesantir sur l’une des conversations entre les deux généraux impliqués (Bassolet et Diendéré). Il y est question de noyau dur à qui Gilbert Diendéré dit avoir expliqué la réalité. Bassolet aurait dit à Diendéré : « Moi je pense que toi tu dois encourager le noyau dur. Y en a qui veulent un signal fort. Ils t’attendent ». Et le procureur militaire d’interroger : « est-ce qu’il y a un acte de complicité plus que ça » ? «Enfin, dans le vif du sujet», a réagi l’accusé. En effet, le général a estimé sur la base des écoutes, que c’est à partir du 25 septembre 2015 qu’il pourrait lui être reproché quelque chose. Il a ensuite noté que l’attentat à la sûreté de l’Etat est considéré avoir été perpétré à partir du 16 septembre et a pris fin tout au plus le 23 septembre avec la réinstallation des autorités de la Transition dans leurs fonctions. Djibrill Bassolet s’est par conséquent étonné que des communications téléphoniques datant d’après le 25 septembre puissent être des preuves d’une action commencée le 16 et achevée le 23.

« Pour qu’il y ait complicité, il eût fallu qu’ils interviennent avant ou pendant les événements », a-t-il estimé. Puis de souligner que toute infraction précise correspond à des actes précis, se disant disposer à tout expliquer par rapport aux faits, même si toute l’accusation se fonde sur des «écoutes douteuses ». Seulement, lorsque les avocats de la partie civile prendront la parole, le général va se murer dans un mutisme absolu face à leurs questions. Dès que la parole leur a été donnée, ceux-ci, par l’intermédiaire de Me Guy Hervé Kam ont versé une pièce au dossier, en l’occurrence, les observations des conseils du général dans son recours devant la Cour de justice de la CEDEAO. Ils entendaient démontrer à travers les développements produits par l’accusé devant cette instance qu’il a reconnu les recours puisqu’il y parlait d’atteinte à sa vie privée. « Comment est-ce que quelque chose que vous n’avez pas dit, une conversation que vous n’avez jamais tenue peut porter atteinte à votre vie privée »? Le général renverra Me Prosper Farama à ses avocats qui sont, a-t-il dit, plus outillés pour répondre à cette question « technique». Dans la même veine, il ne s’est pas prononcé sur les observations sur les sommes d’argent qu’il aurait « distribuées » pendant cette période et les «coïncidences troublantes» sur l’interaction entre le colonel Zakaria Koné et Fatoumata Diawara à propos du commandant Paul Henri Damiba.

Fabé Mamadou
OUATTARA

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Des soutiens de Bassolet expulsés

Le face à face entre le général Bassolé et les avocats des parties civiles a produit quelques étincelles. Me Kam, le premier à prendre la parole s’est vu opposer un refus catégorique de répondre à ses questions. Bassolet lui avait d’abord demandé de préciser les parties civiles qu’il représente à ce procès. L’avocat a dit ne pas voir l’intérêt d’une telle précision du moment où les lettres de constitution de tous les avocats sont versés au dossier. En réaction, le général a déclaré qu’il ne voyait pas non plus d’intérêt à répondre aux questions de l’avocat. Il n’a donc réagi à aucune des observations formulées par Me Kam. Les autres avocats des parties civiles ont alors demandé à se concerter durant 20 minutes par rapport à cette attitude de l’accusé. A la reprise, Me Prosper Farama a poursuivi l’interrogatoire de l’accusé et a insisté sur son passé de ministre en charge de la sécurité. « Vous utilisez des chemins détournés pour parler de choses dont je ne souhaite pas parler. Je vous vois venir, mais je ne répondrai pas à ces questions », a clamé le général sur un ton ferme. De quoi susciter des applaudissements dans le public, qui ont poussé le président du tribunal à expulser de la salle toute une rangée de personnes. Dans la suite de l’interrogatoire, l’accusé a passé le temps à renvoyer l’avocat auprès de ses avocats, plus outillés, d’après lui, à répondre aux questions techniques posées. Dans un ton enjoué, Me Farama lui a demandé de ne pas avoir une hantise de son passé de ministre. « Ce n’est pas ma faute si des gens ont posé des actes dans le passé qui les rattrapent », a-t-il ajouté à la grande hilarité de ses confrères de la partie civile.
F.M.O.

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Du mandat d’arrêt contre Guillaume Soro

A propos du mandat d’arrêt contre Guillaume Soro qui a été annulé, Me Prosper Farama s’est montré solidaire de Djibrill Bassolet. Il a marqué son incompréhension sur cette décision des autorités politiques et judiciaires. Il a par ailleurs fait remarquer à l’accusé, que le président de l’Assemblée nationale ivoirienne n’a produit aucun démenti officiel sur le contenu des conversations qui sont prêtées aux deux, du moins, pas à sa connaissance.
F.M.O.

CMA de Saponé : une caution sans quittance

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CMA de Saponé : une caution sans quittance
S’étant retiré un weekend à Saponé, à quelques kilomètres au sud de Ouagadougou, pour respirer l’air pur, Kantigui a entendu les plaintes d’un citoyen contre le Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de la localité. En effet, l’interlocuteur de Kantigui dit y avoir amené son père courant mai 2018 pour une opération de hernie. Et dès leur arrivée, une caution de 70 000 F CFA leur aurait été demandée avant toute intervention. Exigence à laquelle ils se sont pliés, car connaissant ce principe assez courant dans certains centres de santé. Après l’opération, une ordonnance d’environ 12 000 F CFA leur aurait été prescrite. Si ces usagers n’ont rien trouvé d’anormal à la procédure, a noté Kantigui, ils déplorent cependant le fait que la quittance de la caution n’ait pas été établie. A quoi aurait servi cet argent ?, s’interrogent-ils toujours. Ce qui est sûr, Kantigui a appris que les plaintes de ce genre sont légion dans ce centre de santé. C’est pourquoi, il appelle à plus de transparence et de communication entre les agents et les usagers du CMA.

Colère de militaires retraités au HCRUN
Que s’est-il bien passé, le samedi 22 décembre 2018 à la Direction de l’administration et de la comptabilité des armées (DACA). Kantigui dans sa légendaire curiosité a constaté un «rassemblement» de plus de 250 personnes dans ladite direction, ce jour-là, aux environs de 9 heures. Renseignement pris, Kantigui a été informé qu’il s’agissait d’adjudants-chefs-majors retraités qui voulaient s’enquérir de l’avancement de leurs dossiers en souffrance au Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN). De ce qui a été rapporté à Kantigui, les intéressés sont partis à la retraite « avec un statut flou ». « Organisés dans une amicale, ces derniers avaient eu des échanges avec le HCRUN qui avait trouvé qu’ils avaient effectivement été lésés par rapport à leur statut et étaient éligibles pour bénéficier d’une réparation et d’une correction sur leur pension. Le HCRUN leur aurait dit de faire des propositions dans ce sens », a confié la source de Kantigui. A la dernière rencontre entre le HCRUN et les délégués des retraités, a poursuivi l’interlocuteur de Kantigui, le représentant du HCRUN, un officier supérieur de l’armée, s’opposerait catégoriquement à un traitement quelconque du dossier, car leur a-t-il dit, « il n’y a pas de loi vous concernant et vous n’avez pas cotisé à la CARFO pour ça ». Il est revenu à Kantigui que ces propos ont indigné les retraités, au point qu’ils veulent désormais que le HCRUN dessaisisse le colonel-major en question, de leur dossier. Kantigui espère que chacun mettra de l’eau dans son vin pour un dénouement heureux de la situation.

Douroula : de fausses informations sur l’incendie d’une église
Alerté par une information faisant cas de l’incendie d’une église à Douroula, une localité située à une trentaine de kilomètres de Dédougou, dans la province du Mouhoun, Kantigui a été surpris du constat qu’il a fait sur les lieux. En effet, il ne s’agit que d’un simple hangar de paille de moins de 25 mètres carrés construit le 28 décembre 2018 au milieu des buissons et démoli juste le lendemain. Une information confirmée par le pasteur de Douroula contacté par Kantigui. « Ici à Douroula, je n’ai pas connaissance d’une église à plus forte raison d’un incendie d’une église », s’est étonné le président du Conseil villageois de développement (CVD) de Douroula à la question de savoir ce qu’il en était. Même étonnement chez le préfet, qui déplore l’amplification de cet incident « mineur ». Selon les témoignages recueillis sur place par Kantigui, il ressort que le propriétaire dudit hangar a acquis le lopin de terre auprès d’une tierce personne sans l’aval des propriétaires terriens. Il s’agit bien d’un problème foncier et non d’une question religieuse, a-t-on précisé à Kantigui. A en croire les autorités locales, le problème est en voie de résolution. Kantigui appelle donc les uns et les autres à être plus prudents et professionnels dans le traitement de ces genres d’informations très sensibles, de peur de mettre le feu aux poudres.

FIFA : le président Giovanni Infantino au Burkina
Kantigui se rappelle de l’information que la Fédération burkinabè de football (FBF) avait donnée, courant décembre 2018, relativement à la visite du président de la Fédération internationale de football association (FIFA), Giovanni Vincenzo Infantino, au Burkina Faso. Cette personnalité de haut rang arrive effectivement, demain 10 janvier 2019 dans l’après-midi en terre burkinabè, en compagnie de sa secrétaire générale, Samoura Fatma Samba Diouf et du président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad. D’après les informations communiquées à Kantigui, l’hôte du monde footballistique burkinabè passera quelques heures, avec un agenda des plus chargés. En effet, le patron de la FIFA et sa délégation auront, entre autres, un entretien avec le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré et une séance de travail avec le comité exécutif de la FBF, présidé par le colonel Sita Sangaré. Kantigui note par ailleurs, que Giovanni Infantino procédera à l’inauguration des installations de l’éclairage solaire sur le terrain d’entrainement de l’Etoile filante de Ouagadougou (EFO), club de D1. Cette réalisation, entièrement financée par la FIFA, est un projet-pilote qui devra être étendu à l’échelle continentale, pour résoudre la faiblesse des temps d’entrainement des équipes, faute d’éclairage sur les terrains. Kantigui se réjouit donc de l’honneur fait au Burkina Faso par la FIFA pour servir de point de départ à ce projet important pour l’Afrique.

Drame de Yirgou : un concert de solidarité ce samedi à OuagaAu-delà de la compassion et des condamnations des violents évènements qui ont coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes à Yirgou, dans la commune de Barsalogo au Centre-Nord, Kantigui salue la chaîne de solidarité nationale à l’égard des populations déplacées. C’est ainsi qu’il a appris que la famille des acteurs culturels burkinabè organise, le samedi 12 janvier 2019 à 20 heures au CENASA à Ouagadougou, un concert gratuit, dénommé « La nuit de la solidarité » au profit des rescapés de Yirgou. Il est revenu à Kantigui que la communauté culturelle invite les Burkinabè qui seront présents, à faire parler leur cœur à travers des dons de toutes natures. Kantigui se joint donc aux organisateurs pour en appeler à la générosité des Burkinabè.

Kantigui
kantigui2000@gmail.com
(00226) 25 31 22 89

Lutte contre le terrorisme Les diplomates réaffirment leur soutien au Burkina Faso

Les missions diplomatiques, les institutions internationales et les organisations interafricaines au Burkina Faso ont présenté, le mardi 8 janvier 2019 à Kosyam, leurs vœux de nouvel an au président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.

 

Le contexte sécuritaire national, marqué en ce début d’année par une attaque terroriste et un conflit intercommunautaire à Yirgou dans la région du Centre-Nord, ne laisse pas indiffèrents les diplomates accrédités au Burkina Faso. Les missions diplomatiques, les institutions internationales et les organisations interafricaines au «pays des Hommes intègres » ont traduit leur compassion à la nation burkinabè hier 8 janvier 2019 et formulé des vœux de paix au cours d’une cérémonie de présentation de vœux au Chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré. Face aux menaces terroristes, la coordonnatrice résidente du système des Nations unies au Burkina Faso, Metsi Makhetha, a exhorté le chef de l’Etat à ne pas baisser les bras et par conséquent, à travailler sans relâche dans la consolidation des liens de fraternité et de solidarité.

 

Les diplomates ont formulé des vœux de paix et de santé au peuple burkinabè.

Pour elle, l’année 2018 a été éprouvante certes, mais elle offre une occasion de tirer des leçons. « Nous avons appris que dans la vie d’une nation, il y a des moments d’épreuves qu’il faut savoir surmonter. L’année nous a rappelé que c’est dans l’union et la solidarité que nous sommes forts», a-t-elle indiqué. A la lumière des expériences, a poursuivi Mme Makhetha, aucune adversité ne résiste à la volonté d’un peuple, de prendre en main son destin. Pour le porte-parole des missions diplomatiques au Burkina Faso, l’ambassadeur marocain, Farhat Bouazza, les terroristes n’ont jamais gagné nulle part dans le monde et les pays victimes des actes ignobles sont toujours sortis grandis et renforcés.

L’appel à la communauté internationale

D’où sa conviction que le Burkina Faso ne sera pas l’exception au regard de plusieurs raisons, dont la plus importante est la personnalité des Burkinabè qui ont montré, à travers l’histoire ancienne et récente, leur capacité de résilience. Et le coordonnateur de l’Union africaine au Burkina Faso, Dr Ahmed Elmekass, représentant les organisations interafricaines, de préciser que loin de fléchir, le «pays des Hommes intègres», sous le leadership du Président du Faso, a pris résolument les taureaux par les cornes dans cette lutte. A titre d’exemple, il a relevé l’augmentation sensible des ressources allouées au budget des secteurs de la défense et de la sécurité et l’Etat d’urgence décrété dans certaines régions du pays.

Ce soutien des corps constitués a été bien apprécié par le chef de l’Etat. « Je remercie toutes les organisations internationales qui se sont déjà mobilisées pour soutenir les structures nationales de gestion de secours d’urgence », a-t-il soutenu. Il a aussi réitéré la détermination de son gouvernement à s’engager avec tous les pays voisins et ceux de la région dans la lutte implacable contre le terrorisme. Le président du Faso a, en outre, indiqué que les tendances économiques défavorables ne devraient pas être un prétexte pour la communauté internationale de ne pas respecter ses engagements en faveur des pays en développement.

Il a, par ailleurs, rappelé que son pays s’inscrit dans une perspective d’ouverture au monde fondée sur les principes de la coexistence pacifique, de l’intégration économique, du partenariat gagnant-gagnant, du soutien mutuel et de la solidarité agissante entre les Etats. «C’est dans cet esprit que nous sommes passés à une phase d’accélération de la mise en œuvre du Traité d’amitié et de coopération avec la République de Côte d’Ivoire. Nous œuvrons également à revigorer notre coopération avec les pays frères de la sous-région à travers des projets intégrateurs tels que les interconnexions ferroviaires et électriques », a-t-il souligné.

Abdoulaye BALBONE