Commerce en ligne : au cœur d’une pratique révolutionnaire
Avec l’évolution des nouvelles technologies de l’information et de la communication, plusieurs personnes créent des comptes ou des plateformes sur lesquels, elles proposent des produits à d’éventuels clients. Cette pratique appelée commerce électronique ou e-commerce est en train de se développer au Burkina.

Assis dans son bureau, les mains sur le clavier de l’ordinateur, l’air amusé, Ounténi Cyrille Ouoba, s’occupe des commandes de ses clients en ligne. Sa société, Faso Rigo, est spécialisée dans le commerce électronique. Elle met en ligne un contenu varié de produits agroalimentaire, vestimentaire, et artisanaux « made in Burkina ». Ce sont des jus de fruit, des vins à base de produits locaux comme l’anacarde, le moringa, ou encore le Faso Danfani. « Nous proposons essentiellement des produits burkinabè. Car, nous nous sommes rendu compte que nos productions locales manquent de visibilité. Notre ambition est de pallier cela à travers l’internet, en vue de satisfaire les Burkinabè et conquérir le marché mondial », soutient-t-il.
Il dit se réjouir, car il réalise un chiffre d’affaires satisfaisant (ndlr : il préfère garder secret ce chiffre malgré notre obstination) avec cette méthode de commerce, connue sous le nom de e-commerce (ou commerce en ligne). En effet, avec l’avènement des réseaux sociaux, plusieurs personnes créent des comptes ou des plateformes dans le but de publier des produits pour vente. Cette vente est conclue sans la présence physique simultanée des parties (vendeur et client). Ainsi, les acheteurs font des commandes et se voient livrés lesdits produits à domicile ou dans un endroit bien précis. Selon le président de l’Autorité des régulations des communications électroniques et des postes (ARCEP), Tontama Charles Millogo, ce type d’activités se définit comme l’ensemble des transactions qui se passent en ligne. « Le vendeur et l’acheteur sont physiquement séparés. Mais en règle générale, ils font intervenir un intermédiaire appelé tiers de confiance. L’acheteur et le vendeur font confiance à ce dernier», explique-t-il. Pour que cela soit possible, précise le directeur général de BeoogoLab (incubateur de projet numérique), Mahamadi Rouamba, il faut un certain nombre d’acteurs notamment le marchand, le client, les concepteurs des plates-formes marchandes, les solutions de paiement et la livraison.
Ce commerce comporte des avantages pour les internautes. En effet, pour Myriam Sanga, professeur de français et cliente, le paiement en ligne réduit les distances et permet de gagner du temps. « Il est également possible d’effectuer des achats à partir de sites étrangers sans être dans ces pays », affirme-t-elle, sourire aux lèvres. Pour l’étudiante, Alimata Kindo, faire des achats en lignes est très pratique. « Je n’ai jamais eu de problème à la livraison », confie-t-elle. Cette pratique rentre peu à peu dans l’habitude des Burkinabè et semble améliorer l’économie des promoteurs avec l’augmentation des commandes.
L’internet, un gagne-pain
Ainsi, Lizéta Ouédraogo, une vendeuse de pagnes « kokodonda », affirme qu’elle livre à travers son compte Facebook « Bobo VIP Kokodonda », une vingtaine de pagnes par jour à diverses personnes venant des 4 coins du pays. A son avis, l’internet est un « gagne-pain ». « Je reste chez moi et je vends facilement mes marchandises sans m’évertuer à convaincre de potentiels clients », clame-t-elle toute joyeuse. Mieux son chiffre d’affaires, révèle-t-elle, a augmenté depuis qu’elle fait ce type de commerce même si malgré notre insistance, elle refuse de nous donner le montant. « Je vends les deux pagnes à 4000 F CFA ou 4500F CFA et même à 3000 F CFA en fonction des différentes qualités et le client paye les frais de livraison qui s’élève à 1000 F CFA », déclare-t-elle. Comme elle, Marthe Zongo qui poste les photos de ses articles à travers son compte « Whatsapp » affirme que le commerce électronique est très avantageux, car il lui a permis d’augmenter et de diversifier sa clientèle estimée à une trentaine par jour. « Auparavant, je me promenais dans les services où l’on prenait une dizaine d’articles à crédit. Mais actuellement je parviens à vendre mes sacs à mains même à des femmes qui sont à Dori ou dans la sous-région », soutient-t-elle, avec un brin fierté.
Selon le promoteur de Rigo Faso, le commerce en ligne connait des moments de pics, notamment lors des fêtes. Pour lui, le e-commerce représente une véritable opportunité de rattraper le grand retard sur le commerce international. A l’entendre, l’Afrique a eu une belle occasion pour faire connaitre ses produits au-delà des frontières même si d’une manière globale, le système est encore embryonnaire au Pays des Hommes intègres.
Le responsable de BeoogoLab, lui, révèle que le commerce électronique réduit l’utilisation du carburant et évite les trafics. « Les populations se déplacent en général pour les courses et les achats. Si une grosse partie du commerce se faisait à distance le taux du carbone chuterait », se justifie-t-il. Toutefois, certains sont confrontés à des cas d’escroquerie dans le cyber espace. En effet, il arrive que des clients paient un article, sans jamais recevoir le produit commandé, fait savoir Mme Sanga. C’est pourquoi, le patron de l’ARCEP appelle à la vigilance au regard des risques d’arnaque. « Quelqu’un peut simuler être un vendeur alors qu’il ne l’est pas. Il faut être vigilant pour savoir s’il s’agit d’un tiers de confiance. Les cas de supercheries sont légions dans ce milieu.
Souvent vous recevez des annonces, vous y aller et ce sont des problèmes par la suite », témoigne M. Millogo. Et de poursuivre qu’il peut y avoir des sites dupliqués ou des logos de banques truqués. Le directeur de l’expertise technique et de contrôle à la Commission de l’informatique et des libertés (CIL), par ailleurs ingénieur informaticien, Sié Maxime DA, dans la même veine, pense que les personnes qui font des transactions ou des achats e-commerce doivent faire attention, car il y a des signalétiques qui permettent de savoir si le site est fiable ou pas.
Le revers de la médaille
Il confie, en effet, qu’ il y a des cadenas et des certificats qui se trouvent au niveau des navigateurs qu’il faut prendre le soin de bien étudier et s’assurer que l’URL ou l’adresse électronique du site est authentique avant d’introduire ses données bancaires. « Il y a eu une dame qui intervenait dans une société d’agence. Et par ignorance ou par méconnaissance, elle s’est faite arnaquée sur la toile. Elle a transféré malheureusement par deux fois le même montant à un cyber délinquant. Nous l’avons recommandé aux forces de police qui ont une division de cyber criminalité et les principaux acteurs ont été identifiés et la procédure suit son cours au niveau du pénal », indique l’ingénieur. A ses dires, le e-commerce à travers les comptes « Facebook » ou « WhatsApp » est un modèle économique révolutionnaire. « Facebook est une plate- forme qui peut faciliter les échanges. Cela peut nourrir un business économique.
Mais, il est déplorable que des personnes l’utilisent pour en faire un modèle de perversion », regrette-t-il. A cet effet, il fait savoir que sa structure sensibilise les différents acteurs quant aux vulnérabilités et risques du numérique. Selon M. Da, il faut se familiariser avec l’internet, car il y a un revers de la médaille. En plus de l’arnaque, certains clients se plaignent du retard de livraison et de la qualité des marchandises qui sont parfois différentes de celles vues sur l’internet. C’est l’exemple de Bibata Kaboré, déçue après avoir acheté à 60 mille F CFA des vêtements de basse qualité. « La robe que j’ai reçue n’avait rien avoir avec celle qui a été postée. Cela est décevant et peut décourager certaines personnes à s’aventurer sur les sites de ventes », estime-t-elle.
D’autres difficultés émaillent ce secteur. En effet, M. Ouoba de Rigo Faso déplore le fait que les comptes bancaires des Etats africains ne soient pas reconnus par les grands opérateurs. « Au niveau international pour un client qui se trouve en France ou aux Etats Unis et qui commande un article, la partie paiement pose problème, car il est obligé de faire un transfert par western union ou e-money. Cela constitue un frein à la consommation de nos produits », regrette-t-il. Et d’ajouter qu’il faut que les pays africains trouvent une solution pour que la transaction se passe directement sur les sites.
L’adressage, un problème
Le second problème, à l’en croire, est l’adressage. « Très peu de gens connaissent les rues. Lorsque nous voulons livrer les produits, on passe beaucoup d’appels et l’on trouve finalement une place connue afin de remettre la commission », récrimine le jeune directeur, l’air dépité. Les internautes ne comprennent pas que le e-commerce consiste à rester chez soi, commander sur une plateforme et attendre la livraison à la maison, se plaint-il. Comme lui, Mahamadi Rouamba souligne que c’est juste l’identification du produit qui est faite en ligne car au Burkina, les clients préfèrent payer à la livraison. « C’est une partie de la transaction qui se fait en ligne. Le reste du processus est effectué en présentiel. Le e-commerce ne s’effectue pas à 100% entre clients, mais à 40-50 % », insiste-t-il. De ce fait, il préconise que les Etats pensent à enseigner aux élèves l’adressage des rues. Plusieurs structures participent à la régulation de ce nouveau commerce aux dires du directeur général du commerce, Seydou Ilboudo.
« Nous avons la direction de la promotion du commerce électronique qui participe à sensibiliser et à donner des informations sur les bienfaits du TIC dans les domaines commerciaux », laisse-t-il entendre. Le ministère du Développement numérique et des Postes, l’Agence nationale de protection des domaines, et l’ARCEP, poursuit-il, jouent également leur partition. Le commerce électronique est régulé par la loi n°45 qui porte sur les services et les transactions électroniques et la loi n°10 portant protection des données privées, souligne la directrice de la promotion du e-commerce, Lydie Zongo/ Sanon. Concernant la fiscalité, les billets électrisants passent par les frontières et avec les contrôles douaniers l’on paye des taxes, dit-elle. Et, les entreprises qui font du e- commerce tombent également sous le coup des taxes. Quant aux acteurs du secteur informel, ils répondent, de son avis, de structures qualifiées dans le domaine.
Mariam SOMDA
Du harcèlement en ligne
Certaines personnes se servent du e-commerce pour harceler ou draguer les marchandes. En effet, elles se servent des numéros postés pour faire des avances à leur vis-à-vis. Lizéta Ouédraogo raconte en effet qu’elle a plusieurs fois été victime de harcèlement. « Des hommes m’appellent et disent fièrement ne pas être intéressés par mes produits, mais par ma propre personne. Je suis obligée de les bloquer pour éviter toute perturbation de mon travail. Il faut que les internautes fassent la part des choses pour que le domaine puisse prospérer », plaide-t-elle.
M.S.
Premier ministère : le personnel s’engage aux côtés de Paul Kaba Thiéba
Le personnel du Premier ministère et des structures rattachées a présenté le lundi 7 janvier 2019 à Ouagadougou, ses vœux de nouvel an au chef du gouvernement, Paul Kaba Thiéba.

Le personnel du Premier ministère réitère sa volonté à accompagner le chef du gouvernement, Paul Kaba Thiéba, dans sa mission. Le secrétaire général de l’institution, Bamory Ouattara, porte-parole des travailleurs, l’a fait savoir le lundi 7 janvier 2019 dans la capitale burkinabè au cours de la traditionnelle présentation de vœux de nouvel an. M. Ouattara a, au nom des travailleurs, formulé des vœux de santé, de bonheur et de succès dans la mission assignée au Premier ministre.
Le porte-parole du personnel a saisi l’occasion pour faire un bilan de l’année 2018. « L’évaluation partielle des performances du Premier ministère au 30 septembre 2018 ressort un résultat de plus 56 % », s’est-il réjoui. Il a aussi relevé quelques préoccupations de ses collaborateurs pour l’amélioration des conditions de travail. Il s’agit entre autres de la faiblesse des dotations budgétaires de toutes les structures de l’institution qui se traduit, selon lui, par l’insuffisance de matériel de travail et de formations du personnel. Cette cérémonie tenue dans la sobriété au regard du contexte sécuritaire a été saluée par le Premier ministre.
A l’occasion, Paul Kaba Thiéba a traduit sa compassion aux familles des victimes des évènements survenus dans le village de Yirgou dans la région du Centre-Nord et condamné l’attaque terroriste qui en est à l’origine. Il a rassuré que des dispositions sécuritaires ont été prises pour éviter de pareilles situations. « Des enquêtes appropriées ont été ouvertes par la justice afin d’identifier et de condamner les responsables de cette tragédie qui n’a fait que faire le jeu des terroristes », a-t-il affirmé. Face à la situation sécuritaire difficile, le Premier ministre a invité les ministères et institutions de l’Etat à observer une plus grande sobriété au cours de leurs présentations de vœux de nouvel an.
En réponse aux préoccupations de ses collaborateurs, M. Thiéba a annoncé l’ouverture d’un nouveau bâtiment au sein de la Primature, l’acquisition de matériels et le renforcement du personnel. Il a aussi manifesté sa disponibilité à rester à l’écoute de leurs doléances afin de travailler à apporter des solutions dans les limites du possible. Le chef du gouvernement a par ailleurs invité son équipe à la persévérance pour la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES). Pour y arriver, il compte aussi sur les partenaires sociaux auxquels il a lancé un appel à s’inscrire dans la trêve sociale demandée par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.
Abdoulaye BALBONE
Fonds nationaux : privilégier les jeunes de 15 à 30 ans
Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a reçu le vendredi 4 janvier 2019 à Ouagadougou le rapport public 2017 du Conseil économique et social (CES), et les rapports d’activités 2015, 2016 et 2017 de la Commission de l’informatique et des libertés (CIL).

Au regard de la problématique de l’emploi qui se pose de plus en plus avec acuité, le Conseil économique et social (CES) a consacré le rapport public 2017 de l’Observatoire économique et social (OES) à l’analyse de l’impact des fonds nationaux sur la création d’emplois et la lutte contre la corruption au Burkina Faso. Le document qui a été remis au Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré le vendredi 4 janvier 2019 indique que les 86,745 milliards de F CFA de crédits octroyés entre 2012 et 2016, par les fonds nationaux ont permis la réalisation de projets et micro-projets, d’améliorer les revenus, l’épargne et les conditions d’habitats de nombreux Burkinabè et de créer et consolider 681 096 emplois. Toutefois, le Président du CES, Moïse Napon a relevé que ces fonds ne prennent pas suffisamment en compte les jeunes de 15 à 30 ans mais fait la part belle à ceux de 40 ans. « Seulement 14% des bénéficiaires ont moins de 30 ans », a-t-il regretté. Outre ce bémol, il a souligné que la majorité des femmes bénéficiaires ne trouvent pas suffisants les montants reçus pour la mise en œuvre de leurs projets. « L’étude a révélé que 83% des financements demandés et reçus ont servi à renforcer des micro-entreprises déjà existantes. Seuls 15% des bénéficiaires ont créé de nouvelles unités de productions », a-t-il déploré.
La CIL veut une loi pour protéger les personnes
Pour améliorer donc l’impact des fonds nationaux en terme de création d’emploi et de réduction de la pauvreté, le CES a préconisé de fusionner les fonds ayants les mêmes domaines d’intervention et le même public cible, de créer un guichet unique des fonds d’Etat et de financement, d’accroitre les montants de financements alloués aux projets porteurs, etc. A la suite du CES, la commission de l’Informatique et des libertés (CIL) a remis ses rapports d’activités 2015, 2016 et 2017 au Président du Faso. Les trois documents rendent compte des actions de contrôle, d’information et de sensibilisation sur la protection des données à caractère personnel menées par l’institution pendant les trois ans. Ils font état également des activités d’assistance-conseils aux entreprises, de la gestion des plaintes, la veille juridique et technologique et de coopération avec les institutions nationales et internationales.
Pour plus d’efficacité, la présidente de la CIL, Marguerite Ouédraogo/Bonanet, a soutenu que sa structure a fait plusieurs recommandations dont l’adoption d’une loi portant protection des personnes à l’égard des traitements des données. « Avec l’évolution, il faut que nous-nous mettons à jour, que nous adaptons notre contexte à celui international », a-t-elle justifié. Par ailleurs, elle a informé que le projet de loi a été soumis aux autorités.
Eliane SOME
elianesome4@gmail.com
Pr Jean Marie Dipama, climatologue : « Face au changement climatique, il faut miser sur la technologie »
Le changement climatique est perceptible un peu partout dans le monde. Il fausse les données et a un effet induit sur la vie des populations à travers leurs activités (agriculture, élevage, commerce, etc.). A travers cette interview, le professeur de climatologie et Pr titulaire de Géographie à l’université Ouaga 1, Pr Joseph- Ki-Zerbo, Jean Marie Dipama donne plus d’explications sur le phénomène.
Sidwaya (S) : Qu’est-ce que le changement climatique ?
Jean Marie Dipama (J.M.D.) : Le changement climatique est lorsque les conditions normales de l’état de l’atmosphère évoluent dans une tendance dont la stabilité perdure sur une période donnée en une série normale, c’est-à-dire une trentaine d’années en climatologie. C’est aussi lorsque les conditions atmosphériques dans un environnement donné se modifient dans une tendance qui se stabilise sur une période relativement longue. En rappel, l’atmosphère est cette enveloppe essentiellement gazeuse qui entoure la plupart des corps célestes dont la planète terre.
S : Quel rôle particulier joue cette enveloppe gazeuse ?
J.M.D. : Chaque gaz joue un rôle fondamental dans l’atmosphère qui, en enrobant notre globe terrestre, s’interpose entre la terre et le rayonnement solaire. C’est cette atmosphère qui absorbe le rayonnement solaire et le transforme en énergie calorifique qu’elle diffuse au niveau de la terre. Aussi, notre enveloppe gazeuse a un filtre ou une couche isotherme qui maintient la température constante à la surface de la terre. C’est l’ensemble de ces conditions qui déterminent le climat à la surface de la terre.
S : Quelle est la nouvelle configuration de la carte climatique ou même pluviométrique du Burkina Faso ?
J.M.D. : Sur la base des études que j’ai menées à l’échelle du Burkina Faso, la configuration de la carte climatique s’observe au niveau des isothermes, c’est-à-dire, les températures et également au niveau des quantités d’eau recueillies au Burkina Faso tant au niveau de leur distribution spatiale que de leur quantité. Du point de vue des températures, il y a vingt ans de cela, on avait l’isotherme 27°C, c’est-à-dire, pour les températures minimales, le Burkina Faso était recouvert à sa partie Sud-Ouest par la ligne de température 27°C. Mais, de plus en plus, cette ligne est en train de quitter le Burkina Faso, ce qui veut dire que de façon tangible, nous observons une remontée ou un relèvement des températures. Par exemple, les quantités d’eau recueillies, la répartition dans le temps et dans l’espace pose problème parce que la plupart de cette eau est reversée maintenant en si peu de temps contrairement aux années antérieures où elle pouvait s’étaler sur cinq à six mois.
S : A l’échelle locale, quels peuvent être en général, les mobiles du changement climatique ?
J.M.D. : Les causes du changement climatique ne sont pas à envisager à l’échelle locale, car tout se conçoit dans la globalité de l’atmosphère terrestre. Dans le cas du Burkina Faso, ce n’est pas un pays fortement industrialisé par conséquent émet moins de CO2 par rapport à des pays comme le Japon, la Chine, la France, la Russie et les Etats- Unis. Néanmoins, au Burkina Faso, ce qui peut être un facteur de changement climatique, c’est surtout la pollution et la dégradation des ressources forestières. En guise d’explication, lorsque la végétation est assez fournie, elle peut être un puits à carbone parce que les arbres en utilisant le CO2 pour la photosynthèse absorbent ce gaz à effet de serre et contribuent ainsi à résorber la quantité de ce gaz dans l’atmosphère. Toutefois, en détruisant les ressources forestières, nous réduisons la capacité d’absorption du CO2.
S : Les producteurs récoltent de faibles rendements du fait de l’insuffisance de la pluviométrie. Que leur faut-il pour s’y adapter ?
J.M.D. : L’on ne peut pas dire que les saisons sont mauvaises de nos jours du fait du changement climatique, car il nous revient de plein droit de mettre en place la technologie nécessaire pour faire face à toutes ces disparités climatiques. Aller au-delà de l’adaptation pour ne pas voir le changement climatique comme un obstacle ou une entrave au développement. Ces réalités, au contraire, doivent nous amener à repenser nos modes de vie, notre façon d’appréhender la nature et à mettre notre esprit de créativité en branle pour transformer ces contraintes en opportunités en termes de résilience. Sur le plan de la production agricole, les chercheurs peuvent être mis à profit pour faire produire d’autres types d’espèces variétales qui s’accommodent au climat actuel.
S : Les semences améliorées peuvent-elles être la solution d’adaptation au changement climatique ?
J.M.D. : Les semences améliorées, entre autres, peuvent constituer une solution d’adaptation au changement climatique. Aussi, il faut repenser toutes les pratiques agricoles comme en Israël où la technologie agricole est développée face au désert. Au lieu de gaspiller, il faut une utilisation rationnelle des ressources. Au-delà des recherches, les pratiques doivent évoluer.
S : Comment pouvez-vous expliquer qu’un changement climatique en Chine ait un effet induit en Afrique ?
J .M.D. : Un changement climatique en Chine peut avoir un effet induit en Afrique car notre atmosphère n’est pas compartimentée. C’est la même enveloppe gazeuse qui entoure la terre. Nous disons d’un point de vue scientifique que l’atmosphère est un continuum si bien que les effets de quelque comportement que ce soit en un lieu donné peuvent être néfastes au Burkina Faso.
S : Pensez-vous que la conférence annuelle sur le climat peut lutter efficacement contre le changement climatique ?
J.M.D. : Ce conclave fait suite à la Cop 21 à Paris où de bonnes résolutions ont été prises et reconfirmées en 2017. Sur le devenir du climat, les enjeux pour les pays ne sont pas les mêmes. A ce titre, nous ne pouvons pas nous réunir et prendre des engagements qui ne vont pas être suivis, qui sont dévoyés ou torpillés par d’autres parce que nous n’avons pas les mêmes intérêts. Il faut se rendre à l’évidence que ce sont les intérêts économiques qui sous-tendent toutes les politiques actuelles en faveur du climat. Tant que cette rencontre peut contribuer à éveiller les consciences, tant mieux. Sinon le principe de la Cop découle en 1992 du sommet de Rio de Janeiro où on a mis en place la Convention cadre des Nations unies pour le changement climatique avec de bonnes résolutions pour le 21e siècle. C’est grave si nous en sommes aujourd’hui à chercher des voies et moyens pour le bien-être du climat. Où sont passés les protocoles, les conventions depuis 1992 ?
Interview réalisée par Boukary BONKOUNGOU
CHU de Tengandogo : des consommables pour les patients
L’ambassade de Chine au Burkina Faso a remis, le vendredi 4 janvier 2019 à Ouagadougou, du matériel ophtalmologique et de consommables médicaux au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Tengandogo. Le don intervient dans le cadre de l’« Action lumière ophtalmologique ».

A la faveur de la reprise des relations diplomatiques sino-burkinabè, 10 experts chinois opèrent gratuitement, depuis le 27 décembre 2018 au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Tengandogo, des personnes atteintes de la cataracte avec du matériel ophtalmologique et des consommables médicaux offerts la Chine. C’est l’« Action lumière ophtalmologique » voulue par le gouvernement de ce pays au profit du Burkina Faso. La remise officielle dudit équipement médical a eu lieu et le bilan des interventions chirurgicales fait, le vendredi 4 janvier 2019 au sein du CHU à la périphérie Sud de Ougadougou.
Composé, entre autres, de phaco-émulcificateur, de kérato-refractomètre, de microscope cornéen endothélial, d’échographe oculaire, mais aussi de consommables, le don chinois, d’une valeur de près 300 millions de F CFA, a permis à l’équipe médicale d’intervenir sur 150 patients sur 200 retenus après une sélection. « Toutes les opérations ont réussi », a confié la responsable de l’équipe, Lü Fan. C’est le meilleur personnel chinois et les techniques les plus avancées qui sont employés pour l’« Action lumière ophtalmologique », a-t-elle dit. Toutes les 200 personnes sélectionnées devraient recouvrer la vue à la fin de l’ « opération lumière », le 5 janvier 2019, d’après le directeur général de l’hôpital de Tengandogo, Alexandre Sanfo. Pour lui, grâce à l’équipement reçu, le CHU prendra en charge ses usagers désormais dans de meilleures conditions et jouera son rôle d’hôpital de référence, ce qui réduira les évacuations sanitaires hors du Burkina Faso. Le DG a remercié la Chine pour « ses prémices de soutien au développement du système de santé » du Burkina Faso et espéré que la promesse des fleurs augurerait d’un meilleur avenir pour la santé des Burkinabè.
Pour sa part, le représentant du ministre de la Santé, Robert Karama, s’est réjoui du renforcement du plateau technique en matière d’ophtalmologie. Il a, au nom du gouvernement, remercié la partie chinoise pour ses actions depuis la reprise des relations avec le Burkina Faso. Revenant sur la mise en œuvre de l’« Action lumière » en Afrique, l’ambassadeur de la République populaire de Chine, Li Jian, a indiqué qu’elle a eu lieu dans 17 pays.
« C’est la première fois qu’elle est réalisée au Burkina Faso et ce ne sera pas la dernière fois », s’est-il convaincu tout en invitant les équipes médicales burkinabè et chinoise à une bonne collaboration au profit des patients. Il a annoncé que la coopération en matière médicale entre l’Empire du milieu et le Burkina Faso va se renforcer.
La cérémonie de remise du matériel et des consommables a été précédée d’une visite aux personnes opérées de la cataracte. Celles-ci ont confié avoir recouvré la vue.
Jean Philibert SOME
Campagne cotonnière 2018 : des producteurs récoltent des millions à Houndé
La Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX) a payé, le 24 décembre 2018 à Houndé dans la province du Tuy, les producteurs de coton de la région cotonnière éponyme. Ce passage à la caisse consacre le lancement des payements des producteurs de coton dans la zone SOFITEX au titre de la campagne 2018-2019.

Mikikoué Nikiessan est le président de la société coopérative des producteurs de coton « gnabassan » de Kaho dans la commune de Bagassi province du Tuy. Lui et son secrétaire général étaient, le 24 décembre 2018 à Houndé devant un guichet installé pour la circonstance dans l’enceinte de l’agence Ecobank.
Après vérification et signature des documents, le secrétaire général Ecobank, Fousseny Traoré lui tend des liasses d’argent, estimées à 9 532 060 de F CFA. Après lui, Daki Gnoumou, secrétaire général de la société coopérative « yorossan » de Kaho se présente à son tour devant le guichet et reçoit des mains d’un agent de la banque, la somme de 14 992 558 F CFA. Sourir aux lèvres, M. Gnoumou a invité les autres producteurs à accélérer les récoltes de leur coton. La rétribution de ces deux sociétés coopératives des producteurs de coton (ex-groupement des producteurs de coton) marque le début des payements des cotonculteurs de la zone SOFITEX. Ce sont plus de 12 milliards F CFA qui seront ainsi versés aux producteurs de coton de la région cotonnière de Houndé après déduction des crédits intrants. Au total, 103 000 tonnes de coton sont attendues dans cette région qui compte près d’un millier de sociétés coopératives, selon son chef de région, Ousmane Sié.
144 milliards FCFA pour la campagne 2018-2019
Pour le directeur général de la SOFITEX, Wilfrid Yaméogo, la cérémonie consacrée à ce premier paiement vise à démontrer à l’ensemble des producteurs et au peuple burkinabè que les dispositions ont été prises pour la mobilisation des crédits de campagne (144 milliards F CFA) pour faire face à l’ensemble des activités de la campagne 2018-2019. Il a remercié Ecobank, chef de file du pool bancaire local qui, avec les autres institutions financières, accompagnent la nationale des fibres textiles pour la mobilisation des 144 milliards F CFA. Ensuite, il a rassuré les producteurs que les paiements se feront dans la diligence en fonction des demandes.
Pour ce faire, il les a alors invités à accélérer les récoltes et aller vers la bancarisation pour sécuriser leur argent surtout dans ce contexte sécuritaire difficile. C’est le même message que leur a lancé le secrétaire général d’Ecobank, Fousseny Traoré. Il a exhorté les producteurs à ouvrir des comptes pour sécuriser leur argent et à prendre des assurances pour une prise en charge en cas de difficultés. Le secrétaire général d’Ecobank a marqué la disponibilité de la banque à accompagner la SOFITEX afin que le coton du Burkina Faso soit à un niveau enviable. La banque, a-t-il dit, a, pour sa part, déjà mobilisé 40 milliard de F CFA sur les 52 prévus. Pour cette campagne 2018-2019, il est attendu dans la zone SOFITEX près de 405 tonnes de coton.
Adaman DRABO
Madi Sakandé, de clandestin à expert des Nations Unies
Installé en Italie depuis 21 ans, Madi Sakandé est l’un de la diaspora qui fait la fierté du Burkina Faso hors de ses frontières. Chef d’entreprise à Bologne, expert des Nations unies en matière de changement climatique, le natif de Kamsaoghin nourrit beaucoup d’ambitions pour son pays et l’Afrique. Retour sur le parcours d’un expert discret.
Il est des Burkinabè de la diaspora, souvent méconnu au pays, qui forcent l’admiration dans leur pays d’accueil, loin de la mère patrie. Madi Sakandé fait partie de cette catégorie de burkinabè qui honore le Burkina Faso hors de ses frontières. Arrivé en Italie, à Bologne, en 1997, le natif de Kamsaoghin, un des vieux quartiers de Ouagadougou, est aujourd’hui manager général d’une entreprise opérant dans le domaine du froid, la New Cold System. Une entreprise en difficulté qu’il a rachetée, en collaboration avec des amis, d’un italien, confie M. Sakandé. Avec un chiffre d’affaires annuel d’environ deux milliards de FCFA, l’entreprise emploie aujourd’hui une dizaine d’Italiens et a une représentation au Burkina Faso, fait- il savoir.
«J’ai ouvert New Cold System à Ouagadougou en mai 2018. Outre les cinq personnes qu’elle emploie, je fais la sous-traitance avec cinq entreprises burkinabè dont j’ai formé les employés à l’installation et la maintenance des chambres froides», ajoute-t-il. L’enfant de Kamsaoghin est aussi un ingénieur concepteur. «Je conçois et réalise dans mon usine basée en Italie des chambres froides adaptées au climat de l’Afrique et aux besoins de conservation des produits alimentaires des producteurs africains. J’exporte ces chambres froides vers le Burkina, le Nigeria et la Côte-d’Ivoire», témoigne celui qui a été distingué meilleur entrepreneur africain en Italie en 2013 par Africa Italy Excellence Award.
«Mon parti politique, c’est le Burkina Faso».
Outre l’entreprise, ce titulaire d’un master en techniques de réfrigération est expert-consultant de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) en matière de changement climatique, notamment en gaz à effet de serre. «En 2015, au siège de l’ONUDI à Vienne, avec une équipe de huit experts, nous devrions faire sortir les lignes-guides que l’ONUDI devrait présenter au fonds multilatéral pour lever des fonds pour le financement de ses projets dans le domaine de l’environnement. Je faisais partie de cette équipe réduite d’experts de l’ONUDI», rapporte-t-il. Et lors des rencontres internationales d’experts, je défends la cause de l’Afrique sans que les Africains et l’Union Africaine ne le sachent, commente l’ancien pionnier de la révolution d’août 1983. Formateur des experts nationaux en matière de règlement européen F-Gaz sur le contrôle, l’émission des gaz réfrigérant ou gaz à effet de serre dans l’environnement, ce Burkinabè de la diaspora vend son expertise à la Tunisie, la Côte-d’Ivoire, la Gambie.
«L’Etat tunisien m’a demandé de venir m’installer en Tunisie, avec 10 ans d’exonération. Mais j’ai préféré ouvrir initialement mon entreprise dans mon pays où mes chambres froides sont taxées à 48,2%», relate le formateur et coordonnateur de l’institut italien Centro Studi Galileo, qui totalise 47 ans d’expérience en matière de formation dans le domaine du froid. Quand bien même son pays d’origine n’a jamais sollicité son expertise, le natif de la capitale burkinabè ne manque pas d’initiatives pour transmettre son savoir-faire à ses compatriotes. «Depuis l’ouverture de mon entreprise en mai 2018, j’ai déjà formé gratuitement plus de 150 jeunes frigoristes», révèle-t-il. Pour M. Sakandé, il n’est pas question qu’il forme des gens qui, à leur tour, viennent vendre leur expertise à son pays, alors que lui-même peut le faire directement. «Une fois à Tunis, un des nombreux professeurs tunisiens que j’ai formés m’a fait savoir qu’il est déjà venu former des gens au Burkina Faso», rapporte le burkinabè de Bologne, avec un petit pincement au cœur.
Très attaché à la mère patrie, Madi Sakandé a à cœur d’agir et d’impacter le développement de son pays mais aussi de l’Afrique. «On n’a plus besoin de discours ou de commentaires sur les réseaux sociaux pour développer l’Afrique car les Thomas Sankara, Kwamé N’krumah, Patrick Lumumba, Jomo Kenyatta ont déjà tout dit. Il reste à appliquer ce qu’ils ont dit», soutient celui qui se réclame apolitique. «Je n’ai pas de bord politique. En Europe, des partis me font la cour mais cela ne m’intéresse pas! Et c’est pareil au pays. Mon parti s’appelle Burkina Faso», foi de cet expatrié burkinabè, du haut de ses 46 ans. Son engagement pour le développement de sa patrie l’a d’ailleurs amené à être membre fondateur de l’Association de la Diaspora Burkinabè (DIAFASO) dont l’objectif est de mobiliser au moins 10 milliards de FCFA par an auprès des durkinabè de l’extérieur pour financer des projets structurants de développement durable au Burkina Faso.
Clandestin dans les champs de tomates.
Mais avant la régularisation de son titre de séjour et la naturalisation, le début du séjour italien n’a pas été rose pour celui est parti de son pays natal par «folie ou rêve de grandeur» à l’âge de 24 ans, après ces études au département chimie, biochimie, biologie, géologie (CBBG) de l’université de Ouagadougou.
«J’ai été clandestin après l’expiration de mon visa tourisme. J’ai travaillé dans les champs de tomates avec mes frères», raconte-t-il, tout souriant. Et d’ajouter qu’il a fait toutes sortes de métiers avant d’intégrer une entreprise de vente de pièces dans le domaine du froid où à force d’abnégation, il a gravi tous les échelons: magasinier, commercial, technicien, responsable pays. «Tout en travaillant, je suivais plusieurs formations continues jusqu’à obtenir un Master en techniques de réfrigération», précise celui qui a reçu en septembre dernier, le prix du meilleur entrepreneur de la diaspora, décerné par Africa Aid, à New York, aux USA.
Le 7 décembre 2018, le mérite de M.
Sakandé a été reconnu par la nation burkinabè. Il a été fait Chevalier de l’Ordre de l’Etalon. «J’ai été distingué plusieurs fois à l’international mais c’est la première fois que mon pays m’honore. Et cette décoration, venant de la mère patrie, a une saveur particulière», se réjouit-il.
Mariée et père de deux enfants, l’ancien étudiant de Zogona a un rêve: celui d’implanter une usine de fabrication des chambres froides au Burkina, afin de contribuer à créer plus d’emplois, et surtout permettre le développement réel de l’industrie de l’agro-alimentaire.
Mahamadi SEBOGO
msebogo@yahoo.fr
Soutien aux déplacés de Yirgou : Kadré Désiré Ouédraogo donne des vivres
L’ancien président de la commission de la CEDEAO, Kadré Désiré Ouédraogo, a remis, le dimanche 06 janvier 2019 à Kaya, des vivres et des nattes au Comité régional de secours d’urgence (CORESUR) du Centre-Nord au profit des familles victimes de l’attaque de Yirgou.
Cinq tonnes de maïs, 90 nattes de grande et moyen format et une enveloppe financière de 250 000 francs CFA. C’est le don qu’a reçu le Comité régional de secours d’urgence (CORESUR) du Centre-Nord, le dimanche 06 janvier 2019 à Kaya, des mains de l’ex-président de la commission de la CEDEAO, Kadré Désiré, pour les familles victimes de l’attaque de Yirgou.

« Nous sommes venus non seulement présenter nos condoléances à l’autorité régionale du Centre-Nord suite aux évènements tristes de Yirgou, mais aussi apporter notre contribution aux familles éplorées », a justifié M. Ouédraogo. Le donateur et son épouse ont également souhaité un prompt rétablissement aux blessés et un retour rapide des toutes les personnes déplacées.
« Nous condamnons toute forme de violence d’où qu’elle vienne. Nous devrons aussi nous départir des actes de stigmatisation qui porte atteinte à la cohésion sociale », a affirmé Kadré Désiré Ouédraogo. C’est pourquoi, il a invité les populations à la retenue, afin de préserver le vivre-ensemble et l’union dans le combat contre le terrorisme. Il a mis l’occasion à profit pour lancer un appel à toutes les bonnes volontés à la solidarité pour des compatriotes en situation de détresse.
Les autorités administratives ont exprimé leur joie à l’endroit du donateur. Pour la gouverneure de la région du Centre-Nord, Nandy Somé, cette aide soulagera un tant soit peu les familles en état de vulnérabilité. « Nous souhaitons que d’autres bonnes volontés emboîtent le pas en appui aux actions du gouvernement», a-t-elle interpelé.
Emil SEGDA
Augustin Irwaya Ouédraogo
« L’humilité est une qualité essentielle au cinéma », Aboubacar Tall
Réalisateur, monteur, Aboubacar Ismaël Tall est un véritable passionné de cinéma. Après avoir abandonné la musique au profit du 7e art, le jeune cinéaste, avec à son actif cinq courts-métrages, ambitionne de produire des films de sensibilisation pour éveiller les consciences.
Aboubacar Ismaël Tall fait partie de la jeune génération de cinéastes qui ont décidé d’affronter les défis actuels du cinéma burkinabè et africain pour vivre leur passion. Auteur, compositeur et musicien à ses debuts, le jeune homme a troqué sa casquette de rappeur contre la caméra par un « heureux » concours de circonstances. Il a aujourd’hui à son actif cinq courts-métrages. « C’était dans les années 90 en pleine effervescence du Hip Hop au Burkina Faso. Amateur de musique rap, je décide de rentrer en studio pour l’enregistrement de mon album. C’est là que j’ ai fait un jour la connaissance de Feu Idrissa Ouédraogo qui était venu pour faire la bande sonore de son film La colère des dieux. Il a apprécié mes textes et a estimé que je pouvais faire carrière au cinéma comme scénariste et même réalisateur« , relate-t-il, tout en s’activant, en face d’une panoplie d’écrans, au montage de son dernier film «Le conjoint».
Séduit par le talent de Aboubacar Ismaël Tall, le « Maestro » l’encourage et le confie à Pierre Rouamba où il fait ses classes. Pour lui, le réalisateur du mémorable « Tilai » a été le déclic qui a allumé en lui la passion du 7e art. « Le Maestro Idrissa Ouédraogo est mon père spirituel. Je lui dois mon entrée dans l’univers cinématogaphique. La jeune génération de cinéastes doit accepter d’apprendre aux côtés de leurs ainés. Sa disparition est une grande perte pour le cinéma burkinabè« , affirme-t-il, les yeux embués de larmes. Nous devons faire preuve, estime-t-il, d’humilité pour apprendre aux côtés de nos prédecesseurs. « Cette qualité, après la formation cinématographique, est essentielle pour faire carrière dans le cinéma« . L’auteur du court-métrage « Taxi Gaz de Sya » a décidé, pour sa part, de marcher dans les pas de son mentor en optant pour un cinéma militant et pédagogique.
A ses dires, ses oeuvres portent donc essentiellement sur les maux qui minent la société actuelle. A son avis, un cinéaste doit se servir de sa caméra pour transposer à l’écran sa vision du monde. Du haut de son mètre quatre-vingt, Aboubacar Ismaël Tall, entre deux réalisations, est également impliqué dans la formation des jeunes réalisateurs « afin de préparer la rélève« .
En collaboration avec l’institut Imagine, il initie, pour ce faire, des formations au profit d’autres passionnés du cinéma à travers les projets « CinéPod« , « 120 heures chronos » et « Clap en herbe« . Mon plus grand rêve, confie-t-il, est de devenir cinéaste d’auteur afin de participer à l’éveil de conscience.
Achille ZIGANI (Collaborateur)


